Hernani (page 9)
Je suis Jean d’Aragon, grand-maître d’Avis, né
Dans l’exil, fils proscrit d’un père assassiné
Par sentence du tien, roi Carlos de Castille !
Le meurtre est entre nous affaire de famille.
Vous avez l’échafaud, nous avons le poignard.
Donc le ciel m’a fait duc, et l’exil montagnard.
Mais puisque j’ai sans fruit aiguisé mon épée
Sur les monts et dans l’eau des torrents retrempée,
Il met son chapeau.
Aux autres conjurés.
Couvrons-nous, grands d’Espagne !
Tous les Espagnols se couvrent.
À don Carlos.
Couvrons-nous, grands d’Espagne !Oui, nos têtes, ô roi,
Ont le droit de tomber couvertes devant toi !
Aux prisonniers.
— Silva, Haro, Lara, gens de titre et de race,
Place à Jean d’Aragon ! ducs et comtes, ma place !
Aux courtisans et aux gardes.
Je suis Jean d’Aragon, roi, bourreaux et valets !
Et si vos échafauds sont petits, changez-les !
Il vient se joindre au groupe des seigneurs prisonniers.
Doña Sol.
Ciel !
Don Carlos.
Ciel !En effet, j’avais oublié cette histoire.
Hernani.
Celui dont le flanc saigne a meilleure mémoire.
L’affront que l’offenseur oublie en insensé,
Vit, et toujours remue au cœur de l’offensé.
Don Carlos.
Donc je suis, c’est un titre à n’en point vouloir d’autres,
Fils de pères qui font choir la tête des vôtres !
Doña Sol, se jetant à genoux devant l’empereur.
Sire, pardon ! pitié ! Sire, soyez clément !
Ou frappez-nous tous deux, car il est mon amant,
Mon époux ! En lui seul je respire. Oh ! je tremble.
Sire, ayez la pitié de nous tuer ensemble !
Majesté ! je me traîne à vos sacrés genoux !
Je l’aime ! Il est à moi comme l’empire à vous !
Oh ! grâce !
Don Carlos la regarde immobile.
Oh ! grâce !Quel penser sinistre vous absorbe ?
Don Carlos.
Allons, relevez-vous, duchesse de Segorbe,
Comtesse Albatera, marquise de Monroy…
À Hernani.
— Tes autres noms, don Juan ?
Hernani.
— Tes autres noms, don Juan ?Qui parle ainsi ? le roi ?
Don Carlos.
Non, l’empereur.
Doña Sol, se relevant.
Non, l’empereur.Grand Dieu !
Don Carlos, la montrant à Hernani.
Non, l’empereur. Grand Dieu !Duc, voilà ton épouse.
Hernani, les yeux au ciel, et doña sol dans les bras.
Juste Dieu !
Don Carlos, à don Ruy Gomez.
Juste Dieu !Mon cousin, ta noblesse est jalouse,
Je sais. Mais Aragon peut épouser Silva.
Don Ruy Gomez, sombre.
Ce n’est pas ma noblesse.
Hernani, regardant doña Sol avec amour et la tenant embrassée.
Ce n’est pas ma noblesse.Oh ! ma haine s’en va !
Il jette son poignard.
Don Ruy Gomez, à part, les regardant tous deux.
Éclaterai-je ? oh ! non ! Fol amour ! douleur folle !
Tu leur ferais pitié, vieille tête espagnole !
Vieillard, brûle sans flamme, aime et souffre en secret,
Laisse ronger ton cœur. Pas un cri. L’on rirait.
Doña Sol, dans les bras d’Hernani.
Ô mon duc !
Hernani.
Ô mon duc !Je n’ai plus que de l’amour dans l’âme.
Doña Sol.
Ô bonheur !
Don Carlos, à part, la main dans sa poitrine.
Ô bonheur !Éteins-toi, cœur jeune et plein de flamme !
Laisse régner l’esprit, que longtemps tu troublas.
Tes amours désormais, tes maîtresses, hélas !
C’est l’Allemagne, c’est la Flandre, c’est l’Espagne.
