L'Année liturgique — La Passion et la Semaine Sainte (t. 6) (page 143)
f. Rendez hommaj'c à la grandeur de notre Dieu ; il est le Dieu de vérité ; ses œuvres et toutes 'ses voies sont la justice.
f. Dieu est fidèle ; en lui, point d'injustice ; le Seigneur est juste et saint.
O Dieu, qui êtes la grandeur des humbles et la force des justes ; vous qui , par Moïse votre saint serviteur, avez voulu instruire votre peuple dans ce sacré Cantique, qui est tout à la fois une répétition de votre loi et une instruction pour nous ; faites éclater votre puissance sur toutes les nations que vous avez sanctifiées par vos mystères ; apaisez les craintes, répandez la joie ; afin que les péchés étant effacés par votre miséricorde, la menace de vos vengeances se transforme en une assurance de salut. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.
catéchumènes, avant qu'ils descendent à la fontaine du salut. 11 faut qu'ils sachent à quoi ils s'engagent en donnant leurs noms à la milice "du Christ. Peut-être un jour serontils appelés à confesser leur Dieu devant les puissances de la terre. Sont-ils résolus à souffrir les tourments, à mourir plutôt que de trahir sa cause ? N'v a-t-il pas eu, plus d'une fois, des apostats dans les rangs de ceuxdonl le Baptême avait le plus réjoui l'Eglise ? Il leur est donc nécessaire de connaître les épreuves qui peuvent les attendre. La sainte Eglise va relire en leur présence l'histoire des trois jeunes Juifs qui, plutôt que d'adorer la statue du roi de Babylone, préférèrent se laisser jeter dans une fournaise ardente. Depuis la publication de la loi chrétienne, des millions de martyrs ont imité leur exemple. A chaque pas, dans les Catacombes romaines, des peintures retracent l'image de ces trois héros du vrai Dieu. La paix a été rendue à l'Eglise; mais le monde est toujours l'ennemi de Jésus-Christ, et qui sait si Julien l'Apostat ne doit pas succédera Constantin?
EN ces jours-là, le roi Nabuchodonosor fit faire une statue d'or qui avait soixante coudées de haut et six de large': et il la fit dresser dans la campagne de Dura, en la province de Babylone. Nabuchodonosor envoya ensuite un ordre pour faire assembler les satrapes, les magistrats, les juges, les officiers de l'armée,les intendants, les préfets et tous les gouverneurs des
IN diebus illis : Nabuchodonosor rex fecit statuam auream, altitudine cubitorum sexaginta, latitudine cubitorum sex : et statuit eam in campo Dura provinciae Babylonis. Itaque Nabuchodonosor rex misit ad congregandos satrapas, magistratus et judices, duces et yrannos, etpraefectos, omnesque prinLe Samedi Saint.
cipcs rcgionum; ut convcnirent ad dedicationcm statune, quam erexerat Nabuchodonosor rex. Tune congrcgati sunt satrapae, magistratus, et judiccs, duces et tyranni, et optimatcs, qui erant in potcstatibus constituti, et univers! principes rcgi^-num : ut convenirent ad dedicationem statuœ, quam erexerat Nabuchodonosor rex. Stabant autem in conspectu statuae, quam posuerat Nabuchodonosor rex, et prœco clamabatvalenter: Vobis dicitur populis, tribubus et linguis : In hora, qua audieritis sonitum tubœ et fistulae, et citharas, sambucse, et psalterii, et symphonies, et universi generis musicorum ,
cadentes adorate statuam auream, quam constituit Nabuchodonosor rex. Si quis autem non prostratus adoraverit, eadem hora mittetur in fornacem ^gnis ardentis.
Post haec igitur statim flt audierunt omnes populi sonitum tubœ, fistulas, et citharae, sambucœ, et psalterii, et symphonias, et omnis generis musicorum, cadentes omnes populi, tribus, et linguœ adoraverunt statuam
provinces, afin qu'ils se trouvassent au jour où l'on dédierait la statue que le roi Nabu» chodonosf^r avait dressée. Alors les satrapes, les magistrats, les juges, les officiers de l'armée, les intendants, les préfets et tous les gouverneurs des provinces, s assemblèrent pour assister à la dédicace de la statue que le roi Nabuchodonosor avait dressée. Ils se tenaient debout devant la statue que le roi Nabuchodonosor avait dressée, et un héraut criait à haute voix : On vous ordonne à vous, peuples, tribus et langues, qu'au moment où vous entendrez le son de la trompette, de la flûte, de la harpe, du hautbois, de la lyre et des concerts de toute sorte de musiciens, vous vous prosterniez en terre, adorant la statue d'or que le roi Nabuchodonosor a dressée. Que si quelqu'un ne se prosterne pas et ne l'adore pas, il sera jeté sur l'heure dans une fournaise enflammée.
