Les Misérables (page 157)
— Oui, mais ce n’est rien, dit Jean Valjean.
Il respira, sourit, et reprit :
— Cosette, tu me parlais, continue, parle encore, ton petit rouge-gorge est donc mort, parle, que j’entende ta voix !
Marius pétrifié regardait le vieillard.
Cosette poussa un cri déchirant.
— Père ! mon père ! vous vivrez. Vous allez vivre. Je veux que vous viviez, entendez-vous !
Jean Valjean leva la tête vers elle avec adoration.
— Oh oui, défends-moi de mourir. Qui sait ? j’obéirai peut-être. J’étais en train de mourir quand vous êtes arrivés. Cela m’a arrêté, il m’a semblé que je renaissais.
— Vous êtes plein de force et de vie, s’écria Marius. Est-ce que vous vous imaginez qu’on meurt comme cela ? Vous avez eu du chagrin, vous n’en aurez plus. C’est moi qui vous demande pardon, et à genoux encore ! Vous allez vivre, et vivre avec nous, et vivre longtemps. Nous vous reprenons. Nous sommes deux ici qui n’aurons désormais qu’une pensée, votre bonheur !
— Vous voyez bien, reprit Cosette tout en larmes, que Marius dit que vous ne mourrez pas.
Jean Valjean continuait de sourire.
— Quand vous me reprendriez, monsieur Pontmercy, cela ferait-il que je ne sois pas ce que je suis ? Non, Dieu a pensé comme vous et moi, et il ne change pas d’avis ; il est utile que je m’en aille. La mort est un bon arrangement. Dieu sait mieux que nous ce qu’il nous faut. Que vous soyez heureux, que monsieur Pontmercy ait Cosette, que la jeunesse épouse le matin, qu’il y ait autour de vous, mes enfants, des lilas et des rossignols, que votre vie soit une belle pelouse avec du soleil, que tous les enchantements du ciel vous remplissent l’âme, et maintenant, moi qui ne suis bon à rien, que je meure, il est sûr que tout cela est bien. Voyez-vous, soyons raisonnables, il n’y a plus rien de possible maintenant, je sens tout à fait que c’est fini. Il y a une heure, j’ai eu un évanouissement. Et puis, cette nuit, j’ai bu tout ce pot d’eau qui est là. Comme ton mari est bon, Cosette ! tu es bien mieux qu’avec moi.
Un bruit se fit à la porte. C’était le médecin qui entrait.
— Bonjour et adieu, docteur, dit Jean Valjean. Voici mes pauvres enfants.
Marius s’approcha du médecin. Il lui adressa ce seul mot : Monsieur ?… mais dans la manière de le prononcer, il y avait une question complète.
Le médecin répondit à la question par un coup d’œil expressif.
— Parce que les choses déplaisent, dit Jean Valjean, ce n’est pas une raison pour être injuste envers Dieu.
Il y eut un silence. Toutes les poitrines étaient oppressées.
Jean Valjean se tourna vers Cosette. Il se mit à la contempler comme s’il voulait en prendre pour l’éternité. À la profondeur d’ombre où il était déjà descendu, l’extase lui était encore possible en regardant Cosette. La réverbération de ce doux visage illuminait sa face pâle. Le sépulcre peut avoir son éblouissement.
Le médecin lui tâta le pouls.
— Ah ! c’est vous qu’il lui fallait ! murmura-t-il en regardant Cosette et Marius.
Et, se penchant à l’oreille de Marius, il ajouta très bas :
— Trop tard.
Jean Valjean, presque sans cesser de regarder Cosette, considéra Marius et le médecin avec sérénité. On entendit sortir de sa bouche cette parole à peine articulée :
— Ce n’est rien de mourir ; c’est affreux de ne pas vivre.
