L'Année liturgique — Le Temps de Noël (t. 2-3) (page 202)
» iAGNA deinceps traniVl quillitate Pictavorum Ëcclesiam adrainistravit Galliamque universam adduxit, ut Arianorum impietatem condemnaret. Multos libros scripsit mira eruditione : quos omnes sanctus Hieronymus ad Laetam, sine ulla erroris suspicione legi po5se testatur illis verbis : Hilarii libros inoffenso decurrat pede. Migravit in cœlum Idibus Januarii. \'alentiniano et Valente imperatosion de disputer de la foi avec ses adversaires. Mais Ursace et Valens, Evéques ariens, que Hilaire avait réfutés dans ses écrits, craignant la présence d'un si savant homme, persuadèrent à Constance de le rétablir dans son évéché, comme pour lui faire honneur. Ce tut alors que l'E- glise des Gaules, selon l'expression de saint Jérôme, embrassa avec transport Hilaire au retour de ses combats contre les hérétiques. Il fut suivi jusqu'à sa ville épiscopale par saint Martin, qui fut ensuite Evéque de Tours, et qui. par les leçons d'Hilaire, s'avança dans les voies de l'admirable sainteté qui brilla plus tard dans sa conduite.
APRÈS son retour à Poitiers, Hilaire gouverna son Eglise dans une grande tranquillité. Par ses soins, la Gaule tout entière fut amenée à condamner l'impiété des Ariens. Il écrivit plusieurs livres d'une merveilleuse érudition. Saint Jérôme, dans sa lettre à Laeta, leur rend ce témoignage, qu'onles peut lire sans craindre d'y rencontrer l'erreur, lorsqu'il dit, en parlant de la fille de cette dame romaine : « Elle pourra lire, sans aucun risqje, les livres d'HiSaint Hilaire, Év. et Doct. de VÉgUse. 2 83
laire. » Il alla au ciel le jour des Ides de Janvier, sous l'empire de Valentinien et V'alens, l'an de la Naissance de Jésus-Christ trois cent soixante-neuf. Un grand nombre de Pères et plusieurs Conciles ont désigné Hilaire comme un insigne Docteur de l'Eglise ; et dans plusieurs diocèses, il était honoré sous ce titre ; enfin, sur les instances du concile de Bordeaux, le Souverain Pontife Pie IX, après avoir pris l'avis de la Congrégation des sacrés Rites, a déclaré et confirme saint Hilaire Docteur de l'Eglise universelle, et ordonné qu'au jour de sa fête, il fût partout honoré de ce titre à l'Office et à la Messe.
L'ancienne Eglise Gallicane, dans ses livres liturgiques dont quelques fragments sont venus jusqu'à nous, consacre les éloges suivants au plus illustre de ses Pontifes. Nous donnerons d'abord cette Allocution au peuple fidèle, extraite d'un antique Sacramentaire.
ribus, anno post Christum natum trecentesimo sexagesimo nono. Eum a multis Patribus et Conciliis insignem Ecclesias Doctorem nuncupatum, atque uti talem in aliquot diœcesibus cultum, tandem, instante synodo Burdigalensi. Plus nonus, Pontifex Maximus, ex sacrorum Rituum Congregationis consulto, universae Ecciesice Doctorem declaravit et confirmavit : ac ipsius festo die Missam et Officium de Doctoribus ab omnibus recitari jussit.
SUPPLIONS, ô peuples, l'adorable Seigneur, dans l'abondance de nos vœux, en ce retour solennel de la fête du très heureux pontife Hilaire, dont la bouche a tonné au milieu du monde, pour légalité des trois divines personnes, avec tant de force, que ce soldat du Christ a
ADORABILEM, popuH. beatissimi Hilarii antistitis festivitate solemniter récurrente, cujus lingua in sasculo pro sanctas Trinitatis sequalitate sic tonuit, ut hujus mundi Principem miles Christi prosterneret. et in cœlestis Régis aula
victor intraret. Dominutn votis uberioribus deprecemur : ul qui eum inter diverses acies ita fecit esse sollicitutn, ut redderet iater bella securum. nobis concedere dignetur ut quod in ejus honore deposcimus. eo suifragante consequi mereamur.
renversé le Prince de ce siècle, et est entré vainqueur au palais du Roi céleste. Demandons à celui qui Ta rendu chef vigilant de ses armées, et calme au milieu des combats, qu'il daigne nous faire la grâce d'obtenir, par le suffrage d' H i lai re , ce que nous sollicitons en son honneur.
Cette Préface, qui célèbre les vertus et les prodiges de saint Hilaire, s'est conservée dans l'Eglise des Gaules, même après l'introduction de la Liturgie Romaine :
V' ERE dignum et justum est gratias agere. vota solvere. munera consecrare, Domine sancte. Pater omnipotens, seterne Deus : qui beatum Hilarium Confessorem tuum praeeleglsti tibi sacratas confessionis tuae antistitem, ingenti lumine coruscantem, morum lenitate pollentem, fidei fervore flagrantem, eloquii fonte torrentem : cui quEe sit gloriatio ostendit concursus ad tumulum. purifîcatio incursorum, medela languentium. mirandarum signa virtutum. Qui etsi natura fecit finem per transitum, iilic vivunt Pontificis mérita post
IL est vraiment digne et juste de vous rendre grâces, de vous offrir des vœux, de vous consacrer ces dons. Seigneur saint, Père toutpuissant. Dieu éternel, qui avez élu le bienheureux Hilaire votre Confesseur pour le Pontife de votre confession sacrée : cet homme tout éclatant d'une lumière immense, orné d'une si grande douceur de moeurs, enflammé des ardeurs de la foi. source impétueuse d'éloquence; lui dont la gloire paraît dans le concours des peuples à son tombeau, dans la guérison des possédés, dans le soulagement de ceux qui languissent, dans les signes des plus merveilleux prodiges. Selon la nature, il a quitté notre seSaiyit Hilaire, Ev. et Doct. de VEglise. 285
«epulcrum, ubi prassentia Salvatoris est Jesu Christi Doraini nostri.
jour ; mais les mérites de ce Pontife survivent au delà du tombeau, en la présence du Sauveur Jésus-Christ, notre Seigneur.
