Odes et Ballades (page 4)

Victor Hugo · Lettres

Texte français, domaine public · Source : fr.wikisource.org — Odes et Ballades · 22 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

Ton aigrette de rubis !

Ou, pour danser avec Faune,

Contraignant tes pas tremblants,

Leurs Satyres au pied jaune,

Leurs vieux Sylvains pétulants

Joindraient tes mains enchaînées

Aux vieilles mains décharnées

De leurs Naïades fanées,

Mortes depuis deux mille ans !

8-10 avril 1825.

BALLADE DIXIÈME. À UN PASSANT.

Au soleil couchant

Toi qui vas cherchant

Fortune

Prends garde de choir ;

La terre, le soir

Est brune.

L’océan trompeur

Couvre de vapeur

La dune.

Vois, à l’horizon,

Aucune maison !

Aucune !

Maint voleur te suit ;

La chose est, la nuit,

Commune.

Les dames des bois

Nous gardent parfois

Rancune

Elles vont errer ;

Crains d’en rencontrer

Quelqu’une.

Les lutins de l’air

Vont danser au clair

De lune.

La Chanson du fou.

Voyageur, qui, la nuit, sur le pavé sonore

De ton chien inquiet passes accompagné,

Après le jour brûlant, pourquoi marcher encore :

Où mènes-tu si tard ton cheval résigné ?

La nuit ! — Ne crains-tu pas d’entrevoir la stature

Du brigand dont un sabre a chargé la ceinture,

Ou qu’un de ces vieux loups, près des routes rôdants,

Qui du fer des coursiers méprisent l’étincelle,

D’un bond brusque et soudain s’attachant à ta selle,

Ne mêle à ton sang noir l’écume de ses dents ?

Ne crains-tu pas surtout qu’un follet à cette heure

N’allonge sous tes pas le chemin qui te leurre.

Et ne te fasse, hélas ! ainsi qu’aux anciens jours,

Rêvant quelque logis dont la vitre scintille

Et le faisan, doré par l’âtre qui pétille,

Marcher vers des clartés qui reculent toujours ?

Crains d’aborder la plaine où le sabbat s’assemble,

Où les démons hurlants viennent danser ensemble ;

Ces murs maudits par Dieu, par Satan profanés,

Ce magique château dont l’enfer sait l’histoire,

Et qui, désert le jour, quand tombe la nuit noire,

Enflamme ses vitraux dans l’ombre illuminés !

Voyageur isolé, qui t’éloignes si vite,

De ton chien inquiet la nuit accompagné,

Après le jour brûlant, quand le repos t’invite,

Où mènes-tu si tard ton cheval résigné ?

22 octobre 1825.

ODE DIX-SEPTIÈME. À UNE JEUNE FILLE.

Pourquoi te plaindre, tendre fille ? Tes jours n’appartiennent-ils pas à la première jeunesse ? Daïno lithuanien.

Vous qui ne savez pas combien l’enfance est belle,

Enfant ! n’enviez point notre âge de douleurs,

Où le cœur tour à tour est esclave et rebelle,

Où le rire est souvent plus triste que vos pleurs.

Votre âge insouciant est si doux qu’on l’oublie !

Il passe, comme un souffle au vaste champ des airs,

Comme une voix joyeuse en fuyant affaiblie,

Comme un alcyon sur les mers.

Oh ! ne vous hâtez point de mûrir vos pensées !

Jouissez du matin, jouissez du printemps ;

Vos heures sont des fleurs l’une à l’autre enlacées ;

Ne les effeuillez pas plus vite que le temps.

Laissez venir les ans ! Le destin vous dévoue,

Comme nous, aux regrets, à la fausse amitié,

À ces maux sans espoir que l’orgueil désavoue,

À ces plaisirs qui font pitié.

Riez pourtant ! du sort ignorez la puissance ;

Riez ! n’attristez pas votre front gracieux,

Votre œil d’azur, miroir de paix et d’innocence,

Qui révèle votre âme et réfléchit les cieux !

Février 1825.

ODE QUATORZIÈME. ACTIONS DE GRÂCES.

J’ai présenté mon cœur au dieu de l’innocence.Gilbert.

Ceux qui auront semé dans les larmes moissonneront dans l’allégressePs. cxxv, 5.

Vous avez dans le port poussé ma voile errante ;

Ma tige a refleuri de sève et de verdeur ;

Seigneur, je vous bénis ! de ma lampe mourante

Votre souffle vivant rallume la splendeur.

Surpris par l’ouragan comme un aiglon sans ailes,

Qui tombe du grand chêne au pied de l’arbrisseau,

Faible enfant, du malheur j’ai su les lois cruelles.

L’orage m’assaillit voguant dans mon berceau.

