L'Année liturgique — Le Temps de Noël (t. 2-3) (page 66)
Aujourd'hui , que le ciel s'épanouisse dans sa joie ; que la terre, en son allégresse, tressaille : voici que , pas à pas. le jour remonte à ses plus brillantes phases.
C'est toi, c'est ta naissance. Enfant divin, que saluent les éléments inertes et aveugles ! C'est pour toi que le roc dompté fléchit, et couvre ses âpres flancs de verdure.
Déjà le miel coule à flots de la pierre ; déjà l'yeuse, de son
QUID est, quod arctum circulum Sol jam recurrens deserit ? Christusne terris nascitur Qui lucis anget tramitem ?
Cœlum nitescat laetius, Gratetur et gaudens humus : Scandit gradatim denuo Jubar priores lineas.
Jam sti Hat ilex aride Sudans amomum stipite: Jam sunt myricis balsama.
O sancta praesepis tui, -Iv.erne Rex, cunabula, Populisque per seclum
tronc aride, distille les larmes odorantes de l'amôme ; déjà le baume naît sur les bruyères.
Qu'elle est sainte, ô Roi de l'éternité, cette crèche qui te sert de berceau, que les peuples et les siècles vénèrent, que même les animaux muets entourent avec sollicitude 1
Entendons maintenant les diverses Eglises, à commencer par celles de l'Orient, plus voisines des lieux où le grand événement s'ac complit. Voici d'abord l'Eglise de Syrie. ayant pour chantre saint Ephrem, qui entonne son Cantique :
Le Fils étant né, la lumière a brillé ; les ténèbres du monde se sont évanouies, et l'univers a été illuminé ; qu'il rende gloire à l'Enfant qui l'illumine.
Il est né du sein de la Vierge, et à sa vue les ombres se sont enfuies : les ténèbres de l'erreur étant dissipées par sa présence, tout l'univers a été dans la lumière : que l'univers le glorifie.
Nato Filio, lumen affulsit, et ex mundo tenebrae fugatae, illuminatusque est orbis ; laudes ergo référât Nato. qui illum illuminavit.
Ortus est ex utero Virginis, eoque viso defecerunt umbras : et tenebrs erroris ab eo expulsas; orbisque totus illustratus; laudesergo i 11 i référât.
L'Eglise Arménienne fait à son tour entendre sa voix; elle chante, dans l'action même du saint Sacrifice :
UNE nouvelle fleur sort aujourd'hui de la tige de Jessé, et la fille de David enfante le Fils de Dieu.
delà milice céleste descendant des cieux, avec le Roi Fils unique , chantaient et disaient : C'est ici le Fils de Dieu. Disons tous : Cieux. tressaillez ; fondements de la I terre, réjouissez-vous : car le Dieu éternel a apparu sur la terre, et a conversé avec les hommes , pour sauver nos âmes.
et militiaî cœlestis, descendentes de cœlis cum Unigenito Rege, cantabant et dicebant : Hic est Filius Dei. Omnes dicamus : exsultate, cceli, et laetamini fundamenta mundi. quia Deus aeternus in terris apparuit , et cum hominibus conversatus est. ut salvet animas nostras.
Venez, re|ouissons-nous dans le Seigneur, célébrant le mystère de ce jour. Le mur de division a été renversé, le glaive de feu est détourné ; le Chérubin ne défend plus l'approche de l'arbre de vie. Et moi je deviens participant des délices du Paradis, d'où, par désobéissance, j'avais été chassé. L'image immuable du Père, le type de son éternité, prend la forme d'un esclave, naissant d'une Vierge-Mère , sans souffrir nul changement ; car il est demeuré ce qu'il était : Dieu véritable ; il a pris ce qu'il n'était pas, devenu homme par amour pour les hommes. Crions vers lui : O toi qui es né de la Vierge ! aie pitié de nous.
V, E n i T E, exsultemus Domino, hodiernum célébrantes mysterium. Murus dirutus est médius; aveititur flammeus gladius. Cherubim a ligno vitae recedit. Et ego paradisum deliciarum participo, a quo per inobedientiam expulsus fueram . Incommutabilis imago Patris, typus ejus aeternitatis, formam servi accipit, ex nuptinescia matre progrediens, nullam passus commutationem : c^uod enim erat permansit, Deus cum esset verus ; quod autem non erat praeteraccipit, homo factus per philanthropiam. 1 11 i clamemus : Qui natus es de Virgine, miserere nobis.
de saint Léon, dans son Sacramentaire, célèbre ainsi le mystère de la Lumière divine
^ere dignum et jus~ tum est, aequum et salutare : nos tibi gratias agere, asterne Deus, quia nostri Salvatoris hodie lux vera processif quse clara nobis omnia et întellectu manifestavit et visu. Quibus non solum praesentem vitam suo splendore dirigeret, sed ad ipsam nos majestatis immensae gloriam perduCeret intuendam.
C'est une chose a igné eî juste, équitable et salutaire, de vous rendre grâces, ô Dieu éternel! Car aujourd'hui, la lumière véritable, la lumière de notre Sauveur s'est levée et a manifesté toutes choses à notre intelligence et à notre vue ; et non seulement elle dirigera par sa splendeur nos pas dans la vie présente : mais elle doit nous amener jusqu'à contempler la gloire même de votre immense Majesté.
La même sainte Eglise romaine, dans le Sacramentaire de saint Gélase, fait cette demande au Père céleste qui nous a envoyé son Fils :
DEU tout-puissant et éternel, qui avez consacré ce Jour par l'incarnation de votre Verbe, et par l'enfantement de la bienheureuse Vierge, accordez à vos peuples, dans cette joyeuse solennité, de devenir vos enfants par l'adoption, comme ils sont rachetés par votre grâce.
Qinipotens, sempiterne Deus, qui hune diem per incarnationem Verbi tui, et per partum beatae Virginis consecrasti : da populis tuis in hac celebritate laetitiae , ut et qui tua gratia sunt redempti, tua adoptione sint filii.
Par l'organe de saint Grégoire le Grand, dans son Sacramentaire, la même sainte Eglise romaine implore la Lumière du Christ pour ses enfants :
CNCEDE nobis, omni« potens Deus, ut saFaites, Dieu tout-puissant, que le Sauveur que vous
nous envoyez en ce jour ou les cieux renouvellent leur lumière, et qui descend en cette solennité pour le salut du monde, se levé à jamais en nos coeurs pour les régénérer.
lutare tuum. nova cœlorum luce mirabile, quod ad salutem mundi hodierna festivitate processit, nostris semper innovandis cordibus onatur