Quatrevingt-treize (page 38)
On remarquera qu’il y a plusieurs indications semblables : le nom Vendée est répété plusieurs fois et répond aux chapitres de l’histoire de Louis Blanc intitulés : Soulèvement de la Vendée ; les Girondins et la Vendée ; Guerre de la Vendée ; la Vendée menace.
On pourra, en compulsant les volumes de Louis Blanc, voir dans quelle mesure Victor Hugo leur a emprunté des détails pour son œuvre. Cet examen nous conduirait bien loin. Ce que nous pouvons dire, c’est qu’il a condensé tout ce qu’il a lu sur la Convention.
Au tome II de la Révolution française de Louis Blanc, page 118, chapitre : Exécution de Louis XVI, Victor Hugo a introduit un signet avec ces mots : la Convention pendant le vote ; puis il a, dans son livre III, reproduit les votes les plus caractéristiques ; parfois, il a retenu certains détails sur la guerre de Vendée et sur les menées royalistes qui pouvaient prêter à des scènes dramatiques, et il les a présentés sous forme de dialogues, comme dans le livre deuxième, le Cabaret de la rue du Paon.
Quant à la Vendée, nous verrons plus loin ce qu’il a pu emprunter à Louis Blanc.
Dans les deux volumes intitulés : Histoire de Robespierre, d’Ernest Hamel, 1865, Victor Hugo a fait un certain nombre d’accolades. Et tout d’abord, une note de lui au crayon bleu :
Mal écrit, mais avec l’accent de la vérité ; but que s’est proposé l’auteur.
Les accolades se trouvent aux passages suivants du tome 1 : Éloge de Grasset. — Sur les contributions publiques. — Encore la liberté de la presse. — Les membres de la famille royale. — Dernière lutte contre Barnave. — Triomphe de Robespierre.
Au tome II : Premiers pas vers la terreur ; en marge, on lit : la terreur fille des Girondins, curieux. — Barbaroux chez Robespierre ; il y a un signet qui porte : la chambre de Robespierre ; odieuses insinuations (accolade). — Pétion se jette dans la mêlée ; le signet porte : Robespierre peint par Condorcet (au dos d’une enveloppe d’octobre 1872). — La société populaire d’Amiens ; sur le signet, cette indication : Réconciliation essayée.
Des volumes avec le titre : Révolution française, qui sont la réimpression de l’ancien Moniteur, ont été très feuilletés, et notamment les volumes XV, XVI, XVII, XVIII, XIX, XX.
Victor Hugo a lu également l’Histoire de la Révolution française, par Gustave Bonnin, 1853. Il n’y a qu’un signet, p. 376, avec cette note de sa main : Situation critique par le 31 mai 1793.
D’autres auteurs ont été consultés : Michelet, Garat, Delandine, Félix Pyat, Sébastien Mercier ; un volume de ce dernier : Paris pendant la Révolution (1789-1798) ou Le nouveau Paris, porte un signet p. 104, avec ce mot : évêché, au chapitre XXI intitulé : le Comité central de l’Évéché.
Lettres sur l’origine de la chouannerie.
La troisième partie du volume de Quatrevingt-treize a pour titre : la Vendée. On se rappelle que Victor Hugo a décrit les forêts bretonnes, dépeint la vie des chouans sous terre et en guerre, et les bataillons invisibles serpentant dans les terrains creusés ou vallonnés, sortant tout à coup des bois, des broussailles. C’est dans les Lettres sur l’origine de la chouannerie, de Duchemin-Descepeaux, que Victor Hugo a puisé ses renseignements. On sait que la plupart des chouans avaient adopté l’usage de prendre un nom de guerre : le Blond, Belle-Jambe, Vif-Argent, Fend-l’air, Carabine, Mousqueton, Houzard, la Musette, Branche-d’Or, Belle-Vigne, Brin-d’Amour, Sans-Peur, Cœur-de-Lion, Brise-Bleu, Sabre-Tout : on trouvera tous ces surnoms à la page 202, tome I des Lettres sur l’origine de la chouannerie. Nous ne les citons pas tous. Victor Hugo en a utilisé un certain nombre, se bornant à condenser en un petit nombre de pages tant d’aventures et tant de combats auxquels sont mêlés plusieurs chouans que nous venons de signaler.
