Les Misérables (page 133)

Victor Hugo · Lettres

Texte français, domaine public · Source : fr.wikisource.org — Les Misérables (1908) · 163 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

Courfeyrac. — C’est de l’anglais.

Azelma. — Vous avez donc vu une anglaise hier soir ?

Courfeyrac. — Moi, hier soir ! j’ai joué du cor de chasse !

Azelma. — Menteur ! voilà votre kiss.

(Elle lui présente le front.)

Courfeyrac. — Au front ?

Azelma. — Pas davantage.

Courfeyrac. — On est donc brouillés ?

Azelma. — Ça dépend. Où êtes-vous allé hier soir ?

Les Misérables.

Il s’écria :

Vive la France ! il n’y a que la France ! L’Espagne est un froc, l’Italie est un linceul. Londres, c’est de l’ennui bâti ; la monarchie russe, c’est l’hiver fait gouvernement.

Barricade. —

Ils étaient un contre vingt.

Comme ils allaient mourir, un bourgeois leur cria de derrière ses volets bien fermés :

— Vous êtes des lâches !

Courfeyrac, qui avait trois sabres levés sur lui, répliqua tranquillement :

— Ô jaunisse, voilà de tes coups.

GAVROCHE.

Variantes de sa dernière chanson :

Je n’aime pas l’eau claire, C’est la faute à Voltaire ; J’aime le curaçao, C’est la faute à Rousseau.

Je n’prends pas un clystère, C’est la faute à Voltaire ; Quand je mange un morceau, C’est la faute à Rousseau.

Je ne suis pas notaire, C’est la faute à Voltaire ; Je suis saute-ruisseau, C’est la faute à Rousseau.

Cassons le ministère, Car j’en veux un morceau.

On verra le notaire Cuit dans son panonceau.

Je suis fils de Cythère Et du faubourg Marceau.

La république est mère Du gamin lionceau.

En face l’une de l’autre, deux listes de rimes proposées pour cette chanson :

Ministère Berceau

Prolétaire Morceau

Presbytère Ponceau

Volontaire Boisseau

Solitaire Biseau

Désaltère Cerceau

Artère Nassau

Réfractaire Fuseau

Dans le même dossier, une réflexion prêtée à l’une des commères rencontrées par Gavroche :

Il vit seul comme un âne à charrette.

L’Égout.

Il est présumable que Thénardier, après avoir ouvert la porte à Jean Valjean, était resté sous la voûte à quelque distance, épiant ce que cela allait devenir, afin d’en profiter pour lui-même, et qu’il avait saisi au passage quelques-unes des paroles qui s’étaient échangées entre Jean Valjean et Javert.

Supplément d’observations à la Note pour le bien du service rédigée par Javert avant de se tuer :

Les deux claires-voies du parloir aux Madelonnettes sont espacées de six pieds, ce qui empêche les détenus et les visiteurs de pouvoir se parler.

Il serait juste de ramener ces deux claires-voies à la distance réglementaire de deux pieds qui dans toutes les autres prisons suffit à la surveillance.

Ne permettre dans aucune prison d’hommes que la lingère et la fouilleuse traversent le préau.

L’architecte de la Force demande qu’on fesse disparaître les rangées d’arbres de la cour Sainte-Madeleine. Ces arbres sont utiles à la salubrité de la prison. Il est utile de les conserver.

Les forçats de la chaîne tendent leurs écuelles de bois aux curieux. — Mendient.

C’est un abus qu’il y ait dans les prisons un tatoueur, et tellement toléré qu’il est presque officiel.

GILLENORMAND.

Il ne faudrait pas croire que M. Gillenormand fût un tousseur et un cracheur, et qu’il sortît du lit avec tous ces bruits vieux que fait un octogénaire qui se réveille. Point. Son lever était sain, alerte et gai.

M. Gillenormand disait :

— Dévotion de femme maigre.

— Dévotion de femme grasse.

Il y avait une série de Nicolettes. On disait dans la maison :

La nouvelle Nicolette.

L’ancienne Nicolette.

La Nicolette du Directoire.

La Nicolette du temps de Buonaparte.

La poésie n’a pas le droit de dédaigner le bourgeois heureux. Le bourgeois heureux a son rhythme. Le canard sur la mare est une harmonie comme le cygne sur le lac, comme l’aigle sur l’Océan.

