L'Année liturgique — Le Temps de Noël (t. 2-3) (page 3)
L exemple de la très pure Marie servira puissamment à maintenir en nous cette
humilité. . Marie était humble devant son Dieu, avant d'être Mère ; devenue Mère, elle devient plus humble encore devant son Dieu et son Fils. Nous donc, viles créatures, pécheurs mille fois graciés, adorons de toutes nos puissances celui qui, de si haut, descend jusqu'à notre bassesse, et efforçons-nous de le dédommager par nos abaissements, de sa crèche, de ses langes, de cette éclipse de sa gloire. Toutefois, c'est en vain que nous chercherions à descendre jusqu'au niveau de son humiliation ; il faudrait être un Dieu pour atteindre aux abaissements d'un Dieu. Mais la sainte Eglise n'offre pas seulement au Dieu-Enfant le tribut de ses profondes adorations ; le mystère de l'Emmanuel, du Dieu avec nous, est pour elle la source d'une ineffable allégresse. Le respect dû à un Dieu se concilie admirablement, dans ses sublimes cantiques, avec cette joie qu'ont recommandée les Anges. Elle tient à cœur d'imiter l'allégresse des bergers qui vinrent en hâte et tressaillants à Bethléhem l, et cette joie aussi des Mages, lorsqu'au sortir de Jérusalem, ils aperçurent de nouveau l'étoile 2. De là vient que la chrétienté tout entière, l'ayant compris, célébrait l'Enfantement divin par ces chants joyeux et populaires, connus sous le nom de JVoéls : usage précieux, dont les dernières traces vont s'effaçant parmi nous avec les douces traditions de la foi, mais que Rome notre Mère retrouve encore chaque année avec transport, lorsque descendent des
Apennins ces musiciens champêtres qui viennent faire retentir de leurs joyeux accents les places et les rues de la Cité sainte.
Or sus, chrétiens, associons-nous à cette jubilante allégresse ; il n'est plus temps de soupirer, ni de verser des larmes : Un petit Enfant nous est né l. Celui que nous attendions est enfin venu, et il est venu pour habiter avec tious. Aussi longue a été l'attente, aussi enivrant soit le bonheur de la possession. Le jour viendra assez tôt où cet enfant qui naît aujourd'hui, devenu homme, sera l'homme des douleurs. Nous lui compatirons alors ; présentement, il nous faut nous réjouir de sa venue, et chanter auprès de son berceau avec les Anges. Ces quarante jours passeront vite ; acceptons à cœur ouvert la joie qui nous vient d'en haut comme un présent céleste. La divine Sagesse nous apprend que le cœur du juste est une fête continuelle -, parce que la paix est en lui : or, la Paix, en ces jours, nous est apportée sur la terre, la Paix aux hommes de bonne volonté.
A cette allégresse mystique et délicieuse vient s'unir comme de lui-même le sentiment de la reconnaissance envers celui qui, sans être arrêté par notre indignité, ni retenu par les égards dus à sa Majesté suprême, a voulu se choisir une mère parmi les filles des hommes, un berceau dans une étable : tant il avait à cœur de pousser l'œuvre de notre salut, d'écarter tout ce qui pourrait nous inspirer quelque crainte ou quelque timidité à son
égard, de nous encourager par son exemple divin dans la voie d'humilité où il nous faut cheminer pour remonter au ciel d'où notre orgueil nous a fait déchoir.
Recevons donc avec un cœur touché ce don précieux d'un libérateur Enfant. C'est le Fils unique du Père, de ce Père qui a tant aimé le inonde, qu'il a livré son propre Fils l; c'est ce Fils unique lui-même qui ratifie pleinement la volonté de son Père, et qui vient s'offrir pour nous parce qu'il le veut bien -. Certes, en nous le donnant, comme parle l'Apôtre, le Père ne nous a-t-il pas tout donné avec lui '■- : O présent inestimable ! quelle gratitude pourrions-nous offrir comparable au bienfait, quand, du fond de notre misère, nous sommes incapables d'en apprécier même la valeur ? Dieu seul, dans ce mystère, sait bien ce qu'il nous donne, et l'Enfant divin qui, au fond de son berceau, en garde le secret.
