Les Misérables (page 132)
Au feuillet suivant, recto et verso, une division provisoire précédée, en marge, de cette note :
(Aujourd’hui 8 juillet 1861 j’ai fait les dossiers préparatoires des divisions et je les ai ébauchées. J’y ai mis des titres. Ces titres sont pour moi et provisoires. J’ai arrêté ce classement à la section M. Gillenormand à partir de laquelle j’ai tout à relire.)
(Je laisse hors de ce dossier tout le reste du manuscrit à partir de cette section-là.)
(Waterloo. — Le ravin.)
L’évêque. (Monseigneur Bienvenu. Baptistine et non Sylvanie.) Jean Valjean. Une bonne farce. En l’année 1817. (Fantine.) Monttermeil. (Les Thénardier.) Fantine. Monsieur Madeleine. Javert.
L’affaire Champmathieu. Mort de Fantine. Waterloo.
Toulon. Jean Valjean. La petite Cosette. La masure 50-52. Jean Valjean traqué. Le couvent. (La Prière.) Le Gamin. (Gavroche.) M. Gillenormand. Marius. Les jeunes gens. Premières amours. (1re phase : le Luxembourg.) Le bouge Jondrette. Marius. (Désespoir. Paresse. — Mabeuf. Éponine.) La rue Plumet. (Tristesse de Cosette. Éveil de Jean Valjean. La chaîne.) Message de Marius. Premières amours. (2e phase. Le jardin.) Les petits Magnon. L’Éléphant. L’Évasion. L’Argot. Les amours. (Le jardin. Éponine Cab. Départ annoncé.) Le grand-père. L’enterrement de Lamarque. (Mabeuf.) Corinthe. La barricade. Marius arrive. Mabeuf. — Éponine. — Gavroche. Le buvard. (La rue de l’Homme-Armé.) Jean Valjean et Gavroche. Jean Valjean y va. (Javert.) Réveil de Cosette. La Bataille de la Rue. (Gavroche.) Assaut. L’Égout. L’Aïeul. Javert. (Mort de Javert.) Le grand-père et le petit-fils. (Guérison de Marius.) Cosette reparaît. La noce. Jean Valjean. Thénardier. La fin.
LIVRE PREMIER. — la guerre entre quatre murs.
Feuillet 332, titre-table. — Dès les deux premiers mots : Livre premier, on voit une surcharge, le mot : deuxième étant encore lisible sous le mot : premier. Le livre : La rue de l’Homme-Armé, qui finit actuellement la quatrième partie, était, comme l’indique une lettre de Victor Hugo à Lacroix, destiné à clore la quatrième partie ou à commencer la cinquième. Cela dépendait de l’étendue des deux derniers volumes.
La table du livre premier ne contient que trente-trois chapitres, Victor Hugo a écrit le chapitre v : Quel horizon on voit du haut de la barricade après avoir établi ses divisions.
Les chapitres vii et viii sont mentionnés en marge. Quelques variantes :
XIV. Où on lira le nom de la maîtresse d’Enjolras.
Titre primitif rayé : Enjolras songe moins aux hommes qu’aux cartouches qui s’épuisent.
XXI. Les héros.
Autre titre : Égalité dans l’épopée.
Feuillet 333. — I. La Charybde du faubourg Saint-Antoine…
Dès la première page du chapitre, intercalation en marge, et, au bas de cette intercalation, un fragment de papier jauni numéroté 334 est collé et contient un nouvel ajouté.
Feuillet 350. — II. Que faire dans l’abîme a moins que l’on ne cause ?
Aux deux tiers du feuillet, au-dessous de quelques lignes ajoutées en marge, cette note :
Ici l’intercalation : L’aube éveille les grands esprits comme les oiseaux.}}
Cette intercalation, qui constitue la fin du chapitre ii, remplit les feuillets 351 et 352.
Feuillets 336 à 361. — IV. Cinq de moins, un de plus.
Ces six feuillets intercalaires comprennent l’intervention de Combeferre sommant cinq des insurgés de quitter la barricade. L’intercalation est indiquée deux fois par Victor Hugo, au haut du feuillet 356 et au feuillet 362.
Feuillet 369. — V. Quel horizon on voit du haut de la barricade.