L’œil fixé sur sa bannière. L’empereur est pareil à l’aigle, sa compagne.
À la place du cœur il n’a qu’un écusson.
Hernani.
Ah ! vous êtes César !
Don Carlos, à Hernani.
Ah ! vous êtes César De ta noble maison,
Don Juan, ton cœur est digne.
Don Juan, ton cœur est digne.Montrant doña Sol.
Don Juan, ton cœur est digne.Il est digne aussi d’elle.
— À genoux, duc !
Hernani s’agenouille. Don Carlos détache sa toison d’or et la lui passe au cou. A genoux, duc !Reçois ce collier.
Don Carlos tire son épée et l’en frappe trois fois sur l’épaule. A genoux, duc ! Reçois ce collier.Sois fidèle !
Par saint Étienne, duc, je te fais chevalier.
Il le relève et l’embrasse. Mais tu l’as, le plus doux et le plus beau collier,
Celui que je n’ai pas, qui manque au rang suprême,
Les deux bras d’une femme aimée et qui vous aime !
Ah ! tu vas être heureux ; moi, je suis empereur.
Aux conjurés.
Je ne sais plus vos noms, messieurs. Haine et fureur,
Je veux tout oublier. Allez, je vous pardonne !
C’est la leçon qu’au monde il convient que je donne.
Ce n’est pas vainement qu’à Charles premier, roi,
L’empereur Charles-Quint succède, et qu’une loi
Change, aux yeux de l’Europe, orpheline éplorée,
L’altesse catholique en majesté sacrée.
Les conjurés tombent à genoux.
Les conjurés.
Gloire à Carlos !
Don Ruy Gomez, à don Carlos.
Gloire à Carlos !Moi seul je reste condamné.
Don Carlos.
Et moi !
Don Ruy Gomez, à part.
Et moi !Mais, comme lui, je n’ai point pardonné !
Hernani.
Qui donc nous change tous ainsi ?
Tous, soldats, conjurés, seigneurs.
Qui donc nous change tous ainsi ?Vive Allemagne !
Honneur à Charles-Quint !
Don Carlos, se tournant vers le tombeau.
Honneur à Charles-Quint !Honneur à Charlemagne !
Laissez-nous seuls tous deux.
Tous sortent.
Scène V
DON CARLOS, seul.
Laissez-nous seuls tous deux.Il s’incline vers le tombeau.
Laissez-nous seuls tous deux.Es-tu content de moi ?
Ai-je bien dépouillé les misères du roi,
Charlemagne ? Empereur, suis-je bien un autre homme ?
Puis-je accoupler mon casque à la mitre de Rome ?
Aux fortunes du monde ai-je droit de toucher ?
Ai-je un pied sûr et ferme, et qui puisse marcher
Dans ce sentier, semé des ruines vandales,
Que tu nous as battu de tes larges sandales ?
Ai-je bien à ta flamme allumé mon flambeau ?
Ai-je compris la voix qui parle en ton tombeau ?
— Ah ! j’étais seul, perdu, seul devant un empire,
Tout un monde qui hurle, et menace, et conspire,
Le danois à punir, le saint père à payer,
Venise, Soliman, Luther, François premier,
Mille poignards jaloux, luisant déjà dans l’ombre,
Des pièges, des écueils, des menaces sans nombre,
Vingt peuples dont un seul ferait peur à vingt rois,
Tout pressé, tout pressant, tout à faire à la fois,
Je t’ai crié : — Par où faut-il que je commence ?
Et tu m’as répondu : — Mon fils, par la clémence !
ACTE CINQUIÈME LA NOCE
SARAGOSSE
Une terrasse du palais d’Aragon. Au fond, la rampe d’un escalier qui s’enfonce dans le jardin. À droite et à gauche, deux portes donnant sur une terrasse, que ferme une balustrade surmontée de deux rangs d’arcades moresques, au-dessus et au travers desquelles on voit les jardins du palais, les jets d’eau dans l’ombre, les bosquets avec les lumières qui s’y promènent, et au fond les faîtes gothiques et arabes du palais illuminé. Il est nuit. On entend des fanfares éloignées. Des masques, des dominos, épars, isolés ou groupés, traversent çà et là la terrasse. Sur le devant, un groupe de jeunes seigneurs, les masques à la main, riant et causant à grand bruit.
