Quatrevingt-treize (page 39)
P. 287. Laval la nuit.
Jean Chouan, accompagné de Goupil, s’introduit la nuit à Laval et, à cent pas de l’église qui servait de caserne aux républicains, s’introduit dans la maison où la poudre était en dépôt et en rapporte à ses amis.
P. 293. Épouvante des bleus dans le bois de Misdon.
Six mille républicains postés à l’entour du bois de Misdon pénètrent dans le bois ; les chouans, cachés au milieu des broussailles, avaient pu, sans être vus, suivre de l’œil la marche des colonnes.
P. 301. Détails curieux sur le mode d’attaque d’un poste.
Jean Chouan devait, à midi, attaquer le poste de Saint-Ouën avec les quatre troupes commandées par Pierre Cottereau, Morière, Miélette et Jambe-d’Argent, mais l’imprudence d’un chouan donna l’alarme et l’on dut attaquer avant l’heure indiquée ; Jambe-d’Argent, surpris par cette avance, ne se trouva pas à temps à l’endroit indiqué. Les troupes républicaines, dispersées, revinrent au poste chercher leurs armes, mais les royalistes les ayant prises, les bleus durent s’enfuir. C’est après ce combat que Morière eut sa querelle avec Jambe-d’Argent au sujet du retard de ce dernier. Victor Hugo y fait allusion dans la troisième partie : En Vendée, livre I, chapitre iv.
P. 310. Arrivée de recrues au rendez-vous.
Rassemblement des recrues à la châtaignerie de la Bodinière. Elles étaient amenées successivement par Moustache, Place-Nette, Brin-d’Amour. Il vint aussi d’anciens soldats de l’armée vendéenne, notamment Brise-Bleu, les frères Herminie. Fleur-d’Épine, Cœur-de-Roi, Sans-Rémission, suivis de la jeunesse de leur canton, qui voulait se dérober au tirage de la réquisition. — Surpris par les bleus, Jambe-d’Argent exhorte ses soldats et reste vainqueur. Ces combattants ont été mis en scène par Victor Hugo dans la troisième partie de son livre.
P. 337. Le Grand-Bordage, quartier général de Jambe-d’Argent.
Jambe-d’Argent avait choisi, comme rendez-vous des principaux chouans, la métairie du Grand-Bordage, habitée par une veuve, mère d’une nombreuse famille. Il était si bien traité que, plus tard, son frère aîné, Treton dit l’Anglais, épousa une des filles de la maison.
P. 348. Le jeune La Raitrie.
Âgé de quinze ans, il avait suivi l’armée de la Vendée à son passage à Mayenne. Après la déroute du Mans, il était venu se réfugier sur la paroisse de Bazougers, à trois lieues de Laval, dans une ferme qui appartenait à son père ; il s’empressa de sortir de sa retraite lorsqu’il sut la reprise des hostilités, et débuta par un succès à Saint-Georges-le-Fléchard).
P. 351. Noms de plusieurs chefs chouans.
La Ramée, La France, Sans-Peur, L’Épine, Guillaume dit Court-Bleu, Rattelade dit Sans-Regret, Bénédicité, Sans-Chagrin, Malines dit Francœur, Métayer dit Rochambeau.
Victor Hugo a mis en scène tous ces chefs dans son livre (troisième partie).
P. 360. Bourdoiseau dit Sans-Peur.
P. 363. Les deux sœurs de Jean Chouan.
C’est ici que commence le récit de ce qui se passa vers les derniers temps dans le pays occupé par Jean Chouan. Ce récit a été ajourné jusque-là par l’auteur des Lettres, afin de lui conserver son unité. Les deux jeunes filles sont enlevées de leur ferme, sont emmenées prisonnières ; puis exécutées plus tard, malgré les efforts de Jean Chouan.
Victor Hugo n’a pas utilisé, dans son livre, cet épisode trop tardif.
P. 367. Efforts de Jean Chouan pour sauver ses sœurs.
P. 370. Mort des sœurs de Jean Chouan.
P. 372. Femmes grosses employées comme espions.
Dans ce temps, les femmes enceintes, ou qui feignaient de l’être, étaient employées comme espionnes dans l’un et l’autre camp. Ici l’auteur des Lettres dit que c’est une espionne au service des patriotes qui fut tuée par les royalistes.
P. 375. Mort de Pierre Cottereau.
Placé en sentinelle sur la paroisse de Cosme, il fut saisi par les bleus, emmené et exécuté.
P. 379. Les trois hussards.
Trois hussards caracolent devant les chouans à la lande du Maine, les chouans les visaient sans les atteindre, ils se distrayèrent si bien à ce jeu plusieurs fois répété qu’ils se laissèrent envelopper par les troupes républicaines et opérèrent difficilement leur retraite.