Oui, la vie a pour moi commencé dès l’enfance,

Quoique le ciel jamais n’ait foudroyé de fleurs,

Et qu’il ne veuille pas qu’un être sans défense

Mêle à ses premiers jours l’amertume des pleurs.

La jeunesse en riant m’apporta ses mensonges,

Son avenir de gloire, et d’amour, et d’orgueil ;

Mais quand mon cœur brûlant poursuivait ces beaux songes ;

Hélas ! je m’éveillai dans la nuit d’un cercueil.

Alors je m’exilai du milieu de mes frères.

Calme, car ma douleur n’était pas le remords,

J’accompagnais de loin les pompes funéraires :

L’hymne de l’orphelin est écouté des morts.

L’œil tourné vers le ciel, je marchais dans l’abîme ;

Bien souvent, de mon sort bravant l’injuste affront,

Les flammes ont jailli de ma pensée intime,

Et la langue de feu descendit sur mon front.

Mon esprit de Pathmos connut le saint délire,

L’effroi qui le précède et l’effroi qui le suit ;

Et mon âme était triste, et les chants de ma lyre

Étaient comme ces voix qui pleurent dans la nuit.

J’ai vu sans murmurer la fuite de ma joie,

Seigneur ; à l’abandon vous m’aviez condamné.

J’ai, sans plainte, au désert tenté la triple voie ;

Et je n’ai pas maudit le jour où je suis né.

Voici la vérité qu’au monde je révèle :

Du ciel dans mon néant je me suis souvenu.

Louez Dieu ! la brebis vient quand l’agneau l’appelle ;

J’appelais le Seigneur, le Seigneur est venu.

Il m’a dit : — Va, mon fils, ma loi n’est pas pesante !

Toi qui, dans la nuit même, as suivi mes chemins,

Tu ceindras des heureux la robe éblouissante ;

Parmi les innocents tu laveras tes mains. —

Je ne veux plus de loin t’offrir ma vie obscure,

Gloire, immortel reflet de l’éternel flambeau,

Du génie en son cours trace éclatante et pure,

Ou rayon merveilleux, émané d’un tombeau !

Un ange sur mon cœur ploie aujourd’hui ses ailes.

Pour Elle un orphelin n’est pas un étranger ;

Les heures de mes jours à ses côtés sont belles ;

Car son joug est aimable et son fardeau léger.

Vous avez dans le port poussé ma voile errante ;

Ma tige a refleuri de sève et de verdeur ;

Seigneur, je vous bénis ! de ma lampe mourante

Votre souffle vivant rallume la splendeur.

Août 1823.

ODE CINQUIÈME. AU COLONEL G.-A. GUSTAFFSON.

Qu’importe ?… Si notre nom, prononcé dans la postérité, va faire battre un cœur généreux deux mille ans après notre mort.Chateaubriand.

Habet sua sidera tellus.Ancienne devise.

I

Ce siècle, jeune encore, est déjà pour l’histoire

Presque une éternité de malheurs et de gloire.

Tous ceux qu’il a vus naître ont vieilli dans vingt ans.

Il semble, tant sa place est vaste en leur mémoire,

Qu’il ne peut achever ses destins éclatants

Sans fermer avec lui le grand cercle des temps.

Chez des peuples fameux, en des jours qu’on renomme,

Pour un siècle de gloire il suffisait d’un homme.

Le nôtre a déjà vu passer bien des flambeaux !

Il peut lutter sans crainte avec Athène et Rome :

Que lui fait la grandeur des âges les plus beaux ?

Il les domine tous, rien que par ses tombeaux !

À peine il était né, que d’Enghien sur la poudre

Mourut, sous un arrêt que rien ne peut absoudre.

Il vit périr Moreau ; Byron, nouveau Rhiga.

Il vit des cieux vengés tomber avec sa foudre

Cet aigle dont le vol douze ans se fatigua

Du Caire au Capitole et du Tage au Volga !

— « Qu’importe ? dit la foule. Ah ! laissons les tempêtes

Naître, grossir, tonner sur ces sublimes têtes ;

Pourvu que chaque jour amène son festin,

Que toujours le soleil rayonne pour nos fêtes,

Et qu’on nous laisse en paix couler notre destin,

Oublier jusqu’au soir, dormir jusqu’au matin !

« Que le crime s’élève et que l’innocent tombe,

Qu’importe ? — Des héros sont morts ? paix à leur tombe !

Et nous-mêmes… qui sait si demain nous vivrons ?

Quand nous aurons atteint le terme où tout succombe,

Nous dirons : Le temps passe ! et nous ignorerons

Quels vents ont amené l’orage sur nos fronts. »

II

Ce ne sont point là tes paroles,

Toi dont nul n’a jamais douté,

Toi qui sans relâche t’immoles

Au culte de la Vérité !

