Homiliae in Evangelia (page 6)
C’est avec raison qu’on appelle la charité une robe nuptiale, puisque notre Créateur la portait quand il vint aux noces pour s’y unir à l’Eglise. N’est-ce pas en vertu de son seul amour que Dieu envoya son Fils unique pour s’unir les âmes des élus? D’où la parole de Jean : «Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné pour nous son Fils unique.» (Jn 3, 16). Celui qui vint aux hommes par amour a fait ainsi connaître que son amour est la robe nuptiale.
Tous ceux d’entre vous qui appartiennent à l’Eglise et croient en Dieu sont donc déjà entrés dans la salle des noces, mais s’ils n’ont pas gardé la grâce de la charité, ils n’y sont pas venus avec la robe nuptiale. Assurément, mes frères, si quelqu’un se trouvait invité à des noces humaines, il changerait de vêtements et manifesterait par la beauté même de ses habits qu’il va se réjouir avec l’époux et l’épouse; il rougirait de se montrer avec des vêtements négligés parmi les gens en liesse qui célèbrent cette fête. Et nous qui allons aux noces de Dieu, nous ne nous soucions pas de changer le vêtement de notre âme! Les anges se réjouissent de concert quand les élus montent au Ciel. Dans quel état d’esprit abordons-nous donc ces fêtes spirituelles, nous qui ne portons pas cette robe nuptiale qu’est la charité, alors qu’elle seule nous fait paraître beaux?
10. Il nous faut savoir que comme on tisse les vêtements en deux sens, à savoir la chaîne et la trame, de même la charité est fondée sur deux préceptes, l’amour de Dieu et l’amour du prochain. Il est écrit en effet : «Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toutes tes forces, et ton prochain comme toi-même.» (Mc 12, 30-31). Nous devons ici remarquer que le Seigneur met une mesure à l’amour du prochain lorsqu’il nous indique : «Tu aimeras ton prochain comme toi-même», mais qu’il ne fixe pas de bornes à l’amour de Dieu, puisqu’il nous dit : «Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toutes tes forces.» Car ce précepte ne règle pas la mesure de notre amour, mais de quel fond il doit sortir, quand il nous dit «de tout». Aimer vraiment Dieu, c’est en effet ne rien garder pour soi de ce qui est à soi.
Quiconque prend soin d’avoir la robe nuptiale pour les noces est donc tenu d’observer ces deux préceptes de la charité. C’est pour cela que, selon le prophète Ezéchiel, le vestibule de la porte de la cité établie sur la montagne mesure deux coudées (cf. Ez 40, 9); car l’accès de la cité céleste ne nous est ouvert que si nous gardons bien l’amour de Dieu et du prochain dans cette Eglise de la terre, dite vestibule du Ciel du fait qu’elle lui est encore extérieure. C’est pour la même raison qu’il est prescrit de teindre deux fois à l’écarlate les tentures du Tabernacle (cf. Ex 26, 1). C’est vous, mes frères, oui, c’est vous qui êtes les tentures du Tabernacle, puisque par la foi, vous voilez les secrets du Ciel dans vos cœurs. Mais on doit employer pour les tentures du Tabernacle un tissu teint deux fois à l’écarlate. Or l’écarlate a l’aspect du feu. Et qu’est-ce que la charité, sinon un feu? Mais cette charité doit être teinte deux fois, une fois par l’amour de Dieu, une autre par l’amour du prochain. Car celui qui aime Dieu, mais qui néglige son prochain pour s’adonner à la contemplation, est sans doute teint à l’écarlate, mais ne l’est pas deux fois. A l’inverse, celui qui aime son prochain, mais délaisse, par amour pour lui, la contemplation de Dieu, est bien teint à l’écarlate, mais ne l’est pas deux fois. Pour que votre charité puisse être teinte deux fois à l’écarlate, il lui faut s’enflammer, et de l’amour de Dieu, et de l’amour du prochain; elle ne doit ni délaisser la contemplation de Dieu par compassion pour le prochain, ni négliger la compassion pour le prochain par trop d’attache à la contemplation de Dieu. Ainsi, tout homme vivant parmi les hommes doit aspirer à celui qu’il désire sans se désintéresser pourtant de celui avec qui il court; et il doit assister son prochain sans laisser aucunement ralentir la course par laquelle il se hâte vers Dieu.
11. Il faut encore savoir que l’amour du prochain comporte lui-même deux préceptes, puisqu’un sage nous dit : «Ce que tu serais fâché qu’on te fasse, veille bien à ne pas le faire à un autre» (Tb 4, 15), et que la Vérité en personne nous prêche en ces termes : «Ce que vous voulez que les hommes vous fassent, faites-le aussi pour eux.» (Mt 7, 12). En effet, nous respectons pleinement nos devoirs de charité si tout en accordant aux autres ce que nous voulons à bon droit qu’on nous procure, nous évitons de leur faire ce que nous ne voulons pas qu’on nous fasse.
Mais qu’on ne s’imagine pas trop vite avoir la charité parce qu’on aime quelqu’un, si l’on n’a pas d’abord examiné la valeur même de l’amour qu’on lui porte. Car aimer une personne sans l’aimer à cause de Dieu, ce n’est pas avoir la charité, mais seulement s’imaginer qu’on l’a. La vraie charité consiste à aimer ses amis en Dieu, et ses ennemis à cause de Dieu. En effet, savoir aimer qui ne vous aime pas, c’est bien aimer à cause de Dieu ceux qu’on aime : la charité ne se prouve d’ordinaire que face à l’hostilité et à la haine. D’où la parole du Seigneur lui-même : «Aimez vos ennemis; faites du bien à ceux qui vous haïssent.» (Lc 6, 27). Celui-là est donc certain d’aimer, qui aime à cause de Dieu celui dont il sait ne pas être aimé.
Que tout cela est grand, que tout cela est élevé et difficile à pratiquer pour beaucoup! Mais c’est pourtant cela, la robe nuptiale. Il est fort à craindre, pour celui qui s’est attablé aux noces sans l’avoir revêtue, qu’un jour, le Roi venant à entrer, il ne soit jeté dehors. Car voici ce qui est dit : «Le roi entra dans la salle des noces pour voir ceux qui étaient à table, et il aperçut là un homme qui n’était pas revêtu de la robe nuptiale.» C’est nous, frères très chers, qui sommes assis aux noces du Verbe, nous qui avons la foi et nous trouvons dans l’Eglise, nous qui nous nourrissons de l’Ecriture Sainte et nous réjouissons d’être l’Eglise unie à Dieu. Considérez, je vous en conjure, si vous êtes venus à ces noces revêtus de la robe nuptiale; faites un examen attentif et soigneux de vos pensées. Scrutez vos cœurs sur chacun des points suivants : si vous n’avez de haine contre personne, si le feu de l’envie ne vous enflamme pas contre le bonheur d’un autre, si une méchanceté secrète ne vous pousse pas à essayer de nuire à quelqu’un.
12. Voici que le Roi entre pour les noces et qu’il considère l’habit de notre cœur. A celui qu’il ne voit pas revêtu de charité, il demande aussitôt avec irritation : «Mon ami, comment es-tu entré ici sans avoir la robe nuptiale?» Il est tout à fait étonnant, frères très chers, que tout en appelant cet homme son ami, il le condamne. C’est comme s’il lui disait plus clairement : «Tu es mon ami, et tu n’es pas mon ami : tu es mon ami par la foi, mais tu n’es pas mon ami par les œuvres.»
«Et cet homme resta muet», car — on ne peut le dire sans gémissement — devant la rigueur du châtiment final, toute excuse tombe d’elle-même, puisque celui qui, au-dehors, éclate en reproches contre l’âme est le même qui, au-dedans, l’accuse par le témoignage de sa conscience.
Il faut savoir ici que celui qui a revêtu ce vêtement de vertu, bien qu’encore imparfaitement, ne doit pas désespérer du pardon à l’arrivée du Roi plein de bonté, car lui-même nous en a donné l’espérance par cette parole du psalmiste : «Tes yeux m’ont vu encore imparfait, mais sur ton livre, tous seront inscrits.» (Ps 139, 16)
Puisque nous avons dit ces quelques mots pour la consolation de ceux qui ont [la robe], mais qui sont faibles, parlons maintenant de ceux qui ne l’ont pas du tout.
13. Le texte poursuit : «Alors le roi dit à ses serviteurs : ‹Liez-lui les mains et les pieds, et jetez-le dans les ténèbres extérieures. Là seront les pleurs et les grincements de dents.›» On lie alors les pieds et les mains, par une sentence rigoureuse, à ceux qui n’ont pas voulu être liés jusque-là en s’abstenant de leurs œuvres mauvaises, par l’amendement de leur vie. On peut dire aussi que la peine lie alors ceux que le péché liait jusque-là en les tenant à l’écart des bonnes œuvres. Car les pieds qui négligent de visiter les malades, les mains qui ne donnent rien aux indigents, se sont liés par leur volonté, en s’écartant des bonnes œuvres. Ainsi, ceux qui se lient ici-bas de leur plein gré dans le vice seront alors liés contre leur gré dans le supplice.
C’est bien à propos que le roi ordonne de rejeter dans les ténèbres extérieures l’homme dépourvu de la robe nuptiale. En effet, les ténèbres intérieures signifient l’aveuglement du cœur, et les ténèbres extérieures, la nuit éternelle de la damnation. Le damné n’est donc pas jeté dans les ténèbres intérieures, mais dans les ténèbres extérieures, parce qu’on jette là-bas contre son gré dans la nuit de la damnation celui qui est tombé ici-bas de son plein gré dans l’aveuglement du cœur. Là, nous dit-on, sont les pleurs et les grincements de dents : là grincent les dents qui mettaient ici-bas leur jouissance à manger; là pleurent les yeux qui s’adonnaient ici-bas aux désirs défendus. Ainsi, chacun des membres du corps se voit soumis à un supplice, puisque chacun d’eux s’était soumis ici-bas à un vice.
14. Dès que l’homme qui représente l’ensemble des méchants a été expulsé, le texte s’achève sur une sentence générale : «Car beaucoup sont appelés, mais peu sont élus.» Ce que nous entendons là, frères très chers, est tout à fait effrayant. Par la foi, nous avons déjà tous été appelés à venir aux noces du Roi céleste, nous croyons au mystère de son Incarnation et nous le professons, nous prenons part au banquet du Verbe divin; mais voici qu’au jour futur du jugement, le Roi de justice entrera. Nous savons que nous sommes appelés, mais nous ignorons si nous sommes élus. Chacun de nous doit donc s’humilier d’autant plus profondément qu’il ne sait s’il est élu. En effet, il en est qui ne commencent pas même à faire le bien; d’autres, qui ont bien commencé, ne persévèrent pas. L’un mène une existence désordonnée pendant presque toute sa vie, mais en revient peu avant la fin de sa vie par les larmes d’une sévère pénitence; un autre mène une vie d’élu, et en vient pourtant à s’égarer dans le mal peu avant la fin de sa vie. L’un commence bien sa vie, et la finit mieux encore; un autre se jette à corps perdu dans le mal dès sa prime jeunesse, et meurt après n’avoir cessé de devenir toujours plus mauvais dans les mêmes dérèglements. Chacun doit donc craindre pour lui-même avec d’autant plus d’inquiétude qu’il ignore le temps qui lui reste; car c’est une chose qu’il faut répéter souvent, sans jamais l’oublier : «Beaucoup sont appelés, mais peu sont élus.»
15. Mais puisque pour convertir les esprits des auditeurs, les exemples des autres chrétiens sont souvent plus efficaces que les paroles de ceux qui les enseignent, je veux vous relater ce qui est arrivé à quelqu’un qui nous est proche. Vos cœurs l’entendront avec d’autant plus de crainte qu’il s’agit d’une personne plus proche de nous. Car nous ne racontons pas ici des faits très anciens, mais nous vous en rapportons dont les témoins sont encore vivants pour nous attester qu’ils y ont assisté.
Mon père avait trois sœurs, toutes trois vierges consacrées. L’une s’appelait Tarsilla, l’autre Gordiana, la troisième Æmiliana. Toutes trois, entrées en religion avec la même ardeur et consacrées en même temps, s’étaient donné une règle très stricte et menaient la vie commune dans leur propre maison. Comme elles se trouvaient depuis longtemps dans ce genre de vie, Tarsilla et Æmiliana se mirent à grandir de jour en jour dans l’amour de leur Créateur :
seul leur corps demeurait ici-bas, tandis que leur âme passait chaque jour un peu plus vers les biens éternels. L’âme de Gordiana, au contraire, commença à laisser refroidir en elle de jour en jour l’amour de la vie intérieure, pour retourner peu à peu à l’amour de ce monde. Tarsilla disait souvent à sa sœur Æmiliana, en pleurant beaucoup : «Je vois que notre sœur Gordiana ne vit pas en harmonie avec nous; je dois bien reconnaître qu’elle se laisse aller aux choses du dehors, et que son cœur ne garde pas ce qu’il s’était proposé.» Les deux sœurs prenaient soin de corriger Gordiana chaque jour par de tendres remontrances, pour la faire revenir de sa légèreté de mœurs à la gravité qui convenait à son habit. Celle-ci reprenait sans doute sur le coup un visage grave quand on la réprimandait, mais sitôt l’heure de la réprimande passée, la vertu de gravité qu’on voulait lui imposer passait elle aussi, et Gordiana revenait à la même légèreté de parole. Elle se plaisait dans la société des jeunes filles du monde, et la compagnie de celles qui n’étaient pas mondaines lui pesait beaucoup.
Mieux que ses sœurs, ma tante Tarsilla s’était élevée à l’honneur de la plus haute sainteté par sa prière continuelle, son application à se mortifier, son abstinence peu commune et la gravité de sa vie vénérable. Or, une nuit, comme elle l’a raconté elle-même, mon ancêtre Félix, qui a été évêque de cette Eglise de Rome, lui apparut dans une vision et lui montra le séjour de la clarté éternelle, en lui disant : «Viens, car je vais te recevoir dans ce séjour de lumière.»
Bientôt, saisie par la fièvre, elle arriva à son dernier jour. Et comme, lorsqu’une femme ou un homme noble se meurt, beaucoup de personnes se rassemblent afin de consoler leurs proches, à l’heure de la mort de ma tante, hommes et femmes affluèrent nombreux autour de son lit; ma mère y était aussi. Tarsilla leva soudain les yeux, et voyant Jésus qui venait, elle se mit à crier à ceux qui l’entouraient, sur un ton de vif reproche : «Partez! partez! Jésus arrive.» Et pendant que son regard était tendu vers celui qu’elle voyait, sa sainte âme quitta son corps. Aussitôt se répandit un parfum si merveilleux qu’il apparut à chacun par cette odeur délicieuse que l’Auteur de toutes délices était venu là. Quand le corps de Tarsilla fut dévêtu pour être lavé, comme il est d’usage pour les morts, on trouva que la peau était durcie aux coudes et aux genoux, comme celle d’un chameau, par suite de ses longues prières. Ce que son âme avait fait tout au long de sa vie, sa chair en témoignait après sa mort.
Tous ces événements se déroulèrent avant la Nativité du Seigneur. La fête en étant passée, Tarsilla apparut bientôt en vision à sa sœur Æmiliana au cours de la nuit, et elle lui dit : «Viens! J’ai déjà dû fêter Noël sans toi, maintenant je voudrais fêter l’Epiphanie avec toi.» Æmiliana, qui se souciait du salut de sa sœur Gordiana, lui répondit aussitôt : «Si je viens seule, à qui vais-je confier notre sœur Gordiana?» Mais à son objection, Tarsilla répéta avec tristesse : «Viens, car notre sœur Gordiana est destinée à prendre place parmi les femmes du monde.» La maladie suivit de peu cette vision et fit de tels progrès qu’Æmiliana mourut avant l’Epiphanie du Seigneur, comme il lui avait été dit. Quant à Gordiana, dès qu’elle se retrouva seule, ses vices s’accrurent, et le mal qui était jusque-là caché au fond de ses mauvais désirs parut désormais dans le désordre de ses actions. Au mépris de la crainte du Seigneur, au mépris de toute pudeur et de tout respect de soi, au mépris enfin de sa consécration, elle épousa par la suite le fermier de ses terres.
Voyez ces trois sœurs : elles s’étaient consacrées à Dieu dans un même mouvement de ferveur, mais elles ne sont pas demeurées animées d’un seul et même zèle. C’est que, selon la parole du Seigneur, «beaucoup sont appelés, mais peu sont élus». Je vous ai raconté ces choses pour que ceux qui accomplissent à présent de bonnes œuvres ne s’en attribuent pas le mérite, et ne mettent pas leur confiance dans leurs actions. Car s’ils savent aujourd’hui ce qu’ils sont, ils ignorent encore ce qu’ils seront demain. Nul ne doit donc se réjouir dès à présent de ses bonnes œuvres comme s’il en était sûr : tant qu’il demeure parmi les aléas de cette vie, il ne sait comment il finira.
Mais vous ayant rapporté cette histoire, qui vous a donné à craindre la sévérité de Dieu, je vais vous en raconter une autre, qui me concerne de près, et dans laquelle l’exemple de sa miséricorde consolera vos cœurs effrayés. Je me souviens de l’avoir déjà dite dans un autre sermon4, mais vous, vous n’étiez pas là.
