L'Année liturgique — La Passion et la Semaine Sainte (t. 6) (page 75)
Mon âme accablée rejetait toute consolation ; je me suis souvenu de Dieu, et ce souvenir m'-a rendu la joie ; mais la pensée de mes maux me rejetait dans l'abattement.
Mes yeux devançaient les sentinelles de la nuit ; j'étais troublé, et ne pouvais parler.
Je rappelaisîdans mon esprit les temps passés, et je perçais jusque dans les siècles à venir.
VOCE mea ad Dominum clamavi : * voce mea ad Deum , et intendit mihi.
In die tribulationis meae Deum exquisivi , manibus meis nocte contra eum : * et non sum deceptus.
Renuit consolari anima mea : * memor fui Dei, et delectatus sum, et exercitatus sum , et defecit spiritus meus.
Anticipaverunt vigilias oculi mei : * turbatus sum, et non sum locutus.
Cogitavi dies antiquos : * et annos aeternos in mente habui.
Et meditatus sum noctc cuni corde meo : * cl cxcrcitabar, et scopeUani spiritum meum.
Numquid in aetcrnum projiciet Deus:*autnon apponet ut complacitior sit adhuc ?
Aut in finem misericordiam suam abscindct : * a gcneratione in generationem ?
Aut obliviscetur misereri Deus : * aut continebit in ira sua misericordias suas ?
Memor fui operum Domini : ' quia memor ero ab initie mirabilium tuorum.
Et meditabor in omnibus operibus tuis : * et in adinventionibus tuis exercebor.
Deus in sancto via tua ; quis Deus magnus sicut Deus noster ? * tu es Deus qui facis mirabilia.
Notam fecisti in populis virtutem tuam : * redemisti in brachio tuo populum tuum, filios Jacob et Joseph.
Je m'entretenais avec moimême durant la nuit, et dans mon agitation je roulais ces pensées dans mon esprit :
Le Seigneur nous a-t-il donc rejetes pour toujours ? Ne nous donnera-t-il plus de témoignages de sa bienveillance ?
A-t-il retiré pour toujours ses miséricordes ? a-t-il abandonné la suite des générations ?
Dieu oubliera-t-il désormais de faire grâce ? sa colère enchaînera-t-elle sa miséricorde ?
J'ai dit alors : Déjà je sens l'espérance renaître en moi ; ce changement vient dt la droite du Très-Haut.
Je me suis souvenu de vos œuvres, Seigneur; j'ai rappelé à ma mémoire les merveilles que vous avez opérées.
J'ai réfléchi sur vos œuvres ; j'ai médité les voies de votre sagesse.
O Dieu ! vos voies sont toutes saintes. Est-il un Dieu grand comme iK)tre Dieu } Vous êtes le Dieu qui opère les prodiges.
Vous avez fait connaître votre puissance parmi les nations ; par la force de votre bras, vous avez délivré votre peuple, les enfants de Jacob et de Joseph.
elles ont tremblé de frayeur, et les abîmes ont été troublés.
Le bruit de la tempête a retenti ; du sein des nuages, le fracas s'est fait entendre.
Vos flèches ardentes ont traversé les airs ; la voix de votre tonnerre a résonné comme le bruit d'un chariot.
Vos éclairs ont ébloui les habitants de la terre ; elle en a été émue jusqu'à trembler sur ses bases.
Vous avez marché à travers la mer, vous vous êtes fait un sentier au milieu des eaux ; et l'on n' a pu reconnaître la trace de vos pas.