L'Année liturgique — Le Temps de Noël (t. 2-3) (page 201)

Dom Prosper Guéranger · Vie de piété

Texte français, domaine public · Source : archive.org — L'Année liturgique t. 2-3, éd. 1911 (OCR) · 267 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

Gabriel, par lui sur terre il fut annoncé à la Mère de grâce.

Marie donne le nom de Sauveur à son Fils circoncis le huitième jour, selon la coutume de ses pères. Publié dans le monde entier, cet heureux Nqm sauve ceux qui croient en lui.

En ce Nom brille la splendeur de la Trinité et de l'U- nité, il fait la joie du ciel. En ce Nom resplendit l'honneur du Père ; en ce Nom éclate la beauté de la Mère ; ce Nom fait la gloire des frères du Sauveur.

C'est là le Nom salutaire, la consolation singulière qui vient au secours des cœurs affligés. C'est le Nom qu'il nous faut honorer, bénir et louer, dans la joie constante de nos âmes.

Si on le prononce, c'est une mélodie ; si on l'invoque, c'est un doux miel ; il nous garde contre nos ennemis. Le cœur jubile, en songeant à ce Nom si formidable aux esprits de

C'est le Nom plein de grâce, abondant en fruits, fécond en vertus, par-dessus tous les noms. C est lui qui fait conGabrieli revelatum, Et in terris nuntiatutn Genitrici gratias.

Haec octavo die natum, Circumcisum more patrum, Salvatorem nominat. Universo publicatum Mundo Nomen hoc beatum Credentes salvificat.

In hoc lucet Trinitatis Splendor atque unitatis ; Hoc cœlum laetificat. In hoc fulget honor Patris. In hoc patet décor Matris, Hoc fratres glorificat.

Hoc est Nomen salutare. Et solamen singulare, Quod succurrit tristibus. Hoc nos decet honorare, Benedicere, laudare Semper laetis mentibus.

Hoc est melos praedicatum, Dulce mel est invocatum, Servat ab insultibus. Jubilus est cogitatum, Nomen mire formidatum Malignis spiritibus.

Ecce Nomen gratiosum, Fructuosum, virtuosum Praï cunctis nominibus ; Vultum Dei gratiosum,

Summe bonum in valore, întus sapit dulciter ; Summe potens in vigore, Summe celsum in honore, Delectat féliciter.

Ergo Pastor animarum, Bone Jesu, et earum Lumen indeficiens, Propter Nomen tuum earum Tetrum chaos tenebrarum Obstrue, nos muniens.

O Reformater cunctarum Nationum humanarum, Vila mortem auferens, Restaurator ruinarum Virtutum angeiicarum, Te ipsum sis largiens.

naître aux hommes la face d'un Dieu toute gracieuse, remplie de beauté et d'amour.

Ce Nom est beau dans son éclat ; il est le souverain bien lui-même ; sa saveur intime est la plus douce. Tout-puissant en sa force, sublime en ses honneurs, il est le principe des délices et de la félicité.

Donc, ô Pasteur des âmes, leur lumière incessante, ô bon Jésus ! par votre Nom si cher, protégez-nous, et fermez sous nos pas le noir chaos des ténèbres.

Réformateur de toutes les nations humaines, Vie qui avez détruit la mort, restaurateur de la ruine qu'avaient soufferte les tribus angéliques, daignez vous donner à nous. Amen.

Les Messes et les Vêpres des III* et IV' Dimanches après l'Epiphanie, Je Septuagésime, Sexagésime et Quinquagésime, se trouvent à la jin du volume, où on les a pla' cées, pour ne pas interrompre la série des quarante jours de la Naissance du Sauveur, et pour éviter aux Jidèles l'embarras que le mélange de ces Offices aurait pu produire, au milieu des Fêtes du Propre des Saints.

APRÈS avoir consacré à la gloire de l'Emmanuel manifesté à la terre la radieuse Octave de l'Epiphanie, la sainte Eglise, toujours occupée du divin Enfant et de son auguste Mère, jusqu'au jour où Marie portera dans ses bras ce fruit béni de ses entrailles au Temple où il doit être offert, la sainte Eglise, disons-nous, admet sur son glorieux Cycle de nombreux amis de Dieu, qui nous tracent au ciel, comme autant d'astres étincelants, la voie qui conduit des joies de la Nativité au sacré mystère de la Purification.

