L'Année liturgique — La Passion et la Semaine Sainte (t. 6) (page 134)
Le tissu de ma vie est enlevé et replié, comme la tente d'un berger.
La trame en est coupée comme par le tisserand ; il vient de la couper pendant qu'on l'ourdissait encore ; du matin au soir vous aurez achevé ma vie.
J'espérais encore vivre jusqu'au matin ; mais le mal comme un lion a broyé tous mes os.
Du matin au soir vous aurez achevé ma vie ; mes cris sont semblables à ceux du petit de l'hirondelle ; je gémis comme la colombe.
Seigneur , je souffre violence: soyez ma caution. Mais que dirai-je et que me répondra-t-il , quand c'est luimême qui m'a frappé ? ^ Je repasserai devant vous
EGO dixi : In dimidio dierum meorum : * vadam ad^ portas inferi. Quaesivi residuum annorum meorum ; dixi : * Non videbo Dominum Deumin terra viventium.
Generatio mea ablata est, et convoluta est a me : * quasi tabernaculum pastorum.
Praecisa est velut a texente vita mea, dum adhuc ordirer , succidit me : *" de mane usque ad vesperam finies me.
Sperabam usque ad mane : * quasi leo sic contrivit omniaossamea.
De mane usque ad ves-« peram finies me : * sicut pullus hirundinis sic clamabo : meditabor ut columba.
Domine, vim patior,responde pro me : * quid dicam, aut quid respondebit mihi, cum ipse fecerit ?
Domine, si sic vivitur. et in talibus vita spiritus mci. corripies me. et vivificabis me " cccc in pace amaritudo mcaamarissima.
Tu autem eruisti animam meam, ut non perirel : * projecisti post tergum tuum omnia peccata mea.
Quia non infernus confitebitur tibi, ncque mors laudabit te. ' non expectabunt qui descendant in lacum veritatcm tuam.
Vivons, vivons ipse confilebitur tibi, sicut et ego hodie : * pater filiis notam faciet vcritatem tuam.
Domine, salvum me fac : * et psalmos nostros cantabimus cunctis diebus vitae nostrae in domo Domini.
Seigneur, si j'ai vécu ainsi, %\ m('n Hme s'est ainsi rendue coupable, châtiez-moi ; mais ensuite rendez-moi la vie. Déjà je sens la paix qui vient succéder aux plus amères douleurs.
Vous retirez ma vie du tombeau ; vous jetez derrière vous tous mes péchés
Le tombeau, en effet , ne vous rendrait plus d'actions de grâces; la mort ne saurait vous louer : et ceux qui descendent dans le sépulcre n'attendent plus la vérité de vos promesses.
Ce sont les vivants qui vous louent, comme je fais aujourd'hui ; le père racontera à ses enfants combien vous êtes fidèle à vos promesses.
Conservez -moi la vie. Seigneur, et nous chanterons dans votre maison des cantiques à votre gloire, tous les jours de notre vie.
Le dernier Psaume des Laudes est Laudate Dominum de cœlis^ ci-dessus, page 414. On le chante sous l'Antienne suivante *
chemin, considérez et voyez s'il est une douleur semblable à la mienne.
Rj. Et vous ne permettrez pas que votre Saint éprouve la corruption du tombeau.
sitis per viam, attendite - et videte , si est dolor sicut dolor meus.
Après ce Verset, on chante le Cantique Benedictiis, ci-dessus, page 418, sous l'Antienne suivante :
tombeau ; elles se lamentaient, elles pleuraieat le Seigneur.
Après la répétition de cette Antienne, le chœur chante, sur un mode mélodieux et touchant, les paroles suivantes que l'Eglise répète, en ces jours, à la fin de tous ses Ojmces ; mais aujourd'hui elle ne se borne plus à annoncer la mort du Christ. Elle complète le discours de l'Apôtre, en ajoutant le reste du texte, dans lequel est prédite la gloire de l'Homme-Dieu, vainqueur des ombres du tombeau.
CHRISTUS factus est pro nobis obediens usque ad mortem, mortem autem Crucis ;
Propter quod et Deus exaltavit illum, et dédit illi nomen quod est super omne nomen.