L'Année liturgique — La Passion et la Semaine Sainte (t. 6) (page 73)

Dom Prosper Guéranger · Vie de piété

Texte français, domaine public · Source : archive.org — L'Année liturgique t. 6, éd. 1911 (OCR) · 150 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

Hl î ^^'^^ mercator J pessimus osculo petiit Dominum : ille ut agnus innocens non negavit Judœ osculum : * Denariorum numéro Christum Judaeis tradidit.

monde de ténèbres. Afin que nous ne crussions pas que lc>> démons soient les maitrcs du ciel et de la terre, quand il dit : Les princes de ce monde, il ajoute : de ce monde de ténèbres. Ainsi, par ce monde, il entend les amateurs du monde ; par ce monde, il entend les impies et les méchants ; par ce monde, il entend celui dont l'Evangile parle quand il dit : Et le monde ne l'a pas connu.

fl, f UDAS, le marchand J sacrilège, s'approcha du Seigneur pour le baiser ; comme un agneau innocent, le Seigneur ne refusa pas le baiser de Judas. * Pour c^uelques deniers, le traître a livré le Christ aux Juifs.

* Pour quelques deniers, le traître a livré le Christ aux Juifs.

•"Y^^ï-^*^ "^^"^^ iniquitaV^tem et contradictionem in civitate. Attende gloriam Crucis ipsius. Jam in fronte regum Crux illa fixa est, cui inimici insultaverunt. Effectus probavit virtutera : domuit orbem non ferro , sed ligno. Lignum Crucis contumeliis dignum viJE n'ai vu dans la ville qu'iniquité et contradiction. Considérez la gloire de la Croix du Christ. Objet des insultes de ses ennemis, la voilà maintenant placée sur le front des rois. Sa puissance a paru par ses effets. Le Christ a conquis l'univers, non par le fer, mais par le bois. Le bois de la Croix ne

parut digne que d'opprobres à ses ennemis, lorsqu'ils se tenaient devant elle, branlant la tête et disant: S'il est le Fils de Dieu, qu'il descende de la Croix. Lui cependant étendait ses mains vers le peuple incrédule et rebelle. Si c'est le juste qui vit de la foi, le méchant est celui qui n'a pas la foi. C'est pourquoi, par l'iniquité dont parle le Prophète, il faut entendre l'infidélité. Le Seigneur Voyait donc l'iniquité et la contradiction dans cette ville ; il étendait ses mains vers ce peuple incrédule et rebelle ; it néanmoins il Ls attendait avec patience , en disant : Père, pardonnez-leur ; car ils ne savent ce qu'ils font.

[^ N de mes discipes me trahira aujourd'hui : malheur à celui par qui je serai trahi ! * Mieux vaudrait pour lui n'être jamais né.

f. Celui qui met en ce moment la main au plat avec moi, est celui qui doit me livrer entre les mains des pécheurs.

sum est inimicis, et ante ipsum lignum stantes caput agitabant, et dicebant : Si Filius Dei est, descendat de Cruce. Extendebat ille manus suas ad populum non credentem, et contradicentem. Si enim justus est qui ex fide vivit, iniquus est qui non habet fidem. Quod ergo hic ait, iniquitatem perfidiam intellige. Videbat ergo Dorainus in civitate iniquitatem et contradictionem, et extendebat manus suas ad populum non credentem : et tamen ipsos exspectans dicebat : Pater, ignosce illis, quia nesciunt quid faciunt,

T TNUS ex disci^' LJ p u 1 i s meis tradet me nodie : vae illi per quem tradar ego 1 * Melius illi erat, si natus non fuisset.

j^. Qui intingit mecum manum in paropside, hic me traditurus est in manus peccatorum.

Le septième Psaume dénonce les vengeances de Dieu à ceux qui ont allumé sa colère.

On y voit le sort de la Synagogue qui, après avoir contraint le juste par excellence à boire le calice amer de sa Passion, épuisera à son tour, et jusqu'à la lie, celui que la colère du Seigneur lui tient en réserve.

AI dit aux méchants : Cesse/ Je tenir contre Dieu des discours impies.

CONFITEBIMUR tibi , Dcus : " confitebimur, et invocabimus Nomen tuum.

Narrabimus mirabilia tua : * cum accepero tempus, ego justitias judicabo.

Liquefacta est terra, et omnes qui habitant in ea : * ego confirmavi coiumnas ejus.

Dixi iniquis : Nolite inique agere : * et delinquentibus : Nolite exaltare cornu.

Nolite extollere in altum cornu vestrum : * nolite loqui adversus Deum iniquitatem.

Quia neque ab Oriente, neque ab Occidente, neque a desertis montibus : '^ quoniam Deus judex est.

Nous vous louerons , ô Dii u ! nous vous louerons et nous invoquerons votre Nom ;

Et nous publierons vos merveilles. Lorsque le temps sera arrivé, dit le Seigneur, je jugerai selon la justice.

La terre se fondra et s'écoulera comme l'eau, avec tous ses habitants; c'est moi qui en avais afiFerrai les colonnes.

J'ai dit aux méchants : Cessez de faire le mal ; j'ai dit aux pécheurs : Ne soyez plus si vains de votre puissance.

Cessez d'élever votre orgueil contre le ciel ; cessez de tenir contre Dieu des discours impies.

Il jne vous viendra de secours contre moi ni de l'O- rient, ni de l'Occident, ni des montages désertes du Midi : car Dieu est le juge souverain.

Il abaisse l'un, et il élève l'autre ; une coupe dans laLe Jeudi Saint.

quelle il a mêlé le vin de sa colère est en la main du Seigneur.

Il la penche d'un côté et de l'autre ; mais la lie n'en est pas épuisée : tous les pécheurs de la terre en boiront.

Pour moi, je célébrerai sa justice dans tous les siècles, je chanterai au Dieu de Jacob ;

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