16. Il y a moins de deux ans de cela, un frère vint mener la vie religieuse dans mon monastère situé près de l’église des bienheureux martyrs Jean et Paul. On le reçut enfin, après le long délai imposé par la Règle. Son frère le suivit dans ce monastère, non par goût de la vie religieuse, mais entraîné par son affection fraternelle. Celui qui était venu pour mener la vie religieuse se rendait très agréable aux moines; son frère, au contraire, était bien éloigné de sa vie et de ses mœurs. Il vivait toutefois au monastère, mais plutôt par nécessité que par un choix volontaire. Et bien qu’il se montrât corrompu dans tous ses actes, tous le supportaient avec patience par amour de son frère. Il était léger dans ses paroles, dépravé dans ses actes, recherché dans ses vêtements, grossier dans ses mœurs, et ne supportait pas qu’on lui parle de vivre sous l’habit monastique. Sa vie était devenue pénible à voir pour tous les frères, mais cependant, tous, comme je l’ai dit, le supportaient par égard pour son frère. Il repoussait rudement celui qui lui parlait de réformer sa mauvaise conduite. Non seulement il ne pouvait pas faire le bien, mais il ne pouvait pas même en entendre parler. Il protestait, avec force jurons, accès de colère et ricanements, qu’il n’accepterait jamais de prendre l’habit de la vie monastique.
Or, au cours de l’épidémie de peste qui dévora récemment une grande partie de la population de cette ville [de Rome], une tumeur à l’aine l’entraîna rapidement vers la mort. Quand il fut sur le point de mourir, les frères se réunirent pour protéger sa fin par leurs prières.
Son corps se trouvait déjà mort en ses extrémités, et il ne gardait plus qu’un peu de chaleur vitale dans la poitrine. Tous les frères se mirent à prier pour lui d’autant plus instamment qu’ils le voyaient déjà s’en aller rapidement. Il se mit soudain à crier aussi fort qu’il le pouvait, interrompant par de grandes clameurs les prières des frères qui l’entouraient : «Retirez-vous! Retirez-vous! Voici que j’ai été donné en pâture au dragon. Votre présence seule l’empêche de me dévorer; ma tête est déjà dans sa gueule.
Eloignez- vous, pour qu’il ne me torture pas davantage, mais qu’il fasse ce qu’il doit faire. Si j’ai été donné à lui en pâture, pourquoi me faut-il attendre à cause de vous?» Alors les frères se mirent à lui dire : «Qu’est-ce que tu racontes là, frère? Fais sur toi le signe de la sainte croix.» Il répondit comme il le pouvait : «Je veux me signer, mais je ne le peux pas, car le dragon m’écrase.» En entendant cela, les frères se prosternèrent à terre, et tout en larmes, ils se mirent à prier avec encore plus de ferveur pour sa délivrance. Et d’un coup le malade se mit à aller mieux et à exprimer sa joie aussi fort qu’il le pouvait, en disant : «Dieu soit loué! Le dragon qui m’avait reçu en pâture est en fuite. Vos prières l’ont chassé, et il n’a pu rester. Intercédez maintenant pour mes péchés, car je suis prêt à me convertir et à abandonner complètement la vie du monde.» Ainsi, cet homme qui avait, comme je l’ai déjà dit, les extrémités du corps presque mortes, fut rendu à la vie, et il se convertit à Dieu de tout son cœur. Se trouvant instruit par de longues et continuelles souffrances dans cette vie nouvelle, et sa maladie s’aggravant, il mourut peu de jours après. Mais au moment de mourir, il ne revit plus le diable, parce qu’il l’avait vaincu par la transformation de son cœur.
Voyez, mes frères, comment cette Gordiana dont je vous ai parlé tout à l’heure a déchu depuis les hauteurs du saint habit de moniale jusqu’au supplice; voyez aussi comment le frère dont je viens de vous raconter la vie est remonté des portes de la mort jusqu’à la vie éternelle. Personne ne peut donc savoir ce qu’il en est de lui dans les secrets jugements de Dieu, car «beaucoup sont appelés, mais peu sont élus». Ainsi, puisque personne ne peut avoir la certitude d’être élu, tous doivent trembler et craindre pour l’imperfection de leurs actions, et mettre leur joie dans la seule miséricorde divine, sans jamais présumer de leurs propres forces. Il couronnera notre confiance, celui qui a daigné assumer notre nature humaine, Jésus-Christ, qui, étant Dieu, vit et règne avec le Père dans l’unité du Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles. Amen.
Homélie 39
Prononcée devant le peuple
dans la basilique du bienheureux Jean, dite Constantinienne
À une date inconnue
Jésus pleure sur Jérusalem
Saint Grégoire commente d’abord brièvement l’évangile dans son sens littéral, puis il s’étend sur l’application qu’on peut en faire à notre âme, en donnant le sens allégorique.
I- (1-2) La destruction de Jérusalem annoncée par le Christ a bien eu lieu. Sa cause fut le refus par cette ville de reconnaître l’heure de la visite divine, ainsi que le péché de ses prêtres, comme l’indique l’action de Jésus chassant les vendeurs du Temple.
II- (3-9) Notre évangile garde cependant un sens pour éclairer l’homme d’aujourd’hui. Jérusalem figure en effet l’âme qui abandonne la vie sainte et met toute sa joie dans les plaisirs de ce monde. Le poids futur de la colère divine sera pour elle d’autant plus lourd qu’elle le redoute moins. A sa mort, les démons, ses ennemis, l’entoureront et lui rappelleront ses péchés pour pouvoir la jeter dans le désespoir et l’entraîner en enfer. Dieu l’avait visitée par ses commandements, par les épreuves, par les miracles, mais elle n’a pas voulu rougir de ses péchés. Quant au Temple, il peut représenter la vie des religieux et des prêtres, tout adonnés au commerce des choses saintes, ou bien l’âme des fidèles, pleine de pensées méchantes. Pour fuir le mal qui est en elle, l’âme doit écouter le Christ qui enseigne chaque jour dans le Temple, et méditer sur les peines de l’enfer. Quelle terreur, à notre mort, quand tous les biens de la vie passeront en un instant, nous laissant face aux démons, venus chercher dans l’âme ce qui leur appartient! Un seul remède : trouver refuge en Jésus, en qui le démon n’a rien qui soit à lui. Ce n’est possible qu’à la condition de nous unir à notre Sauveur par la foi et les œuvres.
III- (10) Un exemple entraîne mieux que de longs discours, aussi Grégoire raconte-t-il en conclusion l’histoire du moine Martyrius. Celui-ci prit un jour sur son dos un pauvre lépreux, qui se révéla être le Christ : «Toutes les fois que vous l’avez fait à l’un des plus petits d’entre mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.»
Lc 19, 41-47
En ce temps-là, comme Jésus approchait de Jérusalem, voyant la ville, il pleura sur elle et il dit : «Ah! si tu avais reconnu, toi aussi, au moins en ton jour, ce qui pouvait t’apporter la paix; mais cela a été caché à tes yeux. Viendront sur toi des jours où tes ennemis t’environneront de tranchées, et ils t’enfermeront et te serreront de toutes parts; ils te renverseront par terre, toi et tes enfants qui sont en tes murs. Et ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre, parce que tu n’as pas reconnu le temps où tu étais visitée.»
Puis, entré dans le Temple, il se mit à en chasser les vendeurs et les acheteurs, en leur disant : «Il est écrit : Ma maison est une maison de prière, et vous en avez fait une caverne de brigands.»
Et chaque jour, il enseignait dans le Temple.
Cette courte lecture du Saint Evangile, je ne veux en faire, si possible, qu’un court commentaire, pour laisser davantage de temps à la réflexion de ceux qui savent penser beaucoup à partir de peu.
Que la destruction de Jérusalem annoncée par le Seigneur en larmes fût celle réalisée par les empereurs romains Vespasien et Titus, tous ceux qui ont lu l’histoire de cette destruction le savent. Ce sont bien les chefs romains que notre Rédempteur désigne en disant : «Viendront sur toi des jours où tes ennemis t’environneront de tranchées, et ils t’enfermeront et te serreront de toutes parts; ils te renverseront par terre, toi et tes enfants qui sont en tes murs.» Ce que le texte ajoute aussi : «Et ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre» est attesté par le déplacement de la cité : la première Jérusalem a bien été entièrement détruite, comme le dit notre évangile, puisque la nouvelle se trouve maintenant rebâtie au lieu où le Seigneur avait été crucifié, en dehors des portes [de l’ancienne ville].
La suite du texte nous indique le péché pour lequel Jérusalem se voit condamnée à cette destruction : «Parce que tu n’as pas reconnu le temps où tu étais visitée.» Car le Créateur de toutes choses a daigné visiter cette ville par le mystère de son Incarnation, sans qu’elle se soucie de le craindre ou de l’aimer. C’est en voyant cela que le prophète appelle même les oiseaux du ciel à témoigner contre la dureté du cœur humain : «Le milan dans le ciel, dit-il, connaît sa saison; la tourterelle, l’hirondelle et la cigogne observent le temps de leur migration; mon peuple, lui, ne connaît pas le droit du Seigneur.» (Jr 8, 7)
Mais il nous faut d’abord rechercher ce que signifient ces mots : «Voyant la ville, il pleura sur elle et il dit : ‹Ah! si tu avais reconnu, toi aussi.›» Le Rédempteur a en effet pleuré à l’avance la ruine de cette cité perfide, qu’elle-même ignorait devoir survenir. Aussi est-ce bien à propos que le Seigneur en larmes lui dit : «Ah! si tu avais reconnu, toi aussi…», sous-entendu : «…tu pleurerais, puisque tu ne te réjouis maintenant que par ignorance de ce qui te menace.» Et il ajoute : «Au moins en ton jour, ce qui pouvait t’apporter la paix.» Car pendant que Jérusalem se livrait aux voluptés de la chair sans prévoir les maux à venir, elle avait en son jour tout ce qui pouvait lui apporter la paix. La raison pour laquelle les biens qu’elle avait alors contribuaient à sa paix lui est indiquée ensuite : «Mais cela a été caché à tes yeux.» En effet, si les malheurs qui la menaçaient n’avaient pas été cachés aux yeux de son cœur, elle ne se serait pas réjouie dans les prospérités qu’elle connaissait alors. Le texte continue par la description des châtiments que, comme je l’ai dit, les empereurs romains allaient faire fondre sur la ville.
2. L’évangile ajoute ce que fit le Seigneur après avoir décrit ces châtiments : «Entré dans le Temple, il se mit à en chasser les vendeurs et les acheteurs, en leur disant : ‹Il est écrit : Ma maison est une maison de prière, et vous en avez fait une caverne de brigands.›» Que notre Rédempteur ait exposé les malheurs à venir et soit entré aussitôt après dans le Temple pour en chasser les vendeurs et les acheteurs, nous fait bien comprendre que la ruine du peuple est due principalement à la faute des prêtres. En frappant les vendeurs et les acheteurs dans le Temple juste après avoir décrit la destruction de Jérusalem, le Seigneur a montré, par son action même, où se trouve la cause de cette catastrophe.
Un autre évangéliste nous apprend qu’on vendait des colombes dans le Temple (cf. Mc 11, 15). Et que signifient les colombes, sinon le don de l’Esprit? Notre Rédempteur fait sortir les vendeurs et les acheteurs du Temple, parce qu’il condamne aussi bien ceux qui imposent les mains contre un présent que ceux qui essayent d’acheter le don de l’Esprit. Puis il ajoute ces quelques mots au sujet du Temple : «Ma maison est une maison de prière, et vous en avez fait une caverne de brigands.» Car il est bien évident que ceux qui demeuraient dans le Temple pour gagner de l’argent s’efforçaient de blesser ceux qui ne leur en donnaient pas. La maison de prière était donc devenue une caverne de brigands, puisqu’ils avaient pris l’habitude de se rendre au Temple à seule fin de persécuter physiquement ceux qui ne leur donnaient pas d’argent ou de faire mourir spirituellement ceux qui leur en donnaient.
Mais parce que notre Rédempteur ne refuse pas même aux indignes et aux ingrats la parole de sa prédication, aussitôt après avoir rétabli la rigueur de sa discipline en chassant les méchants, il fait paraître le don de sa grâce, comme l’ajoute la suite du texte : «Et chaque jour, il enseignait dans le Temple.»
Nous avons ainsi brièvement parcouru cet évangile en expliquant son sens littéral.
3. Mais puisque nous savons que Jérusalem se trouve maintenant détruite et changée par sa destruction en une cité meilleure, puisque nous avons appris que les brigands ont été chassés du Temple et que le Temple lui-même a été abattu, il nous faut tirer en nous quelque comparaison de ces événements extérieurs, et nous inspirer du renversement de ces édifices faits de murs pour redouter la ruine de nos mœurs.
«Voyant la ville, il pleura sur elle et il dit : ‹Ah! si tu avais reconnu, toi aussi.›» Il a répandu ses larmes une fois, quand il a annoncé que la ville allait être détruite; mais notre Rédempteur ne cesse aussi d’en répandre chaque jour par l’intermédiaire de ses élus, lorsqu’il voit certaines personnes abandonner leur vie sainte pour adopter des mœurs de réprouvés. Ainsi pleure-t-il sur des gens qui ne savent pas pourquoi on doit les pleurer, car d’après les paroles mêmes de Salomon, «ils se réjouissent à faire le mal et se complaisent dans les pires actions» (Pr 2, 14). S’ils connaissaient la damnation qui les menace, ils mêleraient leurs larmes à celles des élus pour pleurer sur eux-mêmes.
La phrase qui suit convient bien à une âme qui se perd : «Au moins en ton jour, ce qui pouvait t’apporter la paix; mais cela a été caché à tes yeux.» L’âme pervertie a son jour ici-bas quand elle trouve sa joie en ce temps qui passe. Ce dont elle dispose peut lui apporter une certaine paix : elle met toute sa joie dans les choses temporelles, elle s’enorgueillit des honneurs, elle s’amollit dans les plaisirs de la chair, et elle ne craint aucunement les peines à venir; bien qu’ayant en tout cela une certaine paix en son jour, c’est l’écrasante horreur de sa damnation qu’elle aura à subir au jour de l’adversité.
Car elle sera affligée en ce jour où les justes se réjouiront. Et tout ce qui contribue maintenant à sa paix se changera alors pour elle en un sujet d’amer reproche, parce qu’elle se mettra à se reprocher de n’avoir pas redouté la damnation qui l’afflige, et d’avoir fermé les yeux de son âme à ces malheurs à venir, pour ne pas les voir. D’où la parole que le Seigneur lui adresse : «Mais cela a été caché à tes yeux.» L’âme pécheresse, tout adonnée aux choses présentes et amollie par les voluptés terrestres, se dissimule les malheurs à venir, puisqu’elle refuse de penser par avance à un futur qui lui gâche sa joie présente.
Mais n’est-ce pas se jeter dans le feu les yeux fermés que de s’abandonner ainsi aux charmes de la vie présente? D’où le mot si juste de l’Ecriture : «Au jour du bonheur, n’oublie pas le malheur.» (Si 11, 25). Dans le même sens, Paul déclare : «Que ceux qui se réjouissent soient comme s’ils ne se réjouissaient pas.» (1 Co 7, 30). Car il nous faut vivre les joies que nous pouvons rencontrer dans la vie présente sans jamais oublier l’amertume du jugement à venir, en sorte que transpercée par la crainte du châtiment final, l’âme apaise d’autant mieux la colère qui va suivre qu’elle tempère sa joie présente. N’est-il pas écrit : «Heureux l’homme qui est continuellement dans la crainte! Mais celui qui a un esprit endurci tombera dans le malheur.» (Pr 28, 14). En effet, le poids de la colère [de Dieu] sera d’autant plus lourd à porter lors du jugement à venir qu’on le redoute moins maintenant au milieu même de ses péchés.
4. Le texte poursuit : «Viendront sur toi des jours où tes ennemis t’environneront de tranchées.» Existe-t-il de plus grands ennemis de l’âme humaine que les esprits malins qui viennent l’assiéger au moment où elle sort de son corps, après l’avoir excitée par des délectations trompeuses lorsqu’elle vivait dans l’amour de la chair? Ils l’environnent de tranchées en remettant sous les yeux de son âme les fautes qu’elle a commises et en s’efforçant de l’entraîner dans leur commune damnation, en sorte que surprise en ses derniers instants, tout en voyant par quels ennemis elle est cernée de toutes parts, elle ne puisse pourtant pas trouver d’issue pour s’échapper, parce qu’elle ne peut plus accomplir le bien qu’elle a refusé de faire lorsqu’elle le pouvait.
C’est encore au sujet de ces esprits qu’on peut comprendre la suite du texte : «Ils t’enfermeront et te serreront de toutes parts.» Les esprits malins serrent l’âme de toutes parts quand ils viennent lui rappeler les fautes qu’elle a commises non seulement en actions, mais aussi en paroles et même en pensées : l’âme qui ici-bas en a pris à son aise dans le péché de bien des manières se trouve ainsi, en ses derniers instants, serrée de tous les côtés lors du châtiment.
