Quatrevingt-treize (page 29)
Que savait-il ? rien. Que rêvait-il ? tout. Faire acte de toute puissance en faisant acte de colère, être providence, corriger le roi, imprimer une déviation aux événements, peser dans la balance, lui atome apparent, d’un énorme poids réel. De notion claire, de volonté distincte, point. Son but n’était pas celui qu’il croyait avoir. Sa tête offrait le spectacle étrange du contenant moindre que le contenu, c’est-à-dire d’une raison chétive emplie, à son insu, d’une logique supérieure. Dans le faux et dans le vrai tout à la fois. Violant l’ordre. Coupable et faisant justice. Plutôt soulevé que révolté, c’est-à-dire plutôt mû par l’instinct que par l’idée. Un souffrant terrible. Tel était le peuple d’alors. Tel était Damiens.
Pendant le supplice un bûcher qui semblait ne rien faire, allumé à quelque pas de l’échafaud, pétillait de temps en temps, enveloppant d’une bouffée le misérable qui disparaissait dans la fumée, puis reparaissait hurlant.
Quand ce misérable homme-peuple eut jeté son dernier râle, quand la dernière palpitation fut éteinte, quand la dernière convulsion fut épuisée, le bourreau, allant de côté et d’autre chercher les lambeaux, détachant le tronc et ramassant les membres, prit ce qui restait de cette chair humaine, et la jeta dans le bûcher. Un tourbillon de fumée blanche s’éleva. Il s’était fait au centre du bûcher un énorme trou de braise, cela y fut vite consumé. La tête fut presque tout de suite dépouillée de cheveux et de chair et réduite à l’ossement, les dents semblèrent rire, et ceux qui étaient près remarquèrent que deux flammes sortirent des deux trous des yeux. Comme le soleil se couchait, le bûcher s’éteignit. Le bourreau fouilla dans sa charrette, choisit dans ses ferrailles une large pelle de chaufournier, alla au bûcher, écarta les tisons, et prit au centre, là où avait été le cadavre, une pleine pelletée de cendre. Il remonta sur l’échafaud portant dans sa pelle cette cendre qui fumait un peu. Cela avait été Damiens. Le bourreau jeta la pelletée au vent.
En même temps un héraut à cheval, entouré de trompettes et ayant à sa droite et à sa gauche deux huissiers à verge, cria : Justice !
Cette cendre du régicide, où les souffles de l’air l’emportèrent-ils ? Qu’est-ce qu’il en fit, ce sombre vent du soir ? Dans quelle ombre fut-elle dispersée ? où alla-t-elle ? à quelle haleine se mêla-t-elle dans les ténèbres ? Dans quelle âme pénétra-t-elle ?
Il y avait alors à Arras un enfant de … ans et à Arcis-sur-Aube un enfant de … ans. À……, un enfant venait de naître. Cette cendre emportée au loin, ces enfants la respirèrent-ils ? L’enfant d’Arcis-sur-Aube se nommait Danton ; l’enfant de … ans se nommait Robespierre. L’enfant qui venait de naître s’appelait Marat.
Dans une autre note cette fin est modifiée ainsi :
Vers ces temps-là naissaient à Arcis-sur-Aube Jacques Danton, à Limoges Victorin Vergniaud, à Orcet Georges Couthon, à la Rochelle Nicolas Billaud-Varenne, à Guise Camille Desmoulins, à Arras Maximilien Robespierre.
Un écolier de 13 ans, nommé Jean-Paul Marat, errait pensif et sombre au bord du lac de Genève.
Cette cendre s’envola et entra dans l’âme de ces enfants.
Sur l’échafaud de Damiens, il y avait, parmi les bourreaux, un académicien, La Condamine. Homme gai et curieux. Il était venu là pour voir. Un valet du bourreau voulait le faire descendre, le bourreau dit : Laissez, Monsieur est un amateur.
La Condamine, vieux, avait une hernie et une jeune femme. Il mourut de la hernie, aidée par la jeune femme. Il était sourd et avait fait ces vers en entrant à l’Académie :
La Condamine est aujourd’hui
Reçu dans la troupe immortelle.
Il est bien sourd, tant mieux pour lui.
Mais non muet, tant pis pour elle.
Victor Hugo avait pris des notes sur les diverses législations, les coutumes, les impôts, enfin l’état des provinces françaises avant la Révolution ; ce ne sont en général que des points de repères à développer et à rédiger ; nous avons choisi ce récit qui peut donner une idée de l’immense travail en préparation :
marseille en 1720. — Pendant la peste.
