L'Année liturgique — Le Temps de Noël (t. 2-3) (page 207)
Aujourd'hui saint Maur, étendu sur le cilice. devant l'autel, a rendu heureusement le dernier soupir. Aujourd'hui, le disciple premier-né du bienheureux Benoît, montant avec sécurité par le sentier de la sainte Règle, escorté des chœurs angéliques. est parvenu jusqu'au Christ. Aujourd'hui, 1 homme obéissant, chantant ses victoires, a mérité d'être couronné par le Seigneur. Alléluia.
Les Répons suivants appartiennent au même Office, et ne sont pas moins remarquables.
O dignissimum Patris Benedicii discipulum, quem ipse sui spiritus hœredem reliquit, ut Régula sanctse promulgator esset primarius, et in Galliis Monastici Ordinis propagator mirificus. Alléluia.
O beatum virum , qui spreto saeculo, jugum sanctae Régulas a teneris annis amanter portavit, et factus obediens usque ad mortem, semetipsum abnegavit, ut Christo totus adhaereret. Alléluia.
Hodie sanctus Maurus super cilicium stratus, coram altari. féliciter occubuit. Hodie primogenitus beati Benedicti discipulus, per ducatum sanctje Régulas securus ascendens, choris comitatus angelicis, pervenit ad Christum. Hodie vir obediens . loquens victorias. a Domino coronari meruit. Alléluia.
AUR, confié dès sa plus tendre enfance, par son père Eutychius, à saini Benoît, pour être élevé dans la solitude de
AURUS a teneris annis sanc10 Bénédicte in disciplinam ab Eutychio pâtre in Sublaco tradiLe Temps de Noël.
tus, magistri sui virtutes imitando expressit, * Et similis ejus efFectus est. t. Inspexit et fecit secundum exemplar, quod ipsi in monte monstratum est. * Et similis.
^. Prolapso in lacum Placido, Maurus advolans, Spiritu Domini ferebatur super aquas,
* Dum Patri suo in auditu auris obediret. f. Aquae raultae non potuerunt extinguere charitatem ejus, neque âumina illam obruere, * Dum Patri.
i^. Sanctus Benedictus dilectum prae caeteris discipulum suum Maurum transmittit in Galliam :
* Et magnis patitur destitui solatiis, ut proximi saluti provideat. f. Caritas benigna est. nec quaerit quae sua sunt. sed quae Jesu Christi. * Et magnis.
^. In Deo raptus, viam vidit innumeris coruscam lampadibus, qua Benedictus ascendebat in gloriam, * In perpétuas aeternitates. f. Justorum semita quasi lux splendens procedit, et accrescit usque ad perfectum diem.' In perpétuas.
^. Quae in sinu beati Parris Benedicti hauseSublac, reproduisit, par une imitation hdèle, les vertus de son maître, * Et devint semblable a lui. f. 11 considéra et fit selon l'exemplaire qui lui fut montré sur la montagne. * Et il devint semblable à lui.
^. Placide étant tombé dans le lac, Maur vole à son secours, porté sur les eaux par l'Esprit du Seigneur, Quand il obéit sans délai au commandement de son Père. f. Les grandes eaux ne purent éteindre sa charité, ni les fleuves l'engloutir, * Quand il obéit.
^. Saint Benoît envoie dans les Gaules Maur, son disciple le plus chéri, * Et consent à être privé d'une grande consolation pour procurer le salut du prochain, f. La charité est bénigne ; elle ne cherche point ce qui est pour elle, mais ce qui est pour Jésus-Christ, Et consent.
^. Maur, ravi en Dieu, aperçut une voie étincelante de mille flambeaux, par laquelle Benoît montait dans la gloire, * Pour l'éternité, à jamais, f. Le sentier des justes s'avance comme une lumière brillante, et va croissant jusqu'au jour parfait. * Pour l'éternité, à jamais.
du bienheureux Benoît, il les répand sur les Gaules :* Et c'est au milieu des lis de France qu'il plante les rejetons de son Ordre sacré. ^. Semblable à un ruisseau sorti d'un fleuve, il a arrosé le jardin qu'il a planté. * Et c'est au milieu.
fi|. Le très chrétien Roi des Francs vint au monastère, pour écouter la sagesse du nouveau Salomon ; * Et il mit à ses pieds la pourpre royale, j^. Comme il était humble à ses propres yeux, le Seigneur le glorifia en la présence des rois ; * Et il mit à ses pieds.
% Deux ans avant sa mort, il entra dans le silence, séparé des hommes, * Et seul, il habita avec lui-même sous les yeux du témoin céleste. f. Il prépara son cœur, et, en présence du Seigneur, il sanctifia son âme. * Et seul.
1^. La plus grande partie des frères qui militaient sous Maur leur chef, avertie d'une mort prochaine par un Ange, soutint avec le démon son dernier combat : * Et succombant glorieusement dans la lutte, mérita les triomphes célestes, f. Maur a combattu le bon combat, il a achevé sa course, il a gardé la foi. * Et succombant.
* Et inter Franciae lilia sacri Ordinis propagines sévit, f. Quasi trames aquae de fluvio rigavit hortum plantationura suarum. ' El inter.
j^. Christianissimus Francorum Rex venit ad monasterium, ut audiret sapientiam novi Salomonis : * Et regiam purpuram submisit pedibus ejus. ^. Quia humilis fuit in oculis suis, glorificavit illum Dominus in conspectu regum.
fi). Biennio ante mortem siluit sejunctus ab hominibus, " Et solus in superni inspectoris oculis habitavit secum. f. Praeparavit cor suum, et in conspectu Domini sanctificavit animam suam. * Et solus.
fi|. Maxima pars fratrum sub Mauro duce militantium per Angelum de morte monita, ultimum cum daemone pugnavit : * Et in ipso agone occumbens, cœlestestriumphos promeruit. f . Bonum certamen certavit, cursum consummavit, fidem servavit. * Et in ipso agone.
annos in sacra militia meruisset, imminente jam morte, ad aras deferri voluit, ut efFunderet in conspectu Domini orationem, et animam suam, dicens : * Concupiscit et déficit anima mea in atria Domini. f. Altaria tua, Domine virtutum, Rex meus, et Deus meus. * Concupiscit.
^. Substrato cilicio in Ecclesia recumbens, ex domo orationis transivit in locum tabernaculi admirabilis, usque ad domum Dei, * Cujus nimio amore flagrabat. f. Coarctabatur enim, desiderium habens dissolvi. et esse cura Christo, * Cujus nimio.
dans la milice sacrée, sa mort étant proche, il voulut être porté au pied des autels, pour répandre, en présence du Seigneur, sa prière et son àme, disant : * Mon âme haletante défaille dans le sanctuaire du Seigneur, j^. Vos autels. Seigneur des armées, mon Roi et mon Dieu ! * Mon âme haletante.
% Etendu dans l'Eglise sur un cilice, il passa, de la maison de prière, au lieu du tabernacle admirable, à la maison de Dieu, * Pour lequel il briilait d'un ardent amour, j^. Car il était dans l'angoisse, désirant voir briser ses liens, et être avec Jésus-Christ,* Pour lequel il brûlait.
Entre les trois Hymnes de saint Maur, nous choisissons celle-ci comme la plus belle :