Chanson du père Gillenormand :

Puis il se mit à fredonner sur un vieil air galant :

Trois petits cochons sur un fumier Juraient comme un porteur de chaise.

II avait eu un cousin très savant entomologiste, l’abbé Gillenormand, que l’empereur Alexandre avait désiré voir, et chez lequel S. M. I. était arrivée trop tard, vu qu’on enterrait l’abbé, mort d’une fièvre attrapée la surveille du jour où S. M. avait jugé à propos de venir. Il était furieux contre ce cousin à cause de cela. Il ne lui avait jamais pardonné d’être mort avant d’avoir reçu la visite de l’empereur de Russie.

Il s’écria :

Je suis curieux de les voir, vos réformes sociales. Devenir populace, c’est là le but. Quant aux gens d’esprit, tous ces aristocrates malgré eux, je suis tranquille, ils auront beau faire, ils se brosseront toujours les dents et se laveront toujours les mains.

On guillotinait un chiffonnier pour avoir mis une fleur de lys dans sa hotte.

Fragments du monologue de Gillenormand devant Marius revenant à la vie :

Oh ! que tu es beau ! tu as les yeux tout grands ouverts, tu me regardes, mon cher petit enfant ! Vive la République !

Comme il est gentil, mon pauvre mioche ! Vive la République ! elle ne m’a pas tué mon enfant !

— Je crie : Vive la République ! je suis bonapartiste. Je crois à ta baronnie. Es-tu content ?

Notes sur Mlle Gillenormand :

Vous est-il arrivé de voir une lampe à gaz ? c’est une bouteille en cristal qui semble contenir de l’eau. Elle contient aussi l’explosion. Cela a l’air d’une carafe et c’est une bombe.

Telle était Mlle Gillenormand.

…Une certaine dévotion bigote.

Le bigotisme n’est autre chose que la castration de l’intelligence. Les vertus qui en résultent ressemblent à la chasteté d’un eunuque, et ont juste autant de mérite.

Parlant du sentiment que Mlle Gillenormand éprouvait pour sa jeune sœur mariée Elle la haïssait de cette haine intime que doit avoir l’huître contre la perle.

COSETTE ET MARIUS.

Il arriva qu’un jour J. V. fit une de ces absences dont nous avons parlé. Ils en profitèrent pour se voir un peu plus tôt. M. arriva au jardin qu’il faisait encore jour. Et alors que firent-ils ? Ils profitèrent du jour pour lire ensemble, tête contre tête, la première chose venue qui leur tomba sous la main. C’était un numéro d’une revue scientifique que M. avait dans sa poche. — Je veux lire ce que tu lis, dit Cosette.

On ouvrit la brochure au hasard et Cosette se mit à lire tout bas.

Heureusement, l’innocent amour était venu mettre sa grande lumière dans cette âme.

Nous croyons devoir informer M. Gustave Lebotelier, avoué à Évreux, que sa fille, l’enfant de Fantine, s’appelle maintenant M°"= la baronne Telbon, possède vingt-cinq bonnes mille livres de rente, et demeure rue du Hanovre, no 17, au premier.

Un citoyen honorable peut avouer et remplir les devoirs de la paternité vis-à-vis d’une personne ainsi placée.

CORRECTION DES ÉPREUVES.

La description du manuscrit se complète tout naturellement par la correspondance échangée entre Victor Hugo et Lacroix, au sujet de la correction typographique. On trouvera plus loin, dans l’Historique, tout ce qui se rattache à la publication même du roman. Pour les Misérables, comme pour les Contemplations, comme pour la Légende des Siècles, Victor Hugo corrigeait à Guernesey les épreuves envoyées de Bruxelles ; il eut souvent de petites querelles avec les correcteurs trop scrupuleux qui, en modifiant sa ponctuation, dénaturaient quelquefois le sens d’une phrase. Les observations de l’éditeur même agaçaient bien un peu le poète, qui, par une ligne nette et précise, quoique courtoise, attestait que, jusque dans les plus petits détails, il voulait rester maître absolu de son œuvre.

La preuve en est manifeste. Lacroix n’avait-il pas insinué — oh ! fort timidement — qu’il pourrait à l’avenir affranchir Victor Hugo du travail des corrections, ce qui évidemment faciliterait et activerait la tâche de l’imprimerie, mais au détriment de la fidélité du texte ; Victor Hugo répondit le 31 mai 1862 :

jamais on n’a imprimé ni on n’imprimera la 1re édition d’un de mes livres sans que je revoie les épreuves.