Le texte poursuit : «Ils te renverseront à terre, toi et tes enfants qui sont en tes murs.» L’âme est abattue à terre par la pensée de ses fautes lorsque sa chair, qu’elle croyait être toute sa vie, est menacée de retourner bientôt en poussière. Ses enfants tombent dans la mort quand les desseins mauvais auxquels l’âme donne maintenant le jour s’évanouissent dans le châtiment où vient finir sa vie, selon qu’il est écrit : «En ce jour-là, tous leurs desseins périront.» (Ps 146, 4). Ces desseins endurcis peuvent être aussi signifiés par les pierres. En effet, le texte poursuit : «Et ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre.» Quand une âme perverse ajoute à une pensée perverse une autre qui l’est plus encore, que fait-elle, sinon poser une pierre sur une pierre? Mais une fois la ville détruite, on n’y laisse pas pierre sur pierre, car lorsque l’âme est conduite à son châtiment, toute la construction de ses pensées se disperse.
5. La cause de ce châtiment nous est indiquée dans la suite : «Parce que tu n’as pas reconnu le temps où tu étais visitée.» Le Dieu tout-puissant a coutume de visiter chaque âme pécheresse de multiples façons. Il la visite sans relâche par ses commandements, parfois par une épreuve, parfois encore par un miracle, en sorte qu’elle entende les vérités qu’elle ignorait, et — si malgré cela elle demeure pleine d’orgueil et de mépris — qu’elle revienne [à Dieu] dans la douleur de la componction1, ou bien, vaincue par les bienfaits, qu’elle rougisse du mal qu’elle a commis.
Mais parce que cette âme n’a pas reconnu le temps où elle était visitée, elle est livrée à la fin de sa vie à des ennemis dont elle sera obligée, par un jugement de damnation éternelle, de partager à jamais la société. L’Ecriture le dit ailleurs : «Lorsque tu vas te présenter avec ton adversaire devant le magistrat, tâche, en chemin, de te libérer de lui, de peur qu’il ne te traîne devant le juge, et que le juge ne te livre à l’exacteur2, et que l’exacteur ne te jette en prison.» (Lc 12, 58). Notre adversaire sur le chemin est la parole de Dieu, qui s’oppose à nos désirs charnels en la vie présente. S’en libérer, c’est se soumettre avec humilité à ses commandements. En cas de refus, l’adversaire livrera au juge, et le juge à l’exacteur, c’est-à-dire que le pécheur se trouvera convaincu de sa faute devant le tribunal du Juge par son mépris pour la parole du Seigneur. Le Juge le livre à l’exacteur, car il permet à l’esprit malin d’entraîner cette âme au châtiment, afin que cet esprit force à le suivre au supplice celle qui s’est volontairement entendue avec lui pour pécher. L’exacteur jette le pécheur en prison, puisque l’esprit malin l’expédie violemment en enfer en attendant le jour du jugement, à partir duquel ils seront torturés ensemble dans les flammes de l’enfer.
6. Après avoir décrit la ruine de la cité, où nous avons reconnu la perte de l’âme, le texte ajoute aussitôt : «Puis, entré dans le Temple, il se mit à en chasser les vendeurs et les acheteurs.» Ce que le Temple de Dieu était dans la cité, la vie des religieux l’est dans le peuple fidèle. Or il n’est pas rare qu’on prenne l’habit religieux et qu’on reçoive la charge des saints ordres, puis qu’on détourne ses fonctions ecclésiastiques pour en faire un commerce tout terrestre. Les vendeurs dans le Temple sont ceux qui se font payer ce qui revient en droit à certains. Car c’est vendre la justice que de la rendre moyennant finance. Et les acheteurs dans le Temple sont ceux qui, refusant de rendre au prochain ce qu’ils lui doivent et dédaignant de faire ce que leur commande la justice, rachètent leur péché en donnant de l’argent à des protecteurs. Le Seigneur a bien raison de leur dire : «Ma maison est une maison de prière, et vous en avez fait une caverne de brigands» : comme ce sont souvent des hommes pervers qui occupent les charges ecclésiastiques, le glaive de leur malice donne la mort à leurs proches, alors que l’intercession de leur prière aurait dû les vivifier.
7. Le Temple et la maison de Dieu représentent aussi l’âme et la conscience des fidèles. Les pensées mauvaises que l’âme conçoit parfois contre le prochain, lorsqu’elles percent les innocents de leur glaive, sont un peu comme des brigands dans leur caverne, qui tuent ceux qui passent sans méfiance. Car l’âme des fidèles n’est plus une maison de prière, mais une caverne de brigands, quand s’étant détournée de l’innocence et de la sainte simplicité, elle s’efforce de trouver un moyen de nuire au prochain.
Mais puisqu’à travers la Sainte Ecriture, nous sommes instruits sans cesse contre toutes ces méchancetés par les paroles de notre Rédempteur, c’est que continue à se réaliser jusqu’à présent ce qui, d’après notre évangile, se passait alors : «Et chaque jour, il enseignait dans le Temple.» Car lorsque la Vérité apprend en détail à l’âme des fidèles comment se détourner du mal, elle enseigne chaque jour dans le Temple.
Sachons-le cependant, les paroles de la Vérité ne peuvent nous instruire vraiment que si nous considérons sans cesse avec crainte les malheurs ultimes qui nous menacent, selon ce que déclare un sage : «Dans toutes tes œuvres, souviens-toi de ta fin, et tu ne pécheras jamais.» (Si 7, 36). Oui, nous devons penser chaque jour à ce que nous avons entendu par la voix même de notre Rédempteur : «Au moins en ton jour, ce qui pouvait t’apporter la paix; mais cela a été caché à tes yeux.» Car pendant que le Juge rigoureux patiente sans laisser encore retomber sa main pour frapper, pendant le peu de temps où nous demeure encore un semblant de sécurité avant le règlement de compte final, nous devons penser aux malheurs qui vont suivre, gémir en y pensant, les éviter en gémissant; et il nous faut considérer sans cesse les péchés que nous avons commis, pleurer en les considérant, et les effacer en pleurant. Ne nous laissons amollir par aucune de ces joies dues à une prospérité passagère, ni boucher les yeux de l’âme par les choses qui passent, ni conduire par elles en aveugles au feu [de l’enfer]. Car si l’on y pense sérieusement, on peut découvrir par la bouche de la Vérité quel poids a le reproche adressé au négligent insoucieux de l’avenir : «Au moins en ton jour, ce qui pouvait t’apporter la paix; mais cela a été caché à tes yeux.»
8. Il faut bien considérer quelle terreur accompagnera l’heure de notre mort, quel tremblement d’esprit, quel souvenir de toutes nos mauvaises actions! Il sera bien oublié, alors, le bonheur passé! Mais quelle crainte, quelle appréhension devant le Juge! Quel plaisir peut-on donc mettre dans les biens présents, quand tous doivent passer en un seul et même instant, sans que puisse passer le châtiment qui nous menace, quand ce que nous aimons est appelé à disparaître complètement, pour faire place à une souffrance qui ne disparaîtra jamais? Les esprits malins recherchent en l’âme mourante ce qu’ils y ont accompli; ils lui rappellent les fautes qu’ils lui ont inspirées afin de l’attirer en leur compagnie dans les tourments.
Mais pourquoi ne parlons-nous ici que des âmes pécheresses, alors que les esprits malins vont aussi au-devant des élus mourants pour y trouver, s’ils le peuvent, quelque chose qui leur appartiendrait? Or il n’y a jamais eu qu’un homme à pouvoir dire hardiment avant sa Passion : «Je ne m’entretiendrai plus beaucoup avec vous, car voici venir le prince de ce monde, et il n’a rien en moi.» (Jn 14, 30). En effet, le prince de ce monde, voyant que le Christ était un homme mortel, s’imagina qu’il pourrait trouver en lui quelque chose qui lui appartînt. Mais c’est sans aucun péché qu’il sortit de ce monde de corruption, celui qui était venu sans péché dans le monde.
Pierre lui-même n’a pas osé se vanter que le prince de ce monde n’ait rien en lui, et il avait pourtant mérité d’entendre : «Tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans le Ciel, et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans le Ciel.» (Mt 16, 19). Paul n’a pas davantage osé s’en vanter, et il parvint cependant jusqu’aux arcanes du troisième ciel avant même de mourir (cf. 2 Co 12, 2). Jean non plus n’en a pas eu l’audace, bien qu’il ait reposé sur la poitrine du Rédempteur, lors de la Cène, en sa qualité de disciple le plus aimé (cf. Jn 21, 20). Puisque le prophète affirme : «Voici que j’ai été conçu dans l’iniquité et que ma mère m’a enfanté dans le péché» (Ps 51, 7), qui pourrait être sans faute dans le monde après être venu au monde avec la faute? Le même prophète dit à ce sujet : «Aucun homme n’est juste à vos yeux.» (Ps 143, 2). Et Salomon déclare : «Il n’y a pas sur terre d’homme juste qui fasse le bien et qui ne pèche pas.» (Qo 7, 20). Dans le même sens, Jean affirme : «Si nous disons que nous sommes sans péché, nous nous trompons nous-mêmes, et la vérité n’est pas en nous.» (1 Jn 1, 8). Et Jacques assure : «Nous péchons tous en beaucoup de choses.» (Jc 3, 2)
Il est en effet avéré qu’en tous ceux qui ont été conçus dans le plaisir de la chair, le prince de ce monde a trouvé quelque chose qui lui appartenait, soit dans leurs actions, soit dans leurs paroles, soit dans leurs pensées. Mais s’il n’a pu ensuite les entraîner, ni s’en emparer avant, c’est que le Christ, qui, sans qu’il le dût, a payé pour nous la dette de la mort, les a délivrés de leurs dettes; ainsi, nos dettes ne nous retiennent plus au pouvoir de notre ennemi, puisque le Médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ fait homme (cf. 1 Tm 2, 5), s’est acquitté pour nous en toute gratuité d’une dette qu’il n’avait pas contractée. Car celui qui a livré pour nous son corps à la mort sans qu’il le dût, a délivré notre âme de la mort qui lui était due. Il affirme donc : «Il vient, le prince de ce monde, et il n’a rien en moi.»
Aussi nous faut-il prendre soin de méditer chaque jour dans les larmes avec quelle furie et sous quel aspect terrifiant le prince de ce monde viendra, le jour de notre mort, nous réclamer ce qui en nous lui appartient, puisqu’il a osé s’adresser même à notre Dieu quand il mourait en sa chair, pour chercher en lui quelque chose [qui lui appartînt], sans rien pouvoir trouver.
9. Que pourrons-nous donc dire ou faire — malheureux hommes que nous sommes! — nous qui avons commis d’innombrables fautes? Que déclarerons-nous à l’ennemi lorsqu’il cherchera et trouvera en nous beaucoup de choses lui appartenant, sinon cette seule vérité qui est pour nous un refuge assuré et une solide espérance, à savoir que nous ne faisons plus qu’un avec celui en qui le prince de ce monde a cherché quelque chose qui lui appartînt sans rien pouvoir trouver, puisque seul il est «libre parmi les morts» (Ps 88, 6)? Et nous sommes ainsi dès à présent délivrés de la servitude du péché par une liberté véritable, puisque nous sommes unis à celui qui est vraiment libre. Il est certain — nous ne pouvons le nier, et nous l’avouons même en toute loyauté — que le prince de ce monde a en nous beaucoup de choses qui lui appartiennent; il ne peut cependant s’emparer de nous à notre mort, puisque nous sommes devenus les membres de celui en qui il n’a rien.
Mais à quoi bon être unis à notre Rédempteur par la foi, si nous en sommes désunis par nos mœurs? N’est-ce pas lui-même qui affirme : «Ce ne sont pas tous ceux qui me disent : ‹Seigneur, Seigneur!› qui entreront dans le Royaume des cieux.» (Mt 7, 21). Joignons donc la droiture des œuvres à la droiture de la foi. Effaçons chaque jour par nos gémissements nos mauvaises actions passées. Faisons triompher en nous la droiture des œuvres qu’inspire l’amour de Dieu et du prochain sur nos dérèglements d’hier. Ne refusons à nos frères aucun des services que nous pouvons leur rendre. Car il n’y a pour nous d’autre moyen de devenir membres de notre Rédempteur que d’adhérer à Dieu et de compatir aux souffrances de notre prochain.
10. Mais puisque les exemples entraînent souvent plus efficacement le cœur des auditeurs à l’amour de Dieu et du prochain que les paroles, je vais porter à la connaissance de votre charité un miracle que notre cher fils, le diacre Epiphanius, ici présent, venu de la province d’Isaurie, a coutume de nous raconter. Il s’est passé dans une région voisine de la sienne, la Lycaonie3. Il advint, nous dit Epiphanius, qu’un certain Martyrius, moine de vie très vénérable, sortit de son monastère pour rendre visite à un autre monastère, qui avait à sa tête un père spirituel. Tandis qu’il cheminait, il rencontra sur la route un lépreux aux membres défigurés par une multitude de plaies d’éléphantiasis. Ce pauvre homme voulait rentrer à son gîte, mais, épuisé, il n’en avait plus la force. Il disait avoir son gîte justement sur la route où le moine Martyrius s’avançait d’un bon pas. L’homme de Dieu, plein de pitié pour la fatigue du lépreux, jeta aussitôt à terre le manteau dont il était vêtu, l’étala, puis y déposa le lépreux avant de le charger sur son épaule en le maintenant bien serré dans son manteau; et reprenant sa route, il l’emporta avec lui. Comme il approchait déjà des portes du monastère, celui qui en était le père spirituel se mit à crier d’une voix forte : «Courez, ouvrez vite les portes du monastère : le frère Martyrius arrive en portant le Seigneur!» Aussitôt que Martyrius fut parvenu à l’entrée du monastère, celui qu’il croyait être un lépreux descendit de son dos et lui apparut tel qu’on a coutume de se représenter le Rédempteur du genre humain, le Christ Jésus, Dieu et homme. Puis, tout en s’élevant au ciel sous les yeux de Martyrius, il lui dit : «Martyrius, tu n’as pas rougi de moi sur la terre, je ne rougirai pas de toi au Ciel.» Dès que le saint homme fut entré dans le monastère, le père du monastère lui demanda : «Frère Martyrius, où est celui que tu portais?»
Le frère lui répondit : «Ah! si j’avais su qui il était, je l’aurais retenu par les pieds.» Et il racontait que lorsqu’il le portait, il ne sentait pas du tout son poids. Ce qui n’a rien d’étonnant : comment aurait-il pu sentir son poids, puisqu’il portait celui qui le portait?
Tout ceci doit nous apprendre quel pouvoir nous donne notre compassion fraternelle, et quelle force ont les entrailles4 de miséricorde pour nous unir au Dieu tout-puissant. Car c’est en nous rabaissant au-dessous de nous par compassion pour le prochain que nous nous rapprochons de celui qui est au-dessus de tout. Si nul ne peut, quant aux choses corporelles, atteindre les hauteurs sans tendre vers elles, il est bien évident, quant aux choses spirituelles, que nous approchons des hauteurs avec d’autant plus de vérité que nous laissons la compassion nous attirer [vers le bas].
Voyez le Rédempteur du genre humain. Dans son désir de nous amener au bien, il ne lui a pas suffi d’affirmer qu’il nous dirait lors du jugement dernier : «Toutes les fois que vous l’avez fait à l’un des plus petits d’entre mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait» (Mt 25, 40), mais il a encore manifesté cette vérité en lui-même avant le jugement : il nous a montré que les bons services que nous rendons maintenant aux miséreux, c’est bien à lui que nous les offrons, puisque nous les accomplissons par amour de lui. Et l’on recevra une récompense d’autant plus grande qu’on se sera abstenu de dédaigner un pauvre qui paraissait devoir être davantage dédaigné. Quelle chair est plus haute en dignité parmi les hommes que celle du Christ, qui a été élevée au-dessus des anges? Et quelle chair est plus abjecte parmi les hommes que la chair des lépreux, crevassée par des plaies purulentes et dégageant une odeur fétide? Mais voici que le Christ est apparu sous l’aspect d’un lépreux, et que celui qui doit être révéré au-dessus de tous n’a pas craint de se montrer méprisé au-dessous de tous. Pourquoi cela? N’est-ce pas pour nous faire prendre garde, nous qui sommes si lents à comprendre, que celui qui se hâte d’aller prendre place près du Seigneur au Ciel ne doit pas refuser de se laisser humilier sur la terre, ni de se montrer compatissant pour ses frères, fussent-ils abjects et méprisables?
J’avais décidé de parler brièvement à votre charité; mais puisque la voie de l’homme n’est pas en lui (cf. Jr 10, 23), il ne peut retenir sa parole de suivre le cours que lui trace celui-là même dont nous parlons, lui qui, étant Dieu, vit et règne avec le Père dans l’unité du Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles. Amen.
Homélie 40
Prononcée devant le peuple
dans la basilique de saint Laurent, martyr
à une date inconnue
Le pauvre Lazare et le mauvais riche
Saint Grégoire annonce d’abord le plan de l’Homélie : à l’inverse de l’ordre normal d’un commentaire scripturaire, il commencera par traiter en quelques mots du sens allégorique de l’évangile, avant de s’étendre plus longuement sur le sens littéral, car ce dernier raffermit les mœurs des fidèles, qui en ont le plus grand besoin. Or on retient mieux ce qu’on entend en dernier. Et l’orateur compte bien prolonger son commentaire par un vibrant appel à l’aumône, en l’illustrant d’une de ces histoires dont il a le secret.
I- (2) Le sens allégorique voit dans le mauvais riche l’image du peuple juif, et dans Lazare, celle des païens, qui ne sont pas admis à la connaissance de la Loi, et doivent se contenter de miettes. Muni de cette clef, le prédicateur interprète tous les détails de la parabole.