Tout à coup il se leva. Ces retours de force sont quelquefois un signe même de l’agonie. Il marcha d’un pas ferme à la muraille, écarta Marius et le médecin qui voulaient l’aider, détacha du mur le petit crucifix de cuivre qui y était suspendu, revint s’asseoir avec toute la liberté de mouvement de la pleine santé, et dit d’une voix haute en posant le crucifix sur la table :
— Voilà le grand martyr.
Puis sa poitrine s’affaissa, sa tête eut une vacillation, comme si l’ivresse de la tombe le prenait, et ses deux mains, posées sur ses genoux, se mirent à creuser de l’ongle l’étoffe de son pantalon.
Cosette lui soutenait les épaules, et sanglotait, et tâchait de lui parler sans pouvoir y parvenir. On distinguait, parmi les mots mêlés à cette salive lugubre qui accompagne les larmes, des paroles comme celles-ci : — Père ! ne nous quittez pas. Est-il possible que nous ne vous retrouvions que pour vous perdre ?
On pourrait dire que l’agonie serpente. Elle va, vient, s’avance vers le sépulcre, et se retourne vers la vie. Il y a du tâtonnement dans l’action de mourir.
Jean Valjean, après cette demi-syncope, se raffermit, secoua son front comme pour en faire tomber les ténèbres, et redevint presque pleinement lucide. Il prit un pan de la manche de Cosette et le baisa.
— Il revient ! docteur, il revient ! cria Marius.
— Vous êtes bons tous les deux, dit Jean Valjean. Je vais vous dire ce qui m’a fait de la peine. Ce qui m’a fait de la peine, monsieur Pontmercy, c’est que vous n’ayez pas voulu toucher à l’argent. Cet argent-là est bien à votre femme. Je vais vous expliquer, mes enfants, c’est même pour cela que je suis content de vous voir. Le jais noir vient d’Angleterre, le jais blanc vient de Norvège. Tout ceci est dans le papier que voilà, que vous lirez. Pour les bracelets, j’ai inventé de remplacer les coulants en tôle soudée par des coulants en tôle rapprochée. C’est plus joli, meilleur, et moins cher. Vous comprenez tout l’argent qu’on peut gagner. La fortune de Cosette est donc bien à elle. Je vous donne ces détails-là pour que vous ayez l’esprit en repos.
La portière était montée et regardait par la porte entre-bâillée. Le médecin la congédia, mais il ne put empêcher qu’avant de disparaître cette bonne femme zélée ne criât au mourant :
— Voulez-vous un prêtre ?
— J’en ai un, répondit Jean Valjean.
Et, du doigt, il sembla désigner un point au-dessus de sa tête où l’on eût dit qu’il voyait quelqu’un.
Il est probable que l’évêque en effet assistait à cette agonie.
Cosette, doucement, lui glissa un oreiller sous les reins.
Jean Valjean reprit :
— Monsieur Pontmercy, n’ayez pas de crainte, je vous en conjure. Les six cent mille francs sont bien à Cosette. J’aurais donc perdu ma vie si vous n’en jouissiez pas ! Nous étions parvenus à faire très bien cette verroterie-là. Nous rivalisions avec ce qu’on appelle les bijoux de Berlin. Par exemple, on ne peut pas égaler le verre noir d’Allemagne. Une grosse, qui contient douze cents grains très bien taillés, ne coûte que trois francs.
Quand un être qui nous est cher va mourir, on le regarde avec un regard qui se cramponne à lui et qui voudrait le retenir. Tous deux, muets d’angoisse, ne sachant que dire à la mort, désespérés et tremblants, étaient debout devant lui, Cosette donnant la main à Marius.
D’instant en instant, Jean Valjean déclinait. Il baissait, il se rapprochait de l’horizon sombre. Son souffle était devenu intermittent, un peu de raie l’entrecoupait. Il avait de la peine à déplacer son avant-bras, ses pieds avaient perdu tout mouvement, et en même temps que la misère des membres et l’accablement du corps croissait, toute la majesté de lame montait et se déployait sur son front. La lumière du monde inconnu était déjà visible dans sa prunelle.