Mais, si la reconnaissance est hors de proportion avec le bienfait, qui donc acquittera la dette ? y amour seul le pourra faire, parce que, tout fini qu'il est, du moins il ne se mesure pas et peut croître toujours. C'est pourquoi la sainte Eglise, en présence de la crèche, après avoir adoré, loué, rendu grâces, se sent éprise d'une indicible tendresse. Elle dit : Qiie vous êtes beau, ô mon bien-aimé't! Que votre lever est doux à ma vue, 6 divin Soleil de justice ! Que votre chaleur est vivifiante à
mon cœur ! Combien votre triomphe est assuré sur mon âme, quand vous l'attaquez avec les armes de la faiblesse, de l'humilité et de l'enfance ! Et toutes ses paroles se changent en paroles d'amour ; et Yadoration, la louange, Yaction de grâces, ne sont dans ses Cantiques que l'expression variée et intime de Y amour qui transforme tous ses sentiments.
Nous aussi, chrétiens, suivons l'Eglise notre Mère, et portons nos cœurs à l'Emmanuel. Les Pasteurs lui font offre de leur simplicité, les Mages lui apportent de riches présents ; les uns et les autres nous enseignent que nul ne doit paraître en présence du divin Enfant, sans lui rendre un don digne de lui. Or, sachons-le bien : il dédaigne tout autre trésor que celui qu'il est venu chercher. L'amour l'a fait descendre du ciel ; plaignons le cœur qui ne lui rendrait pas l'amour !
Telle est donc la matière des devoirs que nos âmes ont à rendre à Jésus-Christ dans ce premier Avènement, où il vient en chair et en infirmité, comme dit saint Bernard, non pour juger le monde, mais pour le sauver.
Pour ce qui est de Y Avènement dans la gloire et de ka majesté terrible du dernier jour, nous l'avons assez médité durant les semaines de YAvent. La crainte de cette colère à venir a dû réveiller nos cœurs de leur assoupissement, et les préparer par l'humilité à recevoir la visite du Sauveur dans cet Avènement intermédiaire qui s'accomplit en secret au fond des âmes, et dont il nous reste à raconter l'ineffable mystère.
Nous avons montré ailleurs comment le temps de YAvent appartient à cette période de
la vie spirituelle que la Théologie Mystique désigne sous ie nom de Vie purgative, et durant laquelle l'âme se dégage du péché et des liens du péché, par la crainte des jugements de Dieu, par la mortification et la lutte corps à corps contre la concupiscence. Nous supposons donc que toute âme fidèle a traversé cette vallée d'amertume, pour être admise à ce festin auquel l'Eglise, par la bouche du Prophète Isaïe, convoquait tous les peuples, au nom du Seigneur, en ce jour où l'on doit chanter : Voici notre Dieu : nous lavons attendu ; il vient enfin nous sauver : nous avons supporté ses délais ; tressaillons d'allégresse dans le salut qu'il nous apporte l. Il est même vrai de dire que, comme il y a dans la maison du Père céleste plusieurs demeures'2 ; ainsi, dans cette grande solennité, l'Eglise aperçoit parmi la multitude de ses enfants qui se presse en ces jours autour de la table où se distribue le Pain de vie, une grande variété de sentiments et de dispositions. Les uns étaient morts à la grâce, et les secours du saint temps de l'A vent les ont fait revivre ; les autres, vivant déjà, ont par leurs soupirs ravivé leur amour, et l'entrée dans Bethléhem a été pour eux comme un renouvellement de la vie divine.
Or, toute âme introduite dans Bethléhem, c'est-à-dire dans la Maison du Pain, unie à celui qui est la Lumière du monde 3, cette âme ne marche plus dans les ténèbres. Le
mystère de Noël est un mystère d'illumination, et la grâce qu'il produit dans notre âme l'établit, si elle est fidèle, dans ce second état de la vie mystique qui est appelé Vie illuminative. Désormais, nous n'avons plus à nous affliger dans l'attente du Seigneur; il est venu, il a lui sur nous, et sa lumière ne s'éteint plus. Elle doit même croître à mesure que le Cycle liturgique va se développer. Puissionsnous réfléchir assez fidèlement dans nos âmes le progrès de cette lumière, et parvenir par son aide au bien de Y union divine qui couronne à la fois le Cycle et l'âme sanctifiée par le Cycle !
