L'Année liturgique — Le Temps de Noël (t. 2-3) (page 98)
Les cieux avaient répandu leur rosée : les nuées, enflées d'une pluie féconde, la versèrent au sein de la Vierge.
Chose admirable ! prodige inouï ! Le soleil sortit de l'étoile au jour où la jeune fille, ignorant le lit nuptial, enfanta le grand Roi.
Donc, ô Vierge clémen'c et bénie! digne de la louange de tous les êtres, recommande-nous à ton Fils. Fais, par tes pieux suffrages, que, délivrés des mortelles entraves qui nous accablent, nous soyons affranchis , et qu'un jour nous soyons transportés dans les célestes palais. Amen.
Un nouveau Martyr vient réclamer sa place auprès du berceau de l'Enfant-Dieu II n'appartient point au premier âge de l'Eglise ; son nom n'est point écrit dans les livres du Nouveau Testament, comme ceux d'Etienne, de Jean, et des enfants de Bethléhem. Néanmoins, il occupe un des premiers rangs dans cette légion de Martyrs qui n'a cesse de se recruter à chaque siècle, et qui atteste la fécondité de l'Eglise et la force immortelle dont l'a douée son divin auteur. Ce glorieux Martyr n'a pas versé son sang pouf la foi ; il n'a point été amené devant les païens, ou les hérétiques, pour confesser les dogmes révélés
Ear Jésus-Christ et proclamés par l'Eglise, •es mains chrétiennes l'ont immolé ; un roi catholique a prononcé son arrêt de mort ; il a été abandonné et maudit par le grand nombre de ses frères, dans son propre pays : comment donc est-il Martyr? comment a-t-il mérité la palme d'Etienne ? C'est qu'il a été le Martyr de la liberté de l'Eglise.
En effet, tous les fidèles de Jésus-Christ sont appelés à l'honneur du martyre, pour confesser les dogmes dont ils ont reçu l'initiation au Baptême. Les droits du Christ qui les a adoptés pour ses frères s'étendent jusque-là. Ce témoignage n'est pas exigé de tous; mais tous doivent être prêts à le rendre, sous
Eeine de la mort éternelle dont la grâce du auveur les a rachetés. Un tel devoir est, à plus forte raison, imposé aux pasteurs de l'Eglise ; il est la garantie de l'enseignement qu'ils donnent à leur propre troupeau : aussi les annales de l'Eglise sont-elles couvertes, à chaque page, des noms triomphants de tant de saints Evêques qui ont, pour dernier dévouement, arrosé de leur sang le champ que leurs mains avaient féconde, et donné, en cette manière, le suprême degré d'autorité à leur parole.
Mais si les simples fidèles sont tenus d'acauitter la grande dette de la foi par l'effusion e leur sang ; s'ils doivent à l'Eglise de confesser, à travers toute sorte de périls, les liens sacrés qui les unissent à elle, et par elle, à Jésus-Christ, les pasteurs ont un devoir de plus à remplir, le devoir de confesser la Liberté de l'Église. Ce mot de Liberté de VE- glise sonne mal aux oreilles des politiques. Ils y voient tout aussitôt l'annonce d'une conspiration ; le monde, de son côté, y trouve un sujet de scandale, et répète les grands mots 'd'ambition sacerdotale; les gens timides commencent à trembler, et vous disent que tant que la foi n'est pas attaquée, rien n'est en péril. Malgré tout cela, l'Eglise place sur ses autels et associe à saint Etienne, à saint
Jean, aux saints Innocents, cet Archevêque anglais du xne siècle, égorgé dans sa Cathédrale pour la défense des droits extérieurs du sacerdoce. Elle chérit la belle maxime de saint Anselme, l'un des prédécesseurs de saint Thomas, que Dieu n'aime rien tant en ce monde que la Liberté de son Eglise ; et au xixe siècle, comme au xne, le Siège Apostolique s'écrie, parla bouche de Pie VIII, comme elle l'eût fait par celle de saint Grégoire VII: C'est par l'institution même de Dieu que l'Eglise, Epouse sans tache de l'Agneau immaculé Jésus-Christ, est libre, et qu'elle n'est soumise à aucune puissance terrestre 1 «