P. 387. Jean Chouan veut tuer son frère.
René Chouan avait tué un homme qui portait la cocarde tricolore afin de pouvoir s’emparer de ses munitions ; il revenait charge de cartouches et de poudre. L’homme tué était un ami de Jean Chouan. Aussitôt, Jean Chouan voulut fusiller son frère, mais Michel Cribier lui arracha son arme.
P. 392. Mort de Jean Chouan.
Jean Chouan, surpris par les bleus à la ferme de la Babinière, est blessé grièvement en voulant sauver la femme de son frère René ; il expira après une longue agonie et fut enterré aussitôt sur le lieu même où il avait succombé.
P. 411. Les chouans peints par les républicains.
Pièces justificatives : Extrait d’un rapport de Carrier aux Jacobins, n° 159 du Moniteur : « Voici comment s’est formée cette guerre fatale connue sous le nom de Petite Vendée. Les chouans qui la composaient étaient des voleurs de grands chemins, détroussant les passants, et se retirant toutes les nuits dans le creux des montagnes, où un immense rocher leur servait de rempart. »
P. 416. Les chouans peints par les royalistes.
« Les chouans étaient fiers de leur nom ; car qui est-ce qui ignore que, dans les révolutions, les injures des ennemis sont des titres de gloire ?… Se soumettre à toutes les privations, endurer toutes les fatigues, braver tous les dangers, affronter tous les tourments et tous les genres de mort, sans intérêt et sans désir, comme sans espoir de récompense, uniquement par principe de religion et de fidélité ; voilà ce dont j’ai été journellement le témoin pendant les cinq années que j’ai été à la tête de ce peuple simple et magnanime qui m’a honoré de sa confiance. » (Mémoires du comte Joseph de Puisaye.)
Tome II.
Les lettres sur l’origine de la chouannerie.
Tous les signets avec notes de ce second volume ne sont pas de l’écriture de Victor Hugo. Il les a simplement dictées.
P. 19. Rendez-vous nocturne des bleus et des chouans.
Une entrevue entre quatre bleus et quatre chouans eut lieu dans la nuit du samedi au dimanche de la Trinité.
Jambe-d’Argent promet au chef du poste qui s’est enrôlé dans les rangs républicains pour sauver sa famille d’épargner les hommes qui sont sous sa conduite.
P. 28. Petit Prince vit plusieurs jours et plusieurs nuits caché dans le tronc d’un arbre.
C’est le récit qui a inspiré à Victor Hugo l’idée de donner à la Flécharde et à ses enfants une émousse pour abri.
P. 43. Bandes diverses du Bas-Maine.
À la tête de ces bandes, Chambord, La France, Sans-Pardon, Rattelade, le petit Sans-Peur, les trois frères Corbin, La Ramée, Malines, Bénédicité, Taillefer, Morière, Delières, Jambe-d’Argent, etc.
Victor Hugo a cité plusieurs de ces chefs de bandes dans la troisième partie.
P. 47. Mousqueton bandit.
Portrait de Mousqueton.
P. 67. Soldat bleu secouru par des femmes.
P. 69. L’homme nu sauvé par un tisserand.
Un soldat républicain, dépouillé de ses vêtements par la bande de Moulins, s’était sauvé à travers la campagne et blotti dans un champ ; il était venu demander l’hospitalité à un tisserand qui ne la lui refusa pas.
P. 73. Pourquoi les chouans choisissent la lisière des bois.
Victor Hugo en a parlé dans leur manière de combattre (troisième partie, livre premier, chapitres ii, iii). Les chouans se ménageaient un refuge en cas de surprise, car les républicains ne se mettaient plus à leur poursuite, l’expérience leur ayant appris que les chouans, étant d’habiles tireurs et ayant la connaissance du terrain, avaient un grand avantage sur eux.
P. 74. Déguisements et visages noircis.
Les chouans du canton qui servaient de guide aux troupes royalistes se déguisaient et se barbouillaient le visage pour ne pas être reconnus des habitants qui, par leurs dénonciations, auraient pu compromettre leurs familles.
P. 82. Monsieur Jacques.
Portrait de l’énigmatique Monsieur Jacques ; comme l’appelle Victor Hugo.
P. 88. Brigandages de Coquereau.
Au bourg Saint-Laurent ; un dimanche, l’agent de la commune, le chef de la garde nationale, les membres du conseil municipal et d’autres personnes s’étaient rassemblés pour lire les gazettes. Coquereau, qui le savait, se dirigea vers le lieu de réunion, entra avec sa troupe. Ils tuèrent trois hommes, en blessèrent plusieurs autres, et entraînèrent les derniers hors de la maison pour les fusiller.