II- (3-9) Le sens littéral de ce passage nous prouve combien sont exigeants les préceptes de l’Evangile : ils nous commandent non seulement de ne plus voler, mais aussi de faire servir ce que nous possédons au bien du prochain. Le pape fait remarquer le surcroît de mérite et de damnation qu’encourent respectivement pauvre et riche du fait de leur mise en présence, puis la rigueur de la punition du riche. Il montre aussi que le riche ayant été récompensé dès cette vie du bien qu’il avait fait, tandis que le pauvre se purifiait dans les épreuves, le premier est réprouvé après sa mort, et le second récompensé. Voici un passage qu’il faut donner à méditer aussi bien à ceux que la Providence gâte ici-bas qu’à ceux qu’elle éprouve. A l’encontre d’une mentalité encore trop répandue chez les chrétiens, richesse, santé, réputation ne sont pas forcément des signes qu’on est béni de Dieu.
III- (10-12) Grégoire exhorte enfin ses auditeurs à se montrer avisés. Des Lazare, ils en ont devant leur porte à volonté : qu’ils s’en fassent donc des intercesseurs pour leurs fautes, se gardant bien de les mépriser, même s’ils sont pécheurs. Plusieurs parmi eux sont d’ailleurs des saints méconnus. Et le pape de relater la mort admirable de la vieille Romula : ayant vécu en pauvre, elle a trouvé les vraies richesses, celles de l’éternité.
Lc 16, 19-31
En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples : «Il y avait un homme riche qui s’habillait de pourpre et de lin fin, et qui festoyait chaque jour de façon splendide. Et il y avait un pauvre, nommé Lazare, qui était couché à sa porte, couvert d’ulcères; il aurait bien voulu se rassasier des miettes qui tombaient de la table du riche, mais personne ne lui en donnait; et les chiens venaient lécher ses ulcères. Or il arriva que le pauvre mourut, et il fut porté par les anges dans le sein d’Abraham. Le riche mourut aussi, et on l’enterra dans l’enfer.
«Il leva les yeux, tandis qu’il était en proie aux tourments, et il vit de loin Abraham, et Lazare en son sein, et il se mit à crier : ‹Père Abraham, aie pitié de moi et envoie Lazare tremper le bout de son doigt dans l’eau pour m’en rafraîchir la langue, car je souffre cruellement dans ces flammes.› Abraham lui dit : ‹Mon enfant, souviens-toi que tu as reçu les biens pendant ta vie, et Lazare pareillement les maux. Maintenant, il est ici consolé, et toi, tu souffres. De plus, entre nous et vous, il y a un grand abîme, en sorte que ceux qui voudraient passer d’ici chez vous ne le puissent pas, et qu’il soit impossible de traverser de là-bas jusqu’à nous.›
«Le riche dit alors : ‹Je te prie donc, père, d’envoyer Lazare dans la maison de mon père, où j’ai cinq frères, pour leur attester ces choses, de peur qu’ils ne viennent, eux aussi, dans ce lieu de tourments.› Abraham lui dit : ‹Ils ont Moïse et les prophètes : qu’ils les écoutent.› Le riche répondit: ‹Non, père Abraham; mais si quelqu’un des morts va les trouver, ils feront pénitence.› Mais Abraham lui dit : ‹S’ils n’écoutent pas Moïse et les prophètes, quand bien même quelqu’un ressusciterait des morts, ils ne le croiraient pas.›» Dans les paroles de la Sainte Ecriture, frères très chers, il nous faut commencer par prêter attention à la vérité du sens littéral, avant de chercher à comprendre le sens allégorique et spirituel. On ne recueille en effet les fruits suaves de l’allégorie que si l’on assure d’abord ses racines dans la vérité du sens littéral. Mais puisqu’il arrive souvent que l’allégorie fortifie notre foi et que le sens littéral raffermisse notre vie morale, et comme, grâce à Dieu, nous parlons à des croyants, nous jugeons opportun d’inverser l’ordre de notre propos. Votre foi est déjà bien ferme; aussi vous suffira-t-il d’entendre pour commencer quelques mots brefs traitant du sens allégorique, tandis que nous garderons pour la fin de notre explication ce qui a trait au récit et à la vie morale, et qui vous est absolument nécessaire. On retient souvent mieux, en effet, ce qu’on a entendu en dernier.
2. Parcourons donc brièvement le sens allégorique, pour pouvoir en venir plus vite au vaste champ des applications morales. «Il y avait un homme riche qui s’habillait de pourpre et de lin fin, et qui festoyait chaque jour de façon splendide.» Qui, frères très chers, peut bien symboliser ce riche qui s’habillait de pourpre et de lin fin, et qui festoyait chaque jour de façon splendide? Qui, sinon le peuple juif ? Il eut bien une discipline de vie au-dehors, mais il fit servir les délices de la Loi qui lui était confiée à sa vaine gloire, sans en tirer de profit. Et que figure ce Lazare, couvert d’ulcères, sinon le peuple des païens, qui, n’ayant pas eu honte de confesser ses péchés lorsqu’il s’est converti au vrai Dieu, a vu sa peau se couvrir de plaies? Car c’est par les plaies que le liquide infectieux est drainé hors de l’intérieur des chairs et s’écoule au-dehors. Qu’est-ce donc que confesser ses péchés, sinon faire éclater des abcès? L’infection du péché qui se cachait pernicieusement dans l’âme est en effet salutairement mise au jour dans la confession. Les abcès de la peau n’attirent-ils pas les humeurs putrides à la surface? Or, que faisons-nous d’autre, en confessant nos péchés, que de mettre au jour le mal qui se cachait en nous?
Lazare, tout blessé, aurait bien voulu se rassasier des miettes qui tombaient de la table du riche, mais personne ne lui en donnait, car ce peuple orgueilleux, qui méprisait tous les païens, refusait d’en admettre aucun à la connaissance de la Loi. Et puisque la doctrine de la Loi ne le portait pas à aimer, mais à s’élever, il se gonflait pour ainsi dire des bienfaits qu’il avait reçus. Et les paroles débordant du trop-plein de sa science étaient comme des miettes tombant de sa table.
Les chiens, quant à eux, léchaient les plaies du pauvre gisant sur le sol. Il n’est pas rare que dans la Sainte Ecriture, les chiens désignent les prédicateurs. La langue des chiens guérit en effet les blessures en les léchant, et les saints docteurs aussi, quand ils nous enseignent lorsque nous leur confessons nos péchés, touchent en quelque sorte les plaies de notre âme avec leur langue. Et puisqu’ils nous arrachent à nos péchés par leurs paroles, c’est comme s’ils nous rendaient la santé en touchant nos blessures. C’est bien parce que la langue des prédicateurs est désignée par celle des chiens que le psalmiste dit au Seigneur : «La langue de vos chiens [est prise] par lui du milieu de vos ennemis.» (Ps 68, 24). C’est en effet du milieu des Juifs infidèles que les saints prédicateurs ont été choisis, et en venant affirmer la vérité face aux voleurs et aux brigands, ils ont donné, si j’ose dire, de grands aboiements pour le Seigneur. A l’inverse, par manière de reproche, on accuse certains autres d’être «des chiens muets, incapables d’aboyer» (Is 56, 10). Les chiens lèchent donc les ulcères de Lazare, puisque les saints prédicateurs condamnent les péchés et approuvent qu’on les confesse, en disant : «Confessez vos péchés l’un à l’autre, et priez les uns pour les autres, afin d’être sauvés.» (Jc 5, 16). Et du fait que les saints docteurs reçoivent à confession les païens, ils guérissent les plaies de leur âme. On traduit donc fort à propos le nom de Lazare par «Aidé», puisque les docteurs aident Lazare à se libérer en soignant ses plaies par leurs paroles de réprimande.
Mais la langue léchante des chiens peut aussi symboliser la langue bien large des flatteurs. L’habitude qu’ils ont de complimenter à tort et à travers les actions mauvaises que nous nous reprochons nous-mêmes intérieurement, ne revient-elle pas à lécher nos plaies?
Or il arriva que l’un et l’autre mourut. Le riche qui s’habillait de pourpre et de lin fin fut enterré dans l’enfer; Lazare, lui, fut conduit par les anges dans le sein d’Abraham. Que désigne le sein d’Abraham, sinon le lieu écarté du repos des Pères? C’est de ce lieu que la Vérité affirme : «Beaucoup viendront du levant et du couchant, et auront place dans le Royaume des cieux avec Abraham, Isaac et Jacob, tandis que les fils du Royaume seront jetés dans les ténèbres extérieures.» (Mt 8, 11-12). Le riche habillé de pourpre et de lin fin est à juste titre appelé fils du Royaume. Il lève les yeux de loin pour voir Lazare, car les infidèles, se trouvant plongés dans l’abîme par le supplice de leur damnation, voient avant le jour du jugement tous les fidèles dans le repos au-dessus d’eux; par la suite, ils ne pourront plus jamais contempler leur joie. Et ce qu’ils regardent est loin, puisqu’ils ne peuvent y atteindre par leurs mérites.
L’Ecriture nous montre que le mauvais riche est brûlé surtout dans sa langue, lorsqu’il dit : «Envoie Lazare tremper le bout de son doigt dans l’eau pour m’en rafraîchir la langue, car je souffre cruellement dans ces flammes.» Le peuple juif infidèle, tout en ayant les préceptes de la Loi dans la bouche, négligea de les observer en actes. Il brûlera donc davantage en celui de ses membres qui a laissé voir qu’il connaissait ce qu’il n’a pas voulu accomplir. C’est pourquoi Salomon déclare si justement de ceux qui savent et n’agissent pas : «Tout le travail de l’homme est dans sa bouche, mais son âme ne sera pas rassasiée.» (Qo 6, 7). En effet, quiconque ne travaille qu’à savoir ce qu’il doit dire, prive son âme du fruit rassasiant de la science qu’elle s’est acquise. Il désire être touché du bout du doigt, car condamné aux supplices éternels, il souhaite recevoir une part de la charité des justes, fût-ce la dernière.
Il lui est répondu qu’il a reçu ses biens en cette vie, puisqu’il pensait que le bonheur qui passe constituait toute sa félicité. Les justes aussi peuvent posséder des biens ici-bas, mais sans qu’ils leur soient comptés à titre de récompense : ils aspirent à des biens meilleurs, c’est-à-dire éternels, et par suite, aucuns des biens présents ne paraissent de vrais biens à leurs yeux, à cause des saints désirs qui les enflamment. C’est pour cela que le prophète David, qui jouissait des richesses d’un royaume et de grands honneurs, tout en reconnaissant la nécessité de ces biens, désirait ardemment un seul et unique bien, lorsqu’il affirmait : «Pour moi, le bien, c’est d’être uni à Dieu.» (Ps 73, 28)
Il faut ici remarquer ce qu’Abraham dit au riche : «Mon enfant, souviens-toi.» Voici qu’Abraham appelle son enfant celui qu’il ne délivre pourtant pas de son supplice, puisque les Pères croyants, prédécesseurs de ce peuple incroyant, considérant que beaucoup d’hommes se sont écartés de leur foi parmi le peuple, ne compatissent pas à leur sort et ne les arrachent pas à leurs tourments, bien qu’ils les reconnaissent comme leurs enfants par le sang.
Le riche déclare, du milieu des tourments, qu’il a cinq frères, parce que l’orgueilleux peuple juif, déjà en grande partie condamné, sait que ses descendants laissés sur terre sont livrés à leurs cinq sens. Il désigne donc par le nombre cinq les frères qu’il a laissés sur terre, car se trouvant lui-même en enfer, il se désole que ses frères ne parviennent pas à la connaissance spirituelle, et il demande qu’on leur envoie Lazare. Et quand on lui dit qu’ils ont Moïse et les prophètes, il réplique : «Ils ne croiront pas à moins que quelqu’un ne ressuscite d’entre les morts.» Abraham lui répond aussitôt : «S’ils n’écoutent pas Moïse et les prophètes, quand bien même quelqu’un ressusciterait des morts, ils ne le croiraient pas.» La Vérité n’affirme-t-elle pas au sujet de Moïse : «Si vous croyiez Moïse, vous me croiriez aussi, car c’est de moi qu’il a écrit.» (Jn 5, 46). Ce qu’Abraham répond s’est donc accompli depuis. En effet, le Seigneur est ressuscité d’entre les morts, mais le peuple juif, qui n’avait pas voulu croire Moïse, a tout autant refusé de croire celui qui est ressuscité d’entre les morts. Et ayant refusé de comprendre spirituellement les paroles de Moïse, il n’a pas su reconnaître celui dont Moïse avait parlé.
3. Ces quelques mots, frères très chers, devraient nous suffire pour dégager les mystères de l’allégorie, et il nous faut maintenant passer à un examen plus approfondi des applications morales de ce récit.
«Il y avait un homme riche qui s’habillait de pourpre et de lin fin, et qui festoyait chaque jour de façon splendide. Et il y avait un pauvre, nommé Lazare, qui était couché à sa porte, couvert d’ulcères.»
Il en est qui s’imaginent que les préceptes de l’Ancien Testament sont plus sévères que ceux du Nouveau, mais ils se trompent évidemment, vu le peu de fondement de leur affirmation. Car l’Ancien Testament ne condamne pas l’avarice, mais seulement le vol (cf. Ex 20, 15), tandis que dans l’Evangile, on punit celui qui s’empare injustement de quelque chose en l’obligeant à le restituer au quadruple (cf. Lc 19, 8). Dans le présent passage, on blâme le mauvais riche, non pour avoir pris le bien d’autrui, mais pour ne pas lui avoir donné du sien. Et il n’est pas dit qu’il ait opprimé quelqu’un par la violence, mais qu’il s’est enorgueilli de sa fortune. Il faut donc considérer avec grande attention de quelle peine peut être frappé celui qui vole, si celui qui ne donne pas largement de ses biens est condamné à l’enfer. Que personne ne se sente en sécurité en disant : «Je ne prends pas le bien d’autrui, mais je me contente de jouir de biens honnêtement acquis.» Le riche, en effet, n’est pas puni pour avoir volé les biens d’autrui, mais parce qu’il s’est livré à un mauvais usage de ses propres biens. Il fut aussi envoyé en enfer pour d’autres raisons, comme de n’avoir pas gardé la crainte de Dieu au milieu de sa félicité, d’avoir fait servir ses biens à sa propre vanité, d’avoir fermé ses entrailles à tout sentiment de miséricorde, et de n’avoir pas voulu racheter ses péchés, alors que ses richesses lui en donnaient largement les moyens.
Il en est qui s’imaginent que la recherche des vêtements fins et précieux n’est pas un péché; mais si ce n’était pas une faute, la parole de Dieu ne noterait pas avec tant d’insistance que le riche torturé en enfer avait été habillé de pourpre et de lin fin. On ne recherche jamais les vêtements élégants que par vanité, c’est-à-dire pour paraître plus respectable aux yeux des autres. La vaine gloire est bien l’unique motif qui fait rechercher des vêtements coûteux, puisque personne ne voudrait s’en habiller s’il ne pouvait être vu des autres. Cette faute nous est encore mieux démontrée par l’exemple inverse, car si la pauvreté dans l’habillement n’était pas une vertu, l’évangéliste n’indiquerait pas avec insistance que Jean-Baptiste était vêtu de poil de chameau (cf. Mt 3, 4).
Il nous faut prêter une attention particulière à l’ordre dans lequel la Vérité nous parle du riche orgueilleux et de l’humble pauvre. Jésus nous dit en effet : «Il y avait un homme riche», et il ajoute aussitôt : «Et il y avait un pauvre, nommé Lazare.» Le nom des riches est ordinairement plus connu parmi le peuple que celui des pauvres. Que signifie donc le fait que le Seigneur, parlant d’un pauvre et d’un riche, donne le nom du pauvre et non celui du riche? C’est que Dieu connaît les humbles et les approuve, tandis qu’il veut ignorer les orgueilleux. C’est pourquoi, au dernier jour, il déclarera à ceux qui tirent vanité de la puissance de leurs miracles : «Je ne sais d’où vous êtes; éloignez-vous de moi, artisans d’iniquité.» (Mt 7, 23). Il affirme au contraire à Moïse : «Je t’ai connu par ton nom.» (Ex 33, 17). Le Seigneur appelle donc le riche «un homme», et le pauvre «un pauvre, nommé Lazare». C’est comme s’il disait clairement : «Je connais le pauvre, qui est humble; je ne connais pas le riche, qui est orgueilleux. Je connais le premier, car je l’approuve; j’ignore le second, car mon jugement le réprouve.»
4. Nous devons aussi méditer avec quelle sagesse et quelle prévoyance notre Créateur ordonne toutes ses œuvres : il ne dispose pas un fait en vue d’un seul autre fait. Le pauvre Lazare, couvert d’ulcères, est couché devant la porte du riche. Or, par ce seul fait, le Seigneur accomplit deux jugements distincts : le riche aurait pu avoir quelque excuse si ce pauvre Lazare à la peau ulcérée n’avait pas été couché devant sa porte, mais s’était trouvé plus loin, et que sa misère n’avait pas importuné ses yeux; et le pauvre ulcéreux aurait été moins tenté en son âme si le riche avait été loin de ses yeux. Mais Dieu, en plaçant le pauvre ulcéreux juste devant la porte du riche rassasié de plaisirs, fournit à la fois, en ce seul et même fait, un surcroît de condamnation au riche qui demeure sans pitié à la vue du pauvre, et un supplément d’épreuve au pauvre tenté chaque jour par la vue du riche.
