L'Année liturgique — La Passion et la Semaine Sainte (t. 6) (page 51)

Dom Prosper Guéranger · Vie de piété

Texte français, domaine public · Source : archive.org — L'Année liturgique t. 6, éd. 1911 (OCR) · 150 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

ment divin qui doit reviser un jour tous les jugements des hommes, rentre dans Béthanie, et vient rassurer par sa présence le cœur affligé de sa très sainte mère.

En ce jour, la Station, à Rome, est dans l'Eglise de Sainte-Praxède. Cette église dans laquelle, au ix^ siècle, le pape saint Paschal déposa deux mille trois cents corps de Martyrs qu'il avait extraits des Catacombes, possède la colonne à laquelle notre Seigneur fut attaché pendant le supplice de la flagellation.

LES paroles de l'Introït sont extraites du Psaume xxxiv. Le Christ, par la bouche de David, implore le secours de son Père contre les ennemis qui l'environnent de toutes parts.

JUGEZ, Seigneur, ceux qui me persécutent; désarmez ceux qui m'attaquent; prenez vos armes et votre bouclier, et levez-vous pour venir à mon secours, ô Seigneur, ma force et mon salut !

Ps. Tirez votre glaive, et fermez le passage à ceux qui me poursuivent ; dites à mon âme : Je suis ton salut.

JUDICA, Domine, nocentes me, expugna imEugnantes me : appreende arma et scutum, et exsurge in adjutorium meum. Domine virtus salutis meae.

Ps. EfFunde frameam, et conclude adversus eos qui persequuntur me : die animae meae : Salus tua ego sum. Judica, Domine.

Dans la Collecte, l'Eglise nous apprend à recourir aux mérites de la Passion du Sau'.r)f>

vcur, quand nous voulons obtenir de Dieu le secours dont nous avons besoin dans nos nécessités.

in tôt adversis ex nostra infirmitate deficimus. intercedentc unigeniti Filii tui Passione respiremus. Qui tecum vivii et régnât in unitate. Amen.

DIEU tout-puissant, qui voyez que notre faiblesse succombe au milieu de tant d'épreuves, faites-nous respirer un peu. par les mérites de la Passion de votre Fils unique. Qui vit et règne avec vous. Amen.

On ajoute une autre Oraison, comme au Dimanche de la Passion, page 120.

IN diebus illis : Dixit Isaias : DominusDeus aperuit mihi aurem : ego autem non contradico : retrorsum non abii. Corpus meum dedi percutientibus, et gênas meas vellentibus. Faciem meam non averti ab increpantibus et conspuentibus in me. Dominus Deus auxiliator meus, ideo non sum confusus. Ideo posui faciem meam ut petram durissimam ; et scio quoniam non confundar. Juxta est qui justificat me : quis contradicet mihi ? Stemus simul : quis est adversarius meus ? Aocedat ad me.

EN ces jours-là, Isaïe dit : Le Seigneur Dieu ma ouvert loreille. en tn' instruisant de ses volontés ; et je n'ai pas contredit, ni ne me suis retiré en arrière. J'ai livré mon corps à ceux qui me frappaient, et mes joues à ceux qui m'arrachaient la barbe. Je n'ai point détourné mon visage de ceux qui me couvraient d'injures et de crachats. Le Seigneur Dieu est mon protecteur : c'est pourquoi je n'ai point été confondu. J'ai présenté mon visage comme une pierre très dure ; et je sais que je n'aurai point à rougir. Celui qui me justifie est près de moi; qui pourra me contredire ? Allons enCe Lundi Saint.

semble devant le juge : quel est celui qui se déclare mon adversaire ? qu'il approche de moi. Le Seigneur Dieu est mon secours ; qui osera me condamner ? Tous pourriront comme un vêtement : le ver les mangera. Qui d'entre vous craint le Seigneur, lorsqu'il parle par la bouche de son serviteur ? Celui qui marchait dans les ténèbres et qui n'avait pas la lumière, qu'il espère maintenant dans le nom du Seigneur, et qu'il s'appuie sur son Dieu.

