L'Année liturgique — La Passion et la Semaine Sainte (t. 6) (page 12)
Béni soit celui qui va venir au nom du Seigneur qui l'envoie. Hosanna in excelsis ! Hosannah soit à lui au plu;
Le Canon s'ouvre après ces paroles : prière mystérieuse, au milieu de laquelle le ciel s'abaisse et Dieu descend. On n'entendra plus retentir la voix du Prêtre; le silence se fait, même à l'autel. Qu'un respect profond apaise nos distractions , contienne toutes nos puissances; suivons d'un œil respectueux les mouvements du Prêtre.
Dans ce colloque mystérieux avec le grand Dieu du ciel et de la terre, la première prière du sacrificateur est pour l'Eglise Catholique, sa Mère et la nôtre.
TE igitur, clementissime Pater, per Jesum Christum Filium tuum Dominum nostrum supplices rogamus ac petimus, uti accepta habeas, et benedicas haec dona, haec munera , haec sancta sacrificia illibata; in primis quée tibi offerimus pro Ecclesia tua sancta Catholica : quam pacificare , custodire ,
O. Dieu, qui vous manifestez au milieu de nous par le moyen des mystères dont vous avez fait dépositaire notre Mère la sainte Eglise, nous vous supplions, au nom de ce divin Sacrifice, de détruire tous les obstacles qui s'opposent à son pèlerinage en ce monde. Donnezlui la paix et l'unité, conduisez vous-même notre SaintPère le Pape, votre vicaire
sur la terre ; dirigez notre Evèque, qui est pour nous le lien sacré de l'unité; sauvez le prince qui nous gouverne, afin que nous menions une vie tranquille; conservez tous les orthodoxes enfants de l'Eglise Catholique-Apostolique-Romaine.
Priez maintenant , avec le Prêtre , pour les personnes qui vous intéressent davantage :
adunare, et regere digneris toto orbe terrarum, una cum famulo tuo Papa nostro N. et Antistite nostro N., et omnibus orthodoxis, atque catholicae et apostolicse fidei cultoribus.
Dieu, de vous demander en particulier de répandre vos bénédictions spéciales sur vos serviteurs et vos servantes, pour lesquels vous savez que j'ai une obligation particulière de prier... Appliquez-leur les fruits de ce divin Sacrifice, qui vous est offert au nom de tous. Visitez-les par votre grâce ; pardonnez leurs péchés ; accordez-leur les biens de la vie présente et ceux de la vie éternelle.
EMENTO , Domine , famulorum famularumque tuarum N. et N. et omnium circumstantium, quorum tibi fides cognita est, et nota devotio : pro quibus tibi offerimus, vel qui tibi offerunt hoc sacrificium laudis pro se, suisque omnibus , pro redemptione animarum suarum , pro spe salutis et incolumitatis suae ; tibique reddunt vota sua aeterno Deo vivo et vero.
Faisons mémoire des Saints, qui sont la partie déjà glorieuse du Corps de Jésus-Christ :
Ais.non seulement, ô mon ^ ommunicantes , et K^ memoriam vénérantes, in primis gloriosae semper Virginis Marias, Genitricis Dei et Domini nostri Jesu Christi, sed et beatorum Apostolorum ac Martyrum tuorum. Pétri et Pauli, Andreae, Jacobi, Johannis,
Sacrice nous unit à nos frères qui sont encore dans cette vie voyagère de l'épreuve ; il resserre aussi nos liens avec ceux qui déjà sont établis dans la gloire. Nous l'offrons donc pour honorer la mémoire de la glorieuse et tou72 La Passion et la Semaine sainte.
jours Vierge Marie, de laquelle est ne notre Sauveur, des Apôtres, des Martyrs, des Confesseurs, des Vierges, en un mot, de tous les Justes, afin qu'ils nous aident par leur puissant secours à devenir dignes de vous contempler à jamais comme eux, dans le séjour de votre gloire.
Thomne, Jacobi, Philippi, Bartholomœi . Matihrei, Simonis et Thaddai : Lini , Cleli, Clemcntis, Xysti, Cornclii, Cypriani , Laurentii , Chrysogoni, Joannis et Pauli , Cosmae et Daraiani, et omnium Sanctorum tuorum : quorum meritis precibusque concédas, ut in omnibus protectionis tuae muniamur auxilio. Per eumdem Christum Dominum nostrum. Amen.
