L'Année liturgique — Le Temps de Noël (t. 2-3) (page 177)
Formam dans quaerentibus, Calcatis terrestribus, Amare cœlestia.
Stella duce cursitant Ad Regem quem praedicant Regnare perenniter.
Thus superno Numini, Myrrham vero homini, Aurum Régi pariter.
His donis, o lilium, Plaça nobis Filium Repletum dulcedine.
Ut possimus libère, Secum semper vivere Paradisi culmine. Amen.
Il a quitté son trône céleste ; couché dans la crèche, il y réside dans la pauvreté.
Pour l'exemple de ceux qui le cherchent , il apprend à mépriser la terre, à aimer les choses célestes.
Abandonnons Hérode, suivons en hâte lesMages; offrons nos vœux avec les leurs.
A la suite de l'étoile, ils courent vers ce Roi dont ils anroncent le règne éternel.
Offrons-lui mystiquement les dons que leur munificence lui présenta réellement :
De l'encens comme au Dieu suprême, de la myrrhe comme à l'homme véritable, de l'or comme à un Roi.
Lis de pureté ! par ces dons, rendez-nous votre Fils propice, ce Fils rempli de douceur ;
Et qu'un jour il nous soit donné de vivre avec lui, au sein de la gloire du Paradis, dans une liberté parfaite. A- men.
Nous continuons d'emprunter à saint Ephrem une partie des chants si mélodieux qu'il a consacrés à la divine naissance :
OUE tu es doux, ô Enfant ; mais que la force de tes jugements est entraînante et invincible 1 qu'il est suave, qu'il est doux ton amour 1 qui pourra te résister ?
Ton Père habite les cieux ; ta mère rampe sur la terre ; qui jamais pourra te comprendre ? Si l'homme terrestre cherche ta nature élevée au-dessus de la portée humaine, c'est au vaste sein de la divinité qu'il la trouve, au plus haut des cieux.
S'il veut connaître ta nature sensible, la voici sur la terre ; issue de l'étroite demeure du sein de Marie, elle est visible à tous les yeux. L'intelligence confondue est flottante ; elle se perd à supputer les divers modes de ton être plein de richesses.
Ta divinité, qu'on croirait inaccessible sous des verrous redoublés, n'en est pas moins une mer immense, un océan qu'on ne saurait sonder, depuis même que tu as réduit ta grandeur à la mesure de notre petitesse. Si nous cherchons à te voir, c'est un homme que nous apercevons, nous qui espérions voir un Dieu ; si en toi nous voulons contempler l'homme,
QUAM mitis es, Puer, quam vehemens judiciorum tuorum vis omnipotens et ineluctabilis est, suavis et dulcis est amor tuus ; quis tibi obsistet ?
In sublimi habitat Pater tuus ; tua Mater humi jacet ; undenam tui notitiam quis capiat ? Si quis terrenus homo tuam disquirat naturam ab humanis remotam sensibus, haec supereminet cœlo in magnum divinitatis retrusa sinum.
Si rursus quispiam corpus cognoscere cupiat oculis expositum, en humi jacet, teque ab angusto Marias greraio praebet aspectabilem. Errât incertus animus, neque sibi constat mens tuas, o dives, rationes supputans.
Congeminatis seris clauditur tua divinitas ; pelagus es tamen immensum : cedo qui ejus fundumattingat, etiam postquam magnitudinem tuam ad nostram parvitatem deduxisti. Cum tuum conspectum petimus, hominem videmus, visuros nos Deum sperantes; si hominem videre velimus, indestatim inocules
Jam quis credat hasredem te esse Davidici throni, cui ex laula ejus supellectileprasepe duntaxat relictum est, et ex amplissimis aedibus, spelunca,deque ejus equitatu vix vilem asellum cernere aliquando continget ?
Attamen quam benignus es, Puer, qui te omnibus indulges, et obviis quibusque arrides 1 talis nempe tuus amor est,qualem credibile est futurum fuisse ejus, qui homines desideraret, ut panem quilibet esuriens.
Parentes ab externis non discernis, nec genitricem ab ancillis, nec virginem te iactantem ab impuris prostitutae pudicitiae feminis. Quid ? Num tui ingenii naturalis facilitas hue te demisit, an charitas, qui nihil odisti eorum quas fecisti ?
Quid istuc quod te movet, ut ad omnes descendas, ad locupletes ac tenues, et ad eosaccurras etiam non vocatus? Unde tibi istud inditum, ut homines tantopere cupias ?
Quae hase magna chantas est, ut si quis te obtout aussitôt une éclatante splendeur de divinité vient éblouir nos regards.
Qui te prendrait pour l'héritier du trône de David, toi qui, au lieu du riche ameublement de ce grand roi, n'as qu'une crèche ; au lieu de ses vastes palais, qu'une caverne ; qu'un âne en place de ses nombreux coursiers ?
Mais, ô Enfant! que tu es aimable, accessible et gracieux pour tous ceux qui t'approchent 1 Ton amour est vraiment l'amour de celui qui désire les hommes, comme celui qui a faim désire le pain.
Tu ne fais point de distinction entre tes parents et les étrangers, entre ta mère et de vils esclaves, accueillant l'impure prostituée comme la vierge qui te nourrit de son lait. Quoi donc ? Est-ce l'extrême facilité de ton cœur, qui te porte à cet excès d'indulgence, ou plutôt cette charité qui fait que tu ne hais rien de ce que tu as fait ?