Mais dans le mystère de Noël et des quarante jours de la Naissance, la lumière est encore proportionnée à notre faiblesse. C'est le Verbe divin, sans doute, la Sagesse du Père, qui nous est proposé à connaître et à imiter ; mais ce Verbe, cette Sagesse, apparaissent sous les traits de l'enfance. Que rien donc ne nous empêche d'approcher. Ce n'est pas ici un trône, c'est un berceau ; ce n'est pas un palais, c'est une étable ; il ne s'agit pas encore de travaux, de sueurs, de croix et de sépulcre ; moins encore de gloire et de triomphe ; il n'est question que de douceur, de silence, de simplicité.. Approche^ donc, nous dit le Psalmiste, et vous sere^ illuminés l.
Qui pourrait dignement raconter le mystère de l'enfance du Christ dans les âmes, et de 1 enfance des âmes dans le Christ ? Ce double mystère qui s'accomplit en ce saint temps, a été merveilleusement rendu par saint Léon,
dans son sixième Sermon sur la Nativité du Sauveur, quand il dit : « Quoique cette en« fance que n'a pas dédaignée la majesté du « Fils de Dieu ait successivement fait place à « l'âge de l'homme parfait, et qu'après le « triomphe de la Passion et de la Résurrec« tion, toute la suite des actes de l'humilité « dont le Verbe s'était revêtu pour nous soit « à jamais achevée, la solennité présente re« nouvelle pour nous la Naissance de Jésus « par la Vierge Marie ; et en adorant la Nais«■ sance de notre Sauveur, il advient que «- c'est notre propre origine que nous célé« brons. En effet, cette génération temporelle « du Christ est la source du peuple chrétien, « et la naissance du Chef est à la fois celle (( du corps. Sans doute, chacun des appelés « a son rang propre, et les enfants de l'Eglise « sont distincts les uns des autres par la suc« cession des temps ; toutefois, l'ensemble des « fidèles, sorti de la fontaine baptismale, de « même qu'il est crucifié avec le Christ dans « sa Passion, ressuscité dans sa Résurrection, « placé à la droite du Père dans son Ascen« sion, est aussi enfanté avec lui dans cette w Nativité. Tout homme, en quelque partie « du monde des croyants qu'il habite, est « régénéré dans le Christ ; l'ancienneté de sa « première génération est tranchée ; il renaît « en un nouvel homme, et désormais il ne « se trouve plus dans la filiation de son père « charnel, mais bien dans la nature même de « ce Sauveur qui s'est fait Fils de l'homme, « afin que nous puissions devenir fils de Le voilà, le mystère de Noël ! C'est bien là
ce que nous dit le Disciple bien-aimé dans la Leçon du saint Evangile que l'Eglise nous propose à la troisième Messe de cette grande Fête. A ceux qui ont bien voulu le recevoir, il leur a donné de devenir fils de Dieu, à ceux qui croient en son nom. qui ne sont point nés du sang, ni de la volonté de l'homme, mais de Dieu. Donc, tous ceux qui, après avoir purifié leur àme, après s'être affranchis de la servitude de la chair et du sang, après avoir renoncé à tout ce qu'ils tiennent de V homme pécheur, veulent ouvrir leur cœur au Verbe divin, à cette lumière qui luit dans les ténèbres, et que les ténèbres n'ont point comprise, ceuxlà naissent avec Jésus-Christ, ils naissent de Dieu ; ils commencent une vie nouvelle, comme le Fils de Dieu lui-même dans ce mystère.