P. 91. Belle conduite des femmes. — Les six cents grenadiers de la garnison de Sablé.
Les femmes du bourg de Saint-Laurent, oubliant le danger, entreprirent de sauver les malheureux, mais elles n’étaient pas écoutées et étaient repoussées durement.
Ces cruelles exécutions furent reprochées vivement à Coquereau.
Les chouans, en s’avançant vers le bourg de Miré, entendirent la voix d’un officier commandant le repos d’armes à six cents grenadiers. Ils se retirèrent sans que l’ennemi eût soupçonné leur présence.
P. 94. Petit-Prince sauvé par Coquereau.
Au carrefour des Cinq-Chemins, Petit-Prince, avec quatre hommes, veut attirer les troupes républicaines pendant que les chouans sont cachés plus loin dans les genêts ; il monte avec ses quatre hommes sur un talus, et après avoir fait mettre double charge de poudre et remplir de gravier le canon des fusils il tire ; les troupes républicaines foncent, Petit-Prince a une blessure à la tête, Coquereau survient, met en déroute les troupes républicaines et fait transporter Petit-Prince à la métairie de la Surfinière où il guérit.
P. 105. Le Murat chouan.
Il s’agit de Francœur qui, au milieu d’une grêle de balles, ne reçut pas une blessure, et montrait la même intrépidité dans tous les combats. Victor Hugo a utilisé ce nom, mais il en a fait un abbé et un des combattants de Lantenac.
P. 113. Très beau combat.
À la Butte-de-Terre, caché dans le petit bois de la Heureuserie, avec dix hommes, Francœur engage le combat contre trois cents républicains ; de part et d’autre on ne reculait pas, les républicains gardaient une contenance fière, mais le feu meurtrier des chouans les força à la retraite.
P. 125. Quatorze cantonnements républicains détruits en un Jour.
Jambe-d’Argent vainqueur dans quatorze combats sans avoir perdu un seul homme. Nous avons noté plus haut que Victor Hugo avait signalé le fait.
P. 128. Fête de la Gerbe.
Nous en avons parlé plus haut et Victor Hugo y fait allusion page 161.
P. 140. Détails curieux.
Tant que dura la chouannerie, deux jeunes paysans de la paroisse de Changé, Pierre et Jean Lefèvre, ne manquèrent jamais d’entrer toutes les semaines dans la ville de Laval, parce qu’ils voulaient être confessés seulement par leur ancien curé. Ils choisissaient la nuit et pénétraient dans la ville en passant par-dessus des murs de jardins. Ils avaient des habits de mendiants et suivaient nu-pieds le lit d’un ruisseau pour qu’on ne vît pas la trace de leurs pas près de l’enceinte de Laval. Le jeune Denys dit Tranche-Montagne s’habillait en femme pour aller à la comédie à Laval, où la salle n’était remplie que de patriotes et de militaires
P. 145. Poste fortifié de Morannes.
P. 176. L’émigré et Jambe-d’Argent.
Un gentilhomme émigré habitait dans ses terres, protégé par ses fermiers qui étaient des chouans. Jambe-d’Argent, averti de cet abus, pénétra chez le gentilhomme au moment où il dînait avec plusieurs chefs royalistes et des dames de sa famille. Il lui fit une remontrance. Le gentilhomme répondit par une injure. Jambe-d’Argent lève son sabre sur le provocateur, mais il est retenu par son frère et, sans regarder l’homme qui le contient, il lui assène un coup sur la tête. Il s’aperçoit que c’est son frère ; désespéré, il l’emmène et abandonne sa vengeance.
P. 179. Fromentières.
Troupe appelée compagnie de Fromentières (arrondissement de Château-Gontier), sous la conduite du jeune Gareau dit le Petit-Auguste.
P. 187. Attaque imprévue des bleus.
À l’étang de la Ramée, dans la paroisse de la Chapelle-du-Bourg-le-Prêtre, des républicains, avec cocardes et plumets blancs, se présentent, se disant royalistes. C’étaient des grenadiers. Moustache tire, l’affaire s’engage et les républicains se retirent.
P. 190. Blessure de Jambe-d’Argent.
Nouveau combat. Jambe-d’Argent, secondé par le Petit-Sans-Peur, Francœur, Bénédicité, Taillefer, est atteint d’un coup de feu et tombe. Il est emporté par Priou et conduit, sur un brancard, à la métairie des Gennetés, dans la paroisse de Bazougers.
