L'Année liturgique — La Passion et la Semaine Sainte (t. 6) (page 47)
f. Il a espéré, disent-ils, dans le Seigneur ; que le Sei* gneur le délivre ; qu'il le sauve, puisqu'il lui est si cher.
f. Ils sont là à me regarder, à me considérer; ils se sont partagé mes vêtements, et ils ont jeté le sort sur ma robe.
^. Délivrez-moi de Iq gueule du lion, et arrachez ma faiblesse à la fureur dei licornes.
t. On célébrera devant le Seigneur la génération qui doit venir ; et les cieux annonceront la justice du Seigneur.
j^. A ce peuple qui doit nat tre, à ce peuple que le Seigneur créera.
Il est temps d'écouter le récit de la Passion de notre Sauveur ; mais afin de montrer au ciel et à la terre que nous ne sommes pas scandalisés, comme le furent les disciples, par le spectacle de son apparente faiblesse et du triomphe de ses ennemis, tenons en mainsles rameauxavec lesquelstout à l'heure nous l'avons uroclamé notre Roi.
L'Eglise lit, à quatre jours différents de cette Semaine, la narration des quatre Evangiles. Elle commence aujourd'hui par celle de saint Matthieu, qui le premier a écrit son récit sur la vie et la mort du Rédempteur. En signe de tristesse, les Acolytes ne viennent pas àl'ambon avec leurs cierges, et le livre n'est pas encensé. Sans saluer le peuple fidèle par le souhait ordinaire, le Diacre qui remplit le rôle de l'historien commence immédiatement son lamentable récit.
La Passion de notre Seigneur Jésus-Christ selon saint Matthieu. Ghap. xxvi. inN ce temps-là, Jésus dit à Ju ses disciples : Vous savez que la Pâque se fera dans deux jours, et que le Fils de l'homme sera livré pour être crucifié. Alors les princes des prêtres et les Anciens du peuple se réunirent dans la salle du grand-prêtre, appelé Caïphe, et délibérèrent de se saisir de Jésus par ruse, et de le faire mourir. Mais ils disaient : Que ce ne soit pas pendant la fête, de peur d'émotion dans le peuple. .
Or Jésus étant à Béthanie, dans la maison de Simon le Lépreux, une femme portant un vase d'albâtre plein d'un parfum de grand prix, s'approcha, et le répandit sur la tête de Jésus qui était à table. Ce que voyant, ses disciples s'indignèrent, et dirent : A
Passio Domini nostrijesu Christi secundumMatthaïum. Cap. xxvi.
iN illo tempore : Dixit Jésus discipulis suis : Scitis, quia post biduum Pascha fiet : et Filius hominis tradetur, ut crucifigatur. Tune congregati sunt principes sacerdotum et seniores populi in atrium principis sacer« dotum, qui dicebatur Caiphas : et consilium fecerunt ut Jesum dolo tenerent, et occiderent. Dicebant autem : Non in die festo, ne forte tumultus fieret in populo.
Cum autem Jésus esset in Bethania, in domo Simonis Leprosi, accessit ad eum mulier habens alabastrum unguenti pretiosi : et efîudit super caput ipsius recumbentis. Videntes autem discipuli, indignati sunt, di>«
centes : Ut cjuid perditio haec ? Potuit enim unguentum istud venundari multo, et dari paupcribus. Sciens autem Jésus, ait illis : Quid molesti estis huic mulicri ? Opus enim bonum opcraia est in me. Nam scmper pauperes habelis vobiscum : me autem non semper habetis. Mittens enim haec unguentum hoc in corpus meum, ad sepeliendum me fecit. Amen dico vobis, ubicumque
Êraedicatum fuerit hoc Ivangelium in toto mundo, dicetur et quod haec fecit in memoriam ejus. Tune abiit unus de duodecim, qui dicebatur Judas Iscariotes, ad principes sacerdotum : et ait iilis : Quid vultis mihi dare, et ego vobis eum tradam ? At illi constituerunt ei triginta argenteos. Et exinde quasrebat opportunitatem, ut eum traderet. Prima autem die azymorum accesserunt discipuli ad Jesum dicentes : Ubi vis paremus tibi comedere Pascha ? At Jésus dixit : Ite in civitatem ad quemdam, et dicite ei : Magister dicit : Tempus meum prope est : apud te facio Pascha eum discipulis jneis. Et fecerunt disdquoi bon cette profusion ? C)n aurait pu vendre très cher ce parfum et donner le prix aux pauvres. Mais Jésus, connaissant leurs pensées, leur dit : Pourquoi faites-vous de la peine à cette femme ? Ce qu'elle vient de faire envers moi est une bonne œuvre. Car vous aurez toujours parmi vous des pauvres ; mais moi, vous ne maurez pas toujours. Elle a répandu ce parfum sur mon corps en vue de ma sépulture. En vérité, je vous le dis, dans le monde entier, partout où sera prêché cet Evangile, on dira ce qu'elle a fait, et elle en sera louée.