Scène Première
DON SANCHO SANCHEZ DE ZUNIGA, comte de Monterey, DON MATIAS CENTURION, marquis d’Almuñan, DON RICARDO DE ROXA, comte de Casapalma, DON FRANCISCO DE SOTOMAYOR, comte de Velalcazar, DON GARCI SUAREZ DE CARBAJAL, comte de Peñalver.
Don Garci.
Ma foi, vive la joie et vive l’épousée !
Don Matias, regardant au balcon.
Saragosse ce soir se met à la croisée.
Don Garci.
Et fait bien ! on ne vit jamais noce aux flambeaux
Plus gaie, et nuit plus douce, et mariés plus beaux !
Don Matias.
Bon empereur !
Don Sancho.
Bon empereur !Marquis, certain soir qu’à la brune
Nous allions avec lui tous deux cherchant fortune,
Qui nous eût dit qu’un jour tout finirait ainsi ?
Don Ricardo, l’interrompant.
J’en étais.
Aux autres.
J’en étais.Écoutez l’histoire que voici.
Trois galants, un bandit que l’échafaud réclame,
Puis un duc, puis un roi, d’un même cœur de femme
Font le siège à la fois. L’assaut donné, qui l’a ?
C’est le bandit.
Don Francisco.
C’est le bandit.Mais rien que de simple en cela.
L’amour et la fortune, ailleurs comme en Espagne,
Sont jeux de dés pipés. C’est le voleur qui gagne !
Don Ricardo.
Moi, j’ai fait ma fortune à voir faire l’amour.
D’abord comte, puis grand, puis alcade de cour,
J’ai fort bien employé mon temps, sans qu’on s’en doute.
Don Sancho.
Le secret de monsieur, c’est d’être sur la route
Du roi…
Don Ricardo.
Du roi…Faisant valoir mes droits, mes actions.
Don Garci.
Vous avez profité de ses distractions.
Don Matias.
Que devient le vieux duc ? Fait-il clouer sa bière ?
Don Sancho.
Marquis, ne riez pas ! car c’est une âme fière.
Il aimait doña Sol, ce vieillard. Soixante ans
Ont fait ses cheveux gris, un jour les a faits blancs.
Don Garci.
Il n’a pas reparu, dit-on, à Saragosse.
Don Sancho.
Vouliez-vous pas qu’il mît son cercueil de la noce ?
Don Francisco.
Et que fait l’empereur ?
Don Sancho.
Et que fait l’empereur ?L’empereur aujourd’hui
Est triste. Le Luther lui donne de l’ennui.
Don Ricardo.
Ce Luther, beau sujet de soucis et d’alarmes !
Que j’en finirais vite avec quatre gendarmes !
Don Matias.
Le Soliman aussi lui fait ombre.
Don Garci.
Le Soliman aussi lui fait ombre.Ah ! Luther,
Soliman, Neptunus, le diable et Jupiter,
Que me font ces gens là ? Les femmes sont jolies,
La mascarade est rare, et j’ai dit cent folies !
Don Sancho.
Voilà l’essentiel.
Don Ricardo.
Voilà l’essentiel.Garci n’a point tort. Moi,
Je ne suis plus le même un jour de fête, et croi
Qu’un masque que je mets me fait une autre tête,
En vérité !
Don Sancho, bas à Matias.
En vérité ! Que n’est-ce alors tous les jours fête ?
Don Francisco, montrant la porte à droite.
Messeigneurs, n’est-ce pas la chambre des époux ?
Don Garci, avec un signe de tête.
Nous les verrons venir dans l’instant.
Don Francisco.
Nous les verrons venir dans l’instant.Croyez-vous ?
Don Garci.
Hé ! sans doute !
Don Francisco.
