L'Année liturgique — Le Temps Pascal (t. 7-9)
N donne le nom de Temps pascal à cette période de semaines qui s'étend du dimanche de Pâques au samedi après la Pentecôte. Cette portion de V Année liturgique en est la plus sacrée, celle vers laquelle converge le Cycle tout entier. On le concevra aisément, si l'on considère la grandeur de la fête de Pâques, que l'antiquité chrétienne a décorée du nom de Fête des fêtes, de Solennité des solennités^ en la manière, nous dit saint Grégoire Pape, dans son Homélie sur ce grand jour, que le
sanctuaire le plus auguste était appelé le Saint des saints, et que Ton donne le nom de Cantique des cantiques au sublime cpithalame du Fils de Dieu s'unissant à la sainte Eglise. C'est, en effet, au jour de Pâques que la mission du Verbe incarne obtient l'effet vers lequel elle n'a fait que tendre jusqu'ici ; c'est au jour de Pâques que le genre humain est relevé de sa chute, et rentre en possession de tout ce qu'il avait perdu par le péché d'Adam. Noël nous avait donné un Homme-Dieu; il y a trois jours, nous avons recueilli son sang d'un prix infini pour notre rançon. Mais au jour de Pâques, ce n'est plus une victime imI molée et vaincue parla mort que nous avons sous les yeux ; c'est un vainqueur qui anéantit la mort, fille du péché, et proclame la vie, la vie immortelle qu'il nous a conquise. Ce n'est plus l'humilité des langes, ce ne sont plus les douleurs de l'agonie et de la croix ; c'est la gloire, d'abord pour lui, ensuite pour nous. Au jour de Pâques, Dieu recouvre en l'Homme-Dieu ressuscité son œuvre première; le passage de la mort n'a pas laissé plus de trace que celui du péché dont l'A-
fneau divin avait daigné prendre la ressemlance ; et ce n'est pas lui seulement qui revient à la vie immortelle ; c'est la race humaine tout entière. « La mort était entrée
Car un homme, nous dit l'Apôtre ; par un omme aussi commence la résurrection des morts ; et de même que tous sont morts en Adam, ainsi tous recouvrent la vie dans le Christ •. »
Historique du Temps Pascal. 3
L'anniversaire de ce sublime événement est donc chaque année le grand jour, le jour d"allégresse, le jour par excellence ; c'est à lui qu'aspire l'année tout entière; c'est sur lui qu'elle est fondée. Mais comme ce jour est saint entre tous, puisqu'il nous ouvre les portes de la vie céleste, dans laquelle nous entrerons ressuscites comme le Christ, l'E- glise n'a pas voulu qu'il vînt luire sur nous avant que nous eussions purilié nos corps par le jeûne et réparé nos âmes par la componction. C'est dans ce but qu'elle a institué la pénitence quadragésimale, et qu'elle nousa même avertis, dès la Septuagésime, que le temps était venu d'aspirer aux joies pures de la Pàque, et de nous disposer aux sentiments que son approche doit inspirer. Voici que nous avons achevé cette carrière de préparation, et le Soleil de la Résurrection se lève sur nous.
Mais il ne suffisait pas de fêter le jour solennel qui a vu le Christ-Lumière échapper aux ombres du tombeau ; un autre anniversaire réclamait aussi notre culte de reconnaissance. Le Verbe incarné est ressuscité le premier jour de la semaine, le jour où. Verbe incréé du Père, il avait commencé, quatre mille ans auparavant, l'œuvre de la création, en appelant la lumière du sein du chaos et en la séparant des ténèbres, inaugurant ainsi le premier des jours. Dans la Pàque, notre divin ressuscité consacre donc une seconde fois le dimanche; et désormais le samedi va cesser d'être le jour sacré. Notre résurrection en Jésus-Christ accomplie au dimanche met le comble à la gloire de ce premier des jours;
4 Le Temps Pascal.
le précepte divin du sabbat va succomber avec toute la loi mosaïque ; et les saints apôtres vont intimer désormais à tout fidèle de célébrer comme jour sacré le premier jour de la semaine, en lequel la gloire de la première création s'unit à ccUe'de la divine régénération.
La résurrection de l'Homme-Dicu devant donc s'accomplir, et s'étant, en eftet, accomplie un dimanche, sa commémoration annuelle ne pouvait avoir lieu un autre jour de la semaine. De là résultait la nécessité de séparer la Pâque des chrétiens de celle des Juifs qui, fixée irrévocablement au quatorze de la lune de mars, anniversaire de la sortie d'Egypte, tombait successivement à chacun des jours de la semaine. Cette Pâque n'était qu'une figure ; la nôtre est la réalité devant laquelle l'ombre s'efface. Il fallut donc que l'Eglise brisât ce dernier lien avec la synagogue, et proclamât son émancipation, en plaçant la plus solennelle de ses fêtes à un )our qui ne se rencontrât jamais avec celui auquel les Juifs célébraient leur Pâque désormais stérile d'espérances. Les Apôtres déterminèrent que dorénavant la Pâque pour les chrétiens ne serait plus au quatorze de la \ lime de mars, ce jour fût-il même un di\ manche, mais que nous la célébrerions dans
Itoul l'univers le dimanche qui suivrait le jour où le calendrier périmé de la synagogue
1 Néanmoins, en considération du grand nombre de Juifs qui avaient reçu le baptême et qui formèrent d'abord le noyau de l'Eglise chrétienne, afin de ménager leur susccptiHistorique du Temps Pascal. 5
bilité, il fut résolu que l'on n'appliquerait qu'avec prudence et successivement la loi relative au jour de la nouvelle Pâque. Au reste, Jérusalem ne devait pas tarder à succomber sous les coups des Romains, selon la prédiction du Sauveur ; et la nouvelle ville qui s'élèverait sur ses ruines et qui recevrait la colonie chrétienne, aurait aussi son Eglise, mais une Eglise entièrement dégagée de l'élément judaïque, que la justice de Dieu avait si clairement repoussé en ces lieux mêmes. La plupart des Apôtres, dans leurs prédications lointaines et dans la fondation des Eglises qu'ils établirent en tant de régions, au delà même des limites de l'empire" romain, n'eurent pas à lutter contre les habitudes juives ; leurs principales recrues se composèrent de gentils. Saint Pierre qui, dans le concile de Jérusalem, avait proclamé la destruction du joug mosaïque, leva dans Rome l'étendard de l'alîranchissement ; et l'Eglise, qui devenait par lui Mère et Maîtresse de toutes les autres, ne connut jamais d'autre Pâque que celle qui réunit inviolablement au dimanche le souvenir du premier jour du monde, et la mémoire de la glorieuse résurrection du Fils de Dieu et de nous tous qui sommes ses membres.
Une seule province de l'Eglise, l'Asie-Mineure, refusa longtemps de s'unir à cet imposant concert. Saint Jean, qui fit un long séjour à Ephèse, où il termina même sa vie, avait cru pouvoir ne pas exiger des nombreux chrétiens que les synagogues avaient fournis à l'Eglise dans ces contrées, le renoncement à la coutume judaïque dans la célébration de
la Pâque ; et les fidèles sortis de la gentilité qui vinrent accroître la population"^ de ces florissantes chrétientés, arrivèrent à se passionner jusqu'à l'excès pour une coutume qui se rattachait aux origines des Eglises de l'Asie-Mineure. Avec le cours des^ années cependant, cette anomalie produisait un scandale ; on y sentait comme une odeur de judaïsme, et l'unité du culte chrétien soutirait d'une divergence qui empêchait les fidèles d'être unanimes dans les joies de la Pâque et dans les saintes tristesses qui la précèdent. Le pape saint Victor, qui gouverna l'Eglise dès l'an i85, porta sa sollicitude sur un tel abus, et pensa que le moment était venu de faire triompher l'unité extérieure sur un point aussi essentiel et aussi central dans le culte chrétien. Déjà, sous le pape saint Anicet, vers l'an i5o, le Siège apostolique avait tenté, par des négociations amicales, d'amener les Eglises de l'Asie-Mineure à la pratique universelle ; rien n'avait pu triompher d'un préjugé qui se fondait sur une tradition réputée sacrée dans ces régions. Saint Victor crut pouvoir réussir mieux que ses prédécesseurs ; et afin d'influencûr les Asiatiques Èar le témoignage unanime de toutes les glises, il donna l'ordre de réunir des conciles dans les divers pays où l'Evangile avait pénétré, et d'y examiner la question de la Pâque. L'accord fut parfait en tous lieux ; el l'historien Eusèbe, qui écrivait un siècle et demi après, atteste que, de son temps, on gardait encore la mémoire des décisions qu'avaient rendues, dans cette affaire, outre le concile de Rome, ceux des Gaules, de l'A-
Historique du Temps Pascal. 7
chaïe, du Pont, de la Palestine et de l'Osrhoène en Mésopotamie. Le concile d'Ephèse, présidé par Polycrate, évêque de cette ville, résista seul aux vues du Pontife et aux exemples de l'Eglise entière.
Victor, jugeant que cette opposition ne pouvait être tolérée plus longtemps, publia une sentence qui séparait de la communion du Saint-Siège les Eglises réfractaires de l'Asic-Mineure. Cette peine sévère, qui ne venait qu'après de longues instances de la part de Rome pour amener à tîéchir les préjugés asiatiques, excita la commisération de plusieurs évèques. Saint Irénée, qui occupait alors le siège de Lyon, intervint auprès du Pape en faveur de ces Eglises qui n'avaient péché, selon lui, que par défaut de lumières ; et il obtint la révocation d'une mesure dont la rigueur semblait disproportionnée à la faute. Cette indulgence produisit son effet ; au siècle suivant, saint Anatolius, évêque de Laodicée, dans son livre de la Pâque écrit en 276, atteste que les Eglises de l'Asie-Mineure s'étaient rangées déjà depuis quelque temps à la pratique romaine.
Par une coïncidence bizarre, vers la même époque, les Eglises de Syrie, de Cilicie et de Mésopotamie donnèrent le scandale d'une nouvelle séparation sur la célébration de la Pâque. On les vit abandonner la coutume chrétienne et apostolique, pour reprendre en ce point le rite judaïque du quatorze de la lune de mars. Ce schisme dans la liturgie affligea l'Eglise ; et l'un des premiers soins au concile de Nicée fut de promulguer l'obligation universelle de célébrer la Pâque au diLe Temps Pascal.
manche. Le décret fut rendu à l'unanimité ; et les Pères du concile ordonnèrent que, « toute controverse étant mise de côté, les frères de l'Orient solenniseraient la Pâque au même jour que les Romains, les Alexandrins, et tous les autres tidèles K » La question paraissait si i^rave, comme intéressant l'essence même de la liturgie chrétienne, que saint Athanase, résumant les raisons qui avaient amené la convocation du concile de Nicée, assigne comme motifs de sa tenue la condamnation de l'hérésie arienne et l'unité à rétablir dans la solennité de la Pâque-.
Le concile de Nicée régla aussi que l'évéque d'Alexandrie serait chargé de faire faire les calculs astronomiques qui aidaient chaque année à déterminer le jour précis de la Pâque, et qu'il enverrait au Pape le résultat des recherches qu'auraient opérées les savants de cette ville, qui passaient pour les plus assurés dans leurs supputations. Le Pontife romain adresserait ensuite à toutes les Eglises des lettres d'intimation pour la célébration uniforme de la grande fête du christianisme. Ainsi, l'unité de l'Eglise paraissait par l'unité de la sainte Liturgie ; et la Chaire apostolique, fondenient de la première, était en même temps le moyen de la seconde. Au reste, déjà avant le concile de Nicée, le Pontife romain était dans l'usage d'adresser à toutes les Eglises, chaque année, une encyclique pascale portant l'intimation du jour auquel la solennité de la Résurrection devait
2. hpist. ad Afros episcopos.
Historique du Temps Pascal. q
être célébrée. C'est ce que nous apprenons de la lettre synodale des Pères du nombreux concile d'Arles, en 314, adressée au pape saint Silvestre. « En premier lieu, disent les Pères, nous demandons que robserx'ation de la Pâque du Seigneur soit uniforme pour le temps et pour le jour, dans le monde entier, et que vous adressiez à tous les lettres à ce sujet, selon la coutume •. »
Néanmoins, cet usage ne persévéra pas longtemps après le concile de Nicée. L'imperfection des moyens astronomiques entraîna une perturbation dans la manière de supputer le jour de la Pâque. Cette grande fête, il est vrai, resta pour toujours tîxe au dimanche ; aucune Eglise ne se permit plus de la célébrer le même jour que les Juifs ; mais, faute de s'entendre sur le moment précis de l'équinoxe du printemps, il advint que le jour propre de la solennité varia, à certaines années, selon les lieux. On s'écarta peu à peu de la règle que le concile de Nicée avait donnée de considérer le 21 mars comme le jour de l'équinoxe. Le calendrier appelait une réforme que personne n'était en état d'opérer; les Cycles se multipliaient en contradiction les uns avec les autres, en sorte que Rome et Alexandrie n'arrivaient pas toujours à s'entendre. La Pâque fut donc, de temps en temps, célébrée sans cet accord complet que Je concile de Nicée avait voulu procurer ; mais on était de bonne foi de part et d'autre.
L'Occident se rangea autour de Rome, qui
I. Concil. Galiiee, t. I.
finit par triompher de quelques oppositions qui s'étaient élevées dans l'ii^cosse et dans l'Irlande, dont les Eglises avaient été égarées par des Cycles fautifs. Enfin la science se trouva assez avancée au xvi° siècle, pour permettre au pape Grégoire XIII d'entreprendre et de consommer la réforme du calendrier. Il s'agissait de rétablir l'équinoxe au 2 1 mars, selon la disposition du concile de Nicée. Par une bulle du 24 février i58i, le Pontife opéra cette mesure, en retranchant dix jours de l'année suivante, du 4 au i5 octobre ; il restaurait ainsi l'œuvre de Jules César, qui, en son temps, avait aussi porté ses soins éclairés sur les supputations astronomiques. Mais la Pàquc était l'idée fondamentale et le but de la réforme opérée par Grégoire XIII. Les souvenirs du concile de Nicee et ses règlements planaient toiijours sur cette question capitale de l'année liturgique ; et le Pontife romain donnait ainsi, encore une fois, l'intimation de la Pâque à l'univers, non plus pour une année, mais pour de longs siècles. Les nations hérétiques sentirent malgré elles la puissance divine de l'Eglise dans cette opération solennelle qui intéressait du même coup la vie religieuse et la vie civile; elles protestèrent contre le calendrier, comme elles avaient protesté contre la règle de la foi. L'Angleterre et les Etats luthériens de l'Allemagne préférèrent garder longtemps encore le calendrier fautif que la science repoussait, plutôt que d'accepter de la main d'un pape une réforme que le monde reconnaissait indispensable. Aujourd'hui la Russie est la seule des
Historique du Temps Pascal. ii
nations européennes qui persiste, par antipathie pour la Rome de saint Pierre, à rester en retard de dix à douze jours sur le monde civilisé.
