L'Année liturgique — La Passion et la Semaine Sainte (t. 6) (page 32)
Mais bientôt on vous voit victorieux resplendir dans la gloire du Père ; soyez, ô Roi de bonté, notre défenseur, et envoyez-nous le secours de votre Esprit. Amen.
Mox in paternae gloriae Victor resplendens culmine : Cum Spiritus munimine Défende nos, Rex optime. Amen.
Rendons notre hommage à la divine Croix, par cette Hymne de la Liturgie Grecque.
SEIGNEUR de tous les êtres, Dieu créateur, vous avez été élevé sur la Croix, au milieu de la terre, attirant à vous la nature humaine qui s'était précipitée par les perfides conseils de l'ennemi ; c'est pourquoi nous vous offrons nos vœux sincères , relevés que nous sommes par votre Passion.
Déjà nos âmes illuminées par le jeûne se purifient ; éclairez-les des rayons spirituels de votre Croix. Aujourd'hui elle est exposée à nos regards ; nous la couvrons de nos chastes baisers *, nous Tadjorons de bouche et de cœur.
Adorons la Croix divine ; eile est le lieu où se sont arrêtés les pieds du Seigneur; demandons que les pieds de notre âme se fixent sur la pierre des divins commandements, et que, par la grâce
DOMINE omnium et conditor Deus , in medio terrae in Crucem elevatus es, attrahens ad te eam, quas pessimo inimici suasu corruerat , humanam naturam. Quapropter sincère te concelebramus, Passione tua roborati.
Mundatis sensibus jejunii lumine, intellectualibus Crucis radiis largissime illustremur, eamque hodie propositam reverenter conspicientes, castis labiis, ore et corde adoremus.
Locum ubi steterunt pedes Domini adoremus, Crucem videlicet divinam ; obsecrantes ut animas nostrae pedes in petra divinorum mandatorum firmentur , et ut
grcssijs cjus, divina gratia in viam pacisdiriganPlaiidite omnes fines terrœ in hvmnis, quando adorari videtis lignum in quo Christus suspensus, et diabolus vulneratus est.
Vivifica Crux hodie proponitur : cum gaudio igilur et timoré adoremus Domini Crucem, ut Spiritum Sanctum accipiamus.
Accedens ut te tangam, vivifica Crux, cohorresco et lingua et mente, cernens in te divinum Domini rnei sanguinem effusum esse.
Confirma, Domine, Ecclesiam tuam, quam acquisivisti virtute Crucis tuae ; in illa enim inimicum triumphasti, totumque mundum illuminasti.
Régions de la terre, faites entendre vos cantiques, à ce moment où l'on adore le bois auquel le Christ a été suspendu, et par lequel le diable a reçu la blessure.
Aujourd'hui est montrée la Croix qui donne la vie. Adorons avec joie et avec terreur la Croix du Seigneur, afin de recevoir l'Esprit-Saint.
Croix vivifiante, je m'approche pour te toucher ; ma langue et mon esprit sont saisis de frayeur, quand je vois que le sang divin de mon Maître t'a baignée.
^ Confirmez. Seigneur, votre Eglise que vous avez acquise par la vertu de votre Croix ; par cette Croix . vous avez triomphé de l'ennemi, et illuminé le monde tout entier. ^
Rome, la Station est dans l'église de Saint-Marcel, Pape et Martyr. Cette église avait été la maison de la sainte dame Lucine, qui la donna au Pontife pour la consacrer au culte de Dieu.
P\iEU de miséricorde, sanc*-' tifiez ce jeûne, éclairez les cœurs de vos fidèles, et daignez prêter une oreille favorable à ceux auxquelsvous inspirez le sentiment de la piété. Par .Tésus-Christ notre Seigneur. Amen.
Qanctificato hoc le^ junio, Deus, tuorum corda fidelium miserator illustra et quibus devotionis praestas affectum, praebe supplicantibus pium benignus auditum. Per Christum Dominum nostrum. Amen.
