L'Année liturgique — La Passion et la Semaine Sainte (t. 6) (page 35)
Quand le jour de la résurrection se lèvera, quand les splendeurs de l'éternel royaume viendront illuminer ce
VERBUM Patris quod prodiit factum caro ; Agnus Dei peccata mundi auferens : Ad te venimus cernui,
Fons vulneris sacri riget praecordia, Lavet cruor, malitiaeque
Ut cum resurgendi dies efFulserit, Orbique regni claritas illuxerit,
monde, faites-nous suivre, à travers les airs, cette route qui nous conduira vers les heureux habitants du ccleslc séjour.
Honneur soit au I)icu éternel ! gloire au seul Père, au Fils unique et à l'Esprit-Saint! Trinité qui vil et règne dans les siècles des siècles. Amen.
Filio Cum Spiritu; qua Trinitas perenniter Vivit potens in saeculorum saeculis. Amen.
Rendons notre hommage à la sainte Croix, en lui offrant ces strophes que lui consac-'e l'Eglise Grecque.
SECURis quam Elisaeus ex Jordane retulit, Crucem signifioabat. qua ex profundo vanitatis retraxisti gentes laetis vocibus cantantes : Benedictus es, Deus patrum nostrorum.
JE bois avec lequel Elisée tira du Jourdain le fer de la hache fut la figure de la Croix, par laquelle, 6 Christ, vous avez retiré de l'abime de leurs vanités les nations qui, aujourd'hui, chantent avec transport : « Vous êtes béni. Dieu de nos pères ! »
Les cieux s'unissent à la terre dans une commune allégresse, pour adorer votre Croix; car c'est vous-même qui avez réuni les Anges et les hommes qui chantent ensemble : « Seigneur notre Dieu, soyez béni ! n
Compassionem tam- Adorant la Croix du SeiLaetantur cum terra cœlestia ob adorationem Crucis tuae ; etenim per te Angeli et homines conjuncti sunt, clamantes : Benedictus Dominas Deus noster.
gneur, et glorifiant notre libérateur qui y fut attaché, présentons notre hommage selon les trois bois dont elle fut formée : une tendre compassion pour le cyprès odorant, la foi pour le cèdre, et pour le pin une charité sincère.
Vous ave^ étendu, ô Christ, vos mains sur le bois; là vous avez détruit le péché de l'homme, qui n'avait pas su retenir sa convoitise. La lance vous a blessé; mais vous l'avez retournée contre l'ennemi. En goûtant le fiel, vous avez anéanti le mal dont la douceur est trompeuse ; vous avez été abreuvé de vinaigre, vous qui êtes les délices de tous.
J'étais mort par l'arbre du péché, j'étais livré au trépas par une nourriture qui m'avait flatté ; rendez-moi la vie. Seigneur; relevez-moi, faites-moi adorer vos souffrances et participer à votre divine résurrection ; rendezmoi le -cohéritier de ceux qui vous aiment.
O Croix, signe d'allégresse, armure invincible, honneur des Apôtres, force des Pontifes, rends la vigueur à mon âme languissante ; fais que je t'adore, que je célèbre tes louanges, que je m'écrie :
quam cupressum suaveolentem, fidem tanquam cedrum, veram charitatem tanquam pinum afférentes, Domini crucem adoremus, glorificantes eum qui in illa affixus est, liberatorem.
Extendisti manus tuas in ligno , incontinentis manus peccatum dissolvens ; lancea vulneratus es, eademque inimicum sauciasti. Fel gustasti, et maie blandam malitiam exemisti ; aceto potatus es, qui omnium lastitia
Ligno peccati interemptus sum, gustuque voluptuoso morti traditus. Vivifica me, Domine. Excita jacentem : fac me cruciatuum tuorum adoratorem, et participera divinas resurrectionis, et cohaeredem eorum qui te diligunt.
Gaudii signum, armatura invicta, Apostolorum decus, Pontificum robur, vires suffice languenti animae meas , et dignare me ut te adorem, laudesque tibi decanteni
damans : Omnia opéra 1 « Créatures du Seigneur, Domini, laudafe Domi- louez le Seigneur, et exaltea num et superexaltatc in le dans les siècles, siecula. I
Rome, la Station est dans l'Eglise de Saint-Etienne, au mont Cœ- lius. En ce jour qui devait être consacré à Marie, la Reine des Martyrs , il est touchant de reconnaître que, par une sorte de pressentiment prophétique, cette église dédiée au premier des Martyrs se trouvait déjà désignée, dès la plus haute antiquité, pour la reunion des fidèles.