Ces lignes montrent quelle importance Victor Hugo attachait aux détails typographiques ; il se donnait la peine de mentionner la page, la ligne contenant une faute, de recopier cette ligne qu’il corrigeait en regard ; on s’en rendra compte d’ailleurs, en déchiffrant, aux Illustrations (page 411), le fac-similé d’une page de corrections ; nous donnerons ici les remarques les plus amusantes, les observations les plus typiques relevées dans la correspondance ; nous suivrons autant que possible l’ordre du roman, en indiquant le chapitre et le livre auxquels la correction et la lettre se rapportent.

9 janvier [1862].

Il est minuit, mon cher monsieur Lacroix ; craignant de jeter à cette heure où la poste est fermée un si gros paquet à la boîte, je prends le parti de vous envoyer sur ce papier les corrections des quatre premières feuilles. Malgré des fautes graves et que je vous recommande, je donne le bon à tirer des feuilles 1 et 2, je redemande une deuxième épreuve des feuilles 3 et 4. Il est particulièrement important de mettre D. — partout au lieu de D… ; ne jamais mettre de points suspensifs où je n’en mets pas. Du reste ce mode de transcription me prendrait trop de temps et j’y renoncerai. Les épreuves, si vous me les envoyez de Bruxelles, vous coûteront bien cher. Si vous me les envoyiez de Paris, en prenant l’édition Claye pour étalon, grâce au traité du 1er janvier, elles ne coûteraient que deux sous la feuille corrigée. Autrement, elles vous reviendront à plus d’un franc. Je vous engage à peser cela. L’envoi fait de Paris serait sans inconvénient.

Malgré sa résolution, Victor Hugo continuera ce mode de transcription jusqu’à la fin des épreuves.

[13 janvier.]

Dimanche. Une heure après minuit.

Comme vous le voyez, monsieur, il est impossible de ne pas demander une 2e épreuve pour presque toutes les feuilles. Sur onze feuilles corrigées je n’ai encore pu vous donner que quatre bon à tirer (feuilles 1, 2, 5 et 9) et encore ne suis-je pas sans inquiétude. Pourtant je rends justice à la correction préalable qui est supérieurement faite, et où je reconnais vos soins si attentifs et si intelligents. Mais, quoi qu’on fasse, l’œil de l’auteur est presque toujours nécessaire deux fois. Pour alléger autant que possible vos frais, je vous recopie les corrections, ce qui vous épargne le coût du retour des épreuves sous enveloppe par la poste. Mais cela me prend un temps précieux que je puis mieux employer dans votre intérêt, et je ne pourrai évidemment continuer ainsi. Songez quel avantage il y aurait pour vous à m’envoyer les épreuves de l’édition de Paris. Vous profiteriez du traité postal, et là où vous payez un franc, vous paieriez un décime. — Dans tous les cas ne pourriez-vous m’envoyer les épreuves sur papier moins épais, papier à lettre, collé, non transparent. Je rognerais les marges, et le retour des épreuves vous coûterait moins cher qu’avec ce gros papier. Pesez tout cela.

Dans les corrections qui accompagnent cette lettre nous relevons cette observation relative au Conventionnel :

{{centré|[Livre 1er, chapitre x]

Pourquoi G*** ? Ce *** n’est point dans le manuscrit. Mettre partout G. Se défier des … et des ***. Suivre le texte en tout. À cause des G*** et des mots à intercaler m’envoyer une 2e de la feuille vii.

Le 26 janvier, Victor Hugo se fâche ; lui qui, pour gagner du temps, s’astreint à un travail ennuyeux et fatigant, il n’obtient même pas des correcteurs une attention soutenue :

Je vous envoie la feuille 19 corrigée. Je voulais, pour gagner du temps, vous envoyer aussi la feuille 18, mais en l’examinant, j’ai reconnu qu’elle n’avait pas été touchée, que pas une de mes corrections n’avait été faite, et que par conséquent je me donnais beaucoup de peine pour n’arriver qu’à ce résultat de vous donner un 2e exemplaire des corrections Indiquées par moi inutilement il y a huit jours. C’est ici vraiment le cas de taire une observation très sérieuse à votre correcteur qui, par sa négligence, cause un tel retard.