Le Prêtre , qui jusque-là priait les mains étendues, les unit et les impose sur le pain et le vin. Il imite ainsi le geste du Pontife de l'ancienne loi sur la victime figurative, pour désigner ces dons d'une manière spéciale à l'œil de la Majesté divine, comme l'offrande matérielle qui atteste notre dépendance^ et qui va bientôt faire place à l'Hostie vivante sur laquelle ont été placées toutes nos iniquités.
H ANC igitur oblationem servitutis nostrae , sed et cuncîae familiae tuae, quaesumus , Domine , ut placatus accipias : diesque nostros in tua pace disponas, atque ab aeterna damnatione nos eripi, et in electorum tuorum jubeas grege numerari, Per Christum Dominum nostrum. Amen.
DAIGNEZ recevoir, o Dieu, cette offrande que toute votre famille vous présente, comme l'hommage de son heureuse servitude. En échange, donnez-nous la paix, sauvez-nous de votre colère, mettez-nous au nombre de vos élus; par Jésus-Christ notre Seigneur qui va paraître.
Car il est temps que ce pain devienne son Corps sacré qui est notre nourriture, et que ce vin se tranforme en son Sang qui est notre breuvage ; ne tardez donc plus à nous introduire en la présence de ce divin Fils notre Sauveur.
Quam oblationem tu, Deus, in omnibus, quaesumus, benedictam, adscriptam, ratam, rationabilera, acceptabilemque facere digneris : ut nobis Corpus et Sanguis fiât dilectissimi Filii tui Domini nostri Jesu Christi.
Ici le Prêtre cesse d'agir en homme ; il n'est plus simplement le député de l'Eglise. Sa parole devient celle de Jesus-Christ ; elle en a la Puissance et l'efficacité. Prosternez-vous; car •ieu lui-même va descendre sur l'autel.
ui pridie quam pateretur, accepit panem in sanctas ac venerabiles manus suas : et elevatis oculis in coelum, ad te Deum Patrem suum omnipotentem, tibi gratias agens, benedixit, fregit, deditque discipulis suis, dicens : Accipite, et manducate ex hoc omnes. Hoc est enim Corpus meum.
L'Agneau divin est sur l'autel. Gloire et amour soient à lui ! Mais il ne vient que pour être immolé : c'est pourquoi le Prêtre, ministre des volontés du Très-Haut, prononce tout aussitôt sur le calice les paroles sacrées qui opèrent la mort mystique, par la séparation du Corps et du Sang de la victime. La substance du pain et du vin s'est évanouie; les espèces seules sont restées comme un voile sur le Corps el le Sang du Rédempteur, afin
QUE ferai-je en ce moment, ô Dieu du ciel et de la terre. Sauveur, Rédempteur du monde ! si ce n'est de vous adorer en silence comme mon souverain Maître, et de vous ouvrir mon cœur, comme à son Roi plein de douceur ? Venez donc, Seigneur Jésus 1 venez !
ciuc la terreur ne nous éloigne pas d'un mystère qui ne s'accomplit que pour rassurer nos cœurs. Unissons-nous aux Anges qui contemplent en tremblant cette divine merveille.
SANG divin, prix de mon salut, je vous adore, en ces jours où vous avez été répandu. Lavez mes iniquités, et rendez-moi plus blanc que la neige. Agneau sans cesse immolé, et cependant toujours vivant, vous venez effacer les péchés du monde ; venez aussi régner en moi par votre force et par votre douceur.
SIMILI modo postquam cœnatum est, accipiens et hune praeclarum Calicem in sanctas ac venerabiles manus suas : item tibi gratias agens, benedixit, deditque discipulis suis, dicens : Accipite, et bibite ex eo omnes. Hic EST enim Càlix
Le Prêtre est maintenant face à face avec Dieu; il élève de nouveau ses bras, et représente au Père céleste que l'oblation c^ui est devant lui n'est plus une offrande matérielle, mais le Corps et le Sang, la personne tout entière de son divin Fils.
UNDE et raemores, Domine, nos servi tui, sed et plebs tua sancta, ejusdem Christi Filii tui Domini nostri tam beatae Passionis , necnon et ab inferis Resurrectionis, sed et in cœlos
LA voici donc, ô Père saint, l'Hostie si longtemps attendue ! Voici ce Fils éternel qui a souffert , qui est ressuscité glorieux, qui est monté triomphant au ciel. Il est votre Fils, mais il est aussi notre Hostie , Hostie