Vous vous doutez quelles terribles tentations devait subir en ses pensées ce pauvre assailli d’ulcères de toutes parts! Il manquait de pain et il était malade; or il avait sous les yeux ce riche qui possédait une bonne santé et jouissait des plaisirs de la vie. En proie aux douleurs et au froid, il voyait le riche se réjouir et se vêtir de pourpre et de lin fin. Il était réduit à rien par ses plaies, et le riche regorgeait de tous les biens. Il manquait de tout, et le riche ne voulait rien donner. Pensons-nous, mes frères, au tumulte des tentations qui devait alors s’élever dans le cœur du pauvre? La pauvreté n’aurait-elle pas été pour lui une épreuve suffisante, sans que vienne s’y joindre la maladie? Et à l’inverse, la maladie n’aurait-elle pu suffire, même sans ce dénuement matériel? Mais la pauvreté et la maladie se liguaient pour mieux anéantir le pauvre et pour ainsi mieux l’éprouver. Le pauvre voyait en outre que lorsque le riche se montrait en public, une foule de flatteurs venaient lui faire la cour, alors que lui, personne ne le visitait dans son infirmité et sa misère. Les chiens peuvent témoigner que personne ne lui rendait visite, puisqu’ils avaient toute liberté de lécher ses plaies.
En un seul fait, le Dieu tout-puissant a donc fait paraître deux jugements, car en permettant que le pauvre Lazare soit couché à la porte du riche, il fit en sorte à la fois que le riche sans charité en accrût son châtiment et que le pauvre, tenté, en augmentât sa récompense. Le riche voyait chaque jour le pauvre sans avoir pitié de lui; et le pauvre devait subir la vue du riche, qui lui valait un surcroît d’épreuve. En bas, il y avait deux cœurs, mais en haut, un seul [Dieu] pour les scruter, qui préparait l’un à la gloire en le tentant, et attendait le moment de châtier l’autre en le supportant.
5. Le texte poursuit en effet : «Or il arriva que le pauvre mourut, et il fut porté par les anges dans le sein d’Abraham. Le riche mourut aussi, et on l’enterra dans l’enfer.» Ce riche, qui n’avait pas voulu secourir le pauvre Lazare en cette vie, se mit à rechercher sa protection quand il se vit livré au supplice. Car voici la suite : «Il leva les yeux, tandis qu’il était en proie aux tourments, et il vit de loin Abraham, et Lazare en son sein, et il se mit à crier : ‹Père Abraham, aie pitié de moi et envoie Lazare tremper le bout de son doigt dans l’eau pour m’en rafraîchir la langue, car je souffre cruellement dans ces flammes.›» Oh! comme Dieu est exact dans ses jugements! Et quelle rigueur il exerce dans la rétribution des bonnes et des mauvaises actions! Ne nous disait-on pas tout à l’heure que Lazare cherchait en cette vie à atteindre les miettes tombant de la table du riche, et que personne ne lui en donnait? Et l’on nous dit maintenant, quant au supplice du riche, qu’il désire que Lazare lui laisse tomber du bout du doigt une goutte d’eau dans la bouche. C’est là, mes frères, oui, c’est bien là qu’il faut juger quelle peut être la rigueur de la sévérité de Dieu. Ce riche, qui n’a pas voulu donner la moindre miette de son repas au pauvre couvert de plaies, se trouve réduit, une fois plongé en enfer, à demander ce qu’il y a de moindre. Car c’est une goutte d’eau qu’il implore, lui qui a refusé des miettes de pain.
Mais il faut bien observer pourquoi ce riche plongé dans le feu demande qu’on lui rafraîchisse la langue. Il est habituel à la Sainte Ecriture d’affirmer une chose pour en insinuer une autre à travers ce qu’elle dit. Le Seigneur ne nous avait pas présenté tout à l’heure ce riche orgueilleux comme adonné au bavardage, mais comme mangeant avec excès. Il n’avait pas affirmé qu’il péchait par son bavardage, mais par une gourmandise accompagnée d’orgueil et d’égoïsme. Cependant, puisque les excès de bavardage sont habituels au cours des banquets, l’homme qu’on nous décrit ici-bas comme coupable de désordres de table, on nous affirme qu’en enfer, il est brûlé spécialement dans sa langue.
Le premier péché commis par ceux qui s’adonnent aux désordres de la table est le bavardage, mais les danses frivoles en sont la suite normale. L’Ecriture Sainte témoigne bien que la danse est la suite normale de la gourmandise, lorsqu’elle dit : «Le peuple s’assit pour manger et pour boire, puis ils se levèrent pour danser.» (Ex 32, 6). Mais avant même que le corps ne se mette en mouvement pour la danse, la langue se met en mouvement pour les plaisanteries et les paroles oiseuses. Comment donc comprendre que le riche demande au milieu de ses tourments qu’on lui rafraîchisse la langue, sinon parce que sa langue brûle plus atrocement en juste punition de ses péchés les plus graves, commis par ses bavardages de table?
6. C’est avec une très grande crainte qu’il faut méditer la réponse d’Abraham : «Mon enfant, souviens-toi que tu as reçu les biens pendant ta vie, et Lazare pareillement les maux. Maintenant, il est ici consolé, et toi, tu souffres.» Nous devons plutôt être épouvantés de ces paroles, mes frères, que de nous soucier de les expliquer. Car si vous avez reçu quelques biens extérieurs en ce monde, c’est ce don lui-même, si j’ose dire, que vous devez redouter, de peur qu’il ne vous ait été donné en récompense de certaines de vos actions, et que le Juge qui vous paie en retour ici-bas par ces biens extérieurs ne vous prive de toute rétribution en biens intérieurs, ou de peur que l’honneur ou les richesses d’ici-bas ne soient pas pour vous un encouragement à la vertu, mais le salaire de votre travail. Voici en effet qu’en disant : «Tu as reçu les biens pendant ta vie», Abraham indique que même ce mauvais riche avait en lui quelque chose de bon, qui lui a mérité des biens en ce monde. Et quand il dit, à l’inverse, que Lazare a reçu les maux, il montre clairement que même Lazare avait en lui quelque chose de mauvais, qu’il a dû expier. Mais le feu de la misère a effacé les mauvaises actions de Lazare, alors que le bonheur de cette vie transitoire récompensait les bonnes actions du riche. La pauvreté a affligé et purifié le premier, tandis que la richesse récompensait et réprouvait le second.
Si donc, mes frères, vous possédez du bien en ce monde, lorsque vous vous rappelez vos bonnes actions, ayez grande crainte à leur sujet : redoutez que le bonheur qui vous a été accordé ne soit la récompense de ces bonnes actions. Et quand vous voyez des pauvres commettre tel ou tel acte répréhensible, n’en concevez pas pour eux du mépris, ne désespérez pas, car la fournaise de la pauvreté peut suffire à les purifier de s’être rendus coupables de débordements assez infimes. Soyez au contraire pleins d’appréhension pour vous-mêmes, puisque certains voient suivre leurs mauvaises actions d’une vie de bonheur. Quant à ces pauvres, considérez bien que la misère est pour eux une maîtresse : elle crucifie leur vie pour en rectifier l’orientation.
7. Le texte poursuit : «De plus, entre nous et vous, il y a un grand abîme, en sorte que ceux qui voudraient passer d’ici chez vous ne le puissent pas, et qu’il soit impossible de traverser de là-bas jusqu’à nous.» Il faut ici bien nous demander comment on peut dire : «Ceux qui voudraient passer d’ici chez vous ne le peuvent pas.» Il n’est pas douteux, en effet, que les âmes qui sont en enfer désirent passer au séjour des bienheureux. En revanche, en quel sens peut-on dire que ceux qui ont été reçus au séjour des bienheureux veulent passer chez ceux qui sont torturés en enfer? Mais de même que les réprouvés désirent passer chez les élus, c’est-à-dire échapper au tourment de leurs supplices, les justes ont à cœur d’aller exercer leur miséricorde auprès des âmes tourmentées et plongées dans les tortures, et ils veulent les libérer. Cependant, les bienheureux qui veulent passer de leur séjour chez les âmes tourmentées et plongées dans les tortures, ne le peuvent pas. Car si les âmes des justes sont portées à la miséricorde par leur bonté naturelle, une fois qu’elles sont unies à la justice de leur Créateur, elles sont dotées d’une si grande rectitude de jugement qu’elles n’éprouvent plus aucune compassion pour les réprouvés. Elles s’accordent pleinement avec le Juge auquel elles adhèrent, et même la miséricorde ne leur permet plus de condescendre au sort de ces âmes qu’elles ne peuvent délivrer. Elles s’en voient alors d’autant plus étrangères qu’elles comprennent mieux que leur Créateur, qu’elles aiment, a rejeté ces âmes. Les méchants ne peuvent donc passer au sort des bienheureux, puisqu’ils sont liés par une damnation éternelle, ni les justes passer chez les réprouvés, car rectifiés en leur jugement, ils n’éprouvent plus pour eux aucune compassion.
8. Le riche plongé dans les flammes ayant vu s’évanouir toute espérance pour lui-même, son âme revient aux proches qu’il a laissés derrière lui. Il arrive en effet que le châtiment enduré vienne apprendre la charité aux réprouvés — bien en vain, hélas! Et les voilà qui s’animent d’un amour spirituel jusque pour leur famille, alors qu’ici-bas, ils ne s’aimaient même pas eux-mêmes, puisqu’ils aimaient leurs péchés. Aussi le texte ajoute-t-il : «Je te prie donc, père, d’envoyer Lazare dans la maison de mon père, où j’ai cinq frères, pour leur attester ces choses, de peur qu’ils ne viennent, eux aussi, dans ce lieu de tourments.»
Il nous faut remarquer ici tout ce qui contribue à accroître les tourments du riche plongé dans les flammes. Car la connaissance et la mémoire lui demeurent pour augmenter son châtiment. Ainsi connaît-il Lazare, qu’il a méprisé, et se souvient-il de ses frères, qu’il a quittés. La punition qu’il mérite vis-à-vis du pauvre ne serait pas complète s’il ne savait que le pauvre jouit de sa récompense. Et la peine qu’il souffre dans le feu ne serait pas non plus complète s’il ne craignait aussi pour les siens ce qu’il souffre lui-même. Pour l’augmentation de leur punition, les pécheurs voient ainsi, au milieu de leurs supplices, la gloire de ceux qu’ils ont méprisés, mais ils sont encore tourmentés par le châtiment de ceux qu’ils ont aimés en vain.
Soyons bien assurés que les damnés aperçoivent certains justes dans leur repos dès avant le jugement dernier, afin que les voyant dans la joie, ils soient non seulement torturés par leur propre supplice, mais aussi par le bonheur des justes. Quant aux justes, ils ont toujours le supplice des pécheurs sous les yeux, pour que leur joie s’accroisse encore de la vue du mal dont les a préservés la miséricorde divine. Ils rendent d’autant plus grâces à leur Libérateur qu’ils voient en d’autres ce qu’ils auraient pu souffrir s’ils avaient été abandonnés. Le spectacle de la punition des réprouvés n’assombrit pas dans l’âme des justes la clarté si brillante de leur béatitude : une telle vue ne pourra en aucune manière diminuer la joie des bienheureux, puisqu’il n’y aura plus là-haut de compassion pour le malheur. Pourquoi s’étonner que la joie des justes se trouve rehaussée par la vue des tourments des pécheurs? Le fond noir ne rend-il pas plus éclatant le blanc ou le rouge de la peinture? Pour les bons, comme je l’ai dit, quel accroissement de joie quand ils voient se déployer sous leurs yeux les maux des damnés, auxquels ils ont échappé! Et bien que les joies du Ciel suffisent tout à fait à leur bonheur, il ne fait pourtant aucun doute qu’ils voient continuellement les peines des réprouvés : ils contemplent la gloire de leur Créateur, aussi peuvent-ils voir tout ce qui s’accomplit dans la créature.
9. Au riche lui demandant d’envoyer Lazare, Abraham répond aussitôt : «Ils ont Moïse et les prophètes, qu’ils les écoutent.» Mais ce riche, qui avait lui-même méprisé les paroles de son Dieu, ne croyait pas que ses héritiers voudraient les écouter plus que lui. C’est pourquoi il répond : «Non, mon père; mais si quelqu’un des morts va les trouver, ils le croiront.» Et Abraham de lui répondre avec beaucoup de vérité : «S’ils n’écoutent pas Moïse et les prophètes, quand bien même quelqu’un ressusciterait des morts, ils ne le croiraient pas.» En effet, ceux qui méprisent les paroles de la Loi accompliront d’autant plus difficilement les préceptes du Rédempteur ressuscité des morts que ces préceptes sont plus exigeants. Car ce à quoi la Loi nous engage est bien moindre que ce que nous commande le Seigneur. La Loi prescrit de donner la dîme, et notre Rédempteur commande à ceux qui veulent être parfaits de tout laisser. La Loi interdit les péchés de la chair, et notre Rédempteur condamne aussi les mauvaises pensées (cf. Mt 5, 28). «S’ils n’écoutent pas Moïse et les prophètes, quand bien même quelqu’un ressusciterait des morts, ils ne le croiraient pas.» En effet, comment ceux qui négligent d’accomplir les préceptes bien inférieurs de la Loi trouveraient-ils la force d’obéir aux commandements plus élevés de notre Sauveur? Et c’est, sans aucun doute, refuser de croire en lui que de ne pas vouloir accomplir ses paroles.
Nous en avons dit assez pour commenter ce récit.
10. Mais vous, mes frères, qui savez de quel repos a joui Lazare et de quelle punition le riche a été frappé, montrez-vous avisés : cherchez-vous des intercesseurs pour vos fautes et procurez-vous des avocats pour le jour du jugement en la personne des pauvres. Car vous avez maintenant des Lazare en abondance; ils sont là, gisant devant vos portes, et ils ont besoin de ce qui tombe chaque jour de la table dont vous vous relevez rassasiés.
Les paroles du texte sacré doivent nous apprendre à accomplir les commandements de l’amour. Tous les jours, nous trouverons des Lazare, si nous les cherchons. Tous les jours, nous en rencontrerons même sans les rechercher. Voici que les pauvres viennent nous importuner de leurs demandes, mais demain, ce sont eux qui intercéderont pour nous. N’est-ce pas bien plutôt nous qui devrions leur demander? Et c’est pourtant à nous qu’on demande. Considérez si nous devons refuser ce qu’on nous réclame, quand ce sont nos futurs avocats qui nous le réclament. Ne laissez donc pas s’écouler en pure perte le temps de la miséricorde, ne négligez pas les remèdes qui vous sont donnés. Pensez au supplice avant que l’heure n’en soit venue.
Lorsque vous voyez en ce monde de pauvres miséreux, ne les méprisez pas, même si vous croyez découvrir en eux quelque chose à reprendre, car ceux qui souffrent de quelque faiblesse morale peuvent fort bien guérir par les remèdes de la pauvreté. Si vous rencontrez en eux quelque chose de vraiment blâmable, faites-le servir, si vous le voulez bien, à votre plus grande récompense; tirez de leurs vices mêmes des occasions d’accroître votre charité, en leur donnant à la fois le pain et la parole : le pain qui restaure, et la parole qui corrige. Qu’ils reçoivent ainsi de vous deux aliments là où ils n’en cherchaient qu’un : que la nourriture les rassasie au-dehors, et la parole au-dedans. Par conséquent, si un pauvre paraît mériter des reproches, il faut l’avertir, non le mépriser. Et si l’on n’a rien à lui reprocher, il a droit à toute notre vénération, puisqu’il sera un jour notre intercesseur. Il est vrai que nous voyons bien des pauvres, et que nous ne pouvons connaître les mérites de chacun. Il nous faut donc tous les respecter : il t’est d’autant plus nécessaire de te montrer humble avec tous que tu ignores lequel d’entre eux est le Christ.
11. Je vais vous raconter un fait que mon frère prêtre, Speciosus, qui se trouve ici, a bien connu. A l’époque où je suis entré au monastère, une vieille femme nommée Redempta, qui portait l’habit monastique, demeurait dans notre ville près de l’église de la bienheureuse Marie toujours Vierge. Elle avait été disciple de cette Herundo, femme très vertueuse qui, dit-on, avait mené la vie érémitique sur les monts de Préneste.
Redempta avait deux disciples, religieuses comme elle : l’une nommée Romula, et une autre encore en vie, que je connais de vue, mais dont le nom m’échappe. Ces trois femmes menaient dans un même logis une vie riche en vertus, mais pauvre en biens terrestres. Cette Romula dont j’ai parlé devançait par les grands mérites de sa vie sa compagne que j’ai mentionnée. Elle était d’une patience admirable, d’une très grande obéissance; elle savait imposer le silence à sa bouche, et mettait beaucoup de zèle à s’adonner à une prière continuelle.
