L'Année liturgique — La Passion et la Semaine Sainte (t. 6) (page 40)

Dom Prosper Guéranger · Vie de piété

Texte français, domaine public · Source : archive.org — L'Année liturgique t. 6, éd. 1911 (OCR) · 150 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

rEATUR, qusesumus Domine, dextera tua populum deprecantem, et purificatum dignanter erudiat : ut consolatione praesenti, ad futura bona proficiat. Per Chrisium

OUE votre droite, Seigneur, daigne défendre votre peuple qui vousadresse ses prières ; qu'elle le purifie et l'instruise, afin que la consolation présente lui serve à acquérir les biens futurs. Par

Jésus-Christ notre Seigneur. iDominum nostrum. Amen. ' I Amen.

Implorons le Sauveur de nos âmes, en récitant cette solennelle supplication que nous offre la Liturgie Gothique d'Espagne.

^ A YEZ pitié , Seigneur ^t\ très clément, et pardonnez à votre peuple.

f . Du haut du trône de votre Croix jetez un regard sur nous , misérables et captifs dans les liens de nos passions ; 0 Rédempteur! délivrez -nous des supplices que nous avons mérités.

j^. Vous qui avez souffert les fouets et l'ignominie de la Croix,et supporté les outrages de vos persécuteurs, accordeznous la pénitence de nos péchés.

j^^. Juste juge, vous avez été jugé avec injustice, et quoicue innocent vous avez souffert le supplice de la Croix; par votre Rédemption, sauvez-nous des peines qui nous sont dues.

Jr. De Crucis throno aspice nos miseros , et passionum compeditos vinculis nostris absolve, Redemptor, suppliciis.

j^. Passus flagella, et Crucis injuriam, persecutorum sustinens convicia, dona delictis nostris pœ' nitentiam.

f. Qui justus judex, maie judicatus es, et pœ- nas Crucis suscepisti innocens ; tu nos a pœnis nostris salva redimens.

^. Que votre voix, celte voix qui resta muette devant le juge, supplie pour nous le Père, afin que nous soyons admis à jouir du royaume dont vous êtes le Seigneur.

En ce jour du Samedi, lisons à la louange de Marie affligée cette touchante Séquence que l'on trouve dans les livres d'Heures du xvi* siècle, et dans laquelle l'hommage rendu à la sainte Croix s'unit à celui que le chrétien rend à la Mère des douleurs.

j^. Vox tua Patrem pro nobis expostulet, quae siJensfuitolim antc judicem, ut te régnante perfruamur Domino.

LIGNUM vitae quaerimus, Qui vitam amisimus Fructu ligni vetiti.

Nec inventum noverit Qui fructum non viderit Adhaerentem stipiti.

Fructus per quem vivitur Pendet, sicut creditur, Virginis ad ubera.

Et ad Crucem iterum, Inter viros scelerum, Passus quinque vulnera.

Hic Virgo puerpera, Hic Crux salutifera : Ambo ligna mystica.

Nous cherchons l'Arbre de vie, nous qui avons perdu la vie en mangeant le fruit défendu.

Celui dont l'oeil n'a pas vu le fruit adhérent à l'Arbre n'a pas vu l'Arbre lui-même.

Le fruit qui donne la vie est suspendu au sein de la Vierge-Mère : ainsi l'enseigne la foi.

On le voit suspendu aussi à l'Arbre de la Croix, entre les larrons, traversé de cinq blessures.

La Vierge-Mère, la Croix qui nous sauve, sont les deux arbres mystiques :

sope, l'autre imposante comme le cèdre : toutes deux donnant

Placé entre l'une et l'autre, laquelle attirera mes regards ?

Dans cet embarras plein de charmes, je me livre à la comparaison.

Sur le sein de Marie, retenu par les bras maternels, c'est un enfant qui pousse des vagissements.

Sur la Croix, il étend les bras vers les hommes pour les embrasser tous.

Ici c'est sa Mère pleine de tendresse qui le retient sur son cœur.

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