L'Année liturgique — Le Temps Pascal (t. 7-9) (page 2)

Dom Prosper Guéranger · Vie de piété

Texte français, domaine public · Source : archive.org — L'Année liturgique t. 7-9, éd. 1911 (OCR) · 18 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

IMILI modo postquam picns et hune praeclarum Calicem in sanctas ac venerabiles manus suas : item tibi gratias agens, benedixit, deditque disLe Temps Pascal.

cipulis suis dicens : Accipitc et bibitc ex eo omnes. Hic est enim Calix Sanguinis mei,

péchés du monde; venez aussi régner en moi par votre force et par votre douceur.

NEM PECCATORUM. Hoïc quoticscumquc feceritis, in mei memoriam faciclis.

Le Prêtre est maintenant face à face avec Dieu; il élève de nouveau ses bras, et repré) sente au Père céleste que l'Oblation qui est j devant lui n'est plus une offrande terrestre, ■: mais le Corps et le Sang, la personne tout t entière de son divin Fils.

NDK et memores, Domine, nos servi tui, sed et plebs tua sancta, ejusdem Christi Filii tui Domini nostri tani beataî Passionis, nec non et ab infcris Resurrectionis, sed et in cœlos gloriosas Ascensionis : oifcrimus prœclara; jnajcstati tua? de tuis donis ac

LA VOICI donc, l'Hostie si longtemps attendue. Voici ce Fils éternel cjui a soulîerl, qui est ressuscité glorieux, qui est monté triomphant au ciel. Il est votre Fils; mais il est aussi notre Hostie, Hostie pure et sans tache ; notre Pain et notre Breuvage d'immortalité, datis, Hostiam puram, Hostiam sanctam, Hostiam immnculatam : Panem sanctum vitte a;tern;e, et Calicem salutis perpétuas.

Vous avez agréé autrefois le sacrifice des tendres agncaux que vous offrait Abel ; le sacrihce qu'Abraham vous fit de son fils Isaac, immolé

Supra quœ propitio ac screno vultu respiccre digneris, et accepta habere, sicuti accepta habere dignatus es muncra pueri tui justi Abel, et sacrificium Patriarch;c nostri Abrahae, et quod tibi obtulit summus Sacerdos tuus Melchisedech, sanctum sacrifiIsaac,

sans perdre la vie ; enfin le sacrifice mystérieux du pain et du vin que vous présenta Melchisédech. Recevez ici l'Agneau par excellence, la victime toujours vivante, le

La Messe.

Corps de votre Fils, qui est cium. immaculatam hole Pain de vie, son Sang, stiam. qui est à la fois un breuvage pour nous et une libation à votre gloire.

Le Prêtre s'incline vers l'autel, et le baise comme le trône d'amour sur lequel réside le Sauveur des hommes.

AjAls, ô Dieu tout-puisi ■ i sant ! ces dons sacrés ne reposent pas seulement sur cet autel terrestre ; l'Agneau vivant et immolé repose aussi sur l'Autel sublime du ciel, devant le trône de votre divine Majesté ; et ces deux autels ne sont qu'un même autel, sur lequel s'accomplit le grand mystère de votre gloire et de notre salut : daignez nous rendre participants du Corps et du Sang de l'auguste Victime de laquelle émanent toute grâce et toute bénédiction.

Mais le moment est favorable aussi pour implorer un soulagement à l'Eglise soutfrante. Demandons que le libérateur qui est descendu daigne visiter les sombres demeures du Purgatoire par un rayon de sa lumière consolatrice ; et que, découlant de cet autel, le sang de l'Agneau, comme une miséricordieuse rosée, rafraîchisse ces âmes haletantes. Prions particulièrement pour celles qui nous sont chères.

SUPPLICES te rogamus, _ omnipotens Deus : jubé hœc perferri per manus sancti Angeli tui in sublime Altare tuum, in conspectu divinœ Majestatis tuas : ut quotquot ex hac altaris participatione, sacrosanctum Filii tui Corpus et Sanguinem sumpserimus. omni benedictionecœlesti et gratia repleamur. Per eumdem Christum Dominum nostrum. Amen,

EXCLUEZ personne de votre visite, ô Jésus 1

T EMENTO etiam, Do' ^ mine, famulorum

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f.iiniilariimque tuarum y. cl jV.,qui nos prrcccs.•>oriint cum signo fidei, et dormiunt in somno pacis. Ipsis, Domine, et omnibus in Christo qiiicscentibus, locum ret'rigcrii, lacis et pacis, ut indulgeas, dcprccamur. Per eumdem Christum Dominum nostrum. Amen.

Votre aspect réjouit la Cité sainte avec ses élus ; nos yeux encore mortels vous contemplent, quoique sous un voile : ne vous cachez plus à ceux de nos frères qui sont dans le lieu des expiations. Soyez-leur un rafraîchissement dans leurs flammes, une lumière dans leurs ténèbres, une paix dans leurs douloureux transports.

Ce devoir de charité étant rempli, prions pour nous-nièmcs, pécheurs, qui profitons si peu de la visite que le Sauveur daigne nous faire, et frappons notre poitrine avec le Prêtre :

Noms quoque peccatoribus fainulis tuis, de multitudine miserationum tuarum speranlibus, partem aiiquam et societatem donare digncris cum tuis sanctis Apostolis et Martyribus : cum Johanne, Stephano, Mathia, Barnaba, Ignatio, Alexandro, Marcellino, F^etro, Felicitate, Perpetua,Agatha,Lucia, Agnete, Cœcilia,Anastasia, et omnibus Sanctis tuis ; intra quorum nos consortium, non rcstimator meriti, sed vcni;c, quaesumus, largitor admitte : per Christum Dominum nostrum. Per qucm ha-c omnia. Domine, sempcr bona créas,

Notis sommes pécheurs, ô Père saint ! et cependant nous attendons de votre infinie miséricorde une part dans votre Royaume, par le mérite de ce Sacrifice que nous vous offrons, et non à cause de nos œuvres, qui ne sont dignes que de votre colère. Mais souvenez-vous de vos saints Apôtres, de vos saints Martyrs, de vos saintes Vierges, de tous les Bienheureux, et donnez-nous, par leur intercession, la grâce et la gloire éternelle que nous vous demandons au nom de Jésus-Christ notre Seigneur, votre Fils. C'est par lui que vous répandez sur nous vos bienfaits de vie et de sanctification ; par lui encore, avec lui et en lui, dans l'unité du

La Messe.

Saint-Esprit, soit à vous honneur et gloire à jamais.

sanctificas, vivificas, benedicis, et prœstas nobis : per ipsum. et cum ipso, et in ipso, est tibi Deo Patri omnipotenti, in unitate Spiritus Sancti, omnis honorer gloria.

En disant ces dernières paroles, le Prêtre a pris l'Hostie sainte qui reposait sur Tautel ; il l'a placée au-dessus de la coupe, réunissant ainsi le Corps et le Sang de la divine victime, afin de montrer qu'elle est maintenant immortelle; puis élevant à la fois le Calice et l'Hostie, il a présenté à Dieu le plus noble et le plus complet hommage que puisse recevoir la majesté infinie.

Cet acte sublime et mystérieux met fin au Canon; le silence des Mystères est suspendu. Le Prêtre a terminé ses longues supplications; il sollicite pour ses prières l'acquiescement du peuple fidèle, en prononçant à haute voix les dernières paroles :

DANS tous les siècles des siècles.

PER omnia saecula saeculorum.

Répondez avec foi et dans un sentiment d'union avec la sainte Eglise :

Amen! je crois le mystère Amen. qui s'est opéré; je m'unis à l'offrande qui a été faite et aux demandes de l'Eglise.

Il est temps de répéter Sauveur lui-même nous a s'élève jusqu'au ciel avec Corps et du Sang de Jésus-Christ. Pourraitelle n'être pas agréée en ce moment où celuilà prière que le apprise. Qu'elle le sacrifice du

s s

OR F. MUS. Pra-ccptis sahitaribus moniti, et divina in.^thutione forniati, audcmus dicerc :

j NSTRUITS par un précepte 1 salutaire, et suivant fidèlement la forme de l'instruction divine qui nous a été donnée, nous osons dire :

OTRE Père, qui êtes aux cieux, que votre Nom soit sanctifié ; que votre règne arrive; que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donnez-nous aujourd'hui notre Pain quotidien ; et pardonnez-nous nos olTcnses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés. Et ne nous laissez pas succomber à la tentation.

PATER noster, qui es m cœlis : Sanctificetur Nomcn tuum : Adveniat regnum tuum : Fiat voluntas tua, sicut in coelo, et in terra. Pancm nostrum quotidianum da nobis hodie : Et dimitte nobis débita nostra, sicut et nos dimittimus debitoribus nostris : Et ne nos inducas in tentationcm.

Répondons avec l'accent de notre misère :

Sed libéra nos a malo. 1 Mais délivrez-nous du

I mal.

Le Prêtre retombe dans le silence des Mystères. Sa prière insiste sur cette dernière demande : Déliv}-e:{-nous du mal; et certes, avec raison ; car le mal nous déborde; et c'est pour l'expier et le détruire que l'Agneau nous a été envoyé.

LII5ERA nos, quœsumus l'y rois sortes de maux nous Domine, ab omnibus | A désolent, Seigneur : les

là même qui nous l'a donnée est entre nos mains, pendant que nous la proférons ? Cette prière étant le bien commun de tous les | enfants de Dieu, le Prêtre la récite à haute | voix, afin que tous puissent s'y unir. Prions, '' dit-il.

La Messe.

8q

maux passés, c'est-à-dire les péchés dont notre âme porte les cicatrices, et qui ont fortifié ses manvais penchants ; les maux présents, c'est-à-dire les taches actuellement empreintes sur cette pauvre âme, sa faiblesse et les tentations qui l'assiègent ; enfin les maux à venir, c'est-à-dire les châtiments de votre justice. En présence de l'Hostie du salut, nous vous prions, Seigneur, de nous délivrer de tous ces maux, et d'agréer en notre faveur l'entremise de Marie, Mère de Dieu, et de vos saints Apôtres Pierre. Paul et André.AtFranchissez-nous. délivrez-nous, donnez-nous la paix. Par Jésus-Christ votre Fils, qui vit et règne avec vous.

raalis. pra?teritis, praesentibus et futuris : et intercedente beata et trioriosa semper Virgine Dei Génitrice Maria, cumbeatis Apostolis tuis Petro et Paulo, atque Andréa, et omnibus Sanctis. da propitius pacem in diebus nostris ; ut ope misericordiîE tuaî adjuti, et a peccato simus semper liberi. et ab omai perturbatione securi. Per eumdem Dominum nostrum Jesum Christum Filium tuum, qui tecum vivit et régnât in unitate Spiritus Sancti Deus.

Le Prêtre, qui vient de demander à Dieu la paix et qui l'a obtenue, s'empresse âe l'annoncer : il conclut l'Oraison à haute voix :

DANS tous les siècles des siècles.

PER omnia saecula sœ- culorum. Kj. Amen.

^. Amen.

Puis il dit:

Que la paix du Seigneur | Pa> soit touj ours avec vous ;

Répondez à ce souhait paternel :

^. Et avec votre esprit. | l'il. Et cum spiritu tuo.

Le Mystère touche à sa fin ; Dieu va s'unir

Domini sit semper vobiscum ;

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à l'homme, et l'homme va s'unir à Dieu par la Communion; mais auparavant un rite imposant et sublime doit s'accomplir dans le silence de l'autel. Jusc^u'ici le Prêtre a annoncé l'immolation du Seigneur ; il est temps qu'il annonce sa Résurrection. 11 divise donc l'Hostie sainte avec révérence, et l'ayant séparée en trois parts, il met une de ces parts dans le calice, réunissant ainsi le Corps et le Sang (.le rimmortelle ^''ictime. Adorez et dites :

HiTCC commixtio et con, sccratio Corporis et Sanguinis Domini nostri Jesu Christi, fiât accipientibus nobis in vitam œternam. Amen.

LOIRE à VOUS, Sauveur du monde, qui avez souffert que, dans votre Passion, votre précieux Sang fût séparé de votre sacré. Corps, et qui les avez réunis ensuite par votre vertu !

Priez maintenant l'Agneau toujours vivant que saint Jean a vu sur l'autel du c'\c\., debout^ quoique immolé, et dites à ce souverain Roi :

GNUS Del, qui lollis peccata mundi,mi,screrc nobis.

Agnus Dei, qui toliis peccata mundi, miserere nobis.

Agnus Dei, qui toliis peccata mundi, dona nobis Paccm.

les

Dieu, qui ôtez péchés du monde, ayez pitié de nous.

Agneau de Dieu, qui ôtez. les péchés du monde, ayez pitié de nous.

Agneau de Dieu, qui ôtez les péchés du monde, donnez-nous la Paix.

La Paix est le grand objet de la venue du Sauveur en ce monde : il est le Prince de la Paix: le divin Sacrement de l'Eucharistie doit donc être le Mystère de la Paix, Ir, lien de l'Unité catholique; puisque, comme parle l'Apotre, nous ne sommes tous qu'un seul Pain

La Messe.

et un seul Corps, nous tous qui participons au même Pain. C'est pourquoi le Prêtre, au moment de communier à l'Hostie sainte, demande la conservation de la paix fraternelle, principalement dans cette portion de la sainte Eglise qui est là réunie autour de Tautel. Implorez-la avec lui :

SEIGNEUR Jésus-Christ, qui avez dit à vos Apôtres : « Je vous laisse ma paix, je vous donne ma paix », ne regardez pas mes péchés, mais la foi de cette assemblée qui est à vous, et daignez la pacifier et la réunir selon votre sainte volonté.

DOMINE Jesu Christe, qui dixisti Apostolis tuis : Pacem relinquo vobis, pacem meam do vobis : ne respicias peccata mea. sed fidem Ecclesias tuœ : eamque secundum voluntatem tuam pacificare. et coadunare digneris. Qui vivis et régnas Deus, per omnia sœcula sœculorum. Amen.

Après cette Oraison, le Prêtre, en signe de paix, si la Messe est solennelle, donne "le baiser fraternel au Diacre, qui le donne luimême au Sous-Diacre, lequel va le porter au Chœur. Pendant ce temps, ranimez en vous les sentiments de la charité chrétienne, et pardonnez à vos ennemis, si vous en avez. Dites ensuite avec le Prêtre :

SEIGNEUR Jésus-Christ, Fils du Dieu vivant, qui, par la volonté du Père et la coopération du Saint-Esprit, avez donné par votre mort la vie au monde ; délivrez-moi, par ce saint et sacré Corps et par votre Sang, de tous mes péchés et de toutes sorDOMINE Jesu Christe, Fili Dei vivi, qui ex voluntate Patris, coopérante Spiritu Sancto. per mortem tuam mundum vivificasti : libéra me per hoc sacrosanctum Corpus, et Sanguinem tuum, ab omniLe Temps Pascal.

tes de maux. Faites que je m'attache toujours inviolablement à votre loi, et ne permettez pas que je me répare jamais de vous.

bus iniquitatibus mcis, et universis malis, et fac me luis semper inha;rere mandatis, et a te nunquam scparori pcrmittas. Qui cum eodem Deo Pâtre et Spiritu Sancto vivis et rciinas Dcus in sa-c 11 ! a sa- c u 1 <> r u in. Amen.

Si vous devez communier à cette Messe, dites la troisième Oraison qui suit; autrement, préparez-vous à faire la Communion spirituelle.

tui,

C EIGNEUR Jésus-Christ, fai•■^ tes que la réception de votre Corps, que je me propose de prendre, tout indigne que j'en suis, ne tourne pas à mon jugement et à ma condamnation; mais que, par votre bonté, il me serve de défense pour mon îime et pour mon corps, et qu'il me soit un remède salutaire.

Panem cœlestem accipiam, et Nomen Domini invocabo.

Venez, Seigneur Jésus!

Quand il frappe sa poitrine et confesse son indignitt;, répétez avec lui, trois fois, dans les sentiments du Centurion de l'Evangile:

ERCEPTio Corporis Domine Jesu Christe, quod ego indignus sumere prassumo, non mihi proveniat in judicium et condemnationem : sed pro tua pietate prosit mihi ad tutamentum mentis et corporis, et ad medelam percipiendam. Qui vivis et régnas cum Deo Pâtre, in unitate Spiritus Sancti Deus, peromnia sajcula sœculorum. Amen.

Quand le PrCtre prend l'Hostie et se dispose à s'en communier, dites :

La Messe.

SEIGNEUR, je ne suis pas r^ OxMINE, non sum didigne que vous entriez en i-^ gi'-i» ut intres sub moi; mais dites seulement tectum meum : sed tanune parole, et mon âme sera tum die verbo. et sanaguérie. bitur anima mea.

Au moment où il consomme la sainte Hostie, si vous devez vous-même communier, adorez profondément votre Dieu, qui s'apprête à descendre en vous, et dites encore avec l'Epouse : Vene:^, Seigneur Jésus ! {Apoc.

Si vous ne devez pas communier sacramentellement, communiez en ce moment spirituellement, et adorant Jésus-Christ, qui visite votre âme par sa grâce, dites :

JE me donne à vous, ô mon Sauveur, pour être votre demeure : faites en moi selon votre bon plaisir.

CORPUS Domini nostri Jesu Christi custodiat animam meam in vitam ceternara. Amen.

Puis le Prêtre prend le Calice avec action de grâces, disant :

Que pourrai-je rendre à Dieu pour tous les biens qu'il

m'a faits ? Je prendrai le Calice du salut, j'invoquerai le Nom du Seigneur, et je serai délivré de mes ennemis.

Quid retribuam Domino pro omnibus qua; retribuit mihi ? Calicem salutaris accipiam, et Xomen Domini invocabo. Laudans invocabo Dominura. et ab inimicis meis salvus ero.

Si vous devez communier, dans le moment où le Prêtre prend le Calice pour s'abreuver du Sang divin, adorez encore le Dieu qui s'approche de vous, et dites toujours : Vene^, Seigneur Jésus !

Si au contraire vous faites seulement la

Communion spirituelle, adorez de nouveau Jésus-Christ, et dites :

Jesu I

ANGUis Domini nostri Chrisii custodiat animam mcam in vitam aeternam. Amen.

JE m unis a vous, o mon Sauveur ! Unissez-vous à moi ; que nous ne nous séparions jamais !

C'est à ce moment, si vous devez communier, que le Prêtre vous donnera le Corps de Jésus-Christ. Les sentiments que l'on doit apporter à la Communion, au Temps pascal, sont développes ci-après, Chapitre vi.

La Communion étant faite, pendant c^uc le Prêtre purifie le Calice pour la première fois, dites ;

OUOD ore sumpsimus, Domine, pura mente capiamus : et de muncre temporali fiât nobis remedium sempitrrnum.

Vous m'avez visite dans le temps, ô mon Dieu; faites que je j^arde les fruits de cette visite pour l'éternité.

la

Pendant que le Prctre purifie le Calice pour seconde fois, dites :

Corpus tuum, Domine, quod sumpsi, et Sanguis, quem potavi, adhœreat visceribus meis : et prœ- sta ut in me non remaneat scclcrum macula, quem pura et sancta rcfeccrunt Sacramcnta. Qui vivis et régnas in s if c u 1 a s œ c u 1 o r u m . Amen,

Le Prêtre ayant lu l'Antienne dite Communion, qui est le commencement de l'Action de grâces pour le nouveau bienfait que Dieu

Béni soyez-vous, ô mon Sauveur, qui m'avez initié au sacré mystère de votre Corps et de votre Sang. Que mon cœur et mes sens conservent, par votre grâce, la pureté que vous leur avez donnée, et que votre sainte présence demeure toujours en moi.

La Messe. g 5 ]

vient de nous accorder, en renouvelant en nous sa présence, se retourne enfin vers le peuple et le salue; après quoi il récite les Oraisons appelées Postcommiinion, qui sont le complément de l'Action de grâces. Joignez-vous encore à lui, remerciant Dieu pour le bien inénarrable dont il vous a comblé, et demandez avec ardeur la persévérance dans la joie pascale et la vigilance à garder en vous, dans tout le cours de la journée, l'amour de cette vie nouvelle qui doit nous maintenir dans la société de notre Maître ressuscité.

Les Oraisons terminées, le Prêtre se tourne de nouveau vers le peuple, et lui envoie le salut, pour se féliciter avec lui de l'insigne faveur que Dieu vient d'accorder à l'assistance; il dit :

LE Seigneur soit avec 1 p\ OMIXUS vobiscum ; vous ; I LJ

Répondez-lui : Et avec votre esprit. | Et cum spiritu tuo.

Le Diacre ensuite, ou le Prêtre lui-même, si la Messe n'est pas solennelle, dit ces paroles :

RETIREZ-VOUS, la Messe est 1 ïte. Missa est. finie. I 1

Remerciez Dieu de la grâce qu'il vient de vous faire, en répondant":

Grâces soient rendues à j Deo eratias. Dieu !

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Le Prêtre prie une dernière fois avant de vous bénir; priez avec lui :

PLACEAT tibi, sancta Trinitas, obscquiiiin scrvitutis mcas, el prœ- sîa ut sacrifîciuin, qiiod oculis tuae majeslatis indignus obtiili, tibi sit acccptabile, mihiqiic, et omnibus pro quibus illud obtuli, sit, te miscrantc, pronitiabile. Pcr Christum I)ominum nostrum. Amen.

Le Prêtre étend disant :

ENEDiCAT VOS omnipotcns Deus, Pater, et Filius. et Spiritus Sanctus. it). Amen.

("GRACES vous soient ren^ dues, adorable Trinité, pour la miséricorde dont vous avez daigne user envers moi, en me permettant d'assister à ce divin Sacrifice ; pardonnez la négligence et la froideur avec lesquelles j'ai reçu un si grand bienfait, et daignez ratifier la bénédiction que votre ministre va répandre sur moi en votre saint Nom.

SCS mains et bénit, en

QUE le Dieu tout-puissant vous bénisse, le Père, le

Fi

le Saint-Esprit

Il lit enfin la Icv'on de l'Evangile selon saint Jean, i^ui annonce l'éternité du Verbe et la miséricorde c]ui l'a porté à prendre notre chair et à habiter parmi nous. Le saint Apôtre nous enseigne que ce Verbe divin, auteur de la lumière , est lui-même la Lumière véritable. Cette lumière a lui tout à coup du sein des ténèbres du tombeau. Le Juif a fermé les yeux pour ne pas la voir; mais le chrétien Ta saluée avec bonheur : car cette lumière est en même temps la Vie des hommes.

y. Dominus vobiscum ; iV Et cum spiritu tuo.

j^. I,e Seigneur soit avec vous ;

Vf. Et avec votre esprit.

La Messe.

Le commencement du saint Evangil» selon saint Jean. Chap. I.

Au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était dans le principe avec Dieu. Toutes choses ont été faites par lui : et rien n'a été fait sans lui. Ce qui a été fait, était vie en lui, et la vie était la lumière des hommes; et la lumière luit dans les ténèbi es, et les ténèbres ne l'ont point comprise. Il y eut un homme envoyé de Dieu, qui s'appelait Jean. Il vint pour ser\'ir de témoin, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui. Il n'était pas la lumière, mais il était venu pour rendre témoignage à celui qui était la lumière. Celui-là était la vraie lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde. Il était dans le monde, et le monde a été fait par lui ; et le monde ne l'a point connu. Il est venu chez soi, et les siens ne l'ont point reçu. Mais il a donné à tous ceux qui l'ont reçu le pouvoir d'être faits enfants de Dieu, à ceux qui croient en son Nom, qui ne sont point nés du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais

Initium sancti Evangelii secundum Johannem. Cap. I.

IN principio erat Verbum, et Verbum erat apud Deum, et Deus erat \'erbum. Hoc erat in principio apud Deum. Omnia per ipsum facta sunt ; et sine ipso factum est nihil. Quod factum est, in ipso vita erat, et vita erat lux hominum : et lu.x in tenebris lucet, et tenebrœ eam non comprehenderunt. Fuithomo missus a Deo, cui noraen erat Johannes. Hic venit in testimonium, ut testimonium perhiberet de lumine. ut omnes crederent per illum. Non erat ille lux, sed ut testimonium perhiberet de lumine. Erat lux vera. quae illuminât omnem hominem venientem in hune mundum. In mundo erat, et mundus per ipsum factus est, et mundus eum non cognovit. In propria venit, et sui eum non receperunt. Quotquot autem receperunt eum. dédit eis potestatem filios Dei fieri, his qui credunt in Nomine ejus : qui non ex sanguinibus, neque ex volunq8

tate carnis, ncque ex voluntate viri, sed ex Deo nati sunt. Et Veret hatiitavit in nobis : et vidimus fi^loriam cjtis, gloriam quasi Unigenili a Paire, plcman grati;e te veritatis.

de Dieu même. Et le Verbe s'est fait chair, et il a habité parmi nous ; et nous avons vu sa gloire, sa gloire comme du Fils unique du Père, étant plein de gr^ice et de vérité.

u temps de la Passion, le chréï^^m^i'^i tien approchait de la divine ^ W^J Eucharistie, en se souvenant

'i de cette parole de l'Apôtre : ■;

-" « Chaque fois que vous man- \

■l1 gérez de ce pain et que vous '

L 'irez de ce calice, d'ici que le Seigneur 1

'. :enne, vous renouvellerez la mémoire de 1

sa mort i,"» 11 s'unissait à l'auguste victime |

immolée pour les péchés du monde, et |

mourait avec son Sauveur. Au Temps pas- ; cal, l'aliment céleste opère d'une autre

manière dans le chrétien qui s'en nourrit. ]

Sa présence en nous est destinée principa- |

Icment à fortifier la vie de l'âme, et à donner j

au corps lui-même le germe de l'immortalité, v Sans doute, en chaque saison de l'année liturgique, ce double effet de l'Eucharistie

Immolation et Résurrection, est produit en celui qui la reçoit dignement; mais de même que, dans les jours consacrés à honorer la mémoire du sacrihcc sanglant de l'Agneau, l'application du mystère de mort est plus directe et correspond mieux au genre de préparation qu'y apportent les fidèles : de même aussi, dans le Temps pascal, le divin contact de la chair ressuscitée du Fils de Dieu fait sentir davantage à notre être tout entier que le principe de résurrection pour nos corps repose dans cette nourriture sacrée.

Le Sauveur nous l'apprend lui-même, lorsqu'il dit : « Vos pères ont mangé la manne dans le désert, et ils sont morts;' mais voici le Pain descendu du ciel : si quelqu'un en mange, il ne mourra point. Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang possède'la vie éternelle, et je le ressusciterai au dernier jour ». (Johan. vi, 49, 5o, 55.) Nous serons tous appelés à reprendre nos corps au dernier jour, les uns pour la gloire, les autres pour le supplice; mais celui qui s'unit dignement, par la sainte Eucharistie, à la cliair glorieuse et ressuscitée de l'HommeDieu, contracte avec lui un lien et une intimité qui obligent plus étroitement encore cet hôte divin à ne pas laisser dans la poussière des membres que le sublime mystère a rendus les siens.

Nous devons donc aller, en ces jours, à la table sainte avec une vive ardeur pour la résurrection, sachant que nous recevons alors dans notre corps mortel un élément qui doit le conserver au sein même de la poussière, et qui lui confère un droit de plus aux

La Communion.

qualités des corps glorieux, dont la splendeur et la félicité seront à l'image de celui que notre divin ressuscité montre, en ces jours mêmes, aux regards éblouis de ses disciples.

Or, si notre Rédempteur agit jusque sur nos corps au moyen du céleste aliment, en déposant en eux les arrhes de l'immortalité, quel effet ne doit-il pas produire en nos âmes pour les fortitier et les faire avancer dans cette « vie nouvelle », vie ressuscitée, qui est le fruit de la Pàque, le terme de tous nos efforts, le prix de toutes nos victoires sur nous-mêmes dans le cours de la sainte Quarantaine ? Disons même que cette vie nouvelle^ si elle n'était fréquemment ranimée en nous par le moyen suprême de la sainte Communion, courrait le risque de s'attiédir,

E eut-être même de défaillir en nous. ,'Af>ôtre nous enseigne « que le Christ ressuscité d'entre les morts ne meurt plus » ; d'où il suit que nous, qui sommes ressuscites avec lui, nous ne devons plus mourir. Pour qu'il en advienne ainsi, soyons empressés vers ce Pain descendu du ciel, dont le Sau- f veur nous dit : « Si quelqu'un mange de ce \ Pain, il ne mourra pas, mais il vivra àjamais ». \

Nous formulerons ici, selon notre usage, \ les Actes de préparation à la Communi'bn dans ce saint temps, pour les personnes qui sentiraient le besoin d'être aidées en cette manière; nous ajouterons comme complément les Actes pour l'Action de grâces.

L'ÉCLAT de VOS œuvres, ô Sauveur des hommes, inonde vos fidèles d'une lumière si vive , qu'ils ne peu\ent s'empêcher de vous rendre c;loire, et de protester que vous êtes le Fils de Dieu. Nous crûmes en vous, lorsque vous appariâtes dans l'humilité de la crèijhc au milieu de la nuit; un aimant secret nous attirait vers vous, et sous les langes nous vous adorions déjà avec les Esprits célestes. Naguère nous vous vîmes attaché à la croix, honni et blasphémé de tout un peuple ; mais nous n'avons pas cesse pour cela de vous reconnaître pour le Roi suprême. Avec le bon larron nous vous disions : « Seigneur, souvenez-vous de nous, quand vous serez dans votre royaume ». Mais aujourd'hui que vous avez triomphé de la mort , que le sépulcre vous a rendu vivant et victorieux ; aujourd'hui que la terre entière retentit de vos louanges, et que le bruit de votre Résurrection, accomplie il y a tant de siècles , ébranle toutes les nations, qui pourrait ne pas rendre hommage à votre divinité, ne pas confesser vos mystères, ne pas dire avec le disciple qui fut incrédule un moment : « Vous êtes mon Seigneur et mon Dieu ? » Je n'ai pas l'avantage de voir de mes yeux mortels et de toucher de mes mains tremblantes vos plaies sacrées et rayonnantes ; mais je crois fermement que vous êtes aussi mon Seigneur et mon Dieu. Vous avez dit : i' Heureux ceux qui n'ont pas vu et qui néanmoins ont cru » ; je veux être du nombre de ces heureux croyants, ô .lésus 1 ,Ie confesse que vous êtes véritablement ressuscité, Fils de Dieu et Fils de l'homme. .le crois aussi que vous êtes le Pain vivant descendu du ciel pour donner la vie au monde, et que c'est vous-même que je vais recevoir en moi tout à l'heure. Augmentez encore cette foi , mon Seigneur et mon Dieu, afin que je vous rende tous les hommages que vous avez droit d'attendre de votre humble et heureuse créature.