Un fragment de papier rosé est collé sur le feuillet bleu du manuscrit ; l’écriture, fine et menue, date de 1845 à 1848.
Le texte de ce fragment va de : Jadis les premières races humaines… à : Courage, et en avant ! (Voir pages 24-25.)
Feuillet 378. — VII. La situation s’aggrave.
Autre titre : À boulets.
Les chapitres vii, viii et ix devaient se suivre sans interruption, car on lit en tête du chapitre vu le titre du chapitre ix : Emploi de ce vieux talent de braconnier…
Les titres des chapitres viii et ix ont été ajoutes entre les lignes.
Feuillet 398. — XI. Le coup de fusil qui ne manque jamais…
En tête de ce feuillet commençant le chapitre, on lit sous les ratures la fin du chapitre ix, ce qui montre que le chapitre x : Aurore, a été ajouté après coup.
Feuillet 399. — XII. Le désordre partisan de l’ordre.
Autre titre : Formes que prenait le désordre dans l’ordre.
Feuillet 408. — XIV. Où on lira le nom de la maîtresse d’Enjolras.
Après la dernière ligne de ce chapitre, sous une rature, on lit tout un passage, publié au chapitre xx : Les héros, mais qui enchaînait primitivement les chapitres xiv et xv. Nous ne reproduirons de ce texte rayé que les dernières lignes :
Marius était formidable et pensif. Il était dans la bataille comme dans un songe. On eût dit un fantôme qui fait le coup de fusil.
Pour le rappeler à la réalité, il fallait, on s’en souvient, des secousses profondes.
Il lui vint subitement une de ces commotions.
Il aperçut, de ce regard vague qui ne voyait que des ensembles, presque sous ses pieds, au bas de la barricade, dehors, dans la rue, sous les balles, ce petit être qui s’appelait pour lui Thénardier.
Feuillet 414. — XV. Gavroche dehors.
Immédiatement après la dernière ligne du chapitre, le bas du feuillet est coupé, cela pour faciliter l’intercalation du chapitre xvi ; le bas du feuillet 414 a été collé en tête du feuillet 429 où il commence le chapitre xvii.
Feuillets 428-429. — XVII. {{sc|Mortuus pater filium moriturum expectat.
Les chapitres xvii et xviii n’en faisaient d’abord qu’un.
Un grand ajouté et un fragment collé au bas du feuillet, numéroté 429 et commençant le chapitre xviii, ont amené la suppression de ces quelques lignes que nous rétablissons pour la clarté de l’enchaînement :
Courfeyrac défit la cravate de Marius et lui en banda le front. On fut promptement et terriblement distrait de Gavroche. Enjolras, dressé debout, jeta du haut de la barricade cette clameur tonnante.
On se rendra compte de l’importance du texte ajouté en se reportant pages 62 à 64 de ce volume.
Feuillets 435-436. — Le texte biffé sur ces deux pages a été reporté au chapitre xx.
Feuillet 442. — XX. Les morts ont raison et les vivants n’ont pas tort.
Pour le titre, cette variante inachevée :
Toutes les causes plaident…
En regard, la date : 30 janvier 1861.
Dans ce même chapitre, trois feuillets plus loin, après ces trois alinéas :
Qui accuser ?
Personne, et tout le monde.
Les temps incomplets où nous vivons,
Victor Hugo a donné un coup de crayon allant rejoindre une note en marge :
Peut-être ajourner la publication de la fin de ce chapitre.
Cela se rapportait à la menace d’interdiction que l’éditeur rappelait sans cesse à Victor Hugo.
La fin de ce chapitre, en effet, tout en généralisant les considérations sur la révolte populaire et « les fantaisies de petitesse de la France», pouvait bien être interprétée comme une allusion aux « fantaisies » arbitraires et rétrogrades du second empire. Cette velléité de concession aux intérêts et aux craintes de l’éditeur fut passagère ; Victor Hugo barra nettement sa note en marge et publia intégralement son texte.
Dans ce chapitre, nombreux ajoutés.
Feuillet 462. — XXII. Pied a pied.
Autre titre : L’abordage.
LIVRE II. — L’INTESTIN DE LÉVIATHAN.
Feuillet 478. — Titre-table.
Trois variantes aux titres des trois derniers chapitres :
Le passé. — Le présent. — L’avenir.