Dans son chapitre iii : Connivence des hommes et des forêts, il nous donne une topographie des cantonnements des divers rassemblements vendéens, en peignant d’un trait chacun des chefs : renseignements disséminés dans un grand nombre de pages des Lettres sur l’origine de la chouannerie ; c’est ainsi que nous lisons dans le volume de Victor Hugo ces lignes :
Il y avait le bois de Misdon, au centre duquel était un étang, et qui était à Jean Chouan ; il y avait le bois de Gennes qui était à Taille-fer ; il y avait le bois de la Huisserie qui était à Gouge-le-Bruant ; le bois de la Charnie qui était à Courtillé-le-Bâtard, dit l’apôtre saint Paul, chef du camp de la Vache noire ; le bois de Burgault qui était à cet énigmatique Monsieur Jacques, réservé à une fin mystérieuse dans le souterrain de Juvardeil.
L’énumération se poursuit et se termine ainsi :
Le bois de la Croix-Bataille qui assista aux insultes homériques de Jambe-d’Argent à Morière et de Morière à Jambe-d’Argent.
Dans les Lettres sur l’origine de la chouannerie, on retrouve tous ces noms, p. 265, tome II : Courtillé, dit saint Paul ou le Bâtard ; il était le chef de la bande du camp de la Vache noire :
Les chouans avaient donné ce nom de Camp de la Vache noire à une hauteur située au milieu du bois de la Charnie dans la paroisse de Saint-Symphorien.
Page 81, tome II des Lettres, il s’agit de M. Jacques :
Le nom de M. Jacques était répété par toutes les bouches. Ce nom, qu’entourait le prestige du mystère, semblait avoir quelque chose de magique. Il suffisait de le prononcer pour calmer les craintes, ranimer l’espoir, réveiller le courage. Toutefois, le personnage que l’on désignait ainsi n’avait fait que se laisser voir et ne se laissait pas connaître.
Le portrait, longuement tracé, est fort curieux. Ce Jacques s’appelait La Mérozières ; il avait pris un surnom pour ne pas compromettre sa famille ; aux pages 280-284 est le récit de sa mort dans le souterrain de Juvardeil.
La querelle de Jambe-d’Argent et de Morière est racontée dans les Lettres, tome I, page 305 : après une bataille, Morière éleva la voix :
« Sais-tu bien, Jambe-d’Argent, qu’on nous avait dit que tu étais le brave des braves, et que tu ne reculais jamais, et voilà qu’aujourd’hui on prétend ne t’avoir vu faire que des pas en arrière ? » Jambe-d’Argent dédaigna de se justifier, et contenant son indignation : « Vante-toi, si tu veux, Morière, lui dit-il, d’avoir été ce jour-ci plus brave que Jambe-d’Argent, car tu n’auras pas une seconde fois à t’en vanter. » — « Eh bien, reprit Morière, c’est ce qu’il faudra voir, nous attendrons. » — « Tu n’attendras pas, je veux te le faire voir tout à l’heure », s’écria Jambe-d’Argent, en mettant le sabre à la main et s’avançant sur lui.
Victor Hugo ne fait qu’une allusion à cette querelle qu’il qualifie d’homérique.
Nous avons donné ces détails pour montrer avec quelle conscience Victor Hugo se documentait, se bornant à recueillir les indications, sans emprunter les récits qu’il trouvait dans les ouvrages mis à contribution. Il ne prenait que ce qui était utile à caractériser les personnages de son livre, que les grandes lignes du cadre dans lequel se développait son drame. Mais il ne s’attardait pas dans les détails historiques ; lorsqu’il reproduisait quelques-unes des atrocités de la guerre civile, on se plaisait à dire qu’il les exagérait ; or on les retrouverait dans les Mémoires du comte de Puisaye et dans les Lettres sur l’origine de la chouannerie. Quand il parle de Jean Chouan et quand il veut retracer un des angles de sa physionomie, il dit, dans le chapitre : Leur vie sous terre :
Tout le jour, dit Bourdoiseau, Jean Chouan nous faisait chapeletter.