La Communion. io3

QUI ne tremblerait à la seule pensée de vous voir dans l'éclat de votre majesté, ô divin triomphateur de la mort? Avant votre Passion, vous laissâtes apparaître quelques rayons de votre gloire à trois de vos disciples sur le Thabor, et ils tombèrent comme morts ; nous voici dans les jours où les splendeurs de votre victoire éblouissent les regards même des Anges ; et vous voulez faire plus que vous montrer à moi. Vous daignez descendre jusque dans mon néant, m'incorporer à vous, moi faible et indigne créature , à vous qui n'êtes plus dans les langes de la crèche, ni sur le bois douloureux de la croix, à vous qui allez vous asseoir pour Téternité dans la gloire de votre Père. Auteur de la lumière , Lumière infinie et sans ombres, vous voulez vous mêler à mes ténèbres. Mon néant tressaille à cette pensée ; mais ma conscience pécheresse en est plus effrayée encore. Quel rapprochement peut-il exister entre votre souveraine sainteté et ma vie pleine d'infidélités ? « La lumière a lui dans les ténèbres, nous dit votre Evangéliste ; mais les ténèbres ne l'ont pas comprise. » Les ténèbres de l'orgueil ont cru être la lumière, et elles n'ont pas reconnu la vraie Lumière ; qu'il n'en soit pas ainsi de moi, ô Jésus 1 J'humilie mon être tout entier devant vous ; je reconnais ma misère : elle est immense ; daignez donc agir en moi, ô Lumière ineffable, selon toute l'étendue de votre miséricorde.

VOUS venez en moi, ô libérateur des hommes, vainqueur de l'enfer, et je ne suis qu'un pécheur. Vous voulez donc me traiter comme vous traitâtes vos disciples, au jour de votre résurrection. Ils vous avaient lâchement abandonné dans votre Passion, et vous êtes revenu près d'eux ; afin de rassurer leurs inquiétudes, vous ne leur avez témoigné que de la bonté ; aucun reproche sur leur conduite passée n'est sorti de votre bouche. Vous vouliez, ô Jésus, qu'ils comprissent, par cette indulgence de votre part , à quel point ils avaient

/o^ Le Temps Pascal.

été coupables de vous abandonner. J'accepte pour moi-même cette leçon du meilleur des maîtres ; mais qu'il y a loin de la faute de ces hommes qui vous connaissaient à peine, A mes péchés qui sont ceux d'un chrétien tant de fois rebelle à la lumière de vos divins mystères ! L'ensemble de tant de vérités sublimes était ignoré encore de vos apôtres, lorsqu'ils se laissèrent elfrayer par vos ennemis; ils n'avaient pas reçu encore l'Esprit-Saint qui m'a été si abondamment communiqué. Je m'unis, Seigneur, aux regrets qu'ils éprouvèrent à la vue de votre générosité; je déteste mes fautes qui ont blessé si cruellement votre Creur divin ; je sens que le péché est la mort, et qu'il n'a rien de commun avec la vie que vous renouvelez en nous par votre résurrection. Je veux être mort au péché, et vivre à votre grâce. Daignez, par ce mystère de vie que vous allez communiquer à mon âme repentante, la préserver pour jamais du malheur de perdre votre grâce.

ACTE d'amour.

OTRE résurrection,' ô Jésus, n'est pas seulement le trophée de votre victoire; elle est bien plus encore le suprême triomphe de votre amour. C'est par amour que vous avez pris notre humble chair ; c'est par amour que vous avez enduré votre cruelle Passion ; mais ces monuments de votre adorable bonté envers nous ne aont que la préparation du dernier effort de cet amour d'un Diei' pour sa créature coupable. En ces jours , vous sortez du tombeau , vous entrez en possession de l'immortalité ; mais vous ne voulez pas jouir seul de ces avantages conquis par vos humiliations et vos soulTrances. Si vous triomphez, c'est pour nous. Qu'aviez-vous besoin de la crèche et de la croix, ô vous, Dieu éternel et souverainement heureux ? Quelle nécessité de mourir et de ressusciter ensuite, de passer par le tombeau pour reprendre ensuite la vie ? Je le comprends, ô mon Dieu ! vous nous avez aimés, nous qui avions mérité de mourir en punition de nos péchés. Dans votre amour incompréhensible, vous avez voulu partager notre mort, afin de nous donner piirt à votre résurrection. Attaché à la croix, sortant de votre tomLa Communion.

beau glorieux, toujours vous êtes à nous, vous êtes pour nous ; mais c'est par ce dernier acte de votre toutepuissante bonté que vous mettez le comble à vos bienfaits. Que pouvons-nous faire , ô Jésus, si ce nest de vous offrir en retour l'humbie et fervent hommage de notre amour ? Et à quel moment vous l'exprimerai-jc avec plus d'effusion, si ce n'est à celui-là même où vous vous préparez à me communiquer ce Pain sacré qui est vous-même, et par lequel vous venez m'unir à votre divine chair ressuscitée , afin de m'incorporer à votre gloire et à -\-otre immortalité ? O Jésus, mon libérateur, qui êtes à moi dans votre mort et dans votre vie, je veux être tout à votre amour dans le temps et dans l'éternité.

Pour compléter cette Préparation, suivez avec foi et avec une religieuse attention tous les mystères de la Messe à laquelle vous devez communier, produisant les actes que nous avons exposés au Chapitre v; et quand vous aurez reçu la visite du Seigneur, vous pourrez vous aider des prières suivantes, dans l'Action de grâces qui vous reste à faire.

ACTE d'adoration.

VOUS êtes en moi, et je suis en vous, Majesté infinie! Au moment ou vous vous élanciez du tombeau. la terre trembla à l'aspect de votre gloire ; à cette heure fortunée où je vous sens en moi-même, mon être tout entier tressaille d'émotion, car vous êtes le grand Dieu à qui il n'a fallu qu'un acte de sa volonté pour faire jaillir la lumière du sein du chaos, à qui il n'a fallu qu'un instant pour réunir son âme à son corps et s'échapper des liens du tombeau. Que puis-je faire, sinon adorer profondément cette puissance, cette grandeur qui m'est unie en

loô Le Temps Pascal.

ce moment? O Dieu à qui rien ne résiste, je m'anéantis devant vous, je confesse votre domaine sur moi ; recevez mon hommage que vous êtes venu chercher du haut du ciel, en descendant juscju'au fond de cet abîme de néant. Je succombe sous le poids de l'insigne honneur que vous daignez me faire. Vous êtes le souverain Ktrc, l'auteur et le conservateur de toutes choses : je vous adore comme mon maître absolu, je confesse avec bonheur ma dépendance , et je vous offre de tout mon cœur mon humble service.

VI me donnera de reconnaître , comme je le dois,

' ,^'_ le bienfait de votre visite, ô Jésus ? C'est pour me \ faire part de votre propre vie que vous êtes venu en moi. ^ Faible comme je le suis, le souvenir de ce que vous avez opéré en ma faveur ne suffirait pas à me soutenir dans la voie nouvelle que votre résurrection m'a ouverte; dans votre aimable condescendance pour mon infirmité , vous êtes venu dans mon àmc sans bruit, mais avec toute votre puissance et toute votre gloire. Vous vous montrâtes ainsi aux Apôtres réunis dans le Cénacle^ ô divin Ressuscité ! « C'est moi, leur dites-vous ; n'ayez pas de crainte. » J'entends au dedans de moi les mêmes paroles. Vous me dites de ne pas me troubler, quelles que soient votre grandeur et ma bassesse, votre souveraine sainteté et mon indignité. « La paix soit avec vous 1 » c'est le salut qui- vous donnâtes à vos disciples ; en ce moment, c'est à moi-même que vous l'adressez. Je le reçois, ù Jésus, de votre bouche adorable, et j'y réponds par mes actions de grâces. Soyez béni pour celte divine prévenance, pour cette tendre sollicitude qui vous porte à vous unir ainsi à mon indignité, à abaisser toutes les barrières qui me captivaient sous l'empire de la mort, à m'associcr intimement à votre triomphe, à me prémunir contre le retour de la mort, en m'incorporant, parce Pain sacré, votre immortelle vie. Je dirai donc avec le Koi-Prophète : « Mon âme, et tout ce qui est en moi, bénis le Seigneur, et n'oublie jamais son bienfait ; c'est lui qui t'a rachetée de la mort, et qui a renouvelé ta jeunesse comme celle de l'aigle. »

La Co}

OMBLE de VOS plus chères faveurs, que dois-je faire, ^•^ ô Jésus, sinon répondre à votre amour par tout l'amour dont je suis capable ? Madeleine, à votre sépulcre, n'a entendu de vous qu'une seule parole, et son cœur se fond ; elle ne peut répondre que par cette exclamation : « Mon maître 1 mon cher maître ! » Et moi, 6 Jésus, qui n'entends pas seulement votre parole, mais qui vous sens en moi-même, qui suis tout pénétré de vous, quels termes emploierai-je pour exprimer mon amour ? Les disciples d'Emmaùs n'avaient eu avec vous qu'un simple entretien, et ils disaient : « Notre cœur n'élait-il pas brûlant au dedans de nous, pendant qu'il nous parlait dans le chemin ? » Que dirai-je ? que ressentirai-je en ce moment où vous reposez dans ma poitrine ? J'oserai vous dire que moi aussi je vous aime, ô mon Sauveur ressuscité! \'ou5 daignâtes agréer l'amour de Madeleine et encourager par votre bonté celui de vos disciples ; agréez aussi le mien. S'il est faible, vous pouvez l'accroître ; je prends la résolution de ne le plus contrarier, de le développer en moi. avec l'aide de votre sainte grâce, et de recourir souvent, pour cet effet . à l'adorable Sacrement dans lequel vous avez déposé toutes les ressources et tous les secrets de ce saint amour.

ACTE d'offrande,

1 'ÉTAIS à VOUS, à Jésus , parce que vous m'aviez ra"-' cheté ; je suis maintenant à vous, parce que vous m'avez rendu la vie par votre Résurrection ; et dans le divin mystère dont vous venez de me faire part, vous m'avez associé à tout ce que votre victoire sur la mort a de plus glorieux. Mon sort est donc désormais uni au vôtre ; comme vous, je suis mort au péché, et je vis à Dieu. Que dois-je donc faire . sinon m'offrir et me donner à vous pour ne m'en plus séparer jamais ? Disposez de moi, ô Jésus ! Je suis votre racheté et votre compagnon de gloire ; tout mon présent , tout mon avenir est en vous, jusque dans 1 éternité. Je renonce donc à moi-même, pour être à toutes vos volontés ; je renonce au monde et à ses maximes, qui sont l'opposc

jo8 Le Temps Pascal.

de la vie nouvelle que je veux mener désormais ; mais je sens que, pour être fidèle , j'ai besoin d'un secours puissant qui m'assiste sans cesse. Ce secours, ô Jésus, c'est la venue en moi de votre Esprit-Saint ; c'est sa demeure en moi. Vous l'avez promis ; il doit, par son arrivée, mettre le sceau à toutes les joies pascales. Envoyez-le-moi, ô Fils du Père ! Vous montez au ciel : ne me laissez pas orplielin. Votre divin Sacrement me reste ; mais je n'y puis participer à toute heure, et mes besoins sont de chaque instant. Daignez donc renouveler en moi la présence de ce divin Esprit, qui conservera et développera, pour votre gloire, les dons que vous venez de me communiquer en vous unissant à moi. O Marie, je vous en supplie par la joie dont votre cœur maternel est inondé dans la résurrection de votre divin Fils, gardez en moi le fruit de l'heureuse visite qu'il a daigné me faire. Anges de Dieu, montrez-vous jaloux de conserver intacte la demeure de votre Maître. Saints et Saintes, priez, afin que je ne perde pas le souverain Bien dont l'immuable possession vous rend à jamais heureux.

ES limites qui nous sont imposées dans cette Année liturgique ne nous permettant pas de donner le texte de tous les Offices de l'Eglise au Temps pascal, nous nous bornerons à reproduire ceux auxquels les simples fidèles ont coutume de prendre part, et qui, pour cette raison, se célèbrent avec plus de solennité. Aux Vêpres et aux Compiles que nous avons insérées dans les volumes précédents, nous joignons ici les Heures de Tierce, Sexte et None, que l'on chante ordinairement, même dans les églises paroissiales, aux fêtes de Pâques, de l'Ascension et de la Pentecôte. La forme liturgique est la même pour Tierce, Sexte et Nbne. Après l'invocation du secours divin, on chante une Hymne et trois Psaumes, suivis d'une Antienne, de la petite leçon appelée Capitule, d'un Chœur avec

refrain, connu sous le nom de Répons bref , pour le distinguer des Répotis ordinaires qui sont plus longs; enrin delà Collecte, qui renferme comme le résumé de tous les vœux et de toutes les demandes de l'Eglise, dans la fête que l'on célèbre.

Les Psaumes assignés pour ces trois Heures ne sont que des divisions ou fragments du célèbre Psaume owni^, que l'Eglise récite tout entier chaque jour, et qui est' considéré comme le cantique de la prière par excellence.

, pv EUS, in adjuto'^' *-^ rium meiim intende.

Vf. Domine, ad adjuvandum me festina.

Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto ; _

Sicut erat in principio, et nunc, et semper, et in s.iecula sreculorum. Amen. AUeluia.

^ Dieu

rcnezamon

aide.

fl|. Hàtez-vous, Seigneur, de me secourir.

Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-E^prit ;

Comme il était au commencement, et maintenant, et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen. Alléluia.

{Composée par saint Ambroise.)

NUNC Sancte nobis Spiritus, Unum Patri cum Filio, Dignare promptus ingeri, Nostro refusus pectori.

t-sprit-Saint , substance

C unique avec le Père et le Fils, daignez, à cette heure, descendre en nous, et vous répandre dans nos cœurs.

A Tierce.

Que notre bouche, notre langue , notre esprit . nos sens , nos forces , publient vos louanges ; que le feu de la charité s'alknne ; que son arJeur embrase tous nos frères.

Exaucez-nous . Père très miséricordieux. Fils unique égal au Père, et vous, Esprit consolateur, qui régnez dans tous les siècles. Amen.

Os, lingua, mens, senSLis, vigor, Confessionem personent, Flammescat igné charitas, Accendat ardor proximos.

Prœsta, Pater piissime, Patrique compar unice, Cum Spir-itu Paraclito, Regnans per omne saeculum. Amen.

DONNEZ-.MOI pour loi, Seigneur, la voie de vos volontés pleines de justice, et je ne cesserai point de la rechercher.

Donnez-moi l'intelligence. et je scruterai votre loi. et je la garderai de tout mon cœur.

Conduisez-moi dans le sentier de vos préceptes : c'est lui que je désire.

Inclinez mon cœur vers vos commandements, et détournez-le de la cupidité.

Détournez mes yeux, afin qu'ils ne voient pas la vanité ; vivifiez-moi dans votre voie.

Affermissez votre parole en votre serviteur, par la crainte de vous offenser.

Eloignez de moi l'opprobre que j'appréhende ; car

I EGE.M pone mihi. Do1- mine, viam justificationum tuarum : * et exquiram eam semper.

Da mihi intellectum , et scrutabor legem tuam : * et custodiam illam in toto corde meo.

Deduc me in semitam mandatorum tuorum : * quia ipsam volui.

Inclina cor meum in testimonia tua : * et non in avaritiam.

Averte oculos meos ne videan: vanitatem : * in via tua vivifica me.

Statue servo tuo eloquium tuum : * in timoré tuo.

Amputa opprobrium meum quod suspicatus

sum : * quia judicia tua jucunda.

Ecce concupivi mandata tua : * in œquitate tua vivifica me.

Kl voniat super me miscricordia tua, Dumine : * Salutarc tuuin, sccandum cloquium tuuni.

Kt respondcbo exprobrantibus mihi verbum : " quia spcravi in scrmonibus tuis.

Kt ne auferas de orc meo verbum veritatis usqucquaquc : * quia in )udiciis tuis supersperavi.

Et custodiam lej^em tuam scmpcr : * in sœculum et in sœculum saeculi.

Et ambulabam in lalitudine : * quia mandata tua exquisivi.

Et loqucbar in testimoniis tuis in conspcctu regum : * et non confundcbar.

Et mcditabar in mandatis tuis : * quaj dilex'.

Et levavi manus meus ad mandata tua, quas dilexi : * et excrccbar in justificationibus tuis.

Gloria Patri, etc.

mihi spcm dcdisti.

EMOR csto vcrbi tui scrvo tuo : * in quo

vos jugements sont pleins de douceur.

Voilà que j'ai désiré remplir vos commandements ; dans votre justice, donnezmoi la vie ;

Et que votre miséricorde vienne sur moi, ce Salut que vous ni\cz ptoinis.

Et je répondrai à ceux qui m'outragent , aux ciutCinis de mon ame, que j'avais espéré dans votre parole.

Et n'enlevez jamais de ma bouche la parole de votre vérité ; car mon espérance en vos justices a été sans bornes.

Et je garderai votre loi toujours, dans les siècles des siècles.

Et je marcherai dans la vie avec la joie de mon cœur, parce que j'ai recherché vos commandements.

Et je parlerai de votre loi en présence des rois , et je n'en rougirai point.

Et je méditerai sur vos préceptes, objet de mon amour.

Et je lèverai mes mains vers vos commandements que j'ai aimés, et je m'exercerai dans la pratique de votre justice.

Gloire au Père, etc.

SOUVENEZ-VOUS de votre parole à votre serviteur, par laquelle vous m'avez donne l'espérance.

A Tierce.

ii3

C'est elle qui m'a consolé en mon humiliation ; car votre parole m'a donné la vie.

Les esprits de superbe m'ont attaqué de toutes parts avec injustice ; mais je ne me suis point détourné de votre loi.

Je me suis souvenu, Seigneur , des jugements que vous avez exercés dès le commencement du monde ; et j'ai été consolé.

La délaillance s'est emparée de moi, à la vue des pécheurs qui désertent votre loi.

Votre loi de justice a été le sujet de mes chants, dans le lieu de mon pèlerinage.

Seigneur, je me suis souvenu de votre Nom durant la nuit, et j'ai gardé votre loi.

Ce bonheur m'est arrivé, parce que j ai recherché vos justices.

J'ai dit : Mon partage , Seigneur, est de garder votre loi.

J'ai imploré votre assistance du fond de mon cœur ; selon votre parole, ayez pitié de moi.

J'ai réfléchi sur mes voies, et j'ai ramené mes pas dans le sentier de vos préceptes.

Je suis prêt et je veux, sans trouble, garder désormais vos commandements.

Les filets des pécheurs

Hœc me con^^olata est '. in humilitate mea : ' quia \ eloquium tuum vivificavit me.

Superhi inique agebant usquequaque : * a lege autem tua non declinavi.

Memor fui judiciorura tuorum a sœeulo, Domine : * et consolatus sum.

Defectio tenuit me : * pro peccatoribus derelinquentibus legem tuam.

Cantabiles mihi erant justificationes tuœ : * in locc pérégrination is meae.

Memor fui nocte Nominis tui, Domine : * et custodivi legem tuam.

HsEc facta est mihi : * quia justificationes tuas exquisivi.

Portio mea. Domine : * dixi custodire legem tuam.

Deprecatus sum faciem tuam in toto corde meo : * miserere mei secundum eloquium tuum.

Cogitavi vias meas : et converti pedes meos in testimonia tua.

Paratus sum. et non sum turbatus : * ut custodiam mandata tua.

Funes peccatorum cirLe Temps Pascal.

cumplexi sunt me : * et legem tuain non sum oblitus.

Media nocte surgebam ad confitendum tibi : * super judicia justificationis tuce.

Particcps ego sum omnium timentium te : * et custodientium mandata tua.

Miscricordia tua. Domine, plena est terra : * justilicationes tuas doce me.

BONITATEM fecisti cum servo tuo, Domine :* secundum verbum tuum.

Honitatem, et discipH- nam, et scicntiam doce me : * quia mandatis tuis credidi.

Priusquam humiliarer ego deliqui : * propterea eloquium tuum custodivi.

Bonus es tu : ' et in bonitate tua doce me justificationes tuas.

Multiplicata est super me iniquitas superborum : * ego autem in toto corde meo scrutabor mandata tua.

Coagulatum est sicut lac cor eorum ; * ego vero legem tuum meditatus sum.

Bonum mihi quia hum'ont environne, et )e nai point oublié votre loi.

Je me levais au milieu de la nuit, pour vous rendre gloire sur les jugements de votre justice.

Je suis uni à tous ceux qui vous craignent et qui gardent vos commandements.

Toute la terre est pleine de votre miséricorde, Seigneur : enseignez-moi votre

justice.

Vous avez signalé votre bonté envers votre serviteur, selon votre parole , Seigneur.

Enseignez-moi la miséricorde, la sagesse et la science; car j'ai cru à vos préceptes.

Avant que vous m'eussiez humilié, j'ai péché ; c'est pourquoi, éclairé maintenant, j'observe votre loi.

Vous êtes bon ; dans cette bonté , enseignez-moi vos justices.

Mes ennemis superbes ont multiplié sur moi leur iniquité ; mais mon cœur s'attachera tout entier à la recherche de vos commandements.

Leur cœur s'est épaissi comme le lait ; pour moi, j'ai médité votre loi.

11 m'a été bon que vous

A Tierce.

ij5

m'ayez humilié, afin que j'apprisse la justice de vos préceptes,

Votre Verbe qui est la Loi^ sortie de votre bouche, 6 Père céleste, est plus précieux pour moi que les monceaux d'or et d'argent.

Vos mains m'ont fait et m'ont façonni ; donnez-moi l'intelligence, et j'apprendrai vos décrets.

Ceux qui vous craignent me verront, et se réjouiront; car j'ai grandement espéré en vos paroles.

J'ai connu, Seigneur, que vos jugements sont l'équité, et que vous m'avez humilié avec justice.

Que votre miséricorde daigne venir me consoler, selon la promesse que vous fîtes à votre serviteur.

Viennent sur moi vos miséricordes, et je vivrai ; car votre loi est toute mon occupation.

Que mes ennemis superbes soient confondus, puisqu'ils m'ont persécuté avec injustice ; moi je m'exercerai sur vos préceptes.

Que ceux qui vous craignent et qui entendent vos oracles se tournent vers moi.

Que mon cœur devienne pur par la pratique de vos préceptes, afin que je ne sois pas confondu, au jour où vous paraître-^ dans votre justice.

miliasti me : * ut discam justificationes tuas.

Bonum mihi lax oris tui : * super millia auriet argenti.

Manus tuœ fecerunt me. et plasmaverunt me : * da mihi intellectum, et discam mandata tua.

Qui timent te.videbunt me et laîtabuntur : * quia in verba tua supersperavi.

Cognovi. Domine, quia aequitas judicia tua : ' et in veritate tua humiliasti me.

Fiat misericordia tua ut consoletur me : * secundum eloquium tuum servo tuo.

Veniant mihi miserationes tuae, et vivam : * quia lex tua meditatio mea est.

Confundantur superbi, quia injuste iniquitatem fecerunt in me ; * ego autem exercebor in mandatis tuis.

Convertantur mihi timentes te : * et qui noverunt testimonia tua.

Fiat cor meum immaculatum in justificationibus tuis : * ut non confundar.

ii6

L'Antienne, le Capitule, le Répons bref, le Verset et l'Oraison qui complètent l'Office de Tierce, se trouvent ci-après, dans leurs lieu et place, aux fêtes solennelles dont nous donnons les Offices.

^ r\ EUS, in adjii'^^ Ly torium, etc. Gloria Patri, etc.

r\ Dieu! venez ^-^ mon aide, etc.

Gloire au Père, etc.

{Composée par saint Ambroise.)

HECTOR potens, verax Qui temperas rerum vices, Splendore manc illuminas, Et ignibus meridiem.

Exstingiie llammas litiuni ; Aufcr calorem noxium. Conter salutem corporum, Vcramquc pacem cordlum.

Prœsta, Pater piissimc,

Patrique compar Unice,

Cum Spiritu Paraclito,

Regnans per omne sœculum.

Amen.

A nniTRE tout-puissant, i"»^ Dieu de vérité, qui réglez l'ordre de toutes choses, vous dispensez au matin sa splendeur, et au midi ses feux.

Eteignez la flamme des discordes, dissipez toute ardeur nuisible ; donnez à nos corps la santé, à nos cœurs la paix véritable.

Exaucez-nous, Père très miséricordieux, Fils unique égal au Père, et vous, Esprit consolateur, qui régnez dans tous les siècles.

Amen.

A Sexte.

l'attente

défailli dans du Sauveur

que vous aviej promis ; mais j'ai mis toute mon espérance en votre parole.

Mes yeux se sont lassés à relire vos promesses, et je disais : Quand me consolerez-vous ?

Je me suis desséché comme la peau exposée à la gelée ; mais je n'ai point oublié vos justices.

Je disais : Combien de jours restent encore à votre serviteur ? quand ferez-vous justice de mes persécuteurs ?

Les impies me racontaient leurs fables; mais ce qu'ils disent n'est pas comme votre loi.

Toutes vos ordonnances sont vérité; ils me poursuivent injustement : aidezmoi.

Ils m'ont presque anéanti sur la terre ; mais je n'ai point abandonné vos commandements.

Vivifiez-moi selon votre miséricorde ; et je garderai les oracles de votre bouche.

Votre Parole, Seigneur, demeure à jamais dans le ciel.

Votre Vérité passe de génération en génération. C'est

DEFECiT in Salutare tuum anima mea : * et in verbum tuum supersperavi.

Defecerunt oculi mei in eloquium tuum : " dicentes : Quando consolaberis me .-'

Quia factus sum sicut uter in pruina :* justificationes tuas non sum oblitus.

Quot sunt dies servi tui ? * quando faciès de persequentibus me judiciura ?

Narraverunt mihi iniqui fabulationes : * sed non ut lex tua.

Omnja mandata tua Veritas : * iniqui persecuti sunt me ; adjuva me.

Paulo minus consummaverunt me in terra : * ego autem non dereliqui mandata tua.

Secundum misericordiam tuam vivifica me : * et custodiam testimonia oris tui.

In œternum , Domine : ' verbum tuum permanet in ccelo.

In generationem et generationem veritas tua:*

Le Temps Pascal:

fiindasti tcnam et pernianct.

Ordinatione tua persévérât dics : * quoniam omnia scrviunt tibi.

Nisi quod lex tua meditatio nica est : ' tune forte periissem in humilitate mca.

In asternum nonobliviscar jiistificationes

tuas : * quia in ipsis vivificasti me.

Tu us sum ei^o, salvum me fac : * quoniam justificationcs tuas exquisivi.

Me exspectaverunt peccatores ut perderent me : * testimonia tua intcUexi.

Omnis consummationis vidi finem : * latum mandatum luum nimis.

Gloria Patri, etc.

QUOMODO dilexi legcm tuam, Domine : * tota die mcditatio mca est.

Super inimicos meos prudcntem me fccisti mandnto tuo : * quia in a;ternum mihi est.

Super omnes doccntes me inlellexi : * quia testimonia tua mcditatio mea est.

Super senes intellexi : * quia mandata tua qaiesivivous qui avez affermi la terre, et elle est stable.

Par votre ordre, le jour subsiste; car tout vous est assujetti.

Si votre loi n'eût été le sujet de mes méditations, j'aurais péri déjà dans mon affliction.

Je n'oublierai jamais vos justices ; car c'est par elles que vous m'avez vivifié.

Je suis à vous, sauvezmoi ; car j'ai recherché vos piéceptes.

Les pécheurs m'ont attendu pour me perdre ; mais j'avais fixé mon attention sur vos oracles.

J'ai vu venir la fin de toutes choses ; votre loi seule est infinie.

Gloire au Père, etc.

/~^ UE j'aime votre loi, Sei"-/ gneurl toute la journée elle est le sujet de mes méditations.

Vous m'avez rendu plus sage que mes ennemis par les préceptes que vous m'avez donnés : je les ai embrassés pour jamais.

J'ai surpassé en intelligence tous mes maîtres, parce que je médite vos oracles.

Je suis devenu plus prudent que les vieillards, parce que j'ai recherché vos commandements.

J'ai détourné mes pieds de toute mauvaise A-oie, pour garder vos ordonnances.

Je ne me suis point écarté de vos règles ; car c'est vous-même qui m'avez prescrit la loi.

Que vos paroles sont douces à ma bouche ! elles sont plus suaves que le miel à mon palais.

Vos préceptes m'ont donné l'intelligence ; c'est pourquoi je hais toute voie d'iniquité.

Votre parole est la lampe qui éclaire mes pas : elle est la lumière de mes sentiers.

J'ai juré et j'ai résolu de garder les décrets de votre justice.

J'ai été réduit, Seigneur. à une extrême humiliation : rendez-moi la vie selon votre parole.

Agréez, Seigneur, le sacrifice volontaire que vous offre ma bouche, et enseignezmoi vos commandements

Mon àme est toujours entre mes mains ; et je n'ai point oublié votre loi.

Les pécheurs m'ont tendu des lacs ; mais je ne me suis point écarté de vos ordonnances.

J'ai pris vos préceptes pour être à jamais mon héritage ; car ils sont la joie de mon cœur.

Ab omni via mala prohibui pedes meos : * ut custodiam verba tua.

