L'Année liturgique — Le Temps de Noël (t. 2-3) (page 259)
manibus quasi manubrio accendis me , donans quem fers uminis inoccidui pacisque Dominum.
Ad Deiparam curramus, o bonae voluntatis, ad videndum illius Filium, quem ad Simeon ipsa deducit , quem e cœlo incorporati cémentes obstupescunt dicentes : Mirabilia videmus nunc, et incomprehensibilia. Qui Adam finxit olim, portatur ut infans ; qui locum nescit, coUccatur in senilibus ulnis ; qui in ineffabili versatur Patris sinu, volens circumscribitur carne et non divinitate : qui solus est philanthropus.
O Emmanuel! en ce jour où vous faites votre entrée dans le Temple de votre Majesté, porté sur les bras de Marie, votre ineffable Mère, recevez l'hommage de nos adorations et de notre reconnaissance. C'est afin de vous offrir pour nous que vous venez dans le Temple ; c'est comme prélude de notre rachat, que vousdaignez payer la rançon du premierné; c'est pour abolir bientôt les sacrifices
imparfaits, que vous venez offrir un sacrifice légal. Aujourd'hui vous paraissez dans cette ville qui doit être un jour le terme de votre course, et le lieu de votre immolation. Le mystère de notre salut a fait un pas ; car il ne vous a pas suffi de naître pour nous ; votre amour nous réserve pour l'avenir un plus éclatant témoignage.
Consolation d'îsraël, vous sur qui les Anges aiment tant à arrêter leurs regards, vous entrez dans le Temple ; et les cœurs qui vous attendaient s'ouvrent et s'élèvent vers vous. Oh ! qui nous donnera une part de l'amour que ressentit le vieillard, lorsqu'il vous tint dans ses bras et vous serra contre son cœur ? Il ne demandait qu'à vous voir, ô divin Enfant, objet de tant de désirs ardents, et il était heureux de mourir. Après vous avoir vu un seul instant, il s'endormait délicieusement dans la paix. Quel sera donc le bonheur de vous posséder éternellement, si des moments si courts ont suffi à combler l'attente d'une vie entière !
Mais, ô Sauveur de nos âmes, si le vieillard est au comble de ses vœux pour vous avoir vu seulement une fois, dans cette offrande que vous daignez faire de vous-même pour nous au Temple ; quels doivent être nos sentiments, à nous qui avons vu la consommation de votre sacrifice ! Le jour viendra, ô Emmanuel, où, pour nous servir des expressions de votre dévot serviteur Bernard, vous serez offert non plus dans le Temple et sur les bras de Simeon, mais hors la ville, et sur les bras de la croix. Alors, on n'offrira point pour vous un sang étranger ; mais vous-même
offrirez votre propre sang. Aujourd'hui a lieu le sacrifice du matin : alors s'offrira le sacrifice du soir. Aujourd'hui vous êtes à l'âge de l'enfance ; alors vous aurez la plénitude de l'âge d'homme ; et, nous ayant aimés dès le commencement, vous nous aimerez jusqu'à la fin.
Que vous rendrons-nous, ô divin Enfant, qui portez déjà, dans cette première offrande pour nous, tout l'amour qui consommera la seconde 1 Pouvons-nous faire moins que nous offrir à vous pour jamais, dès ce jour ? Vous vous donnez à nous dans votre Sacrement, avec plus de plénitude que vous ne le fîtes à l'égard de Siméon , nous vous recevons non plus entre nos bras, mais dans notre cœur. Deliez-nous aussi, ô Emmanuel; rompez nos chaînes , donnez-nous la Paix que vous apportez aujourd'hui ; ouvrez-nous, comme au vieillard, une vie nouvelle. Pour imiter vos exemples, et nous unir à vous, nous avons, pendant cette quarantaine, travaillé à établir en nous cette humilité et cette simplicité de l'enfance que vous nous recommandez; soutenez-nous maintenant dans les développements de notre vie spirituelle, afin que nous croissions comme vous en âge et en sagesse, devant Dieu et devant les hommes.