Lors donc que tous les peuples entendirent le son de la trompette, de la flûte, de la harpe, du hautbois, de la lyre et des concerts de toute sorte de musiciens, les peuples, les tribus et les langues se prosternèrent et adorèrent la statue d'or que le roi NabuchoLe Samedi Saint.
donosor avait dressée. Aussitôt et dans le même moment, les Chaldéens approchèrent et accusèrent les Juifs, disant au roi Nabuchodonosor : O roi, vivez à jamais ! Vous avez fait une ordonnance, ô roi, que tout homme au moment où il entendrait le son de la trompette, de la fliite, de la harpe, du hautbois, de la lyre, et des concerts de toute sorte de musiciens, se prosterne et adore aussitôt la statue d'or. Si quelqu' un ne se prosterne pas et n'adore pas cette statue, il sera jeté dans , une fournaise enflammée, /^ '•.Cependant il y a ici des Juifs à qui vous avez donné l'intendance des affaires de la province de Babylone, Sidrach, Misach et Abdénago ; ils méprisent, ô roi, votre ordonnance ; ils n'honorent point vos dieux, et ils n'adorent point la statue d'or que vous avez élevée.
Alors Nabuchodonosor , dans sa fureur et sa colère, ordonna qu'on amenât devant lui Sidrach, Misach et Abdénago. Et ils furent aussitôt amenés en présence du roi. Et le roi Nabuchodonosor leur dit ces paroles : Est-il vrai, Sidrach, Misach et Abdénago, que vous n'honorez point la statue d'or que j'ai élevée ? Maintenant donc, si vous êtes prêts
auream, quam constituerat Nabuchodonosor rex» Statimque in ipso tem-, pore accedentes viri Chaldaei accusaverunt Judaeos , dixeruntque Nabuchodonosor régi : Rex in aeternum vive. Tu rex posuisti decretum : ut omnis homo qui audierit sonitum tubae, fistulae, et citharae, sambucae, et psalterii, et symphoniae, et universi generis musicorum, prosternât se, et adoret statuam auream. Si quis autera non procidens adoraverit, mittatur in fornacem ignis ardentis. Sunt ergo viri Judaei, quos constituisti super opéra regionisBabylonis, Sidrach, Misach, et Abdénago : viri isti contempserunt, rex, decretum tuum : deos tuos non colunt, et statuam auream quam erexisti, non adorant.
Tune Nabuchodonosor in furore et in ira, praecepit ut adducerentur Sidrach, Misach, et Abdénago. Qui confestim adducti sunt in conspectu régis. Pronuntiansque Nabuchodonosor rex, ait eis : Verene Sidrach, Misach, et Abdénago, deos meos non colitis, et statuam auream
quam constitui, non adoratis ? Nunc ergo. si cstis parati, quacumquc hora audieritis sonitum tubae, fislulae, citharae, sambucx, et psaltcrii, et symphoniae, omnisque generis musicorum, prosternite vos, et adorate statuam quam fcci. Quod si non adoraveritis,eadem hora raittemini in fornacem ignis ardentis : et quis est Deus, qui eripiet vos de manu mea ?
Respondentes Sidrach, Misach et Abdenago, dixerunt régi Nabucnodonosor : Non oportet nos de hac re respondere tibi. Ecce enim Deus noster quem colimus, potest eripere nos de caraino ignis ardentis, et de manibus tuis, o rex, liberare. Quod si noluerit, notum sit tibi rex : quia deos tuos non colimus, et statuam auream quam erexisti, non adoramus. Tune Nabuchodonosor repletus est furore ; et aspectus faciei illius immutatus est super Sidrach, Misach et Abdenago. Et praecepit, ut succenderetur fornax septuplum, quam succendi consueverat. Et viris fortissimis de exereitu suo jussit, ut ligatis pedibus Sidrach, Misach et Abdeà m'obcir, au moment où vous entendrez le son de la trompette, de la flûte, de la harpe, du hautbois, de la lyre et des concerts de toute sorte de musiciens, prosternez-vous et adorez la statue que j'ai élevée. Que si vous ne l'adorez pas, vous serez aussitôt jeté<5 dans une fournaise enflammée: et quel est le Dieu qui vous arrachera d'entre mes mains?
Sidrach, Misach et Abdénago répondirent au roi Nabuchodonosor et lui dirent : Il n'est pas besoin, ô roi. que nous vous répondions sur ce sujet ; car notre Dieu, celui que nous adorons, est assez puissant pour nous retirerdes flammes de la fournaise ardente, et nous délivrer de vos mains, ô roi ! Que s'il ne le veut pas faire, nous vous déclarons, 6 roi, que nous n'honorons point vos dieux, ni la statue d'or que vous avez élevée. Alors Nabuchodonosor fut rempli de fureur; il i changea de visage, et regarda d'un oeil de colère Sidrach, Misach et Abdénago. Et il commanda d'allumer la fournaise sept fois plus ardente qu'elle n'avait coutume de l'être. Et il donna ordre aux plus forts soldats de sa garde de lier les pieds à Sidrach, Misach etAbdénago,
et de les jeter ainsi au milieu des flammes de la fournaise. Et tout aussitôt, ces trois hommes furent liés et jetés au milieu des flammes de la fournaise, avec leurs chausses, leur coiffiire, leurs souliers et tous leurs vêtements ; car le commandement du roi pressait fort. Et comme la fournaise était extraordinairement embrasée, la flamme dévora les hommes qui y jetèrent Sidrach, Misach et Abdénago. Cependant ces trois hommes, Sidrach, Misach et Abdénago tombèrent tout liés au milieu des feux de la fournaise ; et ils se promenaient à travers les flammes , louant Dieu et bénissant le Seigneur.