A judiciis tuis non declinavi : * quia tu legem posuisti mihi.

Quam dulcia faucibus meis eloquia tua: * super mel ori meo.

A mandatis tuis intelle-xi : * propterea odivi omnem viam iniquitatis.

Lucerna pedibus meis verbum tuum : ' et lumen semitis meis.

Juravi, et statui : * custodire judicia justitia tuœ.

Humiliatus sum usquequaque. Domine: * vivifica me secundum verbum tuum.

Voluntaria oris mei beneplacita fac. Domine :

et judicia tua doce me.

Anima mea in manibus meis semper : * et legem tuam non sum oblitus.

Posuerunt peccatores laqueum mihi : * et de mandatis tuis non erravi.

Hœreditate acquisivi testimonia tua in aternum : * quia exsultatio cordis mei sunt.

Inclinavi cor meum ad faciendas justificationes tuas in aEternum : * propter retribulionem.

1NIQU0S odio habui : ' et legem tuam dilexi. Adjutor et SLisceptor meus es tu * et in verbiim tuum supersperavi.

Declinate a me, mali{Tni : * et scrutabor mandata Dei niei.

Suscipe me secundum eloquium tuum, et vivam : * et non confundas me ab cxspectatione mea

Adjuva me, cl salvus ero : * et meditabor in justificationibus tuis semper.

Sprevisti omnes discedentes a. judiciis tuis : * quia injusta cogitatio eorum.

Praevaricantes reputavi omnes peccatores terrre : * ideo dilexi testimonia tua.

Conlige timoré tuo carnes mcas : * a judiciis cnim tuis timui.

Feci judicium et justitiam : * non tradas me calumnianiibuR me,

Suscipe servum tuum in bonum : * non calumnientur me superbi.

J'ai incliné mon cœur à l'accomplissement de vos commandements pour jamais, à cause de la récompense,

j 'ai haï les méchants, et j'ai J aimé votre loi.

Vous êtes mon secours et mon asile ; en votre parole j'ai mis toute mon espérance.

Retirez-vous de moi, méchants; et je rechercherai les préceptes de mon Dieu.

Kecevcz-moi selon votre parole, et je vivrai ; ne permettez pas que je sois confondu dans mon attente.

Aidez-moi , et je serai sauvé ; et je méditerai continuellement vos ordonnances.

Vous rejetez avec mépris tous ceux qui s'écartent de vos commandements ; car leur pensée est injuste.

J'ai regardé tous les pécheurs de la terre comme des prévaricateurs ; et pour cela j'ai chéri vos oracles.-

Transpercez ma chair de votre crainte ; car vos jugements remplissent mon âme de terreur.

J'ai pratiqué l'équité et la justice : ne me livrez pas aux ennemis qui me calomnient.

Recevez votre serviteur et nITermissez-le dans le bien : que les superbes cessent de m'opprimer.

A None.

Mes yeux s'étaient épuisés à attendre le Salut que vous m'apportez , et l'effet des oracles de votre justice.

Faites donc maintenant selon votre miséricorde avec voire serviteur , et enseignez-moi vos commandements.

Je suis votre serviteur ; donnez-moi l'intelligence , afin que je connaisse vos préceptes.

Il est temps d'agir , Seigneur : ils ont dissipé votre loi.

C'est pour cela que jai aimé vos commandements plus que l'or et la topaze.

C'est pour cela que je me suis réglé en tout selon vos commandements, et que j'ai haï toute voie injuste.

L'Antienne, le Capitule, le Répons bref, le Verset et l'Oraison qui complètent l'Office de Sexte, se trouvent ci-après, dans leurs lieu et place, aux fêtes solennelles dont nous donnons les Offices.

Oculi mei defecerucit in Salutare tuum : * et in eloquium justitios tuae.

Fac cum servo tuo secundum misericordiam tuam : * et justificationes tuas doce me.

Servus tuus sum ego :

* da mihi intellectum, ut sciam testimonia tua.

Tempus faciendi. Domine : * disiipaverunt legem tuam.

Ideo dilexi mandata tua : * super aurum et ropazion.

Propterea ad omnia mandata tua dirigebar:

* omnem viam iniquam odio habui.

^ (^ Dieu ! venez v_^ mon aide, etc. Gloire au Père, etc.

- r^ EUS, in adjuto^' i~J rium, etc. Gloria Patri, etc.

[Composée par saint Ambroise.) Dieu dont la puissance | ij eru.m Deus teoax visoutient tous les êtres,

gor,

le Temps Pascal.

Immotus in te permanens, Lucis diiirnœ tempora Successibus determinans.

Largire lumen vespere, Quo vita nusqiiam décidât, Scd prœmium mortis sacrœ Pcrennis instct gloria.

Prœsta, Pater piissime,

Patrique compar Unice,

Ciim Spiritu Paraclito,

Rcgnans pcr omne sœculum.

Amen.

toujours immuable en votre essence , vous partagez le temps par les révolutions de la lumière du jour.

Versez la lumière sur le soir de nos jours ; que notie vie ne s'éloigne jamais d'elle ; et qu'une gloire immortelle soit la récompense d'une mort sainte.

Exaucez-nous , Père très miséricordieux, Fils unique égal au Père, et vous, Esprit consolateur, qui régnez dans tous les siècles.

Amen.

MIRABILIA testimonia tua, * ideo scrutata est ca anima mea.

Declaratio sermonum tuorum illuminât ; " et intellectum dat parvulis.

Os meum aperui, et attraxi spiritum : ' quia mandata tua desidcrabam.

Aspice in me, et miserere mei : * sccundum judicium diligcntium Nomen tuum.

Grcssus mcos dirige secundum cloquium tuum : * et non dominetur mei omnis injustitia.

Redime me acaluraniis

Vos témoignages sont admicables, ô Dieu I c'est pour cela que mon âme les a recherchés avec ardeur.

La révélation de vos promesses répand la lumière; elle donne l'intelligence aux petits.

J'ai ouvert la bouche, et j'ai aspiré le souITle; car j'ai désiré vos commandements.

Jetez un regard sur moi ; a3'ez pitié de moi, selon votre coutume à l'égard de ceu.x qui aiment votre Nom.

Dirigez mes pas selon votre parole; que nulle iniquité ne domine en moi.

Délivrez-moi de la calomA None.

nie des hommes ; afin que je garde vos commandements.

Faites reluire sur votre serviteur l'éclat de votre visage ; enseignez-moi vos justices.

Mes yeux ont répandu des ruisseaux de larmes , parce que les hommes n'ont pas gardé votre loi.

Vous êtes juste. Seigneur. et vos jugements sont droits.

Vos commandements prescrivent la justice : rien n'en peut altérer la vérité.

Mon zèle ma desséché dans son ardeur ; car mes ennemis ont oublié vos paroles.

Votre Verbe . o Père céleste ! est un feu consumant ; c'est pourquoi votre serviteur l'aime avec ardeur.

Je suis jeune et méprisé ; mais je n'ai point oublié vos préceptes.

Votre justice est justice à jamais, et votre loi vérité.

La tribulation et l'angoisse ont fondu sur moi ; vos oracles ont été tout mon entretien.

Vos jugements sont l'équité éternelle ; donnez-moi l'intelligence, et je vivrai.

Gloire au Père. etc.

J'ai crié du fend de mon cœur : Seigneur , exauhominum : * ut custodiam mandata tua.

Faciem tuam illumina super servum tuum ; * et doce me justificationes tuas.

Exitus aquarum deduxerunt oculi mei : * quia non custodierunt legem tuam.

Justus es. Domine : * et rectum judicium tuum.

Mandasti justitiam testimonia tua': ' et veritatem tuam nimis.

Tabescere me fecit zelus meus : * quia obliti sunt verba tua inimici mei.

Ignitum Eloquium

tuum vehemenîer : * et servus tuas dilexit illud.

Adolescentulus sum ego , et contemptus : ' justificationes tuas non sum oblitus.

Justitia tua , justitia in asternum : * et lex tua Veritas.

Tribulatio et angustia invenerunt me : * mandata tua meditatio mea est,

iEquitas testimonia tua in œternum : ' intellectum da mihi, et vivam,

Gloria Patri. etc.

i

me

AVI in toto corde meo, exaudi me, DeLe Temps Pascal.

mine : * justiâcationes tuas requiram.

Clamavi ad te, salvum me fac : * ut custodiam mandata tua.

Praeveni in maturitatc, et clamavi : * quia in verba tua supersperavi.

Prajvenerunt oculi mci ad te diluculo : * ut meditarer eloquia tua.

Vocem mcam audi secundum miscricordiam tu;im. Domine : * et secundum jadicium tuum vivifica me.

Appropinq u a v e r u n t persequentes me iniquitati : * a lege autem tua longe facti sunt.

Prope es tu, Domine : ' et omnes viœ tuae Veritas.

Initio cognovi de testimoniis tuis : * quia in œ- tcrnum fundasti ea.

Vide h um i 1 i ta t cm mcam , et eripe me : * quia legcm tunm non sum oblitus.

Judica judiciuni mcuni, et rcdimc me : ' proptL-r cloquium tuum vivilic;t me.

Longe a peccatoribus salus : * quia justificationes tuas non exquisicrant.

Misericordiac tuœ multae, Domine : * sccundum

cez-moi, et je rechercherai vos justices.

J'ai crié vers vous, sauvezmoi ; et j'accomplirai vos décrets.

J'ai devancé l'aurore , et j'ai poussé des cris ; car j'espérais vivement en vos promesses.

Mes yeux se tournaient vers vous dès le point du jour, pour méditer votre loi.

Ecoutez ma voix selon votre miséricorde, Seigneur ; vivifiez-moi selon votre justice.

Mes persécuteurs ont embrassé l'iniquité ; ils se sont éloignés de votre loi.

Vous êtes près de nous. Seigneur! et toutes vos voies sont la vérité.

Dès le commencement j'avais reconnu que vous aviez établi vos témoignages pour durer éternellement.

Voyez mon humiliation , et délivrez-moi ; car je n'ai point oublié votre loi.

Jugez ma cause et rachetez- ' moi ; rendez-moi la vie, à \ cause de votre parole. 'i

Le salut est loin des pé- « cheurs, parce qu'ils n'ont | pas recherché vos commandements.

Vos miséricordes sont infinies , Seigneur ; rendezA None.

moi la vie selon vos oracles.

Ils sont nombreux , ceux qui me persécutent et m'affligent ; mais ']^ ne me suiïpoint écarté de vos préceptes.

J'ai vu les prévaricateurs, et j'en ai séché de douleur ; car ils n'ont pas gardé vos ordonnances.

Voyez, Seigneur, que j'ai toujours aimé vos commandements ; rendez-moi la vie , dans votre miséricorde.

Le principe de vos paroles est la vérité : tous les décrets de votre justice demeurent à jamais.

. ES princes m'ont persécuté i- injustement ; mais mon cœur n'a craint que votre parole.

Je me réjouirai dans vos promesses, comme un homme qui a trouvé de riches dépouilles.

J'ai ha'f l'iniquité, et je l'ai eue en horreur ; mais j'ai aime votre loi.

Sept fois le jour, j'ai chanté vos louanges sur les jugements de votre justice.

Paix abondante à ceux qui aiment votre loi ; il n'y a pas pour eux de scandale.

J'attendais votre Salut, ô Seigneur ! et dans cette attente, j'ai aimé vos commandements.

judicium tuum vivifica me.

Multi qui persequuntur me, et tribulant me :

* a testimoniis tuis non declinavi.

Vidi prœvaricantes, et tabescebam : * quia eloquia tua non custodierunt.

Vide quonîam mandata tua dilexi, Domine :

* in misericordia tua vivifica me.

Principium verborum tuorum Veritas : * in aïternum omnia judicia justitiae tu?e.

PRINCIPES persecuti sunt me gratis : * et a verbis tuis formidavit cor meum.

Lastabor ego super eloquia tua : * sicut qui invenit spolia multa.

Iniquitatem odio habui, et abominatus sum : * legem autem tuam dilexi

Septies in die laudem dixi tibi : * super judicia justitiaï tuœ.

Pax multa diligentibus legem tuam : * et non est illis scandalum.

Exspectabam Salutare tuum. Domine : * et mandata tua dilexi.

n

Custodivit anima mea testimonia tua * et dilexit ca vchcmenter.

Scrvavi mani.lata lua, et testimonia tua : * quia omnes viœ mex in conspectu tuo.

Appropinquct dcprecalio mea in c<inspectu tuo, Domine : * juxta eioquium tuum da mihi intellectum.

Intrct postulatio -mea in conspectu tuo : * secundum eloquium tuum eripe me.

Lructabunt labia mea hymnum : * cum docueris me justificationes tuas.

Pronuntiabit lingua mea eloquium tuum : * quia omnia mandata tua œcuiitas.

Fiat inanus tua, ut salvet me : * quoniam mandata tua elegi.

Concupivi Salutarc tuum. Domine : * et lex tua meditatio mea est.

Vivet anima mea , et laudabit te : * et judicia tua adjuvabunt me.

Erravi sicut ovis quœ periit : * qiiœre servum tuum, quia mandata tua non sum oblitus.

Mon âme a garde vos préceptes ; elle les a aimes d'un amour ardent.

J'ai observé vos lois et vos ordonnances ; car toutes mes voies sont en votre présence.

Que ma prière, Seigneur, monte jusciu à vous ; donnezmoi l'intelligence, selon votre parole.

Que mes supplications pénètrent jusqu'en votre présence : délivrez-moi, selon vos promesses.

Mes lèvres éclateront en cantiques, lorsque vous m'aurez enseigné vos justices.

Ma langue publiera vos oracles ; car tous vos commandements sont l'équité.

Etendez votre main, et sauvez-moi ; car j'ai choisi vos préceptes pour mon partage.

Seigneur, Père saint ! j'ai désiré avec ardeur votre Salut promis; et votre loi est tout mon entretien.

Maintenant qu'il est vente, mon âme vivra , et vous louera ; et vos justices me protégeront.

J'errais comme une brebis perdue ; divin Pasteur descendu du ciel, daignez chercher votre serviteur ; car je n'ai point oublié vos commandements.

A None.

L'Antienne, le Capitule, le Répons bref, le Verset et l'Oraison qui complètent l'Office de None, se troitvent ci-après, en leurs lieu el place, aux fêtes solennelles dont nous donnons les Offices,

OU Office du soir^ se composent d'aoord de cinq

cprcs, po Psaumes

accompagnes d'Antiennes. Nous les donnons ciaprès, pour le Dimanche, en les faisant précéder, selon notre usage, de quelques lignes dans lesquelles nous nous attachons à relever les expressions de ces divins cantiques qui se rapportent plus directement aux mystères du Temps pascal.

L'Office commence par le cri ordinaire de

a r^ EUS. in adjiito"' ^ rium mcum intcndc.

15!!. Domine, ad adjiivandum me festina.

Gloria Patri, et Filio, et iSpiritui Sancto ;

t, /^\ Dieu, venez à mon ^- O aide.

Vf. Hâtez-vous, Seigneur, de me secourir.

Gloire au Père, et au Fils, et au Saiut-Esprit;

A Vêpres.

12g

Sicut erat in principio, et nunc et semper, et in saecula sœculorum. Amen. Alléluia.

Comme il était au commencement, et maintenant, et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen. Alléluia.

Le premier Psaume est prophétique sur les grandeurs du Messie. Sa génération éternelle, son égalité avec le Père, sa royauté, son sacerdoc'e, y sont célébrés avec magnificence. Abaissé' un moment jusqu'à ooire l'eau du torrent, il triomphe maintenant de ses ennemis, en attendant qu'il reparaisse dans sa gloire pour les juger.

CELUI qui est le .Seigneur a dit à son Fils mon Seigneur : Asseyez -vous à ma droite et réguc^ arec moi ;

Jusqu'à ce que, au jour de votre dernier ayèiieme?!t, je fasse de vos ennemis l'escabeau de vos pieds.

O Christ! le Seigneur votre Père fera sortir de Sion le sceptre de votre force ; c'est de là que vous partirez pour dominer au milieu de vos ennemis.

La principauté éclatera en vous, au jour de votre force, au milieu des splendeurs des Saints ; car le Père vous adit : Je vous ai engendré de mon sein avant l'aurore.

Le Seigneur l'a juié, et sa parole est sans repentir : il a dit en vous' parlant : DieuDixiT Dominus^ Domino meo : * Sede a dextris meis.

Donec ponam inimicos tuos : * scabellum pedum tuorum.

Virgam virtutis tua? emittet Dominus ex |i Sion : * doniinare in ! medio inimicorum tuorum.

Tecum principium in die virtutis tuae in splendoribus Sanctorum : * ex utero ante luciferum \ genui te. J

Juravit Dominus, et non pœnitebit eum : * Tu es Sacerdos in œter- {

j3o

Le Temps Pascal:

num secundum ordinem Melchisedech.

Dominus a dextris tuis : * confregit in die irne suœ reges.

Judicabit in nationibus , implebit ruinas : * conquassabit capita in terra multorum.

De torrentc in via bibct : * propterea exaltabit caput.

Homme, vous êtes Prêtre à jamais, selon l'ordre de Melchisedech.

O Père! le Seigneur votre Fils est donc à votre droite : c'est lui qui, au jour de sa colère, viendra juger les rois.

Il jugera aussi les nations ; dcins cet avènement terrible, il consommera la ruine du monde, et brisera contre terre la tête de plusieurs.

Il s'est abaissé pour boire l'eau du torrent des afflictions; mais c'est pour cela même qu'au jour de son triomphe sur la mort, il élèvera la tète.

Le Psaume suivant célèbre les bienfaits de Dieu envers son peuple : rAlliance promise, la Rédcinption, la fidélité du Seigneur à ses promesses. La Résurrection du Christ était au nombre de ses engagements; elle devait être le principe de la nôtre; le Seigneur a daigné dégager sa parole en ces )ours.

CONFITEROR tibi, Domine, in toto corde mco : * in concilio justorum et congrcgationc. Magna opéra Domini : * exquisita in omnes voluntates cjus.

Confessio et magnilicentia opus ejus : * et

JK vous louerai. Seigneur, de toute la plénitude de mon cœur, dans l'assemblée des justes.

Grandes sont les oeuvres du Seigneur ; elles ont été concertées dans les desseins de sa sagesse.

Elles sont dignes de louanges et magnihques, et la

A "Vêpres.

i3i

justice de Dieu demeure dans les siècles des siècles.

Le Seigneur clément et miséricordieux nous a laissé un mémorial de ses merveilles : // est le P^in de vie. et il a donné une nourriture à ceux qui le craignent.

Il se souviendra à jamais de son alliance avec les hommes ■ il viendra et fera éclater aux yeux de son peuple la vertu de ses œuvres.

Il donnera à son Eglise l'héritage des nations : tout ce qu'il fait est justice et vérité.

Ses préceptes sont immuables et garantis par la succession des siècles; ils sont fondés sur la vérité et la justice.

Il a envoyé à son peuple un Rédempteur; il rend par là son alliance éternelle.

Son Nom est saint et terrible ; le commencement de la sagesse est de craindre le Seigneur.

La lumière et l'intelligence sont pour celui qui agit selon cette crainte : gloire et louange à Dieu dans les siècles des siècles.

)ustitia e)us manet in saeculum sreculi.

Memoriam fecit mirahilium suoram. misericors et miserator Dominas : * escam dédit timentibus se.

Memor erit in sœculum testamenti sui : * virtutem operum suorum annuntiabit populo suo.

Ut det illis haereditatem gentium : * opéra manuum ejus Veritas et judicium.

Fidelia oninia mandata ejus. conhrmata in saïculum sseculi : * facta in veritate et œquitate.

Redemptionem misit populo suo : * mandavit in cEternum testamentum suum.

Sanctum et terribile Nomen ejus : * initium sapientise timor Domini.

Intellectus bonus omnibus facientibus eum : * laudatio eius manet in saeculum sœculi.

Le troisième Psaume chante la félicité de l'homme juste et ses espérances. La lumière qui s'élance du sein des ténèbres, c'est le Seigneur ressuscité, qui reparaît dans sa miséricorde ; le pécheur qui s'irrite du

l32

triomphe du Juste par excellence, c'est le Juif que la gloire de la Résurrection est venue confondre tout à coup.

BEATUS vir, qui timct Dominum : * in mandatis ejus volet nimis.

Potens in terra erit scmcn ejus : * gcneratio rectorum benedicctur.

Gloria et divilice in dorao ejus : * et justitia ejus manet in sa?culum sœculi.

Exortum est in lencbris lumen rectis : * misericors, et miserator, et justus.

Jucundus hoino, qui miseretur et coinmodat, disponct sermoncs suos in judicio : * quia in œttrnum non commovebitur.

In memoria œterna erit justus : * ab auditionc mala non timebit.

Paratum cor ejus sperare in Domino, confirmatum est cor ejus : * non commovebitur donec dcspiciat inimicos suos.

Dispersit, dédit pauperibus; justitia ejus manet in scvculuin sxculi : '

HEUREUX riioinmc qui craint le Seigneur, et met tout son zèle à lui obéir.

Sa postérité sera puissante sur la terre ; la race du juste sera en bénédiction.

La gloire et la richesse sont dans sa maison, et sa justice demeure dans les siècles des siècles.

l'ont à coup une lumière se lève sur les justes au milieu des ténèbres : c'est le Scii^ncur, le Dieu miséricordieux, clément et juste, sortaiit du tombeau.

Heureux alors l'homme qui a fait miséricorde, qui a prêté au pauvre, qui a réglé jusqu'à ses paroles avec justice ! car il ne sera point ébranlé.

La mémoire du juste sera éternelle : s'il entend une nouvelle fâcheuse, elle ne lui donnera point à craindre.

Son cœur est toujours prêt à espérer au Seigneur ; son cœur est en assurance : il ne sera point ému, et méprisera la rage de ses ennemis.

11 a répandu l'aumô-e avec profusion sur le pauvre : sa justice demeurera à jamais ;

A Vêpres.

i33

sa force sera éievée en gloire.

Le pécheur le verra, et il entrera en fureur; il grincera des dents et séchera de colère; mais les désirs du pécheur périront.

cornu ejus exaltabitur in gloria.

Peccator videbit, et irascetur, dentibus suis fremet et tabescet : * dcbiderium peccatorufti peribit.

Le quatrième Psaume est un cantique de louange au Seigneur qui, du haut du ciel, a pris pitié de la nature humaine, et a daigné s'abaisser jusqu'à elle, pour la relever par le mystère de la Résurrection.

SERVITEURS du Seigneur, faites entendre ses louantes : célébrez le Nom du Seigneur.

Que le Nom du Seigneur soit béni, aujourd'hui et jusque dans l'éternité.

De l'aurore au couchant, le Nom du Seigneur doit être à jamais célébré.

Le Seigneur est élevé audessus de toutes les nniionî ; sa gloire est par delà les cieux.

Qui est semblable au Seigneur notre Dieu, dont la demeure est dans les hauteurs ? C'est de là qu'il abaisse ses regards sur les choses les pliiS humbles dans le c-iel et sur la terre.

C'est de là qu'il soulève de terre l'indigent ; qu'il élève le pauvre de dessus le fumier où il languissait,

LAUDATE, pueri, Dominum : * laudate Nomen Domini.

Sit Nomen Domini benedictum : * ex hoc nunc et usque in sœculum.

A solis ortu usque ad occasum : * laudabile Nomen Domini.

Excelsus super omnes gentes Dominus : * et super cœlos gloria ejus.

Quis sicut Dominus Deus noster, qui in altis habitat : * et humilia respicit in cœlo et in terra ? »

Suscitans a terra inopem : * et de stercore

erigens pauperem.

i34

Ut collocct eum cum principibus : * cum principibus populi sui.

Qui habitarc facit sterilem in domo : * matrem friiorum lœtantem.

" Pour le placer avec les princes, avec les princes mêmes de son peuple.

C'est lui q^ui a tait habiter pleine de joie dans sa maison celle qui, auparavant, fut stérile, et qui maintenant est mère de nombreux enfants.

Le cinquième Psaume rappelle la première Pâque, la sortie d'Egypte, et les merveilles qui l'accompagnèrent et la suivirent; la mer Rouge, figure du Baptême ; l'eau qui jaillit du rocher dans le désert; le culte des idoles aboli. La Pàque et la Pentecôte chrétiennes accomplissent tous ces symboles ; et par elles, la bénédiction se répand sur quiconque, juif ou gentil, veut craindre ou aimer le Christ. Pour prix de nos péchés, nous étions condamnés à descendre au tombeau ; nous aurions éternellement ignoré les cantiques de joie de la céleste Jérusalem ; la Résurrection du Christ nous a fait naître à la vie ; et nous chantons aujourd'hui, à sa louange et à celle de son Père céleste, le joyeux Alléluia.

f N cxitu Israël de Mgy-' pto : * domus Jacob de populo barbaro:

Facta est Judœa sanctificatio ejus : * Israël potestas cjus.

Mare vidit, et fugit : * Jordanis conversas est retrorsum.

LORSQUE Israël sortit d'E- gypte, et la maison de Jacob du milieu d'un peuple barbare,

La nation juive fut consacrée à Dieu, Israël fut son domaine.

La mer le vit et s'enfuit ; le Jourdain remonta vers sa source.

A Vêpres.

i35

Les montagnes bondirent comme des béliers, et les collines comme des agneaux.

O mer. pourquoi fuyais-tu ? Et toi, Jourdain, pourquoi remontais-tu vers ta source ?

Montagnes, pourquoi bondissiez-vous comme des béliers ? Et vous , collines, comme des agneaux?

A la face du Seigneur, la terre a tremblé : à la face du Dieu de Jacob,

Qui changea la pierre en torrents, et la roche en fontaines.

Non pas à nous. Seigneur, non pas à nous, mais à votre Nom donnez la gloire,

A cause de votre miséricorde et de votre vérité ; de peur que les nations ne disent : Où est leur Dieu ?

Notre Dieu est au ciel : il a fait tout ce qu'il a voulu.

Les idoles des nations ne sont que de l'or et de l'argent. et l'ouvrage des mains des hommes.

Elles ont une bouche, et ne parlent point ; des yeux, et ne voient point.

Elles ont des oreilles, et n'entendent point ; des narines, et ne sentent rien.

Elles ont des mains, et ne peu\*ent rien toucher ; des pieds, et ne marchent point; un gosier, et ne peuvent se faire entendre.

.Montes exsultaverunt ut arietes : * et colles sicut agni ovium.

Quid est tibi , mare, quod fugisti : * et tu, Jordanis, quia conversus es retrorsum ?

Montes exsultastis sicut arietes: * et colles sicut agni ovium ?

A facie Domini mota est terra : * a facie Dei Jacob.

Qui convertit petram in stagna aquarum : * et rupem in fontes aquarum.

Non nobis. Domine, non nobis : * sed Nomini tuo da gloriam.

Super misericordia tua, et veritate tua : * nequando dicant gentes : Ubi est Deus eorum ?

Deus autem nosîer in cœlo : * omnia quœcumque voluit, fecit.

Simulacra gentium argentum et auram : * opéra manuumhominum.

Os habent, et non loquentur : * oculos habent, et non videbunt.

Aures habent, et non audient : * nares habent, et non odorabunt.

Manus habent, et non palpabunt ; pedes habent, et non ambulabunt : * non clamabunt in gutture suo.

i36

Similes illis fiant qui faciunt ea " * et omnes qui conlidunt in eis.

Domiis Israël spcravit in Domino : * adjulor eorutn, et proiector eorum est.

Domus Aaron spcravit in Domino : * aJjutor corum, et protcctor eorum est.

Qui timent Dominum speravcrunt in Domino :

* adjutor eorum, et protcctor corum est.

Dominus memor fuit nostri : * et benedixit nobis.

Benedixit domui Israël : * benedixit domui Aaron.

Benedixit omnibus qui timent Dominum : * pusillis cum majoribus.

Adjiciat Dominus super vos : * super vos, et super Jilios vestros.

Benedicti vos a Domino : * qui fecit cœlum et tcrram.

Cœlum cœli Domino:

* tcrram autem dédit tiliis hominum.

Non mortui laudabunt te. Domine : * ncque omnes qui descendunt in infernum.

Scd nos qui vivimus, benedicimus Domino : * ex hoc nunc et usque in sxculum.

Que ceux qui les font leur deviennent semblables, avec tous ceux qui mettent en elles leur confiance.

La maison d'Israël a espère dans lo Seigneur : il est leur appui ^t leur protecteur.

La maison d'Aaron a espéré dans le Seigneur: il est leur appui et leur protecteur.

Ceux qui craignent le Seigneur ont espéré en lui : il est leur appui et leur protecteur.

Le Seigneur s'est souvenu de nous, et il nous a bénis.

Il a béni la maison d'Israël : il a béni la maison d'Aaron.

11 a béni tous ceux qui craignent le Seigneur, grands et petits.

Que le Seigneur ajoute encore à ses dons sur vous, sur vous et sur vos enfants.

Bénis soyez-vous du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre 1

Au Seigneur, les hauteurs du ciel ; la terre est aux hommes par sa largesse.

Ce ne sont pas les morts qui vous loueront , ô Seigneur 1 ni tous ceux qui descendent dans le sépulcre ; ;|

Mais nous qui vivons, nous bénissons le Seigneur, aujourd'hui et à jamais.

A Vêpres.

i37

Après les cinq Psaumes, l'Eglise place une petite Leçon des saintes Ecritures, désignée sous le nom de Capitule, parce qu'elle est toujours très courte. Elle se trouve en son lieu, à chaque Dimanche. On chante ensuite l'Hymne.

{Composée par saint Ambroise, mais retouchée au xvii" siècle.)

APRÈS le passage de la mer Rouge, couverts de nos robes blanches et assis au festin royal de l'Agneau, chantons au Christ notre roi.

C'est lui dont la charité divine nous verse à boire son propre sang ; c'est son amour qui sacrifie en victime les membres de son corps sacré.

L'Ange exterminateur est saisi de crainte à la vue du sang dont nos portes sont marquées ; la mer divisée en deux fuit devant nous ; nos ennemis sont submergés sous les flots.

