L'Année liturgique — La Passion et la Semaine Sainte (t. 6) (page 14)

Dom Prosper Guéranger · Vie de piété

Texte français, domaine public · Source : archive.org — L'Année liturgique t. 6, éd. 1911 (OCR) · 150 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

Fax Dominisit semper I Que la paix du Seigneur vobiscum. | soit toujours avec vous f

Le Mystère touche à sa fin : Dieu va s'unir à l'homme, et l'homme va s'unir à Dieu par la Communion ; mais auparavant un rite imposant et sublime doit s'accomplir dans le silence de l'autel. Jusqu'ici le Prêtre a annoncé l'immolation du Seigneur, il est temps qu'il annonce sa Résurrection. Il divise donc l'Hostie sainte avec révérence, et, l'ayant séparée en trois parts, il met une de ces parts dans le Calice, réunissant ainsi le Corps et le Sang de l'immortelle Victime. Adorez, et dites :

vitam aeternam. Amen, et qui les avez réunis ensuite par votre vertu !

Priez maintenant l'Agneau divin, qui a pris sur lui toutes nos iniquités atin de les laver dans son sang, et dites-lui avec la sainte Eglise :

AGNEAU de Dieu, qui ôtez les péchés du monde, ayez pitié de nous.

Agneau de Dieu, qui ôtez les péchés du monde, ayez pitié de nous.

Agneau de Dieu, qui ôtez les péchés du monde, donnez-nous la Paix.

La Paix est le grand objet de la venue du Sauveur en ce monde : il est le Prince de la Paix : le divin Sacrement de l'Eucharistie doit donc être le Mystère de la Paix, le lien de l'Unité Catholique; puisque, comme parle l'Apôtre, «OMS ne sommes tous q[u'un seul Pain et un seul Corps, nous tous qui participons au même Pain. C'est pourquoi le Prêtre, au moment de communier à l'Hostie sainte, demande la conservation de la paix fraternelle, principalement dans cette portion de la sainte Eglise qui est là réunie autour de l'autel; implorez-la avec lui :

SEIGNEUR Jésus-Christ, qui avez dit à vos Apôtres : ( Je vous laisse ma paix, je vous donne ma paix », ne regardez pas mes péchés, mais la foi de cette assemblée qui est à vous, et daignez la pacifier et la réunir selon votre sainte volonté.

DOMINE Jesu Christe, qui dixisti Apostolis tuis : Pacem relinquo vobis, pacem meam do vobis : ne respicias peccata mea, sed fidem Écclesiae tuae : eamque secundum voluntatem tuam pacificare, et coadunare digneris. Qui vivis et régnas Deus, per omnia saecula saeculorum. Amen.

Après cette Oraison, le Prêtre, en signe de Paix, si la Messe est solennelle, donne le

baiser fraternel au Diacre, qui le donne luimême au Sous-Diacre, lequel va le porter au Chœur. Pendant ce temps, ranimez en vous les sentiments de la charité chrétienne, et nardonnez à vos ennemis, si vous en avez. Dites ensuite avec le Prêtre ;

DOMINE .lesu Christe, Fili Dei vivi, qui ex voluntate Patris, coopérante Spiritu Sancto, per mortem tuam mundum vivificasti : libéra me per hoc sacrosanctum Corpus, et Sanguinem tuum, ab omnibus iniquitatibus meis, et universis malis, et fac me tuis semper inha?rere mandatis, et a te nunquam separari permittas. Qui cum eodem Deo Pâtre et Spiritu Sancto vivis et régnas Deus in saecula saeculorum.Amen.

Si vous devez communier à cette Messe, dites la troisième Oraison qui suit. Autrement, préparez-vous à faire la Communion spirituelle.

SEIGNEUR Jésus-Christ, Fils du Dieu vivant, qui, par la volonté du Père et la coopération du Saint-Esprit, avez donné par votre mort la vie au monde : délivrezmoi par ce saint et sacré Corps, et par votre Sang, de tous mes péchés et de toutes sortes de maux ; faites que je m'attache toujours inviolablemeni à votre loi ,• et ne permettez pas que je me sépare jamais de vous.

PERCEPTio Corporis tui. Domine Jesu Christe, quod ego indignus sumere praesumo, non mihi proveniat in judicium et condemnationem : sed pro tua pietate prosit mihi ad tutamentum mentis et corporis, et ad medelam

SEIGNEUR Jésus-Christ, faites que la réceptiom de votre Corps, que je me propose de prendre, tout indigne que j'en suis, ne tourne pas à mon jugement et à ma condamnation ; mais que, par votre bonté, il me serve de défense pour mon âme et pour mon corps , et qu'il

Quand le Prêtre prend l'Hostie et se dispose à s'en communier, dites :

Quand il frappe sa poitrine et confesse son indignité, répétez avec lui, trois fois, dans les sentiments du Centurion de l'Evangile :

SEIGNEUR, je ne suis pas digne que vous entriez en moi ; mais dites seulement une parole, et mon âme sera guérie.

DOMINE, non sum dignus ut intres sub tectum meum : sed tantum die verbo, et sanabitur anima mea.

Au moment où il consomme la sainte Hostie , si vous devez vous-même communier, adorez profondément votre Dieu qui s'apprête à descendre en vous, et dites encore avec l'Epouse : Vene:( , Seigneur Jésus! (Apoc.

Si vous ne devez pas communier sacramentellement, communiez en ce moment spirituellement, et, adorant Jésus-Christ qui visite votre âme par sa grâce, dites :

Je me donne à vous, ô mon Seigneur, pour être votre demeure : faites en moi selon votre bon plaisir.

Puis le Prêtre prend le Calice avec action de grâces, disant :

Corpus Domini nostri Jesu Christi custodiat aniraam meam in vitam aeternam. Amen.

Que pourrai-jc rendre à Dieu pour tous les biens qu'il m'a faits ? Je prendrai le Calice du salut, j'invoquerai le Nom du Seij^neur. et Je serai délivré de mes ennemis.

Quid retribuam D«;- mino pro omnibus quae retribuit mihi ? Calicem salutaris accipiam. et NomcnDomini invocabo. Laudans invocabo Dominum, et ab inimicis meis salvus ero.

Si VOUS devez communier, lorsque le Prêtre prend le Galice pour s'abreuver du Sang divin, adorez encore le Dieu qui s'approche de vous, et dites toujours : Vene:^, Seigneur Jésus !

Si au contraire vous faites seulement la Communion spirituelle, adorez de nouveau Jésus-Christ, et dites :

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