Mais ceux que les hommes jugent déjà parfaits ont encore souvent quelques défauts aux yeux du céleste Artisan. N’en est-il pas de même quand nous, profanes en la matière, voyons des statues encore inachevées et les admirons comme déjà parfaites, alors que l’artiste, lui, les examine et les retouche encore, sans que les éloges entendus le fassent cesser de les retravailler pour les améliorer? Voilà pourquoi cette Romula dont j’ai parlé fut frappée de la maladie que les médecins appellent d’un nom grec «paralysie». Bien des années, elle dut rester au lit, ayant perdu l’usage de presque tous ses membres. Mais ces épreuves ne purent susciter en elle d’impatience. Ce qui causait du tort à ses membres était tout au bénéfice de ses vertus, car elle s’adonnait avec d’autant plus de zèle à la prière qu’elle ne pouvait plus rien faire d’autre.
Une nuit, elle appela cette Redempta dont j’ai parlé, et qui montrait la même attention pour ses deux disciples que si elles avaient été ses filles : «Mère, venez! Mère, venez!» Aussitôt, Redempta se leva, de même que l’autre disciple. C’est grâce à leur double témoignage que ces faits furent connus de nombreuses autres personnes, et que je les ai moi-même appris dès cette époque.
Au milieu de la nuit, comme les deux femmes entouraient le lit de la malade, une lumière céleste emplit soudain toute la cellule1. Sa splendeur jaillit avec un tel éclat que leur cœur fut saisi d’une terreur indicible; tout leur corps, comme elles l’ont dit par la suite, devint raide, et elles restèrent figées de stupeur. Elles commencèrent à entendre un bruit semblable à celui d’une grande multitude qui entrait; la porte de la cellule était ébranlée comme si elle était bousculée par cette foule qui entrait. Elles percevaient, comme elles l’ont dit, cette multitude de gens qui pénétraient, mais elles ne voyaient rien, à cause de leur terreur et de la lumière excessive. La crainte leur faisait baisser les yeux, et l’intensité de la lumière les éblouissait. Celle-ci fut aussitôt accompagnée d’un parfum merveilleux, dont la suavité réconforta leurs âmes terrifiées par le rayonnement de la lumière. Mais comme la clarté était d’un éclat impossible à supporter, Romula, d’une voix bien douce, se mit à rassurer Redempta, sa maîtresse spirituelle, qui tremblait auprès d’elle : «Ne craignez pas, ma mère, je ne meurs pas tout de suite.» Et pendant qu’elle répétait ces paroles, la lumière qui avait envahi la pièce s’atténua peu à peu, mais la bonne odeur qui l’avait suivie subsista. Le lendemain et le surlendemain passèrent sans que disparût l’odeur du parfum répandu.
La quatrième nuit, Romula appela de nouveau sa maîtresse. Quand celle-ci fut venue, elle lui demanda le viatique, qu’elle reçut. Or, comme Redempta et son autre disciple étaient encore près du lit de la malade, voici que se trouvèrent tout à coup sur la place devant la porte de la cellule deux chœurs qui psalmodiaient. Selon ce qu’elles en ont dit ensuite, elles reconnaissaient des voix d’hommes et de femmes : les hommes chantaient les psaumes, et les femmes leur répondaient. Et tandis qu’on célébrait ces obsèques célestes devant la cellule, l’âme sainte fut délivrée des liens de la chair. Elle fut conduite au Ciel, et à mesure que les chœurs qui psalmodiaient s’élevaient, la psalmodie se faisait de moins en moins distincte, jusqu’à ce que son chuchotement s’estompe dans le lointain en même temps que le parfum suave.
12. Aussi longtemps que Romula a vécu en ce corps, qui lui aurait donc rendu honneur? Tout le monde la considérait sans mérite, et tous la méprisaient. Qui l’aurait jugée digne d’une visite? Qui se serait soucié d’aller la voir? Mais dans le fumier se cachait la perle de Dieu. Ce fumier dont je parle, mes frères, c’est son corps en tant que voué à la corruption; c’est aussi l’ignominie de sa pauvreté. Mais la perle cachée dans le fumier en a été tirée; elle est devenue un ornement pour le Roi céleste; et la voilà qui brille parmi les citoyens du Ciel, la voilà qui étincelle parmi les pierres de feu du diadème éternel.
O vous qui êtes riches en ce monde, soit que vous croyiez l’être, soit que vous le soyez réellement, faites, si vous le pouvez, la comparaison de vos fausses richesses avec les vraies richesses de Romula. Vous ne possédez sur le chemin du monde que des choses qu’il vous faudra quitter; elle, elle n’a rien recherché sur cette route, et elle a tout trouvé à l’arrivée. Vous menez une vie joyeuse, mais vous redoutez une triste mort; elle, elle a supporté une triste vie, mais elle est parvenue à une mort joyeuse. Vous cherchez à plaire aux hommes en ce monde; elle, elle est restée ignorée des hommes, mais elle a trouvé l’amitié des chœurs angéliques. Apprenez donc, mes frères, à mépriser tout ce qui est éphémère, apprenez à dédaigner l’honneur transitoire pour n’aimer que la gloire éternelle.
Honorez les pauvres que vous avez sous les yeux. Vous les voyez au-dehors méprisés en ce siècle : considérez-les au-dedans comme les amis de Dieu. Partagez avec eux ce que vous avez, pour qu’ils daignent un jour partager avec vous ce qu’ils ont. Méditez ces paroles sorties de la bouche du Maître des nations : «Que votre superflu vienne suppléer en la circonstance à leur pénurie, afin que pareillement leur superflu pourvoie à votre pénurie.» (2 Co 8, 14). Méditez aussi le mot de la Vérité en personne : «Toutes les fois que vous l’avez fait à l’un des plus petits d’entre mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.» (Mt 25, 40). Pourquoi mettre si peu d’entrain à donner? Ce que vous accordez au malheureux qui gît à terre, n’est-ce pas à celui qui siège dans les cieux que vous l’offrez?
Que le Dieu tout-puissant, qui parle à vos oreilles par ma bouche, daigne parler lui-même à vos âmes, lui qui, étant Dieu, vit et règne avec le Père dans l’unité du Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles. Amen.
INDEX ANALYTIQUE
- A -
Abraham vit le jour du Christ : 18, 3
Abstinence :
– vertus dont elle doit s’entourer : 16, 6
– doit éviter la vaine gloire : 32, 3-4 – 37, 5
Acacia épineux, figure des prédicateurs : 20, 13
Acception de personnes : 28, 2
Actions du Seigneur, sont des enseignements : 2, 1 – 17, 1
Agneau Pascal, signification du rituel de l’Ancien Testament : 22, 7-9
Agnès : 11, 3
Ambassade à envoyer à Dieu avant le jugement : 37, 6-9
Amis de Dieu :
– dignité et exigence de cette amitié : 27, 4
– établis pour porter un fruit d’éternité : 27, 5
– la foi seule ne suffit pas à la perfection de cette amitié : 38, 12
Amos, transformé par le Saint-Esprit : 30, 8
Amour :
– ne peut rester oisif : 30, 1-2
– s’exprime par des actes : 14, 4
– distinction amour de charité – amour charnel : 27, 1
– commandement d’aimer ses ennemis : 37, 2
– ce que doit être l’amour du prochain : 37, 2 – 38, 11
– est connaissance : 27, 4
André, promptitude à répondre à l’appel du Christ : 5, 1
Anges :
– comment mériter d’être appelé un ange : 6, 6
– le Christ les réconcilie avec les hommes : 8, 2
– pourquoi ils apparaissent vêtus de blanc : 21, 2 – 29, 9
– symbolisent les deux Testaments : 25, 3
– leurs pertes sont comblées par les hommes : 21, 2
– leurs neuf ordres : 34, 8-10
– comment suivre leur exemple : 34, 11
– lesquels sont envoyés : 34, 12
Apostolat des laïcs : 6, 6
Apôtres :
– quittent promptement leurs biens pour suivre le Christ : 5, 1
– leur faiblesse avant la Pentecôte et leur force après : 30, 8
Arche de Noé, figure de l’Eglise : 38, 8
Ascension :
– figurée dans une parabole : 9, 1
– pourquoi le Christ mange auparavant : 29, 1
– préfigurée par les disparitions d’Elie et Enoch : 29, 6
– les anges y apparaissent vêtus de blanc : 29, 9
– ce qu’y gagne l’humanité : 29, 10
– suivre Jésus par le cœur en ne désirant plus que le Ciel : 29, 11
Astrologie : 10, 5
Aumône :
– son éloge : 20, 11 – 40, 10
– partager le nécessaire : 20, 11
– sera rendue au jour du jugement : 32, 8
– figurée par les cheveux de Madeleine : 33, 5
Avènement du Christ (le second) : 1, 1 – 1, 6
Aveugle de Jéricho, guéri par Jésus : 2, 1
- B -
Baptême de pénitence, prêché par Jean : 20, 2
Bâton à la main, figure de la charge pastorale : 22, 9
Bavardage, sévèrement puni en enfer : 40, 5
Bonne volonté, Dieu la prend en considération : 5, 3
Bon Pasteur : 14, 1
Bourse, figure la sagesse cachée et inutile : 17, 5
Brebis perdue : 34, 3
Buis, figure les enfants croyants : 20, 13
- C -
Cassius, évêque :
– célébrait la messe tous les jours : 37, 9
– mort annoncée à l’avance : 37, 9
Cèdre, figure les saints (bonne odeur du Christ) : 20, 13
Charité :
– celui qui ne l’a pas perd tout ce qu’il croit avoir : 9, 6
– consiste à aimer Dieu et le prochain : 17, 1 – 26, 3 – 38, 11
– figurée par la robe nuptiale : 38, 9
– brûle toujours dans le cœur : 34, 1
Chasteté :
– figurée par les reins ceints : 13, 1 – 22, 9
– progrès de cette vertu d’Enoch à Notre-Seigneur : 29, 6
Chemins tortueux et raboteux : 20, 6
Chœurs des anges : 34, 6-11
Christ :
– la nature a confessé sa divinité : 10, 2
– croire en sa divinité : 22, 3 – 22, 8 – 26, 8
– le croire égal au Père : 25, 6
– ses deux natures : 10, 6 – 16, 4
– son unique personne : 38, 3
– pourquoi et comment il est tenté : 16, 2-3
– l’exemple qu’il nous donne par sa tentation : 16, 3
– seul il est sans péché : 39, 8
– sa douceur : 18, 1-2 – 18, 4
– son humilité : 28, 2
– pourquoi il est ressuscité : 21, 6
– sa mort est la mort de la mort : 22, 6
– sa victoire sur le diable : 25, 8
– en quel sens il est lumière : 34, 6
– pour aller au Ciel, il faut avoir son esprit : 24, 6
– il faut l’imiter : 2, 8 – 18, 2 – 24, 5
– trouver refuge en lui à la mort : 39, 9
– se rend proche des disciples d’Emmaüs qui parlent de lui : 23, 1
Ciel :
– en désirer les joies : 14, 6
– grandeur de ces joies : 37, 1
Commandements de Dieu :
– comment ils sont tous contenus dans celui d’aimer : 27, 1
– plus exigeants dans le Nouveau Testament : 40, 3 – 40, 9
Compassion :
– moyen de porter notre croix : 32, 4
– doit éviter de devenir une fausse bonté : 32, 4 – 37, 4-5
– nécessaire aux prêtres : 33, 3
– figurée par les larmes de Madeleine : 33, 5
– la vraie justice ne va pas sans elle : 34, 2
– son utilité : 39, 10
– les élus n’en éprouvent pas envers les damnés : 40, 7
Componction :
– les prêtres doivent laver leurs péchés par les larmes : 17, 10
– y exciter les mauvais supérieurs : 31, 5
– fait revenir l’âme à Dieu : 39, 5
Confession des péchés :
– son rôle : 26, 6
– Jésus donne une force qui y pousse : 33, 8
Conversion :
– l’obstacle qu’y opposent nos vices : 2, 3
– peut toujours être espérée : 20, 6-7
Corps du Christ ressuscité :
– palpable, mais incorruptible : 26, 1
– foi dans sa réalité : 29, 1
Crainte de Dieu :
– empêche de se montrer négligent : 1, 1 – 32, 9
– motivée par l’imperfection des actions : 39, 3
Croix, deux façons de la porter : 32, 3 – 37, 5
Curiosité envers autrui, pourquoi il faut l’éviter : 36, 4
- D -
Daniel, transformé par le Saint-Esprit : 30, 8
David :
– son humilité : 7, 4
– transformé par le Saint-Esprit : 30, 8
– répare sa faute passée : 34, 16
Délices spirituelles et charnelles, ce qui les différencie : 36, 1
Demande (prière de), conditions de sa légitimité : 27, 7
Denys l’Aréopagite, son identité, ses vues sur les anges : 34, 12
Désir de Dieu, s’accroît de ne pas trouver satisfaction : 25, 2
Désirs de la chair :
– les mettre à mort est une forme de martyre : 3, 4
– les maîtriser, c’est perdre sa vie pour la gagner : 32, 5
– figurés par la canicule qui brûle à midi : 33, 7
Destin, n’est pas prédéterminé par les astres : 10, 5
Détachement :
– rendu facile par l’écroulement du monde : 4, 2
– nous rend semblables aux colombes : 5, 4
Diable :
– pourquoi il put tenter le Christ au désert : 16, 1
– comment il a été pris à l’hameçon par le Christ : 25, 8
– son joug a été détruit par le Saint-Esprit : 26, 4
– sa tactique pour pousser l’homme à la haine : 27, 2
– passe dans notre âme en y semant des désirs impurs : 31, 7
Don de soi, donner ses biens puis sa vie : 14, 1
Douceur de Jésus : 18, 4-5
Drachme perdue, figure l’homme créé à l’image de Dieu : 34, 6
- E -
Eglise :
– symbolisée par Pierre courant au tombeau avec Jean : 22, 2
– renferme aussi des pécheurs : 19, 5
– appelée Royaume des cieux : 12, 1 – 19, 1
– rassemble plus de mauvais que de bons : 38, 7
– semblable à un filet contenant bons et mauvais : 11, 4
– comporte divers ordres de chrétiens : 34, 11
– une seule et même Eglise sous les deux Testaments : 19, 1
Elie, son enlèvement se distingue de l’Ascension du Christ : 29, 5
Elus, personne ne peut avoir la certitude d’en être : 38, 14-16
Encens, figure de la divinité du Christ et de la prière : 10, 6
Enfer :
– le redouter : 11, 4
– châtiment de ceux qui refusent l’invitation aux noces : 38, 5
– le mauvais riche y souffre cruellement : 40, 2
– tout contribue à en augmenter les souffrances : 40, 8
Espérance, ne trompe pas : 32, 9
Esprit-Saint :
– envoyé deux fois aux apôtres : 26, 3
– nécessité de ses lumières : 26, 3
– ses manifestations visibles : 30, 3
– orne les âmes des prédicateurs : 30, 7
– fait comprendre l’Evangile : 30, 3
– transforme les âmes qu’il remplit : 30, 8-9
– visible dans ses œuvres (les saints) : 30, 10
Etienne, exemple de patience : 35, 8
Etoile, annonce la naissance de Jésus aux mages : 10, 1
Exemples, convertissent mieux que les mots : 39, 10
Evêques, successeurs des apôtres : 26, 5
- F -
Faon, figure du Christ dans le Cantique : 33, 7
Félicité, son exemple : 3, 3
Femme courbée redressée : 31, 1-2
Festin de l’éternité : 13, 4
Fêtes de la terre, doivent nous faire désirer celles du Ciel : 26, 10
Feu :
– Dieu est un feu incorporel : 30, 5
– symbole de la ferveur qui doit embraser les élus : 30, 5
– figure le zèle du repentir : 30, 6
