La Légende des siècles (page 67)

Victor Hugo · Lettres

Texte français, domaine public · Source : fr.wikisource.org — La Légende des siècles · 69 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

Il se tourne vers la tour, où l’on ne voit personne.

L’HUISSIER.

Je fais sommation, moi l’huissier de l’empire,

À toi, baron, rebelle à la Diète de Spire.

Rends-toi, sors. Comparais.

Silence profond dans la tour. On n’y distingue ni un bruit, ni une lumière. Elle semble inhabitée.

UN BOURGEOIS, survenant, aux autres.

Rends-toi, sors. Comparais.A-t-il répondu ?

UN PAYSAN.

Rends-toi, sors. Comparais. A-t-il répondu ? Non.

L’HUISSIER.

J’ai dit.

Il passe, et disparaît avec les quatre massiers.

LE BOURGEOIS, montrant la tour.

Quel fier dédain ! Quel rude compagnon !

UN ÉTUDIANT de l’Université carlovingienne.

Compagnon de personne.

LE PAYSAN.

Compagnon de personne.Oui, pas un ne l’égale.

L’ÉTUDIANT.

Parfois aux champs fauchés il reste une cigale ;

Ainsi cet homme libre est demeuré debout.

LE BOURGEOIS.

Oui, ce mont excepté, l’esclavage est partout.

L’ÉTUDIANT.

Welf, à lui seul, tient tête aux princes d’Allemagne.

UN VIEILLARD.

Il ne veut pas qu’on passe à travers sa montagne,

Il est le protecteur d’un pays inconnu.

Qui troublerait ces monts serait le mal venu.

Il est père des bois. Sa tour fait sentinelle.

Il défend le sapin, l’if, la neige éternelle,

La route avec ses fleurs, la biche avec ses faons,

Et les petits oiseaux sont ses petits enfants.

Il guette. Son regard a des éclairs funèbres

Pour quiconque oserait attaquer ces ténèbres.

On voit la silhouette âpre du chevalier

Dans l’entrecroisement des branches du hallier.

Une sérénité nocturne l’environne.

Son casque n’a jamais salué de couronne.

Il se tient là, barrant le chemin, rassurant

La forêt, le ravin, le rocher, le torrent,

Et garde vierge, aux yeux de toute la contrée,

L’ombre où cette montagne auguste donne entrée.

LE BOURGEOIS.

Il est seul dans sa tour ?

LE VIEILLARD.

Il est seul dans sa tour ? Il n’a pas un archer.

LE PAYSAN à un autre paysan, montrant la tour.

Tiens ! entre les créneaux on peut le voir marcher.

L’ÉTUDIANT.

Tant qu’il vit, la patrie aux fers n’est pas éteinte.

LE VIEILLARD.

Il n’a jamais voulu se marier, de crainte

D’introduire en son antre une timidité.

L’ÉTUDIANT.

Ici l’on rampe.

LE VIEILLARD.

Ici l’on rampe.Il est seul de l’autre côté.

LE BOURGEOIS.

On dit qu’il vit là, fauve et noir, sans chefs, sans règles,

Qu’il se fait apporter à manger par les aigles,

Et qu’il n’a jamais ri.

LE VIEILLARD.

Et qu’il n’a jamais ri.Deuil fièrement porté !

Il est veuf.

LE BOURGEOIS.

Il est veuf.Veuf de qui ?

LE VIEILLARD.

Il est veuf. Veuf de qui ? Veuf de la liberté.

L’ÉTUDIANT.

Puissant vieillard !

LE VIEILLARD.

Puissant vieillard ! Il est inaccessible ; il garde

Son fossé, tient dressé son pont-levis, regarde

Par les trous de sa herse, et n’a jamais d’ennui,

Sentant le mont immense en paix derrière lui.

LE BOURGEOIS, regardant à ses pieds.

Le précipice est sombre.

L’ÉTUDIANT, regardant au-dessus de sa tête.

