L'Année liturgique — Le Temps de Noël (t. 2-3) (page 252)

Dom Prosper Guéranger · Vie de piété

Texte français, domaine public · Source : archive.org — L'Année liturgique t. 2-3, éd. 1911 (OCR) · 267 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

Ps. Magnus Dominus et laudabilis nimis : in civitate Dei nostri, in monte sancto ejus. Gloria. Suscepimus,

Dans la Collecte, l'Eglise demande pour ses enfants la grâce d'être présentés euxmêmes au Seigneur, comme l'a été l'Emmanuel ; mais, afin qu'ils soient reçus favorablement par sa Majesté toute sainte, elle implore pour eux la pureté du cœur.

y>^lEU tout-puisssant et e\_J ternel, faites, nous vous en supplions humblement , que comme votre Fils unique a été présenté aujourd'hui dans le Temple, avec la substance de notre chair

OMNiPOTENSsempiterne Deus, Majestatem tuam supplices exoramus: ut, sicut unigenitus Filius tuus, hodierna die, cum nostras carnis substantia in Templo est

praE:sentatus,ita nos facias purificati,-: tibi mentibus prafcsentari. Per eumdem Christum Dominumnostrum. Amen.

nous vous soyons aussi présentés avec la pureté de l'âme. Par le même JésusChrist notre Seigneur. A- men.

Eraeparabit viam ante aciem meam. Et statim veniet ad Templum suum Dominator quera vos quaeritis, et Angélus testamenti quem vos vultis. Ecce venit, dicit Dominus exercituum ; et quis poterit cogitare diem adventus ejus ? et quis stabit ad videndum eum ? Ipse enim quasi ignis conflans, et quasi herba fullonum ; et sedebit conflans. et emundans argentum, et purgabit fiiios Levi, et colabit eos quasi aurum et quasi argentum . et erunt Domino offerentes sacrificia in justitia. Et placebit Domino sacrificium Juda et Jérusalem, sicut dies saeculi et sicut anni antiqui, dicit Dominus omnipotens.

Lecture du Prophète Malachie. Chap. iii. Seigneur Dieu dit : oici que j'envoie mon Ange ; et il préparera la voie devant ma face ; et aussitôt viendra à son Temple le Dominateur que vous cherchez, et l'Ange de l'Alliance que vous désirez. Voici qu'il vient, dit le Seigneur des armées ; et qui pourra seulement penser au jour de son avènement? ou qui pourra en soutenir la vue ? Car il sera comme le feu qui purifie les métaux , et comme l'herbe dont les foulons se servent. Il sasseyera comme un homme qui fait fondre et qui épure l'argent, et il purifiera les enfants de Lévi, et il les rendra purs comme l'or et l'argent qui ont passé par le feu, et ils offriront des sacrifices au Seigneur dans la justice. Et le sacrifice de Juda et de Jérusalem sera agréable au Seigneur, comme l'ont été ceux des siècles passés et des années anciennes. Ainsi parle le Seigneur tout-puissant.

Tous les Mystères de l'Homme-Dieu ont pour objet la purification de nos coeurs. Il

envoie son Ange, son Précurseur, devant sa face, pour préparer ia voie ; et Jean nous criait du fond du désert : Abaisse:^ les collines, comble:^ les vallées. Il vient enfin luimême, l'Ange, l'Envoyé par excellence, sceller l'alliance avec nous; il vient à son Temple; et ce temple est notre cœur. Mais il est semblable à un feu ardent qui fond et épure les métaux. Il veut nous renouveler, en nous rendant purs, afin que nous devenions dignes de lui être offerts, et d'être offerts avec lui, dans un sacrifice parfait. Nous ne devons donc pas nous contenter d'admirer de si hautes merveilles, mais com.prendre qu'elles ne nous sont montrées que pour opérer en nous la destruction de l'homme ancien, et la création de l'homme nouveau. Nous avons dû naître avec Jésus-Christ ; cette nouvelle naissance est déjà à son quarantième jour. Aujourd'hui il nous faut être présentés avec lui par Marie, qui est aussi notre Mère, à la Majesté divine. L'instant du Sacrifice approche ; préparons une dernière fois nos âmes.

Dans le Graduel, l'Eglise célèbre de nouveau la Miséricorde qui a apparu dans le Temple de Jérusalem, et qui va bientôt se manifester avec plus de plénitude encore dans l'offrande du grand Sacrifice.

Nous avons reçu, ô Dieu ! votre miséricorde, au milieu de votre Temple ; comme votre Nom, ô Dieu ! ainsi votre gloire s'étend jusqu'aux extrémités de la terre.