Qu'ils sont beaux ces préludes de la vie chrétienne 1 Qu'elle est grande la gloire de Bethléhem, c'est-à-dire de la sainte Eglise, la véritable Maison du Pain, au sein de laquelle en ces jours, par toute la terre, se produit une si immense multitude de fils de Dieu ! O perpétuité de nos mystères que rien n'épuise! l' Agneau immolé dès le commencement du monde s'immole à jamais depuis son immolation réelle; et voilà que, né une fois de la Vierge Marie, il met sa gloire à renaître sans lin dans les âmes. Et ne pensons pas que l'honneur de la Maternité divine en soit diminué, comme si chacune de nos âmes se trouvait atteindre désormais à la dignité de Marie. « Loin de là, nous dit le Vénérable « Bède dans son commentaire sur saint Luc, « il nous faut élever la voix du milieu de la
« foule, comme cette femme de l'Evangile « qui figurait l'Eglise catholique, et dire^ au « Sauveur : Heureux le sein qui vous a porté, « et les mamelles qui vous ont allaité! » Prérogative incommunicable, en effet, et qui établit à jamais Marie Mère de Dieu et Mère du genre humain. Mais ce n'est pas à dire pour cela qu'il nous faille oublier la réponse que le Sauveur ht à la femme dont parle saint Luc : Plus heureux encore, lui dit-il, ceux qui écoutent la parole de Pieu et la mettent en pratique l ! « Par cette sentence, poursuit « le Vénérable Bède, le Christ déclare bien« heureux non plus seulement celle qui eut « la faveur d'engendrer corporellement le « Verbe de Dieu, mais aussi tous ceux qui « s'appliqueront à concevoir spirituellement « cetmême Verbe par l'obéissance de la foi, « et qui, par l'application aux bonnes ceu« vres, l'enfanteront dans leur propre cœur « et dans celui de leurs frères, et l'y nour0 riront avec un soin maternel. Si donc la « Mère de Dieu est appelée justement bience heureuse parce qu'elle a été le ministre de « l'incarnation du Verbe dans le temps, « combien plus heureuse est-elle d'être de« meurée toujours dans son amour ! »
N'est-ce pas la même doctrine que nous déclare le Sauveur dans une autre circonstance, quand il dit : Celui qui fera la volonté de mon Père qui est dans les deux, celui-là est mon frère, il est ma sœur, il est ma mère '2? Et pourquoi l'Ange fut-il député à Marie
préférablement à toute autre des ni les d'Israël, si ce n'est parce qu'elle avait déjà conçu le Verbe divin dans son cœur, par l'intégrité de son amour, la grandeur de son humilité, l'incomparable mérite de sa virginité? De môme aussi, quelle est la cause "de cette splendeur de sainteté qui reluit en la Mère de Dieu jusque dans l'éternité, si ce n'est parce que cette bénie entre toutes les femmes ayant une fois conçu et enfanté selon la chair le Fils de Dieu, elle le conçoit et l'enfante à jamais selon l'esprit, par sa fidélité à toutes les volontés du Père céleste, par son amour pour la lumière incréée du Verbe divin, par son union avec l'Esprit de sanctification qui habite en elle.
Mais nul de la race humaine n'est déshérité de l'honneur de suivre Marie, quoique de loin, dans la prérogative de cette maternité spirituelle, maintenant que cette auguste Vierge a rempli la tâche glorieuse de nous ouvrir le chemin par l'enfantement temporel que nous célébrons, et qui a été
Bour le monde l'initiation aux mystères de »ieu. Dans les semaines de l'Avent, nous avons dû préparer la voie du Seigneur', déjà nous devons l'avoir conçu lui-même dans nos âmes; hâtons-nous de l'enfanter dans nos œuvres, afin que le Père céleste, ne nous voyant plus nous-mêmes en nous, mais seulement son Verbe qui croîtra en nous, puisse dire de nous, dans sa miséricorde, comme autrefois il dit dans sa vérité : Celui-ci est mon Fils bien-aimè, en qui j'ai mis mes complaisances l.
