L'Année liturgique — La Passion et la Semaine Sainte (t. 6) (page 117)

Dom Prosper Guéranger · Vie de piété

Texte français, domaine public · Source : archive.org — L'Année liturgique t. 6, éd. 1911 (OCR) · 150 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

1/ oici ce que dit le Sei* ^ncur : Dans la tribulation ils se hâteront de venir vers moi dès le matin. Vcn-z. diront-ils, et retournons au Seigneur ; car c'est lui-même qui nous a blessés et qui nous guérira. Après dcu\ jours il nous rendra la vie ; le troisième jour il nous ressuscitera, et nous vivrons en sa présence. Nous sau'^ons alors ; et nous suivrons le Seigneur, afin de le connaître davantage. Son lever se prépare comme celui de l'aurore ; et il descendra sur nous comme les pluies de l'automne et du printemps sur la terre. Ei le Seigneur dira : Que ferai-je de toi. ô Ephraïm ? Que ferai-je de toi, ô Juda ? Vos bons sentiments n'ont pas eu plus de durée que les nuages du matin, et que la rosée qui sèche en un instant. C'est pourquoi je les ai traités durement par mes prophètes, et je les ai mis à mort par les paroles de ma

tione sua iiianc consurgent ad me. \'enitc, et revertamur ad Dominum: quia ipse cepit. et sanabit nos : percutict. et curabit nos. X'ivificabit nos post duos dies : in die tertia suscitabit nos, et vivemus in conspectu ejus. Sciemus. sequemurque ut cognoscamus Dominum. Quasi diluculum prœparatus est egressus ejus ; et veniet quasi imber nobis temporaneus et serotinus terrae. Quid faciam tibi Ephraim ? Quid faciam tibi Juda? Alisericordia vestra quasi nubes matutina : et quasi ros mane pertransiens. Propter hoc dolavi in prophetis, occidi eos in verbis oris mei : et judicia tua, quasi lux, egredientur. Quia misericordiam volui, et non sacrificium ; et scientiam Dei, plus

comme le jour l'équité de mes jugements sur toi. Car c'est la miséricorde que je veux, et non le sacrifice: et je préfère la connaissance de Dieu à tous les holocaustes que vous pouvez m'offrif.

Le Trait emprunté au Cantique du prophète Habacuc, que nous avons chanté à Laudes, prédit le second avènement du Christ, quand il viendra entouré de gloire et d'épouvante faire justice de ceux qui l'ont crucifié.

SEIGNEUR, j'ai entendu votre parole, et j'ai été saisi de crainte : j'ai considéré vos œuvres, et j'ai été épouvanté.

j^. Vous vous manifesterez au milieu de deux animaux; lorsque les années seront accomplies, et quand le temps sera venu, vous vous ferez voir de nouveau.

f. Alors mon âme sera troublée ; mais vous vous souviendrez de votre miséricorde envers elle, au jour de votre colère.

j^. Dieu viendra du Liban, et celui qui est saint descendra de la montagne ombragée et boisée.

f. Sa majesté couvrira les cieux ; et la terre sera remplie de sa gloire.

DOMINE, audivi auditum tuum, et timui : consideravi opéra tua, et expavi.

f. ïn medio duorum animalium innotesceris : dum appropinquaverint anni, cognosceris : dum advenerit tempus, ostenderis.

f. In eo, dum conturbata fuerit anima mea; in ira misericordiae memor eris.

^. Deus a Libano veniet, et sanctus de monte umbroso et condenso.

j^. Opérait cœlos majestas ejus : et laudisejus plena est terra.

L'Eglise recueille les vœux de ses enfants dans la' Collecte qui suit, où rappelant au Père céleste sa terrible justice envers Judas et son ineffable miséricorde envers le larron, elle demande que les dernières traces du vieil homme soient enlevées de nos âmes, et que nous méritions de ressusciter avec Jésus-Christ.

ODiEU, de qui Judas a reçu la punition de son crime, et le larron la recompense de sa confession, faitesnous ressentir l'effet de votre miséricorde ; afin que, comme notre Seigneur Jésus-Chrisl, dans sa Passion, a traité l'un et l'autre selon son mérite, de même il détruise en nous le mal qui procède du vieil homme, et nous accorde d'avoir part à sa résurrection ; Lui qui, étant Dieu, vit et règne avec vous dans les siècles des siècles. Amen.

EUS, a quo et Judas reatus sui pœnam, et confessionis suae latro praemium sumpsit : concède nobis tuae propitiationis effectum : ut, sicut in Passione sua Jésus Christus Dominus noster diversa utrisque intulit stipendia meritorum ; ita nobis, ablato Vetustatis errore, resurrectionis suae gratiam largiatur. Qui tecum vivit et régnât in unitate Spiritus Sancti Deus, per omnia sascula saeculorum. Amen.