… Toute la ville avait un aspect effrayant. La Cannebière était particulièrement encombrée et lugubre. La largeur de l’espace, la fraîcheur des brises de mer, avaient attiré là beaucoup de familles qui avaient déserté leurs logis. Les fenêtres étaient fermées à presque toutes les maisons ; les unes étaient des espèces de forteresses où quelques vivants se barricadaient dans l’ombre contre l’air, contre le mouvement, contre le souffle des hommes ; les autres étaient des sépulcres pleins de morts. Les habitants campaient en plein air sous des toiles sur le seuil des portes, au pied des arbres, devant l’obélisque des fontaines ; la plupart à peine vêtus, tous pâles, effarés, tremblants de fièvre et d’épouvante. Des femmes toutes nues frissonnaient sur le pavé. Il y avait çà et là des cadavres qu’on laissait pourrir sans linceul ; d’autres sous des draps d’où les mouches sortaient en bourdonnant. Des soldats, le mousquet au poing, écartaient les pestiférés de certaines portes privilégiées ; des moines, le crucifix à la main, parcouraient les groupes et consolaient les agonies. Les râles se mêlaient, et les grincements de dents, et les larmes, et les bras levés au ciel. Des enfants jouaient dans ces horreurs ; il y avait des boutiques sous les arbres comme à une foire, et des gens qui vendaient et qui achetaient. Des hommes passaient transportant des malades sur des civières, des charrettes traversaient la place, traînées par des forçats et chargées de cadavres nus. Des êtres reconnaissaient leurs parents et s’enfuyaient. On n’était plus ni père, ni mère, ni fils, ni mari, ni amant, ni frère ; on était celui qui abandonne ou celui qui est abandonné. On voyait descendre par les croisées des morts liés dans des sacs, pendus par les pieds à une corde, vacillant, heurtés aux corniches et aux angles des murs, secoués par le vent, qu’on jetait dans la rue ; quelquefois deux ensemble aux fenêtres de la même maison. Les galériens ramassaient ces corps, et les dépouillaient, en riant des femmes et des filles. Sur tout cela un ciel bleu et un soleil si étrangement splendide qu’il semblait avoir quelque chose de violent et de sinistre.
faits particuliers.
Un cahier de soixante-dix-huit feuillets portant ce titre : Faits particuliers, contient des notes, prises dans divers historiens ; elles sont classées, à part quelques exceptions, par ordre chronologique, de 1721 à 1755. Nous en citons quelques-unes :
Le chapeau du cardinal Dubois fut vendu par Rome à la France huit millions.
On coupait le cou en grève à des marquis faux monnayeurs. (Moreau, marquis de Mazières, faux monnayeur, décapité le 30 août 1721.)
La petite infante reine fait son entrée à Paris en carrosse de gala avec toute la famille royale et sa poupée. — Le lendemain de l’entrée, Louis xv (12 ans) donna à la reine (3 ans) une poupée qui coûta vingt mille livres.
Les fêtes de la ville étaient ivrognes. Le duc de Gesvres, gouverneur de Paris, approuvant un plan de fête municipale dressé par les échevins, écrivait en marge : surtout, boire.
Un homme accusé d’un complot imaginaire contre le marquis de Louvois, n’ayant pu répondre intelligiblement, était, toute preuve manquante, mis à la Bastille. Il y passait trente-cinq ans et y mourait (dans un cachot, sans livres, ni papier).
Les roués recevaient onze coups de barre. Quand ils recevaient vifs cela se notait.
Le comte de Charolais, à Anet, voyant un bourgeois sur le pas de sa porte, disait : Voyons si je tirerai bien ce corps-là, visait, et tuait l’homme. Impunément.
Ce comte un jour mit sa maîtresse (danseuse à l’Opéra) toute nue, la roua de coups de canne, cassa deux bras à deux laquais, puis soupa tranquillement.
Le duc de la Meilleraye (de la famille de Mazarin, éteinte — ) ou le duc de Réthel, de la même famille, seraient possibles
À l’autopsie et embaumement du régent d’Orléans, on s’aperçut tout à coup que le cœur, destiné au Val-de-Grâce, n’était plus là. On regarde. On cherche. Un chien danois, le chien du prince, était en train de manger ce cœur dans un coin de la chambre. Il n’en restait plus guère que le quart.
Croizat et Montargis, deux financiers, hommes de rien, pourvus de charges dans l’ordre du Saint-Esprit, qui leur donnait le droit de porter le cordon bleu par tolérance, recevaient l’ordre de quitter le cordon ; moyen de leur faire donner pour le garder 300,000 livres.