Tous ces détails, que nous sommes forcé d'abréger extrêmement, montrent assez l'importance que l'on doit attacher à la date de la fête de Pâques ; et le Ciel a plus d'une fois manifesté par des prodiges qu'il n'était pas indifférent à cette date sacrée. A l'époque où la confusion des Cycles et l'imperfection des mo}^ens astronomiques amenèrent tant d'incertitudes sur le véritable siège de l'équinoxe du printemps, des faits miraculeux suppléèrent plus d'une fois aux indications que ni la science ni l'autorité ne pouvaient plus fournir avec certitude. Paschasinus, évêque de Lilybée en Sicile, dans une lettre adressée à saint Léon le Grand, en 444, atteste que, sous le pontitîcat de saint Zozime, Honorius étant consul pour la onzième fois et Constantius pour la seconde, une intervention céleste vint révéler le vrai jour de la Pâque à une population simple et religieuse. Au sein de montagnes inaccessibles et d'épaisses forêts, il y avait dans un coin écarté de la Sicile un village nommé Meltine. Son église était des plus pauvres, mais Dieu la regardait dans sa bonté; car chaque année, durant la nuit pascale, au moment où le |?rêtre se dirigeait vers le baptistère pour en bénir l'eau, la fontaine sacrée se trouvait miraculeusement remplie, sans qu'il existât aucuns canaux, ni aucune source voisine pour l'alimenter. L'administration du baptême étant terminée, l'eau disparaissait d'elle-même, et
laissait le bassin à sec. Or il arriva, en l'année qui vient d'être indiquée, que durant la nuit de Pâques, pour laquelle le peuple, trompé par une fausse supputation, s'était rassemblé, la lecture des prophéties étant achevée, quand le prêtre se rendit, avec son troupeau, au baptistère, la fontaine apparut sans eau. Les catéchumènes attendirent vainement la présence de l'élément par lequel la régénération devait leur être conférée , et ils se retirèrent au lever du jour. Le 22 avril suivant (dix des calendes de mai), la fontaine se trouva remplie jusqu'aux bords, attestant que ce jour était la véritable Pâque pour cette année ^
Cassiodore, écrivant, au nom du roi Athalaric, à un personnage nommé Sévère, raconte un autre prodige qui avait lieu annuellement, dans un but semblable, la nuit de Pâques, en Lucanie, près de la petite île de Leucothée, dans un lieu appelé Marcilianum. f II y_ avait là une large fontaine, dont les eaux
I étaient d'une si admirable pureté, qu'elles
\ imitaient la transparence de l'air. On l'avait choisie pour l'administration du baptême dans la nuit de Pâques. A peine le prêtre avait-il commencé les solennelles prières de la bénédiction sous la voûte naturelle qui couvrait cette fontaine, que l'eau, paraissant prendre part aux transports de la joie pascale, croissait dans le bassin; en sorte que si elle s'élevait auparavant jusqu'à la cinquième marche, on la voyait monter jusqu'à la septième, comme pour aller au-devant des merI . Leonis opp. Epist.
Historique du Temps Pascal. i3
veilles de grâce dont elle allait être Tinstrument : Dieu montrant par là que la nature même insensible peut s'associer, quand il le permet, aux saintes joies du plus grand des jours de chaque année i.
Saint Grégoire de Tours parle d'une fontaine qui existait de son temps dans une église dz l'Andalousie, en un lieu nommé Osen, et dont le phénomène miraculeux servait pareillement à discerner le véritable jour de la Pâque. Tous les ans, l'évèque se rendait avec son peuple à cette église le Jeudi saint. Le lit de la fontaine était en forme de croix et orné de mosaïques. On constatait qu'elle était entièrement à sec ; et après diverses prières, tout le monde sortait de l'église, et l'évèque en scellait la porte de son sceau. Le Samedi saint, le pontife revenait escorté de son peuple ; on ouvrait les portes, après avoir verilié l'intégrité du sceau. Etant entré, on apercevait la fontaine remplie d'eau jusqu'au-dessus de la surface du sol, sans toutefois qu'elle répandît. L'évèque prononçait les exorcismes sur cette eau miraculeuse, et y versait le chrême. On baptisait ensuite les catéchumènes; et lorsque le sacrement avait été conféré à tous, l'eau disparaissait immédiatement, sans que l'on sût ce qu'elle devenait -. Les chrétientés de l'Orient étaient aussi témoins de semblables prodiges. Jean Mosch parle, au VII* siècle, d'une ï"ontaine baptismale en Lycie que l'eau remplissait chaque année , la veille de Pâques ; mais elle demeurait
14 Le Temps Pascal.
les cinquante jours entiers, et tarissait tout d'un coup, après la fête de la Pentecôte i.
Dans l'Historique du Temps de la Passion, nous avons rappelé les lois des empereurs chrétiens qui interdisaient les procédures civiles et criminelles dans tout le cours de la quinzaine de Pâques, c'est-à-dire depuis le dimanche des Rameaux jusqu'à l'octave de la Résurrection, Saint Aui^ustin, dans un sermon qu'il prononça le jour de cette octave, exhorte les fidèles à étendre à tout le reste de !■ l'année cette suspension des procès, des quc} relies et des inimitiés, que la loi' civile avait voulu arrêter du moins pendant ces quinze jours,
I l'intention du Sauveur qui, s'il n'a pas fixé
\ lui-même l'époque de l'année à laquelle les \ chrétiens s'approcheraient de cet auguste » sacrement, a laissé à son Eglise le soin et ! l'autorité de la déterminer. Aux premiers \ siècles la communion était fréquente, et i même journalière, selon les lieux. Plus tard, i les fidèles se refroidirent à l'égard de ce divin * mystère ; et nous voyons, pour les Gaules, par •: un canon du concile d'Agdc, en 5oG, que beaucoup de chrétiens avaient perdu sur ce point leur ferveur première. Il y est déclaré que les laïques qui ne communieront pas à Noël, à Pâques et à la Pentecôte, ne seront plus comptés pour catholiques 2. Cette dis1. Pratum sp'tritiialc, cap. ccxv.
2. Concil. Agatli., canon xvill.
Historique du Temps Pascal. i5
position du concile d'Agde passa en loi presque générale dans l'EgTise d'Occident, On la retrouve entre autres dans les règlements d'Egbert, archevêque d'York, et dans le troisième concile de Tours. En divers lieux cependant, on voit la communion prescrite pour les dimanches du Carême, et pour les trois derniers jours de la Semaine sainte, sans préjudice de la fête de Pâques.
Ce fut au commencement du xiii" siècle, au IV' concile général de Latran, en i2i5, que l'Eglise, témoin de la tiédeur qui envahissait toujours plus la société, détermina avec regret que les chrétiens ne seraient strictement obligés qu'à une seule communion par an, et que cette communion aurait lieu à Pâques. Afin de faire sentir aux lidèles que cette condescendance est la dernière limite qui puisse être accordée à leur négligence, le saint concile déclare que celui qi:i osera enfreindre cette loi pourra être interdit de l'entrée de l'église pendant sa vie, et privé de la sépulture "chrétienne après sa mort, comme s'il avait renoncé lui-même au lien extérieur de l'unité catholique i. Ces dispositions d'un concile œcuménique montrent assez l'importance du devoir qu'elles sont destinées à sanctionner; elles nous font apprécier douloureusement le triste état d une nation catholique au sein de laquelle
I. Plus tard, le pape Eugène IV, dans la constitution
Fide digna, donnée en l'année 1440, déclara que cette communion annuelle pouvait avoir lieu depuis le dimanche des Rameaux jusqu'au dimanche de Quasimodo inclusivement.
i6 Le Temps Pascal.
des millions de chrétiens bravent chaque année les menaces de l'Eglise leur mère, en refusant de se soumettre à un devoir dont l'accomplissement serait la vie de leurs âmes, en même temps qu'il est la profession essentielle de leur foi. Et quand il faut ensuite retrancher du nombre de ceux qui ne sont pas sourds à la voix de l'Eglise et viennent s'asseoir au festin pascal, ceux pour lesquels la pénitence quadragésimale a été comme si elle n'existait pas, on se livrerait à la crainte et à l'inquiétude sur le sort de ce peuple, si quelques indices consolants ne venaient de temps en temps relever les espérances, et promettre à l'avenir des générations plus chrétiennes que la nôtre.
La période des cinquante jours qui séparent la fcte de Pâques de celle de la Pentecôte a constamment été l'objet d'un respect tout spécial dans l'Eglise. La première semaine, consacrée plus spécialement aux mystères de la Résurrection, devait être célébrée avec une pompe spéciale ; mais le reste de la cinquantaine n'a pas laissé d'avoir aussi ses honneurs. Outre l'allégresse qui plane sur toute cette partie de l'année, et dont V Alléluia est l'expression, la tradition chrétienne assigne deux usages particuliers au Temps pascal qui servent à le différencier du reste de l'année. Le premier consiste dans la défense de jeûner durant les quarante jours; c'est l'extension du précepte antique tqui prohibe le jeûne au dimanche; toute cette joyeuse période devant être considérée comme un seul et unique dimanche. Les Règles religieuses les plus austères de l'Orient et de
Historique du Temps Pascal. ij
l'Occident acceptèrent cette pratique, qui paraît remonter au temps des Apôtres. L'autre observance spéciale, et qui s'est conservée littéralement dans les Eglises de l'Orient, consiste à ne pas fléchir les genoux dans les offices divins de Pâques à la" Pentecôte. Nos usages occidentaux ont modifié cette pratique, qui a régné chez nous durant des siècles. L'Eglise latine a admis depuis longtemps la génuflexion à la messe dans le temps pascal ; et les seuls vestiges qu'elle ait conservés de l'ancienne discipline à ce sujet sont devenus presque imperceptibles aux fidèles qui ne sont pas familiarisés avec les rubriques intimes du service divin.
Le Temps pascal est donc tout entier comme un seul jour de fête; c'est ce qu'attestait Tertullien dès le iii= siècle, lorsque, reprochant à certains chrétiens sensuels le regret qu'ils éprouvaient d'avoir renoncé par leur baptême à tant de fêtes qui décoraient l'année païenne, il leur disait : « Si vous aimez les fêtes, vous en trouvez chez nous : non pas des fêtes d'un jour, mais de plusieurs. Chez les païens, la fête est une fois célébrée pour l'année; pour vous maintenant, autant de huitième jour, autant de fêtes. Additionnez toutes les solennités des gentils, vous n'arriverez pas à notre cinquantaine de la Pentecôte i. » Saint Ambroise, écrivant pour les fidèles sur le même sujet, fait cette remarque : « Si les Juifs, non contents de leur sabbat hebdomadaire, célèbrent un autre sabbat qui dure toute une année, combien plus devons-nous
I« De Idololatria, cap. xiv.
i8 Le Temps Pascal.
faire pour honorer la résurrection du Seigneur ! Aussi nous ont-ils appris à célébrer les cincjuante jours de la Pentecôte comme partie intégrante de la Pâque. Ce sont sept semaines entières; et la fête de la Pentecôte en commence une huitième. Durant ces cinquante jours , l'Eglise s'interdit le jeûne, comme au dimanche où le Seigneur est ressuscité ; et tous ces jours sont comme un seul et même dimanche >. »
E toutes les saisons de l'Année liturgique, le Temps pascal est, sans contredit, le plus fécond en mystères; on peut même dire que ce temps est le point culminant de toute la Mystique de la liturgie dans la période annuelle. Quiconque a le bonheur d'entrer avec plénitude d'esprit et de cœur dans l'amour et l'intelligence du mystère pascal, est parvenu au centre même de la vie surnaturelle ; et c'est pour cette raison que notre Mère la sainte Eglise, s'accommodant à notre faiblesse, nous propose à nouveau chaque année cette initiation. Tout ce qui a précédé n'en était que la préparation : la pieuse attente de l'Avent, les doux épanchements du Temps de Noël, les graves et sévères pensées de la Septuagésime, la componction et la pénitence du Carême, le spectacle déchirant de la Passion, toute cette série de sentiments et de
2 0 Le Temps Pascal.
merveilles n'était que pour aboutir au terme sublime auquel nous sommes arrives. Et atin de nous faire comprendre qu'il s'agit dans la solennité pascale du plus grand intérêt de l'homme ici-bas, Dieu a voulu que ces deux grands mystères qui n'ont qu'un même but, la Pâquc et la Pentecôte, s'offrissent à l'Eglise naissante avec un passe qui comptait' déjà quinze siècles : période immense qui n'a pas semblé trop longue à la divine Sagesse pour préparer, au moyen des tigures, les grandes réalités dont nous sommes aujourd'hui en possession.
En ces jours s'unissent les deux grandes manifestations de la bonté de Dieu envers les hommes : la Pâque d'Israël et la Pâque chrétienne ; la Pentecôte du Sinaï et la Pentecôte de l'Eglise ; les symboles accordés à un seul peuple, et les vérités livrées sans ombre à la plénitude des nations. Nous aurons à montrer en détail l'accomplissement des figures anciennes dans les réalités de la Pâque et de la Pentecôte nouvelles, le crépuscule de la loi mosaïque faisant place au jour parfait de l'Evangile; mais ne sommes-nous pas d'avance saisis d'un saint respect, en songeant que les solennités que nous célébrons^en ces jours comptent déjà plus de trois mille ans d'existence, ctqu'elles \ doivent se renouveler chaque année, jusqu'à ce que retentisse la voix de l'Ange qui criera : « Il n'y a plus de temps » [Apoc. x, 6), et que s'ouvrent les portes de réternité ?
L'éternité bienheureuse est la véritable Pâque ; et c'est pour cette raison que la Pâque d'ici-bas est la Fête des fêtes, Ita
Mystique du Temps Pascal.
Solennité des solennités. Le genre humain était mort, il était accablé sous la sentence qui le retenait dans la poussière du tombeau; les portes de la vie lui étaient fermées. Or voici que le Fils de Dieu sort du sépulcre et entre en possession de la vie éternelle ; et ce n'est pas lui seulement qui ne mourra plus ; son Apôtre nous apprend qti'il « est le premier-né entre les morts » {Col. i, i8). La sainte Eglise veut donc que nous nous regardions comme déjà ressuscites avec lui, comme déjà en possession de la vie éternelle. Ces cinquante jours du Temps pascal, nous disent les Pères, sont l'image de la bienheureuse éternité. Ils sont consacrés tout entiers à la joie; toute tristesse en est bannie; et l'Eglise ne sait plus dire une parole à son Epoux divin sans y mêler V Alléluia, ce cri du ciel dont retentissent sans fin les rues et les places de la Jérusalem céleste, ainsi que nous le dit la sainte Liturgie i. Durant neuf semaines nous avons été sevrés de ce chant d'admiration et d'allégresse ; il nous fallait mourir avec le Christ notre victime ; mais maintenant que nous sommes sortis du tombeau avec lui, et qu-e nous ne voulons plus mourir de cette mort qui tue l'âme et qui fit expirer sur la croix notre Rédempteur,
V Alléluia esta nous.
La sage prévoyance de Dieu, qui a disposé dans une pleine harmonie l'œuvre visible de ce monde et l'œuvre surnaturelle de la grâce, a voulu placer la résurrection de notre divin
1. Pontificale Rom. In dedicat. Ecdcs.
Chef en ces jours où la nature elle-même semble aussi sortir du tombeau. Les champs étalent leur verdure, les arbres des forets ont retrouvé leur feuillage, le chant des oiseaux réjouit les airs, et le soleil, type radieux de Jésus triomphant, verse des flots de lumière sur la terre régénérée. Au temps de Noël, cet astre, se dégageant avec peine des ombres qui semblaient menacer de réteindre pour toujours, se montrait en harmonie avec l'humble naissance de notre Emmanuel, au sein d'une nuit profonde, sous les langes de l'humilité ; aujourd'hui, pour parler avec le Psalmiste, « c'est un géant qui s'élance dans la carrière; et il n'est pas un être qui ne se sente ranimé par sa vivifiante chaleur. » {Ps. xviii, 6, 7.) Entendez sa voix dans le divin cantique, où il convie l'âme tidèle à s'unir à cette vie nouvelle qu'il communique à tout ce qui respire : « Lève-toi, ma colombe, lui dit-il, et viens. L'hiver a achevé son cours, les pluies ont cesse ; les Heurs se sont écloses sur la terre qui est à nous ; on entend la voix de la tourterelle, le figuier pousse ses fruits, et la vigne en fleur envoie ses suaves parfums. » {Cant.
Nous avons dit au chapitre précédent pourquoi le Fils de Dieu avait choisi le dimanche de préférence à tout autre jour, pour triompher de la mort et proclamer la vie. Il ne pouvait montrer plus énergiquement que toute la création se renouvelle dans la Pâque, qu'en ouvrant l'immortalité à l'homme, en sa personne, au jour même où, quarante siècles auparavant, il avait tiré
Mystique du Temps Pascal.
la lumière du néant. Non seulement l'anniversaire de sa résurrection glorieuse devient désormais le plus grand des jours; mais, chaque semaine, le dimanche sera aussi une Pâque, un jour sacré. Israël, par l'ordre de Dieu, fêtait le Sabbat, pour honorer le repos du Seigneur après les six jours de son œuvre; la sainte Eglise, qui est l'Epouse, s'associe à l'œuvre même de l'Epoux. Elle laisse s'écouler le samedi, ce jour que son Epoux passa dans le lugubre repos du sépulcre ; mais, illuminée des splendeurs de la Résurrection, elle consacre désormais à la contemplation de l'œuvre divine le premier jour de la semaine, qui vit tour à tour sortir des ombres et la lumière matérielle, première manifestation de la vie sur le chaos, et celui-là même qui , étant la splendeur éternelle du Père, a daigné nous dire: « Je suis la lumière du monde. » (Johan. vîii, 12.)