Or à la page 218, tome I, des Lettres, il est dit :
On souffrait, mais avec résignation. Dans ces instants fâcheux, Jean Chouan occupait sa troupe à de longues prières, et en cela encore il donnait l’exemple. « Il nous faisait chapeletter tout le jour durant, m’ont dit ces bonnes gens, et cela nous ôtait les mauvaises pensées. »
Victor Hugo ajoute :
Il était presque impossible, la saison venue, d’empêcher ceux du Bas-Maine de sortir pour se rendre à la fête de la Gerbe.
À la page 127 du tome II des Lettres, il est dit :
Le vieux paysan, arrivé à ses derniers jours, s’estime heureux s’il peut se vanter que pas une seule fois, depuis qu’il est sur terre, il n’a manqué la fête de la Gerbe.
Il y a une description de cette fête qui termine le battage des grains ; la gerbe ornée de fleurs et de rubans est portée en triomphe escortée par la famille suivie d’un vanneur qui, ayant son van rempli de grains, les fait voler en l’air ; les batteurs ferment la marche ; le tour de l’aire étant fait, la gerbe est déliée, on tire quelques coups de fusils, on mange une miche de pure fleur de froment et on boit quelques bouteilles de vin.
Victor Hugo raconte, entre autres faits d’armes, qu’il arriva aux chouans de détruire en un seul jour quatorze cantonnements républicains ; au tome II des Lettres, page 125, on lit :
Ainsi qu’on l’a observé, se croire invincible est le gage le plus sûr de la victoire ; aussi, dans les quatorze combats qui se succédèrent presque sans interruption, le succès ne fut pas un instant douteux. Ce jour-là rien ne put tenir devant les chouans…
À la bataille de Dol, Lantenac donne la lieutenance à Gouge-le-Bruant, surnommé Brise-Bleu ; on retrouve Brise-Bleu, dans les Lettres sur l’origine de la chouannerie. Victor Hugo a ajouté le surnom de l’Imânus qui exprime la laideur.
Dans Quatrevingt-treize un crieur public va de village en village lisant un décret de la Convention qui met hors la loi plusieurs des insurgés désignés dans les Mémoires du comte de Puisaye et dans les Lettres sur l’origine de la chouannerie : Lantenac (qui n’est autre que le comte de Puisaye), Gouge-le-Bruant dit Brise-Bleu, Grand-Francœur, Pique-en-Bois, Houzard, Chatenay dit Robi, Branche-d’Or, Belle-Vigne, la Musette, Brin-d’Amour, Chante-en-hiver, etc.
Toutes les instructions données par le marquis de Lantenac et transmises par Gouge-le-Bruant dit Brise-Bleu, indiquent aux vendéens qui l’écoutent que Delière avait le pays entre la route de Brest et la route d’Ernée, que Tréton dit Jambe-d’Argent occupait le pays entre le Roc et Laval, que Jacquet dit Taillefer était sur la lisière du Haut-Maine, etc. ; tous ces renseignements se retrouvent dans les Lettres sur l’origine de la chouannerie. Victor Hugo a tenu à respecter l’histoire en ce qui concerne les chefs et les combats. Il a voulu cependant mêler à quelques-uns des récits qu’il a imaginés des personnages vendéens : c’est ainsi que, dans l’assaut de la Tourgue, les blessés sont Chatenay dit Robi, Guinoiseau, Hoisnard, Branche-d’Or, Brin-d’Amour, Grand-Francœur, etc. L’histoire et l’invention se côtoient dans ce livre.
