Les Trophées (page 2)

José-Maria de Heredia · Lettres

Texte français, domaine public · Source : fr.wikisource.org — Les Trophées · 9 pages

Auquel on l’a lié pour l’écorcher tout vif.

Ô Dieu cruel ! Ô cris ! Voix lamentable et tendre !

Non, vous n’entendrez plus, sous un doigt trop savant,

La flûte soupirer aux rives du Méandre…

Car la peau du Satyre est le jouet du vent.

PERSÉE ET ANDROMÈDE

ANDROMÈDE AU MONSTRE

La Vierge Céphéenne, hélas ! encor vivante,

Liée, échevelée, au roc des noirs îlots,

Se lamente en tordant avec de vains sanglots

Sa chair royale où court un frisson d’épouvante.

L’Océan monstrueux que la tempête évente

Crache à ses pieds glacés l’âcre bave des flots,

Et partout elle voit, à travers ses cils clos,

Bâiller la gueule glauque, innombrable et mouvante.

Tel qu’un éclat de foudre en un ciel sans éclair,

Tout à coup, retentit un hennissement clair.

Ses yeux s’ouvrent. L’horreur les emplit, et l’extase ;

Car elle a vu, d’un vol vertigineux et sûr,

Se cabrant sous le poids du fils de Zeus, Pégase

Allonger sur la mer sa grande ombre d’azur.

PERSÉE ET ANDROMÈDE

Au milieu de l’écume arrêtant son essor,

Le Cavalier vainqueur du monstre et de Méduse,

Ruisselant d’une bave horrible où le sang fuse,

Emporte entre ses bras la vierge aux cheveux d’or.

Sur l’étalon divin, frère de Chrysaor,

Qui piaffe dans la mer et hennit et refuse,

Il a posé l’Amante éperdue et confuse

Qui lui rit et l’étreint et qui sanglote encor.

Il l’embrasse. La houle enveloppe leur groupe.

Elle, d’un faible effort, ramène sur la croupe

Ses beaux pieds qu’en fuyant baise un flot vagabond ;

Mais Pégase irrité par le fouet de la lame,

À l’appel du Héros s’enlevant d’un seul bond,

Bat le ciel ébloui de ses ailes de flamme.

LE RAVISSEMENT D’ANDROMÈDE

D’un vol silencieux, le grand Cheval ailé

Soufflant de ses naseaux élargis l’air qui fume,

Les emporte avec un frémissement de plume

À travers la nuit bleue et l’éther étoilé.

Ils vont. L’Afrique plonge au gouffre flagellé,

Puis l’Asie… un désert… le Liban ceint de brume…

Et voici qu’apparaît, toute blanche d’écume,

La mer mystérieuse où vint sombrer Hellé.

Et le vent gonfle ainsi que deux immenses voiles

Les ailes qui, volant d’étoiles en étoiles,

Aux amants enlacés font un tiède berceau ;

Tandis que, l’œil au ciel où palpite leur ombre,

Ils voient, irradiant du Bélier au Verseau,

Leurs Constellations poindre dans l’azur sombre.

ÉPIGRAMMES ET BUCOLIQUES

LE CHEVRIER

O berger, ne suis pas dans cet âpre ravin

Les bonds capricieux de ce bouc indocile ;

Aux pentes du Ménale, où l’été nous exile,

La nuit monte trop vite et ton espoir est vain.

Restons ici, veux-tu ? J’ai des figues, du vin.

Nous attendrons le jour en ce sauvage asile.

Mais parle bas. Les Dieux sont partout, ô Mnasyle !

Hécate nous regarde avec son œil divin.

Ce trou d’ombre là-bas est l’antre où se retire

Le Démon familier des hauts lieux, le Satyre ;

Peut-être il sortira, si nous ne l’effrayons.

Entends-tu le pipeau qui chante sur ses lèvres ?

