L'Année liturgique — Le Temps de Noël (t. 2-3) (page 89)

Dom Prosper Guéranger · Vie de piété

Texte français, domaine public · Source : archive.org — L'Année liturgique t. 2-3, éd. 1911 (OCR) · 267 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

La guance di rose Mi rubano ileore : O Dio ! che si more Quest'alma per te.

Mi sforza a baciarti Un labbro si raro : Perdonami, caro. Non posso piu, no.

Honorons donc le sommeil de Jésus enfant ; rendons nos hommages au nouveau-né dans cet état de repos volontaire, et son?;eons aux fatigues qui l'attendent au réveil. 1 grandira, cet enfant ; il deviendra un homme, et il marchera, à travers tous les labeurs, à la recherche de nos âmes, pauvres brebis égarées. Que du moins, dans ces premières heures de sa vie mortelle, son sommeil ne soit pas troublé ; que la pensée de nos péchés n'agite pas son cœur ; que Marie jouisse en paix du bonheur de contempler le repos de cet Enfant qui doit plus tard lui causer tant de larmes. Le jour viendra assez tôt où il dira : « Les renards ont leurs «. tanières, les oiseaux du ciel ont leurs « nids ; et le Fils de l'Homme n'a pas où « reposer sa tète, a

Pierre de Celles dit admirablement, dans son quatrième Sermon sur la Nativité du Seigneur : a Le Christ a eu trois endroits

Sic tacque, ed al petto Stringendo il Bambino, Al volto divino Un baci donô.

Si desta il diletto ; E tutto amoroso, Con ecchio verzoso La madré guardô.

E tu non languisci, O dur' aima mia, Vedendo Maria Languir per Gesù.

Se tardi v'amai, Bellezze divine. Ormai senza fine Per voi arderô.

Il Figlio e la Madré, La Madré col FiLa rosa col giglio Quest'alma vorrà.

« où reposer sa tète. D'abord, le sein de son « Père éternel. Il dit : Je suis dans le Père, « et le Père est en moi. Quel repos plus dé« lectable que cette complaisance du Père « dans le Fils, et du Fils dans le Père ? Dans « une mutuelle et ineffable dilection, ils « sont heureux par l'union. Mais, tout en « conservant ce lieu de repos éternel, le Fils « de Dieu en a cherché un second au sein « de la Vierge. Il l'a couverte de l'ombre « de l'Esprit-Saint, et il a pris en elle un « long sommeil, pendant que se formait en « elle son corps humain. La très pure « Vierge n'a point troublé le sommeil de « son Fils; elle a tenu toutes les puissances « de son âme dans un silence digne du « ciel, et ravie en elle-même, elle entendait « des mystères qu'il n'est pas donné à « l'homme de répéter. Le troisième lieu du « repos du Christ est en l'homme. Il est « dans un coeur purifié par la foi, dilaté « par la charité, élevé par la contemplation, « renouvelé par l'Esprit-Saint. Un tel cœur « offrira au Christ, non pas une demeure « terrestre, mais une habitation toute céleste, « et l'Enfant qui nous est né ne refusera pas « d'y prendre son repos. »

A la gloire de ce Verbe éternel, fait chair pour notre salut, nous consacrerons cette Hymne de notre grand poète ecclésiastique, Prudence.

NÉ du sein du Père, avant le commencement du monde, appelé l'Alpha et

l'Oméga , le Verbe est la source et le terme de tout ce qui est, de tout ce qui fut. de tout ce qui sera.

Il a commandé, et toutes choses ont été créées ; il a dit, et tout a été fait : la terre, le ciel, les abîmes de la mer, la triple sphère, tout ce qui vit sous le soleil et sous la lune.

Pour sauver de la mort la famille du premier homme, qu'une loi funeste avait plongé daas les profondeurs de l'enfer, il a revêtu la forme d'un corps fragile, des membres sujets à la mort.

O heureuse naissance ! quand une Vierge- Mère, féconde par l'Esprit-Saint, mit au jour notre salut, et que l'Enfant , Rédempteur du monde, nous fit voir ses traits sacrés !

Que les hauteurs du ciel retentissent de concerts; chantez, Esprits célestes ; que tout ce qui respire entonne un cantique à la louange de Dieu ; que nulle langue ne se taise; que toute voix s'unisse.

A et O cognominatus : Ipse fons et clausula Omnium quae sunt, fuerunt, Quaeque post futura sunt.

Ipse jussit, et creata. Dixit ipse, et facta sunt; Terra , cœlum , fossa

Corporis formam caduci, Membra morti obnoxia Induit ne gens periret Primoplasti ex germine, Merserat quem lex profundo Noxialis Tartaro.

O beatus ortus ille, Virgo cum puerpera Edidit nostram salutem, Foeta Sancto Spiritu, Et puer Redemptor orbis Os sacratum protulit.

Psallat altitudo cœli, Psallite, omnes Angeli, Quidquid est virtutis usquam, Psallat in laudem Dei : Nulla linguarumsilescat, Vox et omnis consonet.

Concinebant saeculis, Quem Prophetarum fidèles Paginas spoponderant. Emicat promissus olim : Cuncta collaudent eum.

Te senes et te juventu». Parvulorum te chorus. Turba matrum . virginumque, Simplices puellulas, Voce concordes pudicis Perstrepant concentîbus.

Fluminum lapsus, et undx, Littorum crepidines, Imber. aestus, nix, pruinae. Silva. et aura, nox, dies. Omnibus te concélèbrent Sa?culorum sseculis. Amen.

siècles antiques, que les pages fidèles des prophètes avaient annoncé. Ce Messie, promis autrefois, parait : que toute créature entonne ses louanges.

Verbe incarné ' que le? vieillards et les jeunes hommes, que le chœur des enfants , que la troupe des mères, des vierges, des jeunes filles au cœur simple, unissant leurs voix, éclatent en concerts pudiques.

Que les fleuves et leurs cascades, que la mer, ses côtes et ses rivages, que les pluies, les ardeurs de l'été, les neiges, les brouillards, les forêts, les airs, la nuit, le jour, célèbrent ta naissance dans les siècles des siècles. Amen.

A la très sainte et très miséricordieuse Vierge Marie. Mère Je Dieu, nous offrirons cette Prose gracieuse tirée de nos anciens Missels Romains-Français.

I .etare. puerpera, ""* Laeto puerperio, Cujus casta viscera Fœcundantur Filio.

Tous les livres