Victime, et vengeur des victimes,

Ton cœur aux dévouements sublimes

S’offrit en tout temps, en tout lieu ;

Toute ta vie est un exemple,

Et ta grande âme est comme un temple

D’où ne sort que la voix d’un Dieu.

Il suffit de ton témoignage

Pour que tout mortel, incliné,

Aille rendre un public hommage

À ce qu’il avait profané.

Ta bouche, pareille au temps même,

N’a besoin que d’un mot suprême

Pour récompenser ou punir,

Et, parlant plus haut dans notre âge

Que la flatterie et l’outrage,

Dicte l’histoire à l’avenir !

Puisqu’il n’est plus d’autres miracles

Que les hommes nés parmi nous,

Tu succèdes aux vieux oracles

Que l’on écoutait à genoux.

À ta voix, qui juge les races,

Nos demi-dieux changent de places,

Comme, à des chants mystérieux,

Quand la nuit déroulait ses voiles,

Jadis on voyait les étoiles

Descendre ou monter dans les cieux !

Pour mériter ce rang auguste

Aux vertus par le ciel offert,

Qui plus que lui fut noble et juste ?

Et qui, surtout, a plus souffert !

Cet homme a payé tant de gloire

Par des malheurs que la mémoire

Ne peut rappeler sans effroi ;

C’est un enfant des scandinaves ;

C’est Gustave, fils des Gustaves ;

C’est un exilé ; — c’est un roi !

III

Il avait un ami dans ses fraîches années,

Comme lui tout empreint du sceau des destinées.

C’est ce jeune d’Enghien qui fut assassiné !

Gustave à ce forfait se jeta sur ses armes ;

Mais, quand il vit l’Europe insensible à ses larmes,

Calme et stoïque, il dit : « Pourquoi donc suis-je né ?

« Puisque du meurtrier les nations vassales

Courbent leurs fronts tremblants sous ses mains colossales ;

Puisque sa volonté des princes est la loi ;

Puisqu’il est le soleil qui domine leur sphère ;

Sur un trône aujourd’hui je n’ai plus rien à faire,

Moi qui voudrais régner en roi ! »

Il céda. — Dieu montrait, par cet exemple insigne,

Qu’il refuse parfois la victoire au plus digne ;

Que plus tard, pour punir, il apparaît soudain ;

Qu’il fait seul ici-bas tomber ce qu’il élève ;

Et que, pour balancer Bonaparte et son glaive,

Il fallait déjà plus que le sceptre d’Odin !

Gustave, jeune encor, quitta le diadème,

Pour que rien ne manquât à sa grandeur suprême ;

Et, tant que de l’Europe, en proie aux longs revers,

Sous les pas du géant vacilla l’équilibre,

Plus haut que tous les rois il leva son front libre,

Échappé du trône et des fers !

IV

Combien d’un tel exil diffère

Le malheur du tyran banni,

Lorsqu’au fond de l’autre hémisphère

Il tomba, confus et puni !

Quand sous la haine universelle

L’usurpateur enfin chancelle,

Dans sa chute il est insulté ;

En vain il lutte, opiniâtre,

Et de sa pourpre de théâtre

Rien ne reste à sa nudité !

Sa morne infortune est pareille

À la mer aux bords détestés,

Dont l’eau morte à jamais sommeille

Sur de fastueuses cités.

Ce lac, noir vengeur de leurs crimes,

Du ciel, qui maudit ses abîmes,

Ne peut réfléchir les tableaux ;

Et l’œil cherche en vain quelque dôme

De l’éblouissante Sodome,

Sous les ténèbres de ses flots.

Gustave ! âme forte et loyale !

Si parfois, d’un bras raffermi,

Tu reprends ta robe royale,

C’est pour couvrir quelque ennemi.

Dans ta retraite que j’envie,

Tu portes sur ta noble vie

Un souvenir calme et sans fiel ;

Reine, comme toi sans asile,

La Vertu, que la terre exile,

Dans ton grand cœur retrouve un ciel !

V

Ah ! laisse croître l’herbe en tes cours solitaires !

Que t’importe, au milieu de tes pensers austères,

Qu’on n’ose, de nos jours, saluer un héros ;

Et que, chez d’autres rois, puissants, heureux encore,

Une foule de chars ébranle dès l’aurore

Les grands pavés de marbre et l’azur des vitraux !

Tu règnes cependant ! tu règnes sur toute âme

Dont ce siècle glacé n’a pas éteint la flamme ;

Sur tout cœur né pour croire, aimer et secourir ;

Sur tous ces chevaliers que tant d’oubli protège,

Étranges courtisans dont le rare cortège

N’accourt au seuil des rois qu’à l’heure d’y mourir !

En tous lieux où la foi, l’honneur et le génie

Rendent un libre hommage à la vertu bannie,

Ton nom règne, entouré d’un éclat immortel.