Que la semaine donc s'écoule tout entière avec son Sabbat ; il nous faut, à nous chrétiens, le huitième jour, celui qui dépasse la mesure du temps ; il nous faut le jour de l'éternité, le jour où la lumière ne sera plus intermittente, ni donnée avec mesure, mais où elle s'étendra sans fin et sans limites. Ainsi parlent les saints docteurs de notre foi, quand ils nous révèlent les grandeurs du dimanche, et la sublime raison de l'abrogation du Sabbat. Sans doute il était beau à l'homme de prendre pour le jour de son repos religieux et hebdomadaire celui-là môme où l'auteur de ce monde visible s'était reposé ; mais il n'y avait là cependant que le souvenir de
24 Le Temps Pascal.
la création matérielle. Le Verbe divin reparaît dans ce monde qu'il avait créé au commencement ; cette fois il cache les rayons de sa divinité sous l'humble voile de notre chair ; il est venu accomplir les figures. Avant d'abroger le Sabbat, il veut le réaliser en sa personne, comme tout le reste de la Loi, en le passant tout entier comme un jour de repos, après les labeurs de sa Passion, sous l'arcade funèbre du tombeau ; mais à peine le huitième jour a-t-il commencé son cours, que le divin captif s'élance à la vie et inaugure le résine de la gloire. « Laissons donc, dit à ce su)et le pieux et profond abbé Rupert, laissons le Juif, esclave de Tamour des biens de ce monde, se livrer à la joie surannée de son Sabbat, qui ne retrace que le souvenir d'une création matérielle. Absorbé dans les choses terrestres, il n'a pas su reconnaître le Seigneur qui a créé le monde ; il n'a pas voulu voir en lui le Roi des Juifs, parce qu'il disait: Heureux les pauvres ! Notre Sabbat à nous est le huitième jour, qui est en même temps le premier ; et la joie que nous y goûtons ne vient pas de ce que le monde a été créé, mais bien de ce que le monde a été sauvé '. »
Le mystère du septénaire suivi d'un huitième jour, qui est le jour sacré, reçoit une application nouvelle et plus large encore dans la disposition même du Temps pascal. Ce temps se compose de sept semaines formant une semaine de semaines, dont le lenr
1. De divinis OJficiis, lib. VII, cap. xix.
Mystique du Temps Pascal.
demain se trouve être encore un dimanche, le jour de la glorieuse Pentecôte. Ces nombres mystérieux que Dieu a posés lui-même le premier, en instituant dans le désert du Sinai la première Pentecôte, cinquante jours après la première Pâque, furent recueillis par les Apôtres pour être appliqués à la période pascale des chrétiens. C'est ce que nous apprend le grand saint Hilaire de Poitiers, dont la doctrine est répétée par saint Isidore, Amalaire, Rhaban Maur, et généralement tous les anciens interprètes des "mystères de la sainte Liturgie, « Si nous multiplions le septénaire par sept, dit l'illustre docteur des Gaules, nous reconnaîtrons que ce saint temps est vraiment le Sabbat des sabbats ; mais ce qui le consomme et l'élève à la plénitude de l'Evangile, c'est le huitième jour qui suit, ce jour qui est à la fois le premier et le huitième. Les Apôtres ont attaché à ces sept semaines une institution si sacrée, que, pendant leur durée, nul ne doit tiéchir les genoux pour adorer, ni troubler par le jeûne les délices spirituelles de cette fête prolongée. La même institution s'étend à chaque dimanche ; car ce jour qui fait suite au samedi est devenu, par l'application du progrès évangélique, la perfection du samedi, et le jour que nous passons en fête et en allégresse i. »
Ainsi donc nous retrouvons en grand dans la forme du Temps pascal le mystère que nous retrace chaque dimanche ;' tout date
2 6 Le Temps Pascal.
pour nous dcsorniais du premier jour de la semaine, parce que la résurrection du Christ l'a illuminé pour jamais de sa gloire, dont la création de la lumière matérielle n'était qu'une ombre. Nous venons de voir que cette institution était déjà ébauchée dans l'ancienne loi, bien que le peuple d'Israël n'en possédât pas le secret. La Pentecôte juive tombait le cinquantième jour après la Pâque, et ce jour était le lendemain des sept semaines. Une autre figure encore de notre Temps pascal se rencontrait dans l'une des institutions que Dieu avait données à Moïse pour son peuple, dans l'Année jubilaire. Chaque cinquantième année voyait les maisons et les champs qui avaient été aliénés pendant les quarante-neuf années précédentes retourner à leurs possesseurs, et les Israélites que la misère avait contraints de se vendre, recouvrer leur liberté. Cette année, appelée proprement ■ l'année sabbatique, faisait suite aux sept semaines d'années qui avaient précédé, et ; portait ainsi l'image de notre huitième jour, r dans lequel le lils de Marie ressuscite nous aflranchit de l'esclavage du tombeau, et nous remet en possession de l'héritage de notre immortalité.
Les usages mystérieux du service divin, qui sont caractéristiques du Temps pascal dans la discipline actuelle, se réduisent à deux principaux : la répétition continuelle de VAllelida, dont nous avons parlé tout à l'heure, et l'emploi des couleurs blanche et rouge, selon que le demandent les deux solennités dont l'une ouvre cette période sacrée, et dont l'autre la termine. La couleur
Mystique du Temps Pascal, 27
blanche est exigée par le mystère de la | Résurrection , qui est le mystère de la lumière éternelle, lumière sans ombre ni tache et qui produit dans ceux qui la contemplent le sentiment d'une inénarrable pureté et d'une béatitude toujours croissante. La Pentecôte, qui, dès cette vie, nous donne l'Esprit-Saint avec ses feux qui embrasent, avec son amour qui consume, demandait d'être exprimée par une couleur distincte, La sainte Eglise a choisi le rouge, pour exprimer le mystère du divin Paraclet se manifestant dans les langues de feu qui descendirent sur tous ceux qui étaient renfermés dans le Cénacle. Nous avons dit plus haut qu'il ne restait que peu de traces, dans la liturgie latine, de l'antique usage de ne pas fléchir les genoux au Temps pascal.
Les fêtes des Saints, qui ont été suspendues dans tout le cours de la Semaine sainte, le seront encore durant les huit premiers jours du Temps pascal ; mais ensuite elles vont reparaître sur le Cycle, joyeuses et abondantes, comme de brillantes planètes autour du divin Soleil. Elles lui feront cortège dans son Ascension glorieuse ; mais telle est la grandeur du mystère de la Pentecôte, que, dès la veille de ce jour à jamais mémorable pour l'Eglise, elles demeurent encore suspendues jusqu'après l'expiration complète du Temps pascal.
Les rites de l'Eglise primitive à l'égard des néophytes qui ont été régénérés dans la nuit de Pâques, offrent encore un grand nombre de traits du plus touchant intérêt. Ce n'est pas ici le moment d'en parler ; car ils ne
se rapportent qu'aux deux octaves de la Pâque et de la Pentecôte. Nous les exposerons et nous en donnerons l'explication, à mesure qu'ils se présenteront à nous dans la marche de la sainte Liturgie.
f%f^^^^^^- -^ pratique de ce saint temps se ^yT ^^^^' résume dans la joie spirituelle "^&^^ qu'il doit produire chez les âmes f^^^^j ressuscitées avec Jésus- Christ, h^é^ joie qui est un avant-goût du ^-i-y "^ bonheur éternel, et quelle chrétien doit désormais maintenir en lui, cherchant toujours plus ardemment la Vie qui est dans notre divin Chef, et fuyant avec une énergie constante la mort, fille du péché. Durant la période qui a précédé, il nous a fallu nous affliger, pleurer nos fautes, nous livrer à l'expiati'on, suivre Jésus jusqu'au Calvaire ; la sainte Eglise nous impose maintenant de nous réjouir. Elle-même a banni toutes ses tristesses ; elle ne gémit plus comme la colombe ; elle chan'te comme l'Epouse qui a retrouvé l'Epoux.
Afin de rendre ce sentiment de joie pascale plus universel, elle s'est accommodée à la faiblesse de ses enfants. Après leur avoir
3o Le Temps Pascal.
rappelé la nécessité de l'expiation, elle a concentré toute la vigueur de la pénitence chrétienne dans les quarante jours qui viennent de s'écouler ; et tout à coup, rendant la liberté à nos corps en même temps qu'aux sentiments de nos âmes, elle nous a fait aborder à une région où il n'y a plus qu'allégresse, lumière et vie, où tout est joie, calme, douceur et espérance d'immortalité. C'est ainsi qu'elle a su produire dans les âmes même les moins élevées un sentiment analogue à celui qu'éprouvent les plus parfaites : en sorte que, dans le concert qui s'élève de la terre à la louange de notre adorable triomphateur, il n'y' ait pas de dissonance, et que tous, fervents et tièdes, unissent leurs voix dans un transport universel. Le plus profond liturgiste du xii" siècle, Rupert, Abbé de Deutz', exprime ainsi cet heureux stratagème de la sainte Eglise : « Il est, dit-il, des hommes charnels qui ne savent pas ouvrir leurs yeux pour contempler les biens spirituels, si ce n'est à l'occasion de buelque incident corporel qui leur donne l'impulsion, L'Eglise a dû chercher, pour les émouvoir, un moyen proportionné à leur faiblesse. Dans ce but, elle a disposé le jeûne I quadragésimal, qui est la dîme de l'année , offerte à Dieu, en sorte que cette sainte \ carrière ne doive se terminer qu'à la solen- . nité de Pâques, et qu'ensuite viennent cin- i quante )ours consécutifs, durant lesquels il \ ne se rencontre pas un seul jeûne II advient ; de laque les hommes mortifient leurs corps, étant soutenus par l'espérance que la fête de Pâques viendra les délivrer de ce joug de
Pratique du Temps Pascal. 3 1
pénitence ; ils préviennent par leurs désirs l'arrivée de la solennité ; chacun des jours du Carême est pour eux comme la station du voyageur; ils les comptent soigneusement, dans l'a pensée que le nombre en décroît progressivement ; et c'est ainsi que cette auguste ïete désirée de tous devient chère à tous, comme l'est la lumière à ceux qui cheminent dans l'obscurité, la source jaillissante à ceux qui ont soif, et la tente dressée par le Seigneur lui-même au voyageur fatigué *. »
Heureux temps que celui où, "dans toute l'armée des chrétiens, comme parle saint Bernard, nul ne ^'abstenait du devoir, où justes et pécheurs marchaient d'un même pas dans la carrière des observances chrétiennes ! Aujourd'hui la Pàque ne produit plus la même sensation dans notre société. Sans aucun doute, la cause en est dans la mollesse et la fausse conscience, qui portent un si grand nombre de personnes à se conduire à l'égard de la loi du Carême, comme si elle n'existait pas pour eux. De là vient que tant de fidèles voient arriver la Pàque comme une grande fête, il est vrai, mais sont à peine" remués par cette impression de joie vive que l'Eglise porte empreinte dans toute son attitude en ces jours. Bien moins encore sont-ils dans la disposition de conserver et d'entretenir, pendant une période de cinquante jours, cette allégresse qu'ils ont partagée en si faible mesure, au jour tant désiré par les vrais chrétiens. Ils n'ont pas jeûné, ils n'ont pas gardé l'abstinence durant la sainte
32 Le Temps Pascal.
Quarantaine ; la condescendance de l'Eglise envers leur faiblesse n'a pas même suffi ; il leur a fallu d'autres dispenses ; heureux quand ils ne se sont pas exemptés d'eux-mêmes et sans remords de ces derniers restes du devoir chrétien ! Quelle sensation peut produire en eux le retour de VAlleliiia ? Leurs âmes n'ont pas été épurées par la pénitence ; et elles seraient assez agiles pour suivre le Christ ressuscité, dont la vie est désormais plus du ciel que de la terre !
Mais n'allons pas contre les intentions de la sainte Eglise, en nous attristant par ces pensées décourageantes , .prions plutôt le divin ressuscité, atin que, dans sa toutepuissante bonté, il éclaire ces âmes des splendeurs de sa victoire sur le monde et la cnair, et qu'il les élève jusqu'à lui. Rien ne doit nous distraire de notre bonheur en ces jours. Le Roi de gloire lui-même nous dit : « Est-ce que les enfants de l'Epoux peuvent s'attrister pendant que l'Epoux est avec eux ? » (Matth. IX, 1 5.) Jésus est avec nous pour quarante jours encore ; il ne souflrira plus, il ne mourra plus : que nos sentiments soient donc en rapport avec son état de gloire et de félicité qui doit durer toujours. iT nous quittera, il est vrai, pour monter à la droite de son Père ; mais de là il nous enverra le divin Consolateur qui demeurera avec nous, afin que nous ne soyons pas orphelins. (JoHAN. XIV.) Que ces douces et enivrantes paroles soient donc notre nourriture et notre oreuvage en ces jours: « Les enfants de l'Epoux ne doivent pas s'attrister pendant que l'Epoux est avec eux. » Elles
Pratique du Temps Pascal. 33
sont la clef de toute la sainte Liturgie dans cette saison ; ne les perdons pas de vue un seul instant, et nous éprouverons que si la componction et la pénitence du Carême nous ont été salutaires, la joie pascale ne nous le sera pas moins. Jésus en croix et Jésus ressuscité, c'est toujours le même Jésus ; mais en ce moment il nous veut autour de lui, avec sa sainte Mère, avec ses disciples, avec Madeleine, tous éblouis et ravis de sa gloire, oubliant tous, dans ces heures trop rapides, les angoisses de la douloureuse Passion.
Mais cette carrière toute de délices aura un terme ; la radieuse manifestation qui nous met hors de nous-mêmes s'effacera ; et il ne nous restera que le souvenir de la gloire ineffable et de la touchante familiarité de notre Rédempteur. Que ferons-nous alors en ce monde où celui qui en était la vie et la lumière ne sera plus visible ? Chrétien, tu aspireras à une nouvelle Pàque. Chaque année te rendra ce bonheur que tu as su comprendre; et de Pàque en Pâque tu arriveras à la Pâque éternelle qui dure autant cjue Dieu même, et dont les rayons arrivent jusqu'à toi comme un prélude aux joies (ju'elle te réserve. Mais ce n'est pas tout : écoute la sainte Eglise ; elle a prévu le désenchantement auquel tu pourrais être tenté de succomber ; entends ce qu'elle demande pour toi au Seigneur : c( Faites, nous vous en supplions, lui dit-elle, que vos serviteurs expriment constamment dans leur vie le mystère de résurrection qu'ils ont reçu par la foi i. »
34 Le Temps Pascal.
Le mystère de la Pâqiie ne doit pas cesser d'être visible sur la terre; Jésus ressuscité monte au Ciel ; mais il laisse en nous l'empreinte de sa résurrection, et nous la devons conserver jusqu'à ce qu'il revienne.
Et comment, en elîet, cette divine empreinte ne demeurerait-elle pas en nous, lorsque nous savons que tous les mystères de notre auguste Chef nous sont communs avec lui ? Depuis sa venue dans la chair, il n'a pas fait un pas sans nous. S'il est né en Bethléhem, nous naissions avec lui ; s'il a été crucifié à Jérusalem, notre vieil homme, selon la doctrine de saint Paul, a été attaché à la croix avec lui. S'il a été enseveli dans le tombeau, nous avons été ensevelis avec lui : d'où il suit que lorsqu'il ressuscite d'entre les morts, nous aussi nous devons marcher dans une vie nouvelle. {Rom. vi, G-8.)
Or « Jésus-Christ ressuscité d'entre les morts, ajoute le même Apôtre, ne meurt plus ; la mort n'a plus d'empire sur Jui ; mort une seule fois, il est mort pour le péché; mais maintenant il vit, et il vit à Dieu. » {Ibid. 9, lo.) Nous sommes ses propres membres : son sort doit donc être le nôtre. Mourir de nouveau parle péché, ce serait renoncer à lui, nous séparer de lui, rendre inutiles pour nous cette mort et cette résurrection
aue nous avons partagées avec lui. Veillons onc à nous maintenir dans cette vie qui n'est pas de nous, mais qui cependant nous appartient en propre ; car celui qui l'a conquise sur la mort nous l'a donnée avec tout ce qui est à lui. Pécheurs qui avez retrouvé la vie de la grâce dans la solennité pascale, ne
Pratique du Temps Pascal. 35
mourez donc plus ; faites les œuvres d'une vie ressuscitée. Justes que le mystère pascal a ranimés, montrez une vie plus abondante dans vos sentiments et dans vos œuvres. C'est ainsi que vous marcherez tous dans la vie nouvelle que nous recommande l'Apôtre.
