L'Année liturgique — La Passion et la Semaine Sainte (t. 6) (page 13)

Dom Prosper Guéranger · Vie de piété

Texte français, domaine public · Source : archive.org — L'Année liturgique t. 6, éd. 1911 (OCR) · 150 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

pure et sans tache ; notre Pain et notre Breuvage d'immortalité.

Vous avez agréé autrefois le sacrifice des tendres agneaux que vous offrait Abel, le sacrifice qu'Abraham vous fit de son fils Isaac immolé sa;is perdre la vie ; enfin le sacrifice mystérieux du pain et du vin que vous présenta Melchisédech. Recevez ici l'Agneau par excellence, la victime toujours vivante, le Corps de votre Fils qui est le Pain de vie, son Sang qui est à la fois un breuvage pour nous et une libation à votre gloire,

gloriosae Ascensionis : offerimus praeclar» Majestati tuas de tuis donis ac datis, Hostiampuram, Hostiam sanctam, Hostiam immaculatam : Panem sanctum vitae asternae , et Calicem salutis perpétuas.

Supra quae propitio ac sereno vultu respicera digneris, et accepta habere, sicuti accepta habere dignatus es munera pueri tui justi Abel, et sacrificium Patriarchae nostri Abrahae, et quod tibi obtulit summus Sacerdos tuus Melchisédech, sanctum sacrificium, immaculatam hostiam.

Le Prêtre s'incline vers l'autel, et le baise comme le trône d'amour sur lequel réside le Sauveur des hommes.

MAIS, ô Dieu tout-puissant , ces dons sacrés ne reposent pas seulement sur cet autel terrestre; ils sont aussi sur l'Autel sublime du ciel, devant le trône de votre divine Majesté ; et ces deux autels ne sont qu'un même autel, sur lequel s'accomplit le grand mystère de votre gloire et de notre salut : daignez nous rendre particiSUPPLICES te rogamus, omnipotens Deus , jubé haec perferri per manus sancti Angeli tui in sublime Altare tuum, in conspectu divinae Majestatis tuae : ut quotquot ex hac altaris participatione , sacrosanctum Filii tui Corpus et Sanguinem sumpserimus, omni benedictioae

cœlesti ef gratia repleamur. Pcr eumdem Cnrislum Dominum nostrum. Amen.

pants du Corps et du Sang de l'auguste N^'ctimc, de laquelle émanent toute grâce et toute bénédiction.

Mais le moment est favorable aussi pour implorer un soulagement à l'Eglise sourtVante. Demandons que le libérateur qui est descendu daigne visiter les sombres demeures du Purgatoire, par un rayon de sa lumière consolatrice, et que, découlant de cet autel, le sang de l'Agneau, comme une miséricordieuse rosée, rafraîchisse ces âmes haletantes. Prions particulièrement pour celles qui nous sont chères.

MEMENTO etiam, Domine, famulorum famularumque tuarum N. et N., qui nos praecesserunt cum signo fidei et dormiunt in somno pacis. Ipsis, Domine, et omnibus in Christo quiescentibus, locum refrigerii, lucis et pacis, ut indulgeas, deprecamur. Per eumdem Christum Dominum nostrum. Amen.

N'excluez personne de votre visite, ô Jésus ! \'otre aspect réjouit la cité sainte avec ses élus ; nos yeux encore mortels vous contemplent, quoique sous un voile : ne vous cachez plus à ceux de nos frères qui sont dans le lieu des expiations. Soyezleur un rafraichissemenldans leurs flammes, une lumière dans leurs ténèbres, une paix dans leurs douloureux transports.

Ce devoir de charité étant rempli , prions pour nous-mêmes pécheurs, qui protitons si peu de la visite que le Sauveur daigne nous faire, et frappons notre poitrine avec le Prêtre.

partem aliquam et societatem donare digneris cum tuis sanctis Apostolis et Martyribus : cum Joanne , Stephano, Mathia, Barnaba, Ignatio, Alexandre, Marcellino, Petro, Felicitate, Perpétua, Agatha, Lucia, Agnete, Caecilia, Anastasia, et omnibus Sanctis tuis ; intra quorum nos consortium, non aestimator meriti, sed veniae, quaesumus, largitor admitte. Per Christum Dominum nostrum. Per quem haec omnia. Domine, semper bona créas, sanctificas, vivificas, benedicis , et praestas nobis ; per ipsum, et cum ipso, et in ipso, est tibi Deo Patri omnipotenti, in unitate Spiritus Sancti, omnis honor et gloria.