L'Oraison suivante a été recueillie de plusieurs anciens Missels manuscrits •
ODiEU, dont la miséricorde change les pécheurs pour le pardon, et transfère les justes pour les couronner ; vous qui, habitant dans le cœur du bienheureux Pontife Hilaire, y avez donné les réponses de la foi, comme du sein de votre sanctuaire ; vous
Îui avez donné à cet illustre !onfesseur de ne pas craindre César: daignez, par son intercession, défendre votre peuple suppliant contre son ennemi spirituel, et faire qu'il soit protégé par la fidèle priçre de celui dont il célèbre avec transport la solennité.
L'Eglise de Poitiers, toujours tidèle à la mémoire de son héroïque Pontife, célèbre sa fête avec une religion filiale. Pour honorer avec plus d'éclat le témoignage rendu par le grand Docteur des Gaules, au mystère qui fait la base du Christianisme tout entier, elle chante en ce jour, à la Messe, la Préface de la Sainte Trinité. Nous donnerons ici quelques pièces liturgiques empruntées aux anciens livres de cette illustre Eglise Les
DEUS. cu)us miseratione delinquentes rautantur ad veniam, justi transferuntur ad palmam ; qui infusus in corde beatiHilarii antistitis, quasi de tuo templo fidei responsa dedisti : concède propitius, ut qui tune inclytum Confessorem tuum fecisti Caesarem non timere. ejus intercessione ab spiritali hoste plebem protegas obsecrantem, ut cujus solemnitati tripudiat. ejus sit fida prece defensa.
Répons suivants sont tirés en partie de la légende du Saint, rédigée par saint Venance Fortunat, l'un de ses plus illustres successeurs.
EATUS Hilarius. prae caeteris gratia generositatis ornatus, nitore pectoris addito, * Quasi refulgens Lucifer inter astra processit. j^. Igitur beatus Hilarius. Pjctavensis urbis Episcopus, regionis Aquitanicae partibus oriundus, * Quasi refulgens.
]^. O quam perfectissimumlaicum 1 cujusimitatores ipsi esse desiderant sacerdotes ; * Cui non fuit aliud vivere nisi Christumcumdilectione timere.etcum timoré diligere. f. Cujus sequaces currunt ad gloriam. divertentes ad pœnam ; credenti succedunt praemia. recusanti tormenta. ' Cui.
fq. Tumitaque sanctissimus Hilarius in Phrygiam, Asiae regionera, missus est exilio, ad virtutis augmentum ; * Quia quantum, pro Christi nomine, longius discedebat a solo proprio, tantum merebatiir fieri vicinior cœlo. f. Qui dum ad locum pervenisset opgi E bienheureux Hilaire
^L distingué au-dessus de tous par l'honneur de la naissance, plus éclatant encore par la pureté de son coeur, * Brillant comme l'étoile du matin, a paru au milieu des astres, f. Le bienheureux Hilaire , Evêque de la ville de Poitiers, sorti de la région d'A- quitaine, * Brillant comme rétoile,
^. Oh ! qu'il fut parfait dan^ l'état de laïque ! Les prêtres mêmes eussent désiré être ses imitateurs. * L'occupation de sa vie n'était autre que de craindre avec amour le Christ, que de l'aimer avec crainte, f. Ceux qui marchent sur ses traces, courent à la gloire ; ceux qui s'en écartent, encourent la peine : au croyant la récompense ; à l'incrédule, les supplices.* L'occupation de sa vie.
^. Le très saint Hilaire fut donc exilé dans la Phrygie, contrée d'Asie, pour l'accroissement de sa vertu ; * Car plus il s'éloignait, pour l'amour du Christ, du pays de sa naissance, plus il méritait de s'approcher du ciel. f. Etant arrivé au lieu de ses désirs, nous devons célébrer les faveurs qui lui furent acSaint Hilaire, Ev. et Doct. de V Église. 287
^. De retour de son exil, le saint Pontife Hilaire rentra dans Poitiers, au milieu de la joie et des applaudissements de tout son peuple ; * Car l'Eglise recouvrait son Pontife, et le troupeau son Pasteur, f. La perle des Prélats, il est rentré dans son héritage ; louons le Seigneur, et que le chœur des Anges aussi se réjouisse. * Car l'E- glise.
tabilem, nobis tacendum non est quid illi concessum est. * Quia.
^. Cum de exilio regressus sanctus Hilarius Pontifex Pictavim introivit : summo favore plaudebant omnes pariter, * Eo quod recepisset Ecclesia Pontificem, grex Pastorem. j^^. Gemma prassulum remeante ad propria, laudemus Dominum ; laetetur quoque chorus Angelorum. * Eo quod.
De nos jours, l'Eglise de Poitiers chante en l'honneur de son grand Evêque ces deux Hymnes composées par le pieux Simon Gourdan, chanoine régulier de cette même abbaye de Saint- Victor, de Paris, tant illustrée par les Séquences de son immortel Adam.