Feuillet 492. — III. Bruneseau.
Nombreux ajoutés dans tous les sens au courant de ce chapitre ; une note au haut du feuillet 492 renvoie au feuillet suivant pour une intercalation que Victor Hugo n’a pas pu placer dans sa page trop surchargée.
LIVRE III. — LA BOUE, MAIS L’ÂME.
{{centré|Autre titre : Après Cosette, Marius.)
Ici, comme dans toute la cinquième partie, Victor Hugo, en révisant, a intercalé beaucoup de développements ; le plus intéressant se trouve dans ce livre ; nous avons vu, en tenant compte des ratures du texte de premier jet, que le chapitre du fontis et ces pages, si connues et si admirées, sur l’enlizement apportant une péripétie nouvelle et un obstacle de plus au sauvetage de Marius, n’ont été écrits qu’à la révision.
Feuillet 515. — I. Le cloaque et ses surprises.
Après l’alinéa finissant par : Une bouffée de fétidité l’avertit du lieu où il était, nous lisons cette note :
14 février 1861.
(Il y a juste aujourd’hui treize ans que je m’étais interrompu.)
Feuillet 524. — II. Explication.
Note au bas de la page :
17 février 1861.
(Fin du papier que j’avais emporté de Paris avec le manuscrit, le 11 décembre 1851.)
Feuillet 528. — III. L’homme filé.
La filature de Thénardier par Javert avait d’abord une importance moindre ; nous retrouvons au feuillet 533, dont le haut est rayé, la fin de la phrase qui terminait le feuillet 528 ; les quatre pages intercalaires donnent tous les détails de la filature qui, dans la première version, se résumait ainsi :
Ni l’un ni l’autre ne semblait se presser et ils marchaient lentement tous les deux comme si chacun d’eux craignait de faire, par trop de hâte, doubler le pas à son partenaire.
Ils étaient parvenus à l’endroit où la rivière s’infléchit à gauche et où le pont d’Iéna commence à être visible.
Il y avait là sur la berge un assez haut monceau de déblais provenant d’on ne sait quelle démolition. (Voir pages 121-123.)
Feuillet 539. — IV. Lui aussi porte sa croix.
Une date : 28 février.
Feuillet 562. — VIII. Le pan de l’habit déchiré.
Tout le passage où Thénardier parle de la fondrière a été ajouté en marge, à partir de ces mots : Thénardier fit claquer ses doigts…
L’épisode du fontis ayant été intercalé, il fallait, pour en tirer parti à la fin, que Thénardier connût dès à présent le nouveau danger auquel Jean Valjean venait d’échapper.
Feuillet 567. — IX. Marius fait l’effet d’être mort à quelqu’un qui s’y connaît.
Autre titre : Dehors, ou dedans. Cette variante est justifiée par le dernier mot du chapitre précédent.
Feuillet 579. — XII. L’aïeul.
En tête du chapitre, cette note, rayée, au crayon :
Voir s’il n’y a pas quelques retouches à faire çà et là dans ce que dit M. Gillenormand. Nous ne pouvons nous rendre compte de l’importance de ces retouches, car à partir du moment où M. Gillenormand entre dans la chambre et murmure : Marius ! tout le texte a dû être changé, développé ; l’écriture est plus grosse.
À la fin du chapitre, cette note :
Interrompu le 17 mars 1861 pour les préparatifs du voyage en Belgique.
LIVRE IV. — JAVERT DÉRAILLÉ.
En commençant l’unique chapitre de ce livre, Victor Hugo nous apprend, par une note, ou il la écrit :
(Je reprends mon travail le 22 mai. Ma santé est rétablie. Je suis en Belgique à Mont-Saint-Jean, hôtel des Colonnes, chez Mlle Dehaze. Les deux fenêtres de ma chambre donnent sur le champ de Waterloo. De mon lit je vois le lion )
LIVRE V — LE PETIT-FILS ET LE GRAND-PÈRE.
Feuillet 616, titre-table. — Une variante de titre au chapitre vii :
Pour les heureux, le malheur passé devient rêve
Feuillet 625. — II. Marius, en sortant de la guerre civile, s’apprête a la guerre domestique.