Pour cela, soyons attentifs à la doctrine du séraphique saint Bonaventure, qui nous montre disertement comment s'opère la naissance de Jésus-Christ dans les âmes. « Cette heureuse naissance a lieu, dit le saint « Docteur dans une Exhortation sur la Fête « de Noël, quand l'âme, préparée par une « longue considération, passe enfin à l'action; « quand la chair étant soumise à l'esprit, « l'œuvre bonne arrive à son tour : alors la « paix et la joie intérieures renaissent dans « l'âme. Dans cette nativité, il n'y a ni la« mentations, ni douleurs, ni larmes; tout « est admiration, tressaillement et gloire. « Mais si cet enfantement t'agrée, ô âme dé« vote ! songe à être Marie. Or, ce nom si« gnifie amertume : pleure amèrement tes « péchés ; il signifie encore illuminât rice : « deviens brillante de vertus; il signifie en« fin maîtresse : sache dominer sur les pasce sions de la chair. Alors le Christ naîtra de « toi, sans douleur et sans travail. C'est « alors que l'âme connaît et goûte combien « est doux le Seigneur Jésus. Elle l'é« prouve, cette douceur, quand, par de « saintes méditations, elle nourrit cet Ence fant divin ; quand elle le baigne dans ses « larmes; quand elle l'enveloppe de ses « chastes désirs ; quand elle le presse dans « les embrassements d'une tendresse sainte; « quand elle le réchauffe dans le plus intime « de son coeur. O heureuse crèche de Beth« léhem ! en toi je trouve le Roi de gloire; « mais plus heureux que toi est le cœur pieux « qui contient spirituellemen : celui que tu « n'as pu contenir que corporellement. »
Or, pour passer ainsi de la conception du Verbe à sa naissance dans nos âmes, en un mot, pour passer de VAvent au Temps de Noël, il nous faut avoir sans cesse les yeux de notre cœur sur celui qui veut naître en nous, et en qui renaît la nature humaine. Nous devons nous montrer jaloux de reproduire ses traits dans notre faible et lointaine imitation, et d'autant plus que l'Apôtre nous dit que c'est Vimage de son Fils que le Père céleste cherchera en nous, lorsqu'il s'agira de nous déclarer capables de la divine prédestination i.
Ecoutons donc la voix des Anges, et passons jusqu'à Bethléhem. Voici votre signe, nous est-il dit : vous trouverez un enfant enveloppé de langes et couché dans une crèche -'. Donc, ô chrétiens, il vous faut devenir enfants; il vous faut de nouveau connaître les langes de l'enfance; il vous faut descendre de votre hauteur, et venir auprès du Sauveur descendu du ciel, vous cacher aussi dans l'humilité de la crèche. Ainsi commencerez-vous avec lui une nouvelle vie ; ainsi la lumière, qui va toujours croissant jusqu'au jour parfait 3, vous eclairera-t-elle sans plus jamais vous quitter; et, commençant par voir Dieu dans cet éclat naissant qui laisse encore place à la foi, vous mériterez de le voir dans la splendeur de laTranshguration divine, et vous vous préparerez pour la félicité de cette union qui n'est plus seulement la lu1. Rom. vin, 29.
miere, mais la plénitude et le repos de l'amour. Jusqu'ici nous avons parlé pour les membres vivants de l'Eglise ; nous avons eu en vue et ceux qui sont venus au Seigneur durant la sainte carrière de VA vent, et ceux qui vivants de la grâce de l'Esprit-Saint lorsque finit le Cycle dernier, ont commencé le nouveau dans l'attente et la préparation, et se disposent a renaître avec le divin Soleil ■ mais nous ne devons pas oublier ceux de nos frères qui ont voulu mourir, et que ni l'approche de l'Emmanuel, ni l'attente universelle, n'ont pu réveiller dans leurs sépulcres Nous devons aussi leur annoncer, au sein de cette mort volontaire, mais guérissable, qu'ils ont voulue, que la bénignité et la miséricorde de notre Dieu Sauveur ont apparu au monde 1. bi donc notre livre tombait par hasard entre les mains de quelques-uns de ceux qui sollicites de se rendre à l'Enfant tout-puissant, ne l'auraient pas fait encore, et qui, au heu de soupirer vers lui durant les semaines qui viennent de s'écouler, auraient passé cette sainte carrière dans le péché et l'indifférence, nous voudrions leur rappeler l'ancienne pratique de l'Eglise, attestée par le quinzième Canon du Concile d'Agde, en 5o6, dans lequel est décrétée pour tous les fidèles i obligation de s'approcher de la divine Eucharistie en la Fête de Noël, aussi bien quen celles de Pâques et de la Pentecôte sous peine de n'être plus tenus pour Catholiques -Nous aimerions à leur dépeindre la joie de 1 Eglise, qui, dans le monde entier,