Notre Pàque , c'est le Christ ; il est notre victime pascale ; il est l'azyme de sincérité pour les cœurs purs.

O victime véritable venue

AD regias Agni dapes, Stolis amicti candidis, Post transitum maris

Rubri

Christo canamus principi.

Divina cujus charitas Sacrum propinat sanguinem, Almique membra corporis Amor sacerdos immolât.

Sparsum cruorem postibus Vastator horret Angelus ; ^

Fugitque divisum mare, Merguntur hostes fluctiJam pascha nostrum Christus est, Paschalis idem victima, Et pura piiris mentibus Sinceritatis azyma.

O vera cœli victima,

t38

Subjecta cui sunt tartaia, Soluta mortis vinciila, Recepta \\tx praMiiia.

Victor subnctis infeiis Trophœa Christus explicat, Cœloquc apcrto, subditum Regem tenebrarum tra^ hit.

Ut sis perennc mcntibiis Paschalc, Jes'i, gaudium, A morte dira criminum Vitae renatos libéra.

Deo Patri sit gloria, Et Fiiio, qui a mortuis Surrexit, ac Paraclito, In scmpiterna srecula.

Amen.

f. Mane nobiscum , Domine, alléluia.

^. Quoniam advcsperascit, alléluia.

du ciel, par qui l'enfer est abat tu, les liens de la mort brisés, les dons de la vie restitués.

Vainqueur de la mort qu'il a terrassée, le Christ déploie son étendard ; il rouvre le ciel, et traîne en captif le roi des léncbres.

Pour être toujours, ô Jésus, la joie pascale de nos âmes, daignez sauver de la cruelle mort du péché ceux que vous avez fait renaître à la vie.

A Dieu le Père soit la gloire ! gloire au Fils, ressuscité d'entre les morts I et gloire au Paraclet dans les siècles éternels !

Amen.

f. Demeurez avec nous, Seigneur, alléluia.

li). Car le soir est venu, alléluia.

Après l'Hymne, l'Eglise chante tous les jours de l'année, à l'Office de Vêpres, le Cantique dans lequel la Sainte Vierge, toute remplie du Dieu qu'elle portait dans son sein, lit éclater, en présence de sainte Elisabeth, les transports de sa joie et de sa reconnaissance. Chantons donc avec elle l'honneur insigne qu'elle a reçu, le triomphe de cette humilité profonde qui l'a rendue digne d'un tel honneur, la défaite des esprits superbes

A Vêpres.

i3g

chassés du ciel, l'exaltation de la créature humaine, si faible et si misérable, à la place des anges tombés.

Au milieu des allégresses de la Résurrection, le cœur de Marie tressaille de bonheur ; et, par toute la terre, l'Eglise s'unit à ses transports et la proclame Bienheureuse . Gloririons l'amour qui l'a unie aux douleurs de son rils. Debout au pied de la croix, elle a partagé son agonie ; il est juste qu'aujourd'hui elle ait sa part dans le triomphe.

MON âme glorifie le Seigneur ; Et mon esprit tressaille en Dieu mon Sauveur ;

Car il a regardé la bassesse de sa servante ; et, pour cela, toutes les nations m'appelleront bienheureuse.

Il a fait en moi de grandes choses , celui qui est puissant et de qui le nom est Saint.

Et sa miséricorde s'étend de génération en génération. sur ceux qui le craignent.

Il a opéré puissamment par son bras , et dispersé ceux qui suivaient les orgueilleuses pensées de leur cœur.

Il a mis à bas de leur trône les puissants, et il a élevé les humbles.

Il a rempli de biens ceux

MAGNIFICAT : anima mea Dominum.

Et exsultavit spiritus meus : * in Deo Salutari meo.

Quia respexit humilitatem ancillœ suas : * ecce enim ex hoc beatam me dicent omnes generationes.

Quia fecit mihi magna qui potens est : * et Sanctum nomen ejus.

Et misericordia ejus a progenie in progenies : ' timentibus eum.

Fecit potcntiam in brachio suo : * dispersit superbos mente cordis sui.

Deposuit potentes de sede : * et exaltavit humiles.

Esurientes implevit

bonis : * et divites dimisit inanes.

Susccpit Israël piicrum siium : * rccordatiis misericordiae sux.

Sicut lociitus est ad patres nostios : ' Abraham et semini ejiis in ssecula.

qui avaient faim, et renvoyé vides ceux qui étaient riches.

Il a reçu sous sa protection Israël son serviteur, se souvenant de la miséricordieuse promesse

Qu'il fit autrefois à nos pères, à Aliiaham et à sa postérité pour jamais.

Les Antiennes de Mai^nificat et les Oraisons se trouvent à chaque Dimanche.

[et Office, qui est la conclusion de tous ceux de la journée, s'ouvre par un avertissement sur les périls de la nuit, lequel est bientôt suivi de la Confession générale des péchés, comme un moyen de se rendre favorable la justice divine, avant d'aller courir les hasards du sommeil, si voisin de la mort.

Le Lecteur s'adresse au Prêtre, et lui dit :

- !■. ,10N Père, veuillez I -^ 1 UBE, Domne, bc^' '"■'" me bénir. | ^' ' nedicere.

Le Prêtre répond :

Que le Dieu tout-puissant nous accorde une nuit tranquille et une fin heureuse.

Noctem quietarn et finem perfectum concédât nobis Dominus omnipotcns.

i"^. Amen.

Le Lecteur lit ensuite ces paroles de la première Epître de saint Pierr.e :

Fratres : Sobrii estote, et vigilale : quia adversarius vcster diaholus , tamquam leo rugiens circuit , qucerens quem devorct : oui resistite fortes in fidc. Tu autem, Domine, miserere nobis.

\\ De

Mes Frères, soyez sobres et vigilants; car votre adversaire le diable tourne autour de vous comme un lion rugissant, cherchant qui il pourra dévorer; résistezlui, étant forts dans la foi. Mais vous , Seigneur, ayez pitié de nous.

Le Chœur répond :

jratias. | l^. Rendons grâces à Dieu.

Puis le Prêtre :

j^. Adjiitorium nostrum in Nomine Domini.

f. Tout notre secours est dans le Nom du Seigneur.

iX Qu:

terram.

Le Chœur :

fccit cc;luni et

lil. C'est lui qui a fait /c ciel et la terre.

On récite ensuite l'Oraison Dominicale en silence ; puis le Prêtre dit le Coti/îteor, et le Chœur le répète après lui.

Le Prêtre, après avoirprononcé la formule générale d'Absolution, s'écrie :

^ /^' ONVKR lissiez - NOUS,

"* ^^-^ ô Dieu, notre Sauveur 1

l"^. Et détournez votre colère de dessus nous.

j^. O Dieu, venez à mon aide.

Ij?. Seigneur, hâtez-vous de me secourir.

Gloire au Père, etc.

A /-^ ONViiRTE nos, ^* v^ Dcus, Salutaris

ira m

nostcr.

î\. Et avcrte tuam a nobis.

'f. Deus, in adjutorium mcum intcndc.

Vf. Domine, ad adjuvandum me fcstina.

Gloria Patri, etc.

A Compiles.

Le premier Psaume célèbre l'espérance avec laquelle le juste s'endori dans la paix, bien différent du pécheur qui s'agite dans l'inquiétude. Les traits radieux du Sauveur ressuscité répandent la honière_et la joie sur les fidèles, et renouvellent en eux l'espoir de ressusciter eux-mêmes, après le sommeil du tombeau.

Au milieu de ma prière, le Dieu de ma justice m'a exaucé ; vous m'avez mis au large, quand j'étais dans l'affliction.

Ayez pitié de moi, et exaucez ma prière.

Enfants des hommes, jusques à quand aurez-vous le cœur appesanti, aimerez-vous la vanité, et chercherez-vous le mensonge ?

Sachez que le Seigneur a rendu admirable celui qui lui est consacré ; le Seigneur m'exaucera quand je crierai vers lui.

Si vous vous irritez, faitesle sans pécher ; repassez avec componction, dans le repos de votre couche, les pensées de vos cœurs.

Offrez un sacrifice de justice et espérez au Seigneur. Il en est plusieurs qui disent ; Qui nous montrera le bonheur que nous cherchons ?

La lumière de votre risjfre, Seigneur, . se réfléchit sur

CVM invocarem, exaudivit me Deus justitiae mece :* in tribulatione dilatasti mihi.

Miserere mei : * et exaudi orationem meam.

Filii hominum. usquequo gravi corde ? * ut quid diligitis vanitatem, et quaeritis mendacium ?

Et scitote quoniam mirificavit Dominas sanctum suum : * Dominus exaudiet me, cunv clamavero ad eum.

Irascimini, et nolite peccare : * qua? dicitis in cordibus vestris, in cubilibus vestris compungimini.

Sacrificate sacrificium iustitiœ, et sperate in Domino : * multi dicunt : Quis os tendit nobis bona ?

Signatum est super nos lumen vultus tui,

Domine : * dcdisti lœtitiam in corde meo.

A fructu frumenti, vini et olci sui : * mulliplicati sLint.

In pace in idipsum ; * dormiam et reqiiiescam.

Quoniam tu, Domine, singulariter in spe : * constituisti me.

nous : c'est vous qui donnez la joie à mon cœur.

Par l'abondance du vin, de l'huile et du froment, vos enfants se sont multipliés.

Je m'endormirai donc, et me reposerai dans la paix ;

Parce que vous m'avez, Seigneur, alfcrmi dans l'espérance.

L'Eglise a placé ici les six premiers versets du Psaume trentième, parce qu'ils contiennent la prière du Sauveur mourant : Je remets, Seigneur, mon esprit entre vos mains ! paroles qui viennent si à propos dans l'Office du soir. Jésus a remis avec confiance son âme entre les mains de son Père ; au troisième jour, son Père la lui a rendue. Contions la nôtre à ce souverain arbitre de nos destinées, et notre espoir ne sera pas détruit, r

N te, Domine, fu in justitia

IN te. Domine, sperav non confundar in

œternum

tua libéra me,

Inclina ad me aurem tuam : * accéléra ut eruas me.

Esto mihi in Deum protectorem, et indomum rcfugii : * ut salvum me facias.

Quoniam fortitudo mea, et refugium mcum es tu : * et propter Nomcn tuum dcduces me, et cnutrics me.

Educes me de laquco

j^N vous, Seigneur, j'ai mis

C mon espéiance ; que je ne sois pas confondu : sauvez-moi dans votre justice.

Inclinez votre oreille vers moi, hâtez-vous de me délivrer.

Soyez-moi un Dieu protecteur et une maison de refuge, pour me sauver.

Car vous êtes ma force et mon refuge ; et vous me conduirez, vous me nourrirez, à cause de votre Nom.

Vous me tirerez du piège

A Complîes.

qu'on m'a tendu en secret ; car vous êtes mon protecteur.

Je remets mon esprit entre vos mains : c'est vous qui m'avez racheté, Seigneur. Dieu de vérité.

hoc, quem absconderunt mihi : * quoniam tu es protector meus.

In manus tuas commendo spiritum meum: * redemisti me, Domine, Deus varitatis.

Le troisième Psaume expose d'abord les motifs de la confiance du juste, au milieu même des périls de la nuit ; ensuite Dieu parle lui-même et promet à celui qui le sert fidèlement de lui donner la vie éternelle, au sein de laquelle il verra le Sauveur auquel il doit la vie.

CELUI qui habite dans l'asile du Très-Haut, demeurera sous la protection du Dieu du ciel.

Il dira au Seigneur : Vous êtes mon protecteur et mon refuge! Il est mon Dieu, j'espérerai en lui.

Car c'est lui qui m'a délivré du filet des chasseurs et des paroles fâcheuses.

Le Seigneur te couvrira de son ombre : tu seras dans l'espérance sous ses ailes.

Sa vérité sera ton bouclier ; tu ne craindras ni les alarmes de la nuit,

Ni la flèche qui vole au milieu du jour, ni la contagion qui se glisse dans les ténèbres, ni les attaques du démon du Midi.

Mille tomberont à ta gauche, et dix mille à ta

Qui habitat in adjutorio Altissimi : * in protectione Dei cœli commorabitur.

Dicet Domino : Susceptor meus es tu. et refugium meum : * Deus meus, sperabo in eum.

Quoniam ipse liberavit mede laqueo venantium : * et a verbo aspero.

Scapulis suis obumbrabit tibi : * et sub pennis ejus sperabis.

Scuto circumda'oit te Veritas ejus : * non îimebis a timoré nocturno.

A sagitta volante in die, a negotio perambulante in tenebris : * ab incursu, et daemonio meridiano.

Cadent a latere tuo mille, et decem millia a

i4f>

dextris tuis : * ad te autcm non appropinquabit.

Verumtamca oculis tuis consiJcrabis : * et retributioncm pcccatorum videbis.

Quoniam tu es. Domine, spcs mca : * Alîissimum posuisti relugiam tuum.

Non accedct ad te malum : * et flagellum non appropinquabit tabernaculo tuo.

Quoniam Angclis suis mandavit de te : * ut custodiant te in omnibus viis tuis.

In manibus portabunt te : * ne forte olTcndas ad lapidem pedem tuum.

Super aspidem et basiliscum ambulabis : * et conculcabis leoncm et draconem.

Quoniam in me speravit libcrabo eum : * protegam eum, quoniam cognovit Nomen meum.

Clamabit ad me, et ego exaudiam eum : * eum ipso sum in tribulatione, eripiam eum et glorificabo eurr..

Longitudine dierum replebo eum : * et ostendam illi Salutare meum.

droite -, mais la mort n'ap- ij prociiera pas de toi.

Cependant tu jetteras les yeux autour de toi, et tu contempleras le sort de l'impie.

Parce que tu as dit : Seigneur, vous êtes mon espérance ! parce que tu as placé ton refuge dans le TrèsHaut :

Le mal n'approchera pas de toi, et les fléaux s'éloigneront de ta tente ;

Car le Seigneur a commandé à ses Anges de te garder en toutes tes voies.

Ils te porteront sur leurs mains, dans la crainte que tu ne heurtes ton pied contre la pierre.

Tu marcheras sur l'aspic et le basilic, et tu fouleras aux pieds le lion et le dragon.

Dieu dira de toi : Parce qu'il a espéré en moi, je le délivrerai. Je le protégerai, parce qu^il a connu mon Nom.

Il criera vers moi, et je l'exaucerai • je suis avec lui dans la tribulation ; je l'en retirerai et le glorifierai.

Je le rassasierai de longs jours, et je lui montrerai le Sauveurquc je lui ai préparé, ij

Le quatrième Psaume invite les Serviteurs

A Compiles.

de Dieu à taire entendre sans relâche la prière nocturne. Les tidèles doivent le réciter dans un sentiment de reconnaissance envers Dieu, qui suscite dans son Eglise des Serviteurs de son Nom, dont la noble vocation est d'élever les mains le jour et la nuit pour le salut d'Israël, et sur la prière desquels le monde se repose et accomplit ses destinées.

BÉNISSEZ maintenant le Seigneur, vous tous qui le servez.

Vous qui êtes dans la maison du Seigneur, sous les portiques de la maison de notre Dieu,

Elevez vos mains durant les nuits vers le Sanctuaire, et bénissez le Seigneur.

Dites à Israël : Que le Seigneur te bénisse de Sion, le Seigneur qui a fait le ciel et la terre.

Ant. AlIeluia, alléluia. alléluia.

ECCE nunc benedicite Dominum : * cmnes servi Domini.

Qui stalis in dorao Domini : * in atriis domus Dei nostri.

In noctibus extollite manus vestras in Sancta : * et benedicite Dominum.

Benedicat te Dominus ex Sion : * qui fecit cœ- lum et terram.

Ant. AlIeluia. alléluia, alléluia.

AVANT que la lum.ière disparaisse , nous vous supplions, ô Créateur de toutes choses, d'être dans votre clémence notre protecteur et notre gardien.

Que les songes et les fantômes de la nuit s'enfuient loin de nous. Comprimez notre ennemi ; qu'il

TE lucis ante terminum, Rerum Creator, poscimus, Ut pro tua clementia Sis prœsul et custodia.

Procul recédant somnia. Et noctium phantasmata;

Hostcmque nostrum

comprime, Ne polluantur corpora.

Deo Patri sit p;loria. Et Filio qui a mortuis Surrexit, ac Paraclilo, In sempiterna sœcula.

Amen.

ne profane point nos corps.

Gloire soit à Dieu le Père ! Gloire au Fils ressuscité des morts! Gioircj^i l'Esprit consolateur dans les siècles des siècles 1

Amen.

CAPITULE. Jerem., xiv.

Tu autem in nobis es, Domine, et Nonien sanctum tuum invocatum est super nos ; ne derclinquas nos, Domine Deus noster.

fi|. In manus tuas, Domine, commcndo spiritum meum : * Alléluia, alléluia.

In manus tuas.

f. Redemisti nos, Domine, Deus veritatis. * AUeluia, alléluia.

Gloria. In manus tuas.

f. Custodi nos, Domine, ut pupillam oculi, alléluia.

fi). Sub umbra alarum tuarum protéine nos , alléluia.

Vous êtes en nous, Seigneur, et votre saint Nom a été invoqué sur nous : ne nous abandonnez pas. Seigneur notre Dieu !

«l. Entre vos mains, Seigneur, je remets mon esprit : ' Alléluia, alléluia.

Oit répète : Entre vos mains. Seigneur, etc.

j^. Vous nous avez rachetés. Seigneur, Dieu de vérité. On repèle : * Alléluia, alléluia.

Gloire au Père, etc. Entre vos mains, etc.

f. Gardez-nous, Seigneur, comme la prunelle de l'œil, alléluia.

Hj. Protégez-nous à l'ombre de vos ailes, alléluia.

Le Cantique du vieillard Simcon qui, tenant dans ses bras l'I'^nfant divin, le proclama la lumière des nations, et s'endormit du sommeil des justes, offre une expression touchante du

A Compiles.

repos que le tidèle, dont le cœur est uni à Dieu, goûtera en Jésus-Christ ; parce que, comme dit l'Apôtre, soit dans la veille, soit dans le sommeil, nous vivons avec celui qui est moi t pour nous. (I Thess. v, 10.)

f~^ 'est maintenant.Seigneur,

^— ' que vous laisserez aller en paix votre serviteur, selon votre parole ;

Parce que mes yeux ont vu le Sauveur,

Que vous avez destiné à être exposé aux regards de tous les peuples ;

Pour être la lumière qui éclairera les nations , et la gloire de votre peuple d'Israël.

Gloire au Père, au Fils, etc.

Ant. Sauvez-nous , Seigneur, durant la veille ; gardez-nous durant le sommeil : afin que nous puissions veiller avec Jésus-Christ, et que nous reposions dans la paix. Alléluia.

Visitez, s'il vous plaît. Seigneur, cette maison, et éloignez-en toutes les embûches de l'ennemi. Que vos saints Anges y habitent , qu'ils nous y gardent dans la paix, et que votre bénédiction demeure toujours sur nous. Par Jésus-Christ votre Fils, notre Seigneur, qui, étant Dieu, vit et règne avec vous,

NUNC dimittis .servum tuum , Domine : * secundum verbum tuum in pace.

Quia AÎderunt oculi mei : * Salutare tuum.

Quod parasti : * ante faciem omnium populcrum.

Lumen ad revelaticnem gentium : * et gloriam plebis tuae Israël.

Gloria Patri^ et Filic, etc.

Ant. Salvanos, Domine , vigilantes ; custodi nos dormientes: ut vigilemus cum Christo , et requiescamus in ' pace. AUeluia.

Visita, quœsumus Domine, habitationem istam , et omnes insidias inimici ab ea longe repelle : Angeli tui sancti habitent in ea, qui nos in pace castodiant : et benedictio tua sit super nos semper. Per Dominum nostrum Jesum Christum Filium tuum,

qui tecum vivit et régnât ia unitateSpiritiis Sancti Deiis , pcr omnia sa-cula sa'culoriim.

Amen.

>■'. Doinimis vobiscum;

Vj.. Et ciim spiritu tiio.

f. Benedicamiis Domino.

Vf. Dco gratias.

Bonedicat et ciistodiat nos omnipotens et misericors Dominus, Pater, et Filius, et Spiritiis Sanctus.

iç:. Amen.

en l'unité du Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles.

Aîncn.

j^. Le Seigneur soit avec vous ;

1^. Va avec votre esprit. f. liénissons le Seigneur.

i^. Rendons grâces à Dieu.

Que le Seigneur toutpuissant et miséricordieux , le Père , le Fils et le SaintEsprit, nous bénisse et nous conserve.

Une antique tradition se rapporte à cette célèbre et joyeuse Antienne. On raconte que, sous le pontificat de saint Grégoire le Grand, une peste désastreuse vint s abattre sur la ville de Rome, pendant le Temps pascal. Afin d'en obtenir du ciel la cessation, le saint Pape ordonna une procession générale du clergé et du peuple, dans laquelle on porterait avec respect le tableau de la Sainte Vierge peint par saint Luc. L'immense et pieux cortège se dirigeait vers la basilique du Prince des Apôtres; et à mesure que la sainte image s'avançait suivie du Pontife en prières, l'air se \ purifiait sur son passage, et les miasmes pes- i tilentiels tombaient. On était arrivé au pont - qui unit la ville au quartier du Vatican ; tout à coup un concert d'Anges se fait entendre au-dessus de la sainte "image. Ces Lsprits bienheureux chantaient : « Reine du ciel, \

A Compiles.

réjouissez-vous, alléluia ; car celui que vous avez mérité de porter, alléluia, est ressuscité comme il l'avait dit, alléluia, m Après ces paroles, les voix célestes se turent : alors le Pontijfe, osant unir les vœux de la terre au chant triomphal des cieux, ajouta avec transport cette humble supplication : « Daignez prier Dieu en notre faveur, alléluia ; » et l'Antienne pascale de Marie se trouva ainsi composée. Grégoire, levant ensuite les yeux au ciel, aperçut sur la cime du Môle d'Adrien l'Ange exterminateur, qui, après avoir essuyé son épée ensanglantée, la remettait dans le fourreau. En mémoire de cette apparition, le Môle d'Adrien a conservé depuis le nom de Fort Saint-Ange ; et il est surmonté d'une statue colossale en bronze représentant l'Ange exterminateur qui abaisse son glaive, et le fait rentrer dans le fourreau.

!> EINE du ciel, réjouissez1^ vous, alléluia ;

Car celui que vous avez mérité de porter, alléluia,

Est ressuscité comme il l'avait dit, alléluia.

Daie;nez prier Dieu en notre faveur, alléluia.

f. Soyez dans l'allégresse, ô Vierge Marie, alléluia ;

^. Car le Seigneur est vraiment ressuscité , alléluia.

EGINA cceli , lœtare, alléluia,

Quia quem meruisti portare, alléluia ,

Resurrexit sicut dixit, alléluia.

Ora pro nobis Deum, alléluia.

f. Gaude et lœtare, Virgo Maria, alléluia ;

Ij?. Quia surrexit Dominus vere, alléluia.

O Dieu , qui avez voulu réjouir le monde par la Résurrection de Jésus-Christ,

Deus. qui par Resurrectionem Filii tui Domini nostri Jesu Christi

l52

mundum lœtificare dignatus es : prrcsta qnaîsumus, ut pcr ejiis Genitricem Virginem Mariam, pcrpctuas capiamiis gaudia vil.T. Pcr eiimdem Christum Dominum nostrum. Amen.

Divinum auxilium m\- neat sempcr nobiscum.

Amen.

votre Fils ; daignez nous faire arriver aux joies de la vie éternelle, par le secours de sa sainte Mère la Vierge Mnrie. Par le même JésusChrist notre Seigneur. Amen,

Que le secours divin demeure toujours avec nous 1 Amen.

m^^-'-

cest le jour que le Seigneur a fait ; passons-le DANS LES TRANS-

^■''f^'^^. nuit du Samedi au Dimanche >it enlin s'épuiser ses longues ..cures ; et le lever du jour est proche. Marie, le cœur oppressé, attend avec une courageuse patience le moment fortuné qui doit lui rendre son fils. Madeleine et ses compagnes ont veillé toute la nuit, et ne tarderont pas à se mettre en marche vers le saint tombeau. Au fond des limbes, l'âme du divin Rédempteur s'apprête à donner le signal du départ à ces myriades d'âmes justes si longtemps captives, qui l'entourent de leur respect et de leur amour. La mort plane en silence sur le sépulcre où elle retient sa victime. Depuis le jour où elle dévora Abcl, elle a englouti d'innombrables générations; mais

i54 -^^ Saint Jour de Pâques.

jamais elle n'a tenu dans ses liens une si noble proie. Jamais la sentence terrible du jardin n'a reçu un si effrayant accomplissement ; mais aussi jamais la tombe n'aura vu ses espérances déjouées par un si cruel démenti. Plus d'une fois, la puissance divine lui a dérobé ses victimes : le iils de la veuve de Naïm, la tille du chef de la synagogue, le frère de Marthe et de Madeleine lui ont été ravis; mais elle les attend à la seconde mort. Il en est un autre cependant, au sujet duquel il est écrit : « O mort, je serai ta mort ; tombeau, je serai ta ruine. » (Osée.xhi, 14.) Encore quelques instants : les deux adversaires vont se livrer combat.

De même que l'honneur de la divine Majesté ne pouvait permettre que le corps uni à un Dieu attendît dans la poussière, comme celui des pécheurs, le moment où la trompette de l'Ange nous doit tous appeler au jugement suprême ; de même il convenait que les heures durant lesquelles la mort devait prévaloir fussent abrégées. « Cette génération perverse demande un prodige, avait dit le Rédempteur ; il ne lui en sera accordé qu'un seul : celui du prophète Jonas. » (Matth. XII, 39.) Trois jours de sépulture : la tin de la journée du Vendredi, la nuit suivante, le Samedi tout entier avec sa nuit, et les premières heures du Dimanche ; c'est assez : assez pour la justice divine désormais satisfaite ; assez pour certifier la mort de l'auguste victime, et pour assurer le plus éclatant des triomphes ; assez pour le cœur désolé de la plus aimante des mères.

« Personne ne m'ôtc la vie ; c'est moi-même

Le Saint Jour de Pâques.

qui la dépose ;• j'ai le pouvoir de la quitter, et j'ai aussi celui de la reprendre. » CJohan. x, 18.) Ainsi parlait aux Juifs le Rédempteur | avant sa Passion; la mort sentira tout à l'heure | la force de cette parole de maître. Le Di- j manche, jour de la Lumière, commence à « poindre ; les premières lueurs de l'aurore | combattent déjà les ténèbres. Aussitôt l'âme ! divine du Rédempteur s'élance de la prison | des limbes, suivie de toute la foule des âmes f saintes qui l'environnaient Elle traverse en \ un clin d'œil l'espace, et pénétrant dans le \ sépulcre, elle rentre dans ce corps qu'elle ; avait quitté trois jours auparavant au milieu [ des angoisses de l'agonie. Le corps sacré se ■ ranime, se relève, et se dégage des linceuls, des aromates et des bandelettes dont il était entouré. Les meurtrissures ont disparu, le sang est revenu dans les veines ; et de ces membres lacérés par les fouets, de cette tête déchirée par les épines, de ces pieds et de ces mains percés par les clous, s'échappe une lumière éclatante qui remplit la caverne. Les saints Anges, qui adorèrent avec attendrissement l'enfant de Bethléhem, adorent avec tremblement le vainqueur du tombeau. Ils plient avec respect et déposent sur la pierre où le corps immobile reposait tout â l'heure, les linceuls dont la piété des deux disciples et des saintes femmes l'avait enveloppé.

Mais le Roi des siècles ne doit pas s'arrêter davantage sous cette voûte funèbre ; plus prompt que la lumière qui pénètr& le cristal, il franchit l'obstacle que lui opposait la pierre qui fermait l'entrée de la caverne, et que la

i56 Le Saint Jour de Pâques.

puissance publique avait scellée et entourée | de soldats armés qui faisaient la garde. Tout J est resté intact; et il est libre, le triompha- | teur du trépas ; ainsi, nous disent unanime- \ ment les saints Docteurs, parut-il aux yeux *' de Marie dans l'étabic, sans avoir fait resscn- ; tir aucune violence au sein maternel. Ces deux mystères de notre foi s'unissent, et proclament le premier et le dernier terme de la mission du Fils de Dieu : au début, une Vierge-Mère ; au dénoûment, un tombeau scelle rendant son captif.

Le silence le plus profond règne encore, à ce moment où l'Homme-Dieu vient de briser le sceptre de la mort. Son affranchissement et le notre ne lui ont coûté aucun effort. O Mort ! que restc-t-il maintenant de ton empire ? Le péché nous avait livrés à toi ; tu te reposais sur ta conquête ; et voici que ta défaite est au comble. Jésus, que tu étais si fière de tenir sous ta cruelle loi, t'a échappé ; et nous tous, après que tu nous auras possédés, nous t'échapperons aussi. Le tombeau que tu nous creuses deviendra notre berceau pour une vie nouvelle ; car ton vainqueur est le premier-né entre les morts {Apoc. i, 5) ; et c'est aujourd'hui la Pâque, le Passade, la délivrance, pour Jésus et pour tous ses trères. La route qu'il a frayée, nous la suivrons tous ; et le jour viendra où toi qui détruis tout, toi Vennemie, tu seras anéantie à ton tour par le règne de l'immortalité. (I Cor. xv, 26.) Mais dès ce moment nous contemplons ta défaite, et nous répétons, pour ta honte, ce cri du grand Apôtre : « O Mort, qu'est devenue ta victoire.'' Qu'as-tu fait de ton glaive? Un

Le Saint Jour de Pâques. i5j

moment tu as triomphé, et te voilà engloutie dans ton triomphe. » [Ibid. ob.)

