Histoires (page 79)
↑ Jupiter Hellénien, le même que Jupiter Panhellénien. La Grèce étant affligée d’une grande sécheresse, la Pythie répondit à ses députés qu’il fallait apaiser Jupiter, et employer à cet effet la médiation d’Éacus. On envoya de toutes les villes des députés à ce prince, qui fit des sacrifices et des prières à Jupiter Panhellénien (commun à toute la Grèce), et l’on eut de la pluie. La montagne sur laquelle était placé ce temple s’appelait aussi le mont Jupiter Panhellénien.
↑ Cette éclipse arriva, suivant l’astronome Pingré, le 2 octobre 479 avant l’ère vulgaire. Hérodote la fixe à une époque antérieure à la bataille de Platées ; mais il se trompe, elle est postérieure à cette bataille.
↑ Hyacinthe, fils d’Amyclas, était aimé d’Apollon. Ce dieu jouait au disque avec lui. À peine le disque avait-il frappé la terre, que Hyacinthe se pressa de le lever. Le disque fit un bon, le frappa au visage et le tua. Les Lacédémoniens célébraient en son honneur une fête au moins hécatombéon. Cette fête durait trois jours. (Voyez Athénée, lib. iv, cap. vii.)
↑ Lorsque les Grecs furent assemblés à l’isthme, ils résolurent de faire un serment qui resserrât leur union, et qui les forçât de soutenir courageusement les dangers. Il était conçu en ces termes : « Je ne préférerai point la vie à la liberté ; je n’abandonnerai mes généraux ni vivants ni morts ; j’accorderai la sépulture à tous les alliés qui auront péri dans le combat. Après avoir vaincu les Barbares, je ne détruirai aucune ville qui aura contribué à leur défaite ; je ne relèverai aucun des temples qu’ils auront brûlés ou renversés, mais je les laisserai dans l’état où ils sont, pour servir à la postérité de monument de l’impiété des Barbares. » (Diodore, lib. xi.)
↑ On pourrait soupçonner que cette coutume ne s’observait que parmi les Barbares. On la trouve cependant pratiquée chez les Grecs dès les temps les plus anciens. Lorsque Admète apprend la mort d’Alceste, il ordonne que dans toute la Thessalie on coupa la crinière des chevaux. Le même usage s’observa à la mort de Pélopidas, et Alexandre le Grand le renouvela à celle d’Héphestion ; mais peut-être voulut-il imiter les Perses. (L.)
↑ Androcrates avait été, dans les temps anciens, un chef des Platéens. Aristide ayant envoyé consulter l’oracle de Delphes, le dieu lui répondit que les Athéniens remporteraient la victoire s’ils faisaient des vœux à Jupiter, à Junon, adorée sur le Cithéron, à Pan et aux nymphes Sphragitides, et s’ils offraient des sacrifices aux héros Androcrates, Leucon, Pisandre, Damocrates, Hypsion, Actéon et Polydius, qui avaient été des chefs des Platéens. Le temple du héros Androcrates était environné d’un bois fort épais. Il était à droite du chemin qui conduit de Platées à Thèbes. (L.)
↑ Sous le règne d’Échémus, fils d’Aéropus, petit-fils de Céphée, et arrière-petit-fils d’Aléus, les Achéens remportèrent une grande victoire près de l’isthme de Corinthe, sur Hyllus, fils d’Hercule, qui, à la tête d’une nombreuse armée de Doriens, voulait rentrer dans le Péloponnèse. Échémus, provoqué par Hyllus à un combat singulier, le tua de sa main. C’est le sentiment de plusieurs historiens, et je le crois plus probable que celui de quelques autres qui disent qu’Oreste était pour lors roi des Achéens, et que ce fut sous son règne qu’Hyllus tenta de rentrer dans le Péloponnèse. Oreste n’était pas encore né lorsque Hyllus fut tué. (L.)
↑ Polynice, ayant été chassé par son frère Étéocle, se réfugia à Argos, et vint faire le siége de Thèbes avec Adraste et d’autres Argiens. Étéocle et Polynice se tuèrent mutuellement : et la plupart des Argiens ayant péri devant les murs de cette ville, Créon, devenu roi, ou plutôt régent de Thèbes, défendit de leur donner la sépulture. Adraste alla implorer la protection des Athéniens. Thésée fit le siége de Thèbes, la prit, enleva les morts, et les rendit à leurs proches pour les enterrer. (L.)
↑ Cette guerre fut terminée par un traité de paix ; et cela est fondé non-seulement sur le nom du lieu où cette paix fut jurée, qui s’appelle de là Horcosmosion (prestation de serment), qui est vis-à-vis du temple de Thésée, mais encore sur l’ancien sacrifice qu’on fait tous les ans aux Amazones la veille des fêtes de ce héros. Les orateurs athéniens prenaient plaisir à célébrer cet exploit. Lysias, dans son Oraison funèbre pour les Athéniens morts en secourant les Corinthiens, fait un grand éloge de ces Amazones, et relève, par conséquent, la gloire de ceux qui les battirent. (L.)
↑ Il paraît que les Clytiades, les Jamides et les Telliades sont trois différentes familles de devins. (L.)
↑ Cette race descendait de Jamus, et voici ce qu’on en raconte : Sa mère, en étant secrètement accouchée, le cacha parmi les joncs et les violettes ; et de là elle lui donne le nom de Jamus, ἴον signifiant violette. (L.)
↑ Les anciens Grecs se servaient toujours d’un devin pour les conduire et les guider dans toutes leurs entreprises, même dans celles qui concernaient la guerre. (L.)
