L'Année liturgique — La Passion et la Semaine Sainte (t. 6) (page 145)
fonte manare fecit, et in quatuor fluminibus totam terram rigare praecepit; qui te in deserto amaram, suavitate inditg fecit esse potabilem, et sitienti populo de petra
f)er Jesum Christum Fiium ejus unicum. Dominum noslrum : gui te in Cana GalilaBœ, sjgno admirabili, sua potentia convertit in vinum. Qui
!?edibus super te ambuavit : et a Joanne in Jordane in te baptizatus est. Qui te una cum sanguine de latere suo produxit : et discipulis suis jussit, ut credentes baptizarentur in te , dicens : Ite, docete omnes gentes,baptizantes eos in nomine Patris. et Filii, et Spiritus Sancti.
et qui plus tard te fit sortir de la pierre pour apaiser la soif de son peuple. Je te bénis aussi par Jésus-Christ, son Fils unique, notre Seigneur, qui, à Cana de Galilée, par un signe admirable de son pouvoir, te changea en vin ; qui marcha sur toi à pied sec; qui fut baptisé en toi par Jean, dans le Jourdain; qui le fit sortir, avec le sang, de son côté ouvert ; et qui commanda à ses disciples de baptiser en toi ceux qui croiraient, leur disant : Allez, enseignez toutes les nations, et baptisezles au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.
A ce moment, l'Evêque suspend le mode triomphant de la Préface, et prononce les paroles qui vont suivre sur un ton plus simple. Après avoir marqué les eaux du signe de la croix, il invoque sur elles l'action fécondante de l'Esprit-Saint.
Haec nobis prascepta servantibus, tu Deus omnipotens,clemens adesto : tu benignus adspira.
Dieu tout-puissant, regardez favorablement ce que nous faisons pour obéir à ce précepte, et daignez répandre le souffle de votre Esprit.
L'Esprit-Saint porte un nom qui signifie Souffle ; il est le souffle divin, ce vent violent qui se fit entendre dans le Cénacle. Le Pontife exprime ce divin caractère de la troisième personne divine, en soufflant trois fois sur les eaux de la fontaine, en forme de croix ; puis il continue, sans reprendre encore le mode de la Préface.
BÉNISSEZ vous-même de votre bouche ces eaux pures, afin que, outre la vertu qu'elles ont de nettoyer les corps, elles reçoivent encore celle de purifier les âmes.
I* u has simplices aquas tuo ore benedicito: ut praeter naturalem emundationem, quam lavandis possunt adhibere corporibus, sint etiam purificandis mentibus efficaPrenant ensuite le Cierge pascal, il en plonge l'extrémité inférieure dans le bassin. Ce rite exprime le mystère du baptême du Christ dans le Jourdain, au jour où les eaux reçurent les arrhes de leur divin pouvoir. Le Fils de Dieu était descendu dans le fleuve, et TEsprit-Saint reposait sur sa tête en forme de colombe. Aujourd'hui, ce ne sont plus seulement les arrnes qui sont données ; l'eau reçoit véritablement la vertu promise, par l'action des deux divines personnes. C'est pour cela que TEvêque, reprenant le ton de la Préface, s'écrie en plonfeant dans l'eau le Cierge mystérieux, symoie du Christ, sur lequel plane la céleste Colombe.
OUE la vertu du Saint-Es- | pnescendat in hanc prit descende sur toute j lJ plenitudinem fontis, l'eau de cette fontaine. I virtus Spiritus Sancti.
Après ces paroles, le Pontife retire le Cierge de l'eau, puis le replongeant plus avant, il répète d'un ton de voix plus élevé :
C^ue la vertu du Saint-Es- 1 prit descende sur toute l'eau de cette fontaine. I
[ Descendat in hanc plenitudinem fontis, virtus Spiritus Sancti.
Ayant encore retiré le Cierge, il le plonge une troisième fois jusqu'au fond du bassin,
Descendat in hanc plenitudincm fontis, virtus Spiritus Sancti.
Que la vertu du Saint-Esprit descende sur toute l'eau de cette fontaine.
Cette fois, avant de retirer le Cierge de l'eau, l'Evéque se penche sur la fontaine ; et pour unir dans un symbole visible la puissance de l'Esprit-Saint à la vertu^du Christ, il fait une nouvelle insufflation sur les eaux, non plus en forme de croix, mais en traçant avec son souffle cette lettre de l'alphabet grec, 4) qui est la première du mot Esprit en cette langue; puis il reprend sa solennelle prière par ces paroles :
Totamque hujus aquae substantiam , regenerandi fœcundet effectu.
Qu'elle donne la fécondité à cette eau, et la rende capable de régénérer.
On enlève alors le Cierge pascal de la fontaine, et l'Evêque continue.
Que toutes les taches de péchés soient ici effacées : que la nature créée à votre image, étant rétablie dans la dignité de son origine, y soit purifiée de toutes ses souillures ; afin que tout homme auquel sera appliqué ce mystère de régénération, renaisse à l'innocence d'une enfance nouvelle.
Hic omnium peccatorum maculae deleantur : hic natura ad imaginera tuam condita, et ad honorera sui reforraata principii, cunctis vetustatis squaloribus emundetur : ut omnis homo sacramentum hoc regenerationis ingressus, in verse innocentiae novara infantiam renascatur.
L'Evêque quitte après ces paroles le ton de la Préface, et prononce sans chanter la conclusion suivante :
Par notre Seigneur JésusChrist votre Fils, qui doit venir juger les vivants et les morts, et détruire le monde par le feu. R). Amen.
PerDominum nostrum Jesum Christum Filium tuum : qui venturus est judicare vivos et mortuos , et saeculum per ignem. R). Amen.
Après que le peuple a répondu Amen, un des Prêtres asperge l'assemblée avec l'eau de la fontaine, et un des clercs inférieurs vient y plonger un vase qu'il retire plein de cette eau, et qui est destiné pour le service de l'église et pour l'aspersion des maisons des fidèles.
Les prières de la bénédiction de l'eau sont achevées ; et cependant la sainte Eglise n'a pas accompli encore, en faveur de cet élément, tout ce qu'elle a résolu de faire. Jeudi dernier, elle a été mise de nouveau en possession des grâces de l'Esprit-Saint par le don des Huiles sacrées; et elle veut aujourd'hui honorer la fontaine du salut, en épanchant dans ses eaux les précieuses liqueurs dont le renouvellement a été accueilli avec tant de joie. Le peuple fidèle apprendra à vénérer toujours davantage la source purifiante du salut des hommes, dans laquelle se réunissent tous les symboles de l'adoption divine. L'Evêque, prenant l'ampoule qui contient l'Huile des Catéchumènes, en répand sur les eaux, disant ces paroles :
QUE cette fontaine soit sanctifiée et rendue féconde par l'infusion de l'huile du salut, pour donner la vie éternelle à ceux qui renaîtront de son sein. Amen.
' cundetur fons iste olco salutisrenascentibus ex eo, in vitamaeternam. Amen.