Nous ne développerons pas ici les merveilles du mystère de la Résurrection de Jésus-Christ ; elles ressortiront d'elles-mêmes de notre humble commentaire sur la sainte Liturgie, et mettront dans une plus grande évidence encore le devoir d'imitation imposé au fidèle à l'égard de son divin Chef, en même temps qu'elles nous aideront à comprendre la ma^nihcence et l'étendue de l'œuvre capitale de l'Homme-Dieu. C'est ici, dans le Temps pascal, avec ses trois grandes manifestations de l'amour et du pouvoir divins, Résurrection, Ascension, descente de l'Ésprit-Saint, c'est ici le point culminant de la Rédemption. Dans l'ordre des temps, tout a servi à préparer ce dénoûment,, depuis la promesse faite à nos premiers parents après leur faute par le Seigneur irrité et miséricordieux ; et dans l'ordre de la sainte Liturgie, depuis les semaines d'attente et de soupirs de l'Avent ; nous voici au terme, et Dieu y apparaît avec une puissance et une sagesse qui dépassent infiniment tout ce que nous pouvions prévoir. Les Esprits célestes eux-mêmes en sont confondus d'admiration et d'étonnenient ; c'est ce que la sainte Eglise exprime dans un des cantiques du Temps pascal: « Les Anges, ditelle, sont émus de terreur en voyant la révolution qui s'opère dans l'état de la nature humaine. La chair a péché, et c'est la chair qui
36 Le Temps Pascal.
la puritie ; un Dieu vient régner, et en lui la chair est unie à la divinité '.' »
Le Temps pascal appartient encore à la Vie illuminative ; il en est la partie la plus élevée; car il ne manifeste pas seulement, comme les temps qui l'ont précédé, les abaissements et les souiVranccs de l'Homme-Dieu. Il nous le montre dans toute sa gloire ; il nous le fait voir exprimant en son liumanité le dernier degré de la transformation de la créature en D"ieu. La venue de l'Esprit-Saint vient ajouter encore ses splendeurs à cette illumination; elle révèle à l'âme les relations qui doivent l'unir à la troisième des divines Personnes. Ainsi se déclarent la voie et le progrès de l'âme fidèle, qui, étant devenue l'objet de l'adoption du Père céleste, est initiée à cette heureuse vocation par les leçons et les exemples du Verbe incarné, et consommée par la visite et l'habitation de l'EspritSaint. De là résulte tout l'ensemble des exercices qui la conduisent à l'imitation de son divin modèle, et la préparent pour Vunion à laquelle elle est conviée par celui oui « a donné à tous ceux qui l'ont reçu de devenir enfants de Dieu, par une naissance cjui n'est ni du sang, ni de la chair, mais de Dieu lui-même. » (JoHAN. i, 12, i3.)
Mm
(^ hi .A ri I K K,
u Temps pascal, le chrétien, dès son réveil, s'unira à la sainte Eglise qui, dans l'Office des Matines, vient de faire entendre ces paroles solennelles par la boucne des serviteurs et servantes de Dieu, dont les chants ont interrompu le silence de la nuit dans la divine Psalmodie.
SURREXiT Dominus vere. Alléluia.
E Seigneur est véritable- I ■^ ment ressu^^cilé. Alléluia ! I
Il adorera profondément le Fils de Dieu sortant du tombeau et tout éclatant des splendeurs de sa victoire ; il le saluera avec allégresse, comme le divin Soleil de justice qiii se lève sur le monde pour l'arracher aux ténèbres du péché et l'illuminer de la lumière de la grâce ; et il accomplira sous cette impression les premiers actes intérieurs et exLe Temps Pascal.
térieurs de religion cjui doivent ouvrir sa journée. Le moment étant venu de faire la Prière du Matin, il pourra puiser en cette manière, dans les prières de l'Eglise elle-même, la forme de ses sentiments.
D'abord, la louange et l'adoration à la très sainte Trinité :
^' O trcm et Filium, cum Sancto Spiritu :
B). Laudemus et superexaltcmus eum in saecula.
i^. Gloria Patri, et Filio, et Spirilui Sancto.
Hj. Sicut crat in principio, et niinc et sempcr, et in saecula sœculorum. Amen.
a rj ÉNis s ONS Dieu, le
"• D Père, le Fils et le Saint-Esprit :
l'tj. Louons-le, et exaltonsle dans tous les siècles.
f. Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit;
fi|. Comme il était au commencement, et maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.
Puis, la louange à Jésus-Christ, notre Sauveur:
^ IN rcsurrectione tua, '^' I Christe, allcluia.
\\ Cœli tantur, ail
et terra Ixluia.
^ A VOTRE résurrection, ^' ■*». ô Christ ! Alléluia, lil. Les cieux et la terre tressaillent d'allégresse. Allcluia.
Ensuite, l'invocation au Saint-Esprit; Esprit-S
VENl, Sancte Spiritus, rcple tuorum corda fidelium, et tui amoris in eis ignem accende.
VENEZ, nspnt-^aint, remplissez les cœurs de vos fidèles, et allumez en eux le feu de votre amour.
Prière du Matin.
3g
Après ces actes fondamentaux, on récitera rOraison Dominicale, demandant à Dieu, Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qu'il veuille bien établir ici-bas le règne de son divin Fils, qui a conquis toute puissance au ciel et sur la terre, en triomphant de la mort et de l'enfer par sa glorieuse Résurrection ; et qu'il daigne nous délivrer du mal, c'est-àdire du péché qui avait introduit la mort en ce monde, et rendu nécessaire que le Christ souffrît lui-même cette mort sur laquelle, en ces jours, il remporte la victoire pour lui-même et pour nous.
l'oraison dominicale.
V OTRE Père qui êtes aux i. N cieux, que votre nom soit sanctifié : que votre règne arrive ; que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donnez -nous aujourd'hui notre pain quotidien ; pardonnez-nous nos offenses , comme noue pardonnons à ceux qui nous ont offensés ; et ne nous laissez pas succomber à la tentation, mais délivre:^-nous du mal. Ainsi soit-ii 1
On adressera ensuite la Salutation Angélique à Marie, en la félicitant du bonheur dont son cœur maternel a été inondé, lors?[u'elle a revu radieux et triomphant ce Jésus, ruit de ses entrailles, dont l'agonie et la mort si cruelle l'avaient transpercée d'un glaive de douleur.
r>ATER noster, qui es in \ cœlis , sanctificetur nomen tuum : adveniat regnum tuum : fiât voluntas tua, sicut in cœ- lo, et in terra.
Panem nostrum quotidianum da nobis hodie : et dimitte nobis débita nostra, sicut et nos dimittimus debitoribus nostris : et ne nos inducas in tentationem : sed libéra nos a malo. Amen.
AVE, Maria, gratia plena : Domimis tecum : bcnedicta tu in mulieribus, et benedictus fructus ventris tui Jésus.
Sancta Maria, Mater Dei, ora pro nobis peccatoribus, nunc et inhora mortis nostrœ. Atnen.
JE vous salue, Marie, pleine de grâce; le Seigneur est avec vous ; vous êtes bénie entre toutes les femmes, et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie , Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort. Ainsi soit-il 1
Il faut réciter ensuite le Symbole de la Foi, qui contient les doi^mes que nous devons croire, et en particulier celui de la Résurrection de Jésus-Christ, fondement de toute la religion chrétienne, et celui de l'Ascension, qui élève jusqu'au ciel nos espérances. Insistons aussi sur ces paroles : Je crois au SaintEsprit^ dans ces jours où cet Esprit d'amour est descendu sur les hommes afin de les sanctifier ; sur celles-ci : Je crois la sainte Eglise catholique, parce que cette Mère commune de tous les fidèles a été mise en possession de son divin ministère par le Sauveur, avant son Ascension, et fécondée par la venue du Saint-Esprit en elle. Enfin prononçons avec foi ces autres paroles : Je crois la résurrection de la chair, comme un hommage à notre Rédempteur, qui a daigne étendre jusqu'à nos corps l'honneur et la réalité de sa propre Résurrection.
CREDO in DoLim, Pairem omnipotcntem crcatorem cœli et terras
JE crois en Dieu le Père tout-i^uissant, créateur du ciel et de la terre.
Prière du Matin.
Et en Jésus-Christ, son Fils unique, notre Seigneur; qui a été conçu du SaintEsprit, est né de la ^'ierge Marie, a souffert sous PoncePilate, a été crucifié, est mort et a été enseveli ; est descendu aux enfers, le troisième jour est ressuscité des morts, est monté aux deux, et est assis à la droite de Dieu, le Père tout-puissant : d'où il viendra juger les vivants et les morts.
Et in Jesum Christum Filium ejus unicum. Dominum nostrum r qui conceptus est de Spiritu Sancto, natus ex Maria ^^irg!ne . passus sub Pontio Pilato, crucifixus, mortuus , et sepultus : descendit ad inferos : tertia die ressurrexit a mortuis : ascendit ad cœlos. sedet ad dexteram Dei Patris omnipotentis : inde venturus est judicare vivos et mortuos.
Credo in Spiritum Sanctum , sanctam Ecclesiam catholicam , Sanctorum communionem, remissionem peccatorum.carnis resurrectionem, vitam œternam. Amen.
Après la Profession de Foi, on rendra la louange au souverain Seigneur qui, dès le matin du dimanche, sortant du tombeau par sa propre vertu, a convié tous les hommes à la joie pascale, et leur a apporté la vie du sein même de la mort. Dans cette intention, on dira avec l'Eglise, dans l'Office des Laudes de ce temps:
Je crois au Saint-Esprit, la sainte Eglise catholique, la communion des Saints, la rémission des péchés, la résurrection de la chair, la vie éternelle. Ainsi soit-il !
L'aurore empourpre les cieux ; un chont de louange retentit dans les airs; la terre, dans son triomphe, se livre aux transURORA cœlum purpurat,
.Ether résultat laudibus, Mundus triumphans jubilât,
Horrcns avcrnus inficmit.
Rex ille dum fortissiimis De moriis inferno specu Patrum senatum liberum Kducit ad vitœ jubar.
Cujus sepulcrum plurimo Custode signabat lapis, Victor triumphat, et siio Mortern sepulcro funerat.
Sat funerî, sat lacrymis, Sat est datum doloribus; Surrcxit extinctor necis, Clamât coruscans Angélus.
Ut sis perenne mentibus Paschalc, Jesu, gaudium, A morte dira criminum Vil» renatos libéra.
Dec Patri sit gloria, Et Filio qui a mortuis Surrcxit, ac Paraclito, In scmpiterna sœcula.
Amen.
ports de la joie ; l'enfer frémit d'horreur et d'épouvante.
C'est l'heure où le Roi de force entraîne sur ses pas, vers la lumière de vie, l'armée des anciens pères affranchie des ténèbres où la mort les retenait captifs.
De nombreux gardiens veillaient autour de son tombeau scellé ; il est vainqueur, il triomphe de la mort ; il l'enferme pour jamais dans le sépulcre où lui-même reposa.
« Plus d'apprêts funèbres, plus de larmes, assez de ragrets ; il est l'cssuscité, le vainqueur du trépas », s'écrie l'Ange éclatant de lumière.
Pour être toujours, ô Jésus, la joie pascale de nos âmes, daignez sauver de la cruelle mort du péché ceux que vous avez fait renaître à la vie.
A Dieu le Père soit la gloire ! gloire au Fils ressuscité d'entre les morts 1 et gloire au Paraclet, dans les siècles éternels! Amen.
Puis on confessera humblement ses péchés, en se servant pour cela de la formule générale usitée dans l'Eglise.
Prière du Matin.
JE confesse à Dieu toutpuissant, à la bienheureuse Marie toujours Vierge, à saint Michel Archange, à saint Jean-Baptiste, aux Al^ôtres saint Pierre et saint Paul, et à tous les Saints, que j'ai beaucoup péché, en pensées, en paroles et en œuvres : par ma faute, par ma faute, par ma très grande faute.
C'est pourquoi ;e supplie la bienheureuse Marie toujours Vierge, saint Michel Archange, saint Jean-Baptiste, les Apôtres saint Pierre et saint Paul, et tous les Saints, de prier pour moi le Seigneur notre Dieu.
ONFiTEOR Deo omnipotent! , beatae Mariœ semper Virgini , beato Michaeli Archangelo, beato Joanni BaptistEe, sanctis Apostolis Petro et Paulo, et omnibus Sanctis, quia peccavi nimis cogitatione, verbo, et opère : mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa.
Ideo precor beatam Mariam semper Virginem, beatum Michaelem Archangelum . beatum Joannem Baptistam ,
sanctos Apostoios Petrum et Paulum, et omnes Sanctos, orare pro me ad Dominum Deura nostrum.
Misereatur nostri omnipotens Deus, et dimissis peccatis nostris, perducat nos ad vitam aeternam. Amen.
Indulgentiam, absolutionem, et remissionem peccatorum nostrorum tribuat nobis omnipotens et misericors Dominus. Amen.
Ici on pourra faire la Méditation, si l'on est dans l'usage de ce saint exercice. Elle doit principalement porter, durant le Temps pascal, sur la puissance et la gloire de l'Homme-Dieu dans sa résurrection, sur la
Que le Dieu tout-puissant ait pitié de nous ; qu'il nous pardonne nos péchés et nous conduise à la vie éternelle. Ainsi soit-il !
Que le Seigneur tout-puissant et miséricordieu-x nous accorde l'indulgence, l'absolution et la rémission de nos péchés. Ainsi soit-il !
bonté qu'il y témoigne envers nous, en nous associant à son triomphe sur la mort, sur ses diverses apparitions à sa sainte Mère, à Madeleine et aux autres saintes femmes, aux Apôtres et aux disciples ; sur sa vie admirable durant les quarante jours qui précèdent son Ascension, sur les qualités glorieuses de son corps ressuscité, sur notre propre résurrection, sur les splendeurs de l'Ascension, sur la prochaine venue de l'EspritSaint et la préparation que nous y devons apporter ; enfin sur l'obligation où nous sommes de marcher dans cette vie nouvelle qui convient au Temps pascal, et qui seule peut nous tenir en rapport avec ces sublimes mystères.
La méditation étant achevée, et même dans le cas où l'on eût été empêché de la faire, on demandera à Dieu par les prières suivantes la grâce d'éviter toute sorte de péchés, durant la journée qui commence, disant, toujours avec l'Eglise :
j^. Domine , exaudi orationcm mcam.
I^. Et clamor meus ad te vcniat.
j^. Seigneur, exaucez ma prière ;
\^. Et que mon cri parvienne jusqu'à vous.
DOMINE, Deus oinnipiitens, qui ad principiuni hujus diei nos pervcnire fecisti, tua nos hodie salva virtute, ut in hac die ad nuUum declincmus peccatum , sed seinper ad tuain justitiam faciendara nostra proccSEIGNKUK Dieu tout-puissant, qui nous avez fait parvenir au commencement de ce jour, sauvez-nous aujourd'hui par votre puissance ; afin que, durant le cours de cette journée, nous ne nous laissions aller à aucun péché ; mais que dos parolev, nos
Prière du Matin.
pensées et nos œuvres tendent toujours à l'accomplisseraent de votre justice. Par notre Seigneur Jésus-Christ votre Fils, qui. étant Dieu, vit et règne avec vous, en l'unité du Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il !
dant eloquia, dirigantur cogitationes et opéra. Per Dominum nostrum Jesum Christum Filium tuum. qui tecum vivit et régnât in unitate Spiritus Sancti Deus. per omnia s.-ecula sseculorum. Amen.
On implorera ensuite le secours divin pour bien faire toutes les actions de la journée '
disant trois foi
mon aide !
^. Seigneur, hâtez-vous de me secourir.
f. O Dieu, venez à mon aide !
^. Seigneur, hâtez-vous de me secourir,
f. O Dieu, venez à mon aide !
l'^. Seigneur, hâtez-vous de me secourir.
DAIGNCZ , Seigneur Dieu. Roi du ciel et de la terre. diriger, sanctifier, conduire et gouverner, en ce jour, nos cœurs et nos corps, nos sens. nos discours et nos actes, suivant votre loi et les œuvres de vos préceptes ; afin que, ici-bas et dans l'éternité, nous méritions, par votre secours, ô Sauveur du monde, d'être sauvés et affranchis, \oiis
ELS. in adjutorium meum intende.