Nous avons montré à grands traits à quelles sources Victor Hugo avait puisé ses renseignements, et avec quel soin il avait lu un grand nombre de volumes. Nous avons reproduit les passages des divers livres consultés dont il s’était inspiré pour son roman. Nous avons donné le résultat de ses lectures. C’est là où l’on voit ce qui distingue le simple historien, narrateur des faits, du grand écrivain qui les anime de son souffle. Mais pour atteindre son but, pour ne retenir que ce qui pouvait servir de cadre à son roman, à quels efforts, à quelles recherches préalables l’auteur n’a-t-il pas dû se condamner ?
travail préliminaire.
Après avoir signalé dans une sorte de tableau d’ensemble les divers ouvrages consultés, il nous semble intéressant de suivre le travail ardu et minutieux auquel Victor Hugo s’est livré en ce qui concerne la guerre de la Vendée. Dans les Mémoires du comte Joseph de Puisaye et les Lettres sur l’origine de la chouannerie, de Duchemin-Descepeaux, que nous avons déjà cités, d’innombrables signets avec des annotations sont introduits dans les volumes. Victor Hugo n’a pas utilisé tous les faits qui ont éveillé son attention, il a retenu seulement ceux qui lui permettaient de caractériser d’une façon générale les hommes de la Vendée, leur vie, leur méthode de combat, leur âme ; il était d’ailleurs obligé d’omettre tous les événements qui ne se rapportaient pas à la période relativement courte de son roman. Il avait sans doute l’intention de se servir des renseignements recueillis pour d’autres volumes à venir et notamment pour ce « livre spécial » dont il parle dans son projet de préface (voir p. 452) et auquel il semble avoir momentanément renoncé. Ce qu’il cherchait surtout par ces lectures, c’était à établir plus fidèlement l’atmosphère de son drame. Nous allons donc reproduire en italiques toutes les notes inscrites sur les signets, en résumant les faits auxquels chaque note se rapporte. C’est un jeu de patience qui peut avoir quelque attrait pour les curieux et les amateurs de documentation.
Prenons d’abord les Mémoires du comte Joseph de Puisaye, lieutenant général.
C’est le tome II qui a été particulièrement étudié, le tome I et le tome III n’apportant à Victor Hugo aucun élément d’information pour la période historique de son roman.
Tome II, p. 97. — Armée de Wimpfen et de Puisaye à Caen (Wimpfen est écrit avec un seul f).
Cette note est sur une bande de papier vert de même que les deux suivantes. C’est une feuille coupée en plusieurs morceaux et qui est toute surchargée de mots illisibles.
P. 107. Wimpfen.
P. 148. Composition d’une petite armée volante attaquant un château.
P. 262. Très important à relire pour le détail des commencements de la guerre. ( Quatre pages sont pliées.)
Il s’agit d’abord de l’impôt de la Gabelle, qui faisait vivre tout un peuple de paysans devenus contrebandiers et de paysans devenus gabelous. L’impôt supprimé, traqueurs et traqués furent sans pain et s’enrôlèrent dans les bandes du marquis de la Rouarie ; c’est dans ces pages que Victor Hugo a trouvé l’appel des chouans, cri du chat-huant, dont il parle page 56 de cette édition.
P. 292. Comment y voyageaient les insurgés isolés.
Les bois pour asile, un pain noir fourni par les paysans et l’eau bourbeuse des fossés.
P. 310. Surprise.
P. 323. Envoi de Jersey.
Un exprès, chargé d’un paquet contenant une déclaration de S. M. Britannique accordant « protection et amitié » aux émigrés ; des lettres de lord Dundas et du duc d’Harcourt. L’envoyé annonçait aux royalistes qu’un armement était actuellement dans la rade de Guernesey prêt à se rendre à leur premier appel.
P. 340. Talmont.
Talmont exécuté. Sa tête placée sur la porte d’une maison du duc de la Trémouille.
P. 381. Officiers vendéens.
Forestier, le chevalier de Chantereau, du Perrat, de Poncet, Guignard, l’abbé Cercleron, Bréchard, le comte de Belle-vue, le chevalier de Cacqueray, Jarry, Fabré.
