L'Année liturgique — Le Temps de Noël (t. 2-3) (page 257)

Dom Prosper Guéranger · Vie de piété

Texte français, domaine public · Source : archive.org — L'Année liturgique t. 2-3, éd. 1911 (OCR) · 267 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

De l'illustre Abraham tu es la fille auguste, issue de la race royale de David.

Très sainte dans ton corps, très chaste dans ta vie, la plus belle de toutes, Vierge des vierges.

Mère et Vierge glorieuse, réjouis-toi : docile a l'oracle de l'Archange Gabriel, toujours intacte tu as enfanté un Fils;

Un Fils dont le sang très sacré purifie la race perdue tout entière, comme Dieu l'a promis à Abraham.

C'est toi, ô Marie, que figure la Verge d'Aaron desséchée, puis tout à coup ornée d'une Ijelle fleur ; il est la fleur, ce Fils que tu as enfanté contre les lois de la nature.

Tu es la Porte toujours fermée que célèbre la voix d'E- zéchiel : tu n'es accessible qu'à Dieu seul, ô Marie !

Mais, aujourd'hui, voulant nous donner un exemple digne de la mère des vertus, tu t'es présentée pour l'expiation imposée aux mères que leur enfantement avait souillées. Tu portas au Temple, pour j être purifié avec toi, le DieuI Homme dont la naissance a ' ajouté à ta pureté, ô Mère immaculée !

Réjouis-toi, ô sainte Marie ! toi que celui qui sonde les reins et les cœurs a trouvée la seule demeure digne de lui.

Tressaille, ô Marie! car il te sourit enfant, celui qui seul donne à tous les êtres de se réjouir et d'exister.

Donc, nous qui célébrons la fête du Christ, Enfant pour nous, et de Marie sa tendre Mère,

Si notre faiblesse ne nous permet pas d'atteindre à une si profonde humilité d'un

Te virga arida Aaron flore speciosa praefigurat, Maria, sine viri semine nato floridam.

Tu porta jugiter serata, quam Ezechielis vox testatur , Maria : soli peo pervia esse crederis.

Sed tu tamen matris virtutum dum nobis exemplum cupisti commendare, subisti remedium pollutis statutum matribus.

Îui tibi integritatisdecus •eus homo genitus adauxit, intacta Genitrix.

Laetare, quam scrutator cordis et renum probat habitatu proprio sinfulariter dignam, sancta laria.

Exsulta, cui parvulus arrisit tune. Maria, qui laetari omnibus et consistere suo nuto tribuit.

Ergo quique colimus festa parvuli Christi propter nos facti, ejusque piœ Matris Mariae, Si non Dei possumus tantam exsequi tardi humilitatem, forma sit noLe Temps de Noël.

Laus Patri gloriae, qui suum Filium Gentibus et populo revelans, Israël nos sociat.

Laus ejus Filio, qui suo sanguine nos Patri reconcilians, supernis sociavit civibus.

Louange au Père de gloire, qui, révélant son Fils aux Gentils et à son peuple, daigne nous associer à Israël.

Louange à son Fils, qui, nous réconciliant au Père par son sang, nous associe aux habitants des cieux.

L'admirable Prose que nous donnons ciaprès est d'Adam de Sami-Victor, Elle était demeurée inédite jusqu'à la publication qu'en a faite M. Léon Gautier, dans sa précieuse édition des œuvres poétiques de notre grand lyrique. Cette Séquence est cependant une des plus belles de son auteur, et l'un des plus gracieux hommages que le moyen âge ait offerts à la ViergeMère.

Novum senis gaudium, Quod dum ulnis amplexatur. Sic longaevi recreatur Longum desiderium.

ORNONS le temple intérieur; dans un cœur nouveau, renouvelons la joie nouvelle du saint vieillard, qui, prenant sur ses bras l'Enfant divin, satisfait enfin les désirs qui le firent soupirer tant d'années.

Il est l'étendard qui ralliera les peuples, cet Enfant dont la présence illumine le Temple, inspire de si beaux canLa Purification de la très sainte Vierge. 62g

tiques, émeut les cœurs d'un si noble transport ; aujourd'hui c'est un enfant que l'on présente; plus tard sur la croix, ce sera un homme offert comme hostie du péché.

Là le Sauveur, ici Marie : saint Enfant, sainte Mère, quels objets d'allégresse 1 mais portons en nous avec amour l'œuvre de lumière que représentent nos cierges allumés.

Le Verbe du Père est la lumière, la chair formée par la Vierge est la cire ; le cierge étincelant est le Christ luimême ; c'est lui qui éclaire nos cœurs de la vraie sagesse ; par sa grâce, celui qui était le jouet de l'erreur et du vice s'élance dans le chemin de la vertu.

Celui qui par l'amour tient le Christ dans ses bras, porte vraiment le flambeau de cire allumé, et remplit pleinement le rite de la fête ; de même que le vieillard dont le cœur portait déjà le Verbe du Père, serra dans ses bras ce même Verbe fait chair que lui confiait l'auguste Mère.

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