Or, cette Liberté sacrée consiste en la complète indépendance de l'Eglise à l'égard de toute puissance séculière, dans le ministère de la Parole, qu'elle doit^ pouvoir prêcher, comme parle l'Apôtre, à temps et a contretemps, à toute espèce de personnes, sans distinction de nations, de races, d'âge, ni de sexe ; dans l'administration de ses Sacrements, auxquels elle doit appeler tous les hommes sans exception, pour les sauver tous; dans la pratique, sans contrôle étranger, des conseils aussi bien que des préceptes évangéliques; dans des relations, dégagées de toute entrave, entre les divers degrés de sa divine hiérarchie ; dans la publication et l'application des ordonnances de sa discipline ; dans le maintien et le développement
i. Libéra est institutione divina. nullique obnoxia terrenne potestati, Ecclesia intemerata sponsa immaculati Agni Christi Jesu. I.itterx Apostolic* adEp'lMCopo* f - vineix Rhtnatue, 3o Jumii i83o.
des institutions qu'elle a créées ; dans la conservation et l'administration de son patrimoine temporel ; enfin, dans la défense des privilèges que l'autorité séculière elle-même lui a reconnus, pour assurer l'aisance et la considération de son ministère de paix et de charité sur les peuples.
Telle est la liberté de l'Eglise ; et qui ne voit qu'elle est le boulevard du sanctuaire lui-même ; que toute atteinte qui lui serait portée peut mettre à découvert la hiérarchie, et jusqu'au dogme lui-même ? Le Pasteur ne doit ni fuir, comme le mercenaire; ni se taire, comme ces chiens muets qui ne savent pas aboyer, dont parle Isaïe (lvi, 10). Il est la sentinelle d'Israël; il ne doit pas attendre que l'ennemi soit entré dans la place pour jeter le cri d'alarme, et pour offrir ses majns aux chaînes, et sa tête au glaive. Le devoir de donner sa vie pour son troupeau commence pour lui du moment où l'ennemi assiège ces postes avancés, dont la franchise assure le repos de la cité tout entière.
Que si cette résistance entraîne de graves conséquences, c'est alors qu'il faut se rappeler ces belles paroles de Bossuet, dans son sublime Panégyrique de saint Thomas de Cantorbéry, que nous voudrions pouvoir ici citer tout entier : « C'est une loi établie, dit-il, « que l'Eglise ne peut jouir d'aucun avan« tage qui ne lui coûte la mort de ses enfants, « et que, pour affermir ses droits, il faut « qu'elle répande du sang. Son Epoux l'a « rachetée par le sang qu'il a versé pour « elle, et il veut qu'elle achète par un prix « semblable les grâces qu'il lui accorde. C'est
« par le sang des Martyrs qu'elle a étendu « ses conquêtes bien loin au delà de l'empire c romain ; son sang lui a procuré et la paix <( dont elle a joui sous les empereurs chrétiens, « et la victoire qu'elle a remportée sur les a empereurs infidèles. Il paraît donc qu'elle « devait du sang à l'affermissement de son « autorité, comme elle en avait donné à « l'établissement de sa doctrine ; et ainsi la a discipline, aussi bien que la foi de l'Eglise, « a dû avoir ses Martyrs. »