C’est lui ! Sa double corne accroche les rayons,

Et, vois, au clair de lune il fait danser mes chèvres !

LES BERGERS

Viens. Le sentier s’enfonce aux gorges du Cyllène.

Voici l’antre et la source, et c’est là qu’il se plaît

À dormir sur un lit d’herbe et de serpolet

À l’ombre du grand pin où chante son haleine.

Attache à ce vieux tronc moussu la brebis pleine.

Sais-tu qu’avant un mois, avec son agnelet,

Elle lui donnera des fromages, du lait ?

Les Nymphes fileront un manteau de sa laine.

Sois-nous propice, Pan ! ô Chèvre-pied, gardien

Des troupeaux que nourrit le mont Arcadien,

Je t’invoque… Il entend ! J’ai vu tressaillir l’arbre.

Partons. Le soleil plonge au couchant radieux.

Le don du pauvre, ami, vaut un autel de marbre,

Si d’un cœur simple et pur l’offrande est faite aux Dieux.

ÉPIGRAMME VOTIVE

Au rude Arès ! À la belliqueuse Discorde !

Aide-moi, je suis vieux, à suspendre au pilier

Mes glaives ébréchés et mon lourd bouclier,

Et ce casque rompu qu’un crin sanglant déborde.

Joins-y cet arc. Mais, dis, convient-il que je torde

Le chanvre autour du bois ? — c’est un dur néflier

Que nul autre jamais n’a su faire plier —

Ou que d’un bras tremblant je tende encor la corde ?

Prends aussi le carquois. Ton œil semble chercher

En leur gaine de cuir les armes de l’archer,

Les flèches que le vent des batailles disperse ;

Il est vide. Tu crois que j’ai perdu mes traits ?

Au champ de Marathon tu les retrouverais,

Car ils y sont restés dans la gorge du Perse.

ÉPIGRAMME FUNÉRAIRE

Ici gît, Étranger, la verte sauterelle

Que durant deux saisons nourrit la jeune Hellé,

Et dont l’aile vibrant sous le pied dentelé

Bruissait dans le pin, le cytise ou l’airelle.

Elle s’est tue, hélas ! la lyre naturelle,

La muse des guérets, des sillons et du blé ;

De peur que son léger sommeil ne soit troublé,

Ah ! passe vite, ami, ne pèse point sur elle.

C’est là. Blanche, au milieu d’une touffe de thym,

Sa pierre funéraire est fraîchement posée.

Que d’hommes n’ont pas eu ce suprême destin !

Des larmes d’un enfant sa tombe est arrosée,

Et l’Aurore pieuse y fait chaque matin

Une libation de gouttes de rosée.

LE NAUFRAGÉ

Avec la brise en poupe et par un ciel serein,

Voyant le Phare fuir à travers la mâture,

Il est parti d’Égypte au lever de l’Arcture,

Fier de sa nef rapide aux flancs doublés d’airain.

Il ne reverra plus le môle Alexandrin.

Dans le sable où pas même un chevreau ne pâture

La tempête a creusé sa triste sépulture ;

Le vent du large y tord quelque arbuste marin.

Au pli le plus profond de la mouvante dune,

En la nuit sans aurore et sans astre et sans lune,

Que le navigateur trouve enfin le repos.

Ô Terre, ô Mer, pitié pour son Ombre anxieuse !

Et sur la rive hellène où sont venus ses os,

Soyez-lui, toi, légère, et toi, silencieuse.

LA PRIÈRE DU MORT

Arrête ! Écoute-moi, voyageur. Si tes pas

Te portent vers Cypsèle et les rives de l’Hèbre,

Cherche le vieil Hyllos et dis-lui qu’il célèbre

Un long deuil pour le fils qu’il ne reverra pas.

Ma chair assassinée a servi de repas

Aux loups. Le reste gît en ce hallier funèbre.

Et l’Ombre errante aux bords que l’Érèbe enténèbre

S’indigne et pleure. Nul n’a vengé mon trépas.