Sa figure blêmissait et en même temps souriait. La vie n’était plus là, il y avait autre chose. Son haleine tombait, son regard grandissait. C’était un cadavre auquel on sentait des ailes.
Il fit signe à Cosette d’approcher, puis à Marius, c’était évidemment la dernière minute de la dernière heure, et il se mit à leur parler d’une voix si faible qu’elle semblait venir de loin, et qu’on eût dit qu’il y avait des à présent une muraille entre eux et lui.
— Approche, approchez tous deux. Je vous aime bien. Oh ! c’est bon de mourir comme cela ! Toi aussi, tu m’aimes, ma Cosette. Je savais bien que tu avais toujours de l’amitié pour ton vieux bonhomme. Comme tu es gentille de m’avoir mis ce coussin sous les reins ! Tu me pleureras un peu, n’est-ce pas ? Pas trop. Je ne veux pas que tu aies de vrais chagrins. Il faudra vous amuser beaucoup, mes enfants. J’ai oublié de vous dire que sur les boucles sans ardillons on gagnait encore plus que sur tout le reste. La grosse, les douze douzaines, revenait à dix francs, et se vendait soixante. C’était vraiment un bon commerce. Il ne faut donc pas s’étonner des six cent mille francs, monsieur Pontmercy. C’est de l’argent honnête. Vous pouvez être riches tranquillement. Il faudra avoir une voiture, de temps en temps une loge aux théâtres, de belles toilettes de bal, ma Cosette, et puis donner de bons dîners à vos amis, être très heureux. J’écrivais tout à l’heure à Cosette. Elle trouvera ma lettre. C’est à elle que je lègue les deux chandeliers qui sont sur la cheminée. Ils sont en argent, mais pour moi ils sont en or, ils sont en diamant ; ils changent les chandelles qu’on y met, en cierges. Je ne sais pas si celui qui me les a donnés est content de moi là-haut. J’ai fait ce que j’ai pu. Mes enfants, vous n’oublierez pas que je suis un pauvre, vous me ferez enterrer dans le premier coin de terre venu sous une pierre pour marquer l’endroit. C’est là ma volonté. Pas de nom sur la pierre. Si Cosette veut venir un peu quelquefois, cela me fera plaisir. Vous aussi, monsieur Pontmercy. Il faut que je vous avoue que je ne vous ai pas toujours aimé ; je vous en demande pardon. Maintenant, elle et vous, vous n’êtes qu’un pour moi. Je vous suis très reconnaissant. Je sens que vous rendez Cosette heureuse. Si vous saviez, monsieur Pontmercy, ses belles joues roses, c’était ma joie ; quand je la voyais un peu pâle, j’étais triste. Il y a dans la commode un billet de cinq cents francs. Je n’y ai pas touché. C’est pour les pauvres. Cosette, vois-tu ta petite robe, là, sur le lit. ? la reconnais-tu ? Il n’y a pourtant que dix ans de cela. Comme le temps passe ! Nous avons été bien heureux. C’est fini. Mes enfants, ne pleurez pas, je ne vais pas très lom. Je vous verrai de là. Vous n’aurez qu’à regarder quand il fera nuit, vous me verrez sourire. Cosette, te rappelles-tu Montfermeil ? Tu étais dans le bois, tu avais bien peur ; te rappelles-tu quand j’ai pris l’anse du seau d’eau ? C’est la première fois que j’ai touché ta pauvre petite main. Elle était si froide ! Ah ! vous aviez les mains rouges dans ce temps-là, mademoiselle, vous les avez bien blanches maintenant. Et la grande poupée ! te rappelles-tu ? Tu la nommais Catherine. Tu regrettais de ne pas l’avoir emmenée au couvent ! Comme tu m’as fait rire des fois mon doux ange ! Quand il avait plu, tu embarquais sur les ruisseaux des brins de paille, et tu les regardais aller. Un jour, je t’ai donné une raquette en osier, et un volant avec des plumes jaunes, bleues, vertes. Tu l’as oublié toi. Tu états si