SUSCEPiMUS , Deus , misericordiam tuam in medio Templi tui : secundum Nomen tuum, Deus, ita et laus tua in fines terrae.

f. Sicut audivimus , ita et vidimus in civitate Dei nostri, in monte sancto ejus.

f. Senex Puerum portabat : Puer autem senem regebat. Alléluia.

f. Ce qui nous a été annoncé, vous l'avons vu dans la Cité de notre Dieu, sur sa Montagne sainte.

j^. Le vieillard portait l'Enfant ; mais l'Enfant conduisait le vieillard. Alléluia.

Si l'on est déjà dans le temps de la Septuagésime, l'Eglise chante, enplace de l'Alleluia, le Trait suivant compose tout entier des paroles du vieillard Siméon.

NUNC dimittis servum tuum, Domine, secundum verbum tuum in pace.

f. Lumen ad revelationera gentium, et gloriam plebis tux Israël.

C'est maintenant , Seigneur, que vous laisserez aller en paix votre serviteur, selon votre parole ;

f. Que vous avez destiné à être exposé aux regards de tous les peuples,

j^. Pour être la Lumière qui éclairera les nations, et la gloire de votre peuple d'Israël.

IN illo tempore : Postquam impleti sunt dies purgationis Marias, secundum Legem Moysi, tulerunt Jesum in Jérusalem, ut sisterent eum Domino, sicut scriptum est in Lege Domini :

EN ce temps-là, quand les jours de la Purification de Marie, selon la Loi de Moïse, furent accomplis, ils portèrent Jésus à Jérusalem, pour le présenter au Seifneur, comme il est écrit ans la Loi du Seigneur :

Tout mâle premier-né sera consacré au Seigneur ; et pour oÉFrir en sacrifice, comme l'ordonne la Loi du Seigneur, deux tourterelles, ou deux petits de colombes. Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Siméon ; et cet homme juste et craignant Dieu attendait la consolation d'Israël ; et le Saint-Esprit était en lui. Et il lui avait été révélé par le Saint-Esprit qu'il ne verrait point la mort sans voir auparavant le Christ du Seigneur. Et par un mouvement de l'Esprit, il vint au Temple. Et comme les parents de Jésus l'y apportaient , afin d'accomplir pour l'enfant ce qui était en usage selon la Loi, Siméon le prit dans ses bras, et il bénit Dieu, et il dit : « C'est maintenant , Seigneur , que vous laisserez aller en paix votre serviteur, selon votre parole ; parce que mes yeux ont vu le Sauveur que vous avez destiné à être exposé aux regards de tous les peuples, pour être la Lumière qui éclairera les nations, et la gloire de votre peuple d'Israël.

Quia omne masculinum adaperiens vulvam, sanctum Domino vocabitur. Et ut darent hostiam , secundum quod dictum est in Lege Domini, par turturum, aut duos pullos columbarum. Et ecce homo erat in Jérusalem, cui nomen Siméon : et homo iste justus et timoratus, expectans consolationem Israël ; et Spiritus Sanctus erat in eo. Et responsum acceperat a Spiritu Sancto non visurum se mortem, nisi prius videret Christum Domini. Et venit in Spiritu in Templum. Et cum inducerent puerum Jesum parentes ejus, ut facerent secundum consuetudinem Legis pro eo : et ipse accepit eum in ulnas suas, et benedixit Deum, et dixit : Nunc dimittis servum tuum, Domine, secundum verbum tuum in pace ; quia viderunt oculi mei Salutare tuum, quod parasti ante faciem omnium populorum, lumen ad revelationem gentium, et gloriam piebis tuœ Israël.

L'Esprit divin nous a conduits au Temple comme Siméon; et nous y contemplons en ce moment la Vierge-mère, présentant à l'autel le Fils de Dieu et le sien. Nous admirons cette

fidélité à la Loi dans le Fils et dans la Mère, et nous sentons au fond de nos cœurs le désir d'être présentés à notre tour au grand Dieu qui acceptera notre hommage, comme il a reçu celui de son Fils. Hâtons-nous donc de mettre nos sentiments en rapport avec ceux du Coeur de Jésus, avec ceux qui s'élèvent du Cœur de Marie. Le salut du monde a fait un pas dans cette grande journée ; que l'œuvre de notre sanctification avance donc aussi. Désormais, le mystère du Dieu Enfant ne nous sera plus offert par l'Eglise comme l'objet spécial de notre religion ; la douce quarantame de Noël touche a son terme : il nous faut suivre maintenant l'Emmanuel dans ses luttes contre nos ennemis. Attachons-nous à ses pas ; courons à sa suite comme Siméon, * et marchons sans relâche sur les traces de celui qui est notre Lumière ; aimons cette Lumière, et obtenons par notre fidélité empressée qu'elle luise toujours sur nous.

Pendant l'Offrande, la sainte Eglise célèbre la grâce que le Seigneur a mise sur les lèvres de Marie, et les faveurs répandues sur celle que TAnge a appelée Bénie entre toutes les femmes.

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