Hé ! sans doute !Tant mieux. L’épousée est si belle !
Don Ricardo.
Que l’empereur est bon ! Hernani, ce rebelle
Avoir la toison d’or ! marié ! pardonné !
Loin de là, s’il m’eût cru, l’empereur eût donné
Lit de pierre au galant, lit de plume à la dame.
Don Sancho, bas à don Matias.
Que je le crèverais volontiers de ma lame,
Faux seigneur de clinquant recousu de gros fil !
Pourpoint de comte, empli de conseils d’alguazil !
Don Ricardo, s’approchant.
Que dites-vous là ?
Don Matias, bas à don Sancho.
Que dites-vous là ?Comte, ici pas de querelle !
À don Ricardo.
Il me chante un sonnet de Pétrarque à sa belle.
Don Garci.
Avez-vous remarqué, messieurs, parmi les fleurs,
Les femmes, les habits de toutes les couleurs,
Ce spectre, qui, debout contre une balustrade,
De son domino noir tachait la mascarade ?
Don Ricardo.
Oui, pardieu !
Don Garci.
Oui, pardieu !Qu’est-ce donc ?
Don Ricardo.
Oui, pardieu ! Qu’est-ce donc ?Mais, sa taille, son air…
C’est don Prancasio, général de la mer.
Don Francisco.
Non.
Don Garci.
Non.Il n’a pas quitté son masque.
Don Francisco.
Non. Il n’a pas quitté son masque.Il n’avait garde.
C’est le duc de Soma qui veut qu’on le regarde.
Rien de plus.
Don Ricardo.
Rien de plus.Non. Le duc m’a parlé.
Don Garci.
Rien de plus. Non. Le duc m’a parlé.Qu’est-ce alors
Que ce masque ? — Tenez, le voilà.
Entre un domino noir qui traverse lentement la terrasse au fond. Tous se retournent et le suivent des yeux, sans qu’il paraisse y prendre garde.
Don Sancho.
Que ce masque ? — Tenez, le voilà.Si les morts
Marchent, voici leur pas.
Don Garci, courant au domino noir.
Marchent, voici leur pas.Beau masque !…
Le domino noir se retourne et s’arrête. Garci recule. Marchent, voici leur pas. Beau masque !…Sur mon âme,
Messeigneurs, dans ses yeux j’ai vu luire une flamme !
Don Sancho.
Si c’est le diable, il trouve à qui parler.
Il va au domino noir, toujours immobile. Si c’est le diable, il trouve à qui parler.Mauvais !
Nous viens-tu de l’enfer ?
Le Masque.
Nous viens-tu de l’enfer ? Je n’en viens pas, j’y vais.
Il reprend sa marche et disparaît par la rampe de l’escalier. Tous le suivent des yeux avec une sorte d’effroi.
Don Matias.
La voix est sépulcrale autant qu’on le peut dire.
Don Garci.
Baste ! ce qui fait peur ailleurs, au bal fait rire.
Don Sancho.
Quelque mauvais plaisant !
Don Garci.
Quelque mauvais plaisant !Ou si c’est Lucifer
Qui vient nous voir danser, en attendant l’enfer,
Dansons !
Don Sancho.
Dansons !C’est à coup sûr quelque bouffonnerie.
Don Matias.
Nous le saurons demain.
Don Sancho, à don Matias.
Nous le saurons demain.Regardez, je vous prie.
Que devient-il ?
Don Matias, à la balustrade de la terrasse.
Que devient-il ?Il a descendu l’escalier.
Plus rien.
Don Sancho.
Plus rien.C’est un plaisant drôle !
Plus rien. C’est un plaisant drôle !Rêvant.
Plus rien. C’est un plaisant drôle !C’est singulier.
Don Garci, à une dame qui passe.
Marquise, dansons-nous celle-ci ?
Il la salue et lui présente la main.
La Dame.
Marquise, dansons-nous celle-ci ? Mon cher comte,
Vous savez, avec vous, que mon mari les compte.
Don Garci.
Raison de plus. Cela l’amuse apparemment.