P. 196. Nous des montagnards défectionnaires réunis aux chouans.
Deville dit Tamerlan, Gaillard dit Raoul, Gregis dit Robert, Picot, La Fosse dit l’Entreprenant.
P. 198. Carpar. Fait curieux.
Ce fut Carpar qui, appartenant au bataillon de la Montagne, chercha le premier à quitter les républicains pour se joindre aux chouans. Le bataillon de la Montagne, en garnison à Fougères, fouillait les maisons des paysans pour y surprendre les chouans ; dans une ferme voisine, un des soldats fit remarquer au chef de l’escouade, Carpar, une porte cachée par des fagots. Carpar entr’ouvrit la porte et vit, dans un petit réduit obscur, huit hommes blottis dans un coin. C’étaient des chouans. Il ne laissa rien voir sur son visage et dit : « Il n’y a rien là-dedans, voyons d’un autre côté. » Quelques instants après, il rejoignait ceux qu’il venait de sauver, annonçant son intention de se réunir à eux.
Parmi ceux qui s’allièrent aux insurgés, deux furent célèbres, Tranche-Montagne et Lechandelier.
P. 200. M. Tranche-Montagne.
Quelques traits de bravoure de Tranche-Montagne.
P. 204. Tranche-Montagne tout seul.
Tranche-Montagne entreprend d’attaquer à lui seul un régiment… Il le laisse défiler tout entier et, au moment où les derniers hommes passent, il tire sur eux en poussant de grands cris, rechargeant sans cesse son arme. Puis il monte sur un talus et crie aux républicains : « Si l’on vous demande le nom du corps d’armée qui vous a attaqués, vous pourrez dire qu’il s’appelle Tranche-Montagne tout seul, et que c’est un drôle de corps ! » Pour avoir le plaisir de débiter ce calembour, il n’avait pas craint de s’exposer à une grêle de balles.
P. 232. Fait d’armes de M. Jacques.
Un combat à la baïonnette, dirigé par M. Jacques suivi de Moustache, Placenette et toute la troupe de Jambe-d’Argent. Dans toute cette suite d’engagements, le malheureux abbé Jean de la Grange, cher à tous les chouans, parce qu’il était venu leur apporter les secours de son ministère, avait reçu une blessure assez grave.
Dans le volume de Victor Hugo, le confesseur est l’abbé Turmeau dit Grand-Francœur.
P. 239. Confiance de Jambe-d’Argent.
Un déserteur républicain ayant été tué par Mousqueton, Tranche-Montagne, au moment où il se disposait à quitter les rangs républicains, crut devoir demander une entrevue à Jambe-d’Argent pour savoir l’accueil qui lui serait fait, et s’il ne subirait pas plus tard le sort du déserteur. Jambe-d’Argent n’hésita pas à aller au rendez-vous, au milieu des républicains que commandait encore Tranche-Montagne.
P. 244. Coquereau fait démonter les charrettes dans les villages.
Mesure prise pour empêcher les approvisionnements d’arriver dans les villes. Il en est parlé page 225 de ce volume.
P. 253. Noms des diverses victoires des chouans.
Affaires de la Cropte, de Daon, de Noirieux, de Mauvinet, de Seurdres, des Sept-Sillons, de Longuefuye, etc.
P. 254. Querelle de Coquereau et de Petit-Prince.
Coquereau avait donne l’ordre à Petit-Prince de brûler, à Daon, l’église et le presbytère qui avaient servi de casernes aux républicains ; Petit-Prince refusa, alléguant qu’il avait été baptisé dans l’église et élevé au presbytère. Coquereau renouvelle l’ordre, un pistolet à la main. Petit-Prince met la main sur son pistolet, tout en refusant, et Coquereau replace son pistolet dans sa ceinture en invitant Petit-Prince à trinquer avec lui en raison de sa crânerie.
P. 257. Générosité d’un grenadier républicain.
Combat près du château de Noirieux, dans la paroisse de Saint-Laurent ; retraite des chouans. Chasse-Bleu grièvement blessé. Branche-d’Or le charge sur ses épaules ; un grenadier allait tirer, il détourne son arme et dit : « Tu es un brave homme, je ne te tuerai pas ; sauve-toi si tu peux ! »
P. 265. Les chouans avaient peur des canons.
La garnison de Cossé amène deux pièces de canon. Le bruit de la décharge et le ravage que fit la mitraille dans les haies et dans les buissons suffirent pour effrayer les chouans qui en étaient témoins pour la première fois, et le cri de sauve-qui-peut se fit entendre. Mais Jambe-d’Argent se jette en avant au milieu de la mitraille sans être atteint : « Vous le voyez, s’écria-t-il, la mitraille ne fait que balayer la poussière ! » L’ennemi dut se réfugier à Cossé qui était fortifié. Victor Hugo parle de cette peur des canons au chapitre v (3e partie), Leur vie en guerre.