^. Domine, ad adjuvandum me festina.
y. Deus, in adjutorium meum intende.
^. Domine, ad adjuvandum me festina.
y. Deus. in adjutorium meum intende.
fî. Domine, ad adjuvandum tne festina.
DIRIGERE et sanctificare. regere et gubernare dignare. Domine Deus, Rex cœli et terrae. hodie corda et corpora nostra. sensus, sermones et actus nostros in lege tua. et in operibus maiîdatorum tuorum : ut hic et in aîternum. te auxiliante. salvi et liberi esse mereamur.Salvator munLe Temps Pascal.
di. Qui vivis et régnas I qui vivez et régnez dans les in saecula sa;culorum. siècles des siècles.
f^. Amen. I y^. Ainsi soit-il I
Pendant la journée, il sera convenable de s'occuper des lectures et prières qui sont assignées, dans le cours du volume, pour chacun des jours du Temps pascal, tant au Propre du Temps qu'au Propre des Saints. Le soir étant arrivé, on pourra faire la Prière en la manière suivante.
Après le signe de la Croix, adorons la Majesté divine qui a daigné nous conserver pendant cette journée, et multiplier sur nous, à chaque heure, ses grâces et sa protection. On pourra réciter ensuite cette hjmne que l'Eglise chante à Vêpres, au Temps pascal :
AD regias Agni dapcs, Stolis amicti candidis, Post transitum maris
Rubri, Christo canamus principi.
Divina cujus charitas Sacrum propinat sanguincm, Almiquc mombra corporis Amor sacerdos immolât.
PRÈS le passage de la mer Rouge, couverts de nos robes blanches et assis au festin royal de l'Agneau, chantons au Christ noire roi.
C'est lui dont la charité divine nous verse à boire son propre sang ; c'est son amour qui sacrifie en victime les membres de son corps sacré.
Prière du Soir
L'Ange exterminateur est saisi de crainte à la vue du sang dont nos portes sont marquées ; la mer divisée en deux fuit devant nous ; nos ennemis sont submergés sous les flots.
Notre Pâque , c'est le Christ ; il est notre victime pascale ; il est l'azyme de sincérité pour les cœurs purs.
O victime véritable venue du ciel, par qui lenfer est abattu, les liens de la mort brisés, les dons de la vie restitués.
Vainqueur de la mort qu'il a terrassée, le Christ déploie son étendard ; il rouvre le ciel, et traîne en captif le roi des ténèbres.
Pour être toujours, ô Jésus, la joie pascale de nos âmes, daignez sauver de la cruelle mort du péché ceux que vous avez fait renaître à la vie.
A Dieu le Père soit la gloire ! gloire au Fils ressuscité d'entre les morts ! et gloire au Paraclet dans les siècles éternels ! Amen.
..Après cette Hymne,
Sparsum cruorem postibus Vastator horret Angélus: Fugitque divisum mare, Merguntur hostes fluctibus.
Jam Pascha nostrum Christus est, Paschalis idem victima. Et pura puris mentibus Sinceritatis azyma.
O vera cœli victima, Subjecta cui sunt larlara, Soluta mortis vincula, Recepta vitse prœmia.
\'ictor subactis inferis, Trophaea Christus explicat, Cœloque aperto, subditum Regem tenebrarura trahit.
Ut sis perenne mentibus Paschale, Jesu, gaudium, A morte dira criminura \H3£ renatos libéra.
Deo Patri sit gloria, Et Kilio, qui a mortuis Surrexit, ac Paraclito, In sempiterna saecula.
Amen.
a récitera l'Oraison
48 Le Temps Pascal.
Dominicale, la Salutation Angélique et le Symbole des Apôtres, en la manière qui a été marquée ci-dessus pour la Prière du matin.
On fera ensuite l'Examen de conscience, en repassant dans son esprit toutes les fautes de la journée, reconnaissant combien le péché est contraire à cette vie nouvelle que nous devons mener avec Jésus-Christ ressuscité, et prenant la ferme résolution de l'éviter à l'avenir, d'en faire pénitence et d'en fuir les occasions.
L'examen étant terminé, on récitera le Confiteov avec une componction sincère, et on ajoutera un Acte explicite de Contrition, pour lequel on pourra se servir de cette formule, que nous empruntons à la Doctrine Chrétienne., ou Catéchisme du Vénérable Cardinal Bellarmin :
MON Dieu, je suis grandement affligé de vous avoir offensé, et je me rcpens de tout mon cœur de mes péchés. Je les hais et les déteste au-dessus de tout autre mal, parce que, en péchant, non seulement j'ai perdu le Paradis et mérité l'enfer, mais bien plus encore parce que je vous ai offensée, Bonté infinie, digne d'être aimée par-dessus toutes choses; je fais un ferme propos de ne jamais plus vous olFcnser à l'avenir, moyennant votre divine grâce, et de iuir l'occasion du péché.
On pourra ajouter les Actes de Foi, d'Espérance et de Charité, à la récitation desquels Benoît XIV a attaché sept ans et sept quarantaines d'indulgence pour chaque rois.
ON Dieu, je crois fermement tout ce que la sainte Eglise Catholique-Apostoliguc-Romaiae niorfriére du soir.
donne de croire, parce que vous le lui avez révélé, vous qui êtes la Vérité même.
ACTE d'espérance,
\/| ON' Dieu, connaissant que vous êtes tout-puissant, ^'i infiniment '
par
bon et miséricordieux, j'espère que les mérites de la Passion et de la Mort de Jesus-Christ, notre Sauveur, vous me donnerez la vie éternelle, que vous avez promise à quiconque fera les œuvres d'un bon Chrétien, comme je me propose de faire avec votre secours.
MON Dieu, connaissant que vous êtes le souverain Bien, je vous aime de tout mon cœur et par-dessus toutes choses; je suis disposé à tout perdre plutôt que de vous offenser ; et aussi, pour votre amour, j'aime et je yeux aimer mon prochain comme moi-même.
On s'adressera ensuite à la très sainte Vierge, récitant en son honneur l'Antienne que TEglise lui a consacrée au Temps pascal.
p EGINA cœli , Isetare ,
^^ alléluia,
Quia quem meruisti portare. alléluia, Resurrexit sicut dixit,
alléluia. Ora pro nobis Deum.
Alléluia.
f. Gaude et IcCtare, Virgo Maria, alléluia ;
Hf. Quia surrexit Dominus vere. Alléluia.
DElNEdu ciel, réjouissez•*^ vous, alléluia ;
Car celui que vous avez mérité de porter, alléluia.
Est ressuscité comme il l'avait dit, alléluia.
Daignez prier Dieu en notre faveur. Alléluia.
y Soyez dans l'allégresse, ô Vierge Marie, alléluia ;
Hj. Car le Seigneur est vraiment ressuscité."" Alléluia.
O Dieu, qui avez daigné réjouir le monde par la réDeus, qui per Resurrcctionem Filii tui Domi5o
ni nostri Jesu Christi, mundum lœtificare dignatus es : prœsta quaesumus, ut per ejus Genitriccm Virgincm jMariam, perpétua; capiamus gaudia vita;. Per cumdein Christuin Dominum nostrum. Amen.
surrection de Jésus-Christ, votre Fils, daignez nous faire arriver aux joies de la vie éternelle, en vue de sa sainte Mère, la Vierge Marie. Par le même Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.
Il sera convenable d'ajouter ici les Litanies de la Sainte Vierge, à la récitation descjueiles les Souverains Pontifes ont accorde trois cents jours d'indulgence pour chaque fois.
■ • VRIE, eleison.
Christe, eleison.
Kyrie, eleison.
Christe, audi nos.
Christe, exaudi nos,
Pater de cœlis, Deus.
miserere nobis. Fili, Redemptor mundi,
Deus, miserere nobis. Spiritus Sancte, Deus,
miserere nobis. Sancta Trinitas , unus
Deus, miserere nobis. Sancta Maria, ora pro
nobis Sancta Dei Gcnitrix, ora,
etc. Sancta Virgo virginum. Mater Christi. Mater divime gratirc. Mater purissima. Mater castissima. Mater inviolata. Mater inlcmerata.
(^'EIGNEUR, ayez pitié de
>^ nous.
(Christ, ayez pitié de nous.
Seigneur, ayez pitié de nous.
(Christ, écoutez-nous.
(Christ, exaucez-nous.
Dieu Père, du haut des cieux,
ayez pitié de nous. Dieu Fils, Rédempteur du
monde, ayez pitié de nous. Dieu Saint-Esprit , ayez
pitié de nous. Trinité Sainte, un seul Dieu,
ayez pitié de nous. Sainte Marie, priez pour
nous. Sainte Mère de Dieu, priez,
etc. Sainte Vierge des vierges. Mèie du Christ. Mère de la divine grâce. Mère très pure. Mère très chaste. Mère inviolable. Mère sans tache.
Prière du Soir,
Mère aimable.
Mère admirable.
Mère du bon conseil.
Mère du Créateur.
Mère du Sauveur.
Vierge très prudente.
Vierge digne de tout honneur.
Vierge digne de tourc louange.
Vierge puissante.
Vierge clément-.
Vierge fidèle.
Miroir de justice.
Siège de la Sagesse.
Cause de notre )oie.
Vase spirituel.
Vase honorable.
Vase insigne de dévotion.
Rose mystique.
Tour de David.
Tour d'ivoir?.
Maison d'or.
Arche d'alliance.
Porte du ciel.
Etoile du matin.
Salut des infirmes.
Refuge des pécheurs
Consolatrice des affligé*.
Secours des Chrétiens.
Reine des Anges. Reine des Patriarches. Reine des Prophètes. Reine des Apôtres. Reine des Martyrs. Reine des Confesseurs. Reine des Vierges. Reine de tous les Saints.
Reine conçue sans la tache originelle.
Mater amabilis. Mater admirabil s. Mater boni coniiiii. Mater Creatoris. Mater Salvatoris. Virgo prudentissima. Virgo veneranda,
Virgo praedicanJa.
Virgo potens.
Virgo clemens.
Virgo fidelis.
Spéculum justiiicc.
Sedes Sapientiœ.
Causa nostrœ lxtiti:e.
Vas spirituiile
Vas honorabile,
Vas insigne devotionis;
Rosa mystica.
Turris Davidica
Turris eburnea,
Domus aurea,
Fœderis arca.
Janua cœli.
Ste-lla matutina.
Salus infirmorura
Refugium peccatorum.
Consolatrix alllictorum.
Auxilium Christianorum.
Regina Angelorum.
Regina Parriarcharuni.
Regina Prophetarum.
Regina ApostoloruiP.
Regina Martyrum.
Regiaa Confessorum.
Regina Virginum.
Reirina Sanctorum omnium.
Regina sine labe originali concepta.
Le Temps Paszal.
Résina sacratissimi Rosarii. Agnus Dei, qui tollis
peccata mundi, parce
nobis, Domine. Agnus Dei, qui tollis
peccata mundi, cxaudi
nos. Domine. Agnus Dei, qui tollis
peccata mundi, miserere nobis.
f. Ora pio nobis , sancia Dei Genitrix.
rj. Ut digni eflficiamur promissionibus Christi.
Reine du très saint Rosaire.
Agneau de Dieu, qui ôlez les péchés du monde, pardonnez-nous. Seigneur.
Agneau de Dieu, qui ùtez les péchés du monde, exauceznous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui ôtez les péchés du monde, ayez pitié de nous, y. Priez pour nous, sainte
Mère de Dieu ;
^. Afin que nous soyons
rendus dignes des promesses
de Jésus-Christ.
Concède nos famulos tuos, quœsumus Domine Dcus, perpétua mentis et corporis sanitatc gaudere : et gloriosa beatœ Marias semper Virginis intercessione, a prœsenti liberari tristitia , et aeterna pcrfrui Uttitia. Per Christum Dominum nostrum. Amen.
Seigneur Dieu, daignez accorder à nous, vos serviteurs, la grâce de jouir constamment de la santé de l'âme et du corps ; et, par la glorieuse intercession de la bienheureuse Marie toujours Vierge, délivrez-nous de la tristesse du temps présent, et faites-nous jouir de l'éternelle félicité. Par JésusChrist notre Seigneur. Amen.
On invoquera ensuite les saints Anges, dont la protection nous est si nécessaire à toute heure, et surtout au milieu des ténèbres de la nuit, en disant avec l'Eglise :
ANCTi Angcli, custodes nostri. dcfenditc nos in prailio, ut non pcSAINTS Anges, nos gardiens, défendez-nous dans la combat, afin que nous ne péPrière du Soir
rissions pas au jour du jugement redoutable.
f. Dieu a commandé à ses Anges,
î^. De vous garder dans toutes vos voies.
rcamus in tremendo judicio.
f. Angeiis suis Deus mandavit de te,
^. Ut custodiant te in omnibus viis tuis.
O Dieu, qui, par une providence ineffable , daignez commettre vos saints Anges à notre garde, accordez à vos humbles serviteurs d'être sans cesse défendus par leur protection, et de jouir éternellement de leur société. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.
Deus , qui ineffabili providentia sanctos Angeles tuos ad nostram custodiam mittere dignaris : largire supplicibus luis, £t eorum seraper protectione defendi , et aeterna societategaudere. Per Christum Dominum nostrum.
Puis on implorera, toujours avec l'Eglise, le suffrage des Saints par la prière suivante :
omnes , intercedere dignemini pro
nostra omniumque salute.
AINTS de Dieu, daignez tous intercéder pour notre salut et celui de tous.
Ant. S^
Ant.
On pourra faire ici la mention spéciale des Saints auxquels on aurait une dévotion particulière, comme des saints Patrons et autres, et aussi de ceux dont l'Eglise fait l'Office ou la Mémoire ce jour-là.
Après quoi on s'occupera des besoins de l'Eglise soutfrante, demandant à Dieu, pour les âmes du Purgatoire, un lieu de rafraîchissement, de lumière et de paix, et récitant à cet effet les prières accoutumées.
PSAUME cxxix.
U fond de l'abîme j'ai crié vers vous , Seigneur 1
r"\E profundis clamavi ^ ad te, Domine : DoLe Temps Pascal.
mine , exaudi vocciii meam.
Fiant aures tune intendcntes : in voccm deprecationis meœ.
Si iniquitatcs observavcris, Domine : Domine, quis siistinebit ?
Quia apud te propitiatio est : et propter iegcm tuam sustinui te , Domine.
Sustinuit anima mca in verbo ejus : speravil anima mca in Domino.
A custodia matutina usquc ad noctem : sperct Israël in Domino.
Quia apud Dominum miscricordia : et copiosa apud eum redemptio.
Et ipse rediniel Israël : ex omnibus iniquitatibus ejus.
Requiem SEternam dona ois, Domine : et lux perpétua luceat eis.
p. A porta inferi,
it]. Erue, Domine, animas eorum.
^. Rcquiescant in pace.
il). Amen.
j^. Domine, exaudi oratiiiiiem meam ;
■"tl. lit clamor meus ad le vcniat.
Seigneur, écoutez ma voix.
Que vos oreilles soient attentives aux accents de ma supplication.
Si vous recherchez les iniquités, Seigneur ! Seigneur, qui pourra subsister ?
Mais parce que la miséricorde est avec vous, et à cause de votre loi, je vous ai attendu, Seigneur 1
Mon amc a attendu avec confiance la parole du Seigneur ; mon îiine a espéré en lui.
Du point du jour à l'arrivée de la nuit, Israël doit espérer dans le Seigneur.
Car dans le Seigneur est la miséricorde, et en lui une abondante rédemption.
Et lui-même rachètera Israël de toutes ses iniquités.
Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel ; et que la lumière qui ne s'éteint pas luise sur eux.
j^. Des portes de l'enfer,
i^. Arrachez leurs âmes, Seigneur.
)îf. Qu'ils reposent en paix.
j^. Seigneur, exaucez ma prière ;
l'ij. Et que mon cri parvienne jusqu'à vous.
Fidelium Deus nium Conditor et
cm- I O Dieu,
KeCrcateur et Rédempteur de tous les fidèles,
Prière du Soit
accordez aux âmes de vos serviteurs et de vos servantes la rémission de tous leurs péchés, afin que, par la prière de votre Eglise, elles obtiennent le pardon qu'elles désirèrent toujours. Vous qui vivez et régnez dans les siècles des siècles. Amen.
demptor. animabus famulorum famuiarumque tuarum remissionem cunctorum tribue peccatorum: ut indulgentiam , quam semper optaverunt, piis supplicationibus consequantur. Qui vivis et régnas in saecula sœculorum. Amen.