espiègle toute petite ! Tu jouais. Tu te mettais des cerises aux oreilles. Ce sont là des choses du passé. Les forêts où l’on a passé avec son enfant, les arbres où l’on s’est promené, les couvents où l’on s’est caché, les jeux, les bons rires de l’enfance, c’est de l’ombre. Je m’étais imaginé que tout cela m’appartenait. Voilà où était ma bêtise. Ces Thénardier ont été méchants. Il faut leur pardonner. Cosette, voici le moment venu de te dire le nom de ta mère. Elle s’appelait Fantine. Retiens ce nom-là : Fantine. Mets-toi a genoux toutes les fois que tu le prononceras. Elle a bien souffert. Elle t’a bien aimée. Elle a eu en malheur tout ce que tu as en bonheur. Ce sont les partages de Dieu. Il est là-haut, il nous voit tous, et il sait ce qu’il fait au milieu de ses grandes étoiles. Je vais donc m’en aller, mes enfants Aimez-vous bien toujours. Il n’y a guère autre chose que cela dans le monde : s’aimer. Vous penserez quelquefois au pauvre vieux qui est mort ici. Ô ma Cosette ! ce n’est pas ma faute, va, si je ne t’ai pas vue tous ces temps-ci, cela me fendait le cœur ; j’allais jusqu’au coin de ta rue, je devais faire un drôle d’effet aux gens qui me voyaient passer, j’étais comme fou, une fois je suis sorti sans chapeau. Mes enfants, voici que je ne vois plus très clair, j’avais encore des choses à dire, mais c’est égal. Pensez un peu à moi. Vous êtes des êtres bénis. Je ne sais pas ce que j’ai, je vois de la lumière. Approchez encore. Je meurs heureux. Donnez-moi vos chères têtes bien-aimées, que je mette mes mains dessus.
Cosette et Marius tombèrent à genoux, éperdus, étouffés de larmes, chacun sur une des mains de Jean Valjean. Ces mains augustes ne remuaient plus.
Il était renversé en arrière, la lueur des deux chandeliers l’éclairait ; sa face blanche regardait le ciel, il laissait Cosette et Marius couvrir ses mains de baisers ; il était mort.
La nuit était sans étoiles et profondément obscure. Sans doute, dans l’ombre, quelque ange immense était debout, les ailes déployées, attendant l’âme.
VI l’herbe cache et la pluie efface.
Il y a, au cimetière du Père-Lachaise, aux environs de la fosse commune, loin du quartier élégant de cette ville des sépulcres, loin de tous ces tombeaux de fantaisie qui étalent en présence de l’éternité les hideuses modes de la mort, dans un angle désert, le long d’un vieux mur, sous un grand if auquel grimpent, parmi les chiendents et les mousses, les liserons, une pierre. Cette pierre n’est pas plus exempte que les autres des lèpres du temps, de la moisissure, du lichen, et des fientes d’oiseaux. L’eau la verdit, l’air la noircit. Elle n’est voisine d’aucun sentier, et l’on n’aime pas aller de ce côté-là, parce que l’herbe est haute et qu’on a tout de suite les pieds mouillés. Quand il y a un peu de soleil, les lézards y viennent. Il y a, tout autour, un frémissement de folles avoines. Au printemps, les fauvettes chantent dans l’arbre.
Cette pierre est toute nue. On n’a songé en la taillant qu’au nécessaire de la tombe, et l’on n’a pris d’autre soin que de faire cette pierre assez longue et assez étroite pour couvrir un homme.
On n’y lit aucun nom.
Seulement, voilà de cela bien des années déjà, une main y a écrit au crayon ces quatre vers qui sont devenus peu à peu illisibles sous la pluie et la poussière, et qui probablement sont aujourd’hui effacés :
Il dort. Quoique le sort fût pour lui bien étrange, Il vivait. Il mourut quand il n’eut plus son ange ; La chose simplement d’elle-même arriva, Comme la nuit se fait lorsque le jour s’en va.