Mais le sépulcre ne doit pas rester toujours scellé; il faut qu'il s'ouvre, et qu'il témoigne au grand jour que celui dont le corps inanimé l'habita quelques heures l'a quitté pour jamais. Soudain la terre tremble, comme au moment où Jésus expirait sur la croix ; mais ce tressaillement du globe n'indique plus l'horreur; il exprime l'allégresse. L'Ange du Seigneur descend du ciel ; il arrache la pierre d'entrée, et s'assied dessus avec majesté; une robe éblouissante de blancheur est son vêtement, et ses regards lancejit des éclairs. A son aspect, les gardes tombent par terre épouvantés, ils sont là comme morts, jusqu'à ce que la bonté divine apaisant leur terreur, ils se relèvent, et quittant ce lieu redoutable, se dirigent vers la ville, pour rendre compte de ce qu'ils ont vu.

Cependant Jésus ressuscité, et dont nulle créature mortelle n'a encore contemplé la gloire, a franchi l'espace, et en un moment il s'est réuni à sa très sainte Mère. Il est le Fils de Dieu, il est le vainqueur de la mort; mais il est aussi le tils de Marie. Marie a assisté près de lui jusqu'à la tin de son agonie ; elle a uni le sacrifice de son cœur de mère à celui qu'il oftrait lui-même sur la croix ; il est donc juste que les premières joies de la résurrection soient pour elle. Le saint Evangile ne raconte pas l'apparition du Sauveur à sa Mère, tandis qu'il s'étend sur toutes les autres ; la raison en est aisée à saisir. Les autres apparitions avaient pour but de promulguer le fait de la résurrection ;

j 58 Le Saint Jour de Pâques.

celle-ci était réclamée par le cœur d'un fils, "j

et d'un fils tel que Jésus, La nature et la \

grâce exigeaient à la fois cette entrevue prc- ^

mière, dont le touchant mystère fait les i

délices des âmes chrétiennes. Elle n'avait pas il

besoin d'être consignée dans le livre sacré; '■

la tradition des Fcres, à commencer par Ij

saint Ambroisc, suffisait à nous la trans- ji

mettre, quand bien même nos cœurs ne l'au- \

raient pas pressentie ; et lorsque nous en !

venons à nous demander pour quelle raison j

le Sauveur, qui devait sortir du tombeau le !

jour du Dimanche, voulut le faire dès les |

premières heures -de ce jour, avant même \

que le soleil eût éclairé l'univers, nous adhé- l

rons sans peine au sentiment des pieux et |

savants auteurs qui ont attribué cette hâte du |

Fils de Dieu à l'empressement qu'éprouvait ]

son cœur, de mettre un terme à la doulou- ;j

reuse attente de la plus tendre et de la plus ! affligée des mères.

Quelle langue humaine oserait essayer de \

traduire les épanchements du Fils et de la \

Mère, à cette licure tant désirée ? Les yeux ,

de Marie, épuisés de pleurs et d'insonmie, -j

s'ouvrant tout à coup à la douce et vive |

lumière qui lui annonce l'approche de son \

bien-aime;la voix de Jésus retentissant à ;i

ses oreilles, non plus avec l'accent doulou- j

reux qui naguère descendait de la croix et ]

transperçait "comme d'un glaive son cœur j; maternel, mais joyeuse et tendre, comme il

convient à un fils qui vient raconter ses | triomphes à celle qui lui a donné le jour; l'aspect de ce corps qu'elle recevait dans ses bras, il y a trois jours, sanglant et inanimé,

Le Saint Jour de Pâques. iSg

maintenant radieux et plein de vie, lançant comme les retiets de la divinité à laquelle il est uni ; les caresses d'un tel tils, ses paroles de tendresse, ses embrassements qui sont ceux d'un Dieu; pour rendre cette scène sublime, nous n'avons que le mot du pieux abbé Rupert, qui nous dépeint l'effusion de joie dont le cœur de Marie se trouve alors rempli, comme un torrent de bonheur qui l'enivre et lui enlève le sentiment des douleurs si poignantes qu'elle a ressenties i.

Toutefois cette invasion des délices que le Fils divin avait préparées à sa mère ne fut pas aussi subite que les paroles de ce dévot auteur du xii* siècle nous donneraient à l'entendre. Notre Seigneur a bien voulu décrire lui-même cette ineffable scène dans une révélation qu'il lit à la séraphique vierge sainte Thérèse. Il daigna lui confier que l'accablement de la divine Mère était si profond, qu'elle n'eût pas tardé à succomber à son martyre, et que lorsqu'il se montra à elle au moment où il venait de sortir du tombeau, elle eut besoin de quelques moments pour revenir à elle-même avant d'être en état de goûter une telle joie; et le Seigneur ajoute qu'il resta longtemps auprès d'elle, parce que cette présence prolongée lui était nécessaire '^.

Nous, chrétiens, qui aimons notre Mère, qui l'avons vue sacrifier pour nous son propre fils sur le Calvaire, partageons d'un cœur

2. Vie de sainte Thérèse écrite par elle-me'me, dans les

Additions.

i6o Le Saint Jour de Pâques.

filial la félicité dont Jésus se plaît à la combler en ce moment, et apprenons en môme temps à compatir aux douleurs de son cœur maternel. C'est ici la première manifestation de Jésus ressuscité : recompense de la foi qui veilla toujours au cœur de Marie , pendant mûme la sombre éclipse qui avait duré trois jours. Mais il est temps que le Christ se montre à d'autres, et que la gloire de sa résurrection commence à briller sur le monde. Il s'est fait voir d'abord à celle de toutes les créatures qui lui était la plus chère, et qui seule était digne d'un tel bonheur; maintenant, dans sa bonté, il va récompenser, par sa vue pleine de consolation, les âmes dévouées qui sont demeurées fidèles à son amour, dans un deuil trop humain peut-être, mais inspiré par une reconnaissance gue ni la mort, ni le tombeau n'avaient découragée.

Hier, Madeleine et ses compagnes, lorsque le coucher du soleil vint annoncer que , selon l'usage des Juifs, le grand Samedi faisait place au Dimanche, sont allées par la ville acheter des parfums, pour embaumer de nouveau le corps de leur cher maître, aussitôt que la lumière du jour leur permettra d'aller lui rendre ce pieux devoir. La nuit s'est passée sans sommeil ; et les ombres ne sont pas encore totalement dissipées, que Madeleine, avec Marie, mère de Jacques, et Salomé, est déjà sur le chemin qui conduit au Calvaire, près duquel est le sépulcre où repose Jésus. Dans leur préoccupation, elles ne s'étaient pas même demande quels bras elles emploieraient pour déranger la pierre

Le Saint Jour de Pâques. i6i '[

qui ferme l'entrée de la grotte; moins encore ont-elles songé au sceau de la puissance f publique qu'il faudrait auparavant briser, et 1 aux gardes qu'elles vont .rencontrer près du ; tomlDeau. Aux premiers rayons du jour, elles arrivent au terme de leur pieux voyage; et la première chose qui frappe leurs regards, c'est la pierre qui fermait l'entrée, ôtée de sa place, et laissant pénétrer le regard dans ■ les profondeurs de la chambre sépulcrale. L'Ange du Seigneur, qui avait eu mission de déranger cette pierre et qui s'était assis ' dessus comme sur un trône, ne les laisse pas : longtemps dans la stupeur qui les a saisies : i « Ne craignez pas, leur dit-il ; je sais que | vous cherchez Jésus; il n'est plus ici; il est f ressuscité , comme il l'avait dit; pénétrez vous-mêmes dans le tombeau, et reconnaissez la place où il a reposé. »

C'était trop pour ces âmes que l'amour de leur maître transportait, mais qui ne le connaissaient pas encore par l'esprit. Elles demeurent « consternées », nous dit le saint Evangile. C'est un mort qu'elles c'nerchent, s un mort chéri ; on leur dit qu'il est ressuscité ; et cette parole ne réveille chez elles \ aucun souvenir. Deux autres Anges se pré- l sentent à elles dans la grotte tout illuminée î de l'éclat qu'ils répandent. Eblouies de cette lumière inattendue, Madeleine et ses compagnes, nous dit saint Luc, abaissent vers la j terre leurs regards mornes et étonnés. « Pourquoi cherchez-vous chez les morts, leur disent les Anges, celui qui est vivant ? | Rappelez-vous donc ce qu'il vous disait '"'^ Galilée : qu'il serait crucifié, et que, le troi102 Le Saint Jour de Pâques.

sième jour, il ressusciterait. » Ces paroles font quelque impression sur les saintes femmes; et au milieu de leur émotion, un léger souvenir du passé semble renaître dans leur mémoire. « Allez donc, continuent les Anges ; dites aux disciples et à Pierre qu'il est ressuscité , et qu il les devancera en Galilée. »

Elles sortent en hâte du tombeau et se dirigent vers la ville , partagées entre la terreur et un sentiment de joie intérieure qui les pénètre comme malgré elles. Cependant elles n'ont vu que les Anges, et un sépulcre ouvert et vide. A leur récit, les Apôtres, loin de se laisser aller à la confiance, attribuent, nous dit encore saint Luc, à l'exaltation d'un sexe faible tout ce merveilleux qu'elles s'accordent à raconter. La résurrection prédite si clairement, et à pkisieurs reprises, par leur maître, ne leur revient pas non plus en mémoire. Madeleine s'adresse en particulier à Pierre et à Jean; mais que sa foi à elle est faible encore ! Elle est partie pour embaumer le corps de son cher maître, et elle ne l'a pas trouvé; sa déception douloureuse s'épanche encore devant les deux Apôtres : « Ils ont enlevé, dit-elle, le Seigneur du tombeau; et nous ne savons pas ou ils l'ont mis. »

Pierre et Jean se déterminent à se rendre sur le lieu. Ils pénètrent dans la grotte; ils voient les linceuls disposés en ordre sur la table de pierre qui a reçu le corps de leur maître; mais les Esprits célestes qui font la garde ne se montrent point à etix. .Ican cependant, et c'est lui-même qui nous en rend

Le Saint Jour de Pâques. i63

témoignage, reçoit en ce moment la foi; désormais il croit à la résurrection de Jésus. Nous ne faisons que passer rapidement sur des récits que nous aurons occasion de méditer plus tard, lorsque la sainte Liturgie les ramènera sous nos yeux. En ce moment, il s'agit seulement de suivre dans leur ensemble les événements de ce jour, le plus grand des jours.

Jusqu'à cette heure , Jésus n'a encore apparu qu'à sa Mère ; les femmes n'ont vu que des Anges qui leur ont parlé. Ces bienheureux Esprits leur ont commandé d'aller annoncer la résurrection de leur maître aux disciples et à Pierre. Elles ne reçoivent pas cette commission pour Marie; il est aisé d'en saisir la raison : le fils s'est déjà réuni à sa mère ; et la mystérieuse et touchante entrevue se poursuit encore durant ces préludes. Mais déjà le soleil brille de tous ses feux, et les heures de la matinée avancent; c'est l'Homme-Dieu qui va proclamer luimême le triomphe que le genre humain vient de remporter en lui sur la mort. Suivons avec un saint respect l'ordre de ces manifestations, et efforçons- nous respectueusement d'en découvrir les mystères.

Madeleine, après le retour des deux Apôtres, n'a pu résister au désir de visiter de nouveau la tombe de son maître. La pensée de ce corps qui a disparu, et qui, peut-être, dev-enu le jouet des ennemis de Jésus, gît sans honneurs et sans sépulture, tourmente son âme ardente et bouleversée. Elle est repartie, et bientôt elle arrive à la porte du sépulcre. Là, dans son inconsolable douleur,

i64 ^s Saint Jour de Pâques.

elle se livre à ses sanglots; puis bientôt, se \ penchant vers l'intérieur de la grotte, elle \ aperçoit les deux Anges assis chacun à une • des extrémités de la table de pierre sur la- ■ quelle le corps de Jésus fut étendu sous ses ; yeux. Elle ne les interroge pas; ce sont eux qui lui parlent : « Femme, disent-ils, pour- ; quoi plcures-tu ? » — « Ils ont enlevé mon maître, et je ne sais où ils l'ont mis. » Et I après ces paroles, elle sort brusquement du ■ sépulcre, sans attendre la réponse des Anges. ] Tout à coup, à l'entrée de la grotte, elle se \ voit en face d'un homme, et cet homme est ' Jésus. Madeleine ne le reconnaît pas; elle est \ à la recherche du corps mort de son maître ; ' elle veut l'ensevelir de nouveau. L'amour la ; transporte, mais la foi n'éclaire pas cet amour; elle ne sent pas que celui dont clic cherche la dépouille inanimée est là, vivant, près d'elle.

Jésus, dans son ineffable condescendance, daigne lui faire entendre sa voix : « F'emme, lui dit-il, pourquoi pleures-tu ? que cherchestu ? » Madeleine n'a pas reconnu cette voix; son cœur est comme engourdi par une excessive et aveugle sensibilité; elle ne connaît pas encore Jésus par l'esprit. Ses yeux se sont pourtant arrêtés sur lui; mais son imagination qui l'entraîne lui fait voir dans cet homme le jardinier chargé de cultiver le jardin qui entoure le sépulcre. Peut-être, se dit-elle, est-ce lui qui a dérobé le trésor que i je cherche ; et sans réfléchir plus longtemps, • elle s'adresse à lui-môme sous cette imprcs- ) sion : « Seigneur, dit-elle humblement à l'inconnu, si c'est vous qui l'avez enlevé,

Le Saint Jour de Pâques. j65

dites-moi où vous l'avez mis, et je vais l'emporter. » C'était trop pour le cœur du Rédempteur des hommes, pour celui qui daigna louer hautement chez le Pharisien l'amour de la pauvre pécheresse; il ne peut plus tarder à récompenser cette naïve tendresse ; il va l'éclairer. Alors, avec cet accent qui rappelle à Madeleine tant de souvenirs de divine familiarité, il parle; mais il ne dit que ce seul mot : ce Marie !» — « Cher maître ! » répond avec effusion l'heureuse et humble femme, illuminée tout à coup des splendeurs du mystère.

Elle s'élance, et voudrait coller ses lèvres à ces pieds sacrés, dans l'embrassement desquels elle reçut autrefois son pardon. Jésus

1 arrête; le moment n'est pas venu de se livrer à de tels épanchements. Il faut que Madeleine, premier témoin de la résurrection de l'Homme-Dieu, soit élevée, pour prix de son amour, au plus haut degré de l'honneur. 11 ne convient pas que Marie révèle à d'autres les secrets sublimes de son cœur maternel ; c'est à Madeleine de témoigner de ce qu'elle a vu, de ce qu'elle a entendu dans le jardin. C'est elle qui sera, comme disent les saints Docteurs, l'Apôtre des Apôtres eux-mêmes. Jésus lui dit : « \'a trouver mes frères et disleur que je monte vers mon Père et le leur, vers mon Dieu et le leur, »

Telle est la seconde apparition de Jésus ressuscité, l'apparition à xMarie-Madcleine, la première dans l'ordre du témoignage. Nous la méditerons de nouveau, le jour où'la sainte Eglise nous donnera à lire le passage de saint Jean où elle est rapportée. Mais adorons dès

ib6 Le Saint Jour de Pâques. j

ce moment l'intinie bonté du Seigneur, qui, avant de songer à établir la foi de sa résurrection dans ceux cjui devaient la prêcher jusqu'aux extrémités du monde, daigne d'abord récompenser l'amour de cette femme qui Ta suivi jusqu'à la croix, jusqu'au delà du tombeau, et qui, étant plus redevable que les au- , très, a su aussi aimer plus que les autres. En se ; montrant d'abord à Madeleine, Jésus a voulu ; satisfaire avant tout l'amour de son cœur », divin pour la créature, et nous apprendre que • le soin de sa gloire ne vient qu'après.

Madeleine, empressée de remplir l'ordre de ; son maître, se dirige vers la ville et ne tarde ■ pas à se trouver en présence des disciples. | «J'ai vu le Seigneur, leur dit-elle, et il m'a « dit ceci. » Mais la foi n'est pas encore entrée [ dans leurs âmes ; le seul Jean a reçu ce don au sépulcre, bien que ses yeux n'aient vu que , le tombeau désert. Souvenons-nous qu'après . avoir fui comme les autres, il s'est retrouvé j au Calvaire pour recevoir le dernier soupir .1 de Jésus, et que là il est devenu le fils adoptif l de Marie. '

Cependant les compagnes de Madeleine, Marie, mère de Jacques, "^et Salomé, qui l'ont suivie de loin sur la route du saint tombeau, i' reviennent seules à Jérusalem. Soudain Jésus se présente à leurs regards, et arrête leur j marche lente et silencieuse. « Je vous salue », '. leur dit-il. A cette parole, leur cœur se fond ' de tendresse et d'admiration. Elles se précipitent avec ardeur à ses pieds sacrés, elles les •; embrassent, et lui prodiguent leurs adora- '.' tions. C'est la troisième apparition du Sauveur ressuscité, moins intime mais plus familière

Le Saint Jour de Pâques. i6y [

que celle dont Madeleine fut favorisée. Jésus n'achèvera pas la journée sans se manifester à ceux qui sont appelés à devenir les hérauts de sa gloire ; mais il veut, avant tout, honorer aux yeux de tous les siècles à ^■enir ces généreuses femmes qui, bravant le péril et triomphant de la faiblesse de leur sexe, l'ont consolé sur la croix par une fidélité qu'il ne rencontra pas dans ceux qu'il avait choisis et comblés de ses faveurs. Autour de la crèche où il se montrait pour la première fois aux hommes, il convoqua de pauvres bergers par la voix des Anges, avant d'appeler"^ les rois par le ministère d'un astre matériel ; aujourd'hui qu'il est arrivé au comble de sa gloire, qu'il a mis par sa résurrection le sceau à toutes ses œuvres et rendu certaine sa divine origine, en assurant notre foi par le plus irréfragable de tous les prodiges, il attend, avant d'instruire et d'éclairer ses Apôtres, que d'humbles femmes aient été par lui instruites, consolées, comblées enfin des marques de son amour. Quelle grandeur dans cette conduite si suave et si forte du Seigneur notre Dieu, et qu'il a raison de nous dire par le Prophète : « Mes pensées ne sont pas vos pensées ! » Isai. lv, 8.)

S'il eût été à notre disposition d'ordonner les circonstances de sa venue en ce monde, quel bruit n'eussions-nous pas fait pour appeler le genre humain tout entier, rois et peuples, autour de son berceau ? Avec quel fracas eussions-nous promulgué devant toutes les nations le miracle des miracles, la Résurrection du crucifié, la mort vaincue et l'immortalité reconquise ? Le Fils de Dieu, qui

i6S Le Saint Jour de Pâques.

est « la Force et la Sagesse du Père » (I Cor. I, 24), s'y est pris autrement. Au moment de sa naissance, il n'a voulu pour premiers adorateurs que des hommes simples et rustiques, dont les récits ne devaient pas retentir au delà des contins de Bethléhem ; et voilà qu'aujourd'hui la date de cette naissance est l'ère de tous les peuples civilisés. Pour premiers témoins de sa Résurrection, il n'a voulu que de faibles femmes; et voilà qu'en ce jour même, à l'heure où nous sommes, la terre entière célèbre l'anniversaire de cette Résurrection; tout est remué, un élan inconnu le reste de l'année se fait sentir aux plus indifférents; l'incrédule qui coudoie le croyant sait du moins que c'est aujourd'hui Pâques; et du sein même des nations infidèles, d'innombrables voix chrétiennes s'unissent aux nôtres, afin que s'élève de tous les points du globe vers notre divin ressuscité l'acclamation joyeuse qui nous réunit tous en un seul peuple, le divin Alléluia. « O Seigneur » , devons-nous nous écrier avec Moïse, quand le peuple élu célébra la première Pâque et traversa à pied sec la mer Rouge, « ô Sei.- gneur, qui d'entre les forts est semblable à vous ? » {Exod. XV, II.)

Suspendons le récit des événements de cette solennelle journée, et n'anticipons pas sur les heures. Il est temps de s'unir à la sainte Eglise qui, après avoir consacré la plus grande partie de la nuit à l'enfantement du nouveau peuple qui lui est né, s'apprête à rendre au Seigneur le tribut accoutumé de sa louange

c

A VOffice des Matines. i6g

HAQUE Dimanche de l'année, le divin Service de la nuit se compose de trois partitions désignées sous le nom de Nocturnes. Chacune de ces sections est formée de trois Psaumes accompagnés d'Antiennes, et suivis de Lectures entrecoupées de Répons. Cet ensemble majestueux de chants sacrés que précède, en forme de prélude, le Psaume appelé Invitatoire, et que termine l'Hymne Ambrosien, commence après le milieu de la nuit, et doit être achevé aux premiers rayons de l'aurore, où il fait place à l'Office plus solennel encore des Laudes. Mais cette nuit a été occupée presque tout entière par la sublime fonction du Baptême; et quand le Sacritice s'achevait, le lever du soleil était déjà proche. Il est donc nécessaire d'abréger aujourd'hui le service ordinaire de la nuit, afin que les cantiques par lesquels l'Eglise salue le retour de la lumière, œuvre et figure de son céleste Epoux, se rapprochent, autant qu'il est possible, de l'instant où l'astre radieux qui la verse sur la terre aura commencé sa course. C'est pour cette raison que l'OflEice de la nuit, appelé improprement Matines dans les temps modernes, parce qu'on ne le célèbre plus guère que le matin, est réduit aujourd'hui à un seul Nocturne.

La sainte Eglise débute par la supplication qui ouvre le cours de ses solennelles prières.

^ Q EIGNEUR, ouvrez! ^ r->wOMlNE, labia '* o mes lèvres, | ' ' U mea aperies,

lyo Le Saint Jour de Pâques.

^. Et os mcum anniintiabit laudem tiiam.

j^. Deus, inadjutorium meum intende.

Ij?. Domine, ad adjiivandiim me festina.

Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto ;

Sicuteratin principio, et nunc et semper, et in sœcuia sa^culorum.Amen. Alléluia.

i^. Et ma bouche annoncera vos louanges.

f. O Dieu r venez à mon aide 1

"Sf. Hàtez-vous , Seigneur, de me secourir.

Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit ;

Comme il était au commencement et toujours

et maintenant, et dans les siècles des siècles. Amen. Alléluia.

Vient ensuite, avec son glorieux refrain qui annonce la Résurrcctio'n du Christ, le cantique Tnvitatoire par lequel, chaque nuit, l'Eglise convie ses enfants à venir adorer le Seigneur. En ce moment, ce sont les Anges cux-mcmcs qui , s'adressant à nous en la personne de Madeleine et de ses compagnes, proclament la victoire de notre Rédempteur sur la mort.

Dominus | e Seigneur est véritableluia 1 I- ment ressuscite, ' Alléluia 1

VENITE, cxsultemus Domino, jubilemusDeo Salutari nostro, pra^occupcmus faciem cjus in confcssione, et in psalmis jubilcmus ci.

verc, * AIli

S ur r e X i t Dorninus vcre, * Alléluia 1

Quoniam Deusmagnus

VENEZ, fidèles, tressaillons dans le Seigneur ; chantons dans la jubilation des hymnes à Dieu notre Sauve;ir : prévenons sa présence par des chants de louan;;c, et jubilons en son honneur dans la psalmodie.

Le Seigneur est véritablement ressuscité, * Alléluia!

Car le Seigneur est le

A l'Office des Matines.

lyr

grand Dieu , le grand Roi au-dessus de tous les dieux : il ne repoussera point son peuple. Dans sa main sont toutes les profondeurs de la terre, et son œil domine les sommets des montagnes.

Alléluia !

La mer est à lui, et il l'a faite, et ses mains ont formé la terre. Venez, fidèles, adorons et prosternons-nous devant ce Dieu ; pleurons devant ce Seigneur qui nous a faits ; car il est le Seigneur notre Dieu , et nous son peuple et les brebis de ses pâturages.

Le Seigneur e^t véritablement ressuscité, * Alléluia 1

Si aujourd'hui vous entendez sa voix, n'endurcissez pas vos cœurs , comme au jour du murmure et de la tentation, dans le désert. où vos pères me tentèrent, moi le Seigneur., où ils me mirent à l'épreuve , et virent mes œuvres.

Alléluia!

Pendant quarante ans, j'ai couvert de ma protection cette génération, et j'ai dit : C'est un peuple dont le cœur est égaré; ils ne connaissent pas mes voies ; c'est pourquoi j'ai juré dans ma colère qu'ils n'entreraient point dans la terre de mon repos.

Le Seigneur est véritablement ressuscité, * Alléluia !

Dominus, et Rex magnus super omnes deos : quoniam non repellet Dominus plebcm suam. quia in manu ejus sunt omnes fines terras, et altitudines raontium ipse conspicit.

Alléluia!

Quoniam ipsius est mare, et ipse fecit illud, et aridam fundaverunt manus ejus. Venite, adoremus . et procidamus ante Deum : ploremus coram Domino qui fecit nos, quia ipse est Dominus Deus noster : nos autem populus ejus , et oves pascuœ ejus.

Surrexit Dominus vere. * AUeluia !

Hodie si vocem ejus audieritis, nolite obdurare corda vestra, sicut in exacerbatione. secundum diem tentationis in deserto : ubi tentaverunt me patres vestri. probaverunt, et viderunt opéra mea.

Alléluia !

Quadraginta annis proximus fui generationi huic, et dixi : Semper hi errant corde : ipsi vero non cognoverunt vias meas, quibus juravi in ira mea, si introibunt in requiem meam.

Surrexit Dominus vere, * Alléluia !

Le Saint Jour de Pâques.

Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto : sicut erat in principio, et nunc et sempcr, et in saecula sœculorum. iVmen.

Alléluia 1

SuriexitDominus vjrc, * AUcluia.

Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit ; comme il était au commencement , et maintenant, et toujours , et dans les siècles des siècles. Amen.

Alléluia !

Le Seigneur est véritablement ressuscité, * AUcluia !

L'Invitatoire est toujours suivi d'une Hymne ; mais dans la fête de PâL^ues et les jours qui la suivent, l'Eglise désirant, par respect pour une si grande solennité, y garder la forme la plus antique de ses Offices, n'admet pas ce genre de composition, qui ne fut reçu dans la Liturgie qu'à une époque postérieure. On passe de suite au chant des trois Psaumes.

Le premier célèbre les vertus et le bonheur de Thomme juste, et se rapporte au Christ , selon l'interprétation des saints Pères. Le Christ est l'homme nouveau descendu du ciel; il a suivi fidèlement la loi du Seigneur que le preniier homme avait transgressée ; et le Seigneur l'a comblé de gloire en ce jour de la Résurrection.

L sum, et consilium meum non est cum impiis : sed in Icj^e Doniini voluntas mea est. Alléluia.

. I E suis celui qui

' suis, et mon conseil n'est pas avec les impies; mais ma volonté est conforme à celle du Seigneur. AUekiia.

KVius vir qui non

abiit in consilio impiorum , et in via pcccaHEtjREUX l'homme qui ne s'est pas laissé aller nu conseil des impies , qui ne

A l'Office des Matines.

s'est pas arrêté dans la voie des pécheurs , et ne s'est pas assis dans la chaire de pestilence.

Mais sa volonté s'est tenue constamment à la loi du Seigneur ; et cette loi, il l'a méditée le jour et la nuit.

Et il sera comme l'arbre planté sur le cours des eaux, qui donne son fruit en sa saison ;

Et dont le feuillage ne tombe jamais : et toutes ses œuvres viendront à maturité.

Il n'en sera pas ainsi des impies ; mais ils seront comme la poussière que le vent enlève de dessus la terre.

Les impies n'auront pas de place parmi ceux qui jugeront ; les pécheurs ne paraîtront pas dans le conseil des justes ;

Car le Seigneur connaît le sentier des justes ; et la voie des impies périra.

Ant. Je suis celui qui suis, et mon conseil n'est pas avec les impies ; mais ma volonté est conforme à celle du Seigneur. Alléluia.

torum non stetit : et m cathedra pestilentiœ non sedit.

Sed in lege Domini voluntas ejus : * et in lege ejus meditabitur die ac nocte.

Et erit tamquam lignum , quod plantatum est secus decursus aquarum : * quod fructum suum dabit in tempore suo ;

Et foiium ejus non defluet : * et omnia quœ- cumque faciet, prosperabuntur.

Non sic impii, non sic : * sed tamquam pulvis , quem projicit ventus a facie terrae.

Ideo non résurgent impii in judicio : * neque peccatores in concilie justorum.

Quoniam novit Dominus viam justorum : * et iter impiorum peribit.

Ant. Ego sum qui sum, et consilium meum non est cum impiis : sed in lege Domini voluntas mea est. Alléluia.

Le deuxième Psaume nous montre le complot de la Synagogue contre Jésus. Les Juifs ont pu immoler le Messie qui venait les

7 74 ^^ Saint Jour de Pâques.

sauver; mais ils n'ont pu l'enchaîner dans Je sépulcre. Fils de l'homme, il est aussi le Fils de Dieu; aujourd'hui même, il inaugure son empire sur lu race humaine tout entière ; et malheur à Israël qui n'a pas connu le temps de sa visite 1

Ant pos'ui^Avi Pa1 trem meum. allcluia : dédit mihi génies, alléluia, in hœrcditatem, alléluia.

\ V >■ 1 '^^ demandé à mon ;^^'- J Père, alléluia; il m'a donne les nations, alléluia, en héritage, allcluia.

OU A R E fremuerunt gentes : * et populi meditati sunt inania ?

Adstilerunt reges terrre, et principes convenerunt in unum : * adversus Dominum , et adversus Christum ejus.

Dirumpamus vincula eorum : * et projiciamus a nobis iugum ipsorum.

Qui habitat in cœlis, irridebit eos : * et Dominus subsannabit eos.

Tune loquctur ad eos in ira sua : * et in furore suo conturbabit eos.

Ego autem constitutus sum Kex ab co super Sion montem sanctum ejus : * procdicans pncccptuni ejus

Dorriinus dixit ad me : * Filius meus es tu, ego hodie genui te.

POURQUOI les nations ontelles fiémi? Pourquoi les peuples ont-ils médité des choses vaines ?

Les rois de la terre se sont levés , les princes se sont ligués ensemble contre le Seigneur et contre son Christ.