Pars donc. Et si jamais, à l’heure où le jour tombe,

Tu rencontres au pied d’un tertre ou d’une tombe

Une femme au front blanc que voile un noir lambeau ;

Approche-toi, ne crains ni la nuit ni les charmes ;

C’est ma mère, Étranger, qui sur un vain tombeau

Embrasse une urne vide et l’emplit de ses larmes.

L’ESCLAVE

Tel, nu, sordide, affreux, nourri des plus vils mets,

Esclave — vois, mon corps en a gardé les signes —

Je suis né libre au fond du golfe aux belles lignes

Où l’Hybla plein de miel mire ses bleus sommets.

J’ai quitté l’île heureuse, hélas !… Ah ! si jamais

Vers Syracuse et les abeilles et les vignes

Tu retournes, suivant le vol vernal des cygnes,

Cher hôte, informe-toi de celle que j’aimais.

Reverrai-je ses yeux de sombre violette,

Si purs, sourire au ciel natal qui s’y reflète

Sous l’arc victorieux que tend un sourcil noir ?

Sois pitoyable ! Pars, va, cherche Cléariste

Et dis-lui que je vis encor pour la revoir.

Tu la reconnaîtras, car elle est toujours triste.

LA PRIÈRE DU MORT

Le semoir, la charrue, un joug, des socs luisants,

La herse, l’aiguillon et la faulx acérée

Qui fauchait en un jour les épis d’une airée,

Et la fourche qui tend la gerbe aux paysans ;

Ces outils familiers, aujourd’hui trop pesants,

Le vieux Parmis les voue à l’immortelle Rhée

Par qui le germe éclôt sous la terre sacrée.

Pour lui, sa tâche est faite ; il a quatre-vingts ans.

Près d’un siècle, au soleil, sans en être plus riche,

Il a poussé le coutre au travers de la friche ;

Ayant vécu sans joie, il vieillit sans remords.

Mais il est las d’avoir tant peiné sur la glèbe

Et songe que peut-être il faudra, chez les morts,

Labourer des champs d’ombre arrosés par l’Érèbe.

À HERMÈS CRIOPHORE

Pour que le compagnon des Naïades se plaise

À rendre la brebis agréable au bélier

Et qu’il veuille par lui sans fin multiplier

L’errant troupeau qui broute aux berges du Galèse ;

Il faut lui faire fête et qu’il se sente à l’aise

Sous le toit de roseaux du pâtre hospitalier ;

Le sacrifice est doux au Démon familier

Sur la table de marbre ou sur un bloc de glaise.

Donc, honorons Hermès. Le subtil Immortel

Préfère à la splendeur du temple et de l’autel

La main pure immolant la victime impollue.

Ami, dressons un tertre aux bornes de ton pré

Et qu’un vieux bouc, du sang de sa gorge velue,

Fasse l’argile noire et le gazon pourpré.

LA JEUNE MORTE

Qui que tu sois, Vivant, passe vite parmi

L’herbe du tertre où gît ma cendre inconsolée ;

Ne foule point les fleurs de l’humble mausolée

D’où j’écoute ramper le lierre et la fourmi.

Tu t’arrêtes ? Un chant de colombe a gémi.

Non ! qu’elle ne soit pas sur ma tombe immolée !

Si tu veux m’être cher, donne-lui la volée.

La vie est si douce, ah ! laisse-la vivre, ami.

Le sais-tu ? Sous le myrte enguirlandant la porte,

Épouse et vierge, au seuil nuptial, je suis morte,

Si proche et déjà loin de celui que j’aimais.

Mes yeux se sont fermés à la lumière heureuse,

Et maintenant j’habite, hélas ! et pour jamais,

L’inexorable Érèbe et la Nuit Ténébreuse.

REGILLA

Passant, ce marbre couvre Annia Regilla

Du sang de Ganymède et d’Aphrodite née.