nago, mitterent eos in fornacem ignis ardentis. Et confestira viri illi vincti, cum braccis suis, et tiaris, et calceamentis, etvestibus, missi sunt in médium fornacis ignis ardentis ; nam jussio régis urgebat. Fornax autem succensa erat nimis. Porro viros illos, qui miserant Sidrach, Misach et Abdénago, interfecit flamma ignis. Viri autem hi très, id est Sidrach, Misach et Abdénago, ceciderunt in medio camino ignis ardentis, colligati. Et ambulabant in medio flammae laudantes Deum, et benedicentes Domino.
Après cette dernière lecture, l'Evêque prononce rOraison, à l'ordinaire ; mais le Diacre n'avertit point l'assemblée de se mettre à genoux. L'Eglise omet la génuflexion à cet endroit, pour apprendre aux catéchumènes combien ils doivent détester l'idolâtrie des Babyloniens, qui fléchirent le genou devant la statue de Nabuchodonosor.
DIEU tout-puissant et éternel, unique espérance du monde, qui par la voix de vos Prophètes avez annoncé les mystères qui s'accomplissent en notre temps ; daignez accroître encore l'ardeur des vœux de votre peuple ; parce
OMNiPOTENS sempiterne Deus, spes unica mundi, qui Prophetarum tuorum praeconio, praesentium temporum declarasti mysteria : auge populi tui vota placatus : quia in nulle
fidcHum, nisi ex tua inspiratione, provcniuni quarumlibet incremcnta virtutum. Fer Dominum nostrum Jcsum (^hristum. Amen.
gucnul de vos fîdèlcs ne peut faire de prr grès dans !cs vertus, si vous ne l'insnircz vous-même. Par Jésus- C^nrist notre Seigneur. Amen.
DURANT CCS longues lectures, ces prières et ces chants, le soleil a dès longtemps disparu, et la nuit a avancé dans son cours. Toutes les préparations sont achevées, et le moment est venu de se mettre en marche vers le Baptistère. Déjà sept Sous-Diacres s'y sont rendus pendant les lectures prophétiques, et y ont fait entendre la Litanie, répétant ses invocations d'abord sept fois, puis cinq fois, enfin trois fois. Le cortège sacré se dirige vers le lieu où est l'eau. C'est un édifice détaché de l'église, construit en rotonde ou de forme octogone. Au centre est un vaste bassin où l'on descend et d'où l'on remonte par plusieurs marches. Des canaux y amènent une eau pure, qu'un cerf en métal y verse par sa bouche. Au-dessus de la fontaine s'élève une coupole, au centre de laquelle plane l'image de l'Esprit-Saint, les ailesétendues, fécondant les eaux. Une balustrade entoure le bassin, afin que l'enceinte demeure libre pour les baptisés, et pour leurs parrains et marraines, qui seuls y pénétreront avec l'Evèque et ses prêtres. A peu de distance, on a dressé deux tentes, l'une pour les hommes, l'autre pour les femmes ; c'est là que se retireront un moment les nouveaux baptisés, au sortir de la
fontaine, pour s'essuyer et changer d'habits. Voici l'ordre de la marche vers le Baptistère. Le Cierge pascal, représentant la colonne lumineuse qui dirigea Israël, à travers les ombres de la nuit, vers la mer Rouge, dans les flots de laquelle il devait trouver son salut, s'avance d'abord à la tête du corps des catéchumènes. Ceux-ci viennent à la suite, ayant à leur droite, les hommes leur parrain, les femmes leur marraine ; car c'est sur la présentation d'un chrétien de son sexe que chacun d'eux est admis à la régénération. Deux Acolytes portent, l'un le saint Chrême, l'autre l'Huile des Catéchumènes ; et à la suite du clergé, TEvêque s'avance entouré de ses ministres. Cette marche s'accomplit à la lueur des flambeaux; les étoiles brillent au ciel de tout leur éclat, et les airs retentissent de chants mélodieux. On répète les strophes du Psaume dans lequel David, soupirant après son Dieu, compare son ardeur à celle du cerf qui aspire à l'eau de la fontaine. Le cerf, dont l'image a été placée dans le Baptistère, est la figure de l'ardent catéchumène.
COMME le cerf aspire à l'eau de la fontaine, ainsi non âme, ô Dieu, soupire après vous.
y . Mon âme brûle d'une soif ardente pour le Dieu vivant : quand paraîtrai-je devant la face du Seigneur ?
j^. Mes larmes sont ma nourriture jour et nuit, pendant qu'on me dit à toute