DAIGNEZ répandre, Seigneur, votre grâce dans nos cœurs; afin que, punissant nos péchés par des châtiments volontaires, nous évitions par ces peines temporelles le malheur d'être condamnés aux supplices éternels. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.
CORDiBUS nostris , quaesumus Domine, gratiam tuam benignus infunde : ut peccata nostra castigatione voluntaria cohibentes, temporaliter potius maceremur, quam suppliciis deputemur aeternis. Par Christum Dominumaostrum. Amen.
IN diebus illis : Dixit Jeremias : Domine, omnes qui te derelinquunt , confundentur : recedentes a te, in terra scribentur : quoniam dereliquerunt venam
aquarum viventium, Dominum. Sana me, Domine, et sanabor : salVum me fac, et salvus ero : quoniam laus mea tu es. Ecce ipsi dicunt ad me : Ubi est verbum Domini ? veniat. Et ego non sum turbatus, te Pastorem sequens : et diem hominis non desideravi, tu scis. Quod egressum est de labiis meis, rectum in conspectu tuo fuit. Non sis tu mihi formidini ; spes mea tu in dieafflictionis. Confundantur , qui me persequuntur , et non confundar ego : paveant illi, et non paveam ego : indue super eos diem afflictionis, et duplici contritione contere eos, Domine Deus noster.
Lecture du Prophète Jérémie. Chap. xvii. EN ces jours-là, Jérémie dit : Seigneur , tous ceux qui vous abandonnent seront confondus ; ceux qui se retirent de vous seront inscrits sur le sable, d'oii leur nom sera bientôt effacé ; car ils ont abandonné la source des eaux vives, le Seigneur. Guérissez-moi. Seigneur, et je serai guéri: sauvez-moi, et je serai sauvé ; parce que vous seul êtes ma gloire. Les voilà qui me disent : Où est la parole du Seigneur ? qu'elle s'accomplisse. Mais moi, je nai point été troublé, en vous suivant comme mon Pasteur, et je n'ai point désiré le jour de l'homme, vous le savez. Ce qui est sorti de mes lèvres a été droit devant vos yeux. Ne soyez point pour moi un sujet de terreur ; c'est vous qui êtes mon espérance au jour de l'affliction. Que ceux qui me persécutent soient confondus, et que je ne sois point confondu moi-même : qu'ils soient dans l'épouvante, et que je ne sois pas épouvanté. Faites venir sur eux un jour de malheur, et brisezles, en les accablant de maux, ô Seigneur notre Dieu !
représente spécialement le Messie persécuté par les Juifs. C'est ce qui a porté l'Eglise à choisir ses Prophéties pour sujet des lectures de l'Office de la nuit, dans les deux semaines consacrées à la Passion du Sauveur. Nous venons d'entendre une des plaintes que ce juste adresse à Dieu contre ses ennemis; et c'est au nom du Christ qu'il parle. Ecoutons ces accents désolés qui dépeignent à la fois la malice des Juifs, et celle des pécheurs qui persécutent Jésus-Christ au sein même du christianisme. « Ils ont, dit le Prophète, abandonné la source des eaux vives. » Juda a perdu le souvenir de la roche du désert, d'où jaillirent les eaux dont il étancha sa soif; ou, s'il se la rappelle encore, il ne sait plus que cette roche mystérieuse représentait le Messie.
Cependant Jésus est là dans Jérusalem, et il crie: « Que celui qui a soif vienne à moi, et qu'il se désaltère. » Sa bonté, sa doctrine, ses œuvres merveilleuses, les oracles accomplis en lui, disent assez que l'on doit croire à sa parole. Juda est sourd à l'invitation; et
flus d'un chrétien imite son endurcissement, l en est qui ont goûté à la « source des eaux vives », et qui s'en sont détournés pour aller se désaltérer aux ruisseaux bourbeux du monde; et leur soif s'en est irritée davantage. Qu'ils tremblent en voyant le châtiment des Juifs; car s'ils ne reviennent pas au Seigneur leur Dieu, ils tomberont dans ces ardeurs dévorantes et éternelles, où l'on refuse une goutte d'eau à celui qui l'implore. Le Sauveur, par la bouche de Jéremie, annonce «un jour de malheur » qui doit fondre sur les Juifs; plus tard, lorsqu'il vient en personne,