Le noble Hérode aima cette fille d’Énée.

Heureuse, jeune et belle, elle est morte. Plains-la.

Car l’Ombre dont le corps délicieux gît là,

Chez le prince infernal de l’île Fortunée

Compte les jours, les mois et la si longue année

Depuis que loin des siens la Parque l’exila.

Hanté du souvenir de sa forme charmante,

L’Époux désespéré se lamente et tourmente

La pourpre sans sommeil du lit d’ivoire et d’or.

Il tarde. Il ne vient pas. Et l’âme de l’Amante,

Anxieuse, espérant qu’il vienne, vole encor

Autour du sceptre noir que lève Rhadamanthe.

LE COUREUR

Tel que Delphes l’a vu quand, Thymos le suivant,

Il volait par le stade aux clameurs de la foule,

Tel Ladas court encor sur le socle qu’il foule

D’un pied de bronze, svelte et plus vif que le vent.

Le bras tendu, l’œil fixe et le torse en avant,

Une sueur d’airain à son front perle et coule ;

On dirait que l’athlète a jailli hors du moule,

Tandis que le sculpteur le fondait, tout vivant.

Il palpite, il frémit d’espérance et de fièvre,

Son flanc halète, l’air qu’il fend manque à sa lèvre

Et l’effort fait saillir ses muscles de métal ;

L’irrésistible élan de la course l’entraîne

Et passant par-dessus son propre piédestal,

Vers la palme et le but il va fuir dans l’arène.

LE COCHER

Étranger, celui qui, debout au timon d’or,

Maîtrise d’une main par leur quadruple rêne

Ses chevaux noirs et tient de l’autre un fouet de frêne,

Guide un quadrige mieux que le héros Castor.

Issu d’un père illustre et plus illustre encor…

Mais vers la borne rouge où la course l’entraîne,

Il part, semant déjà ses rivaux sur l’arène,

Le Libyen hardi cher à l’Autocrator.

Dans le cirque ébloui, vers le but et la palme,

Sept fois, triomphateur vertigineux et calme,

Il a tourné. Salut, fils de Calchas le Bleu !

Et tu vas voir, si l’œil d’un mortel peut suffire

À cette apothéose où fuit un char de feu,

La Victoire voler pour rejoindre Porphyre.

SUR L’OTHRYS

L’air fraîchit. Le soleil plonge au ciel radieux.

Le bétail ne craint plus le taon ni le bupreste.

Aux pentes de l’Othrys l’ombre est plus longue. Reste,

Reste avec moi, cher hôte envoyé par les Dieux.

Tandis que tu boiras un lait fumant, tes yeux

Contempleront du seuil de ma cabane agreste,

Des cimes de l’Olympe aux neiges du Thymphreste,

La riche Thessalie et les monts glorieux.

Vois la mer et l’Eubée et, rouge au crépuscule,

Le Callidrome sombre et l’Œta, dont Hercule

Fit son bûcher suprême et son premier autel ;

Et là-bas, à travers la lumineuse gaze,

Le Parnasse où, le soir, las d’un vol immortel,

Se pose, et d’où s’envole, à l’aurore, Pégase !

ROME ET LES BARBARES

POUR LE VAISSEAU DE VIRGILE

Que vos astres plus clairs gardent mieux du danger,

Dioscures brillants, divins frères d’Hélène,

Le poète latin qui veut, au ciel hellène,

Voir les Cyclades d’or de l’azur émerger.

Que des souffles de l’air, de tous le plus léger,

Que le doux lapyx, redoublant son haleine,

D’une brise embaumée enfle la voile pleine

Et pousse le navire au rivage étranger.

À travers l’Archipel où le dauphin se joue,

Guidez heureusement le chanteur de Mantoue ;

Prêtez-lui, fils du Cygne, un fraternel rayon.

La moitié de mon âme est dans la nef fragile

Qui, sur la mer sacrée où chantait Arion,

Vers la terre des Dieux porte le grand Virgile.

