L'Année liturgique — Le Temps de Noël (t. 2-3) (page 184)

Dom Prosper Guéranger · Vie de piété

Texte français, domaine public · Source : archive.org — L'Année liturgique t. 2-3, éd. 1911 (OCR) · 267 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

Tout retentit de louanges sur l'enfantement de la ViergeSixième Jour dans VOct. de V Epiphanie. 2o5

La Loi et les Psaumes s'unissent dans leurs oracles aux écrits des Prophètes.

Les Anges et les pasteurs, les astres et les Mages proclament le nouveau-né.

Prémices des Gentils, les Rois accourent de l'Orient à la crèche de cet Enfant.

Jésus, enfant immortel, devenu mortel et terrestre, arracbez-nous par votre puissance aux maux de cette vie.

Après cette vie mourante, cette mort vivante, restitueznous, par votre clémence, l'immortelle vie. Amen.

Angelorum et pastorum, Stellas simul et Magorum Concordant indicia.

Reges currunt Orientis Ad praesepe vagientis, Gentium primordia.

Jesu puer immortalis, Et terreno temporalis. Nos ab hujus vitae malis Tu potenter erue.

Tu, post vitam hanc mortalem, Sive mortem hanc vitalem, Vitam nobis immortalem Clementer restitue. Amen.

Le saint Diacre d'Edesse continue son admirable dialogue des Mages avec la Mère de l'Enfant divin.

FAITES-MOI connaître , o Princes! dites-moi , par bienveillance , tout le mystère qui s'est accompli dans votre contrée : quelle voix vous a appelés et vous fait venir jusqu'ici ?

TOTUM mysterium ut actum est apud vos in regione vestra, aperite nunc mihi, ut amici : et quis vocavit vos, ut ad me veniretis ?

splendidior stellis, cujus lumine nostra terra est inflammata, et quod Rex ortus sit, nobis annuntiavit.

NoUem, vos quaeso, loquamini haec in regione nostra, ne sentientes Reges terrae, machinentur sua invidia adversus puerum.

Ne timeas, Virgo, quia omnia diademata soîvet Filius tuus, eaque pessumdabit. nec sua invidia nocumentum inferre illi valebunt.

Herodem timeo, lupura poUutum, ne me perturbet,gladium stringat, quo praecidat dulcem botrum adhuc immaturum.

Herodem ne timeas : per Filium enim tuum subvertetur ejus thronus, et statim atque regnabit, destruetur, et ejus diadema decidet.

Torrens sanguinis est Hierusalem, in eaque optimi quique cadunt : quare si hoc praesenserit, machinabîtur in illum ; ideoque secreto loquamini. precor, et ne tumultuetis.

Torrentes omnes, et lanceae etiam per manus Filii tui sedabuntur, et Hierosolymae obstupes— Ne craignez point, ô Vierge ! c'est votre Fils qui

tous les astres ; sa splendeur a illuminé notre région, et nous a appris que le Roi est né.

— De grâce, ô Princes ! ne parlez pas de ces choses dans notre contrée, de peur que les Rois de la terre, l'ayant appris, ne dressent des embilches, dans leur envie, à cet enfant.

point Fils _ brisera tous les diadèmes, il les anéantira ; et l'envie des princes ne lui pourra jamais nuire.

— Je crains Hérode, ce loup impur, je crains qu'il ne me suscite des chagrins, qu'il ne tire le glaive, et ne coupe cette douce grappe non mûre encore.

— Ne craignez pas Hérode ; votre Fils renversera son trône ; ce tyran régnera peu, il sera brisé, et son diadème roulera à terre.

— Un torrent de sang coule à Jérusalem, les hommes les plus vertueu.x sont immolés : si donc le tyran apprend ces choses, il tendra des pièges à mon Fils. De grâce, ô Princes 1 gardez le secret ; évitez le tumulte.

— Tous les torrents seront arrêtés dans leur cours par votre Fils ; sa main contiendra l'effort des lances ; le

glaive de Jérusalem demeurera suspendu, et il ne tombera que si votre Fils le permet.

— Les scribes et les prêtres de Jérusalem, qui ont coutume de répandre le sang dans leurs intrigues, exciteront peut-être quelque débat sanglant contre moi et mon Fils ; de grâce, Mages, gardez le silence.

— L'envie des scribes et des prêtres ne saurait nuire à votre Fils ; c'est lui qui doit abolir leur sacerdoce; par lui cesseront leurs solennités.

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