NOTES DE L’ÉDITEUR.
I. Historique des Misérables II. Revue de la critique III. Notice bibliographique IV. Notice iconographique
III
NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE.
Les Misérables. — Paris, Pagnerre, libraire-éditeur, rue de Seine, no 18 (imprimerie J. Clave), 1862, 10 volumes in-8o. Édition originale, publiée à 6 francs le volume.
Les Misérables. — A. Lacroix, Verboeckhoven et Cie, éditeurs, à Bruxelles et Leipzig, 1862. Édition conforme à l’édition française et publiée en même temps.
Les Misérables. — Paris, Pagnerre, libraire-éditeur, rue de Seine, no 18, A. Lacroix, Verboeckhoven et Cie, Bruxelles et Leipzig (imprimerie J. Claye), 1863, 10 volumes in-18, 3 fr. 50 le volume.
Les Misérables. — Illustrations de Brion. Paris, J. Hetzel et A. Lacroix, éditeurs, rue Jacob, no 18 (imprimerie Bonaventure et Ducessois), 1865, grand in-8o. Première édition illustrée parue en 100 livraisons à 10 centimes.
Les Misérables. — Paris, édition collective Eugène Hugues, éditeur (imprimerie J. Claye), 1879-1882, grand in-8o. Illustrations d’Eugène Delacroix, Lix, Émile Bayard, G. Brion, Daniel Vierge, de Neuville, Jean-Paul Laurens, etc. Parue en 233 livraisons à 10 centimes, 24 francs l’ouvrage complet.
Les Misérables. — Édition définitive, Paris, J. Hetzel et Cie, rue Jacob, no 18, A. Quantin, rue Saint-Benoît, no 7 (imprimerie A. Quantin), 1881, 5 volumes in-8o, 7 fr. 50 le volume.
Les Misérables. — Petite édition définitive, Hetzel-Quantin, 8 volumes in-16, s. d., à 2 francs le volume.
Les Misérables. — Édition nationale, Paris, Émile Testard, éditeur, rue de Condé, no 10 (typographie G. Chamerot), 25 compositions hors texte, par G. Jeanniot, 1890-1891, 5 volumes in-4o, 30 francs le volume.
Les Misérables. — Paris, Hachette et Cie, boulevard Saint-Germain, no 79 (typographie Charles Lahure), 1875, édition collective, 5 volumes in-16, 3 fr. 50 le volume.
Les Misérables. — Œuvres de Victor Hugo. Paris, A. Lemerre, passage Choiseul, no 23, 1899, 5 volumes, petit in-12, 6 francs le volume.
Les Misérables. — Édition à 25 centimes le volume. Paris, Jules Rouff et Cie, 30 volumes in-32.
Les Misérables. — Édition de l’Imprimerie nationale. Paris, Paul Ollendorff, chaussée d’Antin, no 50, 1908-1909, 4 volumes grand in-8o.
IV NOTICE ICONOGRAPHIQUE.
1862. Album contenant un portrait de Victor Hugo, par Radoux, et vingt-cinq compositions de G. Brion.
Mgr Bienvenu. — Le vieux conventionnel. — Jean Valjean. — Fantine. — La porte de l’auberge des Thénardier. — M. Madeleine. — Javert. — Sœur Simplice. — Les Thenardier. — L’Alouette. — Le soir de Waterloo. — Entre quatre planches. — Gillenormand. — Mort du colonel Pontmercy. — Marins. — Jean Valjean et Cosette. — Éponine. — Garroche. — M. Mabeuf. — L’éléphant de la Bastille. — La fin d’Éponine. Jean Valjean se venge. — Sortie du cloaque. — L’aïeul et le petit-fils. — Mort de Jean Valjean.