C'est ici le lieu de prier en particulier pour les âmes des défunts qui nous intéressent spécialement ; après quoi on demandera à Dieu son secours pour traverser sans danger les périls de la nuit. On dira donc encore avec l'Eglise :
" ' ■ O gneur, durant la veille, gardez-nous durant le sommeil ; afin que nous puissions veiller avec JésusChrist, et que nous reposions dans la paix.
f. Daignez, Seigneur, durant cette nuit,
Hj. Nous garder de tout péché.
j^. Ayez pitié de nous, Seigneur !
Rj. Ayez pitié de nous.
f. Que votre miséricorde soit sur nous, Seigneur,
fî. Dans la mesure que nous avons espéré en vous.
j^. Seigneur, exaucez ma prière ;
j^. Et que mon cri parvienne jusqu'à vous.
\nt QALVAnos.Do* ' ■ v-5 mine, vigilantes, custodi nos dormientes : ut vigilemus cum Christo. et requiescamus in pace.
f. Dignare, Domine, nccte isia,
Ri. Sine peccato nos custodire.
f. Miserere nostri , Domine.
^. Miserere nostri.
f. Fiat misericordia tua. Domine, super nos,
fi|. Quemadmodumsperavimus in te.
j^. Domine, exaudi orationem meam ;
fî. Et clamor meus ad le veuiat.
Visita, quncsumus Domine , habitatiunem islam, et omnes insidias inimici ab ea longe repellc : Angeli tiii sancti habitent in ea, qui nos in pace ciistodiant, et benedictio tua sit super nos semper. Pcr Dominum nostiuni Jesum Christum P^ilium tuum, qui tecum vivit et rcj,mat in unitate Spiritus Sancti Deus, per omnia snccula sœculorum. Amen.
Enfin pour tcrinincr la journée dans les sentiments que doit inspirer le Temps pascal, on répétera ces touchantes paroles que l'Eglise emprunte aux disciples d'Emmaûs, dans son Office du soir :
Visitez , s'il vous plaît. Seigneur, cette maison, el cloignez-en toutes les embûches de l'ennemi. Que vos saints Anges y habitent , qu'ils nous y gardent dans la paix ; et que votre bénédiction demeure toujours sur nous. Par Jésus-Cnrist votre Fils, notre Seigneur , qui, étant Dieu, vit et règne avec vous, en l'unité du Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles. Amen.
ft A/fANEnobiscum, '■ IM Domine, Alléluia ;
fi|. Quoniam advespcrascit, Alléluia.
j j\EMEtrREZ avec nous, ^' LJ Seigneur , Alléluia; ft|. Car il se fait tard, AileANS les jours de la douloureuse Passion de notre Rédempteur, lorsque nous assistions au saint Sacritice, nous avions en vue l'immolation sanglante de l'A- gneau ; nous entourions, comme un nouveau Calvaire, cet autel inondé de son sang; et toute notre attention se concentrait sur l'auguste victime égorgée pour notre rachat. En ces jours de "^la Pâque, l'Agneau se montre à nous sous un autre aspect ; il est vivant, il est glorieux, il est vainqueur. Il daigne s'immoler encore ; mais c'est pour nous convier à un festin joyeux, au festin de la Pâque, dans lequel il nous donne à manger sa chair immortelle. Dans les chants qui accompagnent ce sacritice, l'Eglise ne cesse de répéter le cri de V Alléluia; elle baise avec amour les plaies de son céleste Epoux, qui ne sont plus douloureuses, mais qui
58 Le Temps Pascal.
lancent les rayons d'une gloire éblouissante. Son autel est le trône du divin ressuscité ; elle en approche sans terreur ; car le vainqueur de la mort, tout élevé en gloire qu'il est, n'a rien perdu de son ineffable bonté. On dirait mcnie qu'il se montre à elle plus tendre et plus condescendant que jamais.
Une autre cause augmente encore la joie de rFglisc en présence du saint autel : c'est l'afllucnce des tidèlcs qui arrivent de toutes parts pour s'asseoir au festin pascal de l'Agneau. Chaque temple, en ces jours, est un'^Cénacle où Jésus fait la Pàque avec ses disciples. La table sainte n'est plus dressée dans la solitude ; les conviés accourent et viennent s'y presser. Kn ces jours s'accomplit, en s'évanouissant, la grande iîgurc de la loi ancienne. « C'est à cette table du nouveau Roi que la Pâque nouvelle de la nouvelle loi met fin à l'ancien rite. L'élément nouveau chasse l'antique observance; l'ombre fuit devantla réalité, la nuit dcvantla lumière'. » Nous sommes les enfants de la promesse, nous qui n'avons pas renié le Christ comme les Juifs, mais qui l'avons reconnu pour notre roi, lorsque son peuple infidèle le traînait à la mort; en retour, il nous a invités à sa Pâque; et là, il est notre convive et notre nourriture.
Le saint Sacrifice, au Temps pascal, nous offre donc, d'une manière plus particulière, ces deux aspects : une victime ressuscitée et immortelle, dont l'immolation est non sanI. Séquence de la fête du Saint-Sacrement.
La Messe. 5g
glante, quoique réelle; une table dressée pour la manducation de l'Agneau, offerte toute l'année aux tidèles pour la vie de leurs âmes, mais qui, dans ces saints jours, les doit réunir tous. En même temps, à cette table, s'accomplit le symbole prophétique de l'ancien Agneau pascal. Quinze siècles s'écoulèrent sous les ombres de l'Agneau figuratif; mais dix-huit se sont déjà succédé sous l'empire du véritable Agneati; et c'est cet Agneau que la sainte Messe nous reproduit dans toute l'efficacité de son sacrihcc et dans toute la splendeur de sa gloire.
Nous devons donc, en ce saint temps, assister au divin Sacrifice, en unissant les souvenirs du passé de la religion au sentiment d'une vive reconnaissance envers Dieu, qui a daigné nous faire naître sous le règne de la nouvelle Pàque. Portons aussi une sincère et joyeuse allégresse à ce grand acte du christianisme, où nous voyons paraître ce même Jésus ressuscité qui ne doit plus mourir. Unissons-nous aux sentiments de Marie, sa très sainte Mère, de Madeleine et des disciples. Leur bonheur, durant quarante jours, fut de le voir et de l'entendre, dans les nombreuses entrevues qu'il daigna leur accorder. Il se manifeste aussi à nous dans cet auguste mystère; comme eux, entourons-le de notre amour tendre et respectueux.
Nous allons essa\'er de réduire à la pratique ces sentiments dans l'explication des mystères de la sainte Messe, nous efforçant d'mitier les fidèles à ces divins secrets, non par une stérile et téméraire traduction des
Go
formules sacrées, mais au moyen d'actes destines à mettre les assistants en rapport suffisant avec les actions et les sentiments de l'Eglise et du Prêtre.
Dans une partie notable du Temps pascal, la Messe est célébrée en mémoire des £;rands mystères gui se sont accomplis à cette époque de l'Année liturgique ; on trouvera ci-après, en détail, les prières que l'Eglise emploie en ces jours solennels. Le reste du temps, le saint Sacrifice est le plus souvent offert en l'honneur des Saints, à moins qu'il ne se rencontre un dimanche qui ne soit pas déjà occupé par une fête du rite Double.
Le Dimanche, si la Messe à laquelle on assiste est paroissiale, deux rites solennels, l'Aspersion de l'Eau bénite, et en beaucoup d'églises la Procession, devront d'abord intéresser la piété.
Pendant l'Aspersion, on se rappellera le mystère de la regénération des néophytes accomplie dans la nuit de Pâques, mystère par lequel nous-mêmes avons été faits membres de Jésus-Christ, dans l'eau rendue féconde par le sang de l'Agneau, et par la vertu du Saint-Esprit.
\ MDI aquam co;rcdicn>■ tem de tcmplo a latere dcxtro. allcluia ; et omnes ad quos pervcnit aqua isla salvi facti sunt, et diccnt : Alléluia, alléluia.
Ps. Confitcmini Domino, quoniam bonus :
I 'ai vu une eau qui sortait
•-' du temple, au coté droit, alléluia; et tous ceux que cette eau a touchés ont été sauvés, et ils diront : Alléluia, alléluia.
Ps. Louez le Sei((neur, parce qu'il est bon , et
La Messe.
dsa miséricorde est à jamais.
Gloire au Pcre. J'ai vu une eau.
f. Montrez-nous . Seigneur , votre miséricorde , alieluia ;
^. Et donnez-nous le Sauveur que vous nous avez destiné, alléluia.
quoniam in sasculum misericordia ejus.
Gloria Patri. Vidi aquam.
f. Ostende nobis, Domine, misericordiam tuam, alieluia ;
^. Et Salutare tuum da nobis, alieluia.
Exaucez-nous , Seigneur saint , Père tout-puissant , Dieu éternel, et daignez envoyer du ciel votre saint Ange qui garde, visite et défende tous ceux qui sont rassemblés en ce lieu. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.
Exaudi nos. Domine sancte, Pater omnipotens, œterne Deus : et mittere digneris sanctum Angelum tuum de cœlis, qui custodiat, foveat, protegat, visitet, atque defendat omnes habitantes in hoc habitaculo. Per Christum Dominum nostrum. Amen.
La Procession qui précède la Messe nous représentera la marche des saintes femmes vers le tombeau, où elles vont de nouveau embaumer le corps de leur maître. Elles ne le trouvèrent plus dans le sépulcre ; mais Jésus ne tarda pas à se faire voir à elles, et elles revinrent toutes transportées d'admiration et de bonheur.
Enfin le moment du Sacrifice est arrivé. Le Prêtre est au pied de l'autel, Dieu est attentif, les Anges adorent, toute l'Eglise est unie au Prêtre', qui n'a qu'un même sacerdoce, une même action avec Jésus-Christ, le souverain Prêtre. Faisons avec lui le signe de la Croix.
iN nnmino Patris, et
1 F i 1 i i , et Spiiilus
Sancti. Amen.
a INTROIBO ad allarc
il). Ad Deum qui hetificat juventutetn meam.
Judica me, Deus, et discerne causnm meam de gente non sancta : ah hominc iniquo et doloso crue me.
Quia tu es, Dcus, fortitudo mea : quare me rcpulisti ? et quare tristis incedo, dum alïligit me inimicus ?
l<]mittc luccm tuam et veritatcm tuam : ipsa me dcduxcrunt et adduxerunt in montem sanctum tuum, et in tabernacula tua.
Et introibo ad altarc Dci : ad Deum qui latificavit j u vc n l u t 0 m incam.
Confitebor tihi in cithnra, Deus, Deus meus : quare tristis es, anima mea? et quaic conturbas me ?
Spera in Dco , quoniam adhuc confitebor iili : Salutarc vultus mci, et Deus meus.
AU nom du Père, et du Fils,
Ains
;t du Sain soit-il !
-Es pi
JE m'unis , ô mon Dieu, à votre sainte Ef^lise qui se réjouit en la Résurrection de Jésus- Christ votre Fils, l'Autel véritable.
Comme elle, je vous supplie de me défendre contre la malice des ennemis de mon !-alut.
C'est en vous que j'ai mis
mon espérance ; et cependant je me sens triste et inquiet à cause des embûches qui me sont tendues.
Faites-moi donc voir celui qui est la Lumière et la Vérité : c'est lui qui nous ouvrira l'accès à votre sainte montagne , à votre céleste tabernacle,
11 est le Médiateur, l'Autel vivant ; je m'approcherai de lui, et je serai dans lu joie.
Quand je l'aurai vu, je chanterai avec allégresse. O mon âme, ne t'attriste donc plus, ne sois plus troublée; le temps de la tristesse est passé.
Espère en lui; car il a vaincu les ennemis, la mort et l'enfer, et il t'a associée à son triomphe.
La Messe.
Gloire au Fèie. et au Fils. et au Saint-Esprit :
Comme il était au commencement, et maintenant, et toujours, et dans les siècles des siècles Ainsi soit-il !
Je vais donc m'approcher de l'autel de Dieu, et sentir la présence du divin ressuscité.
Cette confiance est en moi, non à cause de mes mérites. mais par le secours toutpuissant de mon Créateur.
Glona Fatri, et Fiiio, et Spiritui Sancto.
Sicut erat in principio, et nunc. et semper, et in sœcula sœculorum. Amen.
y. Introibo ad ahare Dd :
iV Ad Deum qui Isrtificat juventutcm meam.
y. Adjutorium nostrum in nomine Domini,
fii. Qui fecit cœlum et terram.
Cette pensée qu'il va paraître devant le Seigneur excite dans l'àme du Prêtre un vif sentiment de componction. Il ne veut pas aller plus loin sans confesser publiquement qu'il est pécheur et indigne de cette grâce. Écoutez avec respect cette confession de rhomme de Dieu, et demandez sincèrement au Seigneur qu'il daigne lui faire miséricorde ; "car le Prêtre est votre Père ; il est responsable de votre salut, pour lequel il expose le sien tous les jours.
Faites ensuite votre confession avec le ministre, disant à votre tour avec contrition:
JE confesse à Dieu toutpuissant, à la bienheureuse Marie toujours Vierge, à saint Michel Archange, à saint Jean-Baptiste, aux Apôtres saint Pierre et saint Paul, à tous les Saints, et à vous, mon Père, que j'ai beaucoup péché en pensées, ea paroles et en œuvres, par ma faute, par ma faute, par ma
CONFITEOR Deo omnipotenti, beatœ Mariae semper ^'irgini , beato Michaeli Archangelo, beato Joanni Baptistœ, sanctis Apostolis Petro et Paulo, omnibus Sanctis, et tibi, Pater : quia peccavi nimis cogitatione. \erbo et opère, mea culpa, mea culpa,
mea maxima culpa. Ideo piecor bcatam Mariam scmpcr Virginem, beatum Michaciom Archangeluin, bcatum Joaiincm Baptistam, s a n c to s Apostolos Petrum et Paiilum, omnes Sanctos, et te, Pater, orarc pro me ad Dominum Deiim nostrum.
très graniîe faute. C'est pourquoi je supplie la bienheureuse Marie toujours Vierge, saint Michel Archange, saint Jean-Baptiste , les Apôtres saiiit Pierre et saint Paul, tous les Saints, et vous, mon Père, de prier pour moi le Seigneur notre Dieu.
Recevez avec reconnaissance le souhait paternel du Prêtre, qui vous dit :
UE le Dieu tout-puisr' IVl tri omnipotens Deus, et dimissis peccatis vestris, perducat vos ad vitam aternam.
ûl. Amen.
^. Indulgentiam , absolutionem, et remissionem peccatorum nostrorum tribuat nobis omnipotens et miscricors Dominus.
a C V
'^'Vç^ sant ait pitié d-. vous, qu'il vous remette vos péchés et vous conduise à la vie éternelle.
l"(|. Amen.
j^. Que le Seigneur toutpuissant et miséricordieux nous accorde l'indulgence, l'absolution et la rémission de nos péchés.
i\. Amen.
Relevez maintenant la tète, et appelez le secours divin pour vous approcher de Jésus Christ.
tu convervivilicabis nos,
lîl. Et plebs tua Iretabitur in te.
j^. Ostende nobis, Domine, misericordiam tuam,
a. r\ Dieu, d'un seul rc"■ ^^ gard vous nous donnerez la vie,
l^. Et votre peuple se réjouira en vous.
Jt. Montrez-nous , Seigneur, votre miséricorde,
La Messe.
^. Et donnez-nous le Sauveur que vous nous avez préparé.
f. Seigneur , exaucez ma prière;
If. Et que mon cri parvienne jusqu'à vous.
iV Et salutare tuum da nobis.
i^. Domine, exaudi orationem nieam ;
fîj. Et clamor meus ad te veniat.
Le Prêtre vous salue, en vous quittant, pour monter à l'autel.
y. Le Seigneur soit avec 1 y. Dominus vobiscum ; vous ; I
Répondez-lui avec révérence :
Itl. Et avec votre esprit. j I^. Et cum spiritu tuo.
Il franchit les degrés et arrive au Saint des Saints. Demandez pour lui et pour vous la délivrance des péchés.