Par un beau dévouement toute vie animée,

Toute gloire nouvelle, en notre âge allumée,

Est un flambeau de plus brûlant sur ton autel !

Ni maître ! ni sujet ! — Seul homme sur la terre

Qui d’un pouvoir humain ne soit pas tributaire,

Dieu seul sur tes destins a de suprêmes droits ;

Et, comme la comète aux clartés vagabondes

Marche libre à travers les soleils et les mondes,

Tu passes à côté des peuples et des rois !

30 septembre 1825.

ODE TROISIÈME. AU VALLON DE CHÉRIZY.

Factus sum peregrinus… et quæsivi qui simul contristaretur, et non fuit.Ps. lxviii.

Perfice gressus meos semitis tuis.Ps. xvi.

Je suis devenu voyageur… et j’ai cherché qui s’affligerait avec moi, et nul n’est venu.

Permets à mes pas de suivre ta trace.

Le voyageur s’assied sous votre ombre immobile,

Beau vallon ; triste et seul, il contemple en rêvant

L’oiseau qui fuit l’oiseau, l’eau que souille un reptile,

Et le jonc qu’agite le vent.

Hélas ! l’homme fuit l’homme ; et souvent avant l’âge

Dans un cœur noble et pur se glisse le malheur ;

Heureux l’humble roseau qu’alors un prompt orage

En passant brise dans sa fleur !

Cet orage, ô vallon, le voyageur l’implore.

Déjà las de sa course, il est bien loin encore

Du terme où ses maux vont finir ;

Il voit devant ses pas, seul pour se soutenir,

Aux rayons nébuleux de sa funèbre aurore,

Le grand désert de l’avenir.

De dégoûts en dégoûts il va traîner sa vie.

Que lui font ces faux biens qu’un faux orgueil envie ?

Il cherche un cœur fidèle, ami de ses douleurs ;

Mais en vain ; nuls secours n’aplaniront sa voie,

Nul parmi les mortels ne rira de sa joie,

Nul ne pleurera de ses pleurs !

Son sort est l’abandon ; et sa vie isolée

Ressemble au noir cyprès qui croît dans la vallée.

Loin de lui, le lys vierge ouvre au jour son bouton ;

Et jamais, égayant son ombre malheureuse,

Une jeune vigne amoureuse

À ses sombres rameaux n’enlace un vert feston.

Avant de gravir la montagne,

Un moment au vallon le voyageur a fui.

Le silence du moins répond à son ennui.

Il est seul dans la foule ; ici, douce compagne,

La solitude est avec lui.

Isolés comme lui, mais plus que lui tranquilles,

Arbres, gazons, riants asiles,

Sauvez ce malheureux du regard des humains !

Ruisseaux, livrez vos bords, ouvrez vos flots dociles

À ses pieds qu’a souillés la fange de leurs villes,

Et la poudre de leurs chemins.

Ah ! laissez-lui chanter, consolé sous vos ombres,

Ce long songe idéal de nos jours les plus sombres,

La vierge au front si pur, au sourire si beau !

Si pour l’hymen d’un jour c’est en vain qu’il l’appelle,

Laissez du moins rêver à son âme immortelle

L’éternel hymen du tombeau !

La terre ne tient point sa pensée asservie ;

Le bel espoir l’enlève au triste souvenir ;

Deux ombres désormais dominent sur sa vie :

L’une est dans le passé, l’autre dans l’avenir.

Oh ! dis, quand viendras-tu ? Quel Dieu va te conduire,

Être charmant et doux, vers celui que tu plains ?

Astre ami, quand viendras-tu luire,

Comme un soleil nouveau, sur ses jours orphelins ?

Il ne t’obtiendra point, chère et noble conquête,

Au prix de ces vertus qu’il ne peut oublier ;

Il laisse au gré du vent le jonc courber sa tête ;

Il sera le grand chêne, et devant la tempête

Il saura rompre et non plier.

Elle approche, il la voit ; mais il la voit sans crainte.

Adieu, flots purs, berceaux épais,

Beau vallon où l’on trouve un écho pour sa plainte,

Bois heureux où l’on souffre en paix !

Heureux qui peut, au sein du vallon solitaire,

Naître, vivre et mourir dans le champ paternel !

Il ne connaît rien de la terre,

Et ne voit jamais que le ciel !

Juillet 1821.

ODE DIX-HUITIÈME. AUX RUINES DE MONTFORT-L’AMAURY.

Nec potuit ferrum, neque edax abolere vetustas.

La voyez-vous croître,

La tour du vieux cloître,

Et le grand mur noir

Du royal manoir ?

Alfred de Vigny

I

Je vous aime, ô débris ! et surtout quand l’automne

Prolonge en vos échos sa plainte monotone.

Sous vos abris croulants je voudrais habiter,

Vieilles tours, que le temps l’une vers l’autre incline,

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