L'Année liturgique — La Passion et la Semaine Sainte (t. 6) (page 129)
Beth. Filii Sion inclyti, et amicti auro primo : quomodo reputatl
Ghimel. Sed et lamiae nudaverunt mammain , lactaverunt catulos suos ; filia populi mei crudelis, quasi struthio in deserto.
Daleth. Adhaesit lingua lactentis ad palatum ejus in siti : parvuli petierunt panem , et non erat qui frangeret eis.
He. Qui vescebantur voluptuose , interierunt inviis;qui nutriebantur in croceis , amplexati sunt stercora.
Vau. Et major effecta est iniquitas filiae populi mei peccato Sodomorum: quae subversa est in momento, et non ceperunt in ea manus.
J ge, et exue te vestibus jucunditatis : induere cinere et cilicio : * Quia in te occisus est Salvator Israël.
^ . Deduc quasi torrentera lacrymas per diem et noctem, et non taceat pupilla oculi tui.
Ghimel. Les bétcs farouches découvrent leur mamelle, elles allaitent leurs petits : la fille de mon peuple est donc devenue cruelle comme l'autruche du désert.
D.ALETH. La langue de l'enfant à la mamelle s'est collée à son palais, dans l'ardeur de sa soit ; les autres enfants ont demandé du pain, et personne n'était là pour leur en donner.
He. Ceux qui se nourrissaient des viandes les plus délicates sont morts de taim dans les rues; ceux qui prenaient leurs repas sur des lits de pourpre sont maintenant étendus sur le fumier.
Vau. Et l'iniquité de la fille de mon peuple a surpassé le péché de Sodome. qui fut renversée en un instant, sans qu'aucune main eût part à sa ruine.
3j I EVE-TOI. Jérusalem, ^" L- dépouille tes habits de réjouissance; couvre-toi de la cendre et du cilice ; * Parce que c'est dans ton enceinte qu'on a fait mourir le Sauveur d'Israël.
j^. Fais couler tes larmes jour et nuit comme un torrent, et que la prunelle de ton œil ne cesse d'en répandre.
* Parce que c'est dans ton | * Quia in te occisus est enceinte qu'on a fait mourir Salvator Israël, le Sauveur d'Israël. I
gartie de la prière que Jérémie adresse à lieu pour le peuple juif, après l'avoir vu emmener en captivité. Rien n'égale la désolation du tableau qu'elle retrace des infortunes auxquelles est en proie la nation déicide.
SOUVENEZ-VOUS, Seigneur, de ce qui nous est arrivé ; regardez et voyez l'opprobre que nous souffrons. Notre héritage a passé à ceux d'un autre pays, nos maisons à des étrangers. Nous sommes devenus comme des orphelins qui n'ont plus de père ; nos mères sont comme des femmes veuves. Nous avons bu notre eau à prix d'argent, payé chèrement le bois qui était à nous. On nous a entraînés la chaîne au cou, sans donner de repos à ceux qui étaient las. Nous avons tendu la main.à l'Egypte et aux Assyriens, pour avoir du pain à manger. Nos pères ont péché, et ils ne sont plus; et nous portons a peine de leur iniquité. Nos esclaves sont devenus nos maîtres ; et il ne s'est trouvé personne pour nous racheter de leurs mains.
RECORDARE, Domine, quidacciderit nobis : intuere, et respice opprobrium nostrum. Haereditas nostra versa est ad alienos, domus nostrae ad extraneos . Pupilli facti sumus absque pâtre : matres nostras quasi viduae. Aquam nostram pecunia bibimus : ligna nostra pretio comparavimus. Cervicibus nostris minabamur : lassis non dabatur requies. jGgypto dedimus manum, et Assyriis, ut saturaremur pane. Patres nostri peccaverunt, et non sunt : et nos iniquitates eorum portavimus. Servi dominati sunt nostri : non fuit qui redimeret de manu eorum. In animabus nostris afferebamus panem no^ bis, a facie gladii iq
dcscrto. Pellis nostra quabi clibanus, cxusta est a facic icmpcstatum famis. Mulicres in Sion humiliaverunt, cl vir^incs in civitatibus Juda.
quasi irgo plebs mea : ululate pastores in cinere et cilicio : * Quia venit diesDomini magna et amara valde.
j^. Accingitevos sacerdotes, et plangite : ministri altaris, aspergite vos cinere.
Nous allions chercher notre pain dans le désert, au travers des cpée» nues, au péril de notre vie. I^'ardcur de la faim a rendu notre peau sèche et noire comme le four. lU ont déshonoré les femmes dans Sion, et les vierges dans les villes de Juda.
«j r^LEURE, ô mon peu^' I pie , comme une jeune femme en deuil ; pasteurs, gémissez dans la cendre et le cilice ; ' Car le grand jour du Seigneur est \enu, jour plein d'amertume.
f. Prêtres, revétez-vous de cilices, et pleurez ; ministres de l'autel, couvrez vos têtes de cendre ;
* Car le grand jour du Seigneur est venu, jour plein d'amertume.
Le quatrième Psaume annonce déjà l'entrée triomphante que doit faire au ciel le Fils de Dieu, lorsqu'il se sera réveillé du sommeil de la tombe.
LA terre est au Seigneur avec tout ce qu'elle contient ; la terre est à lui, et tous ceux qui l'habitent.
Car c'est lui qui l'a fondée au-dessus des mers, et qui l'a établie au-dessus des fleuves.
Qui montera sur la montagne du Seigneur ? Qui pourra demeurer dans son sanctuaire?
Celui dont les mains sont innocentes, et dont le cœur est pur ; qui n'a point pris son ame en vain, m fait serment pour tromper son prochain.
Celui-là recevra du Seigneur la bénédiction, et obtiendra miséricorde de Dieu son Sauveur.