FAITES disparaître de nos cœurs, ô mon Dieu, toutes les taches qui les rendent indignes de vous être présentes ; nous vous le demandons par votre divin i- ils. notre Seigneur.
AUFER a nobis. quœsumus Domine , iniquitates nostras ; ut cd Sancta Sanctorum puris mereamur mentibus inîroire. Per Christum Dominum nostrum. Amen.
Quand le Prêtre baise l'autel par respect pour les os des Martyrs qu'il couvre, on dira :
GÉNÉREUX soldats de JésusChrist , qui avez mêlé votre sang au sien , faites instance pour que nos péchés soient remis, afin que nous puissions, comme vous, approcher de Dieu.
ORAMUS te , Domine, per mérita Sanctorum tuorum quorum reliquiœ hic sunt. et omnium Sanctorum ; ut indulgere digneris omnia peccata mea. Amen.
66 Le Temps Pascal.
Si la Messe est solennelle, le Prêtre encense l'autel avec pompe ; et cette fumée, qui s'exhale de toutes les parties de l'autel, signifie la prière de l'Eglise qui s'adresse à JésusChrist, et que ce divin Médiateur fait ensuite monter, avec la sienne propre, vers le trône de la Majesté de son Père.
Le Prêtre dit ensuite l'Introït. Cette Antienne solennelle est un chant d'ouverture dans lequel l'Eglise laisse s'échapper tout d'abord les sentiments qui l'animent.
Il est suivi de neuf cris plus expressifs encore, car ils demandent miséricorde. En les proférant, l'Eglise s'unit aux neuf chœurs des Anges réunis autour de l'autel du ciel, qui est le même que celui de la terre.
Au Père., qui nous a envoyé son Fils pour nous délivrer de la mort.
KYRIE, eleison. Kyrie, eleison. Kyrie, eleison.
SEIGNEUR, ayez pitié 1 Seigneur, ayez pitié! Seigneur, ayez pitié !
Au Fils qui, par sa Résurrection, a détruit la mort et nous a frayé le chemin de la vie éternelle.
Christe, eleison. Christc, eleison. Christe, eleison.
Christ, ayez pitié I Christ, ayez pitié! Christ, ayez pitié !
Au Saint-Esprit, qui est venu répandre ses dotis sur TEi^lise tout entière.
Kyrie, eleison. Kyrie, eleison. K,yrie, eleison.
Seigneur, ayez pitié! Seigneur, ayez pitié I Seigneur, ayez pitié 1
Puis, mêlant sa voix à celle de la milice
La Messe.
céleste, le Prêtre entonne le sublime Cantique de Bethléhem, qui annonce à Dieu la gloire et à Vhomme la paix. Instruite des divins secrets, l'Eglise continue de son propre fonds l'hymne des Anges. Elle célèbre avec enthousiasme V Agneau divin qui efface les péchés du monde ; et comme pour racheter les abaissement de la Passion, elle le proclame seul Saint, seul Seigneur., seul Très-Haut. Entrez dans ces sentiments d'adoration profonde, de contiance et de tendresse envers le céleste Agneau pascal.
GLOIRE à Dieu au plus haut des cieux, et sur la terre paix aux hommes de bonne volonté.
Nous vous louons , nous vous bénissons , nous vous adorons , nous vous glorifions ; nous vous rendons grâces à cause de votre grande gloire.
Seigneur Dieu, Roi céleste, Dieu Père tout-puissant !
Seigneur .Tésus-Christ . Fils unique !
Seigneur Dieu, Agneau de Dieu, Fils du Père !
Vous qui ôtez les péchés du monde, ayez pitié de nous.
Vous qui ôtez les péchés du monde, recevez notre humble prière.
Vous qui êtes assis à la droite du Père, ayez pitié de nous.
GLORIA in excelsis Deo, et in terra paxhominibus bonœ voluntatis.
Laudamus te : benedicimus te : adoramus te : glorificamus te : gratias j agimus tibi propter ma- i gnam gloriam tuam.
Domine Deus , Rex cœlestis , Deus Pater omnipotens.
Domine, Fili unigenite. Jesu Christe.
Domine Deus, Agnus Dei, Filius Patris.
Qui toUis peccata mundi, miserere nobis.
Qui toUis peccata mundi, suscipe deprecatio~ nem nostram.
Qui sedes ad dexteram Patris, miserere nobis.
Quoniam tu soins sanctus, tu solus Dominus, tu solus Altissimus, Jcsu Christe , cum Sancto Spiritu , in gloria Dei Patris. Amen.
Car vous clés le seul Saint, vous êtes le seul Seigneur, vous êtes le seul Très-Haut, ôJésus-Christ, avec le SaintEsprit, dans la gloire de Dieu le Père. Amen.
Le Prctrc salue encore le peuple, comme pour s'assurer de sa persévérance dans l'attention religieuse que réclame l'Action sublime qui se prépare.
Vient ensuite la Collecte ou Oraison, dans laquelle l'Eglise expose à Dieu, d'une manière expresse, ses intentions particulières dans la Messe qui se célèbre. On pourra s'unir à cette prière en récitant avec le Prêtre les Oraisons qui se trouvent ci-après au Propre du Temps ou ati Propre des Saints, et surtout en répondant Amen, avec le ministre qui sert la Messe.
On lira ensuite l'Kpître, qui est, pour l'ordinaire, un fragment des Lettres des Apôtres, ou quelquefois un passage des livres de l'Ancien Testament. En faisant cette lecture, on demandera à Dieu la grâce de profiter des enseignements qu'elle reiiferme.
Le Graduel est un intermède entre la lecturede l'Epître et celle de l'Evan^^ile. Il remet sous nos yeux les sentiments qui ont déjà été exprimés dans ITntroït. On doit le lire avec dévotion, pour s'en bien pénétrer, et s'élever plus avant dans les hauteurs du mystère. Le Graduel n'ast en usage au Temps pascal que les six premiers jours, pour une raison que nous avons expliquée en son lieu. Le reste du temps, l'intervalle entre l'Epître et l'Evan- jl gile est rempli par deux Versets accompagnés du chant de V Alléluia, que la sainte Eglise
La Messe.
6g
multiplie sans cesse au Temps pascal. L'usage du Graduel ne reparaîtra qu'après l'expiration des cinquante jours donnés à la joie pascale.
La lecture du saint Evangile se prépare. C'est TEsprit-Saint qui a dirigé la plume des Evangélistes ; leur récit sacre, qui est notre lumière et norre vie, est un des fruits de la glorieuse Pentecôte. Disposons-nous à entendre la parole de l'Agneau ressuscité ; c'est lui-même qui va parler, comme il le faisait lorsqu'il daignait apparaître à ses disciples dans les jours où nous sommes.
Si c'est une Messe solennelle que l'on célèbre, le Diacre se dispose à remplir son noble ministère, qui consiste à lire solennellement le saint Evangile. Il prie Dieu de purifier son cœur et ses lèvres ; puis il demande à genoux la bénédiction du Prêtre, et l'ayant obtenue, il se rend bientôt au lieu d'où il doit chanter l'Evangile.
Pour préparation à le Bien entendre, on
Eeut dire en union avec le Prêtre et avec le iacre :
SEIGNEUR , purifiez mes oreilles trop longtemps remplies des vaines paroles du siècle, afin que j'entende la Parole de la vie éternelle et que je la conserve dans mon cœur ; par Jésus-Christ, votre Fils, notre Seigneur. Amen.
Donnez à vos ministres la grâce d'être les fidèles interUXD.A. cor meum ac labia mea, omnipotens Deus , qui labia Isaia2 prophelas calculo mundasti ignito : ita me tua grata miseratione dignare mundare , ut sanctum Evangelium tuum digne valeam nunliarc. Per Ciiristum Dominum nostrum. Amen. Dominus sit in corde meo, et in labiis meis :
ut digne et compctcnter annuiiticm livaiiçelium suum : In nomine Patris, et Filii, et Spiritus Sancti. Amen.
prêtes de votre loi, afin que, pasteurs et troupeau . nous nous réunissions tous en vous à jamais.
J E crois en un seul Dieu, le J Père tout-puissant , qui
a (ait le ciel et la terre, et
toutes les choses visibles et
invisibiles. Et en un seul Seigneur
Jé«us-Christ, Fils unigue de
On se tiendra debout, par respect, pendant la lecture de rivvangilc : on fera sur soi le signe de la Croix, et on suivra toutes les paroles du Prêtre ou du Diacre. Que le cœur donc soit prêt , et qu'il se montre docile. L'Epouse du Cantique dit : Mon âme s'est fondue en moi comme la cire, pendant que le Bien-Aimé me parlait. Mais tous n'ont pas cet amour. Disons-lui du moins avec l'humble soumission de Samuel : Parle^, Seigneur ; votre serviteur vous écoute.
Après l'Evangile, si le Prêtre récite le Symbole de la Foi, on le dira avec lui. La Foi est le don suprême de Dieu. C'est par elle que nous sommes inities aux sublimes mystères de la Pâque, qui divinisent notre vie tout entière, et nous mettent en possession des biens de l'éternité. Croyons, comme les saintes femmes du sépulcre, d'une foi vive et simple. N'attendons pas l'épreuve comme Thomas ; car le Seigneur a dit : Heureux ceux qui n'ont pas vu et qui ont cru. Disons donc avec l'Eglise catholique :
CREDO in unum Deum, Patrem omnipotentem , factorem ca-li et terrœ, visibilium omnium et invisibilium.
Et in unum Dominum Jesum Christum, Filium
La Messe.
Dieu ; qui est né du Père avant tous les siècles; Dieu de Dieu, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu: qui n'a pas été fait, mais engendré : consubstantiel au Père : par qui toutes choses ont été faites. Qui est descendu des cieu.x pour nous autres hommes, et pour notre salut. Et qui a pris chair de la Vierge Marie par l'opération du Saint-Esprit ; et qui s'est fait homme. Qui a été aussi crucifié pour nous sous Ponce-Pilate ; qui a souffert, qui a été mis dans le sépulcre : qui esc ressuscité le troisième jour, selon les Ecritures. Et qui est monté au ciel, qui est assis à la droite du Père, et qui viendra encore avec gloire pour juger les vivants et les morts; et dont le règne n'aura point de fin.
Je crois au Saint-Esjyrit , Seigneur et vivifiant , qui procède du Père et du Fils ; qui est adoré et glorifié conjointement avec le Père et le Fils ; quia parlé par les Prophètes. Je crois l'Eglise
?'ui est Une, Sainte, Cathoique et Apostolique. Je confesse qu'il y a un Baptême pour la rémission des péchés ; et j'attends la résurrection des morts, et la vie du siècle à venir. xVmen.
etiam pro nobis sub Pontio Pilato, passus, et seDei unigenitum. Et ex Pâtre natum ante omnia saïcula. Deum de Deo , lumen de lumine, Deum verum de Deo vero. Genitum. non factum, consubstantialem Patri : per quem omnia facta sunt. Qui propter nos homines et propter nostram i! salutem , descendit de \ cœlis. Et incarnatus est de Spiritu Sancto ex Maria Virgine : Et homo factus est. Crucifixus i pro ilato pultus est. Et resurrexit tertia die , secundum Scripturas. Et ascendit in cœlum : sedet ad dexteram Patris. Et iterum venturus est cum gloria judicare vivos et mortuos : cujus regni non erit finis.
Et in Spiritum Sanctum, Dominum et vivificantem , qui ex Pâtre Filioque procedit. Qui cum Patrc et Filio simul adoratur et conglorificatur: qui locutus est per Prophetas. Et Unam , Sanctam, Catholicam et Apostolicam Ecclesian":, Confiteor unum Baptisma in remissionem peccatorum. Et exspecto resurrectionem mortuorum , et vitam venturi sa;culi. Amen.
Le cœur du Prêtre et celui du peuple doivent maintenant être prêts ; il est temps de préparer l'olTrande elle-même. Nous entrons aans cette seconde partie de la sainte Messe qui est appelée Oblation, et qui fait suite à celle que l'on désigne sous le nom de Messe des Catéchumènes, parce qu'elle était autrefois la seule à laquelle les aspirants au Baptême eussent le droit de prendre part.
Voici donc que le pain et le vin vont être ortcrts à Dieu comme les plus nobles éléments de la création matérielle, puisqu'ils sont destinés à la nourriture de l'homme ; mais ce n'est là qu'une figure grossière de leur destination dans le Sacrifice chrétien. Leur substance va bientôt s'évanouir ; il n'en demeurera plus que les apparences. Heureuses créatures, qui cèdent la place au Créateur ! Nous aussi, nous sommes appelés à éprouver une ineflable transformation, lorsque, comme dit l'Apôtre, ce qui est mortel en nous sera absorbé par la vie. (Il Cor. v, 4.) En attendant, offrons-nous à Dieu au moment où le pain et le vin lui vont être présentés, et préparons-nous pour la venue de celui cjui nous transformera, en nous rendant participants de la nature divine. (II Pktr. i, 4.)
Le Prêtre salue encore le peuple, pour l'avertir d'être de plus en plus attentif. Lisons avec lui l'OlVertoire ; et quand il présente à Dieu l'Hostie, joignons-nous à lui et disons:
TOUT ce que nous avons, Seigneur, vient de vous et est à vous; il est donc juste que nous vous le rendions. Mais combien vous
SUSCIPE, sancte Pater, omnipotens, alterne Deus , hanc immaculatarn hosliam, qunm cç;o, indignus famulus tuus ,
La Messe.
êtes admirable dans les inventions de votre puissante charité! Ce pain que nous vous olïrons va bientôt céder la place à votre sacré Corps : recevez, dans une même oblation , nos cœurs qui voudraient vivre de vous, et non plus d'eux-mêmes.
offero tibi Deo meo vivo et vero, pro innumerabilibuB ]-*eccatis et offensionibus et neî^ligentiis meis, et pro omnibus circumstantibus, sed et pro omnibus fidelibus christianis vivis atque defunctis ; ut mihi et illis proficiat ad salutem in vitam aeternam. Amen.
Quand le Prêtre met dans le calice le vin, auquel il mêle ensuite un peu d'eau, alin de représenter l'union de la nature divine à la faible nature humaine en Jésus-Christ, honorez le divin mystère de l'Incarnation, principe de notre salut et de nos espérances, et dites :
DEUS. qui humanœ substantiœ dignitatem mirabiliter condidisti, et niirabilius reformasti : da nobis . per hujus aquae et vini mysterium, ejus divinitatis esse consortes, qui humanitatis nostrœ fieri dignatus est articeps, Jésus Christus 'ilius tuus Dominus noster : qui tecum vivit et régnât in unitate Spiritus Sancti Deus, per omnia saecula sœculorum. Amen.
SEIGNEUR, qui êtes la véritable Vigne , et dont le sang, comme un vin généreux , s'est épanché sous le pressoir de la Croix , vous avez daigné unir votre nature divine à notre humble humanité , figurée ici par cette goutte d'eau ; venez nous faire participants de votre divinité, en vous manifestant en nous par votre douce et puissante visite.
pari Fi!i
Le Prêtre offre ensuite le mélange de vin et d'eau, priant Dieu d'avoir pour" agréable cette oblation, dont la ligure va bie'ntôt se transformer en réalité; pendant ce temps, dites en union avec lui :
Ç\ FPRRiMUS tibi , Do^-"^ mine, calicem salutaris, tuam deprccantes clemcntiam : ut in conspectu divina: Majestatis tiuc, pro nostra et totiiis mundi sainte, cum odore s u a V i t a t i s asccndat. Amen.
A CRÉEZ ces dons, souvc-** rain Créateur de toutes choses ; qu'ils soient ainsi préparés pour la divine transformation qui, de cette simple offrande de créatures, va faire l'instrument du salut du monde.
Puis le Prêtre s'incline, après avoir élevé les dons ; humilions-nous avec lui et disons :
IN spiritu humilitatis, et in animo contrito suscipiamur a te, Domine : et sic fiât sacrificium nostrum in conspectu tuo hodie , ut placeat tibi. Domine Deus.
SI nous avons la hardiesse d'approcher de votre autel. Seigneur, ce n'est pas que nous puissions oublier ce que nous sommes. Faitesnous miséricorde , afin que nous puissions paraître en la présence de votre Fils , qui est notre Hostie salutaire.
Invoquons ensuite l'Esprit-Saint , dont l'opération va bientôt produire sur l'autel la présence du Fils de Dieu, comme elle la produisit au sein de la Vierge Marie, dans le divin mystère de l'Incarnation.