P. 396. Curieuse tentative sur Rennes.
Puisaye veut surprendre la ville de Rennes en pleine fête ; deux canonniers républicains, en se disant royalistes, se glissent dans les rangs de l’armée vendéenne, mais ils renseignent fort mal les chefs de l’armée républicaine sur les forces royalistes ; et les républicains sont repoussés.
P. 419. Tête mise à prix, le mendiant.
Nous avons donné plus haut des détails sur cette rencontre du comte de Puisaye et du mendiant.
P. 423. Comment on faisait évader un prisonnier.
Puisaye avait fait prisonnier un gendarme à Redon. Ses hommes voulaient l’exécuter puisqu’on exécutait bien les blancs dans l’autre camp. Puisaye, au moment où l’on se met en marche, passe le dernier avec le gendarme qu’il fait évader à la faveur de l’obscurité et dit à ses soldats que cet homme lui ayant donné des renseignements utiles, il l’avait envoyé à Redon en le chargeant d’une mission.
P. 429. Leur manière de combattre.
Charge brusque et désordonnée sans tirer un coup de fusil, mais en poussant de grands cris, ce qui met le désarroi dans l’armée ennemie. Attaques feintes et retraite sans obstacle.
P. 488. Les acculés sans défenseurs. — Décret de la Convention prononçant la peine de mort contre les ennemis du peuple. Dans ce décret il est dit : il n’y aura plus de défenseurs officieux, si ce n’est pour les patriotes calomniés.
P. 522. Les indications ne sont pas ici de l’écriture de Victor Hugo ; elles ont été évidemment dictées par lui : Expédition nocturne de Jean Chouan. — Noms de guerre. — Jambe-d’Argent. — L’homme qui ne sait pas lire. Ces indications ne répondent pas à la page 522. En revanche, une accolade marque d’un large trait tout un passage relatant la tactique des royalistes ; Victor Hugo, sans l’utiliser textuellement, en a conservé l’esprit dans le début de la troisième partie. Voici ce curieux passage :
… Former à des distances assez éloignées des rassemblements considérables, assez inquiétants pour contraindre l’ennemi de se porter contre eux ; ne s’engager avec lui que lorsque les avantages résultant de la position, du nombre, et de la disposition des esprits, nous promettroient la victoire ; en tout autre cas disperser ces rassemblements, dès qu’il viendroit à paroître ; en susciter aussitôt de nouveaux à vingt ou trente lieues de là, et se le renvoyer, pour ainsi dire, sans discontinuité, d’une extrémité du pays insurgé à l’autre ; le faire harceler durant ces marches et ces contre-marches par des petits partis qui, sans cesse sur ses derrières ou sur ses flancs, enverroient, comme invisiblement, la mort dans ses rangs, et s’il venoit à se livrer à une poursuite illusoire, sans connoissance du pays, comme sans guides, à travers des campagnes hérissées de haies, de buissons, de ravins, de ruisseaux et de bois, ne lui faire rencontrer que des embuscades et des pièges ; ne pas lui laisser enfin une minute de relâche ; ménager tellement nos mouvements successifs que, n’importe où il se trouvât, et quelque chemin qu’il eût fait pour attaquer nos rassemblements, les plus dangereux, en apparence, fussent toujours à la même distance de lui ; et que le soldat rebuté se déterminât enfin, ou à se réunir à nous, ou bien à aller chercher ailleurs le pillage que lui promettoient ses chefs, et qu’il ne trouveroit pas aussi facile qu’on le lui avoit fait espérer.
P. 529. Noms utiles.
Le comte de la Bourdonnaye, le chevalier de Silz, le comte de Boulainvilliers. (Ces noms sont employés dans le livre : La corvette Claymore.)
P. 536. Georges Cadoudal et Mercier.
Leur portrait.
P. 578. 44 noms de chefs.
C’est une proclamation du comte de Puisaye signée par quarante-quatre chefs.