VILLULA

Oui, c’est au vieux Gallus qu’appartient l’héritage

Que tu vois au penchant du coteau cisalpin ;

La maison tout entière est à l’abri d’un pin

Et le chaume du toit couvre à peine un étage.

Il suffit pour qu’un hôte avec lui le partage.

Il a sa vigne, un four à cuire plus d’un pain,

Et dans son potager foisonne le lupin.

C’est peu ? Gallus n’a pas désiré davantage.

Son bois donne un fagot ou deux tous les hivers,

Et de l’ombre, l’été, sous les feuillages verts ;

À l’automne on y prend quelque grive au passage.

C’est là que, satisfait de son destin borné,

Gallus finit de vivre où jadis il est né.

Va, tu sais à présent que Gallus est un sage.

LA FLÛTE

Voici le soir. Au ciel passe un vol de pigeons.

Rien ne vaut pour charmer une amoureuse fièvre,

Ô chevrier, le son d’un pipeau sur la lèvre

Qu’accompagne un bruit frais de source entre les joncs.

À l’ombre du platane où nous nous allongeons

L’herbe est plus molle. Laisse, ami, l’errante chèvre,

Sourde aux chevrotements du chevreau qu’elle sèvre,

Escalader la roche et brouter les bourgeons.

Ma flûte, faite avec sept tiges de ciguë

Inégales que joint un peu de cire, aiguë

Ou grave, pleure, chante ou gémit à mon gré.

Viens. Nous t’enseignerons l’art divin du Silène,

Et tes soupirs d’amour, de ce tuyau sacré,

S’envoleront parmi l’harmonieuse haleine.

À SEXTIUS

Le ciel est clair. La barque a glissé sur les sables.

Les vergers sont fleuris et le givre argentin

N’irise plus les prés au soleil du matin.

Les bœufs et le bouvier désertent les étables.

Tout tenait. Mais la Mort et ses funèbres fables

Nous pressent, et, pour toi, seul le jour est certain

Où les dés renversés en un libre festin

Ne t’assigneront plus la royauté des tables.

La vie, ô Sextius, est brève. Hâtons-nous

De vivre. Déjà l’âge a rompu nos genoux.

Il n’est pas de printemps au froid pays des Ombres.

Viens donc. Les bois sont verts, et voici la saison

D’immoler à Faunus, en ses retraites sombres,

Un bouc noir ou l’agnelle à la blanche toison.

HORTORUM DEUS

À Paul Arène.

I

Olim truncus eram ficulnus. HORACE.

N’approche pas ! Va-t’en ! Passe au large, Étranger !

Insidieux pillard, tu voudrais, j’imagine,

Dérober les raisins, l’olive ou l’aubergine

Que le soleil mûrit à l’ombre du verger ?

J’y veille. À coups de serpe, autrefois, un berger

M’a taillé dans le tronc d’un dur figuier d’Égine ;

Ris du sculpteur, Passant, mais songe à l’origine

De Priape, et qu’il peut rudement se venger.

Jadis, cher aux marins, sur un bec de galère

Je me dressais, vermeil, joyeux de la colère

Écumante ou du rire éblouissant des flots ;

À présent, vil gardien de fruits et de salades,

Contre les maraudeurs je défends cet enclos...

Et je ne verrai plus les riantes Cyclades.

II

Hujus nam domini colunt me Deumque salutant.catulle.

Respecte, ô Voyageur, si tu crains ma colère,

Cet humble toit de joncs tressés et de glaïeul.

Là, parmi ses enfants, vit un robuste aïeul ;

C’est le maître du clos et de la source claire.

Et c’est lui qui planta droit au milieu de l’aire

Mon emblème équarri dans un cœur de tilleul ;

Il n’a point d’autres Dieux, aussi je garde seul

Le verger qu’il cultive et fleurit pour me plaire.

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