Ils ont dit : Brisons leurs liens, et rejetons leur joug loin de nous.

Celui qui habite dans les cieux se rira d'eux ; le Seigneur insultera à leurs efforts.

Il leur parlera dans sa colère ; il les confondra dans sa fureur.

J'ai été par lui établi Roi sur Sion, sa montaj;ne sainte, pour annoncer sa loi.

Le Seigneur ^'a dit : Vous êtes mon Fils ; je vous ai engendré aujourd'hui.

A VOffice des Matines.

Demandez-moi, et je vous donnerai les nations pour héritage , et pour empire jusqu'aux confins de la terre.

Vous les régirez avec la verge de fer, et les briserez comme le vase d'argile.

Maintenant donc, ô rois ! comprenez : instruisez-vous , arbitres du monde !

Servez le Seigneur dans la crainte , réjouissez-vous en lui, mais avec tremblement.

Embrassez sa loi. de peur que le Seigneur ne s'irrite. et que vous ne périssiez de la voie droite.

Lorsque sa colère s'allumera soudain. Heureux alors tous ceux qui ont mis en lui leur confiance !

Ant. J'ai demandé à mon Père, alléluia ; il m'a donné les nations, alléluia, en héritage, alléluia.

Postula a me. et dabo îibi gentes haereditatem tuam : * et possessionem tuam terminos terrse.

Reges eos in virça ferrea : * et tam.quam vas figuli confringes eos.

Et nunc, reges. intelligite : * erudimini qui judicatis terram.

Servite Domino in timoré : ' et exsultate ei cum tremore.

Apprehendite disciplinam. nequando irascatur Dominus : * et pereatia de via justa.

Cum exàrserit in brevi ira ejus : * beati omnes qui confidunt in eo.

Ant. Postulavi Patrem meum , alléluia : dédit mihi gentes , alléluia, in

haereditatem , aile-'

luia.

Le troisième Psaume est une prophétie de la résurrection du Christ. Ses ennemis l'ont cru abandonné de Dieu. Il s'est endormi dans le tombeau; mais le Seigneur l'a réveillé; et maintenant il est vainqueur de ceux qui s'élevèrent contre lui.

, 1 E me suis endormi,

J j'ai goûté le sommeil, et je me suis réveillé, parce que le Seigneur e^t mon appui. Alléluia , alléluia.

Ant.

GO dormivi, c£ somnuin cepi : et exsurrcxi , quoniam Dominus suscepiL me. Alléluia, alléluia.

i'j6 Le Saint Jour de Pâques.

OMINE , qiiid multi plicati sunt qui tri

biilant me : * multi insurgunt advcrsiiiii me.

Multi diciint anima> meac : * Non est salus ipsi in Deo cjtis.

Tu aiitem , Domine , susccptor meus es : * fjloria mea, et exaltans caput mcum.

Voce mea ad Dominum clamavi : * et exaudivit me de monte sancto suo.

Hgo dormivi, et soporatus sum : * et exsurrexi, quia Dominus suscepit me.

Non timcbo miilia populi circumdantis me : * exsurge Domine, salvum me fac, Deus meus.

Quoniam tu percussisti omncs adversantes mihi sine causa : * dentés peccatorum contrivisti.

Domini est salus: * et super populum tuuni bcnedictio tua.

An'T. Ego dormivi, et somnum cepi : et exsurrexi, quoniam Dominus suscepit me. AUcluia, alléluia.

j^. Surrexit Dominus de scpulcro, alléluia. 1^. Qui pro nobis peSEIGNEUR , pourquoi mes ennemis se sont-ils multiplies ? ils s'élèvent en foule contre moi.

iMillc voix me disent : Il Pas de salut pour toi en ton Dieu ! M

Mais vous, Seigneur, vous êtes mon protecteur , ma gloire ; et c'est vous qui élevez ma tête.

J'ai crié vers le Seigneur; et il m'a exaucé du haut de sa sainte montagne.

Je me suis endormi, j'ai goûté le sommeil , et je me suis réveillé ; parce que le Seigneur est mon appui.

Je ne craindrai pas ce peuple d'ennemis qui m'entoure : ievcz-vous, Seigneur; sauvez-moi, mon Dieu 1

Car vous avez frappé tous mes injustes adversaires ; vous avez brisé les dents des pécheurs.

Le salut vient de vous, Seigneur, et votre bénédiction est sur votre peuple.

Ant. Je me suis endormi, j'ai goîité le sommeil, et je me suis réveillé, parce que le Seigneur est mon appui. AUcluia, alléluia.

f. Le Seigneur est ressuscité du sépulcre, alléluia ; l"^. Lui-même qui pour

A r Office des Matines. 777

nous fut attaché au bois, al- j pendit in ligno, alléluia leluia. I

Celui qui préside commence l'Oraison Dominicale.

X y OTRE Père. I p AXER noster.

Le reste se continue dans le silence, jusqu'à ce que le Célébrant, pour conclure, élève la voix sur les dernières paroles :

j^. Et ne nous laissez pas I j^. Et ne nos inducas in succomber à la tentation. | tentationem.

Le Chœur répond tout d'une voix :

19. Mais délivrez-nous du 1 ij?. Sed libéra nos a mal. I malo.

Alors le Célébrant :

Exaucez, Seigneur JésusChrist, les prières de vos serviteurs, et ayez pitié de nous, vous qui vivez et régnez avec le Père et le SaintEsprit, dans les siècles des siècles.

Exaudi, Domine Jesu Christe , preces sers-orum tuorum, et miserere nobis, qui cum Pâtre et Spiritu Sancto vivis et régnas in sascula sseculorum.

On répond : A men !

Alors le Lecteur se lève, et s'inclinant vers celui qui préside, il dit :

Mon Père , veuillez me 1 Jubé, Domne, benedibénir. | cere.

Alors le Célébrant :

La lecture de l'Evangile soit pour nous salut et protection!

^. Amen.

Evangelica lectio sit nobis salas et protectio.

i^. Amen.

iy8 Le Saint Jour de Pâques.

Le Lecteur, du haut de l'Ambon, lit le commencement de l'Evangile de la Messe de Pâques; après quoi ouvrant le livre des Homélies du pape saint Grégoire le Grand, il extrait de la vingt et unième quelques passages qui sont le commentaire du texte sacré.

Lcclio sancti l-lvani^elii secundum Maicum.

IN illo tcmpore : Maria Magdalcne, et Maria Jacobi, et Salo;ne, emeriint aromata : ut venientes ungerent Jesum. El reliqua.

Homilia sancti Gregorii Pap;c.

AUDiSTis, Fratres charissimi, quod sanctœ muliercs. quîe Dominum fiierant scciitœ, cum aromatibus ad nioniimentum vcnerunt , et ci quem viventem dilcxerant, ctiam mortiio studio humanitatis obscquuntur. Scd rcs gesla, aliquid in sancta licclesia signât gcrcndum. Sic

auippc ncccsse est ut auiamus quie facta sunt, quatcnus cogitcmus etiam quœ nobis sunt ex corum imitatione facienda. Va nos crgo in eum qui est mortuus , crcdentes , si odorc virtulum rcfcrti ,

Lecture du s;iint Evangile selon saint iMarc. Chap.

EN ce temps-là , MarieMadeleine, et Marie mère de Jacques, et Salonic. achetèrent des parf'.ims pour venir embaumer Jésus. Et le reste.

Homélie de saint Grégoire, Fane,

Vous venez d'entendre, mes très chers Frères, que les saintes femmes qui avaient suivi le Seigneur vinrent au tombeau avec des parfums, payant ainsi le tribut de leur alï'ection, après sa mort, à celui qu'elles avaient aimé durant sa vie. Mais leur conduite porte avec elle en même temps une instruction sur ce qui doit se pratiquer dans la sainte Eglise. Sachons donc écouter le récit des actions, de façon à comprendre ce que nous avons à faire pour les imiter. Nous aussi, qui croyons en celui qui est mort, nous apporterons nos parfums à son tombeau, si,

A l'Office des Matines.

embaumés de l'odeur des vertus , nous cherchons le Seigneur par les bonnes œuvres. Ces femmes qui sont venues avec des aromates sont favorisées de la vue des Anges; ainsi les âmes qui, par de saints désirs, montent vers le Seigneur avec le parfum de leurs vertus, celles-là aussi arriveront à voir les habitants du ciel.

E?. L'Ange du Seigneur descendit du ciel, et s'approchant, il roula la pierre et s'assit dessus, et il dit aux femmes : * Ne craignez point ; je sais que vous cherchez le crucifié: il est déjà ressuscité : venez et voyez le lieu où était placé le Seigneur, alléluia.

'f. En entrant dans le sépulcre , elles virent un jeune homme assis à droite. couvert d'une robe blanche : elles furent saisies de frayeur. Il leur dit :

* Ne craignez point, etc.

Gloire au Père. etc.

On répète : L'Ange da Seigneur.

BÉNÉDICTION. Le secours divin demeure toujours sur

ïi|. Amen.

cum opinione bonorum operum Dominum quœ- rimus. ad monumentum profecto illius cum aromatibus vcnimus. lllœ autem mulieres Angeles vident, quœ cum aromatibus venerunt : quia videlicet illœ mentes sapernos cives aspiciunt, quae cum virtutum odoribus ad Dominum per sancta desideria proficiscuntur.

\\ Angélus Domini descendit de cœlo , et accedens revolvit lapidem. et super eum sedit, et di.Kit mulieribus : * Nolite timere : scio enim quia crucifixum quœritis, jam surrexit : venite, et videte locum, ubi positus erat Dominus, alléluia.

f. Et introeuntes in monumentum, viderunt juvenem sedentem in dextris , coopertum stola candida, et obstupuerunt ; qui dixit illis :

' Nolite timere, etc.

Gloria Patri, etc.

On répète : Angélus Domini.

Benedictio. Divinum auxilium maneat seraper nobiscum.

t8o Le Saint Jour de Pâques.

OTANDUM vero nobis

est , qiiidnam sit, quod in dextris sedere Angélus cernitur. Qiiid nainque per sinistram , nisi vita ptœsens : qiiid veio per dexteram, nisi perpétua vita designatur ? TJnde in Canticis canticorum scriptum est : Laeva ejus sub capite mco , et dextcra illius amplcxabitur me. Quia ergo Redcmptor nostcr jam pra?scntis vitœ corruptionem transierat, recte Angclus qui nuntiare perennen-f ejus vitam venerat, in dextera sedebat. Qui stola candida coopcrtus apparuit : quia festivitatis nostrre gaudia niintiavit. Candor etenim vestis, splendorcm nostrie denuntiat solemnitatis. Nostrae dicamus, an suœ ? Sed ut fateamur verius, et suas dicamus, et nostrai;. Illa quippe Redemptoris nostri rcsurrectio et nostra festivitas fuit, quia nos ad immortalilatein reduxit : et Angelorum festivitas cxstitit, quia nos rcvocando ad cœlestia, corum numerum implevit.

C^. Cum transisset SabREMARQUONS cc qui nous est enseigné par la position de l'Ange qui était assis à droite. Que signifie la gauche , sinon la vie présente ? Que marque la droite, sinon la vie éternelle? De là vient qu'il est écrit dans le Cantique des cantiques : « Sa gauche est sous ma tête, et il m'embrasse de sa droite. » Comme donc notre Rédempteur avait déjà dépassé la vie présente qui est corruptible, c'est avec raison que l'Ange chargé d'annoncer qu'il était entré dans la vie éternelle, se montrait ainsi à la droite. Il apparut couvert d'une robe blanche , parce qu'il venait proclamer la joie de notre grande fête ; la blancheur des vêtements exprime , en effet, la splendeur de notre solennité. L'appellerai-jc nôtre ou sienne ? disons mieux : cette solennité est pour lui , et elle est pour nous. Car si la résurrection de notre Rédempteur a été notre fête, en ce qu'elle nous a rendu l'immortalité ; elle a cîé aussi la fête des Anges, puisque, en nous rappelant au ciel, elle leur a annoncé que leur nombre redeviendrait complet.

^. Le Sabbat étant passé,

A r Office des Matines.

iSt

Marie-Madeleine , et Marie mère de Jacques, et Salomé. achetèrent des parfums, * Pour venir embaumer Jésus, alléluia, alléluia.

f. Et de grand matin, le dimanche, elles arrivèrent au tombeau, le soleil étani déjà levé.

* Pour venir. Gloire au Père.

* Pour venir.

BÉNÉDICTION. Daigne le Seigneur des Anges nous réunir à la société des habitants du ciel 1 Vf. Amen.

DANS cette fête commune à lui et à nous, l'Ange apparut sous un vêtement blanc , parce que la résurrection du Seigneur nous faisant rentrer dans le ciel, les pertes qu'a éprouvées la patrie céleste vont être réparées. Mais écoutons ce que l'Ange dit aux femmes : « Ne craignez point ; » comme s'il leur disait : « Q'u'ils craignent ceux qui n'aiment pas l'arrivée des habitants du ciel ; qu'ils soient effrayés ceux qui , esclaves des désirs charnels, désespèrent de s'unir jamais à la société de ces Esprits bienheureux. Mais pourquoi craindre, vous qui, dans les Anges, reconnaissez déjà vos

batum , Maria Magdalene, et Maria Jacobi, et Salome, emerunt aromata, * Ut venientes ungerent Jesum, alléluia, alléluia.

t- El valde mane una sabbatorum veniunt ad monumentum, orto jam sole.

* Ut venientes. Gloria Patri.

* Ut venientes.

BexVEDictio. Ad societatem civium supernorum perducat nos Rex Angeiorum. fi. Amen.

IN sua ergo ac nostra festivitate Angélus in albis vestibus apparuit : quia dum nos per resurrectionem Dominicam ad I superna reducimur, cœ- ' lestis patrias damna reparantur. Sed quid advenientes feminas affatur, audiamus. Nolite expavescere. Ac si aperte dicat : Paveant illi, qui non amant adventum supernorum civium : per~ timescant , qui carnalibus desideriis pressi, ad eorum se societatem pertingere posse desperant. \'^os autem cur pertimescitis quœ vestros concives videtis ? Unde Matthœus Angelum appalS2

Le Saint Jour de Pâques.

misse dcscribcns , ait : Krat aspectus ejus sicut fulgiir , et vestimenta cjus sicut nix. In fiil^urc etenim ténor timoris est, in nive aiitein blandimentum candoris.

1 te Dominum confitemur.

Te œternuin Paticm :* omnis terra veneratur.

Tibi omnes Angeli : * tibi Cœli, et univers;v Potestates.

Tibi Cherubim et Seraphim : * incessabili voce proclamant :

Sanctus, Sanctus, Sanctus : * Dominus Deus Sabaoth 1

Plcni sunt cœli et terra * majestatis gloriœ tuae.

Te gloriosus * Apostolorum chorus.

Te Prophctaruni * iaiidabilis numerus.

Te Martyrum candidatus * laudat exercitus.

Te per orbcm terrarum * sancta conlilctiir Ecclesia :

Patrcm * immensa; majestatis ;

Vencrandum tuum vcpropres concitoyens? » C'est i pour cela que Matthieu ,

décrivant l'arrivée de l'Ange, «

nous dit : « Son regard était h

comme l'éclair, et ses vête- \

mcnts comme la neige. » \

L'éclair, en effet, inspire la t

terreur ; mais la blancneur do j

la neige suggère de douces \

pensées. ;

,"\ Dieu ! nous vous louons: |

-J ù Seigneur ! nous vous !

glorifions. '

Père éternel, la terre

entière vous révère; .

Tous les Anges, les Cieux

et toutes les Puissances, |

Les Chérubin? et les Se- {

raphins redisent éternelle- .;

ment : |

Saint, Saint, Saint, le Sei- {

gncur Dieu des armées 1 !

Les cieux et la terre sont |

remplis de la majesté de vo- ; ire gloire.

Le chœur glorieux des Apôtres,

La troupe vénérable des Prophètes,

La blanche armée des Martyrs, chantent vos lou- / ■:

anges. [

Par toute la terre, la sainte j

Eglise vous célèbre : ;'

Père d'une infinie majesté; '

Et votre véritable et uniA r Office des Mati-ies.

iS3

que Fils, digne de tous les nommages ;

Et l'Esprit-Saint consolateur.

Vous êtes le Roi de gloire, ô Christ 1

Vous êtes le Fils éternel du Père.

Prenant la nature de l'homme, pour le délivrer, vous n'avez pas dédaigné le sein d'une Vierge.

Brisant l'aiguillon de la mort, vous avez ouvert aux croyants le royaume des cieu\.

Vous êtes assis à la droite de Dieu, dans la gloire du Père.

Vous reviendrez comme nous le croyons, ignez donc secourir vos serviteurs que vous avez rachetés de votre précieux

Faites qu'ils soient comptés parmi vos saints, dans la gloire éternelle.

Sauvez votre peuple, Seigneur ! bénissez votre héritage.

Régissez-les, protégez-les jusque dans l'éternité.

Chaque jour nous vous bénissons.

Et nous louons votre Nom, jusque dans les siècles des siècles.

Daignez, Seigneur, en ce jour, nous conserver sans péché.

Ayez pitié de nous, Seijuge ; nous le cr( Daignez donc

rum, * et unicura Filium ;

Sanctum quoque * Paraclitum Spiritum.

Tu Rex gloriae , ' Christe.

Tu Patris * semplternus es Filius.

Tu ad liberandum suscepturus hominem, * non horruisti Virginis uterum.

Tu devicto mortis aculeo : * aperuisti credentibus régna cœlorum.

Tu ad dexteram Dei sedes : * in gloria Patris.

Judex crederis * esse venturus.

Te ergo quaesumus, tuis famulis subveni, * quos pretioso sanguine redemisti.

Jïterna fac cum sanctis tuis * in gloria numcrari.

Salvum fac populum tuum, Domine : * et benedic haereditati tuïe.

Et rege eos, * et extoUe illos usque in œternum.

Per singulos dies * benedicimus te.

Et laudamus Nomen tuum in sœculum, * et in s.-eculum s.-eculi.

Dignare, Domine, die isto, * sine peccato nos custodire.

Miserere nostri, Do184 Le Saint Jour de Pâques.

mine : * iriscrerc nostri.

Fiat misericordia tua. Domine, super nos, * qucmadmodum spcravimiis in te.

In te, Domine, speravi : * non confundar in œternura.

gneur, ayez pitié de nous !

Que votre miséricorde soit

sur nous, Seigneur, comme

nous avons espéré en vous.

En

Seigneur, j'ai

espéré; je ne serai pas confondu éternellement.

Dans la plupart des Eglises de l'Occident, au moyen âge, après la lecture de la troisième Leçon, avant d'entonner l'Hymne Ambrosien, le clergé se rendait en procession solennelle à la chapelle où l'on conservait la sainte Eucharistie depuis le Jeudi saint, et qui était appelée la Chapelle du Sépulcre. Dans le cortège, qui s'avançait en chantant un Répons, on remarquait trois clercs vêtus d'aubes qui représentaient Madeleine et les deux autres saintes femmes. Lorsque le cortège était entré dans la chapelle, deux diacres vêtus de dalmatiques blanches, et qui se tenaient à la tête et au pied du tombeau, apercevant les trois clercs en aubes, leur disaient :

OUEM quaeritis in se- /^Ul cherchez-vous dans pulcro, o christi- ^~< le sépulcre, amis du colae ? Christ ?

Les clercs répondaient au nom des saintes femmes :

Jesum Nazarenum, o 1 .lésus de Nazareth, habicœlicolcE 1 I tants des cieu.\ 1

Alors les diacres ;

Non est hic ; surrexit sicut praedixerat : ite, nuntiate quia surrexit.

Il n'est plus ici ; il est ressuscité, comme il l'avait prédit ; allez annoncer qu'il est vivant.

A VOffice des Matim

jS5

Les trois clercs montaient alors à l'autel, et soulevant les nappes, ils baisaient respectueusement la pierre; puis se tournant vers l'Evêque entouré de son clergé, ils chantaient :

Alléluia ! Aujourd'hui, le

Seigneur est ressuscité; le

Lion fort est ressuscité, le Christ, le Fils de Dieu.

Alléluia ! Resurrexit Dominus hodie : resurrexit Léo fortis, Christus Filius Dei.

Alors deux chantres se détachaient ; et s'approchant de l'autel, sur les degrés duquel se tenaient les trois clercs, ils "leur adressaient cette strophe de la Séquence de la Messe de Pâques :

Qu'avez-vous vu en allant au tombeau ? Marie, ditesle-nous.

Die nobis, Maria, Quid vidisti in via ?

Le premier des clercs, représentant Madeleine, répondait :

Sepulcrum Christi viventis, Et gloriam vidi resurgentis.

J'ai vu le tombeau du Christ qui était vivant ; j'ai vu la gloire du Christ ressuscité.

Le second clerc, représentant Marie, mère de Jacques, ajoutait :

Les Anges étaient témoins, avec le suaire et les linceuls.

Angelicos testes, Sudarium et vestes.

Le troisième c'erc, figurant Salomé, achevait en disant :

Il est ressuscité, le Christ Surrexit Christus spes mon espérance ; il vous pré- mea :

cédera en Galilée. Prsecedct vos in Galilaeam.

Le Saint Jour de Pâques.

Les deux chantres reprenaient par cette protestation de foi :

Croyons plutôt à Marie seule et véridique, qu'à la tourbe perverse des Juifs.

Crcdcnduin est inai

soli

Marirc veraci, Quain Judrcorum Prava; cohorti.

Alors le cierge tout entier, s'unissanî dans une acclamation commune, chantait :

Scimus Christum surrc- Nous aussi, nous savons

xissc que le Christ est vraiment

A morttiis verc : ressuscité des morts; mais

'lu nobis, Victor Rex, vous, ô Roi vainqueur, ayez

miserere. pitié de nous.

Après ce dialogue si dramatique, les deux diacres, ouvrant "^le tabernacle secret où l'on gardait la divine eucharistie, prenaient le vase qui la renfermait, le plaçaient sur un brancard; et la procession triomphale se dirigeait, au milieu d'un nuage d'encens, vers l'autel majeur. Pendant la marche, on chantait avec enthousiasme ce beau Répons, dont le chant est aussi mélodieux que les paroles en sont belles. Le corps du Répons est emprunté à saint Paul, et le Verset se trouve tout entier dans la Liturgie de l'Eglise grecque.

iV Christus rcsurj;;ens ex inortuis, jam non moriuii ; mors illi ultra non dominabitur; quod enim mortuus est peccalo mortuus est semcl : * Quod aulcm vivit, vivit Deo, alléluia, alléluia.

I^. Le Christ ressuscité d'entre les morts ne meurt plus ; la mort n'aura plus sur lui d'empire; car ce qui est mort au péché ne meurt qu'une fois : * Ce qui vit, vit à Dieu, alléluia, alléluia.

A VOffice des Matines.

f. Que les Juifs nous disent donc comment les soldats, qui gardaient le sépulcre, ont perdu le Roi, en plaçant la pierre; pourquoi ils ne gardaient pas mieux celui qui est la Pierre de justice. Qu'ils nous rendent le corps qui fut enseveli, ou qu'avec nous ils l'adorent ressuscité, en disant aussi :

' Ce qui vit, vit à Dieu, alléluia, alléluia.

>*■. Dicant nunc Judsci, quomodo milites cuslodientes sepulcrum pcrdiderunt Regem, ad lapidis positionem ; quare non servabant Petram justitias ? Aut sepultum reddant, aut resurgentem adorent nobiscum dicentes :

* Quod autem vivit, vivit Deo, alléluia, alléluia.

Le cortège sacré étant arrivé au sanctuaire, les*^ diacres déposaient la sainte Eucharistie sur l'autel; et l'Evêque, après l'avoir solennellement encensée, entonnait l'Hymne Ambrosien, en action de grâces de la résurrection du Rédempteur des hommes.

Ce drame touchant, qui a peut-être donné origine aux Mystères que l'on représenta longtemps dans nos Eglises, n'appartenait point aux traditions de la Liturgie romaine ; mais il rendait avec bonheur la foi vive et simple du moyen âge. Au xvi'' et au xvii<= siècles, on le vit successivement tomber en désuétude; l'antique simplicité allait s'effaçant; et les hommes devenaient avides d'émotions tout autres que celles que l'on avait puisées si longtemps dans les atFections tranquilles et pieuses dont les mystères de la foi sont la source. Quant aux formes de la scène admirable que nous venons de décrire, elles variaient plus ou moins, selon les lieux; nous nous sommes borné à en recueillir les traits principaux, tels qu'on les trouve dans

iSS Le Saint Jour de Pâques.

les anciens Ordinaires de nos cathédrales.

Les Eglises de la Bohème, de la Hongrie et de la l^ologne, ont retenu jusqu'à nos jours l'usage, emprunté aux Orientaux, de passer la nuit de Pâques en prières, et d'attendre ainsi le moment de la Résurrection. Au point du jour, on lève du tombeau le très saint Sacrement, un Salut solennel est chante, et le Christ vainqueur de la mort répand ses bénédictions sur son peuple. Naguère encore, dans certaines villes d'Espagne, deux processions sortaient de l'église principale, avant le lever du soleil : l'une faisait cortège à la statue de la sainte Vierge portée sur un brancard et couverte d'un crêpe ; l'autre s'avançait majestueusement, avec le dais, sous lequel le célébrant tenait dans ses mains la divine hostie. Les deux processions parcouraient en silence les rues de la cité, jusqu'au moment où, le soleil venant à paraître, elles se rencontraient à un endroit déterminé. Aussitôt on enlevait le sombre voile qui couvrait l'image de la Mère de Dieu; et pour célébrer les joies ineffables de Marie dans la visite que daigna lui faire, à cette même heure, le même Jésus que l'on avait là présent réellement dans l'adorable mystère, mille voix entonnaient et poursuivaient avec transport l'Antienne Regina cœli, lœtare. Alors les deux processions s'unissaient en une seule, et la pompe sacrée rentrait triomphante dans l'ét^lise.

Une autre démonstration de la joie pascale était le baiser fraternel que les hdèles se donnaient dans l'église au moment où l'on annonçait l'heure de la Résurrection. Cet

A VOffice des Matines.

8g

usage venu de l'Orient s'est conservé dans nos églises occidentales jusqu'au xvi° siècle. En certains lieux, c'était au commencement des Matines qu'avait lieu cette démonstration de joyeuse charité, que l'on accompagnait de ces paroles : Surrexit Christus ! 'e Christ est ressuscité ! En d'autres, l'accolade avait lieu à la suite de la scène religieuse que nous venons de décrire. Dans la Liturgie grecque, à l'Office du matin , les strophes suivantes donnent le signal aux tidèles :

LA Pàque joyeuse, la Pàque du Seigneur, la Pàque, la Pàque sacrée, a lui sur nous. Pâques ! donnonsnous avec joie le saint baiser. O Pàque, qui viens récompenser les saintes tristesses ! Aujourd'hui le Christ sort radieux du tombeau. comme l'époux de la chambre nuptiale. Il a comblé les saintes femmes d'une douce allégresse, en leur disant : « Allez porter la nouvelle aux Apôtres. >

C'est le jour de la Résurrection ; soyons radieux et faisons fête ; donnons-nous le baiser. Appelons frères ceux mêmes qui nous haïssent ; pardonnons tout à cause de la Résurrection ; crions tous : « Le Christ est ressuscité d'entre les morts : par la mort il a brisé la mort; à ceux qui gisaient dans les tombeaux, il a rendu les droits à la vie. »

PASCHA jucundissimum. Pascha Domini. Pascha, Pascha sacratissimum, illuxit nobis. Pascha ! in gaudio nos invicemamplexemur. O Pascha, tristitiœ pretium ! etenim ex sepulcro,tamquam ex thalamo, Christus hodie resplendens, mulieres lœta dulcedine replevit, dicens : Prœdicate Apostolis.

Dies est Resurrectionis : splendescamus , diem festum agentes, et amplexemur nos invicem, fratres nuncupemus etiam odientes nos ; omnia dimittamus propter Resurrectionem. et ita clamemus : Surrexit Christus a mortuis. mortem morte ccnterens, et jacentibus in monumentis vitara suppeditans.

jqo Le Saint Jour de Pâques.

Sublime et nouvelle fraternité que nous avons avec Jésus-Christ, premier-né entre les morts, comme parle l'Apôtre! En lui, prenant notre nature dans son incarnation, nous étions frères; en lui, nous frayant à travers le tombeau le chemin de l'immortalité, nous le devenons une seconde fois. Il est notre aine dans la vie nouvelle qui ne connaîtra plus la mort; en célébrant sa victoire, unissons-nous dans la charité mutuelle ; c'est son vœu, c'est la Pâque, c'est le jour du banquet fraternel.

CHAQUE jour de l'année, la sainte Eglise | offre à Dieu un Service spécial, dont jj ' l'heure régulière correspond au lever de l'au- \ rore. Cet'Otiice s'appelle les Laudes, parce [ qu'il est, en grande partie, composé de can- { > tiques de louange. Le mystère que l'Eglise honore à cette heure matinale est la Résurrection du Christ; il est aisé de comprendre, d'après cette donnée, combien l'OHice des Laudes est rempli de mystères, lorsqu'on le l célèbre au jour même de Pâques. UnissonsI nous à la )oie de notre Mère, qui tressaille « de bonheur en celui qui est son divin Soï leil, dont la lumière lui est d'autant plus chère aujourd'hui, que depuis trois jours elle avait cessé de briller.

^ ■pvEUS, in- adjuto- . /^ DiEuIvcnczà mon '^' *-f rium inciim ^' ^^ aide 1 :;

intende.

Les Laudes.

ï^. Domine, ad adjuvandum me festina.

Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto;

Sicut erat iii principio, et n'inc et semper, et in sœcula sœculoriim. Amen. Alléluia.

H?. Hàtez-vous, Seigneur, vie me secourir.

Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit ;

Comme il était au commencement, et maintenant, et toujours, »t dans les siècles des siècles. Amen. Alléluia.

