L'Année liturgique — Le Temps de Noël (t. 2-3) (page 211)
Herba fuit illi victus • Palmaï frondes et amictus, Accum bestiisconflictus, Intra solitudinem.
Precum assiduitate, Operandi crebritate, Atque somni parcitate Restinxit libidinem.
Confulatis Arianis, Et philosophis profanis, Paulura visit, nec inanis Fit via, nec irrita.
Nam convenit hune viventem, Inde sanctam ejus mentem Coelos vidit ascendentem, Carne terrae redita.
Devant ce soldat vétéran, sous sa robuste main, l'ennemi tremble et grince des dents.
Sans cuirasse pour protéger sa poitrine, l'athlète a tenu tête à un pareil champion.
De l'eau pour boisson, la terre pour lit : ce sont là ses armes, et il est vainqueur.
Des herbes pour nourriture, des feuilles de palmier pour vêtement, des bêtes féroces pour compagnons dans sa solitude.
Des prières assidues, un travail sans relâche, un sommeil court ont éteint les feux de la volupté.
11 confond les Ariens et les philosophes profanes ; il visite Paul, et ce voyage n'est ni vain ni superflu.
Il le trouve encore vivant, et voit sa sainte âme s'envoler aux cieux , laissant son corps à la terre.
jouis de la gloire dans l'empire de la lumière • laisse émouvoir tes compatissantes entrailles sur nous, courbés sous le poids de la chair.
Et pour nous arracher à la mort de la terrible "géhenne, tends-nous la main ; défends-nous du feu ardent, et procure-nous la gloire après le trépas.
Nunc in regno claritatis Gloriaris ; hic gravatis Mole carnis, pietatis Tuœ pande viscera.
tende. Nos a morbido défende Igné, nobis et impende Gloriam post funera.
L'Eglise Grecque procède avec enthousiasme à la louange de saint Antoine, dans ses Menées, dont nous avons extrait les strophes suivantes :
OUAND tu t'enfermas, plein de joie, dans un sépulcre, ô Père, pour l'amour du Christ, tu y souffris avec courage les assauts des démons; tu repoussas, par la prière et l'amour, leurs tentations plus faibles qu'une fumée ; alors, les Anges applaudirent et crièrent : Gloire à celui qui te fortifie, Antoine 1
Tu parus, ô sage, comme un autre Elie, ayant sous toi des disciples célèbres, nouveaux Elisées ; céleste père, enlevé comme sur un char, tu leur laissas ton double esprit ; maintenant qu'ils sont ta gloire, tu te souviens, heureux Antoine, de tous ceux
OUANDO in sepulcro teipsum gaudens inclusisti, Pater, propter Christi amorem, sufferebas quam fortiter daemonum insultus, oratione et charitate istorum fumo debiliora depellens tentamenta ; tune plauserunt Angelorum ordines clamantes : Gloria roboranti te, Antoni.
Heliasdemonstratus es aller, habens célèbres discipulos, novos Eliseos, sapiens, quibus et gratiam tuam duplicem dereliquisti, raptus tamquam in curru, aethereus pater; nunc ab illis decoratus, omnium recor^u^
daris, beatissime , tuam celebrantium cum amore venerabilern festivitatem, o Antoni.
In terris Angelum, in cœlis Dei virum, mundi ornamentum. bonorum et virtutum florem , asceticorum gloriam, Antonium honoremus ; plantatus enim in domo Domini effloruit justissime, et quasi cedrus in deserto muîtiplicavit grèges ovium Chrisli spiritualium in sanctitate et justitia.
O illuminate Spiritus radiis, quando te divinus amor combussil, et animam evolare fecit ad desiderabile charitatis fastigiura. tune despexisti carnem et sanguinem, et extra mundum factus es, raulta ascesi et tranquillitate ipsi unitus, quo repletus es ; exinde quaîsisti bona et resçlenduisti sicut Stella irradians animas nostras, Antoni.
Tu qui daemonum sagittas et jacula contrivisli charitate divini Spiritus, et malitiam insidiasque ejus omnibus patefecisti. divinis coruscans illustrationibu>. Monachorum cffeLtus es fulgidissimum luminare, et eremi primum decus, et
Honorons Antoine, Ange sur la terre, homme de Dieu dans le ciel, ornement du monde, la fleur des hommes vertueux, la gloire des Ascètes ; planté dans la maison du Seigneur, il a fleuri dans la justice ; et, comme un cèdre au désert, il a multiplié le troupeau des brebis spirituelles du Christ, dans la sainteté et la justiceO homme illuminé des rayons de l'Esprit, quand le divin amour te consuma et fit envoler ton âme dans la région sublime et désirable de l'amour, tu méprisas la chair et le sang, et devenu étranger au monde, tu fus uni par une ascèse profonde et un doux repos à celui qui te remplissait ; alors tu cherchais les vrais biens, et tu resplendissais comme une étoile pour illuminer nos âmes, ô Antoine 1
Toi, qui as brisé lei flèches et les traits des démons par l'amour du divin Esprit, et qui as dévoilé à tous leur malice et leurs embûches, tout éclatant d'enseignements divins, de divines illustrations, tu es devenu le très brillant flambeau des Moines, la première gloire du désert , le su»
Î>réme médecin des âmes maades, l'archétype des vertus, ô Antoine, notre père !
Professant sur la terre la vie ascétique, tu as émoussé, ô Antoine, tous les traits des passions dans le torrent de tes larmes ; échelle divine et vénérable qui nous élèves jusqu'aux cieux, tu guéris les infirmités des passions de ceux qui, avec foi, crient vers toi • Étoile dorée de l'Orient, réjouis-toi, lampe et pasteur des Moines ; réjouis-toi, homme digne de louanges, disciple du désert, colonne inébranlable de l'Eglise ; réjouis-toi, chef illustre et libérateur des âmes errantes ; réjouis-toi, ô notre gloire, brillant honneur de l'univers !
Tu es devenu comme une colonne éclatante et appuyée sur les vertus, comme une nuée qui porte l'ombre, toi qui as été préposé à ceux qui, habitant le désert, contemplent Dieu dans les cieux. Tu as divisé la mer des passions par le bois de la croix ; tu as rendu facile la voie difficile et ardue qui mène au ciel, et découvert , ô très heureux , l'éternel héritage; toi qui assistes au trône du Christ avec les purs esprits, supplie-le d'accorder à nos âmes une grande miséricorde.
supremus aegrotantium medicus, et archetypus virtutum, Antoni Pater.