L'Année liturgique — La Passion et la Semaine Sainte (t. 6) (page 15)

Dom Prosper Guéranger · Vie de piété

Texte français, domaine public · Source : archive.org — L'Année liturgique t. 6, éd. 1911 (OCR) · 150 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

Sanguis Domini nostri Jesu Christicustodiat animam meam in vitam aeternam. Amen.

Je m'unis à vous, ô mon Sauveur 1 unissez-vous à moi ; que nous ne nous séparions jamais 1

C'est à ce moment, si vous devez communier, que le Prêtre vous donnera le Corps de Jésus-Christ. Les sentiments que l'on doit apporter à la sainte Communion, au Temps de la Passion, sont développés ci-après. Chapitre VI.

La Communion étant faite, pendant que le Prêtre purifie le Calice pour la première fois, dites :

Quod ore sumpsimus, Domine, pura mente capiamus : et de munere temporali fiât nobis remedium sempiternum.

Pendant que le Prêtre purifie le Calice pour la seconde fois, dites :

Vous m'avez visité dans le temps, ô mon Dieu ! faites que je garde les fruits de cette visite pour l'éternité.

Béni soyez-vous, ô mon Sauveur, qui m'avez initié au sacré mystère de votre Corps et de votre Sang. Que mon cœur et mes sens conservent, par votre grâce, la pureté que vous leur avez donnée, et que votre sainte présence demeure toujours en moi.

Corpus tuum, Domine, quod sumpsi, et Sanguis quem potavi, adhaereat visceribus meis : et prassta ut in me non remaneat scelerum macula, quem pura et sancta refecerunt bacramenta. Qui vivis et régnas in sascula saeculorum. Amen.

Le Prêtre ayant lu l'Antienne dite Communion^ qui est le commencement de l'Action de grâces pour le nouveau bienfait que Dieu vient de nous accorder en renouvelant en nous sa présence, se retourne enfin vers le peuple et le salue ; après quoi il récite les Oraisons appelées Postcommunion, qui sont le complément de l'Action de grâces. Joignez-vous encore à lui, remerciant Dieu pour le bien inénarrable dont il vous a comblé, et demandez avec ardeur que l'esprit de componction vous accompagne toujours.

Les Oraisons terminées, le Prêtre se tourne de nouveau vers le peuple, et lui envoie le salut, pour se féliciter avec lui de l'insigne faveur que Dieu vient d'accorder à l'assistance ; il dit :

Le Diacre ensuite, ou le Prêtre lui-même, si la Messe n'est pas solennelle, dit ces paroles :

Remerciez Dieu de la grâce qu'il vient de vous faire, en repondant :

Si la Messe n'est pas du Dimanche ou de la Férie, mais d'une Fête, il dit à l'ordinaire :

Le Prêtre prie une dernière fois avant de vous bénir; priez avec lui :

PLACEAT tibi, sancta Trinitas, obsequium servitutis meae, et praesta ut sacrificium, quod oculis tuae Majestatis indignus obtuli, tibi sit acceptabile, mihiqueet omnibus, pro quibus illud obtuli, sit, te miserante. propitiabile, Per Christuna Dominum nostrum.

RACES vous soient rendues, adorable Trinité, pour la miséricorde dont vous avez daignez user envers moi, en me permettant d'assister à ce divin Sacrifice ; pardonnez la négligence et la froideur avec lesquelles j'ai reçu un si grand bienfait, et daignez ratifier la bénédiction que voire ministre va répandre sur moi en votre saint Nom.

BENEDICAT vos omnipotens Deus, Pater, et "r ilius, et Spiritus Sanctus. ^. Amen.

Il lit enfin la leçon de l'Evangile selon saint Jean, qui annonce l'éternité du Verbe et la miséricorde qui l'a porté à prendre notre chair et à habiter en nous, afin de

nous arracher à nos ténèbres et de nousrendre Enfants de Dieu.

L^ u commencement était le A. Verbe, et le Verbe était avec Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était dans le principe avec Dieu. Toutes choses ont été faites par lui : et rien n'a été fait sans lui. Ce qui a été fait était vie en lui, et la vie était la lumière des hommes ; et la lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont point comprise. Il y eut un homme envoyé de Dieu, qui s'appelait Jean. Il vint pour servir de témoin, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui. Il n'était pas la lumière, mais il était venu pour rendre témoignage à celui qui était la lumière. Celui-là' était la vraie lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde. Il était dans le monde, et le monde a été fait par lui, et le monde ne l'a point connu. Il est venu chez soi, et les siens ne l'ont point reçu. Mais il a donné à tous ceux qui l'ont reçu le pouvoir d'être faits