Alors un des douze, nommé Judas Iscariote, s'en alla vers les princes des prêtres, et leur dit : Que voulez-vous me donner, et je vous le livrerai ? Et ils convinrent avec lui de trente pièces d'argent. Et de ce moment il cherchait l'occasion de le leur livrer. Or, le premier jour des azymes, les disciples venant à Jésus lui dirent : Où voulez-vous que nous vous préparions ce qu'il faut pour manger la Pâque ? Et Jésus leur dit • Allez dans la ville chez un tel, et dites-lui : Le Maître dit : Mon temps est proche : je ferai la Pâque chez vous avec mes disciples. Et les disciples firent ce que Jésus leur avait commandé , et
Sur le soir, il était à table avec ses disciples. Et pendant qu'ils mangeaient, il leur dit : Je vous le dis en vérité, un de vous me trahira. Cette parole les contrista beaucoup, et ils se mirent chacun à lui demander : Est-ce moi. Seigneur ? Mais il leur répondit : Celui qui met avec moi la main dans le plat, est celui qui me trahira. Pour ce qui est du Fils de l'homme, il s'en va, selon ce qui a été écrit de lui ; mais malheur à l'homme par qui le Fils de l'homme sera trahi 1 II vaudrait mieux pour cet homme qu'il ne fût pas né. Judas, celui qui le trahit, dit : Est-ce moi. Maître ? Il lui répondit : Tu l'as dit.
Pendant ' qu'ils soupaient, Jésus prit du pain, le bénit et le rompit, et le donna à ses disciples, disant : Prenez et mangez ; ceci est mon corps. Et prenant la coupe, il rendit grâces, et la leur donna, disant : Buvez tous de ceci ; car ceci est mon sang, le sang de la nouvelle alliance, qui sera répandu pour plusieurs, en rémission des péchés. Or je vous le dis : Je ne boirai plus désormais de ce
Vespere autem facto, discumbebat cum duodecim discipulis suis. Et edentibus illis, dixit : Amen dico vobis : quia unus vestrum me traditurus est. Et contristati valde, cœperunt singuli dicere : Numquid ego sum. Domine ? At ipse respondens, ait : Qui intingit mecum manum in paropside, hic me tradet. Filius quidem hominis vadit, sicut scriptum est de illo. Vae autem homini illi, per quem Filius hominis tradetur. Bonum erat ei, si natus non fuisset homo ille. Respondens autem Judas qui tradidit eum, dixit : Numquid ego sum, Rabbi ? Ait illi : Tu dixisti.
Cœnantibus autem eis, accepit Jésus panem : et benedixit, ac fregit, deditque discipulis suis, et ait : Accipite, et comedite : Hoc est corpus meum. Et accipiens calicem, gratias egit : et dedit illis, dicens : Bibite ex hoc omnes. Hic est enim sanguis meus novi testamenti, qui pro multis effundetur in remissionem peccatorum. Dico autem
Vobis : Non bibam amodo de hoc çenimine vitis usque in diem illum, cum illud bibam vobiscum novum in regno Patris mei.
Et hymno dicto, cxierunt in montem Oliveti. Tune dicit illis Jésus : Omnes vos scandalum patiemini in me, in ista nocte. Scriptum est enim: Percutiam pastorem, et dispergenturoves gregis : postquam autem resurrexero, prœcedam vos in Galilaeam. Respondens autem Petrus, ait illi : Etsi omnes scandalizati fuerint in te, ego nunquam scandalizabor. Ait illi Jésus : Amen dico tibi quia in hac nocte, antequam gallus cantet, ter me negabis. Ait illi Petrus : Etiam si oportuerit me mori tecum, non te negabo. Similiter et omnes discipuli dixerunt.
Tune venit Jésus cum illis in villam, quae dicitur Gethsemani et dixit discipulis suis: Sedete hic donec vadara illuc, et orem. Et assumpto Petro, et duobus filiis Zebedaei, cœpit contristari, et mœstus esse. Tune ait illis : Tristis est anima mea usque ad mortem. Sustinete hic et vigilate mccum. Et progressas
fruit de la vigne, jusqu'au jour où je le boirai de nc^ifveau avec vous dans ic royaume de mon Père.