Ecce Dominus Deus, auxiliator meus : quis est qui condemnet me? Ecce omnes quasi vestimentum conterentur : tinea comedet eos. Quis ex vobis timens Dominum, audiens vocem servi sui ? Qui ambulavit in tenebris, et non est lumen ei, speret in nomine Domini et innitatur sU'* per Deum suum.

Aujourd'hui, c'est Isaïe, ce Prophète si précis et si éloquent sur les épreuves du Messie, qui vient nous révéler les souffrances de notre Rédempteur, et la patience qu'il opposera aux mauvais traitements de ses ennemis. Jésus a accepté sa mission de Victime universelle, et il ne recule devant aucune douleur, devant aucune humiliation. « Il ne détourne point son visage de ceux qui le frappent et le couvrent de crachats. » Quelles réparations ne devons-nous pas à cette souveraine majesté qui, pour nous sauver, s'est livrée à de tels outrages ? Voyez ces Juifs lâches et cruels : ils ne tremblent plus devant' leur victime. Auparavant, dans le jardin des Oliviers, un seul mot de sa bouche les a jetés par terre ; mais depuis il s'est laissé lier et traîner chez le grand-prêtre. On l'accuse; des clameurs s'élèvent contre lui; il répond à peine quelques mots. Jésus de Nazareth, ce docteur, ce thaumaturge, a perdu

son prestige; on peut tout oser contre lui. C'est ainsi que le pécheur se rassure, auand il a entendu gronder la foudre et qu'elle ne l'a pas écrase. Cependant les saints Anges s'anéantissent devant cette face auguste que ces misérables ont meurtrie et souillée; prosternons-nous avec eux, et demandons grâce : car nos péchés aussi ont maltraité cet auguste visage.

Mais écoutons les dernières paroles de notre Sauveur, et rendons grâces. Il dit : ({ Celui qui marchait dans les ténèbres et qui n'avait pas la lumière, qu'il espère maintenant. » C'est le Gentil plongé dans le vice et dans l'idolâtrie. Il ignore ce qui se passe en ce moment à Jérusalem ; il ne sait pas que la terre possède un Homme-Dieu, et que cet Homme-Dieu est, à cette heure même, foulé sous les pieds d'un peuple qu'il avait choisi et comblé de faveurs ; mais bientôt la lumière de l'Evangile viendra poursuivre de ses rayons cet infidèle. Il croira, il se soumettra ; il aimera son libérateur jusqu'à lui rendre vie pour vie et sang pour sang. Alors s'accomplira l'oracle de Tindigne pontife qui, prophétisant malgré lui le salut des Gentils par la mort de Jésus, annonçait en ces derniers jours que cette mort allait réunir dans une seule famille les enfants de Dieu qui étaient dispersés sur la surface de la terre.

Dans le Graduel. David continue d'appeler contre les bourreaux du Messie les vengeances qu'ont méritées leur ingratitude et leur endurcissement.

Le Trait est celui que, depuis le Mercredi des Cendres, l'Eglise chante à la Messe

chaque semaine, les lundi, mercredi, vendredi, pour implorer la miséricorde divine sur les œuvres de la pénitence quadragésimale.

LEVEZ-VOUS, Seigneur, et songez à me rendre justice : mon Dieu et mon Seigneur, prenez ma cause en main.

j^. Tirez votre glaive, et fermez le passage à ceux qui me poursuivent.

ExsuRGE, Domine , et intende judicio meo, Deus meus et Dominus meus, in causam meam.

f. Effunde frameam, et conclude adversujs eos qui me persequuntur.

EIGNEUR , ne nous traitez pas selon les péchés que nous avons commis, et ne nous rendez pas selon nos iniquités.

j^. Seigneur, ne vous souvenez plus de nos iniquités passées ; que vos miséricordes se hâtent de nous prévenir; car nous sommes réduits à une extrême misère.

f. Secourez-nous, ô Dieu notre Sauveur! et pour la gloire de votre Nom, délivrez-nous, Seigneur, et pardonnez-nous nos péchés à cause de'votre Nom.

^ p^ OMiNE, non se^' MlJ cundum peccata nostra, quae fecimus nos : neque secundum iniquitates nostras rétribuas nobis.

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