P. 615. Vieux canot utilisé — important à lire.
Victor Hugo a mis une grande accolade en marge. Nous avons parlé de ce canot à propos du chapitre de la corvette Claymore (livre deuxième, chapitre x ; livre troisième, chapitre ier).
Victor Hugo a, comme nous l’avons montré, étudié surtout deux volumes :
lettres SUR L’ORIGINE DE LA CHOUANNERIE ET SUR les chouans du bas-maine dédiés au Roi par j. duchemin-descepeaux
Imprimé par autorisation du Roi À L’IMPRIMERIE ROYALE
mdcccxxv
Voici la nomenclature des signets annotés avec le résumé des faits auxquels ils se rapportent :
Tome I.
P. 59. Costume des paysans vendéens.
P. 89. Un signet sans note.
Ce sont les premières opérations de Jean Chouan.
P. 101. Route d’Ernée à Granville.
P. 104-105. Échelles placées aux murs des jardins pour les fuites.
Au-dessus de cette note et d’une autre écriture : détails curieux.
P. 123. Le maire de Granville traître.
Jean Chouan choisissait le port de Granville pour y conduire ceux qu’il voulait faire embarquer parce que le maire, en apparence zélé patriote, fermait les yeux sur les démarches des royalistes.
P. 159. Signet sans note.
Les royalistes du Bas-Maine au nombre de cinq mille se réunirent à l’armée de la Vendée. On en forma un corps à part, ce fut ce qu’on appela la petite Vendée, sous les ordres supérieurs du prince de Talmont.
P. 216. Bois de Misdon, tannières des chouans. Titres qui ne sont pas écrits par Victor Hugo.
Excavations pratiquées avec la largeur nécessaire seulement pour le passage d’un homme, l’intérieur s’élargissant en entonnoir renversé. Morceaux de bois soutenant cette espèce de voûte garnie avec des fougères, de la mousse et des feuilles sèches. Plusieurs de ces trous contenaient jusqu’à six hommes ; l’ouverture se fermait avec une petite trappe couverte de mousse ; plusieurs fois les républicains ont marché sur ces trappes sans s’en douter. C’est là que Jean Chouan faisait chapeletter ses hommes.
Victor Hugo a utilisé ces renseignements dans les chapitres iii et iv du livre premier de la troisième partie.
P. 245. Un combat.
Pimousse, Coquereau et quatre de leurs camarades surprennent une colonne d’éclaireurs républicains en employant le stratagème que Victor Hugo utilisera dans la bataille de Dol, mais en l’attribuant à Gauvain :
Quand les républicains ne furent plus qu’à « dix pas ; Pimousse s’écrie : « Garde à vous, soldats du Roi ! cent hommes sur la droite, cent hommes sur la gauche, et le centre en avant ! » Nos six braves, qui étaient alors à vingt pas les uns des autres, font leur décharge en même temps, et sortant des buissons par six endroits différents, courent sur les bleus en croisant la baïonnette.
P. 277. Mort de François Cottereau.
Ce titre n’est pas de l’écriture de Victor Hugo.
P. 279. Paroisses et communes républicaines.
Le Bourg-Neuf, Launey-Villiers, Saint-Pierre-la-Cour, Saint-Ouën.
P. 283. Jean Chouan sauve un soldat.
Ce titre et les suivants ne sont pas de l’écriture de Victor Hugo, ils ont été évidemment dictés par lui.
Jean Chouan ayant sauvé la vie à un soldat, celui-ci s’écria : « Tuez-moi, si vous voulez, mais je ne peux plus marcher, » « Pauvre malheureux ! sois tranquille, lui répondit Jean Chouan, je ne te ferai pas de mal. Tu peux rester ici et quand les bleus te rejoindront, dis-leur que nous t’avions emmené de force, cela te sauvera. Adieu, que le ciel te protège ! Un jour, peut-être, tu pourras témoigner en faveur de Jean Chouan, lorsque tu entendras dire qu’il n’était qu’un brigand ! »