Il ne s'est donc pas' agi, pour saint Thomas et pour tant d'autres Martyrs de la Liberté ecclésiastique, de considérer la faiblesse des moyens qu'on pourrait opposer aux envahissements des droits de l'Eglise. L'élément du martyre est la simplicité unie à la force ; et n'est-ce pas pour cela que de si belles palmes ont été cueillies par de simples fidèles, par de jeunes vierges, par des enfants ? Dieu a mis au cœur du chrétien un élément de résistance humble et inflexible qui brise toujours toute autre force. Quelle inviolable fidélité l'Esprit-Sa'int n'inspire-t-il pas à l'âme de ses pasteurs qu'il établit comme les Epoux de son Eglise, et comme autant de murs imprenables de sa chère Jérusalem ? « Thomas, « dit encore l'Evêque de Meaux, ne cède pas « à l'iniquité, sous prétexte qu'elle est armée « et soutenue d'une main royale ; au con" traire, lui voyant prendre son cours d'un « lieu éminent, d'où elle peut se répandre « avec plus de force, il se croit plus obligé s de s'élever contre, comme une digue que n l'on élève à mesure que l'on voit les ondes a entlcc.-. >
Mais, dans cette lutte, le Pasteur périra peut-être ? Et, sans doute, il pourra obtenir cet insigne honneur. Dans sa lutte contre le monde, dans cette victoire que le Christ a remportée pour nous, il a versé son sang, il est mort sur une croix ; et les Martyrs sont morts aussi ; mais l'Eglise, arrosée du sang de Jésus-Christ, cimentée par le sang des Martyrs, peut-elle se passer toujours de ce bain salutaire qui ranime sa vigueur, et forme sa pourpre royale ? Thomas l'a compris ; et cet homme, dont les sens sont mortifiés par une pénitence assidue, dont les affections en ce monde sont crucifiées par toutes les privations et toutes les adversités, a dans son cœur ce courage plein de calme, cette patience inouïe oui préparent au martyre. En un mot, il a reçu l'Esprit de force, et il lui a été fidèle.
« Selon le langage ecclésiastique, continue « Bossuet, la force a une autre signification « que dans le langage du monde. La force « selon le monde s'étend jusqu'à entreprendre; « la force selon l'Eglise ne va pas plus loin « que tout souffrir : voilà les bornes qui lui sont « prescrites. Ecoutez l'Apôtre saint Paul : « Nondum usque ad sanguinem restitistis ; « comme s'il disait : Vous n'avez pas tenu « jusqu'au bout, parce que vous ne vous êtes « pas défendus jusqu'au sang. Il ne dit pas « jusqu'à attaquer, jusqu'à verser le sang de « vos ennemis, mais jusqu'à répandre le oc vôtre.
« Au reste, saint Thomas n'abuse point de « ces maximes vigoureuses. 11 ne prend pas « par fierté ces armes apostoliques, pour se
« taire valoir dans le monde : il s'en sert « comme d'un bouclier nécessaire dans l'ex« trème besoin de l'Eglise. La force du saint « Evèque ne dépend donc pas du concours « de ses amis, ni d'une intrigue finement « menée. Il ne sait point étaler au monde sa « patience, pour rendre son persécuteur plus « odieux, ni faire jouer de secrets ressorts « pour soulever les esprits. Il n'a pour lui « que les prières des pauvres, les gémisse« ments des veuves et des orphelins. Voilà, « disait saint Ambroise, les défenseurs des « Evêques ; voilà leurs gardes, voilà leur « armée. Il est fort, parce qu'il a un esprit « également incapable et de crainte et de « murmure. Il peut dire véritablement à « Henri, roi d'Angleterre, ce que disait Terce tullien, au nom de toute l'Eglise, à un « magistrat de l'Empire, grand persécuteur de « l'Eglise : Non te terremus, qui nec timemus. «< Apprends à connaître quels nous sommes, « et vois quel homme c'est qu'un chrétien : « Nous ne pensons pas à te faire peur, et nous « sommes incapables de te craindre. Nous « ne sommes ni redoutables ni lâches : nous « ne sommes pas redoutables, parce que nous « ne savons pas cabaler ; et nous ne sommes m pas lâches, parce que nous savons mourir. » Mais laissons encore la parole à l'éloquent prêtre de l'Eglise de France, qui fut lui-même appelé aux honneurs de l'épiscopat dans l'année qui suivit celle où il prononça ce discours ; écoutons-le nous raconter la victoire de l'Eglise par saint Thomas de Cantorbery : « Chrétiens, soyez attentifs : s'il y eut ja« mais un martyre qui ressemblât 'parfaiteSaint Thomas, Archev. de Cantorbéry. 42 g