O la plus pure des vierges et la plus heureuse des mères! Marie, fille des RoiSj que vos vas sont gracieux, que vos démarches sont belles i, au moment où vous montez les
degrés du Temple, chargée de notre Emmanuel! que votre cœur maternel est joyeux, et en même temps qu'il est humble, en ce moment où vous allez offrir à l'Eternel son Fils et le vôtre ! A la vue de ces mères d'Israël qui apportent aussi leurs enfants au Seigneur, vous vous réjouissez en songeant que cette nouvelle génération verra de ses yeux le Sauveur que vous lui apportez. Quelle bénédiction pour ces nouveau-nés d'être offerts avec Jésus ! Quel bonheur pour ces mères d'être purifiées en votre sainte compagnie ! Si le Temple tressaille de voir entrer dans son enceinte le Dieu en l'honneur duquel il est bâti, sa joie est grande aussi de sentir dans ses murs la plus parfaite des créatures, la seule tille d'Eve qui n'ait point connu le péché, la Vierge féconde, la Mère de Dieu.
Mais pendant que vous gardez fidèlement, ô Marie, les secrets de l'Eternel, confondue dans la foule des filles de Juda, le saint vieillard accourt vers vous ; et votre cœur a compris que l'Esprit-Saint lui a tout révélé. Avec quelle émotion vous déposez pour un moment entre ses bras le Dieu qui porte la nature entière, et qui veut bien être la consolation d'Israël ! Avec quelle grâce vous accueillez la pieuse Anne ! Peut-être, dans vos jeunes années, avez-vous reçu ses soins, dans cette demeure sacrée qui vous revoit aujourd'hui. Vierge encore et cependant Mère du Messie. Les paroles des deux vieillards qui exaltent la fidélité du Seigneur à ses promesses, la grandeur de celui qui est né de vous, la Lumière qui va se répandre par ce
divin Soleil sur toutes les nations, font tressaillir délicieusement votre cœur. Le bonheur d'entendre glorifier le Dieu que vous appelez votre Fils, et qui l'est en effet, vous émeut de joie et de reconnaissance ; mais, ô Marie, quelles paroles a prononcées le vieillard, en vous rendant votre Fils ! quel froid subit et terrible vient tout à coup glacer votre coeur! La lame du glaive l'a traversé tout entier. Cet Enfant que vos yeux contemplaient avec une joie si douce, vous ne le verrez plus qu'à travers des larmes. Il sera en butte à la contradiction, et les blessures qu'il recevra transperceront votre âme. O Marie! ce sang des victimes qui inonde le Temple cessera un jour de couler; mais il faut qu'il soit remplacé par le sang de l'Enfant que vous tenez entre vos bras.
Nous sommes pécheurs, ô Mère naguère si heureuse, et maintenant si désolée ! Ce sont nos péchés qui ont ainsi tout d'un coup changé votre allégresse en douleur. Pardonnez-nous, ô Mère ! laissez-nous vous accompagner à la descente des degrés du Temple. Nous savons que vous ne nous maudissez pas ; nous savons que vous nous aimez, car votre Fils nous aime. Oh ! aimez-nous toujours, Marie ! intercédez pour nous auprès de l'Emmanuel. Obtenez-nous de conserver les fruits de cette précieuse quarantaine. Les grâces de votre divin Enfant nous ont attirés vers lui ; nous nous sommes permis d'approcher de son berceau ; votre sourire maternel nous y invitait. Faites, ô Marie, que nous ne quittions plus cet Enfant qui bientôt sera un homme ; que nous soyons dociles à ce Docteur de nos
âmes, attachés, comme de vrais disciples, à ce Maître si plein d'amour, fidèles à le suivre partout comme vous, jusqu'au pied de cette croix qui vous apparaît aujourd'hui.