Le précipice est sombre.Et la muraille est haute.

LE BOURGEOIS.

Mais s’il repousse un maître, admettrait-il un hôte ?

LE VIEILLARD.

Un pauvre, oui.

L’ÉTUDIANT.

Un pauvre, oui.Jamais roi dans sa coupe ne but.

LE VIEILLARD.

Il vit sans rendre hommage et sans payer tribut.

LE BOURGEOIS. .

Qu’il est heureux ! Hélas, les impôts nous obèrent.

LE VIEILLARD.

Mais cela va finir. Les princes délibèrent.

Montrant le revers de la montagne opposée au précipice. Ils sont là.

LE BOURGEOIS.

Ils sont là.Qui donc ?

LE VIEILLARD.

Ils sont là. Qui donc ? Qui ? Notre duc Cyadmis,

Le roi d’Arle, et les deux formidables amis

Qui ne se quittent pas, l’un maudit, l’autre frappe,

Othon Trois, empereur, et Sylvestre Deux, pape.

L’ÉTUDIANT.

Qu’importe ! Le rocher est fort, Welf est viril.

Welf ignore la peur, mais connaît le péril.

LE BOURGEOIS.

Aussi marche-t-il droit sur lui.

L’ÉTUDIANT.

Aussi marche-t-il droit sur lui.Pas plus qu’Hercule

Il ne tremble, et pas plus qu’Achille il ne recule.

LE BOURGEOIS.

Robuste, il songe, au bord de l’abîme béant.

L’ÉTUDIANT.

Une douceur d’étoile, et le bras d’un géant !

LE VIEILLARD.

Oui. Mais les rois sont las de voir debout dans l’ombre

Le grand ermite armé de la montagne sombre.

Il se penche et leur désigne du doigt un point qu’on ne voit pas. Vous voyez bien d’ici cette cabane, au flanc

Du ravin, à l’abri de l’aquilon sifflant ?

C’est là que les rois sont assemblés.

LE BOURGEOIS.

C’est là que les rois sont assemblés.Combien ?

LE PAYSAN.

C’est là que les rois sont assemblés. Combien ? Quatre.

LE VIEILLARD.

Ce burg les gêne. Ils sont résolus à l’abattre.

C’est dit. Pour vaincre ils ont leurs troupes et leurs gens

Et le dépit amer, force des assiégeants.

LE PAYSAN.

Le castellan va-t-il enfin livrer passage,

Baisser le pont, céder aux rois ?

LE BOURGEOIS.

Baisser le pont, céder aux rois ? Oui, s’il est sage.

L’ÉTUDIANT.

Non, s’il est grand.

LE VIEILLARD.

Non, s’il est grand.Il est sage et grand.

L’ÉTUDIANT, montrant la tour.

Non, s’il est grand. Il est sage et grand.La maison

Tiendra ferme, ayant Welf tout seul pour garnison ;

Le vieux songeur n’est pas d’humeur accommodante.

Il mettra des chaudrons sur de la braise ardente,

Et saura leur payer, va, ce qui leur est dû

De poix bouillante, d’huile en feu, de plomb fondu !

LE PAYSAN.

Certes !

L’ÉTUDIANT.

Certes ! Et l’on verra si leur peau s’accoutume

Au ruissellement large et fumant du bitume.

On voit une fumée sortir du haut de la tour.

LE VIEILLARD.

Tenez, précisément ! Il allume son feu.

Voyez-vous la fumée !

L’ÉTUDIANT.

Voyez-vous la fumée ! Il va jouer son jeu,

Faire sa fête, offrir la bataille.

LE BOURGEOIS.

Faire sa fête, offrir la bataille.Posture

D’un héros !

LE PAYSAN.

D’un héros ! Je veux voir la fin de l’aventure.

LE BOURGEOIS.

Nous, en voyant venir des princes, nous fuyons

Devant ce flamboiement de sinistres rayons ;

Welf les brave.