– celui de l’amour ôte la rouille des péchés : 30, 5 – 33, 4
Fidèles (ceux qui ont la foi) :
– comment ils peuvent devenir des anges : 6, 6
– leurs pouvoirs : 29, 4
Figuier stérile, figure de la nature humaine infructueuse : 31, 1-2
Filet lancé dans la mer :
– représente la sainte Eglise : 11, 4
– celui de la deuxième pêche miraculeuse symbolise le Ciel : 24, 4
Fin du monde :
– se réjouir de son approche : 1, 3
– malheurs qui l’annoncent : 1, 1 – 35, 1
Foi :
– attestation de ce qui ne peut être vu : 26, 8
– réclame une respectueuse recherche de l’intelligence : 22, 8
– doit se prouver par les œuvres : 26, 9 – 29, 3
– exige de croire à l’omniprésence de la divinité du Christ : 28, 1
– plus répandue quand elle est sans risques : 32, 6
– n’est véridique que si elle sait pardonner les offenses : 32, 6
– nous sauve : 33, 4
Fruits de pénitence, doivent être dignes : 20, 8
Fumier, figure du rappel des péchés : 31, 5
- G -
Gabriel : 34, 9
Galilée, sens de ce nom : 21, 5
Gordiana (tante de saint Grégoire), son inconstance : 38, 15
Grâce de Dieu, comment elle a converti un homme dissolu : 19, 7
Grégoire :
– ses ennuis de santé, sa maladie d’estomac : 21, 1 – 22, 1 – 34, 1
– ses saintes tantes : 38, 15
- H -
Habitation de Dieu en l’âme : 30, 1
Haïr ses proches signifie les fuir s’ils s’opposent au bien : 37, 2
Homme, comment il est un microcosme de toutes les créatures : 29, 2
Honneur de Dieu, l’affirmer en soi contre les vices : 8, 2
Hospitalité, recommandée par des paroles et un exemple : 23, 2
Humilité :
– maîtresse et gardienne des vertus : 7, 4
– élève devant Dieu : 28, 2-3 – 40, 3
– pécher, c’est être orgueilleux : 36, 4
– exemple du Christ : 28, 2
- I -
Incarnation :
– assimilée aux noces du Fils de Dieu avec l’Eglise : 38, 3
– figurée par les pieds de Jésus, baisés par Madeleine : 33, 6
– Jean se considère indigne d’en sonder le mystère : 7, 3
– Dieu y prend une nature étrangère et s’y fait nourriture : 8, 1
– les deux natures du Christ : 10, 6 – 16, 4
Invisible, connu par le visible : 11, 1
Invitation pour le Ciel : 36, 2
- J -
Jean-Baptiste :
– le temps de sa prédication : 20, 1
– ce qu’il voulait apprendre du Christ par ses envoyés : 6, 1
– éloge de ses vertus : 6, 2-3
– son humilité : 7, 1 – 20, 4
– son baptême ne purifiait pas du péché : 7, 3 – 20, 2
Jéricho signifie la lune et représente la faiblesse humaine : 2, 2
Jésus, signification de son nom : 21, 4
Jeûne :
– pourquoi la sainte Quarantaine : 16, 5
– celui qui plaît à Dieu : 16, 6
Juge (Dieu) :
– son avènement sera terrible : 1, 1 – 1, 6 – 12, 4 – 26, 10-11 – 29, 11
– se préparer à sa rencontre : 1, 6 – 4, 5
– revient demander des comptes : 9, 1
– figuré par l’époux qui revient pendant la nuit : 12, 3-5
– les pasteurs doivent le faire craindre aux fidèles : 17, 9
– les insondables jugements de Dieu : 4, 1
Juif (peuple) :
– sa dureté de cœur : 10, 2
– symbolisé par le pharisien Simon : 33, 5
– représenté par le mauvais riche : 40, 2
– pourquoi il est appelé le premier : 4, 1
– se convertira à la fin des temps : 22, 5
Justice, la fausse et la véritable, les signes pour les distinguer : 34, 2
- L -
Lampe allumée, figure de la Sagesse de Dieu incarnée : 34, 6
Langues, forme sous laquelle le Saint-Esprit se manifeste : 30, 4-5
Lazare (le pauvre) :
– figure des païens : 40, 2
– ses grands mérites : 40, 4
Lazare (saint), ce que symbolise sa résurrection : 26, 6
Léviathan, pêché à l’hameçon par le Christ : 25, 8-9
Loup :
– figure du démon ou de l’oppresseur des humbles : 14, 2-3
– disciples envoyés comme des agneaux au milieu des loups : 17, 4
Lucifer, premier de tous les anges : 34, 7
- M -
Mages, signification de leurs présents : 10, 6
Marie :
– son enfantement virginal : 26, 1
– son sein est la chambre nuptiale du Christ et de l’Eglise : 38, 3
Marie-Madeleine :
– au tombeau : 25, 1-6
– annonce la Résurrection aux apôtres : 25, 6
– aux pieds de Jésus : 33, 1-4
– modèle des pénitentes : 33, 2
– figure des païens convertis : 33, 5
Martyre, deux sortes : 35, 7
Martyrius, son exemple : 39, 10
Martyrs :
– leur certitude de la vie éternelle : 32, 7
– leur intercession : 32, 9
– sont honorés, mais leurs persécuteurs tombent dans l’oubli : 38, 5
Matthieu, transformé par le Saint-Esprit : 30, 8
Mauvais chrétiens, redoutent la conversion : 9, 3
Mépris du monde, amène l’homme à la conversion : 36, 7
Mercenaires (distingués du Bon Pasteur), qui ils sont : 14, 2
Mère du Seigneur, comment le devenir : 3, 2
Messe, l’admirable vertu de sa célébration : 37, 8
Métiers qui ne peuvent être repris après la conversion : 24, 1
Michel : 34, 9
Miracles du Christ :
– leur signification morale : 2, 1
– leur raison d’être : 4, 3
Miséricorde divine :
– elle demeure toujours libre de s’exercer ou non : 4, 1
– envers les pécheurs : 25, 9-10 – 30, 6 – 33, 8 – 34, 4
– avoir confiance en elle : 34, 18
Moïse :
– puissance de sa prière devant Dieu : 27, 8
– figure du décalogue : 33, 8
Moisson abondante : 17, 3
Monde :
– sa fin approche : 1, 1
– se réjouir que sa fin soit proche : 1, 3
– vieillit : 1, 5
– ses divers âges : 19, 1
Mort :
– figurée par le sommeil des vierges : 12, 2
– son heure est inconnue, s’y préparer : 13, 6
– tous les biens présents passent en un instant à la mort : 39, 8
Murmure des ouvriers de la vigne : 19, 4
Myrrhe, figure la chair mortelle du Christ et la mortification : 10, 6
Myrte, figure ceux qui compatissent : 20, 13
Mystères cachés : 22, 8
- N -
Nature humaine, sa dignité : 8, 2
Noël, le pape y célèbre trois fois la messe : 8, 1
Nourriture :
– Dieu se fait notre nourriture à Noël : 8, 1
– le prédicateur mérite sa nourriture par son labeur : 17, 7
- O -
Œuvres de miséricorde, leur nécessité : 39, 10
Or, figure de la royauté du Christ et de la sagesse : 10, 6
Orgueil :
– maladie de l’âme d’autant plus grave que non consciente : 33, 3
– source du mépris qu’on a pour autrui : 34, 2
– le pécheur cache son orgueil sous un dehors d’humilité : 36, 4
Orme, figure ceux qui aident les prédicateurs de leurs deniers : 20, 13
Ouvriers de la onzième heure : 19, 1-3
- P -
Paix :
– revient sur le prédicateur qui n’a pas été écouté : 17, 6
– laissée ici-bas, donnée là-haut : 30, 3
– fausse paix de l’âme pervertie : 39, 3
Pancrace : 27, 9
Pâques, la plus grande des solennités : 22, 6
Paraclet, Consolateur ou Défenseur : 30, 3
Pardon des offenses : 27, 7-8
Parole de Dieu :
– le ciel et la terre passeront, non la parole de Dieu : 1, 4
– doit se conserver dans l’âme pour la nourrir : 15, 2
– doit être entièrement assimilée : 22, 8
– doit être mise en pratique pour être comprise : 23, 2
Paroles oiseuses : 6, 6
Passion du Christ, prédite aux apôtres pour les encourager : 2, 1
Pasteur :
– sa charge : 17, 9
– un salaire lui est dû pour entretenir sa vie : 17, 7
– réprimande aux pasteurs qui n’agissent pas : 17, 8 – 17, 17-18
– le peuple est puni du fait des péchés des pasteurs : 17, 16
Patience :
– nécessaire pour porter du fruit : 15, 4
– louange de cette vertu : 35, 4
– la vraie et la fausse : 35, 5
– exemples insignes de cette vertu : 15, 5 – 35, 8
– les trois ordres où elle trouve à s’exercer : 35, 9
Patience de Dieu, elle accroîtra la rigueur de son jugement : 13, 5
Patrie (le Ciel), y revenir par un autre chemin comme les mages : 10, 7
Paul :
– transformé par le Saint-Esprit : 30, 8
– comparé à Victorinus : 34, 18
Pauvres :
– il faut en faire ses intercesseurs : 40, 10
– doivent être honorés : 40, 10-12
– figurés par les pieds du Seigneur : 33, 5
– invités au souper du Ciel, après le refus des orgueilleux : 36, 6
Pauvreté (esprit de), nécessaire pour lutter contre le démon : 32, 2
Pêches miraculeuses, comparaison des deux : 24, 2
Péché :
– sa répétition courbe l’âme vers la terre : 31, 7
– tous en sont souillés, sauf le Christ : 39, 8
– source d’aveuglement : 18, 2
– y renoncer, c’est se quitter soi-même : 32, 2
– tous les biens terrestres lui servent : 35, 1
– peut rendre plus miséricordieux envers le prochain : 21, 4
Pécheur pénitent, en quel sens il réjouit le Ciel plus que le juste : 34, 4
Pénitence :
– faire pénitence tant qu’il est temps : 12, 7 – 13, 5
– ne sera plus possible au jour du jugement : 12, 5
– sa puissance : 20, 15
– est parfaite en Marie-Madeleine : 33, 2
– vraie : 34, 15
– est couronnée : 34, 18
– comment ravir le Royaume des cieux par violence : 20, 14-15
– utile même aux justes : 34, 5
Pensées mauvaises : 2, 4
Pentecôte, fête égale à Noël : 30, 9
Père (Dieu), sa relation à son Fils Jésus et à nous : 25, 6
Perle rare, image de la vie céleste : 11, 2
Persécutions annoncées par Jésus pour la fin du monde : 35, 2
Persévérance, donne leur efficacité aux bonnes œuvres : 25, 1
Pierre :
– promptitude à répondre à l’appel de Jésus : 5, 1
– pourquoi Dieu a permis sa chute : 21, 4
– l’Eglise lui a été confiée : 24, 4
– exemple de la miséricorde de Dieu : 25, 10
– transformé par le Saint-Esprit : 30, 8
– premier ouvrier de la vigne du Seigneur : 31, 3
Pierres du sanctuaire dispersées : 17, 15
Plaisirs :
– étouffent la Parole de Dieu : 15, 3
– empoisonnés par Dieu pour nous ramener à lui : 36, 9
Pleurs et grincements de dents : 11, 5
Poissons :
– leur nombre lors de la seconde pêche miraculeuse : 24, 4
– poisson grillé, figure de Jésus en sa Passion : 24, 5
– poissons ailés, figures des chrétiens : 31, 8
Possédé du démon, Jésus nie en être un : 18, 2
Pouvoir de lier et de délier (pouvoir des clés) : 26, 4-5
Prédestination, le nombre des prédestinés : 34, 11
Prédicateurs, figurés par les serviteurs qui invitent au souper : 36, 2
Prêtres :
– sont les anges du Seigneur : 6, 6
– leurs péchés : 17, 8 – 17, 13-16
– leur mauvaise vie, cause de la ruine du peuple : 39, 2
– doivent joindre componction, zèle, douceur, science : 17, 10-12
Prier :
– au nom de Jésus : 27, 6-7
– pour ses ennemis : 27, 8
– quand les pensées mauvaises nous oppriment : 2, 4
– avec larmes : 37, 7
– pour apaiser Dieu, irrité par nos péchés : 37, 10
Priscillianistes, réfutation de leur conception du destin : 10, 4-5
Providence, ses desseins cachés : 4, 1-2
- R -
Raphaël : 34, 9
Renoncement, en quoi il consiste : 32, 2
Respect humain :
– dénoncé par rapport à l’héroïsme de Félicité : 3, 4
– le braver en faisant réparation les premiers : 32, 6
Résurrection de la chair :
– révélée dans la résurrection du Christ et d’autres morts : 21, 6
– sa possibilité : 26, 12
Richesses, étouffent la Parole de Dieu : 15, 3
Rivage de la mer, figure de la fin du monde : 11, 4
Romula (vierge de grande vertu), sa mort sainte : 40, 11
Royaume de Dieu, tout proche : 4, 2
Royaume des cieux :
– peut désigner l’Eglise de la terre : 12, 1 – 32, 7
– en quel sens il souffre violence : 20, 14
- S -
Sacerdoce royal des fidèles : 31, 8
Saints, sont un moyen de connaître l’Esprit-Saint : 30, 10
Samson, figure du Christ ressuscité : 21, 7
Samuel, devient agréable à Dieu en priant pour ses ennemis : 27, 8
Sandale :
– symbole de l’Incarnation : 7, 3
– figure ceux qui s’excusent par l’exemple d’autrui : 17, 5
Sapin, figure les contemplatifs : 20, 13
Semeur, le Seigneur en a expliqué lui-même la parabole : 15, 1
Sens littéral :
– doit être assuré avant de rechercher le sens allégorique : 40, 1
– sert ordinairement à réformer les mœurs : 40, 1
Serviteurs envoyés, figurent les prophètes et les apôtres : 36, 10
Servulus, son admirable patience : 15, 5
Simonie : 4, 4 – 39, 2
Simplicité, figurée par la colombe : 30, 5
Souper de l’Agneau, figure de la vie éternelle : 24, 6 – 36, 2
Suaire, figure la peine que le Christ a prise pour notre salut : 22, 4
Suivre Jésus, c’est l’imiter par nos œuvres : 2, 8
Supérieurs mauvais : 31, 4
Synagogue :
– Jésus ne veut plus la reconnaître comme sa mère : 3, 1
– symbolisée par Jean courant au tombeau : 22, 2
- T -
Talents, leur sens symbolique : 9, 1
Tarsilla (tante de Grégoire), sa piété : 38, 15
Taureaux, figurent les Pères de l’Ancien Testament : 38, 4
Temple :
– annonce de sa destruction par les Romains : 39, 1
– figure de la vie des religieux : 39, 6
– figure de l’âme des fidèles : 39, 7
Ténèbres extérieures, en rapport avec les ténèbres intérieures : 38, 13
Tentation :
– ses trois phases (suggestion, délectation, consentement) : 16, 1
– trois types de tentations subies par Adam et le Christ : 16, 2-4
Théodore, sa conversion : 38, 16
Théophane, sa vertu : 36, 13
Thomas, combien son doute nous est utile : 26, 7
Tolérance des mauvais chrétiens, nécessaire ici-bas : 38, 7
Trésor caché dans un champ : 11, 1
- V -
Vaine gloire, l’éviter sous peine de perdre tout profit : 12, 1
Veilles de la nuit, figurent les trois âges de la vie : 13, 5
Vêtements luxueux, sont répréhensibles : 6, 3 – 40, 3
Viatique donné aux mourants : 40, 11
Victorinus, sa patience salutaire : 34, 18
Vieillesse du monde : 1, 5
Vie présente, temps de la pénitence : 12, 4
Vierges folles et prudentes : 12, 1
Vigilance :
– sa nécessité : 12, 6 – 13, 3
– Dieu menace ceux qui sont debout : 34, 15
Vigneron, figure des prélats qui cultivent la vigne du Seigneur : 31, 3
Visites de Dieu à sa vigne : 31, 3
Volailles grasses, figures des Pères du Nouveau Testament : 38, 4
Voluptés de la chair, détournent du Ciel : 36, 5
- Z -
Zachée, exemple de la miséricorde de Dieu : 25, 10
Index scripturaire
On trouvera ci-dessous la liste des références bibliques insérées dans la traduction des Homélies, et les références des quarante évangiles commentés (caractères plus gras).
Exemples : Genèse 3, 5 : 16, 2 signifie que le verset 5 du chapitre 3 de la Genèse est cité par saint Grégoire dans l’Homélie 16, au paragraphe 2 (les chiffres en italique renvoient aux passages qui se réfèrent à l’Ecriture Sainte sans toutefois la citer textuellement).
Exemples : Matthieu 2, 1-12 : 10 signifie que dans l’Homélie 10 sont commentés les versets 1 à 12 du chapitre 2 de S. Matthieu.