1862. Album contenant vingt compositions de Castelli et d’Alphonse de Neuville, gravées sur acier par Outhwaire :
Jean Valjean au bagne. — Le vol de l’argenterie. — Fantine. — Arrestation de Fantine. — Waterloo. — Enlèvement de Cosette. — Javert sur les traces de Jean Valjean. — Fauchelevent ouvrant le cercueil. — Marius au cimetière. — Éponine chez Marius. — Jean Valjean chez Thénardier. — Gavroche. — Montparnasse à la chasse. — Les amis de l’ABC. — Évasion de Thénardier. — Mort d’Éponine. — Jean Valjean et Marius dans l’égout. — La berge de la Seine. — Marius confond Thénardier. — Mort de Jean Valjean.
1865. Édition Hetzel. Deux cents illustrations de G. Brion, gravées par Yon et Perrichon.
1879. Édition Hugues. Illustrations de Jean-Paul Laurens, Eugène Delacroix, G. Brion, A. de Neuville, Daniel Vierge, Lix, etc. Soixante-seize compositions hors texte, un dessin de Victor Hugo. Nombreuses illustrations dans le texte.
1883. Le Livre d’or de Victor Hugo. Paris, E. Launette, direction de M. Émile Blémont. Quatre compositions (photogravure Goupil) :
Cambronne à Waterloo (Armand Dumarescq). — Cosette dans le bois (P. Kaufmann). — Le départ de Montfermeil (Maurice Leloir). — La tombe de Jean Valjean (Maurice Baudoin).
1886. Édition Hébert. Dix compositions de François Flameng, gravées par L. Flameng, R. de Los Rios, H. Lefort, L. Lucas, J. Massard :
L’évêque endormi. — Fantine aux genoux de M. Madeleine. — Cosette regardant la poupée à l’étalage. — Jean Valjean et Fauchelevent enterrant la bière vide. — Cosette, Jean Valjean et Marius 11 au Luxembourg. — Jean Valjean se brûlant le bras. — Cosette lisant la lettre de Marius. — Colle-toi ça dans le fusil. — La mort de Gavroche. — La mort de Javert.
1890-1891. Édition nationale Testard. Cinq volumes in-4o, vingt-cinq compositions hors texte de G. Jeanniot :
Tome I : Un juste [Mort du conventionnel]. — Ce qu’il fait [Jean Valjean dans la chambre de l’évêque]. — Le père Fauchelevent [Sauvetage de Fauchelevent]. — Le désœuvrement de M. Bamatabois [Arrestation de Fantine]. — L’autorité reprend ses droits [Mort de Fantine]. — Gravées à l’eau-forte par Gh. Courtry, Alfred Boilot.
Tome II : L’inattendu [Le chemin creux d’Ohain ]. — La petite toute seule [Cosette et Jean Valjean dans le bois]. — Qui cherche le mieux peut trouver le pire [Cosette, Jean Valjean et Thénardier]. — Distractions [Madame Albertine]. — Fauchelevent et le fossoyeur. Gravées par A. Mongin, Cl. Faivre, L. Muller.
Tome III : Le grand bourgeois. — Fin d’un brigand. — Commencement d’une grande maladie. — Une rose dans la misère [Éponine chez Marius]. Le guet-apens. Gravées par L. Muller.
Tome IV : Apparition au père Mabeuf. — La cadène [Cosette et Jean Valjean]. — Cab roule en anglais [Éponine et les bandits]. — Recrues. — Mort d’Éponine. Gravées par L. Muller, Dumoulin, Cl. Faivre.
Tome V : Gavroche debors [Mort de Gavroche]. — Oreste à jeun et Pylade irre [Mort de Grantaire et d’Enjolras]. — Marius fait l’effet d’être mort… [La sortie de l’égout]. — Le septième cercle et le huitième ciel [Cosette entrant chez Marius]. — Mort de Jean Valjean. Gravées par L. Muller et Cl. Faivre.
1903. Fantine. Peinture d’Eugène Carrière. Maison de Victor Hugo.
Cosette et Jean Valjean dans le bois de Montfermeil, Grisaille de Geoffroy. Maison de Victor Hugo.