En disant ces dernières paroles , le Prêtre a pris l'Hostie sainte qui reposait sur l'autel ; il l'a placée au-dessus de la coupe, réunissant ainsi le Corps et le Sang de la divine Victime, afin de montrer qu'elle est maintenant immortelle; puis, élevant à la fois le Calice et l'Hostie , il a présenté à Dieu le plus noble et le plus complet hommage que puisse recevoir la Majesté infinie.

Cet acte sublime et mystérieux met fin au Canon; le silence des Mystères est suspendu. Le Prêtre a terminé ses longues supplications ; il sollicite pour ses prières l'acquiesdans votre royaume, par le mérite de ce Sacrifice que nous vous offrons , et non à cause de nos œuvres, qui ne sont dignes que de votre colère. Mais souvenez-vous de vos saints Apôtres, de vos saints Martyrs, de vos saintes Vierges, de tous les Bienheureux, et donnez-nous, par leur intercession, la grâce et la gloire éternelle que nous vous demandons au nom de Jésus-Christ notre Seigneur, votre Fils. C'est par lui que vous répandez sur nous vos bienfaits de vie et de sanctification ; par lui encore, avec lui et en lui, dans l'unité du Saint-Esprit, soit à vous honneur et gloire à jamais 1

cernent du peuple fidèle, en prononçant à haute voix les dernières paroles :

Répondez avec foi et dans un sentiment d'union avec la sainte Eglise :

qui s'est opéré ; je m'unis à l'offrandequi a été faite et aux demandes de la sainte Eglise.

Il est temps de répéter la prière que le Sauveur lui-même nous a apprise. Qu'elle s'élève jusqu'au ciel avec le sacrifice du Corps et du Sang de Jésus-Christ. Pourrait-elle n'être pas agréée, en ce moment où celui-là même qui nous l'a donnée est entre nos mains, pendant que nous la proférons ? Cette prière étant le bien commun de tous les enfants de Dieu , le Prêtre la récite à haute voix , afin que tous puissent s'y unir. Prions, dit-il :

OREMUS. Praeceptis salutaribus moniti, et divina institutione formati, audemus dicere :

INSTRUITS par un précepte salutaire, et suivant fidèlement la forme de l'instruction divine qui nous a été donnée, nous osons dire:

Pater noster, qui es in cœlis : Sanctificetur Nomen tuum : Adveniat regnum tuum : Fiat voluntas tua sicut in cœlo et in terra. Panem nostrum quotidianum da nobis hodie : Et dimiîte nobis débita

Notre Père, qui êtes aux cieux, que votre Nom soit sanctifié : que votre règne arrive ; que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donnez-nous aujourd'hui notre Pain quotidien; pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardonLa Messe.

nous a ceux qui nous ont offensés ; et ne nous laissez pas succomber à la tentation.

nostra,sicutet nos dimittimus debitoribus nostris : Et ne nos inducas in tentationem.

Le Prêtre retombe dans le silence des Mystères. Sa j^rière insiste sur cette dernière demande : Délivre:{-nous du mal', et certes, avec raison; car le mal nous déborde, et c'est pour l'expier et le détruire que nous a été envoyé l'Agneau.

nniois sortes de maux nous A désolent, Seigneur : les maux passés, c'est-à-dire les péchés dont notre âme porte les cicatrices, et qui ont fortifié ses mauvais penchants ; les maux présents, c'est-à-dire les tâches actuellement empreintes sur cette pauvre âme, sa faiblesse et les tentations qui l'assiègent ; enfin les maux à venir, c'est-à-dire les châtiments de votre justice. En présence de l'Hostie du salut, nous vous prions, Seigneur, de nous délivrer de tous ces maux, et d'agréer en notre faveur l'entremise de Marie, Mère de Dieu, et de vos saints Apôtres Pierre, Paul et André. Affranchissez-nous, délivrez-nous, donnez-nous la paix. Par Jésus-Christ votre Fils, qui vit et règne avec vous.

LIBERA nos, quaesumus, r Domine, ao omnibus malis, praeteritis, prasentibus et futuris : et intercedente beata et gloriosa semper Virgine Dei Génitrice Maria, cum beatis Apostolis tuis Petro et Paulo, atque Andréa, et omnibus Sanctis, da propitius pacem in diebusnostris : ut ope misericordiae tuœ adjuti, et a peccato simus semper liberi , et ab omni perturbationesecuri. Per eumdem Dominum nos* trum Jesum Christum Filium tuum, qui te-» cum vivit et régnât in unitate Spiritus Sancti Deus.

Le Prêtre, qui vient de demander à Dieu la Paix, et qui l'a obtenue, s'empresse de l'annoncer; il conclut l'Oraison à haute voix :

PER omnia sxcula sae- P\ ans tous les siècles des culorum. *-' siècles.

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