Passant au tome II, chapitre viii, à propos de cette phrase de Fantine, résignée à son sort :

… des souffrances, des inquiétudes, un peu de pain d’un côté, des chagrins de l’autre, tout cela me nourrira,

on avait imprime paix pour pain.

Cette dernière faute, dit Victor Hugo, paix pour paire, reparaît. Je l’avais déjà corrigée sur la 1re épreuve. Pourtant je donne le bon à tirer, en recommandant extrêmement la correction.

Pour gagner quelques lignes et donner à la page finissant le chapitre viii assez d’importance, les correcteurs n’avaient rien trouvé de mieux que d’indiquer deux alinéas dans le récit résumant la situation de Fantine :

Ici encore on a marqué deux alinéas qui ne sont pas dans le texte. Je le regrette et il m’est impossible d’y consentir. Une imperfection typographique (trois lignes seulement au haut d’une page) n’est rien à côté d’un contresens littéraire. À partir de : Fantine jeta son miroir par la fenêtre, jusqu’à : cent sous par jour, il y a, en bloc et sans reprendre haleine, tout un résumé de la situation désespérée de Fantine. Ce résumé ne peut se scinder. Il faut absolument qu’il se déroule sans s’interrompre de la première ligne à la dernière. C’est là ce qui donne au mot : vendons le reste, toute sa force. Il faut donc supprimer ces alinéas et rétablir le texte comme je l’avais indiqué, pages pleines. Ceci entraînant un remaniement et pouvant amener des fautes typographiques, je suis, à mon très grand regret, obligé de demander une 3e épreuve.

V. H.

En travers d’une page nous relevons deux variantes dans les titres des livres de la deuxième partie : Cosette.

V. Meute muette, rude chasse.

VIII. Jean Valjean a une idée de Charles Quint.

Lacroix, voulant publier la première partie en trois volumes et trouvant le tome I trop fort, demande à Victor Hugo de lui permettre de rejeter le chapitre Petit-Gervais, qui devait terminer le premier volume, au début du volume suivant. Immédiatement Victor Hugo répond :

Rejet d’un chapitre d’un livre à un volume suivant. Il faut éviter cela le plus possible. L’édition serait fort défigurée par là. Quant à Petit-Gervais, c’est absolument impossible. Ce chapitre est une conclusion. Du reste tout ce que vous m’écrivez à ce sujet vient en aide à ma lettre d’hier. Faites deux volumes.

Toutes ces dernières épreuves-ci sont beaucoup moins corrigées que les premières ; elles sont surchargées de fautes de toutes sortes, et me prennent beaucoup de temps. Il faudrait ne m’envoyer les épreuves qu’après y avoir épuisé toutes les corrections possibles. Les premières étaient en ce genre des modèles.

Observation générale. — Toutes les fois qu’il y a une virgule avant un et, le correcteur ôte la virgule. Or, la virgule doit souvent être placée avant une conjonction ; cela dépend du sens. Suivez scrupuleusement ma ponctuation.

Dans la lettre suivante, 5 février, Victor Hugo est force de revenir encore sur cette question :

Il ne faut ni supprimer mes alinéas ni en indiquer d’autres, cela peut entraîner de secondes épreuves.

Je faisla même observation générale pour ma ponctuation, qu’il faut suivre fidèlement.

Le 12 février, ce ne sont plus les imprimeurs, mais les grammairiens eux-mêmes qui sont sévèrement qualifiés :

Partout où il y a : bluets, mettre bleuets.

Bleuet vient de bleu. Ne tenir aucun compte de la stupide orthographe des dictionnaires qui sont tous faits par des ânes.

Des le début de la seconde partie, les coquilles font leur apparition, quelques-unes vraiment trop fortes. Au chapitre v de Waterloo, un nuage horrible devient un nuage honorable.

Honorable pour horrible est une horrible faute. Pourtant je donne le bon à tirer.

Cinq feuilles plus loin, on avait imprimé : …le carnage au cordeau. Cette fois, pas de bon à tirer :

Cette dernière faute, non-sens qui dénature le mot :

le carnage tiré au cordeau,

est grave. Il faudrait veiller à ce que de telles fautes ne me vinssent pas dans les deuxièmes épreuves. C’est ce qui me force à en demander de troisièmes. La faute ici est d’autant plus fâcheuse qu’elle entraînera un remaniement. Il faudra donc me renvoyer cette page.