Vers le milieu du chapitre, une note en marge :
Interrompu. Je suis allé le 27 mai à Bruxelles, où l’on a joué la pièce de Charles Je vous aime, et je suis revenu le 28 au soir. J’ai repris ce travail le 29.
Feuillets 644-645. — VI. Les deux vieillards font tout, chacun à leur faço, pour que Cosette soit heureuse.
Le bas du feuillet 644 et le feuillet 645 entier sont rayés, tout ce texte est repris très développe dans sept feuillets intercalaires.
On retrouve l’enchaînement primitif au début biffé du feuillet 653 qui continue la phrase commencée au bas du feuillet 645.
Feuillet 651. — VII. Les effets de rêve mêlés au bonheur.
Autre titre : Froideur et enthousiasme pour le même homme.
Feuillet 656. — VIII. Deux hommes impossibles à retrouver.
Un important passage rayé, relatif aux recherches de Marius. Nous ne citerons que le début de cet alinéa, le reste ayant été reporté plus loin :
On put savoir le nom de l’agent. C’était un inspecteur nommé Javert, qui, fatalité de plus dans cette étrange énigme, s’était noyé cette nuit-là même. On se rappelle que Marius croit Jean Valjean coupable d’avoir assassiné Javert à a barricade ; il ne peut donc pas, jusqu’à la visite de Thénardier, être au fait de ce suicide.
LIVRE VI. — LA NUIT BLANCHE.
Feuillet 659, titre-table.
Le chapitre iv, immortale jecur, est intitule sur le manuscrit :
Le devoir : La chaîne sans fin.
Feuillets 661 à 671. — I. Le 16 février 1833.
Ces dix feuillets ont été intercales pour y introduire l’incident de la voiture de masques croisant la noce de Cosette. Victor Hugo, à la révision, a sans doute voulu expliquer comment Thénardier avait retrouvé la piste de Jean Valjean. On se rend compte de la version primitive par le texte rayé du feuillet 672, suite des derniers mots, biffés aussi, au bas du feuillet 661.
Feuillets 681 à 684. — II. Jean Valjean a toujours le bras en écharpe.
Nous avons retrouvé, sur une feuille séparée, le premier texte de la harangue de M. Gillenormand ; cette harangue était beaucoup plus courte et ne tenait qu’une seule page. Elle en remplit actuellement quatre.
Au verso de cette page isolée, des notes importantes qu’on verra plus loin.
LIVRE VII. — LA DERNIÈRE GORGÉE DU CALICE.
Feuillets 727 à 731. — II. Les obscurités que peut contenir une révélation.
Quatre feuillets en tête du chapitre développent un passage rayé au début du feuillet 731.
Feuillet 733. — Note au crayon résumant les questions que Marius s’adresse au sujet de l’affaire Jondrette et de la présence de Javert à la barricade.
LIVRE VIII. — LA DÉCROISSANCE CRÉPUSCULAIRE.
Feuillet 754. — III. Ils se souviennent du jardin de la rue Plumet.
Le titre de ce chapitre est motivé par une intercalation de deux pages où est racontée la visite de Marius et Cosette à « leur jardin ».
Au feuillet suivant, note en marge :
Interruption. Parti le 17 juin pour Bruxelles voir ma femme et ma fille qui y sont arrivées. Revenu le 18 à 7 heures du soir. Repris le travail le 19.
LIVRE IX. — SUPRÊME OMBRE, SUPRÊME AURORE.
Une seule date à noter au livre neuvième, en face du titre du troisième chapitre : 22 juin.
Nous donnons en fac-similé la dernière page du manuscrit ; nous citerons cependant ici les variantes des vers qui, sous les ratures, ne sont pas très déchiffrables.
Il dort paisible après un sombre et long martyre. Quand il n’eut plm son ange, il mourut sans rien dire.
Il n’y a pas de Reliquat pour ce dernier volume ; nous avons seulement voulu grouper certaines notes de travail extraites de petits dossiers constitués par Victor Hugo lui-même. Il y a le dossier de Gillenormand, le dossier de Gavroche, celui des Amis de l’A B C ; telle ligne griffonnée contenait en germe le texte d’un chapitre, telle autre donnait une orientation, toute différente de celle adoptée, à l’un de ses héros ; nous avons choisi, dans les notes inutilisées, celles qui pouvaient le mieux initier le lecteur à ce premier travail ; les personnages du roman sont présents à toutes les mémoires ; aucun des changements apportés à leur caractère ne peut laisser indifférents ceux qui ont pleuré, ri, souffert, eu un mot, vécu avec les Misérables.