Montrant le burg. Welf les brave.C’est beau, cette porte fermée.

L’ÉTUDIANT.

D’un côté ce bonhomme, et de l’autre une armée !

LE VIEILLARD.

À lui seul il est grand comme une nation.

D’ordinaire, tout est dans la proportion,

Et le petit est grand près du moindre, et l’arbuste,

Si vous le comparez au brin d’herbe, est robuste.

Mais Welf dépasse tout. C’est un dieu.

On entend une fanfare de trompettes.

LE BOURGEOIS.

On entend une fanfare de trompettes.Les clairons !

Silence ! Où sont nos trous dans les rochers ? Rentrons.

Tous se dispersent de divers côtés. Entre une troupe de valets de la lance avec de longues piques. En tête les clairons.

Puis un gendarme portant un pennon de guerre.

Derrière le pennon, paraît un homme à cheval entièrement couvert d’une chemise de fer à capuchon, et ayant sur le capuchon une couronne ducale.

Les soldats s’arrêtent, le pennon s’arrête, l’homme à cheval s’arrête, et se tourne vers la tour. Les clairons se taisent.

L’homme à cheval tire son épée.

La tour continue de fumer.

Scène deuxième.

CYADMIS, LA TOUR, puis HUG, puis OTHON, puis SYLVESTRE.

CYADMIS, parlant à la tour.

Personne n’a le droit de prendre un coin de terre

Au prince armé par Dieu d’un titre héréditaire.

S’isoler, c’est trahir. Welf, castellan d’Osbor,

Toi qu’on doit comme un ours traquer au bruit du cor,

Je te provoque au bruit du clairon, comme un homme ;

Mais d’abord je te parle en ami. Je te somme

D’être un garçon prudent, docile aux bons avis.

Chevalier, haut la herse et bas le pont-levis.

Je veux entrer. Je veux passer. Cette montagne

N’est pas comme la Crète et comme la Bretagne,

Une île, et ce fossé n’est pas la mer. Baron,

Viens, je te chausserai moi-même l’éperon ;

Je t’admets dans ma troupe, à vaincre habituée ;

Tu seras capitaine, avec une nuée

De trompettes courant et sonnant devant toi.

Descends, ouvre ta porte, et causons. Par ma foi,

Tu n’es pas fait pour vivre entre quatre murailles.

Ami, nous gagnerons ensemble des batailles.

C’est beau d’avoir l’épée au poing, d’être le bras

De la victoire, et d’être un soldat ! Tu verras

Comme c’est un bonheur de partir pour la guerre,

Et comme avec orgueil, quittant tout soin vulgaire,

Rois et vassaux, soldats et chefs, nous nous offrons

Un vaste gonflement des drapeaux sur nos fronts !

Quelle joie et quels cris lorsqu’on force une ville !

On se vautre à travers la populace vile !

La femme qu’on fait veuve, on lui prend un baiser.

Tu n’es pas encor d’âge à ne point t’amuser.

En échange d’un burg sur un rocher, je t’offre

Une tente de soie et de l’or à plein coffre,

Et l’altière rumeur des camps et des clairons.

Nous irons conquérir le monde, et nous aurons

Des filles et du vin, et tu feras ripaille

Au lieu de coucher seul dans ton trou sur la paille.

Lève ta herse, accepte, et soyons bons amis.

Ouvre-moi, je tiendrai tout ce que j’ai promis.

Sinon, prends garde à toi. J’ai l’habitude d’être

Patient à l’affront comme au feu le salpêtre.

J’aurai bien vite fait d’écraser ton donjon.

Cueillir un burg ainsi qu’on sarcle un sauvageon,

Et coucher une tour tout de son long dans l’herbe,

Ce sont mes jeux. Sais-tu, de ton château superbe

Ce qui restera, dis, lorsque j’aurai passé ?

Une baraque informe au fond d’un noir fossé.