Louis xv (adolescent), après le renvoi de l’infante d’Espagne, eut le choix entre 99 princesses nubiles (liste dressée par M. de Morville).
Vols de l’état. Dans une refonte de monnaies en 1717, le boni fait plus de 80 millions.
Impôt du dixième, impôt monstrueux, qui, établi pour la durée de la guerre en 1710, dura tout le dix-huitième siècle.
Les pièces de 50 sous ne contenaient que pour dix-sept sous d’argent.
En 1723, le louis de 45 livres (double louis) était diminué de vingt sols. Le louis ainsi rogné devait, pour valoir 44 livres, peser 7 deniers 16 grains. On était forcé d’avoir toujours son trébuchet dans sa poche.
Le 22 septembre 1724, un édit fait descendre le louis d’or de 27 livres à 14 livres.
En 1725, Paris-Duvernet fait décréter au roi une taxe du cinquantième sur tous les biens et revenus du royaume.
Le joyeux avènement coûtait 48 millions à la France.
Toutes les rentes viagères s’éteignaient au profit du roi.
En 1726, Le Pelletier des Forts supprime les rentes viagères purement et simplement, alléguant qu’elles ont été constituées en papier.
En 1730, M. Le Pelletier des Forts, contrôleur général, faisait voler par son commis Nicolas, mis pour la frime à la Bastille, cinq ou six millions d’actions de la Compagnie des Indes. La contrôleuse était complice. On afficha à la porte du contrôleur général cet écriteau :
Maison à brûler.
Maître à rouer.
Femme à pendre.
Commis à pilorier.
Quand le roi ou les princes allaient à Notre-Dame pour un Te Deum quelconque, ils prenaient par le plus long et passaient par le quai des Orfèvres, parce qu’autrement et par le chemin direct il aurait fallu passer devant le Petit-Châtelet, et délivrer quelques prisonniers pour dettes, ce qui aurait coûté.
Le roi Louis xv partait en chasse le vendredi, Louis xiv jamais.
Le jour où sa petite fille âgée de 4 ans, Louise-Marie, meurt, Louis xv, qui jouait aux petits paquets, à la banque-faillite, le jeu à la mode, ne s’interrompit pas et continua son enjeu. — On ne portait le deuil des filles de France que lorsqu’elles avaient sept ans.
Le parlement va à Compiègne avec un discours écrit, prévoyant que le roi ne lui permettrait pas de parler. Le roi dit : — Je suis mécontent de vous. Le premier président ouvre la bouche : — Sire… — Taisez-vous, dit le roi. L’abbé Pucelle, conseiller de grand’chambre, s’avance et présente le discours écrit. Le roi dit à M. de Maurepas : Déchirez.
L’abbé Pucelle exilé à Corbigny. — Titon conduit à Vincennes. Puis à Ham.
En 1656, les chirurgiens-barbiers, exerçant la « barberie », furent réunis au corps des chirurgiens de robe longue, ce qui plaça les chirurgiens au-dessous des médecins, infériorité constatée par un écu d’or que le corps chirurgical offrait tous les ans au corps médical.
Cependant La Peyronie, premier chirurgien du roi, étant supérieur à Chicoisneau, premier médecin du roi, les chirurgiens reprirent vers 1743 avantage sur les médecins. Jusqu’alors les chirurgiens avaient été en boutique. À partir de 1743 ils furent maîtres-ès-arts
En 1725, introduction des francs-maçons en France par des anglais (lord Derwentwater) free masons. Le Grand Orient a été fondé en 1773.
1738. — Le roi désire une parure de 250,000 livres. Le garde des sceaux fait vendre la cuirasse donnée par Soliman à François ier et damasquinée avec diamants. La cuirasse est vendue 600,000 francs. Le roi a sa parure 250,000 de francs et le garde des sceaux Chauvelin s’adjuge le reste.
Chauvelin a volé deux montres à des polonais, ce qui est bas pour un ministre du roi de France, lequel ne doit friponner que dans le grand, quand c’est son caractère.
Les cardinaux-ministres. — Richelieu saigne (têtes coupées). Mazarin purge (argent pris). Fleury met à la diète (famine).
Dans les inondations (1711-1740) partout où allait la rivière, la police appartenait au prévôt des marchands et aux échevins. Dans l’inondation de 1741, on passait place Maubert en bateau pour quatre sous, on y porte le bon Dieu dans un bateau, on l’y monte au premier par une échelle, et par cette échelle ensuite on descend le mort. — Il y avait dans le couvent des Célestins de l’eau dans l’église jusqu’à l’autel.