IN principio erat Verbum, et Verbum erat apud Deum, et Deus erat Verbum. Hoc erat in principio apud Deum. Omnia per ipsum facta sunt ; et sine ipso factum est nihil. Quod factum est, in ipso vita erat, et vita erat lux hominum: et lux in tenebris lucet, et tenebrae eam non comprehenderunt. Fuithomo missus a Deo, cui nomen erat Joannes. Hic venit in testimonium ut testimonium perhiberet de lumine, ut omnes crederent per illum. Non erat ille lux, sed ut testimonium perhiberet de lumine. Erat lux vera, quas illuminât omnem hominem venientem in hune mundum. In mundo erat, et mundus per ipsum factus est, et mundus eum non c©gnovit. In propria venit, et sui eum non receperunt. Quotquot autem recepeus La Passion et la Semaine sainte.

runt eum, dédit eis potestatcm filios Dei fieri, his<|ui credunt inNomine e)us : qui non ex sanguinibus, neque ex voluntate carnis, neque ex voluntate viri, sed ex Deo nati sunt. Et Veret habitavit in nobis : et vidimus gloriam ejus, gloriam quasi Unigeniti a Pâtre, plénum gratiae et veritatis.

enfants de Dieu, à ceux qui croient en son Nom, qui ne sont point nés du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais de Dieu même. Et le Verbe s'est fait chair, et il a habité en nous, et nous avons vu sa g^loire, sa gloire comme du Fils unique du Père, étant plein cie grâce et do vérité.

A sainte Messe est le véritable sacrifice , dont ceux de l'ancienne alliance n'étaient que la figure. Ce sacrifice a été attendu par les hommes durant quatre mille ans; et c'est dans le temps où nous sommes qu'il a été offert, pour être renouvelé mystérieusement chaque jour sur les autels du christianisme.

Rien ne saurait rendre à Dieu une plus grande gloire que la célébration de ce sacrifice, où un Dieu même est la Victime ; mais rien aussi ne saurait être plus avantageux à l'homme que de participer à cette Victime divine, que de devenir à son tour cette Victime elle-même , en se l'incorporant par une manducation mystérieuse , dans laquelle s'accomplit la promesse du Sauveur : « Celui qui mange ma chair et qui boit

mon sang demeure en moi, et moi en lui •. » Or c'est par l'immolation du Rcdcniptcur sur la croix que la chair de cet Agneau de Dieu est devenue « véritablement une nourriture 2 ))j et son sang (( véritablement un breuvage ^ ». Dans les mystères de son incarnation et de sa naissance, nous recevions ^n lui un frère; sa divine Passion et sa mort ont fait de lui à la fois notre Sauveur et notre aliment. Ainsi s'accomplit ce sacrifice figuratif que Dieu enseigna à xMoïse pour ctrc obsefvé par son peuple, et dans lequel la victime ayant été immolée, sa chair était mangée en partie par le pr(^tre, et en partie par celui dans le nom duquel elle avait été offerte. Saint Paul dit aux Corinthiens : « Chaque fois que vous mangerez de ce Pain et que vous boirez de ce Calice, d'ici que le Seigneur vienne, vous renouvellerez la mémoire de sa mort ^. » Il y a donc une liaison intime entre la sainte Communion et la Passion du Sauveur; et c'est pour cela que nous allons célébrer, en ces jours, l'institution de la divine Eucharistie et l'immolation de l'Agneau rédempteur. Ces deux anniversaires se touchent ; et si Jésus a « désiré d*un si ardent désir manger avec les siens cette dernière Pâque ^ », c'est qu'il ne s'agissait pas seulement de leur servir, comme aux Pâques précédentes , la chair de l'agneau

symbolique, mais bien de leur donner le gage du pardon et de l'immortalité, en les faisant participer à la substance même de l'Agneau véritable, dont le sang efface le péché et ouvre les cieux. Jésus s'immole par avance sur la table de la dernière Cène, et cette merveilleuse anticipation de son sacrifice, dans laquelle il montre à un si haut degré son amour et son pouvoir, est fondée sur l'immolation sanglante qui devait avoir lieu le lendemain.

C'est donc en souvenir de l'Agneau sacrifié que le fidèle s'approchera en ces jours de la table sainte ; il comprendra de plus en plus que cette chair divine qui nourrit son âme a été préparée sur le Calvaire, et que si l'Agneau est aujourd'hui vivant et immortel, c'est par sa mort douloureuse c^u'il est devenu notre aliment. Le pécheur reconcilié recevra avec componction ce corps sacré dont il se reproche amèrement d'avoir épuisé tout le san^ par ses péchés multipliés ; le juste y participera avec humilité, se souvenant que, lui aussi, a eu sa part trop grande aux douleurs de l'Agneau innocent, et que si, aujourd'hui, il sent en lui la vie de la grâce, il ne le doit qu'au sang de la Victime dont la cha.ir va lui être donnée en nourriture.

Nous formulerons ici, selon notre usage, les Actes de préparation à la sainte Communion dans ce saint temps, pour les personnes qui sentiraient le besoin d'être aidées en cette manière, et nous ajouterons, pour complément, les Actes de l'Action de grâces.

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