L'Année liturgique — Le Temps de Noël (t. 2-3) (page 214)

Dom Prosper Guéranger · Vie de piété

Texte français, domaine public · Source : archive.org — L'Année liturgique t. 2-3, éd. 1911 (OCR) · 267 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

Sterculum Cslit senatus (horreo Tôt monstra patrum dicere) Et festa Saturnt senis.

dedecus, Emitte Gabriel tuutn, Agnoscat ut verum Deum Errans luli caecitas.

Et jam tenemus obsides Fidissimos hujus spei : Hic nempe jam régnant

Alter vocatorGentium, Alter Cathedraœ possidens Pritnam, recludit créditas ^ternitatis januas.

Discede, adulter Jupiter, Stupro sororis oblite, Rehnque Romam liberam, Plebemque jam Christi fuge.

Dans le secret sanctuaire de son foyer, le successeur des Gâtons vénère honteusement encore les Pénates autrefois chassés de Troie.

Le Sénat honore encore Janus aux deux visages ; il persiste à rendre un culte dégoûtant, hérité de ses pères, au dieu Sterculus et au vieux Saturne.

Efface, ô Christ, ce déshonneur ; envoie ton Gabriel montrer aux aveugles fils d'Iule quel est le Dieu véritable.

Déjà, nous Chrétiens, nous possédons le gage assuré de cette espérance ; déjà régnent dans Rome les deux Princes des Apôtres.

L'un, noble instrument de la vocation des Gentils ; l'autre, assis sur la première Chaire, a reçu le soin d'ouvrir et de fermer les portes de l'éternité.

rirésence ; fuis et laisse en sa iberté le peuple du Christ.

C'est Paul qui te poursuit; c'est le sang de Pierre qui crie contre toi ; paie maintenant les forfaits de Néron.

Je vois venir un prince, un Empereur serviteur de Dieu; son zèle s'indignera de voir Rome esclave de ces sacrifices d'ignominie.

Il viendra fermer les temples; il en scellera les portes d'ivoire. Par son ordre, d'éternels verrous en défendront le seuil.

De ce jour, le marbre ne verra plus l'impur sang des victimes souiller sablancheur, et les idoles, spectacle désormais innocent, demeureront debout sans hommages.

sanguine Tandem nitebunt marmora ; Stabunt et aéra innoxia, Quae nunc habentur idola.

L'Eglise Gothique d'Espagne chantait cette Hymne de son Bréviaire Mozarabe, le jour de la Chaire de saint Pierre.

O Pierre 1 toi qui es la Pierre de l'Eglise, heureux es-tu dans ton nom, que le Christ, qui le porte luimême, t'a donné, et non toi au Christ !

OPetre, petra Ecclesiae, Isto beatus nomine, Quo Petrus a Christo Petra, Non Petra Christus a Petro.

Tu es Pelrus. qui Filii Confesser es primus Dei : Hinc primus in membris

Adest dies, quo Romula In urbe consecratus es; In quo Cathedrae nobilis Scandens thronum attolleris :

Conlata ergo gloriae In te potestas amuens, Ligata solval crimina. Portasque averni obstruât.

Hinc pastor ut piissimus, Oves guberna créditas ; Intus Forisque pervigil Ne subruamur, protège.

Et clave illa cœlica Solvens catenas criminum, lUic reos inducito, Quo clarus exstas janitor.

Ut cum polorum Principi Recisa merabra junxeris, Sit Trinitati gloria Fer cuncta semper saecula. Amen.

Tu es Pierre qui, le premier, as confessé le Fils de Dieu ; pour prix de ta foi, tu es le premier des membres, et tu portes le nom de CépHas.

Voici le jour où tu fus inauguré dans la ville de Romulus ; où, montant sur ton trône, tu fus élevé sur la Chaire auguste.

Fais que la gloire et la puissance, qui en toi résident comme dans leur source, viennent briser les liens de nos péchés, fermer les portes des enfers.

Comme un pasteur plein de bonté, gouverne les brebis qui te furent confiées ; veille au dedans, veille au dehors ; protège-nous, afin que nous ne soyons pas renversés.

Délie, par la clef céleste, nos chaines criminelles, et conduis-nous, pécheurs pardonnés, au palais dont tu es le portier illustre.

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