L'Année liturgique — Le Temps de Noël (t. 2-3) (page 216)

Dom Prosper Guéranger · Vie de piété

Texte français, domaine public · Source : archive.org — L'Année liturgique t. 2-3, éd. 1911 (OCR) · 267 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

O Rome ! en ce jour où toute l'Eglise proclame ta gloire, et se félicite d'être bâtie sur ta Pierre, reçois les nouvelles promesses de notre amour, les nouveaux serments de notre fidélité. Toujours tu seras notre Mère et notre Maîtresse , notre guide et notre espérance. Ta foi sera à jamais la notre ; car quiconque n'est pas avec toi n'est pas avec Jésus-Christ. En toi tous les hommes sont frères , et tii n'es point pour nous une cité étrangère , ni ton Pontife un souverain étranger. Nous vivons par toi de la vie du cœur et de l'intelligence ; et tu nous prépares à habiter un jour cette autre cité dont tu es l'image, cette cité du ciel dont tu formes l'entrée.

Bénissez , ô Prince des Apôtres, les brebis confiées à votre garde ; mais souvenez-vous de celles qui sont malheureusement sorties du bercail. Loin de vous, des nations entières que vous aviez élevées et civilisées par la main de vos successeurs , languissent , et ne sentent pas encore le malheur d'être éloignées du Pasteur. Le schisme glace et corrompt les unes ; l'hérésie dévore les autres. Sans le Christ visible dans son Vicaire, le Christianisme devient stérile et peu à peu s'anéantit. Les doctrines imprudentes qui tendent à amoindrir la somme des dons que le Seigneur a conférés à celui qui doit tenir sa place jusqu'au jour de l'éternité, ont trop longtemps desséché les cœurs de ceux qui

les professaient ; trop souvent elles les ont disposés à substituer le culte de César au service de Pierre. Guérissez tous ces maux , o Pasteur suprême ! Accélérez le retour des nations séparées; hâtez la chute de l'hérésie du seizième siècle ; ouvrez les bras à votre fille chérie , l'Eglise d'Angleterre ; qu'elle refleurisse comme aux anciens jours. Ebranlez de plus en plus l'Allemagne et les royaumes du Nord ; que tous ces peuples sentent qu'il n'y a plus de salut pour la foi qu'à l'ombre de votre Chaire. Renversez le colosse monstrueux du Septentrion, qui pèse à la fois sur l'Europe et sur l'Asie , et déracine partout la vraie religion de votre Maître. Rappelez l'Orient à son antique fidélité ; qu'il revoie, après une si longue éclipse, ses Sièges Patriarcaux se relever dans l'unité de la soumission à l'unique Siège Apostolique.

Nous enfin qui, par la miséricorde divine et par l'effet de votre paternelle tendresse, sommes demeurés fidèles , conservez-nous dans la foi Romaine , dans l'obéissance à votre successeur. Instruisez-nous des mystères qui vous ont été confiés ; révélez-nous ce que le Père céleste vous a révélé à vousmême. Montrez-nous Jésus, votre Maître : conduisez-nous à son berceau, afin qu'à votre exemple , et sans être scandalisés de ses abaissements, nous ayons le bonheur de lui dire comme vous : Vous êtes le Christ, le Fils du Dieu vivant !

LES Rois Mages, comme nous l'avons dît, ont été suivis, à la crèche du Sauveur, par les saints Rois chrétiens ; il est juste que ceux-ci soient représentés sur le Cycle, dans cette saison consacrée au mystère de sa Naissance. Parmi les saints Rois que donna en si grand nombre à l'Eglise et à la société européenne le onzième siècle, si fécond en toutes sortes de merveilles catholiques , Caniit IV , sur le trône de Danemark , se distingue entre les autres par l'auréole du martyre. Propagateur zélé de la foi du Christ, législateur habile, guerrier intrépide, pieux et aumônier , il eut tous les genres de gloire d'un prince chrétien. Son zèle pour l'Eglise, dont les droits alors étaient en même temps ceux des peuples, fut le prétexte de sa mort violente ; et il expira, dans une sédition, avec le caractère sublime d'une victime immolée pour sa nation. Son offrande au Roi nouveau-né fut l'offrande du sang ; eV il échangea la couronne périssable pour cette autre couronne dont l'Eglise orne le front de ses martyrs, et qui ne se fane jamais. Les annales du Danemark, au onzième siècle, sont peu familières à la plupart des habitants de la terre ; mais l'honneur qu'a eu cette contrée de posséder un Roi martyr est connu dans toute l'étendue de l'Eglise, et l'Eglise

habite le monde entier. Cette puissance de l'Epouse de Jésus-Christ pour honorer le nom et les mérites des serviteurs et des amis de Dieu, est un des plus grands spectacles qui soient sous le ciel ; car les noms qu'elle proclame deviennent immortels chez les nommes, qu'ils aient été portés par des rois, ou qu'ils n'aient servi qu'à distinguer les derniers de ses enfants.

Nous lirons maintenant la vie du saint Roi dans le récit que nous présentent les Leçons de son Office.

Ç^ ANUTUS Quartus, ^^ Suenonis Esthritii Danorum régis filius, fide, pietate, et morum honestate conspicuus, eximiae sanctitatis a teneris annis spécimen dédit. Paternum sceptrumsumma omnium acclamatione adeptus, religioni pro«ovendae sedulo incumbere, Ecclesias redditibus augere, et pretiosa supellectiliornarecœpit. Tuni zelo propagandae fidei succensus, barbara régna justo certamine aggressus, devictas subditasque nationes christianae legl subjugavit. Victoriis autem plurimis gloriosus , et divitiis auctus, regale diadema ad Christi crucifixi pedes abjecit, se et regnum illi subjiciens, qui Rex regum est, et Dominus dominantium.

O ANUT IV, fils de Suénon l^-' Esthritius, roi de Danemark, fut illustre par sa foi, sa piété et la pureté de ses mœurs ; et, dès ses plus tendres années, il donna des marques d'une excellente sainteté. Ayant pris le sceptre de ses pères aux acclamations de tout son peuple, il s'employa avec ardeur aux progrès de la religion ; il augmenta les revenus des églises, et les enrichit de meubles précieux. Embrasé de zèle pour la propagation de la foi, il attaqua, mais par une guerre juste, les peuples barbares, et, les ayant vaincus et domptés, il les soumit à la loi chrétienne. Devenu glorieux par un grand nombre de victoires, et plus opulent que jamais, il déposa son diadème royal aux pieds du Christ crucifié, soumettant ainsi sa personne

et son royaume à celui qui est le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs. Il châtiait son corps par les jeûnes, les cilices et les disciplines Assidu à la prière et à la contemplation, prodigue envers les pauvres, bienfaisant pour tous, jamais il ne s'écarta du sentier de la justice et de la loi divine.

p AR la pratique de ces *■ vertus et de beaucoup d'autres, le saint roi marchait à grands pas vers le sommet de la perfection. Or, il arriva que Guillaume, duc de Normandie, ayant envahi l'Angleterre avec une armée formidable, les Anglais implorèrent l'aide des Danois. Canut, ayant résolu de venir à leur secours, confia l'expédition à son frère Olaûs. Celui-ci, poussé du désir de régner, tourna ses armes contre le roi, après avoir excité contre lui les soldats et le peuple. Il ne manqua pas de pTétextes pour fomenter la rébellion ; car le roi ayant publié des lois pour obliger ses sujets de payer les dimes aux églises, et de garder les préceptes de Dieu et de l'E- glise, et porté des peines contre les transgresseurs, un grand nombre d'hommes pervers et criminels murmurèrent d'abord, puis soulevèrent le peuple, et trameCorpus suum jejuniis ciliciis, et flagellis castigavit. In oratione et contemplatione assiduus, erga pauperes profusus, erga omnes beneficus semper fuit, nec unquam a justitias , divinae que legis semita deflexit.

LJ is aliisque virtutibus *■ ^ imbutus, ad supremum perfectionis apicem sanctus rex properabat. Accidit autem. ut Angliae regnum aWilhelmo Normannorum duce forraidabili exercitu invaderetur : Anglis vero Danorum opem implorantibus, cum succurrere rex decrevisset, belli expeditionem Olao fratri commisit, qui regnandi cupiditate illectus, arma vertit in régis perniciem, militibus et populo contra illum concitatis. Nec defuerunt rebellioni fomenta ; cum enim rex editis legibus décimas Ecclesiis solvi, Dei et Ecclesiae praecepta servari, transgressores puniri sanxisset : plerique perversi ac scelerati homines exacerbati, primum quidem tumultuari, tum plebem commovere. ac tandem sanctissimo régi

CciENS igitur rex futu^ rorum praescius, mortcm sibi propter justitiam imminere ; ea praenuntiata, ad Ecclesiara sancti Albani martyris Othoniae, tamquam ad locum certaminis profectus est, et Sacramentis munitus , agonem suum Domino commendabai. Mox ibi adveniens conjuratorum multitude . Ecclesiae ignem admovere. fores confringere, et in eam irrumpere tentarunt. Quod cum perficere non j-ossent, ad fenestras accedentes, saxa et sagittas in sanctum Regem, flexis genibus pro inimicis orantem, magno impetu jaculari non cessarunt, donec lapidum et telorum ictibus, ac tandem lancea confossus , glorioso martvrio, ante altare extensis brachiis procumbens coronatus est. sedente in Aposlolico ihrono Gregorio Septimo. Multis poslea miraculis Martyrem suum illustravit Deus : nam gravi penuria et diversis calamitatibus oppressa Dania, patrati sacrilegii pœnas luit. Plures etiam variis languoribus afflicrent enfin roi.

/^ANUT, sachant, par la ^-^ connaissance qu'il avait de l'avenir, qu'il devait bientôt mourir pour la justice, ayant même prédit le jour de son trépas, se rendit à l'église de saint Alban, Martyr, à Odensée, comme au lieu destiné pour son combat, et, s'étant muni des sacrements, il recommanda sa fin au Seigneur. Bientôt la multitude des conjurés arriva ; ils s'efforcèrent de mettre le feu à l'église, d'en briser les portes et de l'envahir. Mais, n'en ayant pu venir à bout, ils s'approchèrent des fenêtres, et ne cessèrent de lancer, avec acharnement, des cailloux et des flèches sur le saint Roi, qui priait, à genoux, poui ses ennemis. Accablé sous les pierres et sous les dards, et percé enfin d'une lance, il tomba, les bras étendus, devant l'autel, et reçut la couronne d'un glorieux martyre, au temps où Grégoire VII occupait le tnme apostolique. Dieu illustra bientôt son martyr par de nombreux miracles; car le Danemark fut puni de ce meurtre sacrilège par une grande famine, et par diverses calamités. Beaucoup de personnes tourmeuSaint Canut, Roi et Martyr. 3 y g

ti, adejus tumulum remedium et incolumitatem consecuti sunt ; cumque Regina sacrum ejus corpus noctu clam surripere, et alio transferre conaretur, emissocœlitus ingenti splendore perterrita, aproposito cessavit.

tées de diverses maladies reçurent la guérison et la santé au tombeau du saint Roi. Une nuit que la Reine voulut enlever secrètement son corps pour le transporter ailleurs, il parut du ciel tout à coup une grande splendeur qui l'épouvanta, et lui fit abandonner son entreprise.

Le Soleil de justice s'était déjà levé sur votre contrée, ô saint Roi, et tout votre bonheur était de voir ses rayons illuminer votre peuple. Comme les Mages de l'Orient, vous aimiez à déposer votre couronne aux pieds de l'Emmanuel ; et, un jour, vous avez offert jusqu'à votre vie pour son service et pour celui de son Eglise. Mais votre peuple n'était pas digne de vous; il répandit votre sang, comme l'ingrat Israël versera le sang du Juste qui nous est né, et dont nous honorons, en ces jours, l'aimable enfance. Cette mort violente que vous avez rendue profitable à votre peuple, en l'offrant pour ses péchés, offrez-la encore

Eour le royaume que vous avez illustré, •epuis longtemps, le Danemark a oublié la vraie foi ; priez, afin qu'il la recouvre bientôt. Obtenez pour les princes qui gouvernent les Etats chrétiens, la fidélité à leurs devoirs, le zèle de la justice, et le respect de la liberté de l'Eglise. Demandez aussi pour nous au divin Enfant le dévouement dont vous étiez animé pour sa gloire ; et si nous n'avons pas , comme vous , une couronne à mettre à ses pieds, aidez-nous à lui soumettre nos cœurs.

T\ EUX grands Martyrs partagent, sux- le ^■^ Cycle, les honneurs de cette journée : l'un, Pontife de l'Eglise de Rome; l'autre, l'un des fidèles de cette Eglise-Mère. Fabien reçut la couronne du martyre l'an 25o, sous la persécution de Décius ; ia persécution de Dioclétien couronna Sébastien en 288. Nous considérerons séparément les mérites de ces deux athlètes du Christ.

A l'exemple de ses prédécesseurs, saint Clément et saint Antheros, le saint Pape Fabien prit un soin particulier de faire rédiger les Actes des Martyrs; mais la persécution de Dioclétien, qui nous a privés d'un si grand nombre de ces précieux monuments c'ondamnés aux flammes par les Editj impériaux, nous a ravi le récit des souffrances et du martyre de notre saint Pontife. Quelques traits seulement de sa vie pastorale sont arrivés jusqu'à nous; mais nous pouvons prendre une idée de ses vertus, par l'éloge que fait de lui saint Cyprien, qui l'appelle un homme incomparable, dans Une Lettre qu'il écrit au Pape saint Corneille, successeur de Fabien. L'évêque de Carthage célèbre aussi la pureté et la sainteté de la vie du saint Pontife, qui domina d'un front

tranquille les orages dont l'Eglise fut agitée de son temps. On aime à contempler cette tête calme et vénérable sur laq^uelJe une colombe alla se reposer, pour désigner dans Fabien le successeur de Pierre, le )our où le peuple et le clergé de Rome étaient réunis pour l'élection d'un Pontife, après le martyre d'Anthéros. Ce rapport avec le Christ désigné pour le Fils de Dieu, dans les eaux du Jourdain, par la divine colombe, rend plus sacré encore le touchant caractère de Fabien. Dépositaire de la puissance de régénération

3U1 réside dans les eaux depuis le baptême u Christ, il eut à cœur la propagation du Christianisme; et parmi les Evêques qu'il sacra pour annoncer la foi en divers lieux, l'Eglise des Gaules en reconnaît plusieurs pour ses principaux fondateurs.

Nous insérons immédiatement le court récit des Actes de saint Fabien, tel qu'il est consigné dans la Liturgie.

FABIEN, Romain de naissance, gouverna l'Eglise depuis Maximin jusqu'à Décius. Il divisa la ville entre sept Diacres qu'il chargea du soin des pauvres. Il créa aussi sept Sous-Diacres, riour recueillir les Actes des Martyrs qui étaient écrits par les sept Notaires. Il statua également que, tous les ans, au jour de la Cène du Seigneur, on renouvellerait le saint Chrême, après avoir brûlé l'ancien. Enfin, le treize des kalendes de février, il reçut la couronne du mar»-tABIAnus Romanus a £^ Maximino usque ad Decium regens Ecclesiam, septem Diaconis regiones divisit, qui pauÇerum curam haberent. "otidera Subdiaconos creavit, qui res gestas Martyrum a septem Notariis scriptas colligerent. Idem statuit, ut quotannis Feria quinta in Cœna Domini, vetere combusto, Chrisma renovaretur. Deniquedecimotertio kalendas februarii ia persecutione Decii

tyre, dans la persécution de Décius, et fut enseveli au cimetière de Calliste, sur la voie Appienne, ayant siégé quinze ans et quatre jours. Il ht cinq ordinations au mois de décembre, et il y créa vingt-deux Prêtres, sept Diacres, et onze Evéques pour

martyrio coronatus, m ccemeterio Callisti via Appia sepelitur. cum scdisset annos quindecim, dies quatuor. Hic fecit Ordinationes quinque mense decembri, quibus creavit Presbyteros viginti duos, Diaconos septenL, Spiscopo» per diversa loca undecim.

Ainsi se sont écoulés les jours de votre Pontificat, longs et orageux, ô Fabien ! Mais, pressentant l'avenir de paix que Dieu réservait à son Eglise, vous ne vouliez pas que les grands exemples de l'âge des Martyrs fussent perdus pour les siècles futurs, et votre sollicitude veillait à leur conservation. Les flammes nous ont ravi une grande partie des trésors que vous aviez amassés pour nous.; à peine pouvons-nous formuler quelques détails de votre propre vie ; mais nous en savons assez pour louer Dieu de vous avoir choisi dans ces temps difficiles, et pour célébrer aujourd'hui le glorieux triomphe que remporta votre constance. La colombe qui vous désignait comme l'élu du ciel, se reposant sur votre tête, vous marquait comme le Christ visible de la terre ; elle vous dévouait aux sollicitudes et au martyre; elle avertissait rÈglise entière de vous reconnaître et de vous écouter. Vous donc, ô saint Pontife, qui avez eu ce trait de ressemblance avec l'Emmanuel dans le mystère de l'Epiphanie, priez-le pour nous, afin qu'il daigne se manifester de plus en plus à nos esprits et à nos cœurs. Ottenez-nous de lui cette docilité à

sa grâce, cette dépendance d'amour à l'égard de ses moindres volontés, ce détachement de toutes choses, qui furent l'élément continuel de votre vie, au milieu de cette tourmente qui menaça, durant quinze années, de vous engloutir. Enfin un dernier tourbillon vous enleva, calme et préparé, pour vous porter, parle martyre, jusque dans le sein de celui qui avait déjà accueilli un si grand nombre de vos brebis. Nous aussi, nous attendons la vague qui doit nous détacher de la grève, et nous pousser jusqu'au ciel ; demandez, ô Pasteur, qu'elle nous trouve prêts. Si l'amour du divin Enfant vit en nous, si nous imitons, comme vous, 6 Fabien, la simplicité de la colombe, notre voie est sûre. Nous offrons nos cœurs; hâtez-vous de les préparer.

Après les glorieux Apôtres Pierre et Paul, qui font sa principale gloire, Rome inscrit en tête de ses fastes ses deux plus vaillants martyrs, Laurent et Sébastien, et ses deux plus illustres vierges, Cécile et Agnès. Or, voici que la partie actuelle du Cycle réclame, pour faire honneur au Christ naissant, une partie de cette noble cour. Laurent et Cécile paraîtront à leur tour pour accompagner d'autres mystères ; aujourd'hui, l'invincible chef de la cohorte prétorienne, Sébastien, est appelé à faire son service près de l'Emmanuel ; demain, Agnès, douce comme l'agneau, intrépide comme le lion, sera admise auprès de l'Epoux divin qu'elle a préféré à tout. Le caractère chevaleresque de Sébastien

offre plusieurs traits de ressemblance avec celui du grand Archidiacre : l'un dans le sanctuaire, l'autre dans le siècle, ont défié avec un mâle courage les tortures et la mort. A moitié rôti, Laurent défie le tyran de le retourner de l'autre côté; Sébastien, tout' hérissé de flèches meurtrières, n'a pas plutôt' senti se cicatriser ses plaies, qu'il court se présenter devant Dioclétien, et appelle un nouveau martyre. Mais nous n'avons à nous occuper aujourd'hui que de Sébastien.

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