Et après avoir dit le cantique, ils s'en allèrent à la montagne des Oliviers. Alor» Jésus leur dit : Je vous serai cette nuit à tous un sujet de scandale ; car il est écrit : Je frapperai le pasteur, et les brebis du troupeau seront dispersées. Mais après être ressuscité, je vous précéderai en Galilée. Pierre lui répondit : Quand tous se scandaliseraient à votre sujet, moi je ne me scandaliserai jamais. Jésus lui dit : Je te le dis en vérité, cette nuit même, avant que le coq chante, tu me renieras trois fois. Pierre lui dit : Quand il me faudrait mourir avec vous, je ne vous renierai point. Tous les autres disciples parlèrent de même.
Alors Jésus vint avec eux en un lieu appelé Gethsemani, et dit à ses disciples : Asseyez-vous ici, pendant que j'irai là pour prier. Et ayant pris avec lui Pierre et les deux fils de Zébédée, il commença de tomber en grande tristesse. Alors il leur dit : Mon âme est triste jusqu'à la mort ; demeurez ici, et veillez avec moi. Et s'étant éloigné un peu, il se prosterna sur s^
face, priant et disant : Mon Père, s'il est possible, que ce calice s'éloigne de moi ; cependant, non pas comme je veux, mais comme vous voulez. Ensuite il vint à ses disciples et les trouvant endormis, il dit à Pierre : Ainsi vous n'avez pu veiller une heure avec moi ? Veillez et priez pour ne point entrer en tentation ; l'esprit est prompt, mais la chair est faible. Il s'en alla une seconde fois et pria, disant : Mon Père, si ce calice ne peut passer sans que je le boive, que votre volonté se fasse. Et il vint de nouveau, et les trouva encore endormis : car leurs yeux étaient appesantis. Et les laissant, il s'en alla encore, et pria une troisième fois, disant les mêmes paroles. Ensuite il revint à ses disciples, et leur dit : Dormez maintenant et reposez-vous ; voici que l'heure approche où le Fils de l'homme va être livré aux mains des pécheurs. Levezvous, allons : celui qui doit me trahir est près d'ici.
Il parlait encore, lorsque Judas, un des douze, arriva, et avec lui une troupe nombreuse, armée d'épées et de bâtons, envoyée par les princes des prêtres et les anciens
pusillum, procidit in faciem suam, orans et dicens : Pater mi, si possibile est, transeat a me calix iste. Verumtamen non sicut ego volo, sed sicut tu. Et venit ad discipulos suos, et invenit eos dormientes : et dicit Petro : Sic, non potuistis una hora vigilare mecum ? Vigilate, et orate : ut non intretis in tentationem. Spiritus quidem promptus est, caro autem infirma. Iterum secundo abiit, et oravit dicens : Pater mi, si non potest hic calix transire, nisi bibam illum : fiât voluntas tua, Etvenititerum,et invenit eos dormientes. Erant enim oculi eorum gravati. Et relictis illis, iterum abiit : et oravit tertio eumdem sermonem dicens. Tune venit ad discipulos suos, et dicit illis : Dormite jam, et requiescite. Ecce appropinquavit hora : et Filius hominis tradetur ia manus peccatorum. Surgite, eamus : ecce appropinquavit qui me tradet.
Adhuc eo loquente , eccQ Judas unus de duodecim venit, et cum eo turba multa cum gladiis et fustibus, missi a principibus sacerdotum ,
et scniofibus populi. Qui autem tradidit eum, dédit illis signum dicens: Quemcumque osculatus fuero, ipse est, tenele eum. Et confestim accedens ad Jesum, dixit : Ave, Rabbi. Et osculatus est eum. Dixitque illi Jésus : Amice, ad quid venisti? Tune accesserunt, et manus injecerunt in Jesum : et tenuerunt eum. Et ecce unus ex his qui erant eum Jesu, extendens manum, exemit gladium suum : et percutiens servum principis sacerdotum.amputavit auriculam ejus. Tune ait illi Jésus : Converte gladium tuum in locum suum. Omnes enim, qui acceperint gladium , gladio peribunt. An putas, quia non possum rogare Patrem meum ; et exhibebit mihi modo plus quam duodecim legiones Angelorum? Quomodo ergo implebuntur Scripturas, quia sic oportet fieri ? In illa hora dixit Jésus turbis : Tamquam ad latronem existis eum gladiisetfustibus comprehendere me : quotidie apud vos sedebam docens in Templo :