]N diebus illis : Locutus est Dominus ad MoyLe Mercredi de la Semaine
sen, dicens : Loquerc ad omncm cœtum filiorum Israël, et dices ad eos : Ego Dominus Deus vestcr. Non facietis furtum. N^n mentiemini, nec decipiet unusquisque proximum suum. Non perjurabis in nomine meo, nec pollues nomen Dei tui. Ego Dominus. Non faciès calumniam proximo tuo , nec vi opprimes eum. Non morabitur opus mercenarii tui apud te usque mane. Non maledices surdo, nec coram caeco pones offendiculum : sed timebis Dominum Deura tuum, quia ego sum Dominus. Non faciès quod iniquum est, nec injuste judicabis. Non coiisideres personam pauperis, nec honores vultum potentis. Juste judica proximo tuo. Non eris criminator, nec susurro in populo. Non stabis contra sanguinem proximi tui. EgoDominus. Non oderis fratrem tuum in corde tuo , sed publice argue eum , ne habeas super illo peccatum. Non quaeras ultionem, nec memor eris injurias civium tuorum. Diligcs amicum tuum sicut teipsum. Ego Dominus. Leges meas custodite. Ego enim sum Dominus Deus vester.
Parle à toute rassemblée des enfants d'Israël, et dis-leur de ma part : Je suis le Seigneur voire Dieu. Vous ne déroberez point ; vous ne mentirez point ; et nul de vous ne trompera son prochain ; vous ne jurerez point faussement en mon nom. et vous ne souillerez point le nom de votre Dieu ; )e suis le Seigneur. Vous ne calomnierez point votre prochain, et vous ne l'opprimerez point par violence. Le salaire de votre mercenaire ne demeurera point chez vous jusqu'au matin. \'ous ne parlerez point mal du sourd, et vous ne placerez point d'obstacle devant les pas de l'aveugle ; mais vous craindrez le Seigneur votre Dieu, parce que je suis le Seigneur. Vous ne ferez rien contre l'équité, et vous ne jugerez point injustement. Ne faites point attention si la personne est pauvre, et ne vous laissez point intimider par l'aspect du puissant. Jugez votre prochain selon la justice. Vous ne serez point calomniateur, n» semeur de rapports parmi le peuple. Vous ne ferez point d'entreprise contre le sang de votre prochain. Je suis le Seigneur. Vous ne ha'ïrez point votre frère dans votre cœur : m.ais reprenez-le publiquement, de peur qu'il ne soit pour vous cause de péchés. Ne cherchez
point la vengeance, et ne gardez pas souvenir de l'injure de vos concitoyens. Vous aimerez votre ami comme vous-mêmes ; je suis le Seigneur votre Dieu.
L'Eglise en nous mettant aujourd'hui sous les yeux ce passage du Lévitique, dans lequel les devoirs de l'homme envers son prochain se trouvent exposés avec tant de clarté et d'abondance, veut faire comprendre au chrétien en quel détail il doit scruter et réformer sa vie, sur un point de si haute importance. C'est Dieu même qui parle ici et qui intime ses ordres; entendez comme il répète presque à chaque phrase: « Moi, le Seigneur d; afin de nous faire comprendre qu*il se constituera le vengeur du prochain que nous aurions lésé. Qile ce langage devait être nouveau à l'oreille des catéchumènes, élevés au sein de ce monde païen, égoïste et sans entrailles, qui ne leur avait jamais dit que tous les hommes étant frères. Dieu, Père commun de l'immense famille de l'humanité, exigeait qu'ils s'aimassent tous d'un amour sincère, sans distinction de races et de condition! Nous, chrétiens, en ces jours de réparation, songeons à remplir à la lettre les mtentions du Seigneur notre Dieu. Souvenons-nous que ces préceptes furent intimés au peuple Israélite, bien des siècles avant la publication de la Loi de miséricorde. Or, si le Seigneur prescrivait au Juif un si sincère amour de ses frères, lorsque la ioi divine n'était encore écrite que sur des tables de pierre, que ne demandera-t-il pas du chrétien qui peut maintenant la lire danslecœur de l'Homme-Dieu descendu du ciel et devenu
notre frùrc, afin qu'il nous fût à la fois plus facile et plus doux de remplir le précepte de la charité ? L'humanité unie en sa personne à la divinité est désormais sacrée ; elle est devenue l'objet des complaisances du Père céleste ; c'est par amour fraternel pour elle que Jésus se dévoue à la mort, nous apprenant par son exemple à aimer si sincèrement nos frères que, s'il est nécessaire, « nous allions jusqu'à donner notre vie pour eux ^ ». C'est le disciple bien-aimé qui l'a appris de son Maître, et qui nous l'enseigne.