La Vintimille, sœur de la Mailly, apprenant que sa sœur était maîtresse déclarée du roi, rêvait à seize ans au couvent de supplanter sa sœur et la supplanta. Elle eut un fils ressemblant au roi que Vintimille, le mari, appelait le demi-louis.
Sur un sermon du curé de Saint-Barthélemy, le roi, touché de religion, chasse Madame la comtesse de Mailly et prend Madame la marquise de la Tournelle, sa sœur cadette.
La Tournelle se fit faire duchesse de Châteauroux, maîtresse déclarée, avec une table de dix couverts tous les soirs, et 50,000 écus de pension sa vie durant.
On fit sur la Mailly, remplacée par la Tournelle, puis par la Vintimille et la Lauraguais, ses sœurs, Nesle comme elle, une chanson avec ce refrain :|90}}
V’là ce que c’est qu’ d’avoir des sœurs !
Décembre 1742. Un jeune homme nommé Desmoulins, âgé de dix-sept ans, après avoir été rompu vif, fut vingt-deux heures à mourir sur la roue. Il but plusieurs fois, et l’on fut obligé de relayer les confesseurs. On finit par l’étrangler.
Voltaire nommé à l’Académie par ordre du roi. Libelle contre lui, où on lui reproche ses coups de bâton et ses exils. Fait par un nommé Roy.
1747. L’usage était que la première entrevue du roi et de la dauphine (nouvelle) se fit en plein champ sur un tapis, avec un carreau pour l’agenouillement de la princesse.
1748. Querelle de jeu entre le comte de Coigny et le prince de Dombes. On monte en voiture pour s’aller battre. C’est la nuit. À l’endroit où l’on trouve le crépuscule assez avancé et où l’on voit un peu clair, le prince et le comte mettent l’épée à la main. M. de Coigny est tué. L’endroit est sur la route de Versailles, et se nomme à cause de cela le point du jour.
1750. Le clergé refuse l’impôt. La dauphine fait une fille, ce qui est son refus d’impôt. Elle doit un roi au peuple.
La nourrice n’a droit qu’à donner à téter au dauphin, mais n’a pas le droit d’y toucher. Il y a des remueuses pour toucher au dauphin.
Étiquette. Quand l’heure sonne, si l’enfant dort on le réveille pour le remuer. L’étiquette veut qu’un dauphin soit remué quatre fois par jour. S’il fait dans ses langes trop tôt, il attend ses quatre heures. Si une épingle le pique, tant pis, on ne peut la lui ôter, il y a une femme pour cela. C’est un miracle de réussir à élever un dauphin. Il crie sans cesse. Son enfance est une torture.
1752. Un vicaire porte-Dieu, pour refus de confession, est condamné par le parlement à être blâmé nu-tête, ce qui comporte infamie.
Cas de galères. — Vol d’une barre de fer de trente sous par un domestique à son maître. — Le fouet et la fleur de lys (1731).
Un laquais pour avoir injurié ses maîtres.
Avoir imprimé, sans permission, n’importe quoi ayant trait à la Bulle Unigenitus.
Vol d’un mouchoir dans la grand’chambre (samedi 29 août 1733), trois ans de galères, marqué de trois lettres. Il y eut, dans la grand’chambre, trois voix pour pendre l’homme.
Un greffier, nommé Marot, condamné à la marque et à neuf ans de galères pour avoir donné à sa maîtresse deux ou trois vieilles cuillers désargentées déposées au greffe du parlement et oubliées depuis des années dans la poussière du grenier des archives.
Un homme est aux galères pour avoir dit qu’il avait un ordre d’enlever des enfants (condamnation prononcée par l’intendant d’Orléans). Or de tels ordres avaient été en effet donnés, et par écrit.
Avoir recoupé de vieux jeux de cartes pour revendre douze sous le sixain que le roi vend (neuf) trente-cinq sous. — Carcan et galères.
Choses utiles au détail du livre :
Louise Diane d’Orléans, Mlle de Chartres, née en 1707.
Le duc de Mazarin mourut en 1731, laissant une veuve qui devint madame de la Vrillière et fut chargée de déniaiser le petit Louis xv.
Lire les chapitres lv et lxv de l’Histoire du parlement de Voltaire.
Le soir de la mort de Mme Henriette de France, Mme de Pompadour soupa à Trianon sur une table de quadrille avec trois princes dont était M. le duc d’Orléans et M. le prince de Conti.