A cette Oraison succède la deuxième Lecture prophétique. Elle est empruntée au livre de l'Exode, et remet sous les yeux le touchant symbole de l'Agneau pascal, en ce moment où la figure s'évanouit devant la réalité. Cet agneau est sans tache comme notre Emmanuel, son sang préserve de la mort ceux dont les demeures en sont marquées. Il ne doit pas seulement être immolé; il faut qu'il soit la nourriture de ceux qui sont sauvés par lui. Il est le mets du voyageur, qui le mange debout, comme n'ayanr

pas le loisir de s'arrêter dans la course rapide de cette vie. L'immolation de 1' Agneau ancien, comme celle du nouveau, est le signal de la Pâque.

DANS ces jours-là, le Seigneur dit à Moïse et à Aaron dans la terre d'Egypte : Ce mois-ci sera pour vous le commencement des mois ; il sera le premier des mois de l'année. Parlez à toute l'assemblée des enfants d'Israël, et dites-leur: Au dixième jour de ce mois, chacun prendra un agneau pour sa famille et pour sa maison. S'il n'y a pas dans sa maison un nombre de personnes suffisant pour pouvoir manger l'agneau, il en prendra chez son voisin, dont la maison tient à la sienne, autant qu'il en faut pour pouvoir manger l'agneau. Cet agneau sera sans tache, mâle, et de l'année ; vous pourrez même, au défaut, prendre un chevreau qui soit dans les "mêmes conditions. Vous garderez cet agneau jusqu'au quatorzième jour de . ce mois ; et sur le soir, la multitude des enfants d'Israël l'immolera. Et ils prendront de son sang, et ils en mettront sur les deux poteaux et sur le haut des portes des maisons où ils le mangeront. Cette même nuit, ils en mangeront la chair rôtie au feu,

Dominus ad Moysen et Aaron in terra ^Egypti : Mensis iste vobis principium mensium : primus erit in mensibus anni. Loquimini ad universum cœtum filiorum Israël, et dicite eis : Décima die mensis hujus toUat unusquisque agnum per familias et domos suas. Sin autem minor est numerus, ut sufficere possit ad vescendum agnum, assumet vicinum suum, qui junctus est domui suae : juxta numerum animarum, quae sufficere possunt ad esum agni. Erit autem agnus absque macula, masculus, anniculus: juxta quem ritum tolletis et hœdum. Et servabitis eum usque ad quartam decimam diem mensis hujus. Immolabitque eum universa multitudo filiorum Israël ad vesperam. Et sument de sanguine ejus : ac ponent super utrumque postem, et in superliminaribus domorum, in quibus co56"o

mcdcnt illum. Et edcnt carnes nocte illa assas igni, et azymos panes, cum lactucis aprcstibus. Non comcdetis ex eo crudum quid, nec coctum aqua : sed tantum assum ii^ni. Caput cum pcdibus ejus et intestinis vorabitis : nec remancbil quidquam ex eo usquc mane. Si quid rcsiduum fuerit, igné comburctis. Sic autem comcdetis illum. Renés vestros accingetis : et calceamenta habebitis in pedibus, tenentes baculos in manibus : et comedetis festinanter. Est enim Phase, id est Transitus Domini.

A la suite de cette admirable page de l'Ancien Testament, l'Eglise chante le Trait suivant, qui est formé du Psaume cxxxix. C'est le cri de détresse du Messie tombé, par la trahison, entre les mains de ses ennemis.

avec des pains sans levain et des laitues sauvages. Vous ne mangerez rien de cet agneau qui soit cru ou qui ait été cuit dans l'eau, mais il sera seulement rôti au feu. Vous en mangerez la tête avec les pieds et les intestins : et il n'en devra plus rien rester pour le matin suivant. S'il en restait quelque chose, vous aurez soin de le consumer par le feu. Voici en quelle tenue vous le mangerez : vous ceindrez vos reins ; vous aurez des souliers aux pieds et un bâton à la main, et vous mangerez à la hâte. Car c'est !a Pâque, c'est-à-dire le Passage du Seigneur.

ERIPE me, Domine, ab homine malo : a viro iniquo libéra me.

f. Qui cogitaverunt malitias in corde : tota die constituebant praelia.

y. Acuerunt linguas suas sicut serpentis : venenum aspiduna sub labiis eorum.

f. Custodi me, DomiARRACHÉz-.MOi. Seigneur, à l'homme méchant ; delivrez-moi de l'homme injuste.

j^. Ils forment dans leurs cœurs des desseins iniques; tous les jours ils me livrent des combats.

j^. Ils aiguisent leurs langues comme des serpents : un venin d'aspic est sous leurs, lèvres.

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