Genèse
1, 27-31 : 31, 6
3, 5 : 16, 2
3, 18 : 20, 13
3, 19 : 29, 10
4, 1-5 : 38, 7
4, 7 : 30, 3
5, 24 : 29, 6
6, 15 : 38, 8
9, 25-27 : 38, 7
19, 1 : 8, 2
21, 10 : 38, 7
27, 37 : 38, 7
37, 28 : 38, 7
46, 27 : 25, 4
Exode
3, 14 : 18, 3
7, 1 : 34, 11
12, 7-11 : 22, 7
13, 21-22 : 21, 3
17, 12 : 33, 8
20, 15 : 40, 3
20, 17 : 34, 16
25, 4 : 17, 11
25, 20 : 25, 3
26, 1 : 38, 10
32, 6 : 40, 5
33, 12 : 25, 5
33, 17 : 40, 3
37, 16 : 6, 6
38, 8 : 17, 10
Lévitique
19, 18 : 20, 11
38, 4
20 : 33, 8
21, 17-21 : 31, 8
25, 11 : 24, 4
27, 30 : 16, 5
Nombres
23, 10 : 15, 2
Deutéronome
32, 8 : 34, 11
32, 13 : 26, 3
33, 2 : 30, 5
Josué
5, 14 : 8, 2
Juges
16, 1-3 : 21, 7
1 Samuel
6, 12 : 37, 4
12, 23 : 27, 8
15, 17 : 7, 4
16, 6-13 : 7, 4
16, 18 : 30, 8
17, 35 : 7, 4
17, 49 : 7, 4
18, 27 : 7, 4
30, 11-20 : 36, 7
2 Samuel
5, 1-5 : 7, 4
6, 21-22 : 7, 4
11, 2-4 : 34, 16
23, 15 : 34, 16
23, 16 : 34, 16
1 Rois
7, 29 : 17, 12
2 Rois
2, 11 : 29, 5
Tobie
4, 8 : 20, 11
4, 15 : 38, 11
11, 7-8 : 34, 9
Job
1, 1 : 30, 5
26, 13 : 30, 7
28, 7 : 29, 10
30, 29 : 38, 7
31, 38-39 : 17, 8
40, 16 : 13, 1
22, 9
40, 23 : 26, 9
40, 25 : 25, 7
40, 26 : 25, 9
Psaumes
7, 12 : 13, 5
8, 2 : 29, 10
9, 5 : 34, 10
9, 19 : 35, 9
19, 2 : 38, 2
19, 5-6 : 38, 3
19, 6 : 29, 10
22, 16 : 22, 7
34, 6
24, 7-10 : 34, 9
25, 2 : 37, 6
26, 2 : 22, 9
33, 6 : 30, 7
34, 9 : 36, 1
38, 7 : 31, 7
40, 6 : 19, 5
41, 10 : 35, 3
42, 3 : 25, 2
45, 15 : 12, 1
47, 6 : 29, 10
50, 3 : 1, 6
50, 16 : 17, 3
51, 7 : 39, 8
51, 19 : 10, 7
55, 13-15 : 35, 3
56, 13 : 5, 3
59, 18 : 19, 7
60, 10 : 7, 3
63, 6 : 38, 4
65, 3 : 11, 4
65, 14 : 20, 3
66, 5 : 4, 1
68, 5 : 17, 2
68, 11 : 17, 9
68, 19 : 29, 10
68, 24 : 40, 2
69, 29 : 8, 1
72, 1 : 38, 3
73, 28 : 40, 2
80, 2 : 34, 14
81, 11 : 21, 1
82, 6 : 8, 2
88, 6 : 39, 9
95, 2 : 10, 7
96, 12-13 : 36, 8
102, 8 : 38, 8
104, 4 : 34, 8
104, 10 : 20, 3
105, 4 : 25, 2
105, 44-45 : 32, 7
109, 7 : 27, 7
110, 7 : 25, 7
115, 8 : 20, 9
116, 6 : 28, 3
127, 1 : 18, 2
127, 2-3 : 27, 5
139, 16 : 24, 6
38, 12
139, 17-18 : 27, 4
141, 2 : 10, 6
141, 5 : 12, 3
143, 2 : 39, 8
146, 4 : 39, 4
Proverbes
1, 24-28 : 12, 5
1, 28 : 36, 10
2, 14 : 39, 3
9, 17 : 22, 8
12, 7 : 32, 2
14, 13 : 10, 7
16, 32 : 35, 5
19, 11 : 35, 5
21, 20 : 10, 6
21, 30 : 10, 3
28, 14 : 39, 3
Ecclésiaste (Qo)
2, 2 : 10, 7
6, 7 : 40, 2
7, 4 : 10, 7
7, 20 : 39, 8
9, 10 : 13, 6
11, 9 : 13, 5
12, 11 : 6, 4
Cantique des cantiques
1, 2 : 33, 6
1, 4 : 29, 10
1, 6 : 17, 14
1, 7 : 33, 7
2, 2 : 38, 7
2, 6 : 21, 2
2, 8 : 29, 10
3, 1-4 : 25, 2
Cantique (suite)
5, 5 : 10, 6
5, 6 : 25, 2
5, 8 : 25, 2
8, 6 : 11, 2
Sagesse
5, 20 : 35, 1
7, 27-28 : 38, 2
Ecclésiastique (Si)
3, 30 : 20, 11
5, 4 : 13, 5
7, 36 : 39, 7
11, 25 : 39, 3
29, 12 : 20, 11
41, 14 : 17, 7
Isaïe
2, 2 : 33, 8
5, 21 : 7, 4
6, 6-7 : 34, 12
10, 27 : 26, 4
11, 2 : 24, 4
14, 13-14 : 34, 9
21, 11 : 18, 2
26, 9 : 25, 2
26, 10 : 13, 4
30, 20-21 : 34, 17
33, 15 : 4, 4
40, 3 : 17, 2
20, 3
Isaïe (suite)
40, 6 : 8, 1
40, 7 : 13, 6
41, 18-20 : 20, 12
51, 23 : 31, 7
55, 6 : 12, 4
56, 10 : 40, 2
58, 3-4 : 16, 6
58, 6-7 : 16, 6
60, 8 : 5, 4
66, 1 : 38, 2
Jérémie
3, 1 : 33, 8
4, 22 : 9, 1
6, 11 : 22, 4
7, 16 : 27, 8
8, 6 : 33, 8
8, 7 : 39, 1
10, 23 : 39, 10
15, 1 : 27, 8
17, 9 : 36, 2
Lamentations
3, 64-65 : 22, 4
4, 1 : 17, 15
Ezéchiel
2, 6 : 38, 7
3, 26 : 17, 3
11, 19 : 20, 9
Ezéchiel (suite)
13, 5 : 14, 2
13, 19 : 26, 5
14, 16 : 20, 9
18, 24 : 34, 15
28, 12-13 : 34, 7
33, 11 : 33, 8
34, 23 : 17, 18
40, 9 : 38, 10
Daniel
7, 10 : 34, 12
13, 45-64 : 30, 8
Osée
2, 8-9 : 36, 9
4, 8 : 17, 8
4, 9 : 17, 14
13, 14 : 22, 6
Joël
1, 14 : 16, 6
1, 17 : 10, 6
31, 5
Amos
4, 4-5 : 22, 8
7, 14 : 30, 8
Michée
4, 1 : 20, 4
Habacuc
3, 11 : 29, 10
Sophonie
1, 14-16 : 1, 6
1, 15-16 : 12, 4
Aggée
2, 6 : 1, 6
12, 4
Zacharie
2, 7-8 : 34, 13
7, 5-6 : 16, 6
12, 10 : 13, 4
Malachie
2, 7 : 6, 6
3, 20 : 37, 4
Matthieu
2, 1-12 : 10
3, 4 : 40, 3
3, 7 : 6, 4
4, 1-11 : 16
4, 18-22 : 5
4, 19 : 30, 8
5, 5 : 2, 8
5, 13 : 17, 9
5, 16 : 11, 1
13, 1
Matthieu (suite)
5, 19 : 12, 1
5, 28 : 40, 9
5, 43 : 38, 4
5, 44 : 35, 4
38, 4
6, 8 : 2, 7
6, 12 : 27, 9
6, 33 : 27, 7
7, 12 : 38, 11
7, 13 : 38, 8
7, 14 : 22, 9
7, 15 : 17, 4
7, 21 : 39, 9
7, 22-23 : 29, 4
7, 23 : 40, 3
8, 6-7 : 28, 2
8, 11 : 13, 4
8, 11-12 : 40, 2
8, 22 : 2, 8
10, 5 : 29, 2
10, 5-10 : 4
10, 8 : 17, 13
10, 16 : 30, 5
10, 22 : 25, 1
10, 41 : 20, 12
10, 42 : 5, 2
11, 2-10 : 6
11, 9 : 3, 3
11, 12 : 20, 14
12, 36 : 6, 6
Matthieu (suite)
12, 46-50 : 3
13, 22 : 15, 1
13, 41 : 12, 1
32, 7
13, 44-52 : 11
14, 25 : 10, 2
24, 2
16, 19 : 39, 8
17, 12 : 7, 1
18, 12 : 34, 3
19, 6 : 37, 2
19, 16 : 37, 6
20, 1-16 : 19
20, 22 : 27, 4
20, 22-23 : 35, 7
22, 1-14 : 38
22, 39 : 20, 11
24, 20 : 12, 7
25, 1-13 : 12
25, 11-12 : 36, 10
25, 14-30 : 9
25, 32 : 19, 5
25, 35 : 23, 2
25, 40 : 23, 2
39, 10
40, 12
26, 39 : 35, 7
27, 32 : 32, 4
27, 42 : 21, 7
27, 45 : 10, 2
Matthieu (suite)
27, 51 : 10, 2
27, 52 : 10, 2
21, 6
28, 3 : 21, 3
28, 9 : 25, 5
28, 10 : 3, 2
28, 20 : 30, 2
Marc
1, 7 : 20, 4
11, 15 : 39, 2
11, 25 : 27, 8
12, 30-31 : 38, 10
16, 1-7 : 21
16, 9 : 33, 1
16, 14-20 : 29
Luc
1, 17 : 7, 1
1, 26 : 34, 8
1, 35 : 33, 7
38, 8
1, 79 : 33, 4
2, 1-14 : 8
2, 14 : 5, 3
2, 24 : 2, 8
2, 51 : 25, 6
3, 1-11 : 20
3, 11 : 27, 3
3, 15 : 20, 4
Luc (suite)
3, 21-22 : 30, 5
5, 8 : 9, 3
5, 27-28 : 30, 8
6, 25 : 2, 8
10, 7
6, 27 : 38, 11
6, 37 : 27, 9
6, 38 : 20, 11
7, 36-50 : 33
7, 39 : 25, 10
7, 47 : 25, 1
8, 4-15 : 15
9, 23-27 : 32
9, 62 : 24, 1
10, 1-9 : 17
11, 17 : 20, 1
11, 19 : 20, 9
11, 41 : 20, 11
12, 35-40 : 13
12, 49 : 30, 5
33, 8
12, 58 : 39, 5
13, 6-13 : 31
13, 25 : 23, 2
14, 11 : 20, 3
14, 16-24 : 36
14, 26-33 : 37
14, 33 : 32, 1
15, 1-10 : 34
15, 17 : 36, 7
Luc (suite)
16, 15 : 28, 2
16, 19-31 : 40
18, 31-43 : 2
19, 8 : 5, 2
40, 3
19, 13 : 17, 16
19, 41-47 : 39
21, 2 : 5, 2
21, 9-19 : 35
21, 10-11 : 1, 1
21, 25-33 : 1
23, 34 : 27, 2
23, 39-43 : 19, 3
20, 15
23, 43 : 20, 15
24, 13-35 : 23
24, 32 : 30, 5
24, 42-43 : 24, 5
24, 44 : 24, 2
Jean
1, 1 : 7, 2
25, 3
1, 1-3 : 25, 6
1, 11 : 8, 1
1, 14 : 25, 3
33, 6
1, 16 : 7, 3
1, 19-28 : 7
1, 21 : 3, 3
Jean (suite)
1, 23 : 20, 3
1, 29 : 6, 1
2, 14-16 : 4, 4
17, 13
3, 16 : 38, 9
3, 29 : 7, 3
3, 29-30 : 20, 4
3, 31 : 6, 1
4, 46-53 : 28
5, 46 : 40, 2
6, 41 : 8, 1
6, 51 : 24, 5
7, 39 : 26, 3
8, 46-59 : 18
10, 9 : 14, 5
10, 11-16 : 14
10, 27-28 : 14, 5
10, 30 : 25, 6
11, 2 : 33, 1
11, 43-44 : 26, 6
12, 24 : 8, 1
12, 26 : 2, 8
12, 32 : 22, 6
14, 6 : 2, 2
14, 23 : 7, 2
14, 23-31 : 30
14, 28 : 25, 6
14, 30 : 39, 8
15, 12-16 : 27
15, 26 : 26, 2
Jean (suite)
16, 23-24 : 27, 6
18, 6 : 18, 4
18, 17 : 30, 8
19, 30 : 37, 9
19, 37 : 13, 4
20, 1-9 : 22
20, 10 : 25, 1
20, 11-18 : 25
20, 19-31 : 26
21, 1-14 : 24
21, 16 : 24, 4
21, 18 : 3, 3
21, 20 : 39, 8
Actes des Apôtres
1, 4 : 29, 1
1, 9 : 29, 1
1, 9-10 : 29, 9
1, 16-17 : 38, 7
2, 1-4 : 26, 3
30, 1
2, 41 : 4, 1
4, 4 : 4, 1
4, 19-20 : 30, 8
5, 29 : 30, 8
5, 41 : 30, 8
6, 5 : 38, 7
7, 56 : 29, 7
7, 58 : 19, 6
8, 18-24 : 4, 4
Actes des Apôtres (suite)
9, 1-15 : 30, 8
9, 4 : 34, 18
16, 6 : 4, 1
20, 7-12 : 4, 3
20, 24 : 37, 3
21, 11 : 37, 3
21, 13 : 37, 3
28, 7-10 : 4, 3
Romains
2, 4-5 : 13, 5
2, 13 : 23, 2
8, 9 : 24, 6
8, 26 : 30, 3
11, 25-26 : 22, 5
12, 1 : 16, 5
12, 16 : 7, 4
12, 19 : 18, 4
13, 10 : 34, 11
13, 11 : 13, 3
1 Corinthiens
1, 23 : 6, 1
1, 24 : 25, 6
38, 2
1, 27 : 36, 6
4, 9 : 37, 6
5, 7 : 22, 7
7, 29-31 : 36, 12
7, 30 : 39, 3
1 Corinthiens (suite)
7, 33 : 36, 12
9, 11 : 17, 7
9, 27 : 32, 3
10, 4 : 26, 3
10, 11 : 36, 2
11, 3 : 22, 3
33, 6
12, 8-10 : 29, 10
12, 8-11 : 30, 7
13, 4 : 35, 4
14, 20 : 30, 5
14, 22 : 4, 3
10, 1
29, 4
15, 34 : 13, 3
15, 36 : 29, 2
15, 46 : 22, 2
2 Corinthiens
1, 4 : 20, 13
1, 12 : 12, 1
2, 15 : 20, 13
33, 5
3, 17 : 26, 4
5, 20 : 32, 6
6, 2 : 12, 4
8, 14 : 40, 12
11, 29 : 32, 3
12, 2 : 39, 8
12, 9 : 27, 6
Galates
2, 20 : 32, 2
3, 29 : 20, 9
Ephésiens
1, 21 : 34, 7
2, 14 : 14, 4
5, 8 : 21, 3
5, 25 : 37, 2
Philippiens
2, 6 : 16, 2
25, 6
2, 15-16 : 38, 7
Colossiens
1, 16 : 34, 7
1 Thessaloniciens
5, 2 : 12, 3
1 Timothée
2, 5 : 20, 3
21, 6
22, 3
39, 8
5, 23 : 4, 3
2 Timothée
2, 5 : 37, 1
Tite
1, 16 : 19, 5
26, 9
29, 3
Hébreux
2, 18 : 16, 1
10, 31 : 1, 6
11, 1 : 26, 8
32, 8
11,
12, 29 : 30, 5
13, 1-2 : 23, 2
Jacques
2, 26 : 19, 5
26, 9
3, 2 : 39, 8
4, 4 : 1, 3
5, 16 : 40, 2
1 Pierre
2, 2 : 25, 10
2, 9 : 31, 8
3, 3 : 6, 3
4, 9 : 23, 2
2 Pierre
2, 7-8 : 38, 7
1 Jean
1, 8 : 30, 6
39, 8
2, 2 : 25, 3
2, 4 : 14, 4
29, 3
30, 1
2 , 15 : 1, 5
2, 27 : 30, 3
3, 17 : 27, 3
4, 16 : 30, 1
4, 20 : 26, 3
30, 10
Jean
7-8 : 20, 12
Apocalypse
2, 13 : 38, 7
12, 7 : 34, 9
19, 9 : 24, 6
22, 9 : 8, 2
22, 17 : 6, 6
Classement des Homélies
selon l’ordre liturgique
(Missel Romain de 1962)
Evangile Homélie
Temporal
1er dimanche de l’Avent Lc 21, 25-33 1
2e dimanche de l’Avent Mt 11, 2-10 6
3e dimanche de l’Avent Jn 1, 19-28 7
4e dimanche de l’Avent Lc 3, 1-61 20
Noël (messe de Minuit) Lc 2, 1-14 8
Epiphanie Mt 2, 1-12 10
Septuagésime Mt 20, 1-16 19
Sexagésime Lc 8, 4-15 15
Quinquagésime Lc 18, 31-43 2
1er dimanche de Carême Mt 4, 1-11 16
2e jeudi de Carême Lc 16, 19-31 40
1er dimanche de la Passion Jn 8, 46-59 18
Pâques Mc 16, 1-7 21
Lundi de Pâques Lc 24, 13-35 23
Mercredi de Pâques Jn 21, 1-14 24
Jeudi de Pâques Jn 20, 11-18 25
Samedi de Pâques Jn 20, 1-9 22
1er dimanche après Pâques Jn 20, 19-31 26
2e dimanche après Pâques Jn 10, 11-16 14
Ascension Mc 16, 14-20 29
Pentecôte Jn 14, 23-31 30
Temporal (suite)
2e dimanche après la Pentecôte Lc 14, 16-24 36
3e dimanche après la Pentecôte Lc 15, 1-10 34
9e dimanche après la Pentecôte Lc 19, 41-47 39
Samedi des Quatre-Temps d’automne Lc 13, 6-17 312
19e dimanche après la Pentecôte Mt 22, 1-14 38
20e dimanche après la Pentecôte Jn 4, 46-53 28
Sanctoral
30 novembre : saint André Mt 4, 18-22 5
25 avril : saint Marc Lc 10, 1-9 17
14 juin : saint Basile le Grand Lc 14, 26-35 373
10 juillet : les sept frères martyrs Mt 12, 46-50 3
18 juillet : saint Camille de Lellis Jn 15, 12-16 27
22 juillet : sainte Marie-Madeleine Lc 7, 36-50 33
Commun des saints
Intret (pour plusieurs Martyrs) Lc 21, 9-19 35
Statuit (pour un saint Evêque) Mt 25, 14-234 9
Os justi (pour un saint Confesseur) Lc 12, 35-40 13
Loquebar (pour une Vierge Martyre) Mt 25, 1-13 12
Me expectaverunt (pour une V. Mart.) Mt 13, 44-52 11
Saint Grégoire n’y commente que les versets 6 à 13.
Saint Grégoire n’y commente que les versets 26 à 33.
L’Homélie 9 porte sur les versets 14 à 30.
Achevé d’imprimer le premier Mai deux mille en la solennité de Saint Joseph sur les presses de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux