L'Année liturgique — Le Temps de Noël (t. 2-3) (page 86)
Stephanum viri timorati. et fecerunt planctum magnum super eum.
DES hommes craignant Dieu ensevelirent Etienne, et firent ses funérailles avec un grand deuil.
Vf. Il les vit, et il y entra : heureux mortel pour qui s'ouvraient les cieux !
Accordez-nous, s'il vous plaît, Seigneur, d'imiter ce que nous honorons, afin que nous apprenions à aimer nos ennemis, puisque nous célébrons la solennité de celui qui a su implorer même pour ses persécuteurs Jésus-Christ , notre Seigneur, votre Fils.
Da nobis. quasumus Domine, imitari quod colimus, ut discamus et inimicos diligere : quia ejus natalitia celebramus qui novit etiam pro persecutoribus exorare Dominum nostrum Jesum Christum Filium tuum.
Entendons maintenant les diverses Eglises proclamer la gloire de saint Jean, dans "leurs éloges liturgiques. Nous commencerons par la sainte Eglise Romaine, à qui nous emprunterons cette belle Préface du Sacramentaire Léonien.
C'est une chose digne et juste, équitable et salutaire de vous rendre grâces, Père tout-puissant, en ce jour où nous vénérons la naissance de votre bienheureux Apôtre, Jean l'Evangéliste. Ayant été appelé par notre Seigneur Jésus-Christ, votre Fils, il laissa un père terrestre pour trouver un Père céleste. Il jeta loin de lui les filets du siècle dans lesquels il était embarrassé, pour rechercher d'un cœur affranchi les biens de l'éternité ; il abandonna sa barque agitée
VERE dignum et justum est, aequum et salutare. nos tibi gratias agere, Pater omnipotens, beati apostoli tui JohanEvangelistae natalitia vener nost
tui, vocatione suscepta, terrenum respuit patrem, ut posset invenire cœlestem : retia saeculi quibus implicabatur, abjecit, ut aeternitatis dona mente libéra sectaretur : nutantem fluctibus navem reliquit, ut in ecclesiasticae
gubernationis tranquillitate consisteret : a piscium captione cessavit. ut animas mundanis gurgitibus immersas, calamo doctrinae salutaris abstraheret : destitit pelagi profundari mari, secretorum scrutator îedditus divinorum. Eo usque procedens, ut et in cœnae mysticae sacrosancto convivio in ipsius recumberet pectore Salvatoris ; et eum in cruce Dominus constitutus. vicarium sui, Matri Virgini filium subrogaret, et in principio Verbum. quod Deus erat apud Deum, praa caeteris ostenderet prœdicandum.
par les flots, pour goûter la tranquillité dans le gouvernement de l'Eglise ; il renonça à la pêche des poissons, pour retirer, parla ligne de la doctrine du salut, les âmes plongées dans les abîmes du monde ; il cessa de sonder les profondeurs de la mer. pour devenir le scrutateur des secrets divins. Il s'est élevé jusqu'à reposer sur la poitrine du Sauveur lui-même, au festin sacré de la Cène mystique. Le Seigneur, attaché à la Croix, le subrogea en sa place pour être le fils de la \ ierge-Mère ; et Jean prêcha avec plus de lumière que les autres écrivains sacrés, le Verbe qui, au commencement, était Dieu en Dieu.
L'Eglise de Milan, dans son Missel Ambrosien, chante ainsi la gloire du Disciple bienaimé :
Vere dignum et justum est, a?quum et salutare. nos tibi gratias agere, œterne Deus : beati Johannis Evangelistaî mérita recolentes. quem Dominus Jésus Christus non solumpeculiari semper décore ornavit ; sed et in cruce positus, tamquam hœreditario munere prosecutus , vicarium pro se Matri filium clementer attribuit. Quem
C'est une chose digne et juste, équitable et salutaire, de vous rendre grâces. Dieu éternel, quand nous honorons les mérites du bienheureux Jean l'Evangéliste. Notre Seigneur Jésus-Christ, non seulement le favori>a toujours d'une particulière distinction; mais comme il était sur la croix, i! le substitua à soi-même, dans sa tendresse, pour être le fils de Marie, qu'il lui légua en
héritage. La divine bonté l'éleva jusqu'à ce degré d'honneur, que, de pêcheur, elle le fit disciple, et, surpassant pour lui la mesure des mystères du salut de l'homme, le rendit capable de contempler, par son intelligence, et de proclamer par sa voix, plus que les autres Apôtres, la Divinité éternelle de votre Verbe.
ad eum usque dignitatis gradum divina benignitas evexit. ut et factus ex piscatore Discipulus, et humanae dispensationis modum excedens, ipsam Verbi tui sine initioDeitatemprœcaîteris et mente conspiceret, et voce perferret.
