L'Année liturgique — Le Temps de Noël (t. 2-3) (page 179)
fin trouvé le Dieu qui apaise, par sa seule présence, tous les désirs de sa créature.
Ils s'associaient aux desseins miséricordieux de l'Emmanuel ; ils acceptaient avec une humilité profonde l'alliance qu'il contractait par eux avec l'humanité, ils adoraient la justice redoutable qui bientôt allait rejeter un peuple incrédule ; ils saluaient les destinées de l'Eglise Chrétienne, c^ui prenait en eux son commencement , ils priaient pour leur innombrable postérité.
C'est à nous, Gentils régénérés, de nous joindre à ces chrétiens choisis les premiers, et de vous adorer, 6 divin Enfant, après tant de siècles, durant lesquels nous avons vu la marchedes nations versBethléhem, etl'Etoile les conduisant toujours. C'est à nous de vous adorer avec les Mages ! mais plus heureux que ces premiers-nés de l'Eglise, nous avons entendu vos paroles, nous avons contemplé vos souffrances et votre croix, nous avons été témoins de votre Résurrection; et si nous vous saluons comme le Roi de l'univers, l'univers est là devant nous qui répète votre nom devenu grand et glorieux, du lever du soleil à son couchant. Le Sacrifice qui renouvelle tous vos Mystères s'offre aujourd'hui en tous lieux du monde ; la voix de votre Eglise retentit à toute oreille mortelle ; et nous sentons avec bonheur que toute cette lumière luit pour nous , que toutes ces grâces sont notre partage. C est pourquoi nous vous adorons, 6 Christ ! nous qui vous goûtons dans l'Eglise, la Bethléhem éternelle, la Maison du Pain de vie.
avez instruit les Mages. Révélez-nous de plus en plus le doux Mystère de votre Fils; soumettez notre cœur tout entier à son empire adorable. Veillez, dans votre attention maternelle, à ce que nous ne perdions pas une seule des leçons qu'il nous donne ; et que ce séjour de Bethléhem, où nous sommes entrés à la suite des pèlerins de l'Orient, opère en nous un complet renouvellement de notre vie tout entière.
Finissons cette journée par nos chants accoutumés en l'honneur du divin Mystère de notre Roi nouveau-né. Nous les ouvrirons par ces strophes d'une Hymne qu'on a attribuée à saint Ambroise:
LE Christ a franchi la porte virginale, la porte pleine de grâce ; le Roi a passée et cette porte demeure fermée à jamaisi comme elle le fut toujours.
Le Fils du Dieu suprême est sorti du sanctuaire de la Vierge ; il est l'Epoux, le Rédempteur, le fondateur, le géant de son Eglise.
Gloire et joie de sa Mère, espoir immense des croyants, en épuisant le noir breuvage de la mort, il guérira nos crimes.
FIT porta Christi pervia, Referta plena gratia, Transitque Rex, et permanet Clausa ut fuit per sascu» la.
Genus superni Numinis Processit aula Virginis, Sponsus, Redemptor,
Honor Matris et gaudium, Immensa spes credentium, Per atra mortis pocula Resolvit nostra crimina.
Lapis de monte veniens. Mundumque replensgratia, Quem non prœcisum manibus Vates vetusti nuntiant.
'^ui Verbum caro factura est Praeconio angelico, De claustris virginalibus Virginis virgo natus est.
Rorem dederunt aethera, Nubesque Justum fuderunt, Patens excepit Dominum Terra salutem generans.
Mirabilis conceptio : Christum protulit sobolem, Ut Virgo partum funderet, Post partum virgo sisteret.
Exsulta omnis anima, Nunc Redemptorem gentium Mundi venisse Dominum Redimere quos condidit.
Il est cette pierre détachée de la montagne qui couvre de grâce le monde entier; cette pierre que la main de Ihomme n'a pas taillée, qu'avaient annoncée les anciens Prophètes.
Le Verbe fait chair à la parole de l'Ange, naissant vierge, s'est élancé de ia retraite sacrée d'un sein virginal.
Les cieux ont versé leur rosée, les nuées ont répandu le Juste, la terre altérée, enfantant son salut, a reçu celui qui est son Seigneur.
O merveilleuse conception! Elle a produit le Christ ; et la Vierge dans l'enfantement, est demeurée vierge . après l'enfantement.
Que toute âme tressaille de joie ; le Rédempteur des nations, le Seigneur du monde, est venu racheter ceux qu'il a formés.
Le créateur de la race humaine, celui que l'univers ne saurait contenir. Mère sainteil s'est renfermé dans vos en, trailles.
Celui que le Dieu Père a engendré Dieu avant tous les temps, la virginité d'une Mère féconde l'a mis au jour dans le temps.
Il ôtera tous les péchés^ il apportera les trésors de la grâce ; par lui la lumière recevra son accroissement, l'empire des ténèbres sera ruiné.
Quem Pater ante tempora Deus Deumque genuit, Matris almae virginitas Cum tempore partum
ToUens cuncta facinora, Et donans sancta munera, Augmentum lucis aflerens, Tenebris damnum infeLa prière qui suit est tirée du Bréviaire de l'Eglise Gothique d'Espagne.
SEIGNEUR Jésus-Christ, qui, au moment où Hérode les interroge, illumiiiezla réponse des Mages par une confession de votre vérité, en vous manifestant comme le Roi des rois qu'ils annoncent, en déclarant le prodige de cette brillante étoile qui verse sa lumière sur le monde entier ; donnez, nous vous en prions, à votre Eglise, la lumière désirée de votre vision ; apparaissez en elle comme l'astre cher à tous vos fidèles, afin que, n'étant jamais effrayés des interrogations de l'adversaire, nous annoncions à pleine bouche vos merveilles, et méritions de resplendir dans l'asile de la lumière éternelle. Amen.
DOMINE Jesu Christe, qui ad interrogationem Herodis, ita Magorum ora prasconio ventatis tuae irradias, ut te Regem regum per eos nuntiatum ostendas, dum se vidisse aiunt stellje refulgcntis indicium, quod mundum illuminet universura : te quaesumus, te precamur, ut des in Ecclesia tua visionis tuae lumen optatim : appareas etiam in ea sidus omnibus pretiosum, quod nulla adversarii interrogatione deterriti, sic magnalia tua praedicemus ore diffuso, ut in asternje lucis radiemur usquequaque prsesidio. Amen.
Nous empruntons cette Séquence au Missel Parisien du xvi* siècle.
Lux ad caulas mitiitur, Stella Magis oritur, Novo lucens lumine.