↑ Les filles de Prœlus, roi d’Argos, étant devenues furieuses, Mélampus les purifia à condition qu’il aurait les deux tiers du royaume, dont il donna la moitié à son frère Bias. On sait qu’il guérit les Prœtides en les faisant baigner dans la fontaine Clitorius. Tous ceux qui depuis ce temps burent des eaux de cette fontaine prirent le vin en aversion. (L.)
↑ Ce combat se donna la troisième année de la quatre-vingtième olympiade, c’est-à-dire l’an 4256 de la période julienne, 458 ans avant Jésus-Christ, et 22 ans après le passage de Xerxès en Grèce.
↑ Diodore de Sicile, qui fait mention de douze filles d’Asope, et Apollodore, qui en nomme vingt, ne parlent point de cette Œroé. (Wesseling.)
↑ Il y avait à Lacédémone un quartier qui portait le nom de Pitane, mais on ignore si ce quartier donna son nom au corps de troupes dont il est ici question.
↑ On ignore quelle était originairement la manière de se vêtir des Perses ; mais l’on sait que, lorsqu’ils eurent subjugués les Mèdes, Cyrus, qui avait observé que l’habillement de ceux-ci avait plus de grâce que celui de sa nation, l’adopta, et engagea les grands à l’imiter, parce que cet habillement cache les défauts du corps, donne de la grâce, et fait paraître les hommes plus grands. (L.)
↑ Le siége de Mardonius, dont les pieds étaient d’argent, avec son cimeterre qui valait 300 dariques, à peu près 300 louis, échurent aux Athéniens, qui les placèrent dans la citadelle comme un monument de leur victoire. Glaucétès, questeur ou garde du trésor national, les enleva dans la suite. (Voyez la Harangue de Démosthènes contre Timocrates.) (L.)
↑ Cela doit s’entendre des Décéléens qui auraient voulu s’établir à Sparte.
↑ Cela doit s’entendre de la première année de la guerre du Péloponnèse, où Archidamus ravagea l’Attique, c’est-à-dire de la seconde année de la quatre-vingt-septième olympiade, la guerre du Péloponnèse ayant commencé au printemps précédent, c’est-à-dire à la fin de la première année de la quatre-vingt-septième olympiade. (L.)
↑ Il ne faut pas confondre cet Eurybatès avec Eurybatès qui trahit Crésus, et dont le nom passa depuis en proverbe pour désigner un traître. Celui-ci était d’Éphèse, et l’autre d’Argos. (L.)
↑ Cléomène n’ayant point laissé d’enfants mâles, le royaume passa à Léonidas, fils d’Anaxandrides, et frère de Doriée. Léonidas fut tué aux Thermopyles. Après lui, Pausanias, fils de Cléombrote, gouverna en qualité de tuteur de Plistarque, fils de Léonidas. Cette femme l’appelle roi, parce qu’il en faisait les fonctions. (Bellanger.)
↑ Pausanias changea totalement dans la suite. Il donna dans la magnificence et dans le luxe, devint fier, colère, aspira à la tyrannie, et voulut donner des fers à sa patrie. Ce fut la vraie cause de sa mort.
↑ Les chefs des Phocidiens en firent usage dans le temps de la guerre sacrée ; mais le serpent d’airain subsistait encore du temps de Pausanias. (L.)
↑ Cette statue regarde le levant. Elle est dédiée par tous les peuples de la Grèce qui combattirent à Platées contre les Perses commandés par Mardonius. On a gravé sur la face du piédestal, qui est à main droite, les noms des villes qui eurent part à cette action. Les Lacédémoniens sont les premiers, ensuite les Athéniens puis les Corinthiens, en quatrième lieu les Sicyoniens, et en cinquième lieu les Éginètes. Après les Éginètes viennent les Mégariens et les Épidauriens ; parmi les Arcadiens, les Tégéates et les Orchoméniens. Après ceux-là sont les Phliasiens, ceux de Trézène et d’Hermione.
↑ Les Lacédémoniens appellent irènes ceux qui sont sortis de la classe des enfants depuis deux ans, et mellirènes les enfants les plus avancés en âge. Lorsque l’irène a atteint vingt ans, il commande sa cohorte dans les combats. (Plutarque, de Lycurgo.)
↑ Il faut sans doute entendre cela d’un soin particulier que les rois prenaient en ce jour de leur chevelure, et peut-être se parfumaient-ils alors la tête. (L.)
↑ Protésilas était Thessalien. Il alla au siége de Troie à la tête des troupes de Phylacé, de Pyrrhasus, d’Iton, etc. Il fut tué par un Dardanien en débarquant. (L.)
↑ Les Perses regardaient l’Asie non-seulement comme étant à eux, mais même comme leur ayant toujours appartenu, probablement parce qu’ils pensaient avoir succédé aux droits des princes qu’ils avaient vaincus. (L.)
↑ Cette divinité, aussi barbare que le peuple qui l’adorait, est tout à fait inconnue. Les sacrifices qu’on lui faisait me font conjecturer que c’était le dieu de la guerre que les Thraces représentaient sous la forme d’une épée. Les Scythes égorgeaient sur un vase le centième de leurs prisonniers, et arrosaient cette épée de son sang. Les Ciliciens rendaient au dieu de la guerre un culte aussi barbare. Ils suspendaient la victime, soit que ce fût un homme ou un animal, à un arbre, et, s’éloignant à une certaine distance, ils la tuaient à coups de javelots. Quand ils atteignaient la victime, ils croyaient que le dieu agréait le sacrifice. (L.)