1903. Je suis Jean Valjean, peinture d’A. Dewambez. Maison de Victor Hugo.
Cosette enfant, dessin d’Émile Bayard. Maison de Victor Hugo.
1904. Garroche à la barricade, peinture de Willette. Maison de Victor Hugo.
SALONS.
1865. Bellangé (J.-L.-H.) [peinture].
Les cuirassiers à Waterloo. Passage du chemin creux.
18… Sinner [peinture].
Jean Valjean.
1870. Desbrosses (Léopold) [gravure].
Waterloo. Épisode du chemin creux d’Ohain.
1878. Lecorney [terre cuite].
Cosette portant son seau.
1879. Boniface (Mlle Irma) [peinture].
Jean Valjean.
1881. Hutin (Charles) [peinture].
Le vol de Jean Valjean.
1882. Chaperon (Eugène) [peinture].
Waterloo. Épisode de la ferme de Hongomont.
1882. Guay (Gabriel) [peinture].
Cosette.
1883. Bottée (Louis-Alexandre) [sculpture].
Cosette, statuette de plâtre.
1883. Moreau-Vauthier (Augustin-Jean) [sculpture].
Gavroche, statuette de plâtre.
1885. Bouillon (Léon) [peinture].
Cosette.
1886. Lucas (Louis) [gravure eau-forte].
Marins et Cosette au Luxembourg.
1887. Dubois (Fernand) [sculpture].
Jean Valjean, statuette de plâtre.
1888. Bricoux (Charles-Jules) [peinture].
Cosette.
1888. Vibert (Alexandre) [sculpture].
La mort de Gavroche, statue plâtre.
1889. Guardia (Mlle Marguerite) [dessin fusain].
Cosette.
1890. Pompon (François) [sculpture].
Cosette, statue de bronze.
1891 : Rouffet (J.) [peinture].
Waterloo. — La fin de l’épopée.
1892. Cazin (Jean-Charles) [peinture].
M.-sur-M.
1895. Letourneau (Louis-Alexis) [peinture].
18 juin 1815. « C’était Napoléon… immense somnambule de ce rêve écroulé. »
1898. Balestrieri (Lionello) [dessin].
« Les vivants voient l’infini ; le définitif ne se laisse voir qu’aux morts. »
1898. Pompon (François) [sculpture].
Cosette, statue de marbre.
1901. Lecomte du Nouy (Jean) [sculpture].
Pour la liberté. La mort de Gavroche, statue marbre.
1902. Chaperon (Eugène) [peinture].
Waterloo. — Derniers trophées.
1902. Fizelière-Ritti (Mme Marthe DE LA) [sculpture].
Cosette, statue de plâtre.
1902. Bruno (François) [gravure en médaille].
Victor Hugo et « les Misérables » , sculpture incisée sur pierres fines.
1903. Moria (Mlle Blanche-Adèle) [sculpture].
Gavroche, statuette de marbre.
1903. White (Mlle H. Mabel) [sculpture].
Jean Valjean, médaillon d’étain.
1903. Carolus-Duran (Émile-Auguste) [peinture].
Garroche.
1903. Higgins (Eugène) [peinture].
Encore une Fantine.
1903. Injalbert (Antonin) [sculpture].
Gavroche, buste bronze.
1904. Chaperon (Eugène) [peinture].
La chute de l’aigle. — Waterloo. — 18 juin 1815.
1905. Willette (Léon-Adolphe) [peinture].
La mort de Gavroche.
1905. Berthoud (Paul-François) [sculpture].
Gavroche, terre cuite.
1906. White (Mlle H. Mabel) [sculpture].
Jean Valjean, buste de plâtre.
1908. Decorchemont (François) [pastel].
Cosette.
II REVUE DE LA CRITIQUE.
Rarement roman fut plus commenté, discuté, loué, fêté, glorifié, attaqué, vilipendé, que ne le furent les Misérables.