Le Missel Mozarabe consacre à notre saint Apôtre et Evangéliste l'Oraison suivante :
FILS engendré du Dieu souverain et non engendré, qui avez ouvert à vorre bienaimé Apôtre Jean les divins secrets de votre cœur, lorsque, reposant sur votre poitrine, il lui fut permis d'y puiser les eaux vives de son Evangile : daignez nous regarder favorablement, afin que. par vous, nous connaissions les choses secrètes, et que, par vous, nous accomplissions le bien qui nous est manifesté. DéToilez-nous les mystères cachés dans votre sein, afin que nous puissions comprendre l'infirmité de notre condition et parvenir à la connaissance de votre divinité. Manifesteznous sur vous-même ce que nous devons aimer ; et indiquez-nous, sur nous-mêmes, ce que nous devons corriger.
Geniïe ingeniti Filius Dei summi ; qui sacrum illud arcanum pectoris tui dilecto tuo Johanni Apostolo reserasti : cum in sinu tuo recubans Evangelii sui fluenta ex ipso pectoris tui fonte haurire promeruit. Tu nos intu*re propitius, ut per te abdita cognoscamus, per te bona quae manifesta sunt impleamus. Reserans nobis pectoris tui occulta, quibus possimus cognoscere, et conditionis nostrae infirmitatem ; et ad tuas divinitatis pervenire cognitionem. Manifestans de te quid amemus, indicans de nobis quid corrigamus. Quo hujus dilecti tui suffragiis, moLe Temps de Sud.
Par le suffrage de ce disciple bien-aimé. que nos mœurs deviennent plus pures, que la peste soit éloignée, que les maladies soient dissipées , que le glaive soit repous-c. Que tout ce qui est contraire à la foi chrétienne soit détruit : que tout ce qui lui est favorable prenne de l'accroissement. Que la famine s'éloigne, que les discussions s'apaisent, que les fauteurs de l'hérésie soient confondus. Que la terre soit féconde en moissons ; que nos âmes soient ornées de vertus ; enfin que l'ensemble de tous les biens nous advienne ; en sorte que, fidèlement attachés à votre service, ô notre Dieu ! nous usions de vos dons sans péché, et, après cette vie, nous jouissions des délices de votre éternelle possession. Amen.
L'Hymne de la Liturgie de Milan, que nous donnons ci-après, est attribuée à saint Ambroise ; elle en est digne par la majesté de la diction et la grandeur des pensées.
ribus nostris in melius commutatis , aufugiat pestis, dispereat languor, pellatur mucro. Quidquid adversum est fidei christianae intereat; quidquid prosperum, convalescat. Arceantur famés, ^edentur lites, h*resum obtrudantur fautores. Fœcundetur frugibus terra, vestiatur virtutibus anima ; atque cuncta nobis in commune proveniant bona. Quo tibi Deo nostro fideliter servientes. et his sine peccato utamur concessis, et post deliciis fruamur sternae possessionis. A- men.
A more Christi nobihs Et filius Tonitrui, Arcana Johannes Dei Fatu revelavit sacro.
Illustre par l'amour que lui porta le Christ, Jean, l'enfant du Tonnerre, révéla, de sa bouche sacrée, les secrets de Dieu.
du poisson; un jour qu'il voguait sur l'onde agitée, la foi vint lui donner l'immutabilité.
Il a lance sa ligne dans les profondeurs, il a retiré le verbe même de Dieu; il a jeté ses filets dans les ondes éternelles, il a levé celui qui est la vie de tous.
Hamum profundo merserat, Piscatus estVerbum Dei ; Jactavit undis retia, Vitam levavit hominum.
La Foi pieuse est le poisson véritable qui surnage sur la mer du monde; elle s'appuie sur le sein du Christ, et parle ainsi dans l'EspritSaint •
Fides Mundi supernatans salum, Subnixa Christi pectore, Sancto locuta Spiritu :
« Au commencement était « le Verbe, et le Verbe était « en Dieu, et le Verbe était « Dieu. Il était au commen« cément en Dieu.