VENI, Sanctificatoromnipotens , asterne Deus. et bcnedic hoc sacrificium tuo sancto Nomini praeparalum.
VENEZ, Esprit divin, féconder cette oUVande qui est sur l'autel, et produire en nos cœurs celui que nos
I co-'urs attendent.
Si c'est une Messe solennelle, le Prêtre, avant de passer outre, prend pour la seconde fois l'encensoir. Il encense le pain et le vin qui viennent d'être oilcrts, et ensuite l'autel
La Messe.
lui-même, afin que la prière des fidèles, signifiée par la fumée de ce parfum, devienne de plus en plus ardente, à mesure que le moment solennel approche davanta^îe.
Mais la pensée de son indignité se ranime plus forte encore au cœur du Prêtre. La confession publique qu'il a faite au pied de l'autel ne suffit plus à sa componction. A l'autel même, il donne en présence du peuple un témoignage solennel du pressant besoin qu"il éprouve de se purifier à l'approche de Dieu : il lave ses mains. Or les mains signifient les œuvres; et le Prêtre, s'il porte en lui, comme Prêtre, le caractère de JésusChrist, est im homme par les œuvres. Que les fidèles s'humilient en contemplant ainsi l'humilité de leur Père, et disent comme lui :
JE veux laver mes mains, Seigneur , et me rendre semblable à ceux qui sont dans l'innocence , pour être digne d'approcher de voire autel, d'entendre vos sacrés cantiques , et de raconter vos merveilles. J'aime la beauté de votre maison, le lieu dont vous allez faire l'habitation de votre gloire. Ne me laissez pas retourner, ô Dieu, dans la compagnie de vos ennemis et des miens. Depuis que votre miséricorde m'en a retiré, je suis revenu à l'innocence, en rentrant en grâce avec vous ; mais ayez encore pitié de mes faiblesses, rachetez-moi
^ AVABO inter innocentes
L manus meas : et circumdabo altare tuum,
Domine,
Ut audiam vocem laudis : et enarrem universa mirabilia tua.
Domine , dilexi decorem domus tuœ : et locum habitationis glorias tuœ.
Ne perdas cura impiis. Deus, animam meam : et cum viris sanguinum vitam meam.
In quorum manibus iniquitates sunî : dextera eorum repleta est muneribus.
Ego autem in innocentia mea ingressus sum :
redimc me, et miserere mei.
Pes meus stctit in dirccîo: in ecclcsiis bcncdicam te, Domine,
(jloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto.
Sicut erat in principio, cl nunc, et scmper, et in s ae c u 1 a s aï c u 1 o r ii m . Amen.
encore, vous qui avez, par votre bonté, remis mes pas dans le sentier ; ce dont je vous rends grâces au milieu de cette assemblée. Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit ; comme il était au commencement, maintenant, et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.
Le Prêtre, rassuré par l'acte d'humilité qu'il vient d'accomplir, reparaît au milieu de 1 autel et s'incline respectueusement. Il demande à Dieu de recevoir avec bonté le Sacrifice qui va lui être offert, et détaille les intentions de ce Sacrifice. Offrons avec lui.
SUSCIPE, sancta Trinitas, hanc oblationem, quam tibi offerimus ob memoriam Passionis , Resurrectionis, et Ascensionis Jesu Christi Domini nostri : et in honorcm beatac; Marire scmper Virginis, et bcati Johannis Baptistae, et sanctorum Apostolorum Pétri et Pauli, et istoriim, et omnium Sanctorum, ut illis proficiat ad honorem, nobis autem ad salutem : et illi pro nobis intercederc dignentur in cal is, quorum memoriam agimus in terris. Per eumdem Christum Dominura nostrum. Amen.
TRINITE sainte, agréez ce Sacrifice ainsi préparé, qui va renouveler la mémoire de la Passion, de la Résurrection et de l'Ascension de Jésus-Christ , notre Seigneur. Souffrez que votre Église y joigne l'intention d'honorer la glorieuse Vierge Marie, les saints Apôtres Pierre et Paul, les Martyrs dont les ossements attendent la résurrection sous cet autel, et les Saints dont aujourd'hui nous honorons la mémoire. Augmentez la gloire dont ils jouissent ; et qu'ils daignent eux-mêmes intercéder pour notre salut.
La Messe.
Le Prèlre se tourne une dernière fois vers le peuple. Il sent le besoin de raviver encore l'ardeur des fidèles; mais la pensée de son indignité ne l'abandonne pas. Il veut s'appuyer sur les prières de ses frères, avant d'entrer dans la nuée avec le Seigneur. Il dit donc :
PRIEZ, mes Frères, afin que mon Sacrifice, qui est aussi le vôtre, soit acceptable auprès de Dieu le Père tout-puissant.
ORATE , fratres : ut meum ac vestrum sacrificium acceotabile fiât apud Deum Patrem omnipotentem.
QUE le Seigneur reçoive le Sacrifice de vos mains, pour la louange et la gloire de son Nom. pour notre utilité et pour celle de toute sa sainte Eglise,
USCIPIAT Dominus sacrificium de manibus tuis, ad laudem et gloriam Nominis sui , ad utilitatem quoque nostram totiusque Ecclesias suœ sanctœ.
Le Prêtre récite les Oraisons secrètes, dans lesquelles il offre les vœux de toute l'Eglise pour l'acceptation du Sacrifice ; et bientôt il s'apprête à remplir Tun des plus grands devoirs de la Religion, ï Action de grâces. Jus(ju'ici il a adoré, il a demandé miséricorde ; il lui reste encore à rendre grâces pour les bienfaits octroyés par la munificence du Père, et dont le principal est l'accomplissement de la promesse qu'il daigna faire après le péché de l'homme, promesse qu'il a remplie dans la Résurrection de l'Agneau, par
Cela dit, il se retourne, et les fidèles ne verront plus sa face, jusqu'à ce que le Seigneur lui-même soit descendu. Rassurez-le, ! en lui répondant par ce souhait :
7 H Le Temps Pascal.
laquelle la mort a été vaincue. Le Prêtre, au nom de l'Eglise, va ouvrir la bouche et épancher la reconnaissance du monde entier. Pour exciter l'enthousiasme des tidèles qui priaient en silence avec lui, il termine son Oraison à haute voix :
PERoinnia sicculasœcu- I T-x ANS tous les siècles des loruin. I LJ siècles.
Réunissez-vous à lui, et répondez : Amen!
Il vous salue en disant : Doniinus vobiscum. | Le Seigneur soit avec vous.
Répondez-lui :
Et cum spiritll tuo. | Et avec votre esprit.
Puis il dit : Sursum corda ! | Les cœurs en haut I
Répondez avec vérité :
Habemus ad Domi- 1 Nous les avons vers le Seinum. I gacur.
Puis il ajoute :
Gratias agamus Do- 1 Rendons grâces au Scimino Dco nostro. | gncur notre Uieu.
Protestez du fond de votre âme : Dignum cl justuin est. I C'est une chose digne et
I juste.
Alors le Prêtre • :
VrKRE dignum et jus- 1 /^m, c'est une chose digne tum est, requum et | \_J et juste, équitable et sa1. I.cs Préfaces de l'Ascension, de la Pentecôte et de l'Annonciation de la Sainte Vierge, se trouvent aux Messes de ces diverses fêtes.
La Messe.
lutaire, de célébrer vos grandeurs en tout temps , Seigneur ; mais surtout en ces jours où le Christ notre Pâque a été immolé ; car il est le véritable Agneau qui a ôté les péchés du monde. C'est lui" qui, par sa mort, a détruit notre mort, et qui. par sa résurrection, a rétabli notre vie. C'est pourquoi, avec les Anges et les Archanges, avec les Trônes et les Dominations, avec l'armée entière des cieux, nous chantons l'hymne à votre gloire , disant sans jamais cesser :
salutare. te quidem, Domine, omni tempore, sed in hoc potissimum gloriosius prœdicare, quum Pascha nostrum imraolatus est Christus. Ipse enim verus est Agnus, qui abstulit peccata mundi. Qui mortem nostram moriendo destruxit , et vitam resurgendo reparavit. Et ideo cum Angelis et Archangelis, cura Thronis et Dominationibus , cumque omni militia ccelestisexercitus, hymnum glorias tuse canimus, sine fine dicentes :
Unissez-vous au Prêtre, qui lui-même s'unit aux Esprits bienheureux pour rendre grâces du Don inestimable, et dites :
SANCTUS , Sanctus , Sanctus Dominus Lieus Sabaoth !
Pleni sunt cœli et terra gloria tua. Hosanna in
SAINT, Saint, Saint est le Seigneur, le Dieu des armées !
Les cieux et la terre sont remplis de sa gloire.
Hosannah au plus haut des cieux !
Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur.
Hosannah soit à lui au plus haut des cieux !
Le Canon s'ouvre après ces paroles, prière mystérieuse au milieu de laquelle le ciel s'abaisse et Dieu descend. On n'entendra plus retentir la voix du Prêtre; le silence se fait, même à l'autel. Ce fut aussi, dit le livre de la Sagesse, au milieu du silence et au sein
îlsis 1
Bonedictus quivenit in nomine Domini.
Hosanna in excelsis !
8o
des ombres d'une nuit mystérieuse, que le Verbe tout-puissant s'élança de sa royale demeure. Qu'un silence semblable apaise nos distractions, contienne toutes nos puissances : suivons d'un œil respectueux les mouvements du Prêtre.
Dans ce colloque mystérieux avec le grand Dieu du ciel et de la terre, la première prière du sacrificateur est pour l'Eglise catholique, sa Mère et la nôtre.
TE igitiir, clcmentissime Pater, per Jesum Chrislum Filiiim tuum Dominum nostrum supplices roo;amus ac petimus, uti accepta habcas, et benedicas hœc dona, hœc muncra, hœc sancta sacrificia illibata, in primis quœ libi offcrimus pro Kcclcsia tua sancta catholica : quam pacificare, custodire, adunare, et regere digneris toto orbe tcrrarum, una cum famulo tuo Papa nostrn N. et Antistite noslroN., et omnibus orthodoxis, atquc catholicœ et apostolicae fidei cultoribus.
ODiEU qui vous manifestez au milieu de nous par le moyen des Mystères dont vous avez fait dépositaire notre Mère la sainte Eglise, nous vous* supplions, au nom de ce divin Sacrifice, de détruire tous les obstacles qui s'opposent à son pèlerinage en ce monde. Donnez-lui la paix et l'unité ; conduisez vous-même notre Saint-Père le Pape, votre Vicaire sur la terre ; dirigez notre Evêque, qui est pour nous le lien sacre de l'unité ; sauvez le prince qui nous gouverne , afin que nous menions une vie tranquille ; conservez tous les orthodoxes enfants de l'Eglise Catholiquc-Apostolique-Komaine.
Priez maintenant, avec le Prêtre, pour les personnes qui vous intéressent davantage :
La Messe.
Si
Dieu ! de vous demander de répandre vos bénédictions spéciales sur vos serviteurs et vos servantes, pour lesquels vous savez que j'ai une obligation particulière de prier .. Appliquez-leur les fruits de ce divin Sacrifice qui vous est offert au nom de tous. Visitez-les par votre grâce ; pardonnez leurs péchés; accordez-leur les biens de la vie présente et ceux de la vie éternelle.
E.MENTO, Domine, famulorum famularumque tuarum .V. et iV., et omnium circumstantium. quorum tibi fides cognita est, et nota devotio ; pro quibus tibi offerimus, vel qui tibi offerunt hoc sacrificium laudis , pro se suisque omnibus, pro redemptione animarum suarum , pro spe salutis et incolumitatis suœ ; tibique reddunt vota sua asterno Deo , vivo et vero.
Faisons mémoire des Saints qui sont la partie déjà glorieuse du Corps de JésusChrist :
MAIS non seulement . ô mon Dieu, l'offrande de ce Sacrifice nous unit à nos frères qui sont encore dans cette vie .voyagère de l'épreuve ; il resserre aussi nos liens avec ceux qui déjà sont établis dans la gloire. Nous l'offrons donc pour honorer la mémoire de la glorieuse et toujours Vierge Marie, des Apôtres, des Confesseurs , des Vierges . en un mot de tous les Justes, afin qu'ils nous aident par leur puissant secours à devenir dignes de vous contempler à jamais comme eux, dans le séjour de votre gloire, meritis precibusque concéda*
memoriam vénérantes, in primis gloriosae semper Virginis Mariae, GenitricisDei et Domini nostri Jesu Christi : sed et beatorum Apostolorum, ac Martyrum tuorum, Pétri et Pauli. Andréas, Jacobi. Johannis, Thomœ. Jacobi, Philippi, Bartholomaei, Matthœi, Simonis et Thaddx'i : Lini, Clcti, démentis, Xysti, Cornelii, Cypriani , Laurentii , Chrysogoni, Joannis et Pauli, Cosmœ et Damiani, et omnium Sanctuorm tuorum : quorum ut in omnibus protectioLe Temps Pascal.
nis tune muniamur auxilio. Per^Umdem Christum Doininum nostrum. Amen.
Le Prêtre, qui jusque-là priait les mains étendues, les unit et les impose sur le pain et le vin. Il imite ainsi le geste du Pontife de l'ancienne loi sur la victime figurative, pour designer ces dons d'une manière spéciale à l'œil de la Majesté divine, comme l'offrande matérielle qui atteste notre dépendance, et qui va bientôt faire place à l'Hostie vivante sur laquelle ont été placées toutes nos iniquités :
H ANC igitiir oblationem servitutis nostra;, seJ et cunctac familiœ tuae, qiircsumus Domine, ut placatiis accipias, diesqiic nostros in tua pacc disponas, atqiie ab œterna damnatione nos cripi, et in elcctorum tuorum jubeas grège numcrari. Per Christum Dominum nostrum. Amen.
Quam oblationem tu, Deus, in omnibus, quœ- sumus, benedictam, adscriptam, latam, rationabilcrn, acceptabilemquc facere digneris : ut nobis Corpus et Sanguis fiât dileclissimi Filii lui Domini nostri Jesu Christi.
DAIGNEZ recevoir , o mon Dieu, cette offrande que toute votre famille vous présente, comme l'hommage de son heureuse servitude. En échange , donnez-nous la paix, sauvGZ-nous de votre colère, mettez-nous au nombre de vos élus ; par JésusChrist, notre Seigneur, qui va paraître.
Car il est temps que ce pain devienne son Corps sacré, qui est notre nourriture, et que ce vin se transforme en soji Sang, qui est notre breuvage ; ne tardez donc plus à nous introduire en la présence de ce divin Fils, notre Sauveur 1
Ici le Prêtre cesse 4'agir en homme; il n'est plus simplement le député de l'Eglise. Sa parole devient celle de .Icsus-Christ; elle en a la puissance et l'clHcacitc. ProsternezLa Messe.
vous, car Dieu lui-même va descendre sur l'autel.
QUE ferai-je en ce moment, ô Dieu du ciel et de la terre, Sauveur, Rédempteur du monde, vainqueur de la mort, si ce n'est de vous adorer en silence comme mon souverain Maître, de vous ouvrir mon cœur, comme à son Roi plein de douceur ? Venez donc, Seigneur Jésus ! venez !
OUI pridie quam pate^ retur. accepit panem in sanctas ac venerabiles manus suas : et elevatis oculis in cœlum, ad te Deum Patrem suum omnipotentem, tibi gratias agens, benedixit, fregit, deditque discipulis suis, dicens : Accipite, et manducate exhocomnes. Hoc EST ENiM Corpus
L'Agneau divin est maintenant sur l'autel. Gloire et amour soient à lui ! Mais il ne vient que pour être immolé; c'est pourquoi le Prêtre, ministre des volontés du TrèsHaut, prononce tout aussitôt sur le calice les paroles sacrées qui opèrent la mort mystique, par la séparation du Corps et du Saiîg de la victime. La substance du pain et (ïu vin s'est évanouie; les espèces seules sont restées comme un voile sur le Corps et le Sang du Rédempteur, afin que la terreur ne nous éloigne pas d'un mystère qui ne s'accomplit que pour rassurer nos cœurs. Unissons-nous aux Anges, qui contemplent en tremblant cette divine merveille.
SANG divin, prix de mon salut, je vous adore. Lavez mes iniquités, et rendezmoi plus blanc que la neige. Agneau sans cesse immolé et cependant toujours vivant, vous venez effacer les