Et de ta haute tour de guerre ? Une masure

Bonne aux moineaux cachant leurs nids dans l’embrasure.

Et du sauvage aspect de tes créneaux altiers ?

Un tas de pierres, plein de houx et d’églantiers,

Où les femmes viendront faire sécher leur linge.

Je suis Cyadmis, duc et marquis de Thuringe.

Ouvre-moi.

Silence dans la tour.

Paraît un étendard portant à la hampe une couronne de roi.

Entre, derrière un groupe de trompettes, un homme à cheval vêtu de drap d’or, ayant une couronne royale sur la tête. Il a un sceptre à la main. À sa suite, marche une compagnie d’arbalétriers bourguignons couronnés de fleurs ; ils ont de grandes arbalètes, des boucliers faits d’une peau de bœuf et hauts comme un homme, et les pieds nus dans des chaussures de corde.

Tous s’arrêtent.

Le duc et sa troupe se rangent.

L’homme à couronne royale fait face à la tour. La fanfare cesse.

HUG, parlant à la tour.

Ouvre-moi.Je suis roi d’Arle aux verts coteaux,

Et j’ai pour fiefs Orange et Saint-Paul-Trois-Châteaux ;

À quiconque me brave on sait ce qu’il en coûte,

Et je m’appelle Hug, fils de Boron. Écoute,

Homme de ces monts, toi qui fais de l’ombre ici.

Je ne te vois pas, maître obscur du burg noirci ;

Mais derrière ton mur, tu songes ; je te parle.

Tu n’es pas sans avoir entendu parler d’Arle,

Dont l’aïeul est Priam, car sur nos monts chenus,

Avant les Phocéens, les Troyens sont venus ;

Arle est fille de Troie et mère de Grenoble,

Isidore la nomme une ville très-noble,

Et Théodoric, comte et roi des goths, l’aima.

Les Français ne l’auront jamais. Gênes, Palma,

Mayorque, Rhode et Tyr sont mes ports tributaires,

J’ai le Rhône, et l’Autriche est une de mes terres.

Arle est riche ; à la Diète elle achète des voix ;

Les califes lui font de précieux envois ;

Elle reçoit par mer les dons de ces hautesses,

Les odeurs d’Arabie, et les délicatesses

De l’Asie, et telle est la beauté de ses tours

Qu’elles attirent l’aigle et chassent les vautours.

Mon sceptre est salué par cent vassaux, tous princes.

J’ai le Rhin aux sept monts, la Gaule aux sept provinces.

T’attaquer, toi vieillard, j’en serais bien fâché.

Donne-nous ta montagne, et je t’offre un duché.

Je t’offre en ma Bourgogne autant de bonne terre

Qu’on en voit de mauvaise en ce mont solitaire.

Accepte, car nos champs donnent beaucoup de blé.

Le trouvère Ericus d’Auxerre en a parlé.

Arles t’attend. Je t’offre en ma ville latine

Un palais où, vieillards à la voix enfantine,

Les poëtes viendront, hôtes mélodieux,

Te chanter, comme au temps qu’on croyait aux faux dieux.

Tu seras un seigneur dans mon pompeux cortége,

Et tu présideras des cours d’amour. La neige,

La bise, le brouillard, les ouragans hurlants,

Font une sombre fête à tes fiers cheveux blancs,

Car cet âpre sommet a, sous le vent sonore,

Plus d’hiver que d’été, plus de nuit que d’aurore.

Viens te chauffer, vieillard. Je t’offre le midi.

Tu cueilleras la rose et le lys d’Engaddi.

Accepte. On trouve ainsi moyen de plaire aux femmes ;

Car il est gracieux de s’approcher des dames

En souriant avec des bouquets dans les mains.

L’aloès, le palmier, les œillets, les jasmins

Emplissent nos jardins d’encens et d’allégresse,

Et l’ancien dieu Printemps, qu’on adorait en Grèce,

N’avait pas plus de fleurs quand il les rassembla

Toutes, pour les offrir aux abeilles d’Hybla.