Le premier Psaume des Laudes nous montre le Seigneur qui se lève du tombeau comme un roi éclatant de gloire, et comme un guerrier revctu de force. Par sa Résurrection, il rétablit la nature humaine dans ses droits à Pimmortalité. La voix des grandes eaux est imposante; mais la puissance du Dieu ressuscité est plus irrésistible encore. Marchons en sa présence, dans une sainteté digne de sa Maison qu'il est venu nous ouvrir.

AvT I '-'^^'GE du Sei- . A NGELUS au■'^_*- L gneur descendit '^- ^ v tem Domidu ciel, et s'approchant, il ni descendit de cœlo, roula la pierre et s'assit des- et accedens revolvit lasus. Alléluia, alléluia. pidem, et sedebat super eum. Alléluia, alléluia.

LE Seigneur règne, il s'est revêtu de gloire : le Seigneur s'est revêtu de force, et il s'est armé.

Aujourd'hui, pjir s.i Résurrection, il raffermit la terre : elle ne sera plus ébranlée.

Votre trône, 6 vainaueur du trépas, est prépare dès l'éternité : vous étiez avant les siècles.

DOMINUS regnavit, décorera indutus est : * indutus est Dominus fortitudinem, et prascinxit se.

Etenim firmavit orbem terrœ : * qui non commovebitur.

Parata sedes tua e:; tune : * a sœculo tu es.

ig2 Le Saint Jour de Pâques.

Elevaverunt fliimina, Domine : * elevaverunt flumina vocem suam.

Elevaverunt fliunina fluctiis suos : * a vocibiis aquarum multarum.

Mirabilcs elationes maris : " mirabilis in allis Dominus.

Tesiimonia tua crcdibilia facta sunt nimis : * domum tuani decet sanctitudo. Domine, in longitudincni dicrum.

Ant. Angélus autem Domini descendit de cœ- lo, et accedens revolvit lapidem, et sedebat super eum. Alléluia, allcluia.

Les fleuves, Seigneur, les fleuves ont élevé la voix ;

Les fleuves ont élevé leurs vagues, avec le bruit des grandes eaux.

Les flots de la mer agitée sont puissants ; le Seigneur dans son sanctuaire est plus puissant encore.

Vos témoignages. Seigneur, sont dignes de toute notre foi ; la sainteté doit régner dans l'Eglise, voire maison, durant toute la longueur des jours.

Ant. L'Ange du Seigneur descendit du ciel, et s'approchant, il roula la pierre et s'assit dessus. Alléluia, alléluia.

Le Psaume suivant convoque tous les habitants de la terre à entrer dans la maison du Seigneur, pour célébrer la Solennité des solennités, la Fête des fêtes. Il est le souverain Pasteur , et nous sommes ses brebis. Bien qu'il soit le Dieu fort et triomphant, il est doux et miséricordieux : célébrons sa victoire dans l'allégresse et la reconnaissance.

Ant.

T ecce terrœ- motus factus est magnus : Angélus enim Domini descendit de cœlo. Alléluia.

voici qu'il se fit un grand tremblement de terre ; car l'Ange du Seigneur descendit du ciel. Allcluia.

Les Laudes.

iq3

JUBILEZ à Dieu, habitants de la terre : servez le Seigneur dans l'allégresse.

Entrez en sa présence, avec des transports de joie.

Sachez que ce Seigneur, c'est Dieu lui-même : c'est lui qui nous a faits, et non pas nous.

Vous, son peuple, vous, les brebis de ses pâturages, entrez sous ses portiques avec des chants de louange, dans son temple avec des hymnes ; rendez-lui des actions de grâces.

Louez son Nom, car il est doux, ce Seigneur ; sa miséricorde est éternelle, et sa vérité demeure de génération en génération.

Ant. Et voici qu'il se fit un grand tremblement de terre ; car l'Ange du Seigneur descendit du ciel. Alléluia.

JUBILATE Deo omnis terra : * servite Domino in Isetitia.

Introite in conspectu ejus : * in exsultatione.

Scitote quoniam Dominus ipse est Deus : * ipse fecit nos, et non ipsi nos.

Populus ejus, et oves pascuae ejus, introite portas ejus in confessione : * atria ejus in hymnis, confitemini illi.

Laudate Xomen ejus quoniam suavis est Dominas, in aeternum misericordia ejus : * et usque in generationem et generationem veritas ejus.

Ant. Et ecce terrœ- motus factus est magnus : Angélus enim Domini descendit de coelo. Alléluia.

Les deux Psaumes suivants, que l'Eglise réunit en un seul, sont le cri de l'âme ftdèle vers le Seigneur, au moment où l'aurore paraît au ciel. Dès son réveil, ie chrétien a soif du grand Dieu qui l'a créé et qui l'a délivré de" ses ennemis. En ce jour, il le contemple dans la gloire qui l'environne , et dont les rayons éclairent le monde entier. Tous les peuples sont unis dans un sentiment

j q4 Le Saint Jour de Pâques.

commun; tous fêtent la Pâque ; il n'est pas de nation où elle soit inconnue/Demandons que tous les hommes l'aiment, la comprennent et participent à nos joies.

Ant.

RAT autemassicut fulgur, vestimenta autcm cjus sicut nix. AHcluia, alléluia.

A.r. S»:

et ses comme alléluia

ON regard était omme l'éclair, vêtements blancs la neige. Alléluia,

EUS, Deus meus : * ad te de luce vigilo.

Sitivit in te anima mea : * quam multiplicitei tibi caro mea.

In terra desei'ta, et invia, et inaquosa : * sic in Sancto apparut tibi, ut viderem virtutem tuam, et gloriam tuam.

Quoniam melior est misericordia tua super vitas : * labia mea laudabunt te.

Sic bencdicam te in vita mea : * cl in nomine tuo levrlo manus meas.

SiCut adipeet pinguedine rcpicatur anima mea : * et labiis exsultationis laudabit os mcum.

Si memor fui lui super stratum meum, in matutinis meditabor fn te : * quia fuisti adjutor meus.

Et in velamcnto alaODiEU ! ô mon Dieu ! je veille vers vous dès 1» point du jour.

Mon âme a soif de vous, et ma chair se consume pour vous.

Dans cette terre déserte, sans route et sans eau. Je me présente devant vous, dans votre Sanctuaire, pour contempler votre puissance et votre gloire.

Votre miséricorde est pour moi plus douce que la vie ; mes lèvres ne cesseront de faire entendre vos louanges.

Tant que je vivrai, je vous bénirai ; pour invoquer votre Nom, j'élèverai mes mains.

Mon âme s'engraissera de votre substance, o Pain de vie! et ma bouche s'ouvrira pour des chants d'allégresse.

Je me souviendrai de vous sur ma couche : des le matin je penserai à vous, parce que vous m'avez secouru.

Je tressaillirai de joie à

Les Laudes.

l'ombre de \os ailes; mon âme s'est attachée à vous ; votre droite m'a soutenu.

Mes ennemis ont en vain cherché ma ruine ; les voilà précipités dans les abîmes de la terre ; ils seront livrés au glaive, et deviendront la proie des bêtes dévorantes.

L'homme délivré, semblable à un Roi, se réjouira en Dieu ; tous ceux qui jurent par son Nom recevront des louanges ; parce que la bouche de l'iniquité est fermée à jamais.

rum tuarum exsultabo, adhœsit anima mea post te : * me suscepit dextera tua.

Ipsi vero in vanum quœsierunt animam meam, introibunt in inferiora terrœ : * tradentur in manus gladii, partes vulpium erunt.

Rex vero lœtabitur in Deo, laudabuntur omnes qui jurant in eo : * quia obstructum est os loquentium iniqua.

Que Dieu ait pitié de nous et qu'il nous bénisse ; que, sortant du tombeau, il fasse luire sur nous la lumière de son visage, et qu'il nous envoie sa miséricorde ;

Afin que nous connaissions sur la terre votre voie,

0 Jésus ! et dans toutes les nations le Salut que vous nous apportez.

Que les peuples vous louent, ô Dieu I que tous les peuples vous rendent hommage.

Que les nations soient dans la joie et l'allégresse ; car vous jugez les peuples dans l'équité, et vous dirigez les nations sur la terre.

Que les peuples vous louent, ô Dieu ! que tous les

Deus misereatur nostri, et benedicat nobis : * illuminât vultum suum super nos, et misereatur nostri.

Ut cognoscamus in terra viam tuam : * in omnibus gentibus Salutare tuum.

Confiteantur tibi populi Deus : * confiteantur tibi populi omnes.

Lœtentur et exsultent gentes : * quoniam judicas populos in aequitate, et gentes in terra dirigis.

Confiteantur tibi populi Deus, confiteantur

jg6 Le Saint Jour de Pâques.

tibi populi omnes : * terra dédit fiuctum suum.

Benedicat nos Deus , Deiis nosicr, benedicat nos Deus : * et metuant eiim omnes fines tcria?.

Ant. Erat aiitem aspectus ejus siciit fiilgtir, vestimcnta aiitem ejus sicut nix. Alléluia, alléluia.

peuples vous rendent hommac;e : la terre a porte son fruu.

Que ce Dieu, que notre Dieu nous bénisse ; que ce Dieu nous comble de ses bénédictions , et qu'il soit craint jusqu'aux confins de la terre.

Ant. Son rej^ard était comme l'éclair, et ses vêtements blancs comme la neige. AUcluia, alléluia.

Le Cantique dans lequel les trois enfants de la fournaise de Babylone appelaient toutes les créatures de IDieu à bénir son Nom, est chanté par l'Eglise à l'Office des Laudes dans toutes les solennités. Il prête une voix à toute la nature, et convie l'œuvre de Dieu tout entière k louer son auteur. Aujourd'hui il est bien juste que les cieux et la terre s'unissent pour rendre homniage au grand Dieu qui a daigne, par sa mort 'et nar sa résurrection , relever son œuvre tombée par le péché.

A., n A SON aspect, les ^^^- A gardes furent saisis de frayeur, et devinrent comme morts. Alléluia.

tunore Item ejus cxterriti sunt custodes, et facti sunt velut mortui. Alléluia.

BENEDicirn: omniaope- I /-^ RKATURES du Seigneur, ra Domini r)omino : - j louez toutes le Seigneur: * laudatc et superexal- iouez-le et exaltez-le à jatate eum in sazcula. | mais.

Les Laudes.

Anges du Seigneur, bénissez le Seigneur : cieux, bénissez le Seigneur.

Eaux qui êtes par delà les airs, bénissez le Seigneur : puissances du Seigneur, bénissez le Seigneur.

Soleil et lune , bénissez le Seigneur : étoiles du ciel, bénissez le Seigneur.

Pluies et rosées, bénissez le Seigneur : vents impétueux, bénissez le Seigneur.

Feux et ardeurs, bénissez le Seigneur : froidures et rigueurs de l'hiver, bénissez le Seigneur.

Brouillards et givres, bénissez le Seigneur : gelées et frimas, bénissez le Seigneur.

Glaces et neiges, bénissez le Seigneur : nuits et jours, bénissez le Seigneur.

Lumière et ténèbres , bénissez le Seigneur : éclairs et nuages, bénissez le Seigneur.

Que la terre bénisse le Seigneur : qu'elle le loue et l'exalte a jamais.

Monts et collines, bénissez le Seigneur : herbes et plantes qui germez de la terre, bénissez le Seigneur.

Fontaines, bénissez le Seigneur : mers et fleuves, bénissez le Seigneur.

Baleines et tous les habiBenedicite Angeli Domini Domino : * bénédicité cclH Domino.

Benedicite aquœ omnes quœ super cœlos sunt . Domino : * benedicite omnes virtutes Domini ; Domino. \

Benedicite sol et lunn Domino : * benedicitJ ] stellae cœli Domino. ;

Benedicite omnis imber et ros Domino : * benedicite omnes spiritus Dei Domino,

Benedicite ignis et œstus Domino : * benedicite frigus et œstus Domino.

Benedicite rores et pruina Domino : ' benedicite gelu et frigus Domino.

Benedicite glacies et nives Domino : * benedicite noctes et dies Domino.

Benedicite lux et tenebrœ Domino : * benedicite fugura et nubes Domino.

Benedicat terra Dominum : * laudet et superexaltet eum in saecula.

Benedicite montes et colles Domino : * benedicite universa germ.inantia in terra Domino.

Benedicite fontes Domino : * benedicite maria et flumina Domino.

Benedicite cete et omiqS Le Saint Jour de Pâques.

ma quœ moventur in aquis Domino : * bcnedicite omncs volucres cœli Domino.

Benedicitc omncs bestial et pecora Domino : ' benedicite filii hominum Domino.

Benedicat Israël Dominum : * laudet et superexaltct cum in sœ- cula.

Benedicite Sacerdotes Domini Domino: * benedicite servi Domini Domino.

Benedicite spiritus et aninicT justoriim Domino : * benedicite sancti et humilcs corde Domino.

Benedicite Anania , Azaria, Misael Domino : * laudate et superexaltate eum in sœcula.

Benedicamus Patrem et Filium cum Sanclo Spiritu : * laiidemus , et superexaltemus cum in saecula.

Bcnedictus es, Domine, in firmamcnto cœli : * et laiidabilis et gloriosus, et superexaltatus in sœ-

Ant. Prae timoré autem ejus exterriti sunt custodes, et facti sunt velut mortui. Alléluia.

tants des eaux, bénissez le Seigneur : volatiles, bénissez tous le Seigneur. il

Bétes et troupeaux, bénis- , scz tous le Seigneur: enfants des hommes, bénissez le Seigneur.

Qu'Israël bénisse le Seigneur: qu'il le loue et l'exalte à jamais.

Prêtres du Seigneur, bénissez le Seigneur : serviteurs du Seigneur, bénissez le Seigneur.

Esprits et âmes des justes, bénissez le Seigneur : saints et humbles de cœur, bénissez le Seigneur.

Ananie, Azarie, Misaël, bénissez le Seigneur : louczIc et exaltez-le à jamais.

Bénissons le Père et le

Fils avec le Saint-Esprit : f

louons-le et exaltons-le à ja- ]

mais. \

Vous êtes béni, Seigneur, au firmament du ciel : digne de louange , de gloire et d'honneur à jamais.

Ant. a son aspect , les gardes furent saisis de iVayeur, et devinrent comme morts. Alléluia.

Les trois derniers Psaumes qui suivent, et

Les Laudes.

3ue l'Eglise réunit en un seul, sont aussi les erniers dans le Psautier. Ils renferment la louange du Seigneur, et convoquent toutes les créatures à^ le célébrer. Le premier est semblable au Cantique des trois enfants; le second appelle les Saints à chanter le Seigneur, qui les a glorifiés et associés à sa résurrection ; le troisième invite tout ce qui respire à former, en Thonneur de cet Homme-Dieu, le plus brillant et le plus harmonieux concert.

Ant Ï '-^^^^ répondit ' 1- aux femmes.

et

leur dit : N'ayez aucune crainte : je sais que c'est que vous cherchez.

Jésus Alléluia.

Ant.

autem Angélus, dixit mulieribus : Nolite timere : scio enim quod Jesum quœritis. Alléluia.

LOUEZ le Seigneur du haut des cieux : louez-le dans les hauteurs célestes.

Vous tous , ses Anges . louez-le : vous tous qui formez ses armées, louez-le.

Soleil et lune, louez-le : étoiles et lumière, louez-le.

Cieux des cieux, louez-le : eaux, qui êtes par delà les airs, louez le Nom du Seigneur ;

Car il a dit, et tout a été fait ; il a commandé, et tout a été créé.

II a établi ses créatures à jamais , et pour les siècles

LAUDATE Dominum de cœlis : * laudate eum in excelsis.

Laudate eum omnes Angeli ejus : * laudate eum omnes virtutes ejus.

Laudate eum sol et luna : * laudate eum omnes stellse et lumen.

Laudate eum cœli cœ- lorum : * et aquœ omnes, quœ super cœlos sunt, laudent Nomen Domini.

Quia ipse dixit, et facta sont : * ipse mandavit, et creata sunt.

Statuit ea inaeternum, et in saeculum sœculi : *

2 00 Le Saint Jour de Pâques.

prœccptum posuit, et non praeteribit.

Laudale Dominum de terra : * dracones et onines abyssi.

Ignis, grando , nix , glacies, spiritus procellariim : * quœ faciunt vcrbum ejus.

Montes et omnes colles : * ligna fructifera, et omnes cedri.

Bestiae et universa pecora : * serpentes et volucres pennatœ.

Reges terrœ et omnes populi : * principes, et omnes judices terrae.

Juvenes, et virgines, scnes cum jiinioribus, laiident Nomen Domini : * quia exaltatum est Nomen ejus solius.

Confessio ejus super cœlum et terram : * et exaltavit cornu populi sui.

Hymnus omnibus Sanctis ejus : * filiis Israël, populo appropinquanti sibi.

des siècles ; il en a porté le décret, et sa parole ne passera pas.

T.ouez le Seigneur, vous qui êtes sur la terre ; dragons, abîmes des eaux.

Feu, grêle, neige, glaces, souilles des tempêtes, qui obéissez à sa parole ;

Montagnes et collines , arbres fruitiers et cèdres ;

Bêtos et tioupeaux ; serpents et volatiles empennés;

Rois de la terre et tous les peuples ; princes et juges de la terre ;

Jeunes hommes et vierges, vieillards et enfants, louez le Nom du Seigneur ; car son Nom seul est grand.

Sa gloire éclate au ciel et sur la terre, et aujourd'hui il a relevé la puissance de son peuple.

Que sa louange soit dans la bouche de tous ses Saints, des fils d'Israël, du peuple

3u'il daigne réunir autour e lui.

CANTATE Domino canticum novum : * laus ejus ioEcclesia Sanctorum.

Lœtetur Israël in eo qui fecit eum : * et filii

/~^- HANTEZ au Seigneur un ^-' cantique nouveau ; que sa louange retentisse dans l'Eglise des Saints.

Que le nouvel Israël se réjouisse en celui qui l'a lait ;

Les Laudes.

que les fils de Sion tressaillent d'allégresse en leur Roi.

Qu'ils louent son Nom dans les chœurs : qu'ils lui chantent des psaumes au son des tambours et de la harpe ;

Car le Seigneur aime son peuple avec tendresse ; il glorifiera, il sauvera ceux qui sont humbles.

Les Saints tressailliront d'allégresse dans leur gloire ; ils seront comblés de joie sur leurs couches d'honneur.

La louange de Dieu sera dans leur bouche , et le glaive à deux tranchants dans leurs mains.

Pour tirer vengeance des nations, pour châtier les peuples rebelles ;

Pour enchaîner les rois superbes , et contenir les puissants par des liens de fer ;

Pour exercer sur eux le jugement rendu par le Seigneur : telle est la gloire qu'il a réservée à tous ses Saints.

Sion exsultent in rege suo.

Laudent Nomen ejus in choro : * in tympano et psalterio psallant ei.

Quia beneplacitum est Domino in populo suo : ' et exaltabit mansuetos in salutem.

Exsultabunt Sancti in gloria : * lœtabuntur in cubilibus suis.

Exaltationes Dei * in gutture eorum : * et gladii ancipites in manibus eorum.

Ad faciendam vindictam in nationibus : ' increpationes in populis.

Ad alligandos reges eorum in compedibus : * et nobiles eorum in manicis ferreis.

Ut faciant in eis judicium conscriptum : * gloria hcec est omnibus Sanctis ejus.

Louez le Seigneur dans son sanctuaire : louez-le au firmament, où éclate sa puissance.

Louez-le dans ses merveilles : louez-le à cause de sa grandeur sans bornes.

Louez-le au son de la

Laudate Dominum in Sanctis ejus : ' laudate eum in firmamento virtutis ejus.

Laudate eum in virtutibus ejus : * laudate eUm secundum multitudinem mngnitudinis ejus.

Laudate eum in sono

Le Saint Jour de Pâques.

tubne . * laiidate eum in psalterio et cithara.

Laudalc eum in tympano et choro : * laudate eum in chordis et organo.

Laudate eum in cymbalis bencsonantibus , laudate eum in cymbalis jubilationis: * omnis spiritus laudet Dominum.

Ant. Respondens autem Angélus, dixit mulieribus : Nolite timere : scio enim quod Jesum quaeritis. Alléluia.

trompette : louez-le sur le psaltérion et la harpe.

Louez-le sur les tambours et dans les chœurs : louez-le sur les instruments à corde et dans les concerts.

Louez-lc sur les cymbales harmonieuses , louez-le sur les cymbales de l'allégresse : que tout ce qui respire loue le Seigneur.

Ant. L'Ange répondit aux femmes, et leur dit : N'ayez aucune crainte : je sais que c'est Jésus que vous cherchez. Alléluia.

Après le chant des Psaumes, on entonne immédiatement l'Antienne pascale :

HiEC dies quam fecit Dominus : mus et lœtemur

C'est le jour que le Seineur a fait : passons-le dans les transports d'une sainte joie.

Vient ensuite le Cantique de Zacharie, par lequel l'Eglise salue, chaque matin, le lever du soleil II célèbre la visite du Seigneur, l'accomplissement des promesses de Dieu, l'apparition du divin Orient au milieu de nos ténèbres.

^Ni. C ^,na sabbatorum, veniunt ad monumentum, orto jam sole.

AUcluia

Ant.

ET dès le matin du dimanche, elles arrivèrent au tombeau , le soleil étant déjà levé. AUeBENEDICTUS Dominus I O kni soit le Seigneur, Deus Israël: *quia|-D Dieu d'Israël; car •

Les Laudes.

jourd'hiii il a visité et racheté son peuple.

Et il nous a suscité un puissant Sauveur , dans la maison de David, son serviteur :

Comme il Tavait promis par la bouche de ses Saints, de ses Prophètes , qui ont prédit dans les siècles passés,

Qu'il noub sauverait de nos ennemis, et de la main de tous ceux qui nous haïssent ;

Qu'il ferait la miséricorde promise à nos pères, et se souviendrait de son alliance sainte,

Du serment par lequel il avait juré à Abraham notre père de faire, dans sa bonté,

Que, délivrés de la main de nos ennemis, nous le puissions servir sans crainte.

Dans la sainteté et la justice , marchant devant lui tous les jours de notre vie.

Et vous , petit Enfant , Précurseur du Dieu-Homme. vous serez appelé Prophète du Très-Haut ; car vous Tiarcherez devant la face du Seigneur, pour préparer ses voies.

Pour donner à son peuple la connaissance du salut, et annoncer la rémission des péchés.

Par les entrailles de la miséricorde de notre Dieu,

visitavit et fecit redemptionem plebis suîe.

Et erexit cornu salutls nobis : ' in domo David pueri SLii.

Sicut locutus est per os Sanctorum ; * qui a saeculo sunt Proohetarum ej.is.

Salutem ex inimicis nostris : * et de manu omnium qui oderunt nos.

Ad faciendam misericordiam cum patribus nostris : * et memorari testament! sui sancti.

Jusjurandum quod juravit ad Abraham patrem nostrum : * daturum se nobis.

Ut sine timoré de manu inimicorum nostrorum liberati : * serviamus illi.

In sanctitate et justitia coram ipso : * omnibus diebus nostris.

Et tu, puer, Propheta Altissimi vocaberis : * praeibis enim ante faciem Domini parare vias ejus.

Ad dandam scientiam salutis plebi ejus : * in remissionem peccatorum eorum.

Per viscera misericordia: Dei nostri ; * in

2 04 Le Saint Jour de Pâques.

quibiis visitavit nos Oricns ex alto.

Ilhiniinare his qui in tencbris et in iimbra mortis sedent : * ad dirigendos pcdes nostros in viam pacis.

Ant. Et valde mane una sabbatorum, veniunt ad monumentum , orto jam sole. Alléluia.

nt, qui s'est du lia ut du

ce divin Orient levé sur nous ciel.

Pour éclairer ceux qui sont assis dans les ténèbres et dans l'ombre de la mort, pour diriger nos pas dans la voie de la paix.

Ani". Et dès le matin du dimanche , elles arrivèrent au tombeau, le soleil étant déjà levé. Alléluia.

DEUS, qui hodicrna die per U n i g e n i t u m tuum aelernitatis nobis adilum , devicta morte, reserasti : vota nostra, qurc prœvcniendo aspiras, etiam adJLivando prosequere. Per eumdem Dominum nostrum Jcsum Christum. Amen.

f. Benedicamus Domino. Alléluia, alléluia.

Vf. Deo gratias. Alléluia, alléluia.

ODiEU qui, en ce jour, par votre Fils unique vainqueur de la mort, nous avez rouvert la voie de l'éternité ; secondez par votre secours les vœux que vous nous inspirez en nous prévenant par votre grâce. Par le même Jésus-Christ notre Seigneur.

^. Bénissons le Seigneur. Alléluia, alléluia,

19!. Rendons grâces à Dieu. Alléluia, alléluia.

Le chant des Laiules étant termine, la foule des tidcles s'écoule, pour revenir plus nombreuse encore, à l'heure où le Sacrifice solennel du divin Agneau pascal la convoquera de nouveau. En nous reportant aux premiers siècles de notre foi , comme nous l'avons fait tous ces derniers jours, afin de mieux saisir le sens et la portée des rites de la sainte Liturgie, nous continuerons à nous représenter une de ces célèbres Eglises des

Le Saint Jour de Pâques.

IV® et v<= siècles où les pompes sacrées se développaient dans tout leur éclat.

La cité a reçu, en ces jours, un accroissement nouveau et subit de population. Les prêtres des campagnes sont venus s'unir à leur Evêque pour lès solennités du Chrême, du Baptême et de la Pàque, et ils ont amené avec eux de nombreux tidèles. Les habitants de la ville ont suspendu tout voyage, pour ne pas manquer à la célébration des mystères; les canons des Conciles interdisent même aux grands la liberté de sortir des murs, tant que la solennité pascale n'a pas achevé son cours i. Ces prescriptions ne doivent pas étonner, si l'on se rappelle ce que nous avons rapporté, à propos du Dimanche des Palmes, que les illustres solitaires de l'Orient, qui, sortis du monastère avec la permission de leur abbé, s'étaient enfoncés dans le désert, au commencement du Carême, pour vaquer sous l'œil de Dieu seul à la pénitence et à la contemplation, venaient se réunir à la communauté pour célébrer la Pâque. Saint Pacôme qui, le premier, organisa, dans les déserts de l'Orient, une sorte de confédération monastique formée de toutes les maisons qui étaient issues de son célèbre monastère de Tabenne, exigeait que tous ses disciples se réunissent, chaque année, au monastère central pour fêter la Résurrection du Sauveur; et plus d'une fois l'on vit camper autour de Tabenne jusqu'à cinquante mille moines, réunis de toutes ces cités spirituelles dont le désert était parsemé.

1. Conciles d'Agde, d'Orléans I et IV, d'Epaone, etc.

2o6 Le Saint Jour de Pâques.

De nos jours encore, au sein de nos villes dont un si grand nombre ont perdu le cachet du christianisme, les églises sont remplies ! en cette fêle de Pâques Les plus vastes ne i' suffisent pas à contenir la foule qui les \ assiège. Beaucoup d'hommes qui, dans tout \ le cours de l'année, passent indifférents de- ] vant le seuil de la maison de Dieu, le franchissent en ce jour. Dernière trace du chris- • tianisme universel qui a survécu à tant de | faux systèmes, à tant de calculs matériels ; I disons aussi, dernière attraction de cet aimant vainqueur qui réside en notre divin ressuscité. Beaucoup, au moment de quitter cette vie, éviteront le naufrage, en criant 5 vers Jésus, que la Pâque annuelle, si incom- | plètemcnt fêtée par eux, les avait du moins | empêchés d'oublier; mais beaucoup aussi, | hélas ! feront naufrage, parce que n'ayant | pas, en ce jour, accompli la justice envers | leur libérateur, ils ont contraint de se mon- | trer juste celui qui, tant de fois, en cette fête } de Pâques, les convia à sa miséricorde. ? Prions Dieu qu'elle ne s'éteigne pas, « cette mèche qui fume encore »; ou'il n'achève pas de se rompre, « ce roseau déjà éclaté » (Isai. XLii, 3) ; et reposons nos regards sur les beaux spectacles que nous olfi-e la foi antique, cette foi précieuse qui vit en nous, par la divine miséricorde, et qui trouvera des fidèles, et des fidèles nombreux, jusqu'à la fin des temps.

3'lais avant de nous réunir à l'assemblée sainte, donnons un souvenir aux Martyrs de la Pâque. Un jour, la grande solennité fut consacrée par le sang des fidèles; et la sainte

Le Saint Jour de Pâques. 2oy

Eglise en garde la mémoire dans les fastes du Martyrologe. En 459, on célébrait la Pâque le cinq d'Avril ; c'était l'époque où les Eglises d'Afrique étaient ravagées par les Vandales , hérétiques ariens conduits par leurs rois Genséric et Hunnéric. Les fidèles de la ville de Régia s'étaient rassemblés dans l'église pour célébrer la Résurrection du Christ; et atin d'éviter le contact des hérétiques , ils en avaient fermé les portes. Les ariens, conduits par un de leurs prêtres, forcent l'entrée du saint temple et se précipitent en armes sur la multitude des tidèles, A ce moment, un Lecteur, du haut de TAmbon, exécutait la mélodie de V Alléluia; une flèche meurtrière, lancée sur lui par l'un de ces barbares, l'atteint à la gorge ; il tombe, et va achever au ciel le chant )oyeux qu'il avait commencé sur la terre. Les Vandales font main basse sur les catholiques ; l'église est inondée de leur sang ; un grand nombre sont entraînés par les hérétique's hors du temple; mais c'est pour être immolés ensuite par ordre du conquérant; il n'y eut que les enfants d'épargnés. Unissons-nous à la sainte Eglise qui, chaque année, le cinq Avril, glorifie ces nobles victimes de la Pàque.

20 s Le Saint Jour de Pâques.