« ment à un sacrifice, c'est celui que je dois « vous représenter. Voyez les préparatifs : « l'Evèque est à l'église avec son clergé, et « ils sont déjà revêtus. Il ne faut pas chercher « bien loin la victime : le saint Pontife est « préparé, et c'est la victime que Dieu a « choisie. Ainsi tout est prêt pour le sacrifice, « et je vois entrer dans l'église ceux qui «doivent donner le coup. Le saint homme va « au-devant d'eux, à l'imitation de Jésus« Christ; et pour imiter en tout ce divin mo« dèle, il défend à son clergé toute résistance, « et se contente de demander sûreté pour les « siens. Si c'est moi que vous cherche^, laisse^, a dit Jésus, retirer ceux-ci. Ces choses étant « accomplies, et l'heure du sacrifice étant « arrivée, voyez comme saint Thomas en « commence la cérémonie. Victime et Ponce tife tout ensemble, il présente sa tête et « fait sa prière. Voici les vœux solennels et « les paroles mystiques de ce sacrifice : Et « ego pro Deo mori paratus sum, et pro asser« tione justifias, et pro Ecclesiœ libertate ; « dummodo effusione sanguinis mei pacem et « libertatem consequatur. Je suis prêt à mouce rir, dit-il, pour la cause de Dieu et de son « Eglise ; et toute la grâce que je demande, c< c'est que mon sang lui rende la paix et la « liberté qu'on veut lui ravir. Il se prosterne « devant Dieu; et comme dans le sacrifice so« lennel nous appelons les Saints nos inter« cesseurs, il n'omet pas une partie si consi« dérable de cette cérémonie sacrée : il ap« pelle les saints Martyrs et la sainte Vierge « au secours de l'Eglise opprimée ; il ne parle « que de l'Eglise; il n'a que l'Eglise dans le
« cœur et dans la bouche ; et, abattu par le « coup, sa langue froide et inanimée semble « encore nommer l'Eglise. »
Ainsi ce grand Martyr, ce type des Pasteurs de l'Eglise, a consommé son sacrifice : ainsi il a remporté la victoire ; et cette victoire ira jusqu'à l'entière abrogation de la coupable législation qui devait entraver l'E- glise, et l'abaisser aux yeux des peuples. La tombe de Thomas deviendra un autel ; et au pied de cet autel, on verra bientôt un Roi pénitent solliciter humblement sa grâce. Que s'est-il donc passé r La mort de Thomas at-elle excité les peuples à la révolte ? le Martyr a-t-il rencontré des vengeurs ? Rien de tout cela n'est arrivé. Son sang a suffi à tout. Qu'on le comprenne bien : les fidèles ne verront jamais de sang-froid la mort d'un pasteur immolé pour ses devoirs ; et les gouvernements qui osent faire des Martyrs en porteront toujours la peine. C'est pour l'avoir compris d'instinct, que les ruses de la politique se sont réfugiées dans les systèmes d'oppression administrative, afin de dérober habilement le secret de la guerre entreprise contre la Liberté de l'Eglise. C'est pour cela qu'ont été forgées ces chaînes non moins déliées qu'insupportables, qui enlacent aujourd'hui tant d'Eglises. Or, il n'est pas dans la nature de ces chaînes de se dénouer jamais ; elles ne sauraient être que brisées ; mais quiconque les brisera, sa gloire sera grande dans l'Eglise de la terre et "dans celle du ciel ; car sa gloire sera celle du martyre. Il ne s'agira ni de combattre avec le fer, ni de négocier par la politique ; maw de résister en
Ecoutons une dernière fois notre grand orateur, relevant ce sublime élément qui a assuré la victoire à la cause de saint Thomas :