On transporta la morte de Versailles aux Tuileries, la nuit, dans un carrosse où elle était sur son séant en vêtement de nuit avec un suspensoir sous les bras « pour l’empêcher de ballotter » (Barbier). Et sur le devant deux femmes de chambre « très fâchées de cet emploi ».
Le comte de Charolais a tenu vingt ans en captivité dans sa maison une madame de Courchamp, femme d’un maître des requêtes, qu’il avait enlevée malgré elle.
1750. La duchesse de Chartres étant successivement accouchée de deux enfants, le duc de Montpensier et Mlle de Chartres, le duc d’Orléans (le dévot) alla chez le procureur général Joly de Fleury déclarer que, le chancelier n’ayant assisté à aucune des deux naissances, comme cela est dû aux premiers princes du sang, il ne reconnaîtrait comme de sa famille aucun de ces deux enfants.
Le procureur gêneral Joly de Fleury recevait occultement une pension de 60,000 livres par an sur l’hôpital général. Argent pris aux pauvres. 8 malades par lit. Deux étages à chaque lit. Les malades couchés pieds dans visages. 1,219 lits à l’Hôtel-Dieu servaient à 6,000 personnes. 2 mètres cubes d’air par tête (il en faut 12 ou 16 mètres). Les sept chefs de l’administration des Hôpitaux de Paris étaient l’archevêque, le premier président, le procureur général, les deux premiers présidents des comptes et des aides, le prévôt des marchands et le lieutenant général de police.
1753. — Curieux cas de galères. — On met au carcan un cocher de M. de Charolais, lequel cocher avait voulu s’attabler dans un cabaret avec un chevalier de Saint-Louis, et, sur son refus, l’avait souffleté. — Depuis 4 heures jusqu’à 6 heures avec cet écriteau : Domestique violent. Puis marqué des trois lettres S. A. L. et envoyé aux galères pour cinq ans.
Parc-aux-Cerfs. — La première fille, ne connaissant pas le roi, lui dit : Vous ressemblez à un écu de six francs.
1755, août. Louis xv prit dans une seule année pour sa dépense plus de 180 millions (400 millions d’aujourd’hui).
locutions.
M. Séguier, qui, sans difficulté, a le plus beau nom du parlement.
M. Moreau, avocat au parlement, et qui est une belle plume.
La maison d’eau (le château-d’eau).
Très humbles remontrances du parlement au roi sur les surprises journalières faites à la religion dudit seigneur Roi (juillet 1756).
Le duc d’Orléans passait pour avoir dessein sur la couronne, qui est en effet un grand morceau.
La viande est à douze sols la livre. Le carême, on ne peut faire ni maigre ni gras, à cause de la cherté de tout le vivre.
Il vint à Paris faire le métier du croc (d’escroc).
Mme de Choiseul était capable d’avoir une bâtarde, elle était femme du monde (galante).
Levacher, ancien officier, n’était pas d’humeur souffrante, et, se voyant bafoué, a mis l’épée à la main.
M. Portail (1723) est premier président. Il y a longtemps qu’il faisait des menées pour ce morceau.
La première chambre des enquêtes s’appelait le Cabinet du Parlement.
L’avocat Labarre, grand homme sec en perruque noire, vient tous les jours au pilier des consultations et n’est jamais consulté.
Il est de maison à être duc.
Convulsionnaires rue Saint-Honoré. Une femme nommée Nicette y danse sur la tête, jupes tombantes, attitude peu propre à la canonisation, dit Barbier.
Cette fille, quoique âgée de quarante ans, est encore fort en état de soutenir la courtoisie.
La première condition, c’est d’être né de gens de quelque chose.
Ceux qui savent le particulier ne croient rien de ceci.
Le public ne va plus au prône, ce qui forme esclandre et irréligion.
Heureusement les vifs du parti, et qui ont le mieux parlé dans les assemblées précédentes du parlement, comme MM. Thomé, Dupré et Parent, sont absents.
chanson.
Broglie sans aucune escorte
Court au quartier de Coigny,
Portant, à la chèvre morte.
Le plus jeune de ses fils.
Et montrant son Landerirette,
Et montrant son Landeriri.
Cela me ruinerait et me mettrait à la chemise.
Chaque membre du parlement triomphe de l’exil de l’archevêque, et est enflé.
C’est un fou et un ratier (qui a des rats dans la tête).
Le prince s’est mis dans une fureur parfaite.
M. de Rohan est le plus bel homme de cheval qu’il y ait.
Le cardinal est traité d’imbécile. Il est d’âge à l’être sans qu’on puisse le trouver mauvais.