1 'heurr de Tierce a rassemblé dans la Ba*^ silique tout le peuple de la cité. Le soleil, qui s'est levé joyeux, semble verser une lumière plus vive ; le pavé de l'église est jonché de fleurs. Au-dessous des mosaïques de l'abside, dont les émaux scintillent d'un éclat nouveau, les murs sont tapissés de draperies précieuses; des guirlandes de feuillage pendant en festons de l'arc triomphal, courent le long des colonnes de la grande nef, et de là se répandent sous les nefs latérales. De nombreuses lampes, alimentées de l'huile la plus pure, brûlent autour de l'autel, suspendues au ciborium. Porté sur son élégante colonne, le Cierge Pascal, qui n'a pas éle éteint depuis les premières heures de la soirée d'hier, lance sa flamme toujours vive, et embaume le lieu saint des parfums dont sa mèche est imprégnée. Symbole mystérieux du ChristLumière, il réjouit les regards des fidèles, et semble dire à tous : « Alléluia ! Le Christ est ressuscité. «

Mais ce qui, plus que tout le reste, intéresse l'assemblée sainte, c'est le groupe nombreux des néophytes couverts de leurs robes blanches, comme les Anges qui ont apparu au sépulcre; c'est en ces jeunes et nobles recrues que se réfléchit le plus vivement le mystère du Christ sortant du tombeau. Hier encore ils étaient morts par le péché; main- | tenant ils sont pleins de vie, d'une vie nou- | velle qui est le fruit de la victoire du Rédempteur sur la mort. Heureuse pensée de

La Messe. 2oq

la sainte Eglise, d'avoir choisi pour le jour de leur régénération celui-là même où l'Homme-Dieu a conquis pour nous l'immortalité.

A Rome, la Station était autrefois dans la Basilique de Sainte-jMarie -Majeure. Cette reine des nombreuses églises dédiées à la Mère de Dieu dans la "ville sainte, était

désignée pour la fonction de ce jour par une \

adniirable délicatesse. Rome faisait hom- :

mage de la solennité pascale à celle qui, \

plus que toute créature, eut droit d'en res- \

sentir les joies, et pour les angoisses que î

son cœur maternel avait endurées, et pour ;

sa fidélité à conserver la foi de la résurrec- \

tion durant les longues et cruelles heures \

que son divin Fils aut passer dans l'humi- 1

liaiion du tombeau. Depuis, la solennité de \

la Messe papale a été transférée dans la ï

Basilique de Saint-Pierre, plus vaste et plus ;:

en rapport avec l'immense concours de ndè- \

les que le monde chrétien tout entier députe \

aux solennités pascales de Rome. Néanmoins '^

le Missel romain continue d'indiquer Sainte- j'

Marie-Majeure comme l'église de la Station 5

d'aujourd'hui ; et les indulgences sont de- ;

meurées les mêmes en faveur de ceux qui ■

prennent part aux fonctions qui s'y célèbrent, ;

Il est l'heure de Tierce (neuf heures du 5

matin) ; on commence aussitôt l'Office qui j

correspond à cet instant de la journée, et |

qui précède toujours la Messe solennelle. |

Les trois divisions du Psaume cxviii qui le '

composent, se trouvent ci-dessus, page m ; '

mais en ce jour, et pendant toute la semaine, ; la sainte Eglise, jalouse de conserver la

HMC dies quam fccit Dominus : cxsultcmus et lœtemur inca.

2 10 Le Saint Jour de Pâques.

forme antique à l'Office de Pâques, omet l'Hymne oui précède ordinairement les Psaumes, et n admet ni le Capitule, ni le Répons bref. La psalmodie étant terminée, on ajoute sur un mode grave et mélodieux la triomphante Antienne que l'iiglise répète sans cesse durant toute cette solennelle Octave :

C'est le jour que le Seigneur a fait : passons-le dans les transports de l'allégresse.

L'Office de Tierce se termine par la Collecte de la Messe, ci-après, page 216.

A la différence des autres dimanches de l'année, on ne bénit pas l'eau aujourd'hui pour l'Aspersion. Il y a quelques heures à peine, le Pontife a sanctifié cet élément avec les rites les plus sublimes, avant de l'employer à la régénération de nos néophytes. L'eau qui va servir à purifier l'assemblée sainte a été puisée dans la fontaine même dont ils sont sortis tout éclatants de blancheur. Pendant qu'on la répand sur les fidèles, le chœur chante l'Antienne suivante :

VIDI aquam cgredientem de templo a latere dextro, allehiia : cl omncs, ad quos pervenit aqua ista, salvi facti sunt, Cl dicenl : Alléluia, alléluia.

Ps. Confitemini Domino , quoniam bonus : quoniam in sœculum misericordia ejus.

JAI VU une eau qui sortait du temple, au colc droit, alléluia ; et tous ceux que cette eau a touchés ont été sauvés, et ils diront : All«- luia, alléluia.

Ps. Louez 1* Seigneur, parce qu'il est bon , et sa miséricorde est à jamais.

La Messe.

Gloire au Père. J'ai vu une eau.

"fr. Montrez-nous , Seigneur, votre miséricorde , alléluia.

»^. Et donnez-nous le Sauveur que vous nous avez destiné, alléluia.

Gloria Patri. Vidi aquam.

y. Ostende nobis, Domine , misericordiam tuam. alléluia.

'sç.. Et Salutare tuumda nobis, alléluia.

Exaucez-nous . Seigneur saint , Père tout-puissant , Dieu éternel ; et daignez envoyer du ciel votre saint Ange qui garde , favorise. protège , visite et défende tous ceux qui sont reunis en ce lieu. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.

Exaudi nos , Domine sancte . Pater omnipotens , reterne Deus : et mittere digneris sanctum Angelum tuum de cœlis, qui custodiat , foveat , protegat , visitet atquc defendat omnes habitantes in hoc habitaculo. Per Christum Dominum nostrum. Amen.

Dans les Eglises des Gaules et des autres contrées occidentales, on chanta longtemps, à la Procession qui précédait la Messe, d'admirables strophes de saint Venance Fortunat, évêque de Poitiers Nous les donnerons ici, persuadé qu'elles seront agréables au pieux lecteur, et qu'elles l'aideront à entrer dans l'esprit de la grande solennité à laquelle elles servaient à préparer nos pères. On y retrouve l'enthousiasme qui a dicté le Vexilla régis et l'Hymne du saint Chrême ; c'est la même diction, ferme, énergique, un peu rude ; mais c'est aussi la même" piété, le même enthousiasme et la même richesse d'images et de sentiment. Le chant qui accompagnait ces paroles est venu jusqu'à nous sur les manuscrits, et respire la majesté et l'onction.

2 T2 Le Saint Jour de Pâques.

OALVE, festa dies, toto •^ vcnerabilis aevo ; Qua Deus infernum vincit, et astra tcnet.

Ecce rcnasccntis testatur gratia munJi, Omnia cum Domino dona redisse suo.

On réfète: Sah dics.

;, festa

Namque triumphanti

post tristia tartara

Christo,

Undique fronde nemus,

gramina flore favent.

Salve, festa dies.

Legibus inferni oppressis, super astra

meantem,

Laudant rite Deum lux,

polus, arva, fretum.

Salve, festa dies.

Qui crucifixus ernt Deus, ecce pcr omnia régnât ; Dantquc crcatori cuncta creata preccm. Salve, festa dies.

Christe salus rerum, bone conditor, atque redemptor;

n ALUT, jour solennel, véné^ rable dans tous les âges 1 jour où un Dieu triomphe du tombeau, et prend possession des cieux.

La terre, qui reprend son éclat et sa beauté, annonce que toute créature renaît aujourd'hui avec son auteur.

On répète: Salut, jour solennel.

Pour applaudir au triomphe du Christ sortant du tombeau, les forêts se couvrent de feuillage, les plantes étalent leur floraison.

Salut, jour solennel.

La lumière, les cieux, les campagnes, les mers, célèbrent de concert le Dieu qui s'élève au-dessus des astres, vainqueur de la loi du trépas.

Salut, jour solennel.

Le Dieu crucifié naguère règne maintenant sur l'univers ; la création entière adresse d'humbles vœux à son auteur.

Salut, jour solennel.

O Christ, vSauveur de l'univers , créateur plein de bonté , rédempteur de ton

La Messe. 21'J

œuvre , Fils unique d'un

Unica progenies ex deiPère qui est Dieu.

tate Patris.

Salut, jour solennel.

Salve, festa dies.

Toi qui , voyant le triste

Qui genus humanum

naufrage du genre humain.

cernens mersum esse

daignas te faire homme pour

profundo,

délivrer Ihomme.

Ut hominem eriperes. es quoque factus homo.

Salut, jour solennel.

Salve, festa dies.

Toi qui, non content de

Nec voluisti etenim

naître dans un corps, voulus

tantum te corpore

dévouer à la mort cette chair

nasci.

en laquelle tu pris une humSed caro quœ nasci perble naissance.

tulit, atque mori.

Salut, jour solennel.

Salve, festa dies.

Auteur de la vie, artisan du

Funerisexsequiaspatemonde, tu t'es abaissé jusris, vitœ auctor et

qu'au sépulcre ; pour nous

orbis.

assurer le salut, tu t"es engaIntrans mortis iter, dando

gé dans la voie du tombeau.

salutis opem.

Salut, jour solennel.

Salve, festa dies.

Mais voici que les chaînes

Tristia cesseruntinferlugubres des régions souternse vincula legis.

raines se sont rompues :

Expavitque chaos lumil'abîme épouvanté a senti

nis ore premi.

dans son sein pénétrer une

lumière puissante.

Salut, jour solennel.

Salve, festa dies.

A la présence du Christ rayonnant, les ténèbres s'efDepereunt tenebrse

Christi fulgore fugafacent ; les ombres épaisses

ts.

de l'éternelle nuit ont dis.Eternas noctis pallia

paru.

crassa cadunt.

l

Salut, jour solennel.

Salve, festa dies.

Ce n'est pas tout encore.

Pollicitam sed redde

Le Saint Jour de Pâques.

fidem, precor, aima potcstas : Te ni a lux rediit, surgc scpulte meus. Salve, lesta dies.

Non dccet ut vili tumulo tua mcmbra tegantur, Ncu pretium miindi vilia saxa premant.

Salve, festa dics.

I-intea toile , precor, sudaria linque sepulcro ; Tu satis es nobis, et sine te nihil est.

Salve, festa dies.

Solvecatenatas infcrni carceris umbras, Et revoca sursum quidquid ad ima ruit.

Salve, festa dies.

Redde tuam fuciem , videant ut sacula lumen, Redde diem, qui nos, te moriente, fugit.

Salve, festa dies.

Sed plane implesti rcmeans, pie vicier, ad

orbem ;

Tartara pressa jacent,

nec sua jura tenent.

Salve, festa dies.

ô puissant Roi ! 11 est temps l

de dégager ta promesse ; le »

troisième jour est venu ; )

lève-toi, mon Dieu enseveli ! ■; Salut, jour solennel.

Tes membres sacrés ne

doivent pas plus longtemps «

reposer sous une vile pierre ; • la roche grossière ne doit plus

retenir la rançon du monde. i

Salut, jour solennel. |

Ecoute ma prière, secoue 3 ces linceuls, laisse ce suaire au fond du sépulcre; n'es-tu pas notre bien unique, celui sans lequel tout est néant?

Salut, jour solennel.

Délie ces générations captives dans leurs prisons souterraines; ramène dans les hauteurs tout ce qui avait croulé dans les abîmes.

Salut, jour solennel.

Rends-nous ton visage béni, afin que le monde revoie la lumière ; rends-nous le jour qui s'est éclipsé, au moment où tu expirais.

Salut, jour solennel.

Mais tu as été fidèle, ô vainqueur plein de bonté 1 le monde t'a vu reparaître ; la mort est écrasée sous tes pieds ; ils sont abrogés, les droits dont elle osait se prévaloir.

Salut, jour solennel.

La Messe.

2l5

Monstre au gosier béant et insatiable, elle engloutissait notre race ; la voilà maintenant devenue ta proie, ô Dieu 1

Salut, jour solennel.

Elle revomit avec terreur ces générations qu'elle avait englouties dans sa férocité ; et c'est l'Agneau qui arrache les brebis de la gueule du loup.

Salut, jour soleancl.

En ce jour, ô divin Roi, le triomphe que tu remportas alors renouvelle une partie de sa splendeur ; aujourd'hui que le lavoir sacré comble la félicité des âmes qu'il a rendues pures.

Salut, jour solennel.

Une blanche armée s'élance du sein des eaux limpides, et les âmes ont lavé la tache du péché dans lesflots renouvelés par la bénédiction.

Salut, jour solennel.

Un vêtement sans souillure exprime l'éclat dont elles brillent ; et le pasteur se réjouit à la vue de son troupeau plus blanc que la neige.

Saliil, jour solennel, vénérable dans tous les âges ! jour où un Dieu triomphe du tombeau, et prend possession des cieux.

Inferus insaturabilitcr cava guttura pandens. Qui rapuitsemper, fit tua prœda, Dcus.

Salve, festa dics.

Evomit absorptam trépide fera bellua plebem. Et de fauce lupi subtrahit Agnus oves.

Salve, festa dies.

Rex sacer, ecce tui radiât pars magna triumpni, Cum puras animas sacra lavacra béant.

Salve, festa dies.

Candidus egreditur nitidis exercitusundis, Atque vêtus vitium purgat in amne novo.

Salve, festa dies.

Fulgentcs animas vestis quoque candida signât. Et grege de niveo gaudia pastor habet.

Salve, festa dies, toto venerabilis œvo ; Qua Deus infernam vinci t, et astra tenet.

Le Saint Jour de Pâques.

Tous les préludes au Sacrifice étant terminés, la VOIX des chantres se fait entendre avec éclat et mélodie. Ils exécutent le solennel Introït, durant lequel le Pontife, entouré des Prctrcs, des Diacres et des minisires inférieurs, se dirige vers l'autel. Ce chant d'entrée est le cri de î'Homme-Dicu sortant du tombeau, et adressant à son Père céleste l'hommage de sa reconnaissance.

1 ; ESVRREXi , et adhuc

1' tccuni siim, alléluia : posuisti super me manum tuam, alléluia : mirabilis facta est scientia tua. Alléluia, alléluia.

Ps. Domine, probasti me et cognovisti me : tu cognovisti sessionem meam et resurrectioriem meam. Gloria Patri. Rcsurrexi.

JE SUIS ressuscite, et me voici encore avec vous, alléluia : vous avez étendu votre main sur moi, alléluia : votre sagesse s'est montrée admirable. Alléluia, alléluia. Ps. Vous m'avez éprouvé, Seigneur , et vous m'avez pénétré ; mon repos et mon lever vous ont été connus. Gloire au Père. Je suis ressuscité.

Dans la Collecte, la sainte Eglise célèbre le bienfait de l'immortalité rendiic à l'homme par la victoire que le Rédempteur a remportée sur la mort ; et elle demande que les vœux de ses enfants s'élèvent toujours plus haut vers cette sublime destinée.

EUS, qui hodicrna die per Unigenitum luum. .'Eternitatis nobis aditum, devicta morte, reserasii : vota nostra, quœ prrcveniendo aspiras,

Dieu qui, ^n ce jour

V. / par votre Fils unique vainqueur de la mort, nous avez rouvert la voie de l'éternité ; secondez par votre secours les vœux que vous

La Messe.

nous inspirez en nous préve- 1 etiam adjuvando prosenant par votre srràce. Par le I quere. Per eunidem Doméme Jésus-Christ notre minam. Seigneur. |

Lecture de TEpitre du bienheureux Apôtre Paul aux Corinthiens. I Chap. V. ' M ES Frères , chassez le '•1 vieux levain, afin d'être une pâte nouvelle, vous qui êtes déjà azymes ; car le Christ notre Pàque a été immolé. Faisons donc festin , non avec du vieux levain, non avec le levain de la malice et de la perversité, mais avec les azymes de la sincérité et de la vérité.

Lectio Epistoloe beati Pauli Apostoli ad Corinthios. I Cap. v.

FRATRES. expurgate vetui fermentum , ut

sitis nova conspersio, sicut estisazymi. Etenim Pascha oostrum immolatus est Christus. Itaque epulemur , non in fermento veteri . neque in fermento malitise et nequitiae : sed in azymis sinceritatis et veritatis.

Dieu avait ordonné aux Israélites de manger l'Agneau pascal avec du pain azyme, c'est-à-dire sans levain ; leur enseignant, sous ce symbole, qu'ils devaient, avant de prendre ce repas mystérieux, renoncer à la vie passée, dont les imperfections étaient figurées par le levain. Nous chrétiens, qui sommes entraînés par le Christ vers cette vie nouvelle dont il nous a ouvert la voie en ressuscitant le premier, il nous faut désormais ne plus tendre qu'à des œuvres pures, à des actions saintes, azyme destiné à accompagner notre divin Agneau pascal, qui devient notre nourriture'aujourd'hui.

Le Graduel est formé de ces joyeuses paroles que l'Eglise a extraites du Psaume cxvii, et qu'elle répète à toutes les heures du jour en cette solennité de la Pàque. Aujourd'hui,

2/1*? Le Saint Jour de Pâques.

rallcgrcsse est un devoir pour tout chrétien ; tout nous y engage, et le triomphe de notre bien-aimé Rédempteur, et les grands biens qu'il a conquis pour nous. La tristesse aujourd'hui serait une protestation coupable contre les bienfaits dont Dieu a daigné nous combler en son Fils, qui non seulement a daigné mourir pour nous, mais encore a voulu pour nous ressusciter.

HjGC dics quam fecit Dominus : e.xsultcinus et lœtemiir in en.

y. Confitemini Domino, quoniam bonus : quoniam in sccculum misericordia ejus.

r ''est le jour que le Sei\_v gneur a fait : passons-le dans les transports de l'allégresse.

f . Louez le Seigneur , parce qu'il est bon ; parce qLie sa miséricorde est à jamais.

Le Verset alléluiatique nous donne un des motifs de la joie qui doit nous faire tressaillir aujourd'hui. Un festin est dressé pour nous ; l'Agneau est prêt ; cet Agneau est Jésus immolé, et désormais vivant : immolé, afin que nous soyons rachetés dans son sang; vivant, pour nous communiquer l'immortalité qu'il a conquise.

A LLEUHA, nlieluia. Pâque, a été immolé.

ALLF.r.ni,\. alléluia. ^. Pascha nostriim

immolatus est Christus.

Pour accroître la joie des fidèles, la sainte Eglise ajoute à ses chants ordinaires une œuvre lyrique dans laquelle respire le plus vif enthousiasme envers le Rédempteur sortant du tombeau. Cette composition a reçu le nom de Séquence, parce qu'elle est comme

La Messe.

une suite et un prolongement du chant de VA llehiia.

\ LA Victime pascale, ve^ nez, chrétiens, immoler vos louanges.

\ - ICTIM.E paschali lauImmolent christiani.

L'Agneau a racheté les brebis ; le Christ innocent a réconcilié les pécheurs à son Père.

Duel sublime! la mort et la vie sont entrées en champ clos : l'auteur de la vie, terrassé par la mort, est vivant aujourd'hui et il règne.

Qu'avez-vous vu en allant au tombeau ? Marie, dites-leJ'ai vu le tombeau du Christ qui était vivoPt ; j'ai vu la gloire du Christ ressuscité.

Les Anges étaient témoins, avec le suaire et les linceuls.

Il est ressuscité, le Christ, mon espérance ; il vous précédera en Galilée.

Nous aussi, nous savons que le Christ est vraiment ressuscité des morts ; mais vous, ô Roi vainqueur, prenez pitié de nous. Amen. Alléluia.

Agnus redemit oves : Christus innocens Patri Reconciliavit peccatores.

Mors et vita duell Confli.xere mirando; Dux vitae mortuus Régnât vivus.

Die nobis. Maria, Quid vidisti in via ?

Sepulcrum Christi viventis : Et gloriam vidi resurgentis.

Angelicos testes, Sudarium et vestes.

Surrexit Christus spes mea : Prœcedet vos in Galilœ-

Scimus Christum surrexisse A morluis vere : Tu nobis, victor Rex, miserere. Amen.

Alléluia.

2 2 0 Le Saint Jour de Pâques.

La sainte Eglise emprunte aujourd'hui à saint Marc, de" prcfcrencc à tout autre Evangcliste, le récit de la Résurrection. Saint Marc fut disciple de saint Pierre ; il écrivit son Evangile à Rome, sous les yeux du Prince des Apôtres. Il est convenable que, dans une telle solennité, on entende, en quelque sorte, la voix de celui que le divin ressuscité a proclamé la Pierre fondamentale de son Eglise, et le Pasteur suprême des brebis et dès agneaux.

Sequcntia sancti Evangelii sccundum Marcum. Cap. xvi.

IN illo tempore : Maria Magdalcne, et Maria Jacobi, et Salome, emerunt aromata, ut venientes unçerent Jesum. lit valde mane una sabbatorum, vcniunt ad monumentum, orto jam sole. Kt dicebant ad invicem : Quis revolvet nobis lapidem ab ostio monumenti ? Et respicicntcs viderunt revolutum lapidem. Erat quippe magnus valde. Et introeiintcs in monumentum, viderunt juvenem sedentem in dextris, coopertum stola candida, et obstupuerunt. Qui dixit illis : Nolite expavesccrc : Jesum quceritis Nazarenum, crucifixum ; curre^at, non est hic ;

La suite du saint Evangile selon saint Marc. Chap.

EN ce temps-là. Marie-Madeleine, et Marie mère de .Jacques, et Salome, achetèrent des parfums pour venir embaumer Jésus. Et de grand matin, le jour d'après le sabbat, elles arrivèrent au sépulcre, le soleil étant déjà levé. Et elles disaient entre elles : Qui nous ôtera la pierre de devant le sépulcre ? Et ayant regardé, elles virent que la pierre avait été roulée. Or cette pierre était très grande. Et étant entrées dans le sépulcre, elles virent un jeune homme assis à droite, et couvert d'une robe blanche ; et elles furent saisies de frayeur. Il leur dit : Ne craifnez point ; vous cherchez ésus de Nazareth qui a été crucifié : il est ressLiscité : il

Lu Messe.

n'est point ici ; voici le lieu où ils l'avaient mis. Mais allez, dites à ses disciples et à Pierre qu'il va vous précéder en Galilée : là, vous le verrez, comme il vous l'avait dit.

ecce locus ubi posuerunt eum. Sed ite, dicite discipulis ejus, et Petro, quia prœcedit vos in Galilœam : ibi eum videbitis, sicut dixit vobis.

(( Il est ressuscité ; il n'est plus ici : » un mort que des mains pieuses avaient étendu là, sur cette table de pierre, dans cette grotte; il s'est levé, et tout à coup, sans même déranger la pierre qui fermait l'entrée, il s'est élancé dans une vie qui ne doit plus finir. Personne ne lui a porté secours ; nul prophète, nul envoyé de Dieu ne s'est penché sur le cadavre pour le rappeler à la vie. C'est lui-même qui, par sa propre vertu, s'est ressuscité. Pour lui la mort n'a pas été une nécessité ; il l'a subie, parce qu'il l'a voulu ; il l'a brisée, quand il l'a voulu. O Jésus qui vous joue? de la mort, vous êtes le Seigneur notre Dieu ! Nous fléchissons le genou devant ce sépulcre vide, que votre séjour de quelques heures a rendu sacré pour jamais. « Voici le lieu où ils vous avaient mis.- » Voici les linceuls, les bandelettes, qui n'ont pu vous retenir, et qui attestent votre passage volontaire sous le joug de la mort.

L'Ange dit encore aux femmes : « Vous cherchez Jésus de Nazareth qui a été crucifié. » Souvenir plein de larmes ! Avant-hier, on apporta ici sa dépouille, meurtrie, déchirée, sanglante. Cette grotte dont la pierre a été arrachée violemment par la main de l'Ange, et que cet Esprit céleste illumine

Le Saint Jour de Pâques.

d'une éblouissante clarté, couvrit de son ombre sépulcrale la plus éplorée des mères; elle retentissait des sanglots de Jean et des deux disciples, des kunentations de Madeleine et de ses compagnes. Le soleil disparaissait à l'horizon, et le premier jour de la sépulture de Jésus allait commencer. Mais le Prophète avait prédit : « Au soir régneront les pleurs; mais au matin éclatera ^allégresse. » {Ps. XXIX, 6.) Nous sommes à cet heureux matin ; et notre joie est grande, ô Rédempteur, de voir que ce mêm'e tombeau où nous vous accompagnâmes avec une douleur sincère n'est plus que le trophée de votre victoire. Elles sont donc guéries, ces plaies sacrées, que nous baisions avec aniour, en nous reprochant de les avoir causées. Vous vivez plus glorieux que jamais, immortel ; et parce que nous avons voulu mourir à nos péchés, pendant que vous mouriez pour les expier, vous voulez que nous vivions avec vous éternellement, que votre victoire soit la nôtre, que la mort, pour nous comme pour vous, ne soit qu'un passage, et qu'elle nous rende un jour intact et radieux ce corps que la tomoc ne recevra plus désormais que comme un dépôt. Gloire soit donc à vous, honneur et amour, ô Fils éternel de Dieu, c]ui avez daigné non seulement mourir, mais encore ressusciter pour nous !

L'Offertoire reproduit les paroles dans lesquelles David annonce le tremblement de terre qui signala l'instant de la résurrection de l'Homme-Dieu. Ce globe a été témoin des plus sublimes manifestations de la puissance et de la bonté de Dieu ; et le souverain

La Messe.

maître a voulu plus d'une fois qu'il s'associât, par des mouvements en dehors des lois communes, aux scènes divines dont il était le théâtre.

TERRA tremuit et quievit, dum resurgeret in jadicio Deus. AlleT A terre a tremblé, et elle

l^ est demeurée dans le silence, au moment où Dieu se levait pour exercer son jugement. Alléluia.

Le peuple saint tout entier va s'asseoir au banquet pascal ; l'Agneau di\ in convie tous les fidèles à se nour'rir de sa chair ; l'autel est tout chargé des hosties qu'ils ont présentées ; la sainte Eglise, dans la Secrète, implore pour ces heureux convives les grâces qui leur assureront l'immortalité bienheureuse dont ils vont recevoir le ^age.

RECEVEZ, s'il vous plaît, Seigneur, les prières de votre peuple, avec ces hosties que nous vous offrons ; afin que notre oblation étant consacrée par le mystère de la Pâque, nous serve par votre action divine comme d'un remède qui nous dispose à l'éternité. Par Jésus-Christ notre Seignc.r. Amen.

A la Messe papale, au moyen âge, pendant que le Pontife récitait cette oraison secrète, les deux plus jeunes Cardinaux-diacres se détachaient de leurs collègues, et, couverts de leurs dalmatiques blanches, venaient se

SUSCIPE, quœsumus Domine, preccs populi tui cum oblationibus hostiarum : ut paschalibus initiata mysteriis, ad cEternitatis nobis medelam, te opérante, proficiant. Per Dominum Dostrum Jesum Christum. Amen.

2 24 Le Saint Jour de Pâques.

placer chacun à l'une des extrémités de l'autel, la face tournée vers le peuple. Ils représentaient les deux Anges qui gardaient le tombeau du Sauveur, et qui apparurent aux saintes femmes et leur annoncèrent la résurrection de leur maître. Ces deux diacres demeuraient à cette place en silence, jusqu'au moment où le Pontife quittait Tautcl à VA^nus Dci, pour remonter à son trône, sur lequel il devait accomplir la sainte communion.

On observait encore un autre usage non moins touchant, à Saintc-Maric-Majeure. Lorsque le Pape, après la fraction de l'hostie, adressait à l'assistance le souhait de la paix par les paroles accoutumées : Fax Domini sit semper vobiscum, le chœur ne répondait pas, coiume aux jours ordinaires : Et cum spiritu tuo. La tradition racontait que, dans cette même solennité et dans cette même Basilique, saint Grégoire le Grand célébrant un jour le divin Sacrifice, et ayant prononcé ces mêmes paroles qui font descendre l'Esprit de paix sur l'assemblée sainte, un choeur d'Anges lui répondit avec une si suave mélodie, que les voix de la terre se turent, n'osant s'unir au concert céleste. L'année suivante, on attendit, sans oser répondre au Pontife,

aue les voix angéliques se fissent entendre e nouveau ; cette attente dura plusieurs siècles ; mais le prodige que Dieu avait fait une fois pour son serviteur Grégoire ne se renouvela pas.

Enfin le moment où la foule des fidèles va participer au divin banquet est arrivé. L'antique Eglise des Gaules faisait retentir alors

La Messe.

un appel sublime, qu'elle adressait à toute cette multittide désireuse du pain de vie. Cette Antienne 1^'riqtie se conserva dans nos cathédrales, après même l'introduction de la Liturgie romaine par Pc]^!n et Charlemagne; et elle n'a succombé totalement que par suite des innovations du siècle dernier. Le chant qui l'accompagnait respire la majesté des Mystères ; nous" plaçons ici les paroles, comme pouvant aider les fidèles à s'approcher avec plus de respect de cette table sacrée où le divin Agneau pascal est au moment de se donner à eux.

\T ENITE, populi, ad sacrum et immortale libamen

PEUPLES, venez ; approchez-vous de l'immortel

mystère : venez goûter la libation sacrée.

Avançons avec crainte, avec foi, les mains pures ; venons nous unir à celui qui est le prix de notre pénitence : l'Agneau offert en sacrifice à Dieu son Père.

Adorons-le, glorifions-le ; et avec les Anges, chantons Alieluia.

mysterium, et agendum.

Cum timoré et fide accedamus manibus mundis, pœnitentias munus communicemus, quoniam propter nos Agnus Dei Patris sacrificium propositum est.

Ipsum solum adoremus, ipsum glorificemus : cum Angelis clamantes Alieluia.

Pendant que les ministres du festin pascal distribuent la nourriture sacrée , l'Eglise célèbre, dans l'Antienne de la communion, le véritable Agneau pascal, dont l'immolation mystique a eu lieu sur l'autel, et qui demande à ceux qui se nourrissent de lui la pureté du cœur, figurée sous l'apparence de l'azyme qui le déro'be à nos regards.

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