P. 266. La bande du camp de la Vache-Noire.
Victor Hugo en a parlé, et nous avons donné une note plus haut.
P. 271. Noms et états de plusieurs chouans.
Métayer dit Rochambeau, fils de laboureur ; Gaudon, laboureur ; d’Auffray dit La Forêt, tisserand ; Michel Garnier dit La Couronne, laboureur ; Salin dit Cœur-d’Acier, laboureur ; Le Brun, serrurier ; L’Enfant dit La Fleur.
P. 284. Mort de M. Jacques.
Victor Hugo la signale, nous avons donné une note plus haut.
P. 309. Mort de Taillefer.
Mort victime de son dévouement, en voulant aider la fuite d’un gentilhomme émigré, M. de Tercier.
P. 321. Mort de Coquereau.
Poursuivi par cinq hussards, malgré le dévouement de son de camp Binet, est blessé, puis tué.
P. 324. Combat livré par Grand-Pierre.
Pierre-Marin Gaulier dit Grand-Pierre, succédant à Coquereau, livra les combats du Buret, de Saint-Charles, de Marigné, où se fit remarquer Louis Coquereau, qui, pour la première fois, combattait avec les chouans.
P. 359. Mort de Jambe-d’Argent.
Jambe-d’Argent, frappé de deux balles à la poitrine près d’une maison appelée la Chevrolais, est caché sous un monceau de chaume ; quand ses soldats, la bataille finie, vinrent le chercher, il était mort ; il fut enterré par ses hommes, la nuit, dans le cimetière du bourg de Quelaines.
P. 363. Fin des principaux chefs chouans.
Lecomte, trahi par un des siens et fusillé. Delière, tué du côté du bois de Misdon. Rochambeau, fusillé. Placenette, Mousqueton, tués.
P. 377. Malheurs de la famille Chouan.
Résumé des malheurs des trois frères et des deux sœurs de Jean Chouan, et supplique en faveur du dernier survivant, René Cottereau.
P. 393. Pièces justificatives. Lettre de Kléber sur la chouannerie.
Kléber écrit le 16 avril 1794, au général en chef Rossignol, le résultat de ses observations, et considère que les chouans ne sont nullement des troupes de brigands, mais sont parfaitement organisés, connaissant très bien le pays coupé de fossés, de haies et de bois, évitant les troupes républicaines quand ils ne sont pas en force et les attaquant quand ils supposent avoir sur elles l’avantage. Kléber conclut qu’on ne terminera pas cette guerre sans de vastes mesures sagement combinées. Victor Hugo s’est servi de ces renseignements pour préciser la méthode de combat des chouans.
P. 395. Énumération des cantonnements de Kléber.
Le général Chabot à Mayenne, Laval et Craon ; Bernard à Fougères ; Bouland à Ernée ; Decaën à la Gravelle ; Vérine à Vitré ; Trahour à la Guerche ; Bouchotte au Cormier.
P. 450. La chouannerie expliquée et peinte par Coquereau.
C’est une lettre adressée le 15 mars par Coquereau au Comité de Salut public, qui explique pour quels motifs quatorze départements ont pris les armes : le mauvais choix des autorités dans le principe, leur intolérance ; les entraves mises aux opinions religieuses. L’amnistie étant accordée, l’exercice de la religion étant libre, les vexations ayant disparu, les insurgés sont décidés à crier : vive la paix ! Coquereau expose la tactique qui a été suivie par les insurgés et les résultats obtenus.
Dans les volumes de Louis Blanc sur la Révolution française, Victor Hugo n’a guère retenu, sur la Vendée, que la prise des canons. Louis Blanc rapporte que, dans le village de Pin-en-Mauge, vivait un brave homme, Cathelineau, d’abord ouvrier en laines, puis colporteur et sacristain de sa paroisse ; il mena ses hommes à Jallais où était un poste républicain, le poste fut enlevé, on prit une pièce de canon que les paysans, ravis, baptisèrent gaiement le Missionnaire, et Cathelineau, poussant plus loin ses avantages, entra à Cholet, y trouva des munitions, des armes, du canon, et la Marie-Jeanne fut donnée pour compagne au Missionnaire. Mais l’armée vendéenne avait perdu devant Fontenay sa chère Marie-Jeanne, cette belle pièce en bronze qui portait les armes du cardinal de Richelieu et l’image de la Vierge ; elle avait juré de la reprendre ou de mourir.