L'Année liturgique — Le Temps de Noël (t. 2-3) (page 96)
L'impie et lâche Hérode, envoyant à la recherche, a moissonné le champ verdoyant en sa primeur, et ne pouvant mettre à mort le Seigneur, il demeure couvert de confusion.
Rachel pleure ses enfants, et un grand cri se fait entendre aujourd'hui dans Rama. Hérode impie est furieux et frémissant. Jean fuit dans les montagnes ; une caverne reçoit sa mère; Zacharie est massacré dans le temple; et le Christ se retire, laissant déserte la terre des Hébreux.
mière hostie offerte à ton immaculée Nativité ; car Hérode voulant se saisir de toi, ô Seigneur que nul ne pourrait atteindre, il s'est trompé et t'a fourni un chœur de Martyrs ; c'est pourquoi nous te prions, ô Seigneur fait homme, de sauver nos âmes.
Les cris de votre massacre sont venus aux oreilles du Dieu des armées, glorieux Enfants ; par cette immolation, vous avez répandu votre sang, et, par la vertu du Christ nouveau-né, vous reposez au sein d'Abraham, proclamant éternellement l'odieuse iniquité d'Hérode.
Il est odieux, le massacre des enfants qu'Hérode a égorgés en sa cruelle malice ; il est vénérable, cesacrifice des jeunes contemporains du Christ, qui les premiers ont été immolés et ont souffert avant lui. Ne pleure pas tes fils, ô Rachel ! Souviens-toi du sein d'Abraham où ils habitent tous ensemble dans la gloire et l'allégresse.
Dans cet accord sublime de toutes les Liturgies, nous admettrons celles du moyen âge des Églises Latines, en insérant cette Séquence, ^composition du xr siècle, qui se trouve dans la plupart de nos anciens Missels Romains-Français.
vitati, Domine, prima hostia fuerunt infantes ; Herodes enim manu apprehendere te imprehensibilem volens deceptus est, Martyrum adducens tibi chorum ; ideo te de precamur hominem factum, salvare animas nostras.
Ad aures Domini Sabaoth pervenit cèdes vestra, Infantes honorandi ; per eam enim sanguinem effudistis, et in sinu Abrahas requiescitis, Herodis in saecula odiosam malitiam repellentes, virtute Christi nati.
Odiosa Herodis puerorum internecio per illius cruentam malitiam, et veneranda puerorum hostia, qui Christi coastanei praesacrificati et praepassi sunt. Noli flere, Rachel, filios. recordata Abrahae sinum, ubi eorum omnium lastantium est cohabitatio.
C'est la ruse d'Hérode; et ils ne sont coupables d'aucun crime.
Ce misérable roi Hérode a craint l'Empire du Christ, nouveau-né ;
Il a frémi jusqu'au fond de son àme ; et sa droite orgueilleuse a brandi le fer.
Troublé au fond de son âme, il cherche le Roi de la lumière et des cieux.
Mais son cœur ténébreux ne peut contempler la resplendissante lumière qu'il poursuit ;
Il bouillonne en sa rage, il machine de cruelles fraudes, le barbare Hérode, pour perdre cet essaim de tendres enfants.
Un chef inique rassemble des cohortes de soldats ; il plonge le glaive dans ces membres délicats.
Le sang des victimes n'est pas formé encore ; c'est du lait au lieu de sang qui coule de leurs plaies, sur le sein de leurs mères.
Un ennemi dénaturé arrache les entrailles à ces enfants ; il les égorge.
Ils tombent, et leur âge si tendre n'avait point encore développé leurs forces.
Dum non valent intueri lucem splendidam Nebulosa quœrentis pectora,
Castra militum dux iniquiis aggregat, Ferrum figit in membra tenera.
Inter ubera lac effundit. Antequam sanguinis fièrent coagula.
Parvorum trucidantur millia • Membris ex teneris manant lactis flumina.
Te. Christe, petimus, mente devotissima, Nostra qui venisti reformare saecula,
O saints combats! que livrant pour le Christ ces athlètes à la mamelle !
C'est par milliers que ces petits sont massacres; de leurs faibles membres, le lait coule à torrents.
Les Anges, citoyens du ciel, viennent à leur renconLa petite troupe, vêtue de blanc, saisit la couronne de vie par une merveilleuse victoire.
Vous, ô Christ! qui êtes venu réformer ce monde, nous vous supplions très dévotement :
De la gloire des Innocents, faites-nous jouir éternellement.
Et nous aussi, bienheureux Enfants, nous rendons hommage à votre triomphe, et nous vous félicitons d'avoir été choisis pour les compagnous du Christ au berceau. Quel glorieux réveil a été le vôtre, lorsqu'après avoir passé par le glaive, vous ave/ connu que bientôt la lumière éblouissante de la vie éternelle allait être votre partage ! Quelle reconnaissance vous avez témoignée au SeiLes Saints Innocents. 41 5