C’est son plaisir. Il compte, et nous dansons.
La dame lui donne la main, et ils sortent.
Don Sancho, pensif.
C’est son plaisir. Il compte, et nous dansons.Vraiment,
C’est singulier !
Don Matias.
C’est singulier ! Voici les mariés. Silence !
Entrent Hernani et doña Sol se donnant la main. Doña Sol en magnifique habit de mariée ; Hernani tout en velours noir, avec la toison d’or au cou. Derrière eux foule de masques, de dames et de seigneurs qui leur font cortège. Deux hallebardiers en riche livrée les suivent, et quatre pages les précèdent. Tout le monde se range et l’on s’incline sur leur passage. Fanfare.
Scène II
Les Mêmes, HERNANI, DOÑA SOL, suite.
Hernani, saluant.
Chers amis !
Don Ricardo, allant à lui et s’inclinant.
Chers amis !Ton bonheur fait le nôtre, excellence !
Don Francisco, contemplant doña Sol.
Saint Jacques, monseigneur ! C’est Vénus qu’il conduit !
Don Matias.
D’honneur, on est heureux un pareil jour la nuit !
Don Francisco, montrant à don Mathias la chambre nuptiale.
Qu’il va se passer là de gracieuses choses !
Être fée, et tout voir, feux éteints, portes closes,
Serait-ce charmant ?
Don Sancho, à don Matias.
Serait-ce charmant ? Il est tard. Partons-nous ?
Tous vont saluer les mariés et sortent, les uns par la porte, les autres par l’escalier du fond.
Hernani, les reconduisant.
Dieu vous garde !
Don Sancho, resté le dernier, lui serre la main.
Dieu vous garde !Soyez heureux !
Il sort.
Hernani et Doña sol restent seuls. Bruit de pas et de voix qui s’éloignent, puis cessent tout à fait. Pendant tout le commencement de la scène qui suit, les fanfares et les lumières éloignées s’éteignent par degrés. La nuit et le silence reviennent peu à peu.
Scène III
HERNANI, DOÑA SOL.
Doña Sol.
Dieu vous garde ! Soyez heureux !Ils s’en vont tous,
Enfin !
Hernani, cherchant à l’attirer dans ses bras.
Enfin !Cher amour !
Doña Sol, rougissant et reculant.
Enfin ! Cher amour !C’est… qu’il est tard, ce me semble.
Hernani.
Ange ! il est toujours tard pour être seuls ensemble.
Doña Sol.
Ce bruit me fatiguait. N’est-ce pas, cher seigneur,
Que toute cette joie étourdit le bonheur ?
Hernani.
Tu dis vrai. Le bonheur, amie, est chose grave.
Il veut des cœurs de bronze et lentement s’y grave.
Le plaisir l’effarouche en lui jetant des fleurs.
Son sourire est moins près du rire que des pleurs.
Doña Sol.
Dans vos yeux, ce sourire est le jour.
Hernani cherche à l’entraîner vers la porte. Elle rougit. Dans vos yeux, ce sourire est le jour.Tout à l’heure.
Hernani.
Oh ! je suis ton esclave ! Oui, demeure, demeure !
Fais ce que tu voudras. Je ne demande rien.
Tu sais ce que tu fais ! ce que tu fais est bien !
Je rirai si tu veux, je chanterai. Mon âme
Brûle. Eh ! dis au volcan qu’il étouffe sa flamme,
Le volcan fermera ses gouffres entr’ouverts,
Et n’aura sur ses flancs que fleurs et gazons verts.
Car le géant est pris, le Vésuve est esclave,
Et que t’importe à toi son cœur rongé de lave ?
Tu veux des fleurs ? c’est bien ! Il faut que de son mieux
Le volcan tout brûlé s’épanouisse aux yeux !
Doña Sol.
Oh ! que vous êtes bon pour une pauvre femme,
Hernani de mon cœur !
Hernani.
Hernani de mon cœur !Quel est ce nom, madame ?
Ah ! ne me nomme plus de ce nom, par pitié !
Tu me fais souvenir que j’ai tout oublié !