L'Année liturgique — Le Temps de Noël (t. 2-3) (page 219)

Dom Prosper Guéranger · Vie de piété

Texte français, domaine public · Source : archive.org — L'Année liturgique t. 2-3, éd. 1911 (OCR) · 267 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

Ri. Amo Christum in cujus thalamum introibo, cujus Mater virgo est , cujus Pater feminam nescit. cujus mihi organa modulatis vocibus. cantant. * Quem cum amavero, casta sum ; cum tetigero, munda sum ; cum accepero, virgo sum. T. Annulo fidei suae subarrhavit me, et immensis rhonilibus ornavit me. * Quem.

fi|. Mel et lac ex ejus ore suscepi, * Et sanguis ejus ornavit gênas meas. t. Ostendit mihi thesauros incomparabiles , quos mihi se daturum repromisit. * Et sanguis.

% Jatn corpus ejus corpori meo sociatum est, et sanguis ejus ornavit gênas meas. * Cujus Mater virgo est, cujus Pater feminam nescit. f. Ipsi sum desponsata cui Angeli serviunt, cujus pulchritudinem sol et luna mirantur. * Cujus Mater.

^. Déjà, par l'aliment céleste, sa chair est unie à la mienne, et son sang colore mes joues. * C'est lui dont la Mère est vierge, lui que son Père a engendré spirituellement, j^. Je suis unie h. celui que servent les Anges, à celui dont le soleil et la lune admirent la beauté. * C'est lui dont la Mère.

Saint Ambroise a voulu chanter lui-même, dans cette Hymne gracieuse et délicate, le martyre de notre incomparable Vierge :

AGNES beatae virginis Natalis est, quo spiritum Cœlo refudit debitum, Pio sacrata sanguine.

Matura martyrio fuit, Matura nondum nuptiis : Nutabat in viris fides, Cedebat et fessus senex.

Metu parentes territi Ciaustrum pudoris auxerant : Solvit fores custodioe Fides teneri nescia.

C'est la fête d'Agnès, l'heureuse vierge, le jour où, sacrée par son sang, elle rendit au ciel son âme faite pour le ciel.

Elle fut mûre pour le martyre avant de l'être pour les noces, dans un temps où la foi chancelait au cœur même des hommes, où le vieillard lassé cédait au tyran.

Ses parents, dans la crainte de la perdre, la gardaient plus sévèrement encore .\}ue ne la retenait la bienséance du sexe ; elle force les portes de sa retraite : sa foi ne saurait demeurer captive.

On croirait voir s'avancer une épouse, tant son visage est radieux \ elle apporte à

l'Epoux de nouvelles richesses ; le prix de sa dot est dans son sang.

On veut la contraindre à allumer la torche aux autels d'iîh dieu sacrilège ; elle répond : « Ce ne sont pas -là « les flambeaux que portent « les vierges du Christ.

K Votre feu éteint la foi, « votre flamme détruit la lu« mière ; frappez, frappez « ici : mon sang versé étein(I dra vos brasiers. »

Pour recevoir le coup, comme elle dispose sa parure ! Soigneuse de la pudeur, elle se drape dans ses vêtements, afin qu'aucun œil ne la contemple immodeste.

Cette pudeur la suit dans la mort ; sa main voilait son visage, elle tombe à genoux sur la terre, et sa chute, encore est empreinte de modestie.

Gloire à vous. Seigneur, gloire au Fils unique, avec le Saint-Esprit, dans les siècles éternels. Amen.

Aras nefandi numinis Adolere tœdis cogitur : Respondet : Haud taies

Hic ignis extinguit fidem, Haec flamma lumen eripit : Hic, hic ferite, ut profluo Cruore restinguam focos.

Gloria tibi, Domine, Gloria Unigenito, Una cum Sancto Spiritu In sempiterna sascula. Amen.

Notre admirable Prudence, qui visita Rome dans les premières années du v^ siècle, témoin de la piété romaine envers la glorieuse épouse du Christ, lui a consacré l'un

de ses plus gracieux poèmes. Nous donnons ici ce beau chant qui, malgré sa longueur, forme l'Hymne de la fèie au Bréviaire Mozarabe.

AGNES sepulcrum est Romulea in domo, Fortis puellaï, martyris

inclytae. Conspectu in ipso condita turriura. Servat salutem virgo

Tentata multis nam prius artibus, Nunc ore blandi judicis illice,

LA ville de Romulus possède le tombeau d'Agnès, jeune fille héroïque, illustre martyre ; de sa demeure située en face des remparts, la vierge veille au salut des fils de Quirinus. Elle daigne même étendre sa protection sur l'étranger qui vient, d'un cœur pur et fidèle, prier dans son sanctuaire.

Une double couronne ceint le front de la Martyre : la virginité conservée inviolable; le trépas glorieux qu'elle affronta sans crainte.

La jeune fille abordait à peine à l'âge nubile, et dès ses plus tendres années, l'amour du Christ enflammait son cœur ; intrépide, elle résista aux ordres impies qui voulaient la contraindre à servir les idoles, à déserter la foi sainte.

On tenta son courage par plus d'un artifice ; le juge essaya de la séduire par de caressantes paroles, le bourSainte Agnès, Vierge et Martyre. 40 3

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