Pour le livre sixième : Le Petit-Picpus, Victor Hugo renouvelle l’observation appliquée aux noms de peuples dans la Légende des Siècles :

Ôter toutes les majuscules de toutes les dénominations d’ordres religieux sans exception. (J’entends les noms collectifs comme bernardines, camaldules, etc., et non les noms de lieux comme Cîteaux, Valombrosa, etc.) Sans ces malencontreuses majuscules, que n’autorise en aucune façon le manuscrit, j’aurais pu donner le bon à tirer.

Au chapitre vi du livre Parenthèse, livre si discuté, loin de faire des coupures, Victor Hugo indique une intercalation :

Il y a, nous le savons, d’illustres et puissants athées. Ceux-là, au fond, ramenés au vrai par leur puissance même, ne sont pas bien sûrs d’être athées, ce n’est guère avec eux qu’une affaire de définition, et, dans tous les cas, s’ils ne croient pas Dieu, étant de grands esprits, ils prouvent Dieu.

Nous saluons en eux les philosophes, tout en qualifiant inexorablement leur philosophie.

Plus loin, les typographes belges, lisant mal le latin, s’entêtaient à imprimer crexit pour erexit, un c au lieu d’un e ; cette faute soulignée deux fois est mentionnée séparément dans la lettre à Lacroix.

Après avoir exposé les sentiments religieux que le séjour au couvent fait naître dans l’âme de Jean Valjean, Victor Hugo veut établir une ligne de démarcation entre ses idées et celles de son héros, et il indique cet alinéa dans le chapitre Clôture :

Ici toute théorie personnelle est réservée ; nous ne sommes que narrateur ; c’est au point de vue de Jean Valjean que nous nous plaçons, et nous traduisons ses impressions.

Au premier chapitre du livre Patron-Minette, après avoir nidiqué cette petite intercalation :

Les voleurs sont pleins d’une ombre capable de flamboiement,

Victor Hugo s’aperçoit que sa phrase complémentaire : « Toute lave commence par être nuit » a été défigurée ainsi par les compositeurs :

Toute cave commence par être nuit.

Dans le même livre, donnant le portrait de Babet, l’épreuve lui montre cette profession bizarre attribuée au bandit :

Il avait été prêtre chez Bobèche et paillasse chez Bobino.

Cette ligne indique le mécontentement :

Peu de fautes, mais graves.

Une deuxième épreuve est demandée pour rétablir le mot pitre.

Dans l’exposé de la situation politique en 1830 placé en tête de la quatrième partie, deux détails avaient étonné Lacroix. Il avait fait suivre d’un point d’interrogation la phrase reprochant à Louis-Philippe les fautes de son règne et il avait souligné la phrase expliquant la situation dans laquelle il fallait user Lafayette à défendre Polignac.

Victor Hugo s’étonne de l’étonnement de Lacroix :

Je ne m’explique pas votre ? en face du mot Blaye ; dites-moi, je vous prie, votre pensée.

De même que votre —— sous :

défendre Polignac. Si Lafayette, en décembre 1830, n’avait pas, rue de Tournon, le prince de Craon et moi lui donnant le bras, harangué le peuple prêt à forcer le Luxembourg, Polignac eût été tué par la colère publique sur son banc d’accusé. — N’est-ce pas là le défendre ?

Plus loin, au livre VI, Lacroix avait accusé l’auteur d’anachronisme ; de plus, un mot, bizarre, se répétait dans deux chapitres très différents :

Livre VI (le Petit Gavroche), ch. ii, après keksekçà ?

Dans la phrase qui suit, remplacer le mot Ogibbewas par le mot Batocudos.

(Il faut, bien entendu, laisser le mot Ogibbewas dans le chapitre du père Gillenormand. Vous croyez, par erreur, que ce mot est postérieur à 1840. Vancouver parle des Ogibbewas.) Dans la même lettre, cette indication qui devait déconcerter les correcteurs belges :

maintenir Bruqueselles.

On se rappelle que c’est ainsi que Thénardier prononce le nom de la capitale de la Belgique.

Au livre l’Argot, suppression d’un passage :

Les amants, avec leurs charmants diminutifs et leurs augmentatifs passionnés, parlent argot.

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