Deux noms au-dessous du titre les Misérables :
M. Malmitaine.
Croquevignolle.
Javert, cette nature entêtée est redoutable.
WATERLOO.
Cambronne. — Parce que j’ai mis son mot ? Il entrait de droit dans mon livre. C’est le misérable des mots.
À un moment donné il se dresse en charge de bataille et devient un héros. Ce misérable du langage fait une action d’éclat.
Je l’enregistre.
Waterloo. — D’un côte des soldats frais, blonds, roses, vermeils, bien reposés et bien nourris ; de l’autre de pâles combattants qui n’ont pas dormi et qui n’ont pas mangé ; d’un côté la soupe, de l’autre l’enthousiasme.
L’Angleterre a beaucoup de vrais grands hommes et en a un faux. C’est du faux qu’elle se vante. Colonnes Wellington partout.
Cherchez la colonne Shakespeare, la colonne Newton, la colonne Cromwell, la colonne Byron, la colonne Watt, la colonne Wilberforce. Point. Wellington seul. Voilà l’Angleterre.
…Il éclata de rire : — Ça ! un grand homme, dit-il. Wellington, c’est le cheval que montait le destin le jour où il renversa Napoléon.
LES JEUNES GENS.
Caractères, gaîtés, etc. ; et choses sérieuses. Causeries républicaines, etc.
De Courfeyrac. — Tu ressembles à cette pauvre déesse Coronis, qui n’avait pas de temple et à qui Pallas était obligée de prêter le sien.
Enjolras, riant : — La propriété — de l’oiseau, — c’est le vol.
…et au milieu des bougies allumées, dans le bruit des bouteilles et des verres et des rires mêlés de chansons, il se leva, montra la vitre sombre et s’écria :
— Vous m’étonnez de ne faire attention à rien. Le monde existe, et nous sommes des insensés. Il y a là en ce moment au fond du ciel l’astre Jupiter qui est plein d’âmes. Jupiter est plein d’âmes terribles qui roulent dans des ouragans. Cela nous regarde.
Courfeyrac, entrant dans le cabaret : — Qu’y a-t-il donc là par terre ?
Joly'. — Des plâtras.
Courfeyrac. — D’où ?
Joly, montrant le plafond crevassé : — Du plafond.
Grantaire. — Eh bien, c’est la maison qui s’écroule. Est-ce que tu tiens à ce que la maison ne te tombe pas sur la tête ?
— Monsieur de Courfeyrac…
— Point de particule ! s’écria Courfeyrac. Êtes-vous bien sûr que la particule soit un embellissement ? Je voudrais bien savoir, par exemple, ce que la mer gagnerait à s’ajouter la particule.
… — D’abord, s’écria Courfeyrac, on ne trahit jamais des yeux qui pleurent. Il y a un axiome : la tristesse d’une femme qu’on aime est un obstacle invincible à toute infidélité.
Soufflet de Musichetta à Joly qui croit ne plus être aimé. — Elle est jalouse, elle le bat, elle l’aime. Soufflet inespéré.
…Il passait son temps à s’admirer. Du reste, il avait un faux râtelier, mais il ne s’en confessait à personne et gardait pour lui cette mauvaise conscience-là.
Tout à coup, Musichetta lui cria :
— Vous avez les plus jolies dents du monde !
C’était là un genre de compliment, le seul peut-être qu’il ne pouvait se taire à lui-même. Il eut la volupté du chat gratté sur la tête.
Courfeyrac. — (Il s’habille. Il fredonne.) — Il a fait aujourd’hui le plus beau… (à Azelma). Donne-moi ma cravate. — Temps du monde. Pour aller à cheval… — Comment trouves-tu ce nœud-là ? — Sur la terre et sur l’onde. — Voilà ma cravate mise. J’implore un kiss.
Azelma. — Qu’est-ce que c’est que ça, un kiss ?
Courfeyrac. — C’est un baiser.
Azelma. — Je n’aime pas qu’on me parle latin.