« Voyez, mes Frères, quels défenseurs « trouve l'Eglise dans sa faiblesse, et corn« bien elle a raison de dire avec l'Apôtre : << Cum infirmer, tune potens sum. Ce sont ces <' bienheureuses faiblesses qui lui donnent cet « invincible secours, et qui arment en sa fa« veur les plus valeureux soldats et les plus « puissants conquérants du monde, je veux « dire, les saints Martyrs. Quiconque ne mé« nage pas l'autorité de l'Eglise, qu"rt craigne « ce sang précieux des Martyrs, qui la con« sacre et la protège. »
Or, toute ce{te force, toute cette victoire émanent du berceau de l'Enfant-Dieu ; et c'est pour cela que Thomas s'y rencontre avec Etienne. Il fallait un Dieu anéanti, une si haute manifestation d'humilité, de constance et de faiblesse selon la chair, pour ouvrir les yeux des hommes sur la nature de la véritable force. Jusque-là on n'avait soupçonné d'autre vigueur que celle des conquérants à coups d'épee, d'autre grandeur que la richesse, d'autre honneur que le triomphe; et maintenant, parce que Dieu venant en ce monde a apparu désarmé, pauvre et persécuté, tout a changé de face. Des coeurs se sont rencontrés qui ont voulu aimer, malgré tout, les abaissements de la Crèche ; et ils y ont puisé le secret d'une grandeur d'âme que le monde, tout en restant ce qu'il est, n'a pu s'empêcher de sentir et d'admirer.
Il est donc juste que la couronne de Thomas, et celle d'Etienne, unies ensemble, apparaissent comme un double trophée aux côtés du berceau de l'Enfant de Bethléhcm ; et quant au saint Archevêque, la Providence de Dieu a marqué divinement sa place sur le Cycle, en permettant que son immolation s'accomplît le lendemain de la fête des saints Innocents, atîn que la sainte Eglise n'éprouvât pas d'incertitude sur le jour qu'elle devrait assigner à sa mémoire. Qu'il garde, donc cette place si glorieuse et si chère à toute l'Eglise de Jésus-Christ ; et que son nom reste, jusqu'à la fin des temps, la terreur des ennemis de la Liberté de l'Eglise, l'espérance et la consolation de ceux qui aiment cette Liberté que le Christ a acquise aussi par son sang.
Nous entendrons maintenant la sainte Eglise, dans ses divins offices, raconter les actions et les souffrances de saint Thomas de Cantorbéry.
Thomas, Londini in Anglia natus. Theobaldo successit Cantuariensi episcopo : et qui antea in administrando Cancellariae muneie praeclare se gesse rat, in Episcopali officio fortis et invictus fuit. Cura enim Henricus Secundus Anglise Rex, convocatis ad se Episcopis et Proceribus regni, leges ferret utilitati ac dignitati Ecclesiasticae repugnanThomas. né à Londres, en Angleterre, succéda à Thibault, évéque de Cantorbéry. Il avait exercé auparavant, et avec honneur, la charge de chancelier, et il se montra fort et invincible dans l'office de l'épîsc pat. Henri II. roi d'Angleterre, ayant voulu, dans une assemblée des prélats et des grands de son rovaume, porter des lois contraires à l'intérêt et à la dignité de l'Eglise, Thomas s'opposa à la cupidité du
roi avec tant de constance, que, n'ayant voulu fléchir, ni devant les promesses, ni devant les menace€, il se vit obligé de se retirer secrètement, parce qu'il allait être emprisonné. Bientôt tous ses parents, ses amis et ses partisans furent chassés du royaume, après qu'on eut fait jurer à tous ceux dont l'âge le permettait, d'aller trouver Thomas, afin d'ébranler, par la vue de l'état pitoyable des siens, cette sainte resolution, qui n'avait pu être arrêtée par celle de ses propres intérêts. Il n'eut égard ni à la chair ni au sang, et aucune faiblesse humaine n'ébranla sa constance pastorale.