Tout d'abord, éclate d'une gloire sans pareille, dès le lendemain du jour consacré à la mémoire du Baptême du Christ, le fidèle et courageux Hilaire, honneur immortel de rE2;lise des Gaules, le frère d'Athanase et d'Eusèbe de Verceil dans les combats qu'il soutint pour la divinité de l'Emmanuel. Le lendemain des persécutions sanglantes du paganisme, commence cette lutte affreuse de

I. Nous avons placé après le3l janvier la fête de saint Tite, disciple de saint Paul. Cette fête récemment inscrite au calendrier liturgique n'a pas de jour propre. On la célèbre dans les diverses Eglises, au premier jour qui ne se trouve pas occupé par une autre fête.

l'Arianisme, qui avait juré d'enlever au Christ vainqueur, par ses martyrs, de la violence et de la politique des Césars, la gloire et les honneurs de la divinité. L'Eglise, affranchie par son propre sang, ne fit point défaut sur ce nouveau champ de bataille ; de nombreux martyrs scellèrent encore de leur sang, versé par des princes désormais chrétiens, mais hérétiques, la divinité du Seigneur immortel qui a daigné apparaître dans la faiblesse de la chair ; mais à côté de ces généreux athlètes, brillèrent, martyrs eux-mêmes de désir, d'illustres Docteurs qui vengèrent, par leur savoir et leur éloquence, cette foi de Nicée qui avait été celle des Apôtres. Au premier rang et tout couvert des palmes d'une glorieuse confession, apparaît Hilaire, élevé, comme dit saint Jérôme, sur le cothurne gaulois et paré des fleurs de la Grèce, le Rhône de Véloquence latine, et Vinsigne Docteur des Eglises, selon saint Augustin.

Sublime par son génie, profond dans sa doctrine, Hilaire est plus grand encore dans son amour pour le Verbe incarné, dans son zèle pour la liberté de l'Eglise, toujours dévoré de la soif du martyre, toujours invincible à cette époque désolante où la foi, victorieuse des tyrans, sembla un jour au moment d'expirer, par l'astuce des princes, et par la lâcne défection de tant de pasteurs.

Lisons d'abord le récit de quelques-unes des actions de notre grand Evêque, dans les Leçons de son Office.

HiLARius, in Aquita- I tj n.AiRE né en Aquitaine, nia nobili génère | li de famille noble, excella

en doctrine et en éloquence. Engagé d'abord dans le mariage, il y mena une vie presque monastique; élevé ensuite, par ses rares vertus, sur le siège de Poitiers, il s'acquitta du devoir épiscopal de façon à mériter les. plus grandes louanges de la part des fidèles. C'était dans le temps où l'Empereur Constance poursuivait les Catholiques par la terreur, la confiscation des biens, l'exil et les cruautés de tout genre, s'ils ne voulaient pas embrasser le parti des Ariens. Hilaire s'opposa, comme un mur inébranlable, à ces hérétiques, et attira sur lui leurs fureurs. Après plusieurs pièges qui lui furent tendus, il fut enfin, par les artifices de Saturnin, Evêque d'Arles, relégué, du Concile de Béziers, jusqu'en Phrygie où il ressuscita un mort, et écrivit contre les Ariens ses douze livres de la Trinité.

/QUATRE ans après, un ConV^ cile ayant été rassemblé à Séleucie, ville d'Isaurie, Hilaire fut contraint d'y assister. Il partit ensuite pour Constantinople, où voyant l'extrême péril de la foi, il demanda audience à l'empereur par trois requêtes publiques, pour obtenir permisnatus, doctrina et eloquentia excelluit. Qui primum in matrimonio quasi monachi vitam egit : deinde proptersingulares virtutes Pictavorum episcopus creatur : quod munus episcopale sic gessit, ut a fidelibus summam laudem consequeretur. Quo tempore, cum terroribus, bonorum spoliatione, e.xilio et omni crudelitate Constantius Imperator Catholicos vexaret, nisi ad arianas partes transirent : Hilarius tamquam firmissimum murum se Arianis opponens, illorum furorcm in se concitavit. Itaque multis petitus insidiis, tandem dolo Saturnin! Arelatensis Episcopi, de Synodo Biterrensi in Phrvgiam relegatus est : ubi et mortuum suscitavit, et libros duodecim scripsit de Trinitate contra Arianos.

Vx coacto Concilio ad Seîeuciam Isauria urbem, Hilarius adesse compulsusest : ac deinde Constantinopolim profectus, ubi extremum fidei periculum aniraadvertit, tribus libellis publice datis audienliam

Imperatoris poposcit. ul de fide cum adversariii coram disputaret. Verum cum Ursacius et Valens Ariani Episcopi,quosHilarius scriptis confutaral, praesentis eruditionem pertimescerent, Constantio persuaserunt, ut specie honoris eum in suum Episcopatum restitueret. Tune Hilarium e praeiio haereticorura revertentem, ut inquit sanctus Hieronymus, Galliarum Ecclesia complexa est : quem ad Episcopatum secutus est Martinus, qui postea Turonensi praefuit Ecclesiae : tantumque illo doctore profecit, quantum ejus postea sanctitas declaravit.

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