[ous avons rejeté à la fin du volume les cinq Dimanches qui suivent, pour ne pas interrompre la série des fêtes qui remplissent les quarante jours consacrés à la Naissance du Sauveur, et aussi parce que le mouvement de la fête de Pàcjues occasionne presque tous les ans un dérangement dans l'ordre selon lequel ils se présentent au Missel. La Septuagésime remonte assez souvent jusqu'en janvier, et il arrive même quelquefois que la Quinquagésime précède la fête de la Purification, Nous devions donc prévoir ces différents cas , afin de satisfaire à Tutilité des fidèles.
Quant aux Dimanches de Septuagésime, de Sexagésime et de Quinquagésime, même au temps où les Dimanches ordinaires étaient moins privilégiés que de nos jours, ils ne cédaient pas aux fêtes Doubles ; et la fête de la Purification elle-même, si elle vient à tomber un de ces trois Dimanches, est remise au lendemain, comme nous l'avons dit ci-dessus.
L'Introït nous représente les Anges du Seigneur l'adorant au moment de son entrée en ce monde, comme l'explique saint Paul dans l'Epître aux Hébreux. L'Eglise célèbre avec David l'allégresse de Sion et les transports des tilles de Juda.
ADORATE Deum, omnes Angeli ejus : audivit et laetata est Sion, et exsultaverunt filiae Judx.
Ps. Dominas regnavit, exsultet terra: lîetentur insulae muhx. Gloria. Adorate.
A VGES de Dieu, adorez-la **■ tous ; Sion a appris que le Seigneur est venu, et elle s'est réjouie, et les filles de Juda ont tressailli d'allégresse.
Ps. Le Seigneur règne : que la terre tressaille, que toutes les îles en soient dans la joie. Gloire au Père. Anges de Dieu.
DIEU tout-puissant et éternel, regardez d'un œil favorable notre faiblesse, et étendez, pour nous secourir, le bras de votre majesté. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.
OMNIPOTENS sempiterne Deus, infirmitatem nostram propitius respice : atque ad protegendum nos , dexteram tuas majestatis extende. Per Christum Dominum nostrum. Amen.
O Dieu qui, par la virginité féconde de la bienheureuse Marie, avez procuré au genre humain le prix du salut éternel ; acordez-nous, s'il vous plaît, de ressentir les effets de l'intercession de celle par qui nous avons reçu l'auteur de la vie. notre Seigneur Jésus-Christ votre Fils.
Deus qui salutis aeternaï, beatas Mariae virginitate fœcunda, humano generi prœmia prsestitisti : tribue quassumus, ut ipsam pro nobis intercedere sentiamus. per quam meruimus auctorem vitse suscipere, Dominum nostrum Jesum Christum Filium tuum.
Daignez , Seigneur, vous laisser fléchir par les prières de votre Eglise, afin que toutes les adversités et toutes les erreurs ayant disparu, elle puisse vous servir dans une paisible liberté.
Ecclesiae tuœ, quaesumus Domine , preces placatus admitte : ut , destructis adversitatibus et erroribus universis secura tibi serviat libertate.
O Dieu, qui êtes le pas- 1 Deus omnium fidelium teur et le conducteur de tous Pastor et Rector, famule? fidèles, regardez d'un œil | lum tuum N., quëm Pas642 Le Troisième Dim. après VÉpiphanie.
torem Ecclesiae tuae praeesse voluisti, propitius respice : da ei, quaesumus, verbo et exemple, quibus praeest, proficere ; ut ad vitam, una cum grege sibi crédite, perveniat serapiternam. Per Christum Dominumnostrum. Amen,
propice votre serviteur JV., que vous avez mis à la tète de votre Eglise en qualité de Pasteur ; donnez-lui , nous vous en supplions , d'être utile par ses paroles et son exemple à ceux qui sont sous sa conduite, afin qu'il puisse parvenir à la vie éternelle avec le troupeau qui lui a été confié. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.