IN illo tempore : Facta sunt encaenia in Jerosolymis : et hiems erat. Et ambulabat Jésus in templo, in porticu Salomonis. Circumdederunt ergo eum Judasi, et dicebant ei : Quousque animam nostram tollis ? Si tu es Christus, die nobis palam. Respondit eis Jésus : Loquor vobis, et non creditis. Opéra quae ego facio in nomine Patris mei, hsec testimonium perhibent de me. Sed vos non creditis, quia non estis ex ovibus
EN ce temps-là. on faisait à Jérusalem la fête de la Dédicace, et c'était l'hiver ; et Jésus se promenait dans le temple, sous le portique de Salomon. Les Juifs s assemblèrent autour de lui et lui dirent: Jusqu'à quand nous tiendrez-vous l'esprit en suspens ? Si vous êtes le Christ, dites-le-nous ouvertement. Jésus leur répondit : Je vous parle, et vous ne croyez pas. Les œuvres que je fais au nom de mon Père rendent témoignage de moi ; mais vous ne croyez pas, parce que vous n'êtes pas de
mes brebis. Mes brebis écoutent ma voix ; je les connais, et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle, et elles ne périront jamais ; et nul ne les ravira d'entre mes mains. Ce que mon Père m'a donné est plus grand que toutes choses, et personne ne le saurait ravir de la main de mon Père. Moi et le Père sommes une même chose. Alors les Juifs prirent des pierres pour le lapider. Jésus leur dit : J'ai fait devant vous plusieurs bonnes œuvres par la puissance de mon Père ; pour laquelle de ces œuvres me lapidez-vous ? Les Juifs lui répondirent : Nous ne vous lapidons pas pour aucune bonne œuvre, mais à cause de votre blasphème ; et parce que, étant un homme, vous vous faites Dieu. Jésus leur répondit : N'est-il pas écrit dans votre loi : J'ai dit que vous êtes des dieux ? Si donc elle appelle dieux ceux à qui la parole de Dieu était adressée, et que l'Ecriture ne puisse être détruite, celui que le Père a sanctifié et envoyé dans le monde , comment dites-vous de lui : il a blasphémé, parce qu'il a dit : Je suis le Fils de Dieu ? Si je ne fais pas les œuvres de mon Père, ne me croyez pas ; mais si je les fais, quand vous ne voudriez pas me
meis. Oves meae vocem meam audiunt : et ego cognosco eas, et sequuntur me : et ego vitam aeternam do eis : et non peribunt in asternum, et non rapiet eas quisquam de manu mea, Pater meus quod dédit mihi, majus omnibus est, et nemo potest rapere de manu Patris mei . Ego et Pater unum sumus. Sustulerunt ergo lapides Judaei, ut lapidarent eum. Respondit eis Jésus •• Multa bona opéra ostendi vobis ex Pâtre meo ; propter quod eorum opus me lapidatis ? Responderunt ei Judaei : De bono opère non lapidamus te, sed de blasphemia : et quia tu homo cum sis, facis teipsum Deum. Respondit eis Jésus : Nonne scriptum est in lege vestra : Quia ego dixi, Dii estis ? Si illos dixit deos, ad quos sermo Dei factus est, et non potest solvi Scriptura : quem Pater sanctificavit et misit in mundum, vos dicitis : Quia blasphémas : quia dixi, Filius Dei sum ? Si non facio opéra Patris mei, nolite credere mihi. Si autem facio : et si mihi non vultis credere, operibus crédite,