L'Année liturgique — Le Temps de Noël (t. 2-3) (page 258)

Dom Prosper Guéranger · Vie de piété

Texte français, domaine public · Source : archive.org — L'Année liturgique t. 2-3, éd. 1911 (OCR) · 267 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

Mère d'un tel Fils, réjouistoi ; pure au dedans, chaste au dehors, sans tache ni

Corda replens gloria, Templo puer praesentatcs, Post in cruce vir oblatus,

Verbum Patris lux est vera, Virginalis caro cera, Cnristi splendens cereus ; Cor illustrât ad sophiam, Qua virtutis rapit viam, Vitiis erroneus.

Carens ruga, macula ; A dilecto praeelecta, Ab electo praedilecta Deo muliercula.

Tuum intuentibus : Omnis sapor amarescit, Reprobatur et sordescit Tuum praegustantibus.

Omnis odor redolere Non videtur, sed olere Tuum odorantibus : Omnis amor auf deponi Prorsus solet, aut postponi Tuum nutrientibus.

Decens maris luminare, Decus matrumsingulare, Vera parens Veritatis, Via vitae pietatis,

Medicina saeculi ; Vena vini fontis vitae, Sitienda cunctis rite, Sano dulcis et languenti, Salutaris fatiscenti

ride; femme que son BienAimé a choisie d'avance, que l'amour d'un Dieu a chérie avant les siècles.

A qui contemple la beauté, toute autre beauté n'est que ténèbres et difformité qui repousse ; à qui goûte ta saveur délicieuse, toute autre saveur n'est qu'amertume et objet de dégoût.

A qui respire tes parfums, toute autre senteur est nulle ou désagréable ; en celui qui cultive ton amour, tout autre amour s'efface, ou n'obtient plus que le second rang.

De la mer brillante Etoile, honneur éternel de toutes les mères, c Mère véritable de la Vérité, voie qui conduis à la vie et à la piété, remède de ce monde languissant, canal de ce vin délicieux qui est la source de vie dont tous doivent éprouver la soif; dont le breuvage est doux à celui qui est sain, comme à celui qui est malade; rends la force et la santé à celui qui défaille.

Fontaine scellée, verse tes ruisseaux de sainteté ; fontaine des jardins spirituels, arrose de tes eaux nos âmes

Fontaine abondante, inonde-nous, lave nos cœurs coupables. Fontaine sublime, source toujours pure, daigne purifier des souillures du monde, par ta pureté, le cœur de ton peuple. Amen.

Unda tui rivuli. Fons redundans, Sis inundans ; Cordis prava Quasque lava : Fons sublimis, Munde nimis, Ab immundo Munda mundo

L'Eglise Grecque vient à son tour nous prêter ses accents mélodieux, dans les strophes suivantes que nous empruntons à ses Menées.

^ UJOURd'hui Siméon reçoit A dans ses bras le Seigneur de gloire que Moïse, sous la nuée, contempla jadis sur le Sinaï visible, où il lui donna la loi. C'est le Seigneur qui parle dans les Prophètes, l'auteur de la Loi, c'est lui qu'annonça David, c'est le Dieu terrible; et c'est aussi celui qui possède une grande et très riche miséricorde.

O trésor des siècles, vie universelle I toi qui autrefois as gravé la Loi sur des tables au Sinaï, tu t'es fait enfant, tu t'es placé sous la Loi pour

y y ODIE Simeon in braJH chiis Dominum gloriae recipit, quem sub nube olim Moyses contemplatus est in Sina visibili tabulas sibi dantem ; hic est qui in Prophetis loquitur et Legis factor ; hic est quem David annuntiat, hic in omnibus terribilis, hichabens magnam ditissimamquemisericordiam.

O thesaure saeculorum, vita omnium, propterme infans efifectus es , sub lege factus es tu qui olim sculpsisti in tabulis LeLe Temps de Noél.

gem in Sina, ut omnes solveres ab antiqua servitute legis. Gloria miserationi tuae, Salvator ; gloria regno tuo, gloria dispensationi tuae, tu solus es philanthropus.

Illum quiferturincurru Cherubim et hymnificatur in canticis Seraphim, ferens ulnis Deipara Maria nuptinescia ex se incarnatum, legislaiorem adimplentera legis ordinem, dédit manibus senis sacerdotis ; ferens autem ille Vitam, vitae deprecabatur solutionem dicens : Domine, nunc dimitte me, ut nuntiem Adamo quia vidi immutabilem parv'ulum Deum, qui est ante saecula, et Salvatorem mundi.

Procumbens senex et vestigiis intus insistens nuptinesciae et Deimatris : Ignem. inquit, fers, o pura ; infantem cum tremore in brachiis portas Deum luminis inoccidui, pacisque Dominum.

Mundatur a Seraphim, dura accipit Isaias carbunculum, aiebat senex Deimatri ; tu autem

nous arracher tous à l'antic^ue servitude de cette Loi ; gloire à ta miséricorde, ô Sauveur ! gloire à ton règne ; gloire à ton divin conseil, ô seul ami des hommes 1

Marie, Mère de Dieu, pure de tout commerce humain, porte dans ses bras celui qui est assis sur les Chérubins comme sur un char, et qui est célébré dans les cantiques des Séraphins, celui qui a pris chair en elle, le législateur qui accomplit le précepte de la Loi ; elle le remet aux mains du prêtre vénérable par son grand âge. Siméon, portant ainsi la Vie, implorait la grâce de ne plus vivre : n Seigneur, disait-il, laisse« moi partir maintenant ; (I laisse-moi annoncer à n Adam que j'ai vu, sous « les traits d'un enfant, le « Dieu immuable, qui est « avant les siècles, le Sau« veur du monde. »

Prosterné, et suivant en esprit les pas de la Vierge et Mère de Dieu, le vieillard disait : « C'est un feu que tu portes, ô très pure 1 Tu soutiens sur tes bras tremblants le Dieu de la lumière sans couchant, le Seigneur de La paix.

a Isaïe est purifié par le Séraphin qui touche ses lèvres d'un charbon de feu, disait le vieillard à la Mèr«

de Dieu ; mais toi, en me donnant de tes mains, comme d'un instrument, ce feu, tu m'embrases par celui que tu portes, et qui est le Seigneur de la lumière éternelle et de la paix. »

Hommes de Donne volonté, courons à la Mère de Dieu pour voir son Fils qu'elle conduit vers Siméon. C'est celui que les Esprits célestes, dans leur étonnement, contemplent du haut du ciel, disant : « Nous voyons en ce moment des choses merveilleuses qu'on n'eût pu croire, et qu'on ne saurait comprendre. Celui qui autrefois forma Adam est porté comme un enfant ; celui qui ne connaît pas l'espace est déposé sur les bras d'un vieillard ; celui qui habite au sein ineffable du Père daigne connaître les limites dans h chair , lui qui n'en connaît pas dans sa divinité : il est l'unique ami des hommes ».

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