Lève la herse, abats le pont, ouvre la porte,

Accepte ce que moi, roi d’Arles, je t’apporte.

Silence dans la tour.

La fumée s’épaissit et devient rougeâtre.

Le roi se range près du duc.

Fanfare.

Paraît une bannière de drap d’or, portant un grand aigle de sable, éployé. Des sonneurs de trompes et des batteurs de cymbales la précèdent.

Derrière la bannière, entre un homme à cheval, vêtu de pourpre, ayant dans la main un globe, et sur la tête la couronne impériale.

Il est suivi d’une poutre à tête de bélier de bronze, portée par des Croates nus, hauts de six pieds. Le Bélier est flanqué de montagnards tyroliens en jaquettes bariolées, armés de frondes.

Tout ce cortège s’arrête et fait face à la tour. Les trompes et les cymbales se taisent.

OTHON, tourné vers la tour.

Othon, empereur, parle à Welf, baron bandit,

Et le bandit se cache, et l’empereur lui dit :

Vassal, ouvre ton burg. Je viens te faire grâce.

Welf, quand c’est l’empereur d’Allemagne qui passe,

La clémence au doux front marche à côté de lui.

Mais l’homme absous, c’est peu ; je veux l’homme Ébloui.

Quand l’empereur pardonne, il donne une province.

Le duc te fait soldat, le roi duc, et moi prince.

Chacun de nous, suivant sa taille, te grandit.

Je puis, si je le veux, te mettre en interdit ;

J’aime mieux t’attirer, moi centre, dans ma sphère,

Te couvrir de splendeur et d’aurore, et te faire

Roi près de l’empereur, astre près du soleil.

Ton pennon couronné sera presque pareil

À ma bannière, alors qu’on tremble, et que la terre

Se courbe et cherche à fuir sous mon cri militaire,

Et qu’on voit s’envoler dans l’orage en avant

L’hydre noire au bec d’aigle ouvrant son aile au vent !

Welf, obéis. Je suis celui qui tient le globe.

J’ai la guerre et la paix dans les plis de ma robe.

Je t’offre la Hongrie, un royaume. Veux-tu ?

Silence dans la tour.

Fanfare.

L’empereur se range près du roi et du duc.

Paraît une grande croix d’or à trois branches. Derrière le porte-croix, qui est habillé de violet, vient, sur une mule blanche, un vieillard vêtu de blanc, qui a la tiare en tête. Il est seul, sans gardes. Le porte-croix s’arrête. La fanfare se tait. Le vieillard parle à la tour.

SYLVESTRE.

Moi, j’ai les clefs. La force est moins que la vertu.

Deux mains jointes font plus d’ouvrage sur la terre

Que tout le roulement des machines de guerre.

César est grand ; mais Christ, à la douceur enclin,

Près de l’homme de pourpre a mis l’homme de lin.

Je suis le Père. En moi la lumière se lève,

Et ce que l’empereur commence, je l’achève ;

Il absout pour la terre, et j’absous pour le ciel.

Le grand César ne peut rien donner d’éternel.

Il t’offre une couronne, et moi je t’offre une âme ;

La tienne. En t’isolant, comme en un schisme infâme,

Triste excommunié, tu l’as perdue, hélas !

Je te la rends. Frémis, vieillard, tu reculas

Vers Satan, et tu fis outrage au ciel propice

Quand tu mis entre nous et toi ce précipice.

Fils, veux-tu regagner ta part du paradis,

Rentrer chez les élus, fuir de chez les maudits ?

Cède à moi qui suis pape, héritier des apôtres.

Un homme paraît entre deux créneaux au haut de la tour. Il est tout habillé de fer. Sa barbe blanche passe sous sa visière baissée. Il se découpe en noir sur le fond de neige de la montagne.

La nuit commence à tomber.

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